Bureau Sous-régional pour l’Afrique Centrale (SFC)

 

 Pour l’Afrique Centrale

 

 

Consultation régionale des Organisations de la Société Civile

FAO CongoEn prélude de la 27ème Conférence Régionale de la FAO pour l’Afrique, les Organisations de la société civile africaine composées d’organisation paysannes, des pastoralistes, des pécheurs, des organisations de consommateurs, d’ONG, des mouvements de droits humains, des organisations féminines, des syndicats, des organisations de jeunes, des universitaires, des artisans et des peuples autochtones se sont retrouvées pour une série de consultations les 21 et 22 avril 2012 au Palais des congrès de Brazzaville. Après avoir effectué une cartographie de la situation du développement agricole et de la sécurité alimentaire en Afrique, les Organisations de la société civile ont établi les recommandations suivantes :

Par rapport au Cadre Stratégique Mondial
- Adopter des politiques agricoles cohérentes qui prennent en compte les effets des changements climatiques en Afrique ainsi que les principes d’agro écologie et de la souveraineté alimentaire;
- Structurer au sein du CSA, un organe de suivi et d’évaluation vérifiant que les différents acteurs respectent, protègent et donnent effet au droit à l’alimentation selon les obligations qui leur incombent;

Par rapport au Cadre Stratégique Mondial
- Dans le contexte africain, les directives volontaires doivent être harmonisées avec l’initiative des politiques foncières de l’Union Africaine et soutenir la mise en œuvre de cette initiative existante;
- Des l’adoption des Directives, les gouvernements doivent appliquer les Directives Volontaires dans leur contexte national en mettant en place une approche inclusive. Il s’agira entre autre de créer un espace de dialogue formel impliquant tous les acteurs avec une attention particulièrement pour les petits producteurs et productrices, qui s’assurera de l’identification des lacunes et de la mise en œuvre effective à tous les niveaux;

S’agissant des Investissements agricoles
- Les politiques agricoles élaborées de façon participative sont des conditions préalables à la formulation des programmes nationaux d’investissement agricole;
- S’assurer de la redevabilité des Etats par rapport aux investissements agricoles utiles et pertinents prenant en compte la vision des politiques agricoles;
- Orienter les investissements agricoles vers les exploitations agricoles familiales et particulièrement vers les femmes et les jeunes et d’autres groupes marginalisés;

En plus des recommandations formulées, la société civile a émis des demandes précises aux Gouvernements et à la FAO :

"aux Gouvernements, à la FAO, au G8 et à la Banque Mondiale(GAFSP), de reconsidérer les initiatives de Partenariat Public/Privé qui dans leur configuration actuelle ne sont pas des outils adéquats de soutien aux exploitations familiales qui constituent la base de la sécurité et la souveraineté alimentaire ;
aux Gouvernement d’accélérer la participation proactive des Organisations Paysannes et de la société civile dans le dispositif décisionnel du CAADP comme au CSA ;
que les recherches agricoles soient financées par le secteur public et qu’elles s’inspirent des connaissances des savoirs locaux ;
à la FAO et aux gouvernements d’accorder des TCP pour soutenir le renforcement des capacités et les espaces multi acteurs dans le cadre de la consultation sur les principes d’investissement agricole responsables et la mise en œuvre des Directives volontaires ;
aux gouvernements et à la FAO de soutenir la préparation de l’année internationale de l’agriculture familiale prévue pour 2014 déclarée par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 22 décembre 2011 à New York ;
aux gouvernements, aux institutions d’intégration, à l’Union Africaine et à la FAO de doter les organisations de la Société Civile de moyens conséquents pour des actions de communication à tous les niveaux"


En réponse à leurs préoccupations, Madame Helena Semedo, Représentante régionale de la FAO pour l’Afrique, a assuré que les requêtes des Organisations de la société civile africaine seront transmises aux instances décisionnelles de la FAO. Elle a aussi mentionné que "des efforts seront déployés pour que les porte-paroles désignés par les Organisations de la société civile à la Conférence régionale, obtiennent le temps de parole nécessaire pour faire passer leurs messages sur les sujets qui les préoccupent, bien entendu, en accord avec les représentants des gouvernements participant à la Conférence".

Dans son discours de clôture, Monsieur Rigobert Maboundou, Ministre congolais de l’Agriculture et de l’Elevage, a souligné « l’importance de la centralité de l’agriculture dans les processus de développement ». S’inscrivant dans la même logique que la FAO, Rigobert Maboundou a remercié les Organisations de la société civile africaine pour la pertinence de leurs débats et s’est engagé à œuvrer pour l’effectivité des recommandations prises à Brazzaville.

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