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République de Madagascar
RESUME
La population de la République de Madagascar est très jeune
et essentiellement rurale ; elle est dense sur les Hautes-Terres. La population
rurale vit dans une multitude de petites exploitations agricoles dont les produits
sont principalement destinés à l'autoconsommation. Leur production
est fréquemment mise à mal par des catastrophes naturelles.
Economiquement, Madagascar fait partie des pays les moins avancés de
l'Afrique subsaharienne et sa croissance a été affectée
par de nombreuses crises politiques et sociales. En matière de santé,
la couverture sanitaire s'élargit. Cependant, l'accès aux soins
essentiels est toujours limité, frein à un recul significatif
de la mortalité infantile et maternelle. La forte morbidité est
accentuée par un très faible accès à l'eau potable
et par des problèmes d'hygiène et d'assainissement.
La pauvreté touche les deux tiers des malgaches. Associée aux
catastrophes naturelles, à une baisse des disponibilités alimentaires
et à un accès limité aux aliments, la pauvreté a
pour conséquence une forte insécurité alimentaire des
ménages. Les disponibilités alimentaires sont insuffisantes à couvrir
les besoins énergétiques de la population dont plus d'un tiers
est sous-alimentée. Quantitativement insuffisantes, les disponibilités
alimentaires sont aussi insuffisamment diversifiées.
Les pratiques d'alimentation des enfants en bas âge sont plutôt
favorables à leur santé. Cependant, la faible qualité de
l'alimentation de complément, associée notamment à une
forte prévalence de maladies infectieuses sans prise en charge sanitaire,
est un déterminant important de la malnutrition. La prévalence
du retard de croissance (malnutrition chronique) est très élevée
parmi les enfants d'âge préscolaire. Elle touche la moitié des
enfants malgaches. La prévalence de la maigreur (malnutrition aigue)
est également forte. De plus, aucun recul important de la malnutrition
n'a pu être observé depuis plus d'une décennie. La situation
nutritionnelle des femmes en âge de procréer est tout aussi préoccupante.
A de fortes prévalences de malnutrition sont associées d'importantes
carences en micronutriments. Le goitre sévit encore dans certaines régions,
malgré une consommation assez répandue de sel iodé. L'alimentation
apporte peu de lipides et peu de produits riches en vitamine A. En conséquence,
la carence en vitamine A est courante, en particulier chez les mères.
La couverture des enfants par des suppléments de vitamine A est large
mais celle des mères est encore trop restreinte. L'anémie touche
toute la population, mais particulièrement les groupes vulnérables,
enfants préscolaires, et femmes en âge de procréer envers
lesquels une supplémentation en fer a récemment été mise
en place. Les causes parasitaires de l'anémie demanderaient à être étudiées. |