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Lesotho
RESUME
Le Royaume du Lesotho est un petit pays enclavé et montagneux, totalement entouré par la République sud-africaine. La population est jeune et principalement rurale. Malgré une faible contribution au PIB, l’agriculture reste un important moyen de subsistance pour une part significative de la population. La population agricole est engagée dans une agriculture pluviale de subsistance, largement basée sur une seule culture, le maïs. Le secteur agricole subit des contraintes majeures qui provoquent une baisse préoccupante de la production céréalière. L’économie du Lesotho a connu une croissance mitigée au cours de la dernière décennie mais les performances économiques récentes sont encourageantes. Bien qu’en baisse, l’incidence de la pauvreté reste très élevée.
Au cours de la dernière décennie, le taux de mortalité infantile a augmenté alors que le taux de mortalité des moins de cinq ans est resté stable. Le ratio de mortalité maternelle montre également une inquiétante tendance à la hausse. Le VIH/SIDA affecte près d’un quart de la population adulte et constitue la principale cause de décès chez les enfants de moins de cinq ans. La prévalence très élevée de VIH/SIDA renverse les progrès réalisés dans le développement humain et menace le développement global du pays. Le régime alimentaire est principalement basé sur les céréales - essentiellement du maïs, et, dans une moindre mesure, du blé et du sorgho. Le riz prend de l’importance dans l’alimentation de la classe urbaine moyenne. A ces aliments de base s’ajoutent des racines et tubercules (pommes de terre) et des fruits et légumes. Les céréales fournissent plus des trois-quarts des disponibilités énergétiques alimentaires. L’importance du maïs dans l’alimentation, le déclin de la production de cet aliment de base et la lourde dépendance aux importations de céréales rendent le pays très vulnérable aux chocs économiques et climatiques en ce qui concerne ses disponibilités alimentaires. Les disponibilités énergétiques alimentaires couvrent les besoins de la population, mais la part des lipides dans les disponibilités est inférieure aux recommandations et celle des protéines est à la limite inférieure. La prévalence de sous-alimentation est restée stable au cours de la dernière décennie (15% en 2003-2005). Le déclin de la production céréalière, les faibles revenus et l’augmentation des prix des aliments de base contribuent à aggraver l’insécurité alimentaire de la population.
L’allaitement maternel est une pratique courante mais seul un tiers environ des enfants de moins de 6 mois est allaité exclusivement. Les aliments de complément sont souvent introduits trop précocement ou trop tardivement et sont insuffisamment diversifiés. Ces pratiques inadéquates d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant couplées à l’insécurité alimentaire des ménages, l’épidémie de VIH/SIDA et le faible accès aux services de santé sont parmi les principales causes de malnutrition chronique chez les jeunes enfants. La prévalence de retard de croissance chez les jeunes enfants est très élevée (42% en 2007 chez les enfants de 6-59 mois). Depuis 2000, la prévalence diminue mais davantage d’efforts sont nécessaires pour combattre cette urgence silencieuse. Chez les jeunes enfants, la prévalence de maigreur est faible. En parallèle, le Lesotho connaît une transition nutritionnelle. Chez les femmes adultes, la prévalence de surpoids et d’obésité est très élevée, en milieu urbain mais aussi en milieu rural, alors que la sous-nutrition persiste, en particulier chez les femmes jeunes.
Grâce à la mise en place efficace de la stratégie d’iodation universelle du sel, un recul significatif des troubles dus à la carence en iode a été observé. Au niveau national, la concentration médiane d’iode urinaire indique un apport en iode supérieur aux besoins. Une surveillance régulière est donc recommandée pour prévenir les risques associés à un apport excessif en iode. Dans les zones des montagnes, où une carence en iode légère persiste, et les régions rurales reculées, les campagnes de sensibilisation sur la consommation de sel iodé doivent se poursuivre. Des données récentes et représentatives au niveau national sur la carence en vitamine A chez les jeunes enfants font défaut. Chez les femmes, des données récentes sur la cécité nocturne indiquent que la carence en vitamine A n’est pas un problème de santé publique. Bien que la couverture de supplémentation en vitamine A se soit élargie chez les jeunes enfants, des données récentes manquent pour évaluer l’importance de la carence et les effets de la campagne de supplémentation en vitamine A. L’anémie est un problème de santé publique sévère qui affecte près de la moitié des enfants d’âge préscolaire et plus d’un quart des femmes en âge de procréer. Pourtant, la couverture de supplémentation en fer des femmes enceintes reste limitée. Pour lutter contre les carences en micronutriments, en plus des mesures à court terme telles que la supplémentation, des interventions à plus long terme doivent être efficacement mises en place, i.e. des approches alimentaires.
Le Lesotho doit faire face à des défis majeurs tels que l’épidémie de VIH/SIDA, une pauvreté et une insécurité alimentaire très répandues, qui ont un impact considérable sur l’état de santé et nutritionnel des jeunes enfants et des mères. Des efforts majeurs sont nécessaires pour améliorer durablement cette situation.
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