Guinée

RESUME

Les données anthropométriques des enfants de moins de 5 ans montrent qu’il existe en Guinée de réels problèmes nutritionnels. Les taux d’émaciation sont supérieurs à 12% dans toutes les régions, excepté en Guinée Forestière. Selon les critères retenus par l’Organisation Mondiale de la Santé, les enfants sont « gravement touchés » par la malnutrition aiguë; cette situation est préoccupante d’autant plus qu’elle ne s’est pas améliorée au cours des dernières années. De plus, le retard de croissance, traduisant un état de malnutrition chronique, atteint partout des taux de l’ordre de 30% sauf à Conakry. La malnutrition est distribuée de façon hétérogène à travers le pays, touchant particulièrement le milieu rural.

Bien que moins bien documenté, l’état nutritionnel des adultes laisse également apparaître une forte disparité entre le milieu rural et le milieu urbain. On observe ainsi chez les femmes d’importants problèmes d’insuffisance pondérale en milieu rural (24% d’IMC inférieur a 18,5 kg/m 2 contre 9% en milieu urbain) tandis que les cas de surcharge pondérale sont plus fréquents en milieu urbain.

L’endémie goitreuse en Guinée est certainement l’une des plus importantes en Afrique sub-saharienne et constitue un problème majeur de santé publique. Les taux de goitre total sont de l’ordre de 75% dans toutes les régions sauf en Basse Guinée. Depuis quelques années, un programme de lutte contre le goitre par iodation du sel a été mis en place dans tout le pays.

En ce qui concerne la consommation alimentaire, l’analyse des données calculées à partir d’une enquête sur les dépenses budgétaires des ménages montre que, malgré des apports énergétiques corrects sur le plan national, d’importantes disparités se cachent au niveau de certains groupes de la population. La zone la plus défavorisée sur le plan des apports énergétiques est Conakry (2060 kilocalories par personne par jour) où certains groupes de population sont fortement à risque d’insuffisance alimentaire, liée aux problèmes de pauvreté propres à l’urbanisation. Cette situation, particulièrement préoccupante, s’est fortement aggravée ces dernières années. On constate aussi que la Haute Guinée, zone de climat soudanien, est la région où les apports protéiques et lipidiques sont les plus faibles.

Les causes de ces taux élevés de malnutrition sont multiples et complexes mais il est vraisemblable que la pauvreté en soit l’une des cause les plus importantes. Parmi les autres facteurs souvent cités il y a la faible couverture vaccinale, notamment en milieu rural. Elle correspond en fait à un accès limité aux soins de santé que la forte mortalité infantile confirme bien.

© FAO