Bureau Sous-régional pour l’Afrique Centrale (SFC)

 

 Pour l’Afrique Centrale

 

 

Pour une gestion durable des interfaces agriculture/forêts à la Remboué, au Gabon

POUR  UNE GESTION DURABLE DES INTERFACES AGRICULTURE/FORETS A  LA REMBOUE, AU GABONLe Samedi 07 Avril 2012, Lamourdia Thiombiano, Coordonnateur du Bureau Sous-régional de la FAO pour l’Afrique Centrale (SFC), a visité les activités conduites dans la Remboué, localité située à environ 200 km de Libreville dans le Département de Komo-Kango, Province de l’Estuaire. Il était accompagné d’une Equipe multidisciplinaire composée des Experts en Forêts , en Productions agricoles et en Produits Forestiers Non-ligneux (PFNL). L’objectif de cette visite était de suivre les activités de la FAO dans cette localité en vue d’un partenariat plus actif pour la promotion du développement durable à travers une intégration des activités d’appui à l’utilisation durable des ressources forestières s et la production agricole. La délégation de la FAO a été reçue par la Chef du Groupement Roungoula, la Chef du village Roungoula, la Présidente de la Fédération Nationale des Coopératives et les Groupements des bénéficiaires. Les activités visitées, menées au profit des mêmes populations cibles, portent sur la valorisation des produits forestiers non-ligneux (PFNL) à travers le projet GCP/RAF/441/GER «Renforcement de la sécurité alimentaire en Afrique centrale à travers la gestion durable des produits forestiers non ligneux » et une action pilote pour la production durable du bananier plantain. L’objectif commun est d’assurer la sécurité alimentaire et la génération des revenus pour les populations bénéficiaires à travers l’exploitation rationnelle des PFNL et l’accroissement de la production agricole sur une base durable.

Les activités sont exécutées par des groupements, notamment cinq Groupements d’Intérêt Communautaire (GIC) pour les PFNL et trois Coopératives de producteurs de bananier plantain (Coopérative des Femmes de Roungoula – COOFEROU et Coopérative CODIBANDOU dans le village de Roungoula et Coopérative TON BIA DI MOSSI du village de Lassa). Ces groupement ont bénéficié d’un appui au renforcement de leurs capacités entrepreneuriales à travers des formations sur l’Analyse de Développement des Marchés (ADM), et des techniques améliorées de production de la banane plantain et la commercialisation des produits agricoles. Pour les activités sur les PFNL, l’innovation technique introduite concerne la vulgarisation d’une machine à fendre la mangue sauvage (Irvingia gabonensis), dont l’amende est extraite pour fabriquer l’ « Odika », plus connue sous la dénomination « chocolat indigène », un condiment couramment utilisé dans la cuisine gabonaise. Par ailleurs, des méthodes d’exploitation durable des marantacées selon une rotation ont été vulgarisées auprès de ces Groupements.

Dans le domaine de la production durable du bananier, les techniques nouvelles introduites concernent la recherche d’alternative à l’agriculture sur brulis. Les aires défrichées ne sont pas brulées avant le planting. La plantation est faite en lignes avec un écartement de 2,5m entre les lignes et 2,5m entre les poquets. La plantation à une profondeur de 40cm et la gestion des maladies et des ravageurs . L’abandon du feu permet la couverture du sol par un tapis de biomasse qui le protège ainsi contre l’érosion hydrique, conserve l’humidité, réduit progressivement les mauvaises herbes et restore la fertilité. La plantation en ligne permet non seulement une bonne pénétration des rayons du soleil dans la canopée, mais facilite aussi les opérations d’entretien de la culture ainsi que la récolte. Quant à la profondeur de plantation, elle permet un meilleur enracinement qui protège contre la verse et élimine la pratique laboureuse de tuteurage. Les avantages de ces pratiques, visibles à travers la vigueur des plantes, sont reconnus par les bénéficiaires. Selon une membre de la Coopérative COOFEROU, certaines pratiques telles que l’abandon de la brûlure, sont d’ores et déjà appliquées par d’autres productrices de la localité, ce qui dénote l’amorce de l’effet tâche d’huile de ces pratiques.

Lors de la dernière réunion du Bureau sous-régional de la FAO tenue à Libreville du 12 au 16 Mars 2012 à laquelle ont assisté les représentants des Ministères de l’Agriculture et les représentants de la FAO des pays, deux domaines prioritaires de l’agriculture ont été adoptées pour l’Afrique Centrale : l’appui pour une nouvelle politique agricole cohérente et la gestion durable de l’interface agriculture-forêts.

Cette visite du Coordonnateur du Bureau de la FAO a permis d’explorer les possibilités de mise en œuvre au Gabon en collaboration avec les Ministères notamment de l’Agriculture et des Eaux et Forets de cette dernière priorité. La zone de la Remboué pourrait constituer une des plateformes pour le développement d’ options pour une meilleure gestion de l’interface forêts-agriculture par les populations.

Les populations bénéficiaires, par la voix de leurs responsables et autorités locales, ont exprimé leur gratitude et ont remercié la FAO pour son appui à l’amélioration de leurs conditions de vie. Pour sa part, le Représentant Sous Régional a exprimé sa satisfaction pour les résultats obtenus sur le terrain grâce à l’intérêt et à l’enthousiasme manifestés par les bénéficiaires et l’appui du Ministère de l’Agriculture.

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