Bureau Sous-régional pour l’Afrique Centrale (SFC)

 

 Pour l’Afrique Centrale

 

 

La FAO et l'action communautaire dans le Sud Kivu (RDC).

De janvier 2009 à juin 2011 juin, le projet conjoint intitulé « Réhabilitation des services sociaux de base et relèvement des communautés dans les zones de retour des personnes déplacées du Sud Kivu », a été mis en oeuvre en République Démocratique du Congo par l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation (FAO), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et le Fond des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF). L'objectif global de ce projet financé par le Gouvernement des Pays-Bas consistait à contribuer à la Stabilisation de l'Est du Congo RDC. Il s'inscrivait dans le cadre de l'ISSSS (International Security and stabilization Support Strategy ), afin d'établir des conditions propices à la relance économique et sociale et de favoriser le développement des territoires concernés par le programme.

Durant la période d'exécution de ce projet, la FAO a soutenu les activités de relance agricole à travers : les conseils techniques agricoles ; l'approvisionnement en intrants de base ; l'organisation de coopératives ; la construction de hangars, marchés, de routes de dessertes agricoles ; des ponts et l'accompagnement des organisations paysannes. Ces actions ont concerné 10.800 ménages (54 000 personnes) « retournés » structurés en 80 groupements de producteurs agro-pastoraux sur deux axes : axe Bukavu-Hombo (entre Miti et Bunyakiri) en territoire de Kalehe, et axe Bukavu-Shabunda en territoire de Walungu. La collaboration de différents partenaires dont l'Inspection provincial de l'agriculture, pêche et élevage (IPAPEL), les ONG nationales et internationales, a permis d'améliorer la qualité des services agricoles et vétérinaires, la sécurité alimentaire, les échanges agricoles et la gestion de la production agricole dans les zones ciblées.


Renforcement des capacités de 80 Organisations paysannes (OPs)

Les Organisations Paysannes et groupements paysans ont été formés sur l’élaboration des statuts et règlement d’ordre intérieur ainsi que sur la gestion des unités de transformations.









Mise en place de 20 unités communautaires de transformation et de stockage des produits agricoles

Construction de 50 bâtiments pour abriter les unités de transformation et séchoirs, de 4 aires d’abattage et de 5 pavillons de vente

 

 

 



 

Installation des décortiqueuses de riz et des polisseurs dans plusieurs localités du Sud Kivu 
Installation des moulins mixtes manioc – maïs à Lwana – Kashewe, à Kambeketi, à Irangi, Maibano et Bitale

 

 

 

 

 

 

Encadrement de 10.800 ménages bénéficiaires dans de bonnes pratiques agricoles et sécurisation foncière
Plus de 10 champs de multiplication de semences améliorées et boutures saines de manioc ont été installés sur les deux axes de la province (88 ha de bas-fonds)

Plus de 80 km de routes des désertes agricoles réhabilités

Environ 80 km de routes de dessertes agricoles ont été réhabilitées sur les deux axes ciblés par le projet : BukavuWalunguShabunda et Hombo – Bunyakiri. Deux ponts ont également été construits sur les rivières Kanzinzi et Gombo.

 

 

 

 

Impact des activités menées par la FAO

Les activités de la FAO menées dans le cadre de ce projet ont eu une série d’impacts directs sur les bénéficiaires à travers :

1. Diversification et augmentation de la production agricole maraîchère, vivrière et semencière

  • Pour les vivriers, 5 spéculations ont été prises en compte : le manioc cossette, le riz cargo, le maïs grain, l’arachide graine et le haricot.
    • Le manioc cossette : 62,4 ha emblavés pour une production de 20 000 kg par ha soit 1 248 000 kg de production générale convertis en 374 400 kg de cossette de manioc
    • Le riz cargo : 120 ha de superficies emblavées ont produit 300 000kg de paddy convertis en  195 000 tonnes de riz (pour 2 500 kg de riz produit par ha)
    • Le maïs grain : 270 ha de superficies emblavées ont produit 405 000 kg de maïs convertis en 405 000 kg de grains de maïs (pour une production de 1200 kg/ha)
    • Arachide graine : 50 ha de superficies emblavées ont produit 60 000 kg d’arachides convertis en 19 800 kg de graines d’arachides (pour 1200 kg/ha)
    • Haricot : 320 ha de superficies emblavées ont produit 320 000 kg de haricot convertis en 1 728 000 kg de graines de haricot (pour 1000 kg/ha)
  • Pour le maraîchage, 144 ha de superficies emblavées par cycle ont produit  1 728 000 kg de légumes (pour 12 000 kg/ha).

2. Relance des économies locales ainsi que création d’emplois avec impact visible sur l’augmentation du niveau de vie des ménages, l’accès à la santé et la scolarisation des enfants

  • Grâce à l’augmentation de la production agricole, le revenu par ménage équivaut à 152, 53 $US pour les ménages ayant produit le manioc,  à 3476,11$US pour ceux ayant produit le riz, le maïs et l’arachide et 149,3$US par cycle pour ceux ayant produit les légumes. Or, à titre d’exemple, la prime scolaire mensuelle par enfant équivaut à  5$US.
  • 80 Organisation paysannes (OP) ont été rendues fonctionnelles. Sachant que chaque OP contenait 135 ménages, c’est donc  10 800 ménages qui ont été occupés par des activités agricoles et d’élevage. Il faut également retenir que 3 membres de chaque OP ont été formés dans la gestion des différentes unités de transformation, soit 240 techniciens des unités de transformation.

3. Désenclavement des zones avec dynamisation de centres commerciaux grâce aux échanges intercommunautaires.

  • Réhabilitation de plus de 80 km de routes de dessertes agricoles

4. Amélioration des indices sociaux tels que la réduction de la malnutrition

  • le taux de la malnutrition aigue globale qui était supérieure à 10% est retombé à environ 8 % à cause de l’accalmie relative observée dans la zone, le retour des familles déplacées, la reprise des activités agricoles et le fonctionnement des marchés.

 

Témoignage : Madame Mida Mwenge, membre d’une Organisation Paysanne

Madame Mida Mwenge, membre d’une Organisation Paysanne  a déclaré que « durant plusieurs années, les femmes de Kashewe avaient des difficultés à transformer le manioc produit dans leurs champs. Il fallait parcourir plus de 15 km pour trouver un moulin. Ma joie est comble car la FAO vient de mettre à notre disposition un outil d’une importance incalculable. Non seulement le manioc sera transformé sur place mais surtout, nous pouvons désormais vendre également de la farine de qualité.»

Voir l'album photo sur l’action communautaire dans le Sud Kivu (RDC).