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Bureau régional de la FAO pour l'Afrique

Développement de l’horticulture au Tchad: des champs-école pour former les producteurs de Moundou

Maraîcher dans un champ de gombos au Tchad (Photo: FAO/©Hyacine Kacou-Amondji)

Mars 2017, Tchad - Roselle Hassane, 64 ans, est une habitante du village de Koutou à la sortie Nord-Ouest de la ville de Moundou. Elle explique les bénéfices de la formation reçue grâce à ce projet : « Lorsque j’ai commencé le maraîchage, j’arrivais à peine à produire des légumes sur neuf planches. Je ne savais pas vraiment comment faire pour avoir une bonne production. Grâce à la formation reçue dans les champs-écoles, je suis aujourd’hui à 22 planches et j’arrive à faire une très bonne production ».

A l’instar de Roselle, la plupart des femmes de son groupement savent diversifier les cultures et améliorer ainsi leur alimentation familiale. « Je produits actuellement la tomate, les choux, la carotte, les aubergines, etc.; grâce à cela, nous préparons des aliments variés et nous en sommes fières » a-t-elle ajouté.

Pour arriver à améliorer la production, Adolph Dionreda  ajoute que c’est le fait d’utiliser le compost et les bio-pesticides, selon les conseils reçus des techniciens de la FAO, que leurs produits ont augmenté et sont de bonne qualité.  Il estime, par ailleurs, qu’en tant que producteurs, ils ne doivent pas garder les connaissances apprises pour eux, mais les vulgariser autour d’eux. « Nous devons sensibiliser ceux qui ne sont pas formés par la FAO à apprendre les bonnes pratiques afin de produire localement les engrais bio ainsi que les bio-pesticides », propose Adolph. Selon lui, la meilleure manière d’amener les populations de Koutou à adopter le système de production grâce aux meilleures pratiques maraîchères, est d’intensifier les champs à vue d’œil pour plus de visibilité. « Nous allons inviter les autres à voir nos productions pour mieux les convaincre d’utiliser les compostes et les bio-pesticides pour une production de qualité », dit-il.

Il faut rappeler qu’à Koutou, dans le cadre du projet HUP de la FAO, une séance de formation est organisée dans les champs-école tous les jeudis pour ceux qui désirent approfondir leurs connaissances pratiques des cultures maraîchères ainsi que des techniques de fabrication des bio-pesticides et de compostages.

Les leçons apprises de la mise en œuvre de ce projet ont fait le tour des villages. C’est ainsi que les sœurs du monastère Ste Agathe de Lolo, à 20 km de Moundou ont décidé d’envoyer deux jeunes producteurs pour apprendre comment améliorer leur pratiques culturales.

« Nous sommes très satisfaits de ce que la FAO fait pour nous aider à améliorer notre production. Cependant, nous voulons encore plus de formation et d’information sur la meilleure méthode de production de l’oignon et de l’ail », a conclu Roselle, le regard plein d’espoir. « La production maraîchère a changé ma vie », raconte Dionlar Philippe, chef de village de Torodjo.

Des bio-pesticides pour la santé des plantes et des hommes

L’organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation à travers son projet "Sécurité alimentaire renforcée en milieu urbain en Afrique Centrale grâce à une meilleure disponibilité de nourriture produite localement», appuie la Mairie de Moundou, localité situé à 450 km de N’Djaména dans la mise en place des cultures maraîchères. Cette initiative est rendue possible grâce au Fonds fiduciaire de solidarité africaine et sa mise en œuvre dans six pays d'Afrique centrale dont le Tchad. Lors de l’implantation de ce projet, les bénéficiaires du village de Torodjo se sont fixés des objectifs à atteindre grâce à leur production. A la date d’aujourd’hui, 50% y sont parvenus.

« Je me disais que si j’arrivais à une bonne production, je me construirais une maison en matériaux durables pour ma famille et c’est désormais chose faite », explique Dionlar.  Grâce aux semences octroyées par la FAO et aux techniques de cultures maraîchères améliorées, les producteurs de ce village ont vu leurs projets se réaliser.

« J’ai pu construire trois chambres en briques cuites pour loger ma famille. J’ai aussi envoyé mes enfants à l’école, et acheté des beaux habits pour ma famille et moi », rapporte Philippe. Un constat largement partagé par les hommes et les femmes de ce village.

« J’ai pu m’acheter un terrain de deux hectares pour augmenter ma production l’année prochaine », dit Madoum Momanodji. Il ajoute qu’il a également pu s’acheter un bœuf d’attelage et des chèvres pour un élevage des petits ruminants.

De dix planches, Madoum a aujourd’hui atteint trente planches grâce à la formation et aux semences données par la FAO pour aider les producteurs de cette localité. Ce producteur témoigne que sa vie a changé grâce à l’amélioration de sa production. « Je suis aujourd’hui capable de me procurer des semences pour la prochaine campagne agricole. Je suis fier de ce travail accompli », a-t-il déclaré.

Comme Dionlar et Madoum, les femmes de Torodjo affirment avoir changé leur vie grâce à l’amélioration de leur production à travers le projet. « J’ai pu acheter une truie qui vient de mettre bas six porcins. J’ai aussi soigné mes enfants malades », dit Henriette Namaryo. Ainsi, de plus en plus de femmes sont motivées pour améliorer leur vie et celle de leur famille grâce à la production maraichère. Toutefois, elles souhaitent avoir plus de formation et d’encadrement pour mieux orienter les activités.

Des résultats concrets

L’un des objectifs du projet d’horticulture urbaine est d’amener les producteurs à produire localement les engrais et les pesticides pour leurs cultures. Les bénéficiaires produisent actuellement des engrais grâce aux matières organiques disponibles sur place. « Nous constatons que les productions issues des cultures renforcées par le composte sont plus grosses et plus jolies », déclare René Mbaiassem.

Produire localement les engrais et les bio-pesticides est un grand soulagement pour ces producteurs car ils n’ont pas besoin de dépenser de l’argent pour cela. « Il nous suffit de ramasser des feuilles mortes et de la bouse de vache pour pouvoir fabriquer notre propre engrais », ajoute Jean Baptiste. De plus, «  lorsque nous utilisions de l’engrais chimique, cela nous causait des soucis de santé, allant des troubles de la vision aux maux de ventre en passant par des intoxications. Mais avec les bio-pesticides et le composte, il n’y a aucun risque pour nous, ni pour les enfants » a-t-il déclaré.

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