Profil fourrager


ALGERIE

English


par

D. Nedjraoui




1. Introduction
2. La Topographie et le Sol
3. Le Climat et les Zones Agro-écologiques
4. Les Systèmes d'élevage
5. Les Ressources pastorales
6. Amélioration des Ressources Pastorales
7. Les Organismes de Développement et de Recherche impliqués dans le Pastoralisme
8. References Bibliographiques
9. Contacts
10. Annexes


1. INTRODUCTION

L'Algérie couvre une superficie de 2.381.741 km² et est le deuxième plus grand pays d´Afrique aprés le Soudan. La capitale est Alger. L´Algérie est limitée au Nord par la Mer Méditerranée, au Sud par le Mali et le Niger, à l'Ouest par le Maroc, le Sahara Occidental et la Mauritanie et à l'Est par la Tunisie et la Libye. L’Algérie est subdivisée en 48 Wilayas (départements).

Deux chaînes montagneuses importantes, l'Atlas Tellien au Nord et l'Atlas Saharien au Sud, séparent le pays en trois types de milieux qui se distinguent par leur relief et leur morphologie, donnant lieu à une importante diversité biologique. On distingue du Nord au Sud, le Système Tellien, les Hautes Plaines steppiques et le Sahara.

La population se compose en majorité d´Arabes (80% de la population) mais elle compte également une importante minorité de Berbères. L´arabe est la langue officielle et la très grande majorité des Algériens sont musulmans.

L´Algérie fut une province de l´Empire  romain puis fut envahie par les Vandales et les Byzantins. La conquête islamique eut lieu au VII e siècle. L´Algérie devint une dépendance de l´Empire ottoman au XVI e siècle jusqu´en 1830 date de sa conquête par la France. L´Algérie est indépendante depuis 1962.

La population recensée en 1998 est de 29,27 millions d'habitants. Le dernier recensement de 2008 fait état de 34, 4 millions d'habitants, ce qui donne un taux moyen de croissance annuelle de 1,72 pourcent durant cette dernière décennie (Tab.1). Au 1er janvier 2012 la population est de 37,1 millions d'habitants dont 38% sont d'origine rurale. (Office National des Statistiques, ONS, 2012).
Tableau 1. Evolution des Indicateurs démographiques

Indications

1969

1977

1987

1998

2008

Population en million

13,7

16,9

23,0

29,1

34,4

Taux de croissance moyen annuel

 

3,21 %

3,06 %

2,17 %

1,72 %


(Source : recensement ONS 2008)

  • Les zones urbaines et périurbaines telliennes qui n'occupent que 4 pourcent du territoire national sont les plus peuplées (80 pourcent de la population totale).

  • Les régions steppiques (9 pourcent du territoire ), localisées au-delà de l'Atlas Tellien, constituent les vraies zones de parcours et la population, composée essentiellement d'agropasteurs, représente environ 12 pourcent de la population totale.

  • Le reste de la population (8 pourcent) se disperse dans les régions sahariennes qui s'étalent sur 87 pourcent du territoire

Figure 1. Carte de l´Algérie

La population active agricole représente 25 pourcent de la population active totale du pays soit 1 million de personnes dont 125 000 éleveurs.

La répartition des terres.

Selon les dernières données du Ministère de l'Agriculture (1992, 1997 et 2000), les 238 millions d'hectares du territoire algérien sont répartis comme indiqué dans le Tableau 1.

Les terres utilisées par le secteur agricole occupaient 40 millions d'hectares en 2000  et plus de 42 000 ha en 2011  soit 17,8 pourcent de l'ensemble du territoire, depuis l’indépendance du pays, ces terres n’ont cessé de décroître jusqu’à la dernière décennie où, grâce aux différents programmes du Ministère de l’Agriculture (PNDRA, PPDRI..),  les terres agricoles commencent à croître (fig2).

Elles se subdivisent comme suit :

  • Près de 33 millions d'hectares sont utilisés comme pacages et parcours et constituent le domaine essentiel du pastoralisme en Algérie.

Tableau 2. Répartition des terres (MADR 2011)

       

  Spéculations

   

Superficie 

   
               

 (ha)

% (1) 

% (2) 

                     

Superficie Agricole Totale

Superficie Agricole Utile

TERRES

LABOURABLES

  Cultures herbacées

4 254 887

10,0

 

  Terres au repos

3 246 508

7,6

 

CULTURES

PERMANENTES

  Plantations fruitières

841 545

2,0

 

  Vignobles

77 730

0,2

 

  Prairies naturelles

24 820

0,1

 

Total Superficie Agricole Utile

8 445 490

19,9

 

Pacages et  parcours

32 942 086

77,6

 

Terres improductives des exploitations agricoles

1 056 284

2,5

 
 

Total des terres utilisées

           
 

 par l'agriculture        (S.A.T)

     

42 443 860

100,0

17,8

                     

AUTRES TERRES

   Terres alfatières

2 504 990

 

1,1

   Terres forestières (bois, forêts, maquis...)

4 255 840

 

1,8

   Terres improductives non affectées à l'agriculture

188 969 410

 

79,3

                     

       Total  Superficie Territoriale

238 174 100

 

100,0

Huit millions d'hectares représentent la surface agricole utile (SAU) qui se répartissent en terres labourables (93 pourcent de la SAU) et en cultures pérennes (7 pourcent de la SAU). Sur plus de 75 pourcent de la SAU, la pluviométrie reste une contrainte importante pour le développement des cultures. Le ratio SAU a évolué comme suit:

  • 1901 : 1,1 ha/habitant ;
  •  1955 : 0,6 ha/hab. ;
  • 1995 : 0,32 ha/hab.;
  • 2000 : 0,28 ha /hab.
  • 2008 :  0, 24 ha/hab

Figure 2. Evolution des terres agricoles en Algérie (Source : université de Sherbrooke)

Figure 2 Evolution des terres agricoles en Algérie (Source : université de Sherbrooke)

Les formations forestières couvrent 4 752 743 ha millions d’hectares (DGF, 2011). Elles sont représentées par  :

  • Les forêts naturelles, 1 329 000 ha (28 pourcent)
  • Les maquis et les broussailles, 1 844 400 ha (39 pourcent)
  • Les pelouses, 2 800 ha (0,05 pourcent)
  • Les reboisements   1.344.273  ha (28,2 pourcent)

Les principales essences forestières sont :

  • Le pin d’Alep (Pinus halepensis) 800 000 ha (35,4 pourcent)
  • Le chêne liège (Quercus suber) 463 000 ha (20,5 pourcent)
  • Le chêne vert (Quercus rotundifolia) 354 000 ha (15,7 pourcent)
  • Les genévriers (Juniperus) 217 000 ha (9 pourcent)

Les steppes à alfa assurent la transition entre les groupements forestiers et les groupements steppiques . Les surfaces occupées par l’alfa étaient de 5 millions d’hectares au début du siècle, elles sont réduites à moins de 2 millions d’hectares à ce jour. L’importante dégradation des nappes alfatières est due à leur exploitation intensive car l’alfa constitue la matière première de la pâte à papier et est utilisé par le secteur artisanal traditionnel pour la vannerie (NEDJRAOUI, 1990 ; KADI-HANIFI, 1998).

Les terres improductives qui représentent 80 pourcent du territoire algérien sont localisées essentiellement dans les régions sahariennes où dominent ergs, regs et hamadas

Le secteur de l’élevage.

L’élevage, en Algérie, concerne principalement les ovins, les caprins, les bovins et les camelins. Les effectifs recensés durant les vingt dernières années sont représentés dans le tableau 3.

Tableau 3. Evolution du cheptel (milliers de têtes)

Années

1990

1995

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2010

Bovins

Ovins

Caprins

Camelins

1 393

17 697

2 472

123

1 267

17 302

2 780

126

1 580

17 989

3 062

220

1 595

17 616

3 027

235

1 613

17 299

3 129

246

1 572

17 588

3 281

245

1 561

17 503

3 325

250

1 614

18 293

3 451

273

1 586

18 909

3 590

269

1 650

20 000

3 800

290

Total

21 685

21 475

22 851

22 473

22 287

22 686

22 639

23 631

24 354

25 740

Source: FAO database February 2012 Sources statistiques agricoles

Les ovins prédominent et représentent 78 pourcent de l’effectif global avec plus de 10 millions de brebis. L’élevage caprin vient en seconde position (15 pourcent) comprenant 58 pourcent de chèvres. L’effectif des bovins reste faible avec 1.6 - 1.7 millions de têtes (6 pourcent de l’effectif global) dont 58 pourcent sont des vaches laitières. En Algérie il y a une spécialisation des zones agroécologiques en matière d’élevage. L’élevage bovin reste cantonné dans le Nord du pays avec quelques incursions dans les autres régions. Les parcours steppiques sont le domaine de prédilection de l’élevage ovin et caprin avec plus de 90 pourcent des effectifs qui y vivent entraînant une surexploitation de ces pâturages.


2. LA TOPOGRAPHIE ET LE SOL

Le cadre topographique. L’Algérie, en fonction de la géologie, de la lithologie et de la topographie, s’organise en trois grandes unités structurales : le Système Tellien, les Hautes Plaines steppiques et le Sahara.

Le Système Tellien. C’est un ensemble constitué par une succession de massifs montagneux, côtiers et sublitoraux, et de plaines (HADJIAT, 1997).

Le Tell Occidental est ordonné en alignements alternés de massifs, de hauteur moyenne, dominés par une dorsale calcaire du Jurassique et du Crétacé et de dépressions représentées par les basses plaines oranaises et la plaine du Bas Chélif.

Le Tell Central est constitué par une chaîne de massifs prolongeant le Tell Occidental, où l’on retrouve les monts du Zaccar, de l’Atlas Blidéen et les massifs du Djurdjura dont l’altitude culmine à 2300m. Les roches d’âge du Crétacé sont constituées de schiste, de marnes et de calcaire marneux. La bordure littorale est dominée par une grande dépression formant la riche plaine alluviale de la Mitidja.

Le Tell Oriental représente la partie la plus montagneuse de l’Algérie. Il est disposé en chaînes parallèles et on distingue, du Nord au Sud :

  • Les chaînes telliennes littorales, constituées de gneiss et de granite qui prolongent celles du Djurdjura. Ce sont les massifs de Collo, Skikda et de l’Edough bordant la basse plaine de Annaba et où se trouvent les deux plus grandes zones humides d’eau douce, le lac Tonga et le lac Oubeïra, inscrits comme réserve naturelle sur la liste de la Convention de Ramsar.
  • Les chaînes telliennes externes, constituées par les monts des Babors et les massifs de Petite Kabylie et qui reposent sur des socles du Jurassique et de l’Eocène,
  • Les chaînes telliennes internes dominées par les monts du Hodna, du Belezma, le massif des Aures (2328 m d’altitude) et les monts des Nemenchas. Cet ensemble appartient au domaine atlasique.

Les Hautes Plaines steppiques

Localisées entre l'Atlas Tellien au Nord et l'Atlas Saharien au Sud, à des altitudes plus ou moins importantes de 900 à 1 200 m, elles sont parsemées de dépressions salées, chotts ou sebkhas qui sont des lacs continentaux formés au Pléistocène sous l’effet des pluies torrentielles et du ruissellement important qui en découle. On distingue deux grands ensembles :

  • Les steppes occidentales, qui sont constituées des Hautes Plaines Sud Oranaises et Sud Algéroises, dont l'altitude décroît du Djebel Mzi à l'Ouest (1 200 m) à la dépression salée du Hodna au centre (11 000hectares) occupée par des dépôts détritiques
  • Les steppes orientales à l'Est du Hodna, qui sont formées par les Hautes Plaines du Sud Constantinois où domine le Crétacé de nature calcaire et dolomitique. Ces Hautes Plaines sont bordées par le Massif des Aurès et des Némemchas.

Le Sahara

Le Sahara forme une large barrière qui sépare le domaine méditerranéen au Nord du domaine tropical au Sud. Il est constitué de plateaux (hamadas et tassili) où le massif volcanique du Hoggar culmine à 3 000 m d'altitude, de plaines (regs et ergs) et de dépressions (sebkhas et gueltas).

  • Les hamadas et les tassilis sont d'immenses plateaux rocheux calcaires de forme tabulaire, à sols squelettiques dominant les vallées des oueds. Le Tassili des Ajjers couvre 350 000 km2
  • Les regs, surfaces horizontales de cailloux et de graviers de formes variées, résultent d'une importante érosion éolienne sur les horizons superficiels de sol.
  • Les ergs sont des dépôts sableux qui se présentent sous forme de dunes. L'Erg Occidental long de 500 km et large de 150 à 250 km couvre une superficie de 100.000 Km2 et fait partie des grands ensembles dunaires sahariens.
  • Les dépressions sont soit salées (chotts et sebkhas) soit peu ou pas salées où s'accumulent les eaux de ruissellement (dayas).

Les sols

On distingue plusieurs types de sols ( DJEBAILI et al, 1983 ; HALITIM, 1988 ; KADI HANIFI, 1998).

  • Les sols minéraux bruts ou sols très peu évolués sont localisés principalement sur les sommets des djebels et sont soumis à une érosion hydrique intense. Ces sols caractéristiques des forêts et des matorrals, comportent :

- les lithosols sur les roches dures (grès ou calcaires),

- les régosols sur les roches tendres (marnes et calcaires marneux),

- les sols minéraux bruts d'apport alluvial dans les lits des oueds caillouteux.

  • Les sols peu évolués regroupent :

- les sols d'origine colluviale sur les piedmonts des djebels et les glacis,

- les sols d'origine alluviale dans les lits d'oued, les zones d'épandage et les dayas,

- les sols d'origine éolienne avec des formations sableuses fixées.

  • Les sols calcimagnésiques regroupent les sols carbonatés parmi lesquels on retrouve :

- les rendzines humifères sur les versants des djebels,

- les sols bruns calcaires à accumulation calcaire xérifiée qui sont très répandus sur les glacis polygéniques du Quaternaire ancien et moyen

- les sols à encroûtement gypseux qui sont plus rares, représentés par des petites plages dans les zones de grès alternant avec les marnes et argiles versicolores.

Les sols carbonatés sont les plus répandus en Algérie, notamment dans les écosystèmes steppiques et présahariens où ils représentent de vastes étendues encroûtées (HALITIM, 1988).

  • Les sols isohumiques sont représentés dans les glacis d'érosion polygéniques du Quaternaire récent. Ils regroupent les sols à encroûtement calcaire ou gypseux. On les retrouve dans les régions arides lorsque les précipitations sont inférieures à 200mm/an.
  • Les sols halomorphes regroupent les sols salins (solontchak) profils AC et les sols salins à alcalis (solontchak-solonetz) profil A (B) C. Ces sols sont généralement profonds et localisés dans les chotts et les sebkhas. Ils sont pauvres en matière organique. Leur salinité est chlorurée, sulfatée sodique et magnésienne.

Les sols sont soumis à une forte érosion hydrique et éolienne due aux conditions climatiques et à la forte action anthropique qui diminue le couvert végétal. L'érosion éolienne affecte principalement les régions arides et semi-arides. L'action du vent emporte les fines particules telles que les sables et les argiles et laisse sur place un sol caillouteux qui devient improductif. Près de 600 000 ha de terres en zone steppique sont totalement désertifiées sans possibilité de remontée biologique. L'érosion hydrique affecte 28 pourcent des terres de l'Algérie du Nord. Ce sont les terres à fortes pentes des massifs telliens qui sont les plus touchées. L'érosion se manifeste par la formation de rigoles et de ravines sur tout le versant avec affleurement de la roche-mère et une évolution en bad-lands (HADJIAT, 1997)


3. LE CLIMAT ET LES ZONES AGRO-ECOLOGIQUES

Le climat

Différentes sources de données permettent de caractériser le climat en Algérie :

  • Les données de 1913 - 1938 publiées dans "Le climat de l'Algérie" par SELTZER (1946).
  • Les données de 1926 - 1950 des stations sahariennes publiées dans "Le climat du Sahara" par DUBIEF (1950 - 1963).
  • Les données de 1913 - 1961 publiées dans la notice de la carte pluviométrique de l'Algérie septentrionale, établie par CHAUMONT et PAQUIN (1971).
  • La carte pluviométrique publiée (1993) par l'Agence Nationale des Ressources Hydriques. Les données actuelles publiées par l’Office National de la Météorologie.

L’Algérie, qui est un pays soumis à l'influence conjuguée de la mer, du relief et de l'altitude, présente un climat de type méditerranéen extra tropical tempéré. Il est caractérisé par une longue période de sécheresse estivale variant de 3 à 4 mois sur le littoral, de 5 à 6 mois au niveau des Hautes Plaines et supérieure à 6 mois au niveau de l'Atlas Saharien.

La pluviosité. Les précipitations accusent une grande variabilité mensuelle et surtout annuelle. Cette variabilité est due à l'existence de gradients (DJELLOULI, 1990) :

  • Un gradient longitudinal : la pluviosité augmente d'Ouest en Est (450 mm/an à Oran plus de 1000 mm/an à Annaba). Ce gradient est dû à deux phénomènes : à l'Ouest, la Sierra Nevada espagnole et l'Atlas marocain agissent comme écran et éliminent ainsi l'influence atlantique, à l'Est, les fortes précipitations sont attribuées aux perturbations pluvieuses du Nord de la Tunisie.
  • Un gradient latitudinal : les précipitations moyennes annuelles varient de 50mm dans la région du M'Zab à 1 500mm à Jijel. Cette diminution du littoral vers les régions sahariennes est due à la grande distance traversée par les dépressions qui doivent affronter sur leur parcours les deux chaînes atlassiques.
  • Un gradient altitudinal universel qui varie en fonction de l'éloignement de la mer.

Les températures.

  • La moyenne des températures minimales du mois le plus froid "m" est comprise entre 0 et 9°C dans les régions littorales et entre – 2 et + 4°C dans les régions semi-arides et arides.
  • La moyenne des températures maximales du mois le plus chaud "M" varie avec la continentalité, de 28°C à 31°C sur le littoral, de 33°C à 38°C dans les Hautes Plaines steppiques et supérieure à 40°C dans les régions sahariennes.

Le bioclimat

En Algérie sont représentés tous les bioclimats méditerranéens depuis le per humide au Nord jusqu'au per aride au Sud pour les étages bioclimatiques, et depuis le froid jusqu'au chaud pour les variantes thermiques.

Tableau 4. Les étages bioclimatiques en Algérie

Etages bioclimatiques

Pluviosité annuelle mm

Superficie en ha

Pourcentage de la superficie totale

Per humide

1 200 – 1 800

185,275

0.08

Humide

900 - 1 200

773,433

0.32

Sub humide

800 – 900

3,401,128

1.42

Semi-aride

600 – 300

9,814,985

4.12

Aride

300 – 100

11,232,270

4.78

Saharien

< 100

212,766,944

89.5

Les zones agroécologiques

En fonction des facteurs climatiques (classification agroclimatique des pays de la Ligue Arabe de Louay, 1978) et des facteurs édaphiques, on peut définir les zones agroécologiques de l'Algérie ( DJELLOULI, 1990; CADI et al, 2001 et SMADHI, 2001). Les caractères édaphiques et climatiques déterminent la répartition de la végétation naturelle et les potentialités agricoles des différentes zones Fig. 3).

Figure 3.  Zonage écologique de l´Algérie du Nord (BNEDER, 2009)
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La végétation naturelle.

En allant du Nord de l’Algérie vers le Sud on traverse différents paysages en passant des forêts, maquis et mattorals vers les steppes semi arides et arides puis vers les écosystèmes désertiques. On distingue suivant les tranches pluviométriques :

  • 1200 - 1800 mm, correspondant à l’étage per humide représenté par des zones restreintes, leurs superficies ne dépassant pas 300 ha , entre 800 et 2000m d’altitude, situées au niveau de l'Atlas tellien où se développent des espèces endémiques très rares comme Abies numidica (le sapin de Numidie) et Populus tremula (le tremble) et des forêts à cèdre (Cedrus atlantica) et chêne liège (Quercus suber).
  • 900 - 1 200 mm, c’est l'étage humide que l'on retrouve dans les régions Nord–Est, dominé en altitude par les forêts à Cedrus atlantica et différentes chênaies bienvenantes, Quercus faginea, Quercus suber et Quercus afares.
  • 600 - 900 mm, correspond à l'étage subhumide qui couvre la partie septentrionale d'Ouest en Est de l'Atlas tellien sur lesquelles se développent les forêts à Quercus rotundifolia et Pinus halepensis.
  • 400 - 600 mm, c’est la zone semi-aride supérieur qui correspond aux forêts, maquis et mattorals plus ou moins dégradés des sommets et versants Nord de l'Atlas saharien. Quercus rotundifolia, Callitris articulata (le thuya) et l'olivier-lentisque sont les plus représentés au Nord Ouest, Pinus halepensis en altitude.

Le secteur des forêts a bénéficié d'un Programme de Grands Travaux (MADR, 2011). Ce programme s'articule autour des actions principales suivantes :

- Consolidation et extension du barrage vert dans le cadre de la lutte contre la désertification à travers la mise en défens (85 250 ha), la plantation pastorale (495 ha), les plantations forestières (287 ha) et la plantation de bosquet (22 ha).
- Aménagement des périmètres des bassins versants des barrages pour lutter contre leur envasement  (aménagement de 52 bassins versants dont 7,5 millions d’ha en 2011).
- Développement et entretien du patrimoine forestier pour la mise en œuvre d'opérations sylvicoles.
- Reconstitution Extension du patrimoine forestier dégradé pour la préservation de l'écosystème (un reboisement entre 2000 et 2011 de 530 625 ha, dont 36 396 ha en 2011). 300 - 400 mm, correspond à la zone sub-steppique du semi-aride, caractérisée par la disparition des espèces forestières et l'apparition des espèces steppiques telles que l'armoise (Artemisia herba alba), l'alfa (Stipa tenacissima)et le sparte (Lygeum spartum). Ces terrains considérés comme de bons parcours sont situés au Nord des Hautes Plaines algéro-oranaises et sur le versant Sud des Aurès, des Monts des Ouleds Naîls et des Nememchas. Dans cet étage bioclimatique, les parcours sont en compétition avec la céréaliculture au niveau des dépressions

  • 100 - 300 mm, cette tranche pluviométrique correspond à la région des steppes méridionales arides et présahariennes qui sont caractérisées par une réduction importante du couvert végétal donnant lieu à des parcours médiocres sur des sols squelettiques et ayant atteint un seuil de dégradation très avancé.
  • < 100 mm correspond à la zone Sud de l'Atlas saharien. La végétation est contractée et localisée dans les lits d'oueds. C'est une végétation hygrophile et psamophile fortement adaptée aux conditions xériques et qui présente un très fort taux d'endémisme. On retrouve des pâturages à base d'espèces graminéennes à Stipagrostis et Panicum turgidum et d’arbustes fourragers tels que les nombreux acacias.

La surface agricole utile (SAU) se répartit au Nord, au niveau des plaines littorales et sublittorales et au Sud, au niveau des zones agropastorales dans les vallées d'oued et dans les oasis. L’agriculture oasienne est fortement dominée par la phoeniciculture, activité très développée dans les régions sahariennes, (les travaux d’inventaire variétal réalisés sur une quinzaine de palmeraies algériennes ont permis de recenser 940 cultivars dont une centaine ont fait l’objet d’une description détaillée, HANNACHI et al 1998). La SAU se répartit comme suit (MINISTERE DE L'AGRICULTURE, 2011) :

  • Les terres labourables sont réparties en jachères (38,4 pourcent de la SAU) et en cultures herbacées (50,3 pourcent de la SAU) qui sont à base céréalière (82 pourcent) et fourragère (18 pourcent). 72 pourcent des terres au repos sont pâturées.
  • Les cultures pérennes sont constituées par les plantations fruitières (841 545 ha, 10 pourcent de la SAU), le vignoble (77 730 ha, 0,9 pourcent de la SAU) et les prairies naturelles (24 820 ha, 0,3 pourcent de la SAU).
  • Les surfaces irriguées concernent essentiellement l'arboriculture, les cultures maraîchères et céréalières. Elles représentent 449 258 ha/an.

Le recensement de 2008 du Ministère de l’agriculture révèle que les exploitations agricoles sont de l'ordre de 1 023 799.

La superficie des exploitations agricoles de taille moyenne (10 à 50 hectares) représente 51,84% de la SAU soit 4 381 437. Les grandes exploitations (+ de 50 hectares) représentent 2 Millions d’hectares soit 2% de la SAU.  83,1% des exploitations sont à statut privé et occupent 79,7 de la SAU.


4. LES SYSTEMES D´ELEVAGE

Effectif du cheptel en Algérie.

Le tableau 5 représente l’évolution des effectifs des animaux d’élevage ces dix dernières années. 78 pourcent de l’effectif est constitué par le cheptel ovin, 14 pourcent par les caprins , les bovins ne représentent que 6 pourcent des effectifs. Les régions steppiques et présahariennes détiennent 80 pourcent de l’effectif total constitué essentiellement par le cheptel ovin.

La race principale bovine locale est la race brune de l’Atlas qui est subdivisée en 4 races secondaires (Ministère de l’Agriculture, 1992): la Guelmoise à pelage gris foncé vivant en zone forestière ; la Cheurfa à robe blanchâtre que l’on rencontre en zone préforestière ; la Chélifienne à pelage fauve ; la Sétifienne à pelage noirâtre adaptée à des conditions plus rustiques.

Les races bovines améliorées sont représentées par : la Frisonne Hollandaise Pie Noire, très bonne laitière, elle est très répandue dans les régions littorales et constitue 66 pourcent de l’effectif des races améliorées ; la Frisonne française Pie Noire, également très répandue et bonne laitière ; la Pie Rouge de l’Est et la Pie Rouge Montbéliarde dont l’effectif est plus réduit.

Ces races introduites pour l'amélioration de la production se trouvent confrontées à des conditions écologiques tout à fait différentes de celles de leurs pays d'origine. Importées pour leur fort potentiel génétique, elles voient leurs performances diminuer, puisqu'une grande partie de leur métabolisme est utilisé pour leur adaptation aux facteurs environnementaux.

Tableau 5. Evolution des effectifs  (103 têtes)

Années

1987

1989

1991

1993

1995

1997

1999

1- Bovins

1 416

1 405

1 300

1 394

1 267

1 255

1 650

Vaches BLM*

146

173

166

188

206

208

248

Vaches BLA**

705

705

661

724

731

720

752

Autres

565

527

473

482

330

327

650

2- Ovins

16 148

17 316

16 891

18 665

17 302

16 755

19 203

Brebis

9 784

10 354

9 098

10 964

11500

10 000

11 000

Autres

6 364

6 962

7 793

7 701

5 801

6 755

8 203

3- Caprins

2 568

2 404

2 484

2 683

2 780

3 120

3 403

Chèvres

1 960

1 990

1 262

1 492

1 600

1 680

1 680

Autres

608

414

1 222

1 191

1 180

1 440

1 723

4- Camelins

120

123

132

125

126

134

154

Total

20 252

21 248

20 807

22 867

21 475

21 264

24 410

Source : Ministère de l’Agriculture 
*BLM: Bovins laitiers modernes
**BLA: Bovins laitiers améliorés

Tableau 5’. Evolution des effectifs  2003-2010 (103 têtes)

Années

2003

2004

2005

2006

2007

2009

2010

1- Bovins

1 560

1 614

1 586

1607

1633

1682

1 747

Vaches BLM*

192

199

204

208

216

229

915

Vaches BLA**

640

645

624

639

643

652

Autres

728

770

758

760

774

801

832

2- Ovins

17 502

18 293

18 909

19 615

20 154

21 404

22 868

Brebis

9860

10 184

10 396

10 696

10 899

11 852

13 086

Autres

7642

8109

8513

8919

9 252

9552

9781

3- Caprins

3 324

3 451

3590

3754

3 837

3962

4 287

Chèvres

1904

1940

2027

2151

2 200

2298

2492

Autres

1420

1511

1563

1603

1675

1664

1794

4- Camelins

253

273

269

286

291

301

314

Total

22 639

23 631

24 354

25 262

25 915

27 349

29 216

 

Source : Ministère de l’Agriculture : Statistiques agricoles (2000-2010) 
*BLM: Bovins laitiers modernes
**BLA: Bovins laitiers améliorés

Le cheptel ovin, premier fournisseur en Algérie de viande rouge, est dominé par 3 races principales bien adaptées aux conditions du milieu (ADEM, 1986 ; CHELLIG, 1969 et 1992) :

  • la race arabe blanche Ouled Djellal, la plus importante, environ 58 pourcent du cheptel national, adaptée au milieu steppique, présente des qualités exceptionnelles pour la production de viande et de laine
  • la race Rumbi, des djebels de l’Atlas Saharien, à tête et membres fauves, représente environ 12 pourcent du cheptel.
  • la race rouge Béni Ighil (dite Hamra en rappel de sa couleur) des Hauts Plateaux de l’Ouest (21 pourcent du cheptel), race berbère, très résistante au froid, autochtone d’Afrique du Nord. Des travaux de préservation des potentialités de cette race sont entrepris dans des fermes pilotes.

Quatre races secondaires ovines existent également en Algérie :

  • la race à laine Zoulai de l’Atlas Tellien adaptée aux parcours montagnards,
  • la race Dmen, saharienne de l’Erg Occidental très intéressante par sa prolificité élevée,
  • la race Barbarine, saharienne de l’Erg Oriental
  • la race Targuia-Sidaou, sans laine, race peul, élevée par les touaregs du Sahara Central.

Quelques variétés plus rares sont également mentionnées telles que la Taadmit issue d'un croisement entre Ouled Djellal et les béliers Mérinos. Quelques troupeaux isolés du type Merinos correspondent à des tentatives d’intensification de la production ovine.

La composition du troupeau a tendance à changer. On assiste aujourd’hui au remplacement de la race Beni Ighil très rustique et adaptée au pâturage steppique par la race Ouled Djellal très prolifique et d’un apport plus rentable en viande. En effet "un broutard de 12 mois de la race Beni Ighil équivaut en poids à un agneau de 4 mois Ouled Djellal". L'une des causes de ces mutations est le pillage organisé de certaines races très prisées, telles que la race Ouled Djellal, vers les pays voisins où elles sont cédées à des prix dérisoires (ABDELGUERFI et LAOUAR, 1999).

On retrouve parmi les équins :

  • la race Barbe pure pratiquement disparue au Maghreb à l'état pursauf quelques spécimens en Algérie,
  • La race pur sang arabe,
  • Des croisements Arabe-Barbe.

Les asines sont constitués par une race locale et par les baudets en croisement avec des juments mulassières.

Les camelins sont représentés par le Dromadaire.

Les modes et les conditions d’élevage sont différents suivant les régions géographiques.

L'élevage en Algérie du Nord

En Algérie du Nord, la nature des troupeaux est fonction de l’altitude. Dans les plaines et les vallées, l’élevage bovin est prédominant; jusqu’à 1500m, on rencontre plutôt des ovins et des caprins rarement du bovin en saison hivernale; au delà de 1500m, les prairies d’altitude des massifs ne sont fréquentées que par les bovins qui ne transhument vers les piedmonts qu’en hiver à la fonte des neiges. L’élevage est inégalement réparti d’Est en Ouest en relation avec la richesse des pâturages; l’élevage bovin domine à l’Est tandis qu’à l’Ouest c’est l’élevage ovin associé au caprin qui est privilégié.

L’élevage bovin

On retrouve dans les régions Nord du pays environ 80 pourcent de l’effectif bovin avec 53 pourcent à l’Est, 24 pourcent à l’Ouest et 23 pourcentau centre. Dans la plupart des cas la structure du troupeau se présente comme suit :

Tableau 6. Structure de l´élevage

Vaches laitières

Jeunes femelles

Jeunes mâles,

Taureaux reproducteurs

56% 18% 15% 11%

Source : Ministère de l’Agriculture

L’élevage bovin constitue une source de revenus conséquente pour les agropasteurs des régions telliennes qui compense les faibles bénéfices de l’agriculture dus aux surfaces cultivées restreintes et qui contribue à l’extension de cet élevage sur les terres communautaires offrant des UF gratuites et entraînant un surpâturage dangereux. On distingue deux types de systèmes de production dans l’élevage bovin :

- le système extensif concerne les races locales et les races croisées. Cet élevage est basé sur un système traditionnel de transhumance entre les parcours d’altitude et les zones de plaine. Le système extensif est orienté vers la production de viande (78 pourcent de la production nationale), il assure également 40 pourcent de la production laitière nationale

- Le système intensif concerne principalement les races améliorées. Ce type d’élevage orienté vers la production laitière est localisé essentiellement dans les zones littorales. La taille des troupeaux est relativement faible 6 à 8 vaches laitières par exploitation. Le système intensif représente 30 pourcent de l’effectif bovin et assure près de 20 pourcent de la production bovine nationale.

L’élevage ovin

Dans les régions telliennes l’élevage ovin est peu important. C’est un élevage sédentaire et en stabulation pendant la période hivernale. Il est très souvent associé à l’élevage des caprins. La taille des troupeaux est petite, de 10 à 20 brebis suivant la taille des exploitations. Les disponibilités fourragères sont très faibles en zone de montagne sans possibilité d’extension de la production (ARBOUCHE, 1995). Les agropasteurs ne consacrent que près de 5 pourcent de la SAU à la production fourragère, et on assiste à un surpâturage dans les maquis et les sous-bois des forêts dont la dégradation de la couverture végétale accentue les risques d’érosion. Dans certaines régions, telles que la Kabylie, les animaux sont nourris en hiver de feuilles de figuier et de brindilles d’oliviers et au printemps ils sont conduits dans les champs en jachère qui leur fournissent une alimentation suffisante puis dans les parties montagneuses sur les pacages estivaux. Les agropasteurs ont des revenus qui varient selon la taille des exploitations. L'agriculture demeure la principale source de revenus (57 à 60 pourcent du revenu global) pour les exploitations dont la taille est inférieure à 10 ha, là où domine le système de production semi intensif, alors que c'est l'élevage qui constitue la principale source de revenus (72 pourcentdu revenu global) dans les exploitations de taille supérieure à 10 ha, là où le système de production est extensif (enquête BNEDER, 1996).

L´élevage dans les Hautes Plaines steppiques

En Algérie, les régions steppiques constituent les terres de parcours par excellence dans lesquelles se posent les vrais problèmes liés au pastoralisme.

Tableau 7.  Effectif du cheptel en régions steppiques (milliers de têtes).

Années

1968

1978

1988

1998

2008

Ovins,

5 600

8 500

12 000

16 320

16 800

Caprins

300

560

1 000

1400

1 630

Bovins

120

120

200

280

305

Camelins

100

175

100

135

144

Equidés

250

450

530

750

650

TOTAL

6 370

9 805

13 830

18 885

19 520

Sources statistiques Agricoles, 1974, 1990-99 et 2000-2010

L’effectif du cheptel pâturant dans ces zones et dont la composante prédominante est la race ovine (environ 80 pourcent du cheptel) n’a cessé d’augmenter depuis 1968, jusqu’à la fin des années 90. La croissance exponentielle du troupeau steppique et sa concentration en raison de la régression du nomadisme est due à plusieurs phénomènes :

- Une forte croissance démographique qui a entraîné une augmentation de la consommation de protéines animales est enregistrée durant la dernière moitié du siècle. La population de la steppe de 925.708 habitants en 1954, est estimée aujourd’hui à plus de 7 millions d’habitants (ONS, 2008). Cette croissance a concerné aussi bien la population sédentaire que la population éparse.

Tableau 8. Evolution de la population steppique (milliers d´habitants)

Années

1954

1968

1978

1988

1998

2008

Population totale

925,70

1 255,48

1 700,00

2,500

3 609

7 500

Population nomade

595,42

545,25

500,00

625, 00

360

-

Pourcentage population nomade

52

43

29

25

10

< 10%

Sources stat.agr., 1974; ONS, 1993, 2008

- La spéculation sur le marché de la viande ovine dont le prix au détail est passé de 0.7$ le kg en moyenne en 1977, à plus de 10 $ le kg en ce jour, a contribué au développement de cet élevage.

- L’élevage extensif a été favorisé également par les subventions que l’état a accordé à l’aliment concentré introduit durant les années 1970 et qui ne devrait être utilisé au départ que dans les coopératives d’élevage pour compenser le maigre apport du fourrage naturel disponible pendant les périodes de disette. Des quantités très importantes d’orge et de mais sont importées et distribuées à très bas prix (24 $ le quintal en 1985) pour combler le déficit fourrager. La consommation de concentré est passée de 750 à 2 060 millions d’U.F. entre 1971 et 1985 (Le HOUEROU, 1985 ; BOUTONNET 1989).

Tableau 9.  Evolution des importations d´orge et de maïs (en milliers de tonnes)

 

1983

1984

1985

1986

1987

1988

1989

1990

1991

1992

1993

Orge

482

614

338

0

157

848

259

307

37

103

549

Maïs

383

615

605

998

874

1209

1066

1198

1099

939

1300

Source OAIC in Bedrani, 1995

En 2008, l'Office algérien  interprofessionnel des céréales  (OAIC) a importé 300 000 tonnes d'orge destiné à l'alimentation de bétail.  Pour soutenir la filière élevage, le gouvernement  a octroyé  une subvention de 2 500 dinars le quintal  (l’orge est vendu à 1550 DA le quintal alors que l'OAIC l'achète à près de 4 000 DA le quintal). 

En 2011, l’Office national des aliments du bétail (ONAB) a importé  300.0000 tonnes de maïs  et  180.000 tonnes de soja (l’aliment produit par l’ONAB étant composé à 60% de maïs et  30% de soja).

Le système d'exploitation.

La population steppique, composée essentiellement de pasteurs-éleveurs pratiquait le nomadisme (concernant le déplacement de l’ensemble de la famille), et la transhumance (qui ne concerne que le berger et son troupeau). Ce sont des formes sociales d’adaptation à ces milieux arides qui permettent de maintenir l’équilibre et de survivre aux crises écologiques dues à des sécheresses cycliques. Cette pratique réalisait une gestion rationnelle de l’espace et du temps à travers deux mouvements essentiels : « l’achaba »  qui consiste à remonter les troupeaux dans les zones telliennes, vers un pacage valorisant les sous-produits de l'agriculture, sur les chaumes et les pailles des terres céréalières pendant les 3 à 4 mois de l’été et «l’azzaba » conduisant les pasteurs et leur cheptel vers les piedmonts nord de l’Atlas saharien pendant les 3 mois de l’hiver. Ces deux mouvements de transhumance permettent une utilisation des zones steppiques pendant les 3 ou 4 mois du printemps qui correspondent à la période maximale de la production végétale, c’est à dire à la production des espèces annuelles relatives aux pluies printanières et dont la valeur nutritive élevée compense largement les faibles valeurs fourragères des espèces pérennes. Cette combinaison intelligente induisait une optimisation dans l’utilisation des ressources naturelles et de ce fait, les parcours steppiques ne sont utilisés que pendant 1/3 de l’année ce qui permettait la régénération des espèces. La gestion de l’espace pastoral par les populations était basée sur des accords tacites issus des traditions ancestrales. Cet espace pastoral comprenait les terres publiques de statut domanial et communal qui regroupent les forêts, les nappes alfatières et les vastes parcours, les terres arch détenues en propriétés collectives par les tribus et les terres melk qui sont des terres privées. Aujourd’hui la société pastorale connaît d’importantes transformations socio-économiques (BOUKHOBZA, 1982 ; BERCHICHE et al 1993 ; BEDRANI, 1996) . On note une importante régression du nomadisme qui ne subsiste que de façon sporadique. Les déplacements de grande amplitude ne concernent que 5 pourcent de la population steppique. La population anciennement nomade ne s’est pas sédentarisée totalement comme on peut le croire, mais elle est devenue semi-sédentaire. Les déplacements sont plus restreints (10 à 50 km) (KHALDOUN, 1995). Les pasteurs ont modifié leur système de production en associant culture céréalière et élevage.

Les troupeaux sont de petite taille car prés de 80 pourcent des propriétaires possèdent moins de 100 têtes et 90 pourcent des populations ovines appartiennent à des éleveurs privés. On distingue:

  • Le petit propriétaire-exploitant (80 pourcent des éleveurs) qui possède moins de 100 brebis et moins de 10 ha destinés à la culture de céréales pour l'autoconsommation. Il est semi nomade et ne se déplace que sur un rayon de quelques kilomètres. Il compense son déficit fourrager par les sous produits de ses récoltes.
  • Le propriétaire moyen (15 pourcent des éleveurs) qui possède 100 à 300 brebis et quelques dizaines d'hectares de terre arch. Ce type d'exploitant, agropasteurs, vit des ressources provenant de son troupeau et de ses récoltes. Il ne pratique le nomadisme qu'en mauvaises années.
  • Le grand propriétaire (5 pourcent des éleveurs) qui possède plus de 300 brebis et plusieurs centaines d'hectares qui sont propriété tribale. Il pratique les déplacements de grande envergure, achaba et azzaba et possède de grands moyens (tracteurs, camions…).

Durant la dernière décennie on observe une stabilisation de l’élevage en steppe. Cependant, le recensement du troupeau est une opération délicate, importante et primordiale pour le maintien de l’équilibre de l’écosystème où la proportion des zones de parcours dégradés a atteint les 80%. Pour  qu’un cheptel   soit recensé,  une carte d’éleveur  établie auprès de la chambre d’agriculture est nécessaire. Cette carte n’est délivrée qu’aux éleveurs ayant  vacciné leurs troupeaux (opération coûteuse : frais de déplacement et de restauration du vétérinaire et les frais de vaccination). La fiche de vaccination du cheptel mentionne le nombre total de têtes vaccinées. La carte d’éleveur est renouvelable chaque année et permet   de s’approvisionner en aliment de bétail (aliments subventionnés par l’Etat). La quantité d’aliment de bétail octroyée dépend du nombre de têtes vaccinées qu’on trouve  marqué sur la fiche de vaccination (ROSELT/OSS/Algérie, 2005 et 2012).

L'élevage dans le Sahara Central

L'analyse de la situation de l'élevage dans les parcs du Tassili (Wilaya d’Illizi) et de l'Ahaggar (Wilaya de Tamanrasset) donne une idée globale de la gestion pastorale dans le Sahara Central. Comme dans les autres régions du pays, le cheptel connait une forte croissance.

Tableau 10.  Effectif du cheptel dans le  Sahara Central

 

Hoggar

       Tassilii

 

1999

2009

1999

2009

Ovins

70 950

83 237

16 070

23 990

Caprins

61940

84 307

25 650

30 400

Camelins

69 370

83 599

17 910

  23 491

Total

147 850

334 380

44 849

77 881

Sources Statistiques agricoles : 1999 et 2009

On distingue plusieurs types d’éleveurs dans ces régions :

  • les agropasteurs qui possèdent des terres familiales (association de plusieurs frères) de faible superficie (13 ha au maximum) dans lesquelles ils pratiquent des cultures vivrières (céréales, légumes). Ils possèdent également des troupeaux de petite taille, 10 à 50 têtes dont 80 pourcent sont des caprins avec 3 variétés de chèvres : la race locale à poil long utilisée pour la production de viande, la race du Nord (Nailia) pour la production de lait, et des races maliennes et nigériennes introduites pour améliorer la production. Les animaux sont soit placés chez des bergers, soit confiés aux femmes et le pâturage se fait dans un rayon de 2 à 3 kms. La complémentation est apportée par les résidus de jardin.
  • Les éleveurs semi nomades possèdent des troupeaux de petites tailles (moins de 50 têtes) composés essentiellement de caprins (70 pourcent) et d'ovins (20 pourcent, race locale Dmen ou la Longipes du Mali). La proportion de camelin reste très faible (5 à 10 pourcent du cheptel suivant les familles). Les campements « Zribas » sont fixés depuis plusieurs années entre 5 ans et 20 ans. Pour subvenir aux besoins de la famille (de 5 à 10 membres), les femmes cultivent des petits jardins potagers, et les hommes travaillent soit comme guides touristiques, soit comme saisonniers dans les localités avoisinantes. La production dérivant de l'élevage, lait, beurre et fromage est utilisée pour la consommation familiale, les poils de chèvres servent aux femmes pour la fabrication de pièces artisanales qu'elle vendent aux touristes de passage.
  • Les éleveurs nomades possèdent des troupeaux plus importants, plus de 100 têtes, essentiellement camelins avec quelques Zébus importés du Mali et du Niger. Les éleveurs pratiquent la transhumance qui dure entre 2 et 4 mois et qui peut être trans-frontalière ce qui rend le recensement des camelins très difficile. Des puits de parcours sont réalisés par les communes (unité administrative de base locale gérée par un maire élu et un conseil municipal) et leurs emplacements sont délimités selon le choix des nomades. Les troupeaux sont confiés à des bergers payés au mois et entièrement pris en charge (alimentation et vêtement). Les zones de transhumance les plus proches concernent les vallées d'oued. Des complémentations sont données aux troupeaux quand ils sont au niveau des campements, soit de l'orge acheté à un prix assez élevé (43 $ le quintal), quand l'éleveur a les moyens, ou simplement des gousses d'acacia ( Acacia raddiana et Acacia seyal ) qu’il fait tomber de l’arbre à l’aide d’une gaule.

Les paramètres de production des élevages et le système d’intégration

Tableau 11. Evolution des paramètres des élevages et le système d´intégration

Années

1987

1990

1995

1997

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2010

1-Lait (106l)

927

977

1168

1186

1411

1503

1650

1480

1522

1690

1787

2290

Vaches

590

630

830

850

1040

1170

1310

1135

1160

1300

1400

1811

Brebis

201

213

192

175

220

180

185

190

192

199

203

231

Chèvres

131

129

140

155

143

153

155

155

170

191

184

248

Collecte (lait de vache)
Taux de collecte

81

10.5

n.r.

n.r.

125

15.4

113

13.4

93

7.5

100

6.5

93

5.7

129

8.4

120

7.46

200

10.4

163

5.83

n.r.

n.r.

Taux d´intégration

10

4.89

10.52

10.89

10

n.r.

n.r.

n.r.

n.r.

n.r.

n.r.

n.r.

2- Viandes (103t)

370.5

436

497

511

539

565

535

525

550

589

592

607

Bovins

74

90

101

102

117

133

105

116

121

125

120

133

Ovins

106

134

170

167

163

164

165

141

148

172

178

180

Caprins

8.7

8.4

8.5

11.9

12.3

12.3

12.4

12.4

12.4

12.8

13.3

14.2

Camelins

1.6

2

2

2.2

3.1

3.9

3.1

3.1

3.2

3.3

3.2

4.8

Equins

0.8

0.7

0.6

0.5

0.5

0.4

0.4

0.4

0.4

0.4

0.4

0.4

Autres viandes

179.4

200.9

214.9

227.4

243.1

251.2

249.0

252.0

265.1

275.0

277.5

274.5

Source :Ministère de l’Agriculture et FAOSTAT (2012); n.r. non renseigné

La filière lait

La production laitière moyenne annuelle au cours de la dernière décennie est environ de 1 milliard de litres dont 60 pourcent provient de l’élevage bovin, 26 pourcent de lait de brebis et 13 pourcent de lait de chèvre. La production laitière cameline n’est pas prise en compte. L’étude des performances zootechniques réalisée en 2000, dans 80 exploitations, par l’Observatoire des Filières Lait et Viande rouge de l’Institut Technique des Elevages (ITELV) a donné les résultats suivants :

  • la productivité moyenne est de 12,22 Kg de lait/vache traite/jour,
  • Les rendements techniques (production enregistrée effectivement sur la base du contrôle individuel des vaches traites) sont :

- rendement maximal = 14,97 Kg de lait/Vache traite/jour,

- rendement minimal = 9,82 Kg de lait/Vache traite/jour,

  • le taux de fécondité est de 34 pourcent, le taux le plus élevé correspondant à la zone agro-écologique du Tell littoral et de montagne.

Des données pour la production laitière moyenne par zone agro-écologique et par la race pour décembre 2002 sont données dans les Tableaux 12a et 12b.

Table 12a. Productivité lattière moyenne par zone agroécologique.

Zone agroécologique Tell Littoral Tell Plaine Montagne
Kg de lait/vache traite/jour 14.08 9.28 11.77

Source: Observatoire des filiè lait et viande rouge (OFLIVE), December, 2002

Table 12b. Productivité lattière moyenne par race bovine et par zone agroécologique.

Zone agroécologique Tell Littoral Tell Plaine Montagne
Race Pie Noire Pie Rouge Pie Noire Pie Rouge Pie Noire Pie Rouge
Kg de lait/vache traite/jour 13.87 13.01 9.04 11.47 11.89 12.97

Source: Observatoire des filiè lait et viande rouge (OFLIVE), December, 2002

La faible production au niveau des plaines (9.38 Kg/vt/j) sésplique par la vocation agricole extensive de ces zones. D'une manière générale, la race bovine pie rouge présente de meilleure performances que la pie noire.

Le taux de croissance de la production laitière annuelle est très faible. Il couvre à peine 40 pourcent de la consommation de lait en Algérie qui est de 110litres/hab/an, le déficit étant comblé par l’importation. L’enveloppe globale allouée à l’importation de lait et des produits laitiers est de 490 millions de dollars.
Le taux de collecte de lait cru, réalisé par l’ensemble des unités publiques laitières, varie entre 5 et 15 pourcent, entre 50 et 150 millions de litres. Le taux d’intégration industriel est de 4 à 10 pourcent.

Les contraintes liées à la production laitières sont nombreuses et sont liées au développement de l’élevage bovin :

  • faible production de l’élevage bovin (le BLM et le BLA  représentent en moyenne 50% de l'effectif total),
  • prix de revient à la production trop important et systèmes de prix appliqués à la consommation du lait, considéré comme « un produit de première nécessité », peu incitatifs à l’amélioration de la production. Le coût de production moyen est de 25 DA/l, le prix à la consommation est de 20 DA/l (25 DA/l depuis février 2001, le prix est le même en 2012)
  • ressources fourragères insuffisantes et coût de l’alimentation du bétail trop élevé, le taux d´approvisionnement des élevages en fourrages se situe à 27 pourcent de leurs besoins
  • infrastructures insuffisantes et désorganisées des réseaux de collecte

Des mesures de soutien à la collecte par les fonds de l’Etat ont été mises en place pour encourager la collecte, une prime de 4 DA par litre livré à l’usine est assurée pour les collecteurs livreurs ; l’éleveur qui livre son lait à la transformation est encouragé avec 7 DA par litre de lait cru livré et le transformateur est encouragé avec 2 DA par litre de lait cru réceptionné (Kali et al 2011).

La production concurrencée par la poudre de lait, en effet, la production industrielle de lait à partir essentiellement de la poudre de lait a entrainé en 2007 l'importation de 282.805 tonnes de poudre de lait pour une valeur de 67,9 milliards DA soit 978 millions USD (ITELV, 2007)

- Perspectives 2009-2013 (ITELV, 2007)

Le programme de développement axé sur le cheptel local disponible vise à atteindre les objectifs ci-après :

- Effectif vaches laitières : 1.189.000 têtes dont 368.000 BLM

- Production lait cru de vache: 2,2.milliards de litres

- Quantité de lait cru collectable : 1,1 milliard de litres

La filière viande

 La production de viandes rouges provient essentiellement des élevages extensifs ovins (56 pourcent) et bovins (34 pourcent). La production de viande provenant de l’élevage caprin (8 pourcent) et camelin (2 pourcent) reste très marginale, cette viande n’étant consommée que dans le Sud du pays. Les bilans de production en rapport avec le niveau de consommation sont difficiles à établir en raison des abattages non contrôlés. Les enquêtes publiées ont fait ressortir des taux de consommation annuelle de 4 Kg de viande ovine et 3,5 Kg de viande bovine. La croissance démographique et la dégradation du pouvoir d’achat ont donné lieu à une baisse de la consommation de viandes rouges de 40 pourcent ces 10 dernières années, notamment pour les catégories sociales à revenus fixes. Cependant, la forte demande générée par les catégories sociales à revenus élevés et qui ont amélioré leur modèle de consommation, en augmentant leur consommation de protéines animales, ont permis le maintien d’un niveau élevé des prix de la viande (les prix à la consommation des viandes rouges ont été multipliés par 10 en 20 ans, ils dépassent 1000 DA/Kg en 2012 )

Pour satisfaire la demande en viande et en produits laitiers  l’Algérie importe des quantités considérables de viande bovine  (78,273 millions de tonnes en 2005)  de  beurre, de beurre clarifié, de lait écrémé sec et de fromage.  La valeur des  importations de viande bovine et de produit laitier  en 2005   étaient respectivement de 174,8  millions et  739 millions $ US. En 2008, l’Algérie vient au 15e rang mondial des importateurs de viande rouge en

Au premier semestre 2010,  les importations de  viandes ont baissé de 27,47%, le montant de la facture s’établissant à 66 millions de dollars, contre 91 millions de dollars en 2009.

Les produits laitiers  ont baissé également de 16,73%. Ils ont été évalués à 458 millions de dollars le premier semestre 2010, contre 550 millions de dollars la même période 2009 (Centre National d’Informatique et de Statistique des Douanes Algériennes).


5. LES RESSOURCES PASTORALES

Les terres consacrées à la production fourragère couvrent 33 millions d’hectares répartis entre les prairies naturelles (0,1 pourcent), les cultures fourragères (1,6 pourcent), la jachère (10,6 pourcent) et les pacages et parcours (87,7 pourcent).

Dans la zone dite à potentiel pour la production laitière, les surfaces agricoles sont à dominance occupées par la céréaliculture. Chaumes, pailles et jachères occupent plus de 50% des superficies fourragères alors que les fourrages cultivés n'occupent que 10% de ces surfaces. La politique de Renouveau agricole et rural qui vise à valoriser  le potentiel  de production dans les terres arables, envisage d’engager un programme de résorption de la jachère au profit d’une culture fourragère ou de légumes secs dans les régions céréalières à pluviométrie inférieure à 400 mm/an.

Les fourrages cultivés

Les fourrages cultivés sont composés essentiellement de vesce-avoine qui représente 70 pourcent de la surface cultivée. 10 pourcent de la superficie sont affectés aux céréales, orge, avoine et seigle. La luzerne et le sorgho sont peu représentatifs, 1 à 5 pourcent de la superficie cultivée (ABDELGUERFI, 1987, 2003).

Tableau 13.  Production des fourrages cultivés

Années

 

1990

1992

1994

1996

1998-99

 

Fourrages artificiels

Consommés secs

Superficie (ha)

Production (qx)

439 970

4 257 760

417 340

8 315 070

389 980

3 915 340

311 240

9 349 000

368 130

6 292 230

Fourrages artificiels

consommés verts

Superficie (ha)

67 120

112 340

104 870

100 910

-

Sources Statistiques Agricoles 1990-1997 : 2000-2010

 

Années

 

2001

2003

2005

2007

2009

2011

Fourrages artificiels

Consommés secs

Superficie (ha)

Production (qx)

243 520

5 544 460

272 790

7 914890

394 849

8 623650

401 340

7 169110

296 277

11 585391

407 533

10 765 120

Fourrages artificiels consommés verts

Superficie (ha)

87 750

104 320

89 303

92 453

120 020

136 639

14 930 040

Au titre de la campagne 1998-99 la quantité de semences fourragères livrée aux agriculteurs est de l'ordre de 20 000 qx, la vesce-avoine représente 68 pourcent.

Les fourrages cultivés consommés en sec fournissent 577 millions d’Unités Fourragères Lait (UFL, unité exprimant les besoins énergétiques convenant à des brebis à l’entretien allaitant un agneau par an). Ces fourrages représentent 92 pourcent des apports énergétiques des fourrages cultivés et concernent la vesce avoine, l’avoine fourrage et le pois-avoine. Les fourrages cultivés consommés verts fournissent 43 millions d’UFL (HOUMANI, 1999) On retrouve l’orge vert avec 84 pourcent de la superficie, le bersim et la luzerne. .

Les fourrages naturel

Les superficies consacrées à la production des fourrages naturels sont constituées par les prairies naturelles (20 pourcent) avec 35 000 ha environ et par les jachères fauchées (80 pourcent) avec plus de 130 000 ha.

En 2011 les prairies naturelles représentent seulement 10% des fourrages naturels, les jachères fauchées , 90% avec 217 000 hectares

  • Les prairies naturelles se trouvent essentiellement dans les étages bioclimatiques humides et sub- humides. Les rendements sont de l'ordre de 8,4 qx/ha et l’apport fourrager de 1443 millions d’UFL.
  • les jachères fauchées présentent un rendement de 4,8 qx/ha et un apport fourrager de 73 millions d’UFL .
  • La jachère pâturée occupe annuellement une sole importante (3,2 millions d’hectares en 1998). Ces terres se localisent au niveau des régions semi-arides et en altitude. La pratique de la jachère est liée au système de production jachère-céréales-élevage qui est largement répandu et reste un apport fourrager gratuit et sécurisant pour l’éleveur, indépendant des perturbations climatiques. La jachère permet, en effet, de faire pâturer les chaumes en été et les adventices de l’automne jusqu’au printemps.

Tableau 14. Production des fourrages naturels

Années   1990 1992

1994

1996

1998-99

Fourrages naturels

Prairies naturels

Superficie (ha)

26 060 32 050 36 940 40 440 35 210

Production (qx)

318 140 450 870 567 080 941 370 679 470
Jachères fauchées

Superficie (ha)

71 280 113 220 78 510 128 720 134 640
Production (qx) 612 050 1 952 380 984 110 2 309 630 1 848 770

Sources Statistiques Agricoles


Années

 

2001

2003

2005

2007

2009

2011

 Fourrages naturels

Prairies naturelles

 

Superficie (ha)

30 900

25 950

26 070

25 462

24 950

24 820

Production (qx)

655 890

566 300

601 860

606 565

674 290

768 375

Jachères fauchées

 

Superficie (ha)

111790

273 070

118 667

202 299

244 733

217 034

Production (qx)

1 879650

4 364580

2 254120

4 386765

5 976960

4 813210

Sources Statistiques Agricoles 2000 -2010

 

Pour accroître les productions céréalières et diversifier les ressources fourragères de nombreuses études et expérimentations ont été entreprises durant ces vingt dernières années (LE HOUEROU, 1971, projet PNUD- FAO-Saida, projet ACSAD-Tiaret, dossier organisation et résorption de la jachère du Ministère de l’Agriculture ). Ces actions avaient pour but la réduction et les possibilités d’alternatives de la jachère. Ainsi les tentatives d’introduction de luzernes annuelles dans un assolement blè-médicago avaient pour objectifs l’amélioration de la structure et de la fertilité du sol et par conséquent une intensification de la production végétale et animale. Les cultures de remplacement proposées sont  (HAMADACHE, 2001):

  • Les fourrages verts (trèfle, sorgho, luzerne perenne) et les légumineuses alimentaires (fève, pois chiche et haricot sec) en rotation avec le blé dur et les agrumes dans l’étage bioclimatique sub-humide (>600mm).
  • Les céréales fourragères en vert (orge, avoine triticale), des associations céréales-légumineuses et sur les sols en pente des arbres fruitiers rustiques (oliviers, amandiers figuiers) dans l’étage bioclimatique semi-aride supérieur (450-350mm).
  • Introduction de rotations jachère-orge, vesce-fourrage ou medicago-orge dans l’étage bioclimatique semi-aride inférieur (<350mm)
  • Arboriculture et vigne en zone de montagne

Ces actions font partie des principales orientations du Plan National de Développement Agricole (PNDA) et bénéficient de mesures de soutien.

LES RESSOURCES PASTORALES EN ALGERIE DU NORD

Les ressources pastorales en Algérie du Nord ont été évaluées dans une étude réalisée dans les monts de Béni Chougrane (FAO/FIDA, 1993) :

  • forêts : 150 UF/ha
  • parcours : 100 UF/ha
  • pailles et chaumes de céréales : 320 UF/ha
  • jachères : 250 UF/ha
  • cultures fourragères : 1065 UF/ha
  • terres improductives : 50 UF/ha

Très peu d’études ont été réalisées sur les parcours de l’Atlas Tellien et on ne peut encore réaliser une synthèse qui puisse faire ressortir les caractéristiques de ce type d’écosystème.

LES RESSOURCES PASTORALES DES PARCOURS STEPPIQUES ET PRESHARIENS

De nombreux travaux relatifs à l’étude de la végétation ont permis de faire ressortir les potentialités pastorales (voir annexes) des steppes algériennes qui sont dominées par 4 grands types de formations végétales (DJEBAILI, 1978 ; URBT, 1974- 1991 ; NEDJRAOUI, 1981 ; AIDOUD,1989 ; LE HOUEROU, 1998, 2000,  ROSELT/Algérie, 2005 et 2012 ; Hirche 2010…)

Les steppes à alfa (Stipa tenacissima) dont l’aire potentielle était de 4 millions d’hectares présentent une forte amplitude écologique. On les retrouve en effet dans les bioclimats semi arides à hiver frais et froid dans l’étage aride supérieur à hiver froid. Ces steppes colonisent tous les substrats géologiques de 400 à 1 800 m d’altitude. La production de l’alfa peut atteindre 10 tonnes MS/ha mais la partie verte qui est la partie exploitable a une production de 1 000 à 1 500 kg MS/ha. L’alfa présente une faible valeur fourragère de 0,3 à 0,5 UF/Kg MS, cependant, les inflorescences sont très appétées (0,7UF/KgMS). La productivité pastorale moyenne de ce type de steppe varie de 60 à 150 UF/ha selon le recouvrement et le cortège floristique (AIDOUD et NEDJRAOUI, 1992).

Les steppes à armoise blanche (Artemisia herba alba) recouvrent 3 millions d’hectares et sont situées dans les étages arides supérieur et moyen à hiver frais et froid avec des précipitations variant de 100 à 300 mm. Ce type de steppe s’étale sur les zones d’épandage dans les dépressions et sur les glacis encroûtés avec une pellicule de glaçage en surface. La production primaire varie de 500 à 4 500 kg MS/ha avec une production annuelle totale de 1 000 kg MS/ha. La production annuelle consommable est de 500 kg MS/ha , soit une productivité pastorale moyenne de 150 à 200 UF/ha. L’armoise ayant une valeur fourragère moyenne de 0,65 UF/kg MS, les steppes à armoise blanche sont souvent considérées comme les meilleurs parcours utilisés pendant toute l’année et en particulier en mauvaises saisons, en été et en hiver où elle constitue des réserves importantes L’armoise est une espèce bien adaptée à la sécheresse et à la pression animale, en particulier ovine. Le type de faciès dégradé correspond à celui de Peganum harmala dans les zones de campement et autour des points d’eau.

Les steppes à sparte (Lygeum spartum) représentent 2 millions d’hectares, rarement homogènes, occupant les glacis d’érosion encroûtés recouverts d’un voile éolien sur sols bruns calcaires, halomorphes dans la zone des chotts. Ces formations sont soumises à des bioclimats arides, supérieur et moyen à hivers froids et frais. L’espèce Lygeum spartum ne présente qu’un faible intérêt pastoral (0,3 à 0,4 UF/kg MS). Les steppes à sparte sont peu productives avec une production moyenne annuelle variant de 300 à 500 kg MS/ha, mais elles constituent cependant des parcours d’assez bonne qualité. Leur intérêt vient de leur diversité floristique et de leur productivité relativement élevée en espèces annuelles et petites vivaces, elle est de 110 kg MS en moyenne.

Les steppes à remt (Arthrophytum scoparium) forment des steppes buissonneuses chamaephytiques avec un recouvrement moyen inférieur à 12,5 pourcent. Les mauvaises conditions de milieu, xérophile (20-200 mm/an), thermophile, variantes chaude à fraîche, des sols pauvres, bruns calcaires à dalles ou sierozems encroûtés font de ces steppes des parcours qui présentent un intérêt assez faible sur le plan pastoral. La valeur énergétique de l’espèce est de l’ordre de 0,2 UF/kg/MS. La production moyenne annuelle varie de 40 et 80 kgMS/ha et la productivité pastorale est comprise entre 25 et 50 UF/ha/an. Ce type de steppe est surtout exploité par les camelins.

Les steppes à psammophytes sont liées à la texture sableuse des horizons de surface et aux apports d’origine éolienne. Ces formations sont inégalement réparties et occupent une surface estimée à 200.000 hectares. Elles suivent les couloirs d’ensablement et se répartissent également dans les dépressions constituées par les chotts. Elles sont plus fréquentes en zones aride et présaharienne. Ces formations psammophytes sont généralement des steppes graminéennes à Aristida pungens et Thymellaea microphyla ou encore des steppes arbustives à Retama raetam et leurs valeurs pastorales varient de 200 à 250 UF/ha.

Les steppes à halophytes. Ces steppes couvrent environ 1 million d’hectares. La nature des sels, leur concentration et leur variation dans l’espace vont créer une zonation particulière de la végétation halophile très appétée autour des dépressions salées. Les espèces les plus répandues dans ces formations sont : Atriplex halimus, Atriplex glauca, Suaeda fruticosa, Frankenia thymifolia, Salsola sieberi et Salsola vermiculata . Ce type de steppe est très recherché par les pasteurs et sa valeur pastorale est d’environ 300 UF/ha.

Les contraintes sur les ressources pastorales

Les aléas climatiques. Les rendements dans les fourrages cultivés varient en fonction des aléas climatiques. On note une réduction des rendements, 28 qx/ha en 1996 contre 9,8 qx/ ha en 1997 pour la vesce-avoine et 31 qx/ha contre 5,5 qx/ha pour les autres fourrages durant les mêmes périodes, l'année 1997 ayant connu un fort déficit pluviométrique. Dans les Hautes Plaines steppiques, les perturbations climatiques et plus particulièrement la pluviosité sont une cause importante de la fragilité de ces milieux déjà très sensibles et provoquent des crises écologiques se répercutant sur la production primaire des écosystèmes et sur le changement de la composition floristique. Les disponibilités fourragères naturelles deviennent aléatoires. Des études ont montré une perte de la production pastorale équivalente à 236 UF/ha pour une diminution de la pluviosité annuelle de 104 mm/an dans les steppes Sud algéroises.

Tableau 15. Diminution des précipitations (mm/an) sur les Hautes Plaines steppiques

Stations

1913-1930

1952-1975

1975-1990

Diminution (%)

Saida

El Khreider

Mecheria

Ain sefra

430

208

293

192

419

184

310

194

320

166

213

156

25

18

27

20

Source : Djellouli et Nedjraoui, 1995

Le Tableau 16  montre l’influence du pâturage et de la sécheresse sur les steppes à alfa.

Tableau 16.  Evolution de la production de l´alfa (kg ms/ha) en fonction de l´intensité du pâturage et de la pluviosité

Année

1976

1980

1983

1987

1990

Pluviosité moyenne annuelle mm

-

252

176

253

270

Mise en Défens

1,080

2,070

1,340

1,700

780

Pâturage modéré

1,467

1,269

1,029

600

420

Pâturage libre

1,470

1,270

700

55

25

Source Aidoud, 1993

La même steppe à alfa a fait l'objet d'une surveillance qui a duré plus de  35 années (fig.4). L’étude  a porté sur le fonctionnement de l'écosystème et sur les changements à long terme relevant de la dynamique successionnelle (Slimani, 2012 ; Aidoud et al, 2011).

Changement du couvert végétal des principales espèces pérennes dans la steppe d’alfa. (a : parcelle mise en défens ; b : terrain pâturé )

Le résultat  le plus marquant est l'extinction de l’alfa alors qu'elle représentait 80% du couvert végétal du système préexistant. L’extinction a été plus rapide dans les parcelles pâturées

Cet exemple illustre bien la situation sur toute la steppe algérienne quelque soit le faciès.

En effet, la surveillance à long terme dans l’observatoire des steppes du Sud Oranais (Roselt 2005 et 2012)  a montré la même évolution pour les steppes à armoise blanche et à sparte. La végétation a enregistré une dégradation accélérée avec une forte diminution des espèces les plus appétées. L’offre fourragère n’arrive plus à satisfaire les besoins d’un cheptel en constante progression (figure 5).

El Biodh 1978 
El Biodh 2005
Figure 5. Dégradations des steppes occidentales en Algérie (Roselt 2005)
 

Le surpâturage.

 L’intensité du surpâturage a été évaluée à partir de la charge potentielle du parcours et de la charge effective actuelle.

Tableau 16.  Effectifs du cheptel en équivalents-ovin (103 ) et charges pastorales (ha/eq.ovin)

Années

1968

1996

2008

Equivalents- ovin

7,890

19,170

22,  587

Production UF/ha

1600 106

533 106

 

Charge potentielle

1 eq.ov/ 4 ha

1eq.ov/ 8 ha

 

Charge effective

1 eq.ov/1.9 ha

1 eq.ov/ 0.78 ha

 

Source Nedjraoui 1997

 

En 1968, les parcours steppiques nourrissaient 7 890 103 équivalents-ovins, ce qui donnait une charge de 1,9 ha/eq.ovin, et la steppe offrait 1,6 milliards d’UF donc pour une charge pastorale de 1 mouton/4 hectares. Donc à cette période la steppe était déjà surpâturée et la charge effective était deux fois plus élevée que la charge potentielle. Malgré les sonnettes d’alarmes tirées par les pastoralistes de l’époque, la situation s’est en fait aggravée. En effet, en 1996, les parcours se sont fortement dégradés et la production fourragère est équivalente à 533 millions d’UF, cette estimation est une moyenne qui tient compte des espèces annuelles et de la variabilité de la pluviosité. La charge pastorale potentielle serait d’environ 8 ha/1 eq-ovin. Or l’effectif du cheptel correspond à 19.170 103 éq.ovins et la charge réelle des parcours est de 0,78 hectares pour 1 éq.ovin. L’effectif du cheptel serait donc 10 fois supérieur à la charge réelle des parcours. Cet état des choses ne peut être possible que par la complémentation à l’aide de concentrés.

Un effectif ovin trop élevé sur les meilleurs pâturages et autour des points d’eau provoque le piétinement et le tassement du sol. Cet effet se traduit par la dénudation du sol, la réduction de sa perméabilité et de ses réserves hydriques et l’augmentation du ruissellement. Ce qui accroît très sensiblement le risque d’érosion. Des micro-dunes se forment donnant lieu à des paysages prédésertiques.

Ce surpâturage qui ne tient pas compte des conditions écologiques, se manifeste par le maintien trop prolongé du troupeau sur les aires pâturées prélevant ainsi une quantité de végétation largement supérieure à la production annuelle. L’impact sur la végétation est énorme aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif.

  • Sur le plan qualitatif, les bonnes espèces  pastorales, celles dont l’indice d’appétibilité est supérieur à 6 sont consommées avant d’avoir eu le temps de fructifier ou de former des repousses pour les saisons à venir. Leur système racinaire dépérit et elles disparaissent totalement du faciès en laissant la place à des espèces inapétées telles que Atractylis serratuloides, Peganum harmala, etc.. qui constituent un indice caractéristique de la dégradation des parcours. L’indice d’appétibilité ou indice de qualité spécifique Isi traduit un classement, allant de 0 à 10, des espèces selon leurs qualités fourragères (des plus mauvaises Isi<5 aux meilleures Isi>5) et tient compte de leurs qualités bromatologiques, vitesse de croissance, appétibilité, assimilabilité et résistance à la dent. Les indices attribués aux espèces steppiques algériennes (URBT, 1978) ont été déterminés à partir d’enquêtes auprès des pasteurs et de suivis de troupeaux sur le terrain. Le résultat de cette transition régressive est la diminution de la richesse floristique et donc de la biodiversité.
  • Sur le plan quantitatif, le surpâturage provoque une diminution du couvert végétal pérenne et de la phytomasse et donc une dégradation des formations végétales.

Les nombreuses études réalisées par les universitaires depuis les années 70, sur les steppes montrent toutes une importante régression du couvert végétal supérieure à 50 pourcent et une diminution sérieuse de la production des écosystèmes steppique passant de 120 à 150 UF/ an en 1978 à 30 UF/ha/an pour les parcours dégradés et 60 à 100 UF/ha/an pour les parcours palatables (AIDOUD et NEDJRAOUI, 1992 ; ZEGRAR et al., 1997, Roselt/ Algérie 2005, Hammouda, 2009 ).

En 2008, nous avions 22 587  équivalents ovins sur la steppe, la charge pastorale aurait augmenté, seulement il faut tenir compte des travaux d’amélioration de la capacité fourragère de la steppe par le HCDS. En effet, à la même période, sur les 7 millions d’hectares dégradés 2 670 000 ha ont été restaurés par la mise en défens soit 38% de la superficie et sur un million d’hectares très dégradés ayant perdu leurs potentiel de régénération naturel, 300 000 ha ont été réhabilités par la plantation pastorale soit 33 % de la superficie (HCDS, 2008). Ces travaux ont donné lieu à La production de 2.5 milliards d’unités fourragères soit une amélioration de la couverture des besoins alimentaire du cheptel de 25 % à 50 %.

Les problèmes du foncier et la dégradation des ressources naturelles. Depuis 1975, date de la promulgation du code pastoral, toutes les terres de parcours steppiques et présahariens s’étalant entre les isohyètes 100 et 400 mm sont devenues propriété de l’Etat et la gestion de ces terres relève des communes. La loi portant accession à la propriété foncière agricole de 1983 a été appliquée aux terres de parcours et « quiconque met en valeur une terre de parcours pourra prétendre à en être propriétaire ». La loi de 1990 portant orientation foncière réduit l’espace des terres « à vocation pastorale » aux steppes comprises entre les isohyètes 100 et 300 mm, permettant les défrichements sur la frange 300-400 mm. De ce fait, et pour répondre aux besoins alimentaires induits par la croissance démographique et l’augmentation du cheptel, on assiste à une exploitation anarchique des terres pastorales et à l’extension des cultures céréalières à rendements très faibles ( 2 à 5 qx/ha) sur des sols fragiles. Les techniques de labour au cover-crop utilisées par les agropasteurs ont une action très érosive qui détériore l’horizon superficiel et le stérilise le plus souvent de manière irréversible. Ces phénomènes provoquent une destruction des espèces pérennes et une forte réduction de la végétation annuelle. On a assisté à une perte des surfaces pastorales au profit des surfaces défrichées et labourées et très souvent abandonnées. On estime aujourd’hui à 2 millions d’hectares la superficie labourée en milieu steppique.


6. AMELIORATION DES RESSOURCES PASTORALES

Dés 1945, suite aux conséquences de la Deuxième guerre mondiale, les autorités coloniales ont amorcé une série de solutions à la crise de l’économie pastorale en préconisant la mise en défens des parcours, la sédentarisation des populations et la lutte contre les épizooties. Après l’indépendance, les politiques d’amélioration pastorale ont porté essentiellement sur les parcours steppiques et l’élevage ovin. Les mêmes actions sont reprises avec une radicalisation des rapports sociaux de production, les moyens de production, cheptel et matériel, devenaient propriétés collectives. Les tentatives d’organisation de la steppe sont nombreuses et très peu ont donné des résultats positifs allant dans le sens de l’amélioration des parcours.

Evolution des politiques d’organisation des terres de parcours.

  • En 1968, des coopératives d’élevage furent mises en place, sous tutelle de l’Association pour le Développement de l’Elevage Pastoral (ADEP) créée en 1969. Ces coopératives bénéficiaient des meilleures terres de parcours et d’un grand appui logistique de l’Etat. Elles furent dissoutes en 1976 n’ayant pas répondu à l’objectif allant dans le sens de l’amélioration des productions pastorales et de la gestion des parcours.
  • La période 1972-1973 fut celle de la promulgation du Code Pastoral dans le cadre de la Révolution Agraire. Le principal objectif est la sauvegarde des terres de parcours par la limitation du cheptel, des mises en défens, l’interdiction des labours sur les zones pastorales et l’arrachage et le colportage des ligneux. Des conflits d’intérêt sont apparus lors de l’application du Code Pastoral et toutes ces dispositions n’ont pu être appliquées. La première et deuxième phase de la Révolution Agraire ont donné lieu à la création des Coopératives Agricoles Polyvalentes Communales de Service (CAPCS) pour l’approvisionnement des éleveurs en biens alimentaires et domestiques. La troisième phase a été réduite à la création de 200 coopératives d’élevage pastoral (CEPRA) et 49 ADEP et le versement des terres au Front National de la Révolution Agraire.
  • Durant la période 1974-1979, la rubrique «pastoralisme » ne représentait que 0,5 pourcent des crédits de paiement accordés au ministère de l’Agriculture. Des programmes spéciaux d’aménagement des parcours et de développement des productions ovines ont été lancés, mobilisant d’importants moyens pour le développement agro-pastoral dans une dizaine de wilayas.
  • Les années quatre vingt sont caractérisées par une nouvelle orientation de la politique agricole entraînant la dissolution des coopératives pastorales, l’abandon du Code Pastoral en 1982 et l’adoption du dossier steppe en 1985 qui a donné lieu à la création du Haut Commissariat au Développement de la Steppe (HCDS). Cet organe a été chargé de mettre en place une politique de développement intégré sur la steppe en tenant compte de tous les aspects économiques et sociaux. Il a favorisé dès 1992 une nouvelle approche dite participative, pour la développement de la steppe, basée sur l'implication des populations pastorales et sur des relations de partenariat avec les communes steppiques.
  • En 1990, la loi portant orientation foncière est adoptée avec pour but de rendre leurs terres aux propriétaires expropriés dans le cadre de la Révolution Agraire. Une institution chargé de la régulation foncière, «l’Office National des Terres Agricoles », a été installée en 1996.

Projets et réalisations pour l’amélioration des ressources pastorales

Dans le souci d’améliorer la gestion des parcours steppiques et de ralentir leur dégradation de nombreux projets ont été lancés depuis l’indépendance.

Le Projet Hodna, en 1968 et les différents Projets Algérie 16, 22 et 30 (1969-1970) avec la participation du PNUD avaient pour but l’amélioration des ressources pastorales (cultures fourragères et élevage ovin) dans un but d’aménagement intégré des terrains de parcours à travers des études phytoécolgiques et des expérimentations agricoles. Les applications de ces projets pratiquement inexistantes ne valaient pas les investissements que l’on a concédé. Les documents de synthèse (rapports et cartes) élaborés par les experts servent toujours de référence aux pastoralistes actuels.

Les principale études et réalisations lancées dans les années quatre vingt, sont en général prises en charge par le HCDS. La steppe a bénéficié pour l’ensemble de ses régions de 165 projets relatifs au programme pastoral pour la période 1985-1992. Ce programme concerne la mise en valeur des parcours avec la réalisation de forages, puits pastoraux, séguias, ouvertures de piste, l’amélioration foncière, la création d’unités pastorales (60 unités dont 47 sur Oued Touil) c’est à dire le découpage de la steppe en unités pastorales homogènes sur le plan sociologique et répartition des ressources naturelles. Ces unités impliquent les fractions ou sous fractions tribales.

Depuis 1992, les programmes sur la steppe sont réalisées à travers une approche participative qui donne lieu à une étroite collaboration entre les agropasteurs et les structures chargées de réaliser ces programmes, en l’occurrence le HCDS. Ainsi dans le cadre de la politique des Grands Travaux il est prévu entre autres :

1 500 000 ha: en aménagements pastoraux

700 000 ha: de mise en défens

100 000 ha: de plantation d’arbustes fourragères

1 200 km: de brise vent

400 000 m3: de correction torrentielles

3 000 km: d’aménagement de piste

2 300 unités: en points d’eau

4 800 ha: en amélioration foncière

Les parcours sont consolidés par un programme d'aménagement hydraulique. Le HCDS a opté pour la récupération des eaux superficielles et le captage des eaux de source.

La réalisation de ces  Grands Travaux  a trouvé l’adhésion des populations pastorales qui ont été impliquées. La mise en défens sur les zones dégradées est souhaitée et approuvée par les pasteurs. Il en est de même pour les plantations pastorales susceptibles de réhabiliter les écosystèmes fortement dégradés. Les bénéficiaires qui participent au projet sont conscients de l’intérêt de ces plantations et sont prêt à les multiplier et à les préserver. Toutes ces actions ont été développées en partenariat avec les communes steppiques ce qui a permis d'introduire un nouveau type d'exploitation des parcours institutionnalisé en 1997 et qui concerne la location des périmètres aménagés ou mis en défens par les communes. Dans le cadre de ces Grands Travaux, des projets sont initiés et développés par le HCDS en collaboration avec les universitaires dans le domaine de l’amélioration pastorale, la connaissance du milieu steppique à travers l’identification et la cartographie des zones potentielles pour la céréaliculture, et l’identification et la cartographie des zones potentielles pour l’accueil du cheptel ovin lors des migrations d’hiver.

La mise en défens a permis à la production fourragère de passer de 40 UF/ha à plus de 250 UF/ha soit une augmentation de plus de 525 pourcent. L'introduction d'espèces fourragères (15 000 hectares de plantations) telles que Atriplex nummulaaria, Atriplex vesicaria, Medicago arborea, Opuntia ficus indica a permis l'amélioration des parcours dégradés par une production fourragère de 500 à 800 UF/ha, elle a permis également la fixation des dunes et des placages sableux. Atriplex vesicaria produit en sec 4 tonnes de matière fraîche par hectare, en irrigué la production peut atteindre 10 à 20 Tonnes de matière sèche par hectare.

Le Plan National de Développement Agricole (PNDA)

« Le Plan National de Développement Agricole, adopté en 2000, a pour objectif l’amélioration du niveau de la sécurité alimentaire ». Il s’articule autour de l’incitation et le soutien des exploitants agricoles pour :

  • développer les productions adaptées aux zones naturelles et aux terroirs,
  • adapter les systèmes d'exploitation des sols dans les régions arides et semi-arides

Ces actions fondées sur les contraintes agro-climatiques convergent "vers des objectifs de reconstruction du territoire agricole et de conservation des ressources naturelles (eau et sol) aptes à favoriser le développement durable". La mise en œuvre des programmes est soutenue par le Fonds National de Régulation et Développement Agricole (FNRDA).

  • Dans le domaine des cultures fourragères, les actions soutenues concernent le développement de la production et de la productivité par l'acquisition d'intrants agricoles (semences, opérations culturales) et de matériel agricole spécialisé (faucheuse, ensileuse, silos…). L'exploitant agricole éligible pour ces actions doit intégrer les cultures fourragères dans son système de production.
  • Dans le domaine de l'élevage, les actions soutenues concernent la protection et le développement du patrimoine génétique en accordant des primes pour les naissances de sexe féminin notamment pour la race cameline. Elles concernent également la réhabilitation des points d'eau en collaboration avec le HCDS et le soutien à l'alimentation du cheptel ovin dans les conditions de sécheresse ou de perte d'UF liée à la perte de pâturage par les mises en défens ou la transformation des systèmes de production. Seul l'exploitant éleveur ayant un troupeau d'au moins 100 têtes peut prétendre à ces actions.
  • Dans le domaine des filières lait, les actions de soutien vont dans le sens de l’amélioration de la production et de la productivité. Les actions soutenues concernent l’acquisition d’équipements spécialisés (abreuvoirs, salle de traite..), la création de centres de collecte, l’incitation par des primes à l’augmentation de la production laitière et sa livraison aux unités de transformation. Le soutien à l’insémination artificielle et à la production de reproducteurs est proposé pour la protection et le développement du patrimoine génétique le soutien va également dans le sens de l’incitation à la création de petites et moyennes entreprises (PME) spécialisées dans l’engraissement, l’abattage, le stockage et la transformation des produits carnés. Tout exploitant éleveur disposant de quelques bovins dont 6 vaches laitières peut prétendre à ces actions de soutien.

La nouvelle politique , à travers la stratégie nationale de développement rural,  vise, entre autres objectifs,  l’amélioration de la sécurité alimentaire du pays à travers la revitalisation et le développement de proximité des territoires ruraux  la préservation des ressources naturelles, la stabilisation et l’amélioration des conditions de vie des ménages ruraux et en valorisant les atouts du monde rural. Elle vise également à atténuer la désertification à promouvoir l'amélioration de la productivité des terres moyennement dégradées et à assurer une utilisation rationnelle des ressources fourragères et  une implication des communautés pastorales

En 2009_2011,  dans le cadre des la protection des ressources naturelles,  1886 Projets de Proximité de développement rural ont été lancés par le MADR.  

En 2011, Le MADR a également appelé à la création  de nouvelles  exploitations  agricoles  et d'élevage  sur les  terres  non exploitées,  relevant  tant  de la propriété  privée  que du domaine  privé de l'Etat par attribution de concessions.


7. LES ORGANISMES DE DEVELOPPEMENT ET DE RECHERCHE IMPLIQUES DANS LE PASTORALISME

Le rôle de la recherche scientifique dans l’amélioration des terres de parcours.

Le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique a dégagé en Juin 1995 des Programmes Nationaux Prioritaires de Recherche (P.N.R.) dans le cadre du développement des zones de parcours (NEDJRAOUI, 1999). Un appel d'offre du ministère a permis à de nombreux chercheurs sur le territoire national de s'inscrire dans ces programmes et de bénéficier de subventions pour les réaliser. Cette nouvelle politique a permis de faire le point sur le potentiel scientifique et technique travaillant dans ce domaine de recherche. Le Centre de Recherches Scientifique et Technique sur les Régions Arides (C.R.S.T.R.A) a été chargé de coordonner et d'animer, à travers un réseau thématique intersectoriel, ces actions de recherche. Plusieurs axes et thèmes fondamentaux ont été retenus, parmi lesquels:

Axe I Etude des possibilités d’amélioration de la productivité des agro-systemes.

1. Mise au point de systèmes fourragers dans les différentes zones pédo-climatiques

2. Mise en valeur et possibilités d'utilisation des sols salés

3. Régénération et amélioration de l'écosystème steppique

4. Régénération et effets des procédés d'exploitation des nappes alfatières

5. Aménagements steppiques

6. Influence des agro-systèmes sur la croissance et le développement du palmier dattier.

7. Recherche de techniques de préservation durable de l'agro-système oasien

Axe II Etude technico-économique des élevages

1. Elevage bovin, ovin et caprin

2. Elevage camelin et équin

3. Petit élevages

4. Pastoralisme et élevage en steppe et en montagne

5. Elevage saharien

Axe III- Gestion des ressources naturelles.

1. Approche participative dans la gestion des ressources naturelles

2. Les pépinières pastorales dans la préservation de l'environnement des zones arides

3. Les systèmes pastoraux en Algérie (aspect socio-économique du nomadisme)

4.  L'industrialisation des zones steppiques et sahariennes

5.  Evaluations, étude des systèmes culturaux et gestion du sol

Axe IV - Analyses qualitatives et quantitatives des ressources animales.

1.  Inventaire du cheptel, santé et amélioration des races

2.  Ecophysiologie des régulations hormonales de la reproduction et du métabolisme hydrominéral des mammifères des zones arides et semi-arides

Les nouveaux Programmes Nationaux de la Recherche, lancés en 2010, ont proposé un axe de  recherche portant sur le développement des régions arides, semi-arides  et la lutte contre la désertification et parmi les thématiques proposées on retrouve la réhabilitation et la restauration des parcours steppiques à travers :

  • La mise au point de méthodes conservatoires de l’eau, du sol et de la végétation
  • La valorisation des savoirs faire locaux
  • Le développement de l’agronomie saharienne et la promotion des cultures biologiques
  • L’inventaire des parcours et la surveillance de leur production par télédétection 

De très nombreuses institutions sont engagés dans l'étude et le développement des terres de parcours. On ne citera que les plus importantes:

LES ORGANISMES D'AMENAGEMENT  ET DE DEVELOPPEMENT

La Direction Générale des Forêts (DGF), en tant qu'Organe National de Coordination, est chargée d'appliquer la politique de lutte contre la désertification. La DGF est impliquée dans la recherche des programmes de gestion rationnelle des parcours pour freiner le processus de dégradation des terres et des programmes de plantations pastorales en zone de montagne.
Contacts : Mr .A. GHEBALLOU, Directeur Général ; Mme F. DJEHICHE, Sous-Directrice chargée de l'application de la CCD.
D.G.F. Chemin Doudou Mokhtar, Ben Aknoun, Alger Tel- Fax : 21 9153 14

Le Haut Commissariat au Développement de la Steppe (HCDS) c'est un organe chargé du développement intégré des régions steppiques. Il initie la politique de gestion de ces régions au niveau du statut foncier, de l'amélioration des parcours par des plantations fourragères et de la promotion de la population pastorale en l'intégrant dans les projets de développement.
Contacts : Mr. L. BROURI, Ingénieur spécialiste des plantations pastorales ;
HCDS, BP381, 17000 Djelfa Algérie. Tel : (213) 27 873166 Fax : (213)27 875161
http://www.hcds.dz

L’Agence Nationale de l’Aménagement du Territoire participe à des études et des programmes d’aménagement des espaces pastoraux notamment en milieux steppiques.
Contacts : Mr A. Khaldoun , chercheur.
ANAT, Lotissement Mesli, Bd Mohamed V, 13000, Tlemcen. Tel : 43 41 63 93

LES INSTITUTIONS DE RECHERCHE

Le Centre de Recherches Scientifique et Technique sur les Régions Arides a pour mission principale de réaliser les programmes de recherche scientifiques et techniques sur les régions arides ou menacées de désertification et de sécheresse.
Contact: Dr A. Gaouar
CRSTRA BP 1682 RP Biskra 07000 Tel/Fax : 33 734214

L’Unité de Recherches sur les Zones Arides (U.R.Z.A.) a pour principales missions l'étude des systèmes oasiens et le comportement physiologique des ruminants.
Contacts: Drs Z.Amirat; N. Bouguedoura; F. Khamar; F. Rahmania
URZA, 2 rue Didouche Mourad Alger 16000 Tel/Fax: 21 649283

Le Centre de Recherche en Economie appliquée (C.R.E.A.D. ) s'intéresse aux problèmes socioéconomiques, aux systèmes de productions agro-pastoraux dans les différentes zones steppiques et au développement rural.
Contact: Dr S. Bédrani
CREAD , 20rue Chahid M Khaled, Ben Aknoun Alger, 16000 Tel/Fax: 213 21 524917

L'Unité de Recherche sur les Ressources Biologiques Terrestres (U.R.B.T.) a pour objectifs de recherches l'évaluation phytoécologique et l'évaluation et la cartographie pastorales des principaux parcours steppiques et présahariens dans le cadre des projets de développement des régions et dispose de 7 stations expérimentales et d'observation réparties dans ces différents écosystèmes. Les observations commencées en 1974 se poursuivent aujourd'hui, ce qui permet l’étude de l'évolution des parcours en fonction des paramètres environnementaux et d'évaluer à partir d'analyses diachroniques les processus de désertification. Ces stations font partie de l’observatoire du programme ROSELT. Ce programme vise à établir une banque de données alimentée par un Réseau d’Observations et de Suivi Ecologique à Long Terme (ROSELT) piloté par l’organisme inter-gouvernemental « Observatoire du Sahara et du Sahel, OSS ». Il s’appuie sur des stations d’observations réparties à travers les parcours et dans lesquelles ont été effectuées des mesures écologiques régulières.
Contacts: Drs D. Nedjraoui ; H. Kadi-Hanifi ; A. Bouzenoune; A. Boughani; A. Hirche; M. Salamani; H. Slimani.
URBT BP 295 Alger-Gare Alger 16000 Tel: 213 21 646122

USTHB, BP 32 El Alia, Bab Ezzouar Alger, 16111

Tel : (213) 21247913

USTHB/FSB BP 32 El Alia, Bab Ezzouar Alger 16111

http://www.usthb.dz

L'Institut National de Recherches Agronomiques (INRA) A travers ses différentes stations, l'INRA développe des thèmes de recherches en zootechnie et en phytotechnie pour étudier les mécanismes de dégradation des parcours steppiques.
Contacts : PR  F. Chehat Directeur

Institut National de la Recherche Agronomique (INRA)
El Harrach, Quartier Hacen Badi
16000 Alger, Algerie
Phone: +213-216-1230024
Fax: +213-216-1752897

Antennes Régionales: Mrs Kanoun; A. Chebouti;
INRA, 7 rue Bernadas Djelfa. Tel: (213) 27 870163

www.inraa.dz

L’Ecole Nationale Supérieure d’agronomie  (ENSA)  forme des ingénieurs agronomes et développe des thèmes de recherche relatifs aux problèmes des terres de parcours  et l’élevage.
Contacts: Départements: phytotechnie (Dr A. Abdelguerfi); Economie rurale (Drs S. Bedrani et A Daoudi)   Zootechnie (Drs Yakhlef et Longo)
ENSA, Av. Pasteur Hacenbadi, El Harrach, 16200 Alger Tel: (213) 21 523547 Fax (213) 21 521987  
http://www.ina.dz/


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MINISTERE DE L’AGRICULTURE.,  2000.- Plan National de Développement Agricole 96p.

NEDJRAOUI D., 1981.-Evolution des éléments biogènes et valeurs nutritives dans les principaux faciès de végétation des Hautes Plaines steppiques de la wilaya de Saida.Thèse 3èmecycle USTHB,Alger, 156p + ann.

NEDJRAOUI D., 1990.- Adaptation de l’alfa (Stipa tenacissima L) aux conditions stationnelles. Thèse Doct. Sciences, USTHB, Alger, 256p.

NEDJRAOUI D., 1997.- Etat, conservation et gestion des écosystèmes forestiers steppiques et sahariens en Algérie. Rapport d’expert PNAE, Banque Mondiale, 89p.

NEDJRAOUI D., 1999.- Notes de réflexions sur la politique de lutte contre la désertification en Algérie. Rapport, OSS, 34p.

OFFICE NATIONAL DES STATISTIQUES., 1993.- La population nomade (quelques caractéristiques). Données statistiques  N° 171.

OFFICE NATIONAL DES STATISTIQUES., 1996.- Annuaire statistique de l’Algérie. Résultats 1993/1994, n° 17, Alger, 429 p.

SELTZER P., 1946.- Le climat de l’Algérie. Inst. Météorol. Phys. Globe. Alger, 219p +1 carte.

SMADHI D et al., 2001.- SIG: base de données pour la gestion de l'environnement agroclimatique: cas des hauts plateaux semi arides. Sémin. Nation. Sur la problématique de l'agriculture des zones arides et de la reconversion. Sidi-Bel-Abbes janv. 2001. 50-58

STATISTIQUES AGRICOLES., 1974.- La steppe algérienne. 383p.

STATISTIQUES AGRICOLES., 1990-1999.- Séries B, superficies et productions

URBT 1974-1978.- Etude phytoécologique et pastorale des hautes plaines steppiques de la wilaya de Saïda (9 millions d'hectares). Rapport de synthèse et documents cartographiques (7 cartes par thème au 1/200.000è).

URBT., 1982-1987.- Etude phytoécologique et pastorale de la wilaya de Djelfa (2 500 000 hectares). Etude d'aménagement pastoral sur deux zones pilotes (Ain Oussera et Messaad).7 cartes + documents de synthèse.

URBT., 1988-1991.- Etude phytoécologique et pastorale de la Daïra de Ouled Djellal (wilaya de Biskra) (400 000 hectares). 4 cartes au 1/100 000è d'occupation des terres et pastorales + rapport de synthèse. 2 cartes au 1/200 000è d'occupation des terres et pastorales + documents de synthèse.

ZEGRAR S. et al., 1997.- Réalisation de la carte de sensibilité à la désertification à partir de l’imagerie spatiale. Sem. Int. sur l’utilisation spatiale pour la prévention des risques majeurs. Arzew, 9p.

Ministère de l'agriculture et du développement rural de l'Algérie


9. CONTACTS

Ce document a été préparé en janvier 2001 par Dr D. Nedjraoui, Professeur en écologie des systèmes pâturés à l’Université des Sciences et de la Technologie H. Boumediène (USTHB) d’Alger et Directeur de recherches à l’Unité de Recherche sur les Ressources Biologiques Terrestres (URBT). Une mise à jour périodique des données sur les systèmes pastoraux pourra être assurée.

Nedjraoui Dalila
URBT BP 295 Alger Gare,
Alger 16000,
Algérie
Fax:213 21 24 72 17
Tel.: 213 21 60 81 74
        213 61 51 47 44
Email dnedjraoui@yahoo.com

Le tableau 2 a été mis à jour par S.g. Reynolds en novembre 2002 et la table 11a et 11b ont été expédiées par Dr. Nedjraoui et ajoutées en octobre 2003.

Une mise à jour des donnée a été faite en Mai 2012 par Dr Nedjraoui.


10. ANNEXES

Tableau 1. Relevé type dans un parcours de montagne (Atlas Blidéen)

Caractères écologiques :

Altitude : 1350m
Bioclimat : subhumide
Exposition SE Versant rectiligne
Pente 15 pourcent
Erosion : moyenne
Pelouse de dégradation à Poa bulbosa
Recouvrement de la végétation 64 pourcent

Composition floristique

Espèces Espèces Espèces
1 Thymus algeriensis 15 Aegilops triuncialis 29 Geranium molle
2 Bromus tectorum 16 Alyssum parviflorum 29 Geranium molle
3 Silene gallica 17 Helianthemum croceum 30 Anthemis sp
4 Scleropoa rigida 18 Romulea bulbocodium 31 Alchemilla arvensis
5 Trifolium scabrum 19 Xeranthemum inapertum 32 Paronychia argentea
6 Erysimum bocconi 20 Tuberaria guttosa 33 Dactylis glomerata
7 Trifolium glomeratum 21 Leontodon tuberosus 34 Trifolium stellatum
8 Silene imbricata 22 Plantago bellardii 35 Convolvulus sp
9 Evax pygmaea 23 Filago spathulata 36 Bromus rubens
10 Hypochoeris achyrophorus 24 Sanguisorba minor 37 Alyssum granatense
11 Poa bulbosa 25 Lagurus ovatus 38 Erysimum bocconei
12 Hedypnois cretica 26 Minuartia tenuifolia 39 Scolymus hispanicus
13 Trifolium cherleri 27 Erodium bipinnatum 40 Crupina vulgaris
14 Anagallis arvensis 28 Biscutella didyma 41 Silene gallica

Source Bernoussi et al 1992

Tableau 2. Types de parcours des massifs Constantinois (massifs de Ben Badis)

Parcours à Ampelodesma mauritanica

R
%

Isi Parcours à Asphodelus microcarpus R
%
Isi
Atractylis cancellata

7

1

Plantago coronopus 14 1
Lolium perenne

1

5

Asphodelus microcarpus 27 5
Sinapis arvensis

5

4

Daucus carota 23 5
Convolvulus arvensis

5

1

Dactylis glomerata 6 5
Daphne gnidium

13

5

Circium arvense 4 1
Ampelodesma mauritanica

11

4

Atracyclis cancellata 11 1
Thymus officinalis

11

1

Thymus officinalis 6 1
Plantago coronopus

6

1

Scabiosa stellata 6 5
Asphodelus microcarpus

8

5

Avena sterilis 2 6
Astragalus armatus

4

3

Phlomis criniata 1 1
Eléments du sol     Eléments du sol,    
Recouvrement végétal

71%

  Recouvrement végétal, 73%  
Litière

13%

  Litière 27%  
Sol nu

16%

  Sol nu 0  
Valeur pastorale

10

  Valeur pastorale 12  

Source BNEDER, 1993.

Tableau 3. Caractères pastoraux des espèces steppiques

8

Indice
spécifique

Isi

Espèces

VE

UF/KgMS

Indice
spécifique

Isi

Espèces

VE

UF/KgMS

8

Lolium rigidum

0,70

4 Marrubium desertii 0,61

Thymus ciliatus

0,61

4

Noaea mucronata 0,93

7

Atemisia herba alba

0,65

4 Retama raetam 0,89

7

Atriplex halimus

0,85

4 Suaeda fructicosa 0,89

7

Cutandia divaricata

0,69

3 Aristida pungens 0,31

7

Launaea resedifolia

0,85

3 Artemisia campestris 0,42

7

Plantago albicans

0,70

3 Atractylis serratuloides 0,51

7

Plantago ovata

0,88

3 Evax +micropus 0,78

7

Poa bulbosa

0,77

3 Herniaria hirsuta 0,51

7

Stipa parviflora

0,77

3 Launaea acanthoclada 0,33

7

Stipa barbata

0,69

3 Lygeum spartum 0,30

6

Helianthemum apertum

0,52

3 Peganum harmala 0,45
Stipa tenacissima 0,30
6 Helianthemum virgatum 0,59 2 Bupleurum semicompositum 0,57
6 Scorzonera undulata 0,87

2

Frankenia thymifolia 0,68
6 Salsola vermiculata 0,58

2

Paronychia argentea 0,36
5 Xeranthemum inapertum 0,66

2

Thymelaea hirsuta 0,69
5 Centaurea incana 0,70

2

Arthrophytum scoparium

0,49
5 Ctenopsis pectinella 0,64
5 Eruca versicaria 0,88
5 Erodium bipinnatum 0,86
5 Malva aegyptiaca 0,78
5 Teuchrium polium 0,68

Source Nedjraoui, 1981.

Tableau 4. Caractérisations des différents parcours steppiques

Types de parcours

Faciès à:

Recouvrement
espèces perennes
Phyto-
masse
épigée

Kg.MS/ha

Productivité
pastorale

UF/ha/yr

Valeur pastorale

/100

Stipa tenacissima

60

2000

130

20

" with Launaea acanthoclada

34

1150

100

14

" with Launaea acanthoclada

17

600

70

7

" with Launaea acanthoclada

17

650

70

8

" with Arthrophytum scoparium

23

850

60

9

" with Artemisia herba-alba

42

1450

130

17

" with Artemisia herba-alba

21

700

80

10

" with Lygeum spartum

42

1400

140

19

" with Lygeum spartum

25

950

100

12

" with Helianthemum hirtum

45

1500

140

21

" with Atractylis serratuloides

19

700

80

10

" with Artemisia herba-alba-Lygeum spartum

28

960

150

19

" with Artemisia campestris        
" and Thymelaea microphylla

23

950

140

16

" and Aristida pungens        
Artemisia herba-alba

27

850

190

24

" with Helianthemum hirtum

27

700

180

24

" and Stipa parviflora        
" with Stipa tenacissima

36

1100

160

20

" with Stipa parviflora

20

600

140

17

" with Lygeum spartum

22

750

120

15

" with Atractylis serratuloides

19

650

110

12

" and Noaea mucronata        
" with Peganum harmala

10

400

70

7

Lygeum spartum

24

850

190

25

" with Stipa tenacissima

21

550

90

13

" with Stipa parviflora

26

800

120

16

" with Artemisia herba-alba

30

700

120

18

" with Atractylis serratuloides

16

460

80

11

" withNoaea mucronata

20

620

100

13

" with Thymelaea microphylla

20

550

90

13

" with Artemisia campestris

22

900

160

20

" with Aristida pungens

25

980

170

23

" with Frankenia thymifolia

31

1150

200

24

" and Halocnemum strobilaceum

28

850

90

14

Arthrophytum scoparium

15

950

60

6

" with Stipa tenacissima

19

1050

60

8

" with Artemisia herba-alba

18

820

90

9

" with Lygeum spartum

17

670

80

9

" with Thymelaea microphilla

21

800

60

10

" with Rantherium suaveolens

13

800

90

6

Artemisia campestris

24

1250

130

19

" and Lygeum spartum

Source URBT, 1974-1978 ; 1982-1987 ; 1988-1991