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Togo
RESUME
Au Togo, le retard de croissance chez les enfants de moins de 5 ans touchait environ un enfant sur trois en 1988/1989, tandis que l'émaciation atteignait environ 5% d'entre eux. Depuis une dizaine d'années, bien que l'information soit malheureusement parcellaire et/ou discutable, la situation ne semble pas s'être améliorée, ni du point de vue du retard de croissance, ni du point de vue de l'émaciation (et selon certaines données, il est même possible qu'elle se soit aggravée pour les deux). Quoi qu'il en soit, le nord du pays est nettement plus touché que le sud et, classiquement, le milieu rural nettement plus que le milieu urbain. Après la petite enfance, le rattrapage du retard de croissance est très lent et les taux restent élevés, chez l'enfant d'âge scolaire comme chez l'adolescent.
Chez les adultes, en 1987/89, le déficit pondéral (indice de masse corporelle < 18,5 kg/m²) était nettement plus important en milieu rural (24,7% chez les femmes et 19,1% chez les hommes) qu'en milieu urbain (respectivement 10,6% et 8,4%). De nouveau, c'est la zone nord du pays qui apparaissait la plus touchée. A l'inverse, le surpoids ou l'obésité se retrouvaient davantage en milieu urbain (12,3% d'IMC > 25 kg/m² pour les femmes et 5,8% pour les hommes) qu'en milieu rural (respectivement 8,0% et 3,2%). Mais il faut souligner que ces derniers chiffres restent modérés comparés à beaucoup de pays où le phénomène de transition nutritionnelle est à l'origine de taux d'obésité beaucoup plus importants. Et même si ces chiffres ont plus de 10 ans, les dernières enquêtes, parcellaires, semblent indiquer que la situation des adultes est à peu près stable.
Il n'y a malheureusement aucune enquête d'envergure nationale portant sur les carences en micronutriments. Il semble que le problème principal soit celui de la carence en fer, sur l'ensemble du territoire, tandis que la carence en iode ne concernerait que quelques poches d'endémicité, principalement dans le massif de la Kara, et la carence en vitamine A ne toucherait que les zones sahéliennes du Nord.
La consommation alimentaire au Togo est caractérisée avant tout par la faiblesse des apports protéiques et lipidiques, et parmi eux une faible proportion est d'origine animale. D'autre part, selon les chiffres des disponibilités alimentaires, environ un tiers de la population serait sous-alimentée. Le facteur alimentaire semble donc prépondérant dans le processus de malnutrition. Cependant, les disparités régionales en termes de consommation alimentaire ne sont pas vraiment superposables à celles des taux de malnutrition. Le fait que ces derniers soient plus importants dans le nord du pays, pourrait être lié en partie à une plus grande durée et une plus grande sévérité des périodes de pénurie, notamment saisonnières. Le Togo est en effet un pays essentiellement agricole, où la production est très diversifiée mais reste soumise aux aléas climatiques. D'autre part le pays est relativement pauvre en ressources naturelles et son développement économique a été très fluctuant pendant les deux dernières décennies. Même si la production agricole a toujours été une priorité, les politiques correspondantes n'ont pas toujours permis son développement. Ces derniers temps cependant, après une période de grande instabilité économique et politique au début des années 90, la situation s'est sensiblement améliorée. Toutefois ceci ne semble pas encore se traduire sur le plan de la situation nutritionnelle car le niveau de vie reste médiocre, avec en particulier une pauvreté urbaine grandissante, tandis que l'accès à l'eau potable et aux infrastructures sanitaires demeure insuffisant.
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