Bureau Sous-régional pour l’Afrique Centrale (SFC)

 

 Pour l’Afrique Centrale

 

 

RDC : Mission d’évaluation de la Peste des petits ruminants à Masi-Manimba (province de Bandundu)

©Coopération TCHAD-VIETNAM-FAO En réponse à une requête formulée le 10 avril 2012 par le Ministère de l’Agriculture de la République Démocratique du Congo, une délégation de la FAO constituée d’experts du Centre de gestion des crises - santé animale, s’est rendue le mardi 23 avril 2012 dans le territoire de Masi – Manimba (province de Bandundu) pour une mission d’urgence relative à une suspicion de la peste des petits ruminants (PPR).

La délégation était composée de Monsieur Rouillé Didier, inspecteur général de santé publique vétérinaire, du Ministère français de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche et des espaces ruraux, de Madame Khiari Laura, experte en opération d’urgence, agent de liaison auprès du CMC-AH (Crisis Management Center for Animal Health) et de Monsieur Ngongi Michael, expert en opération d’urgence au niveau régional, ECTAD de Nairobi.

Durant 10 jours, cette délégation qui était accompagnée d’officiels du gouvernement congolais, a assisté les Services vétérinaires de la République Démocratique du Congo dans l’évaluation de la situation épidémiologique de la maladie et les risques liés, mais également dans l’identification des mesures d’urgence à mettre en place pour éviter sa propagation.

Après investigation, la mission d’évaluation a confirmé l’épidémie de la peste des petits ruminants (PPR) notifiée depuis le 23 janvier 2012 et déclarée le 16 avril 2012 à travers un rapport de l’Inspection provinciale de l’agriculture, pêche et élevage qui faisait état de 16 250 chèvres tuées.

Grâce aux données épidémiologiques et aux examens cliniques et nécrosiques des animaux malades, la mission a évalué le taux de morbidité à 87% ,celui de mortalité de 86% et à 23 000 chèvres tuées par l’épizootie. Aucun cas d’ovin malade n’a été signalé dans les zones visitées. La délégation a également noté une propagation nette de l’épizootie de l’Ouest vers l’Est de la province depuis le milieu de l’année 2011 avec de nouveaux foyers actuellement au Nord-Est du territoire de Masi-Manimba. Selon l’Inspection provinciale, certains foyers sont annoncés au delà de Mosango et même à Bandundu ville et dans le territoire de Bagata. Selon la même source, cette propagation est favorisée par la réaction des éleveurs qui fuient avec des animaux malades, les zones infectées vers des zones non encore infectées.

Risques d’expansion de la maladie dans les autres provinces
Les rapports du Ministère de l’Agriculture de mi-mai 2012 indiquent que l’épidémie caprine a déjà tué plus de trente mille chèvres et moutons depuis deux mois dans les territoires de Masimanimba, Bagata, Bulungu et Kwamouth (Bandundu). Selon la même source, la peste est aussi signalée dans les provinces de l’Equateur, du Bas-Congo et même à la périphérie de Kinshasa et prend une allure inquiétante.
En Equateur, il est rapporté que tous les districts sont affectés par la PPR. Dans la province du Bas Congo, les cas de la peste sont signalés à Matadi, Boma et Tshela. Contrairement à Bandundu et l’Equateur, au Bas Congo, le virus cause la mortalité de chèvres et des moutons.
Certaines informations fournies par la Division de la Production et Santé Animales (DPSA) indiquent que l’épidémie serait signalée dans quelques localités au Kasaï Occidental. Mais il faudra attendre la confirmation des analyses au laboratoire vétérinaire de Kinshasa des échantillons prélevés.
En rappel, l’épizootie qui est causée par le «virus de la peste des petits ruminants» se transmet par contact avec la morve, les matières fécales et les micros particules qui se propagent dans l’air. Les bêtes atteintes présentent des symptômes tels que la diarrhée, la coulée nasale et leurs poils sont hérissés. L’animal meurt au bout de deux ou trois jours.

Impact de la maladie
La Peste des Petits Ruminants qui sévit à Masi-Manimba a provoqué un effondrement des effectifs des caprins dans les villages infectés. Cela engendre un problème de disponibilité en viande dans les zones touchées par l’épizootie au risque d’affecter la sécurité alimentaire de la population. La maladie a également réduit les revenus des ménages et leur possibilité d’épargne face aux problèmes de scolarisation, des soins médicaux et autres besoins sociaux.

Recommandations de la mission
Au terme de la mission, la délégation a recommandé l’organisation d’une campagne de vaccination gratuite d’urgence sur 8 des 11 secteurs de Masi-Manimba (zones non infectées) pour 500 000 têtes. En attendant, elle demande un contrôle strict des mouvements d’animaux par une pression minimale sur les transporteurs et procéder aux campagnes de sensibilisation à travers les radios communautaires du territoire afin d’éviter la propagation de l’épidémie qui n’est heureusement, pas contagieuse pour l’homme.

©FAO RDC

La délégation d’évaluation d’experts de la FAO et du Gouvernement congolais à Masi-Manimba