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FAO Regional Office for Africa

Les zoonoses, une préoccupation sous régionale avec des solutions à travers l’approche “Une Santé”

25 octobre 2017, Brazzaville –La lutte contre les zoonoses a regroupé du 24 au 25 octobre, à Brazzaville, une soixantaine d’experts des pays de la sous-région Afrique Centrale en vue de convenir des modalités de prévention et de contrôle durables et efficaces en promouvant l’approche «Une Santé». Plus spécifiquement, la rencontre visait à partager la situation des maladies zoonotiques avec un accent particulier sur la variole du singe, la rage et les fièvres hémorragiques, discuter des méthodes de lutte et les résultats obtenus par les pays afin d’explorer les mécanismes de coopération technique, opérationnel et les opportunités de financement pour la lutte contre ce groupe de maladies.

Selon Lydia Jacqueline Mikolo, Ministre de la santé et de la Population du Congo, cet atelier est une réponse adéquate aux préoccupations des gouvernements des pays du Bassin du Congo concernés par les problèmes de santé consécutifs aux anthropozoonoses comme la variole du singe, la rage et la maladie à virus Ebola. «Pour respecter la vision un seul monde, une seule santé, le soutien de la tripartite composée de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’ Agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la Santé animale (OIE) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) élargie à d’autres partenaires est vivement sollicité notamment pour la mise en place des modalités transfrontalières qui faciliteront les actions de prévention efficaces mettant l’accent sur la préparation, la détection et la riposte » a-t-elle précisé.

En effet, en mars 2017, une épidémie de variole du singe a été rapportée dans les districts d’Enyéllé, de Bétou et de Dongou (village de Manfouété). La maladie est régulièrement rapportée dans les autres pays de la sous-région, notamment en RDC dans les provinces du Kasaï et de l’Equateur, au Cameroun en août 2016 et dans les pays de la Côte Ouest Africaine (Nigéria, Sierra Leone, Côte d’Ivoire).

Promouvoir la sécurité sanitaire mondiale face à l’apparition, la propagation et la persistance des zoonoses

L’épidémie de variole du singe au Congo relance la problématique de la lutte contre les zoonoses dans le Bassin du Congo dont plusieurs pays rapportent régulièrement des épidémies causées par ce groupe de maladies. Parmi celles-ci figurent par exemple les fièvres hémorragiques (maladie à virus Ebola en RDC, au Congo, au Gabon) et la rage (endémique dans tous les pays de la sous-région).

«Plusieurs raisons justifient l’émergence et la réémergence des zoonoses à savoir : L’évolution incontrôlée des systèmes de production, et la commercialisation encore mal gérée d’animaux et de produits animaux pour la satisfaction des besoins de la population de plus en plus nombreuse et urbanisée. Il faut y ajouter l’extension et l’intensification des activités agricoles, industrielles, minière ainsi que les activités de chasse et de braconnage dans les écosystèmes autrefois vierges et faiblement peuplés. L’accroissement et la rapidité de la circulation des personnes et des biens sous le double phénomène de l’intégration régionale et de la mondialisation des échanges économiques » favorisent la survenue de plus en plus fréquente de ces maladies a déclaré, Suze Percy Filippini, Représentante de la FAO au Congo. Selon elle, ces facteurs qui augmentent les contacts entre les populations humaines et animales domestiques et sauvages ainsi que leurs dérivés avec des conséquences négatives sur l’environnement exigent une collaboration et une approche multidisciplinaire mettant ensemble les secteurs de la santé humaine, de la santé animale et de l’Environnement.

Deux jours durant, les participants à cette réunion ont planché sur les problèmes liés au contexte mondial et régional pour la mise en œuvre de l’approche « Une Santé », les stratégies et les programmes de lutte contre les zoonoses, ainsi que les expériences nationales de lutte contre les zoonoses ciblées et ont recommandé :

Aux Etats membres

-De s’engager à solliciter l’appui des partenaires pour le développement et la mise en œuvre d’un programme sous régional «Une Santé» ;

-De finaliser les processus d’Evaluation externe Conjointe (EEC) dans le contexte du Règlement Sanitaire International (RSI) et de l’Evaluation des Performances des Services vétérinaires (PVS) au plus tard en décembre 2019, tel que recommandé par l’OMS et l’OIE ;

-Elaborer un programme de renforcement des capacités des systèmes de santé sur la base des résultats des missions EEC et PVS en particulier dans les domaines de la résistance antimicrobienne, de la lutte contre les zoonoses et de la sécurité sanitaire des aliments ;

-D’opérationnaliser dans le cas spécifique de la rage, le plan mondial d’éradication de la rage humaine d’origine canine avant 2030 tel que élaboré par le consortium «Unis contre la rage»  composé de  la FAO, de l’OIE, de l’OMS et de l’Alliance Mondiale pour le Contrôle de la Rage (GARC);

-De finaliser / réviser le cadre légal et institutionnel pour la création et le fonctionnement des plateformes «Une Santé » ;

 

A la FAO l’OIE, l’OMS, et la Commission Economique du Bétail, de la Viande et des Ressources Halieutiques(CEBEVIRHA)

-De renforcer le plaidoyer pour l’engagement des Etats membres et des Communautés économiques régionales à se doter d’un programme sous régional sur l’approche « Une Santé » ;

-De renforcer le soutien des activités techniques dans les programmes «Une Santé » ;

 Aux états et partenaires

-De faire le plaidoyer auprès des partenaires financiers pour soutenir les programmes « Une Santé » au niveau national et sous régional. 

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