

Exploitation agricole et gestion foncière. La petite exploitation prédomine partout au Bénin. La taille moyenne d'une exploitation est d'environ 1,7 ha pour une famille moyenne de sept personnes les superficies variant à quelques exceptions près entre 0,4 et 12,7 ha. Seulement 5% des exploitation dans le Sud et 20% dans le Nord disposent de plus de 3 ha et dans l'ensemble du pays 34% couvrent moins d'un hectare en moyenne.
L'accès à la terre devient de plus en plus difficile dans le Sud. Les exploitations déjà très petites s'amenuisent à mesure qu'elles sont divisées par voie d'héritage. Les jachères se font de plus en plus rares et dans certaines parties du Sud ont totalement disparu.
L'état reconnaît officieusement tant la propriété traditionnelle que la propriété privée individuelle mais aucune législation n'est définie dans ce domaine. L'insécurité du régime foncier aggravée par l'absence de techniques culturales rentables s'est réduite par le désintéressement des agriculteurs à entretenir et à mettre en valeur les biens fonciers. Une opération pilote de registre foncier est en cours de préparation au Bénin dans le cadre du projet de Gestion des Ressources Naturelles. Menée à bien l'expérience devrait aboutir à l'élaboration d'une législation foncière moderne prenant ses sources dans les droits traditionnels.
Infrastructures
et transports : pistes rurales. Dans le domaine des voies de communication
beaucoup de zones agricoles sont enclavées faute de voies de dessertes
praticables. Là où les voies existent les ponts sont souvent
de petits ouvrages sommaires qui sont vite emportés par les eaux
surtout lors des grandes pluies et inondations. Aujourd'hui on évalue
à plus de 12 700 km la longueur des voies de dessertes rurales à
réhabiliter pour faciliter les communications entre les différentes
régions rurales l'écoulement des produits agricoles et surtout
accélérer le développement des campagnes.
La relance du secteur agricole à travers la diversification des productions et l'accroissement des exploitations ainsi que l'amélioration de la sécurité alimentation dépend de l'état des voies de dessertes rurales. C'est pourquoi le développement et l'entretien de ces voies font partie des actions prioritaires du gouvernement dans le secteur agricole autour desquelles il souhaite mobiliser la contribution des bailleurs de fonds.
Aménagement hydro-agricole. Dans le domaine des aménagement plusieurs section ont été menées au cours de la période 1970 - 1980. Le bilan se résume à environ 4 500 ha de terres de bas-fonds et de vallées de cours d'eau aménagés pour le développent de la riziculture du maraîchage des cultures fruitières et des cultures industrielles (palmier à huile et canne à sucre). Mais la plupart de ces aménagements ont été abonnés pour plusieurs raisons dont les plus importantes sont :
- la faible intégration des paysans producteurs à
la réalisation de ces aménagement à leur gestion ;
- une organisation insuffisante des activités de commercialisation
des produits en particulier pour le riz.
Ainsi, des grands aménagements réalisés vers les armées 1970, il ne reste plus aujourd'hui que quelques périmètres seulement. Les résultats mitigés obtenus sur ces aménagements hydroagricoles ont amené le Gouvernement béninois à opter prioritairement à l'avenir pour des aménagements de petite taille la réhabilitation de quelques-uns de ces anciens périmètres irrigués et la participation des populations bénéficiaires à la réalisation et à la gestion de ces infrastructures. C'est la stratégie adoptée par la cellule bas-fonds qui a inventorié les bas-fonds au niveau national et a initié une étude sur la relance de la filière du riz au Bénin.
D'une manière générale, en matière de maîtrise de l'eau à usage agricole domestique ou pastoral, plusieurs barrages, retenues d’eau, bas-fonds et puits ont été aménagés à travers le pays. Mais beaucoup reste encore à faire pour satisfaire les besoins des populations dans ce domaine. Un recensement plus exhaustif des périmètres aménagées ou non est aujourd’hui nécessaire et urgent en vue de l’accroissement de la production agricole céréalière maraîchère et fruitière et devient un impératif de développement économique.
Infrastructure et équipement de stockage de conservation et de transformation Les pertes post-récolte sont importantes pour les productions vivrières qui ne subissent pas de transformation à une échelle suffisante. Les moyens de conservation au niveau paysan sont traditionnels et ne favorisent pas une conservation de durée raisonnable sans pertes notables. En même temps qu’une priorité sera accordée à la transformation des produits agricoles l’amélioration des capacités en stockage en milieu paysan grâce à des technologies adaptées est nécessaire.
Mécanisation agricole. L’une des raisons de la faible productivité de l’agriculture béninoise est à rechercher au niveau de l’outillage agricole essentiellement manuel. Ce type d’outillage ne peut en effet permettre qu’une exploitation de type familial sur de faibles superficies alors que les besoins de développement socio-économique du pays imposent un développement rapide de la production. Aussi apparaît-il nécessaire de :
- développer l’expérimentation en vue de déterminer
les méthodes de mécanisation les plus appropriées
dans les différentes régions du Bénin et du matériel
de culture attelée adapté aux bovins localement disponible
(races Borgou Lagunaire et Somba) ;
- renforcer la formation et l’appui aux producteurs dans le domaine
de la mécanisation agricole ;
- promouvoir la création d’entreprises privées
de prestations de services dans le domaine de la mécanisation agricole
aux conditions accessibles aux producteurs ruraux.