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République démocratique populaire lao
RESUME
Avec un revenu par habitant estimé à 400 dollars en 1997, la République Démocratique Populaire du Laos est un des pays les plus pauvres et les moins avancés de l'Asie de l'Est, et le niveau de certains des indicateurs sociaux est parmi les plus médiocres de la région. Quarante-six pour cent de la population vit en dessous du seuil de pauvreté national (Banque Mondiale, 1999). La couverture des services médicaux et la couverture vaccinale sont faibles. Les taux de mortalité infantile (96 pour 1000) et maternelle (65 pour 10 000) demeurent élevés.
Le riz gluant représente la principale denrée alimentaire au Laos. La disponibilité énergétique alimentaire per capita est passée de 2030 kcal/jour en 1968 à 2400 kcal/jour en 1995. En 1999, le riz assurait 69% des apports énergétiques et 64% des apports protéiques. En règle générale, trois repas sont consommés par jour, les repas légers intermédiaires et les collations sont rares. Un repas type est composé de riz et de petites portions de légumes, essentiellement des légumes verts à feuilles, et de poisson. D'autres aliments courants sont les racines, les oeufs, la viande, la volaille et diverses sortes de fruits. Les habitudes alimentaires varient suivant les régions et les ethnies.
Presque toutes les mères allaitent leurs enfants et près de la moitié d'entre elles le font pendant 20 à 23 mois. Toutefois, les aliments complémentaires sont introduits beaucoup trop tôt: un cinquième des nourrissons reçoit de la nourriture, principalement du riz, durant le premier mois de vie. L'introduction précoce du riz peut provoquer des troubles intestinaux. Par contre l'introduction des autres aliments nutritifs est trop tardive: 70% des enfants âgés de 10 à 11 mois sont nourris uniquement au sein et à l'eau. Seulement un petit nombre d'enfants reçoit des aliments complémentaires à l'âge recommandé. Les pratiques d'allaitement et de sevrage diffèrent d'une région à l'autre et en fonction des ethnies. Nourrir les nourrissons avec du riz mâché ou cuit à la vapeur est courant dans les groupes ethniques Lao Loum et Khamu, tandis que les H'mong suivent des pratiques plus adéquates d'allaitement et de sevrage.
L'enquête nationale de santé réalisée en 2000 montre des taux de prévalence de malnutrition élevés chez les enfants. Quarante pour cent des enfants de moins de cinq ans présentaient une insuffisance pondérale, 41% un retard de croissance, et 15% une émaciation. Par rapport aux enquêtes conduites précédemment, la prévalence d'insuffisance pondérale est restée la même, tandis que celle du retard de croissance a baissé et, en revanche, celle de l'émaciation a augmenté.
En 2000, la prévalence du déficit chronique en énergie chez les adultes était très élevée (19%), en augmentation par rapport à une enquête réalisée en 1995 (14%).
La prévalence de la malnutrition chez les enfants aussi bien que les adultes est plus importante dans la région méridionale par rapport aux régions du Nord et du Centre.
L'enquête nationale de santé comportait des données sur les carences en micro-nutriments. Le taux de goitre total (TGR) parmi les écoliers était de 9%. Les signes cliniques de la carence en vitamine A ont également été observés. Une étude conduite dans la province de Vientiane a montrë une prévalence de l'anémie de 56% chez les femmes âgées de 15 à 45 ans.
L'accroissement de la prévalence de l'émaciation parmi les enfants d'âge pré-scolaire et du déficit chronique en énergie chez les adultes est alarmant et nécessite des interventions immédiates, multisectorielles, bien conçues et intégrées dans le développement sanitaire, agricole, éducatif et socio-économique.
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