Bureau Sous-régional pour l’Afrique Centrale (SFC)

 

 Pour l’Afrique Centrale

 

 

Aperçu sur la flambée des prix des produits alimentaires en Afrique Centrale et les mesures prises

©FAO SFCLes prix des produits alimentaires sont en hausse partout sur la planète, en raison de la progression des coûts de transport engendrés par une augmentation du coût du carburant et la sécheresse qui sévit dans les principales régions productrices de céréales (blé, maïs, etc.). En juillet 2012, la Banque Mondiale a indiqué que les prix alimentaires sont 36 % plus élevés qu'il y a un an, ce qui contribue à «enfoncer les populations pauvres encore davantage dans la pauvreté».

Aucune région n'a été frappée plus durement que l'Afrique au cours des trois derniers mois. Le blé coûte 87 % plus cher au Soudan, le coût du maïs est en progression d'au moins 25 % en Ouganda, en Somalie, au Mozambique et au Kenya.

En Afrique Centrale, selon le Gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), l’augmentation des prix à la pompe du carburant (prévue au Cameroun), la mauvaise pluviométrie et une offre insuffisante en denrées alimentaires vont entraîner une augmentation des prix dans les six pays membres de la CEMAC que sont le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale, la RCA et le Tchad. A ces pays il faut ajouter les deux autres pays non membres de la CEMAC, à savoir Sao Tome et Principe et la RDC. Une augmentation des prix du carburant au Cameroun va systématiquement affecter le coût des autres produits, elle aura une répercussion négative dans presque tous les pays de la sous région, le Cameroun étant considéré comme le grenier d’Afrique centrale. Il est à noter que la flambée des prix alimentaires sévit déjà dans la sous région depuis la fin de l’année 2011.

Tous les pays d’Afrique Centrale, importent généralement des quantités importantes de blé et de riz qui sont principalement destinées aux consommateurs des zones urbaines. Trois pays de la sous région; le Congo, le Gabon et la Guinée Equatoriale dépendent presque entièrement des marchés internationaux pour combler leurs besoins en matière de céréales (blé et riz) et autres produits alimentaires. La République Centrafricaine et le Cameroun sont généralement auto-suffisants pour le maïs, leur denrée de base, mais les perspectives demeurent incertaines pour la récolte de l’année 2012, et il se peut qu’ils aient recours à des importations en 2013.
En RDC, la moyenne nationale d’augmentation des prix des produits alimentaires est de l’ordre de 12%. Néanmoins dans certaines villes (dont Gbadolite, Matadi, Boma, Kikwit, Kinshasa, Mwene Ditu, Kananga, Bunia, Kolweze, Kalemie et Likasi) l’augmentation a dépassé cette moyenne nationale.

Trois pays d’Afrique Centrale essaient d’apporter des réponses à cette nouvelle flambée des prix. Au Gabon, pour faire face à cette flambée des prix qui touche les produits de première nécessité, le Gouvernement a décidé le 15 aout 2012 le plafonnement du prix de 65 produits de consommation courante. Ce plafonnement a été décidé pour une période de six mois, qui pourrait être renouvelée. Il vient également de prendre en son Conseil des Ministres du 6 septembre 2012, la décision de suspendre les droits de douanes et la TVA sur neuf groupes de produits (poisson, viande, volaille, riz, lait, conserves, fruits et légumes, pates alimentaires). Un dispositif de contrôle des prix sera mis en place pour veiller à l’application de la mesure.

Au Cameroun, le Gouvernement a créé un organe public chargé d’assurer l’approvisionnement du marché alimentaire. Selon un décret présidentiel, la mission de cette structure sera d’alerter, d’acheter, d’importer et de stocker les produits de grande consommation aux meilleurs prix afin de constituer des stocks de sécurité. Un arrêté du Premier Ministre devra définir la liste des produits de grande consommation devant faire l’objet d’achat et/ou d’importation. En outre le Cameroun a aménagé 25 000 hectares de superficie pour la culture de riz afin de réduire les importations massives de riz (545.000 tonnes en 2011 ayant couté 145 milliards de francs CFA, soit environ 220 millions d’euros).

En RDC, la campagne agricole 2012-2013 a été lancé le 26 juillet 2012 par le Ministre de l’agriculture et du Développement Rural. Le Gouvernement s’engage à injecter 32 millions de dollars dans cette campagne.
Afin de faire face durablement à ce phénomène de la flambée des prix, la stratégie préconisée par la FAO est d’accroitre le niveau d’investissements dans le secteur agricole, afin de produire suffisamment pour que l’Afrique Centrale, compte tenu de son potentiel puisse se nourrir elle-même