Profil fourrager


ALGERIE

English


par

D. Nedjraoui



1. Introduction
2. La Topographie et le Sol
3. Le Climat et les Zones Agro-écologiques
4. Les Systèmes d'élevage
5. Les Ressources pastorales
6. Amélioration des Ressources Pastorales
7. Les Organismes de Développement et de Recherche impliqués dans le Pastoralisme
8. References Bibliographiques
9. Contacts
10. Annexes


1. INTRODUCTION

L'Algérie couvre une superficie de 2.381.741 km² et est le deuxième plus grand pays d´Afrique aprés le Soudan. La capitale est Alger. L´Algérie est limitée au Nord par la Mer Méditerranée, au Sud par le Mali et le Niger, à l'Ouest par le Maroc, le Sahara Occidental et la Mauritanie et à l'Est par la Tunisie et la Libye. L’Algérie est subdivisée en 48 Wilayas (départements).

Deux chaînes montagneuses importantes, l'Atlas Tellien au Nord et l'Atlas Saharien au Sud, séparent le pays en trois types de milieux qui se distinguent par leur relief et leur morphologie, donnant lieu à une importante diversité biologique. On distingue du Nord au Sud, le Système Tellien, les Hautes Plaines steppiques et le Sahara.

La population se compose en majorité d´Arabes (80% de la population) mais elle compte également une importante minorité de Berbères. L´arabe est la langue officielle et la très grande majorité des Algériens sont musulmans.

L´Algérie fut une province de l´Empire  romain puis fut envahie par les Vandales et les Byzantins.
La conquête islamique eut lieu au VII e siècle. L´Algérie devint une dépendance de l´Empire ottoman au XVI e siècle jusqu´en 1830 date de sa conquête par la France. L´Algérie est indépendante depuis 1962.

La population recensée en 1998 est de 29,27 millions d'habitants. Le dernier recensement de 1987 fait état de 22,71 millions d'habitants, ce qui donne un taux moyen de croissance annuelle de 2,28 pourcent durant cette dernière décennie (Office National des Statistiques, ONS, 1996) .

  • Les zones urbaines et périurbaines telliennes qui n'occupent que 4 pourcent du territoire national sont les plus peuplées (80 pourcent de la population totale).

  • Les régions steppiques (9 pourcent du territoire ), localisées au-delà de l'Atlas Tellien, constituent les vraies zones de parcours et la population, composée essentiellement d'agropasteurs, représente environ 12 pourcent de la population totale.

  • Le reste de la population (8 pourcent) se disperse dans les régions sahariennes qui s'étalent sur 87 pourcent du territoire

Figure 1. Carte de l´Algérie

La population active agricole représente 25 pourcent de la population active totale du pays soit 1 million de personnes dont 125 000 éleveurs.

La répartition des terres.

Selon les dernières données du Ministère de l'Agriculture (1992, 1997 et 2000), les 238 millions d'hectares du territoire algérien sont répartis comme indiqué dans le Tableau 1.

Tableau 1. Répartition des terres

Vocation des terres

SAU

Pacage et parcours

Terres alfatières

Terres forestières

Terres improductives

Total

Superficie
(103 ha)

8227

31054

2916

4 196

191 331

238 174

Pourcentage de la superficie totale

3.45

13.22

1.22

1.76

80.33

-

Les terres utilisées par le secteur agricole occupent 40 millions d'hectares soit 17 pourcent de l'ensemble du territoire et se subdivisent comme suit :

  • 31 millions d'hectares sont utilisés comme pacages et parcours et constituent le domaine essentiel du pastoralisme en Algérie.

Huit millions d'hectares représentent la surface agricole utile (SAU) qui se répartissent en terres labourables (93 pourcent de la SAU) et en cultures pérennes (7 pourcent de la SAU). Sur plus de 75 pourcent de la SAU, la pluviométrie reste une contrainte importante pour le développement des cultures. Le ratio SAU a évolué comme suit:

  • 1901 : 1,1 ha/habitant ; 1955 : 0,6 ha/hab. ;
  • 1995 : 0,32ha/hab.; 2000 : 0,28 ha /hab.

Les formations forestières couvrent 4,1 millions d’hectares (GHAZI et LAHOUATI, 1997). Elles sont représentées par  :

  • Les forêts naturelles, 1 329 000 ha (32,4 pourcent)
  • Les maquis et les broussailles, 1 844 400 ha (44 pourcent)
  • Les pelouses, 2 800 ha (0,1 pourcent)
  • Les reboisements 972 800 ha (23,5 pourcent)

Les principales essences forestières sont :

  • Le pin d’Alep (Pinus halepensis) 800 000 ha (35,4 pourcent)
  • Le chêne liège (Quercus suber) 463 000 ha (20,5 pourcent)
  • Le chêne vert (Quercus rotundifolia) 354 000 ha (15,7 pourcent)
  • Les genévriers (Juniperus) 217 000 ha (9 pourcent)

Les steppes à alfa assurent la transition entre les groupements forestiers et les groupements steppiques . Les surfaces occupées par l’alfa étaient de 5 millions d’hectares au début du siècle, elles sont réduites à moins de 2 millions d’hectares à ce jour. L’importante dégradation des nappes alfatières est due à leur exploitation intensive car l’alfa constitue la matière première de la pâte à papier et est utilisé par le secteur artisanal traditionnel pour la vannerie (NEDJRAOUI, 1990 ; KADI-HANIFI, 1998).

Les terres improductives qui représentent 80 pourcent du territoire algérien sont localisées essentiellement dans les régions sahariennes où dominent ergs, regs et hamadas

Le secteur de l’élevage.

L’élevage, en Algérie, concerne principalement les ovins, les caprins, les bovins et les camelins. Les effectifs recensés durant les dix dernières années sont représentés dans le tableau 2.

Tableau 2. Evolution du cheptel (milliers de têtes)

Année

1990

1995

1999

2000

2001

Bovins

Ovins

Caprins

Camelins

1 393

17 697

2 472

123

1 267

17 302

2 780

126

1 650

18 200

3 400

220

1 650

19 500

3 400

235

1 700

19 300

3 500

240

Total

21 685

21 475

23 470

24 785

24 740

Sources Statistiques Agricoles 1990-1999 and FAO database 2002

Les ovins prédominent et représentent 80 pourcent de l’effectif global avec plus de 10 millions de brebis. L’élevage caprin vient en seconde position (13 pourcent) comprenant 50 pourcent de chèvres. L’effectif des bovins reste faible avec 1.6 - 1.7 millions de têtes (6 pourcent de l’effectif global) dont 58 pourcent sont des vaches laitières. En Algérie il y a une spécialisation des zones agroécologiques en matière d’élevage. L’élevage bovin reste cantonné dans le Nord du pays avec quelques incursions dans les autres régions. Les parcours steppiques sont le domaine de prédilection de l’élevage ovin et caprin avec plus de 90 pourcent des effectifs qui y vivent entraînant une surexploitation de ces pâturages.


2. LA TOPOGRAPHIE ET LE SOL

Le cadre topographique. L’Algérie, en fonction de la géologie, de la lithologie et de la topographie, s’organise en trois grandes unités structurales : le Système Tellien, les Hautes Plaines steppiques et le Sahara.

Le Système Tellien. C’est un ensemble constitué par une succession de massifs montagneux, côtiers et sublitoraux, et de plaines (HADJIAT, 1997).

Le Tell Occidental est ordonné en alignements alternés de massifs, de hauteur moyenne, dominés par une dorsale calcaire du Jurassique et du Crétacé et de dépressions représentées par les basses plaines oranaises et la plaine du Bas Chélif.

Le Tell Central est constitué par une chaîne de massifs prolongeant le Tell Occidental, où l’on retrouve les monts du Zaccar, de l’Atlas Blidéen et les massifs du Djurdjura dont l’altitude culmine à 2300m. Les roches d’âge du Crétacé sont constituées de schiste, de marnes et de calcaire marneux. La bordure littorale est dominée par une grande dépression formant la riche plaine alluviale de la Mitidja.

Le Tell Oriental représente la partie la plus montagneuse de l’Algérie. Il est disposé en chaînes parallèles et on distingue, du Nord au Sud :

  • Les chaînes telliennes littorales, constituées de gneiss et de granite qui prolongent celles du Djurdjura. Ce sont les massifs de Collo, Skikda et de l’Edough bordant la basse plaine de Annaba et où se trouvent les deux plus grandes zones humides d’eau douce, le lac Tonga et le lac Oubeïra, inscrits comme réserve naturelle sur la liste de la Convention de Ramsar.
  • Les chaînes telliennes externes, constituées par les monts des Babors et les massifs de Petite Kabylie et qui reposent sur des socles du Jurassique et de l’Eocène,
  • Les chaînes telliennes internes dominées par les monts du Hodna, du Belezma, le massif des Aures (2328 m d’altitude) et les monts des Nemenchas. Cet ensemble appartient au domaine atlasique.

Les Hautes Plaines steppiques

Localisées entre l'Atlas Tellien au Nord et l'Atlas Saharien au Sud, à des altitudes plus ou moins importantes de 900 à 1 200 m, elles sont parsemées de dépressions salées, chotts ou sebkhas qui sont des lacs continentaux formés au Pléistocène sous l’effet des pluies torrentielles et du ruissellement important qui en découle. On distingue deux grands ensembles :

  • Les steppes occidentales, qui sont constituées des Hautes Plaines Sud Oranaises et Sud Algéroises, dont l'altitude décroît du Djebel Mzi à l'Ouest (1 200 m) à la dépression salée du Hodna au centre (11 000hectares) occupée par des dépôts détritiques
  • Les steppes orientales à l'Est du Hodna, qui sont formées par les Hautes Plaines du Sud Constantinois où domine le Crétacé de nature calcaire et dolomitique. Ces Hautes Plaines sont bordées par le Massif des Aurès et des Némemchas.

Le Sahara

Le Sahara forme une large barrière qui sépare le domaine méditerranéen au Nord du domaine tropical au Sud. Il est constitué de plateaux (hamadas et tassili) où le massif volcanique du Hoggar culmine à 3 000 m d'altitude, de plaines (regs et ergs) et de dépressions (sebkhas et gueltas).

  • Les hamadas et les tassilis sont d'immenses plateaux rocheux calcaires de forme tabulaire, à sols squelettiques dominant les vallées des oueds. Le Tassili des Ajjers couvre 350 000 km2
  • Les regs, surfaces horizontales de cailloux et de graviers de formes variées, résultent d'une importante érosion éolienne sur les horizons superficiels de sol.
  • Les ergs sont des dépôts sableux qui se présentent sous forme de dunes. L'Erg Occidental long de 500 km et large de 150 à 250 km couvre une superficie de 100.000 Km2 et fait partie des grands ensembles dunaires sahariens.
  • Les dépressions sont soit salées (chotts et sebkhas) soit peu ou pas salées où s'accumulent les eaux de ruissellement (dayas).

Les sols

On distingue plusieurs types de sols ( DJEBAILI et al, 1983 ; HALITIM, 1988 ; KADI HANIFI, 1998).

  • Les sols minéraux bruts ou sols très peu évolués sont localisés principalement sur les sommets des djebels et sont soumis à une érosion hydrique intense. Ces sols caractéristiques des forêts et des matorrals, comportent :

- les lithosols sur les roches dures (grès ou calcaires),

- les régosols sur les roches tendres (marnes et calcaires marneux),

- les sols minéraux bruts d'apport alluvial dans les lits des oueds caillouteux.

  • Les sols peu évolués regroupent :

- les sols d'origine colluviale sur les piedmonts des djebels et les glacis,

- les sols d'origine alluviale dans les lits d'oued, les zones d'épandage et les dayas,

- les sols d'origine éolienne avec des formations sableuses fixées.

  • Les sols calcimagnésiques regroupent les sols carbonatés parmi lesquels on retrouve :

- les rendzines humifères sur les versants des djebels,

- les sols bruns calcaires à accumulation calcaire xérifiée qui sont très répandus sur les glacis polygéniques du Quaternaire ancien et moyen

- les sols à encroûtement gypseux qui sont plus rares, représentés par des petites plages dans les zones de grès alternant avec les marnes et argiles versicolores.

Les sols carbonatés sont les plus répandus en Algérie, notamment dans les écosystèmes steppiques et présahariens où ils représentent de vastes étendues encroûtées (HALITIM, 1988).

  • Les sols isohumiques sont représentés dans les glacis d'érosion polygéniques du Quaternaire récent. Ils regroupent les sols à encroûtement calcaire ou gypseux. On les retrouve dans les régions arides lorsque les précipitations sont inférieures à 200mm/an.
  • Les sols halomorphes regroupent les sols salins (solontchak) profils AC et les sols salins à alcalis (solontchak-solonetz) profil A (B) C. Ces sols sont généralement profonds et localisés dans les chotts et les sebkhas. Ils sont pauvres en matière organique. Leur salinité est chlorurée, sulfatée sodique et magnésienne.

Les sols sont soumis à une forte érosion hydrique et éolienne due aux conditions climatiques et à la forte action anthropique qui diminue le couvert végétal. L'érosion éolienne affecte principalement les régions arides et semi-arides. L'action du vent emporte les fines particules telles que les sables et les argiles et laisse sur place un sol caillouteux qui devient improductif. Près de 600 000 ha de terres en zone steppique sont totalement désertifiées sans possibilité de remontée biologique. L'érosion hydrique affecte 28 pourcent des terres de l'Algérie du Nord. Ce sont les terres à fortes pentes des massifs telliens qui sont les plus touchées. L'érosion se manifeste par la formation de rigoles et de ravines sur tout le versant avec affleurement de la roche-mère et une évolution en bad-lands (HADJIAT, 1997)


3. LE CLIMAT ET LES ZONES AGRO-ECOLOGIQUES

Le climat

Différentes sources de données permettent de caractériser le climat en Algérie :

  • Les données de 1913 - 1938 publiées dans "Le climat de l'Algérie" par SELTZER (1946).
  • Les données de 1926 - 1950 des stations sahariennes publiées dans "Le climat du Sahara" par DUBIEF (1950 - 1963).
  • Les données de 1913 - 1961 publiées dans la notice de la carte pluviométrique de l'Algérie septentrionale, établie par CHAUMONT et PAQUIN (1971).
  • La carte pluviométrique publiée (1993) par l'Agence Nationale des Ressources Hydriques. Les données actuelles publiées par l’Office National de la Météorologie.

L’Algérie, qui est un pays soumis à l'influence conjuguée de la mer, du relief et de l'altitude, présente un climat de type méditerranéen extra tropical tempéré. Il est caractérisé par une longue période de sécheresse estivale variant de 3 à 4 mois sur le littoral, de 5 à 6 mois au niveau des Hautes Plaines et supérieure à 6 mois au niveau de l'Atlas Saharien.

La pluviosité. Les précipitations accusent une grande variabilité mensuelle et surtout annuelle. Cette variabilité est due à l'existence de gradients (DJELLOULI, 1990) :

  • Un gradient longitudinal : la pluviosité augmente d'Ouest en Est (450 mm/an à Oran plus de 1000 mm/an à Annaba). Ce gradient est dû à deux phénomènes : à l'Ouest, la Sierra Nevada espagnole et l'Atlas marocain agissent comme écran et éliminent ainsi l'influence atlantique, à l'Est, les fortes précipitations sont attribuées aux perturbations pluvieuses du Nord de la Tunisie.
  • Un gradient latitudinal : les précipitations moyennes annuelles varient de 50mm dans la région du M'Zab à 1 500mm à Jijel. Cette diminution du littoral vers les régions sahariennes est due à la grande distance traversée par les dépressions qui doivent affronter sur leur parcours les deux chaînes atlassiques.
  • Un gradient altitudinal universel qui varie en fonction de l'éloignement de la mer.

Les températures.

  • La moyenne des températures minimales du mois le plus froid "m" est comprise entre 0 et 9°C dans les régions littorales et entre – 2 et + 4°C dans les régions semi-arides et arides.
  • La moyenne des températures maximales du mois le plus chaud "M" varie avec la continentalité, de 28°C à 31°C sur le littoral, de 33°C à 38°C dans les Hautes Plaines steppiques et supérieure à 40°C dans les régions sahariennes.

Le bioclimat

En Algérie sont représentés tous les bioclimats méditerranéens depuis le per humide au Nord jusqu'au per aride au Sud pour les étages bioclimatiques, et depuis le froid jusqu'au chaud pour les variantes thermiques.

Tableau 3. Les étages bioclimatiques en Algérie

Etages bioclimatiques

Pluviosité annuelle mm

Superficie en ha

Pourcentage de la superficie totale

Per humide

1 200 – 1 800

185,275

0.08

Humide

900 - 1 200

773,433

0.32

Sub humide

800 – 900

3,401,128

1.42

Semi-aride

600 – 300

9,814,985

4.12

Aride

300 – 100

11,232,270

4.78

Saharien

< 100

212,766,944

89.5

Les zones agroécologiques

En fonction des facteurs climatiques (classification agroclimatique des pays de la Ligue Arabe de Louay, 1978) et des facteurs édaphiques, on peut définir les zones agroécologiques de l'Algérie ( DJELLOULI, 1990; CADI et al, 2001 et SMADHI, 2001). Les caractères édaphiques et climatiques déterminent la répartition de la végétation naturelle et les potentialités agricoles des différentes zones

Figure 2.  Zonage écologique de l´Algérie (carte réalisée par Salamani M., 2001)

La végétation naturelle.

En allant du Nord de l’Algérie vers le Sud on traverse différents paysages en passant des forêts, maquis et mattorals vers les steppes semi arides et arides puis vers les écosystèmes désertiques. On distingue suivant les tranches pluviométriques :

  • 1200 - 1800 mm, correspondant à l’étage per humide représenté par des zones restreintes, leurs superficies ne dépassant pas 300 ha , entre 800 et 2000m d’altitude, situées au niveau de l'Atlas tellien où se développent des espèces endémiques très rares comme Abies numidica (le sapin de Numidie) et Populus tremula (le tremble) et des forêts à cèdre (Cedrus atlantica) et chêne liège (Quercus suber).
  • 900 - 1 200 mm, c’est l'étage humide que l'on retrouve dans les régions Nord–Est, dominé en altitude par les forêts à Cedrus atlantica et différentes chênaies bienvenantes, Quercus faginea, Quercus suber et Quercus afares.
  • 600 - 900 mm, correspond à l'étage subhumide qui couvre la partie septentrionale d'Ouest en Est de l'Atlas tellien sur lesquelles se développent les forêts à Quercus rotundifolia et Pinus halepensis
  • 400 - 600 mm, c’est la zone semi-aride supérieur qui correspond aux forêts, maquis et mattorals plus ou moins dégradés des sommets et versants Nord de l'Atlas saharien. Quercus rotundifolia, Callitris articulata (le thuya) et l'olivier-lentisque sont les plus représentés au Nord Ouest, Pinus halepensis en altitude.

Cette dernière décennie, le secteur des forêts a bénéficié d'un Programme de Grands Travaux. Ce programme s'articule autour des actions principales suivantes :

- Consolidation et extension du barrage vert dans le cadre de la lutte contre la désertification.
- Aménagement des périmètres des bassins versants des barrages pour lutter contre leur envasement.
- Développement et entretien du patrimoine forestier pour la mise en œuvre d'opérations sylvicoles.
- Reconstitution Extension du patrimoine forestier dégradé pour la préservation de l'écosystème. 60 000 ha/an sont reboisés avec un taux de réussite de 42 pourcent

  • 300 - 400 mm, correspond à la zone sub-steppique du semi-aride, caractérisée par la disparition des espèces forestières et l'apparition des espèces steppiques telles que l'armoise (Artemisia herba alba), l'alfa (Stipa tenacissima)et le sparte (Lygeum spartum). Ces terrains considérés comme de bons parcours sont situés au Nord des Hautes Plaines algéro-oranaises et sur le versant Sud des Aurès, des Monts des Ouleds Naîls et des Nememchas. Dans cet étage bioclimatique, les parcours sont en compétition avec la céréaliculture au niveau des dépressions
  • 100 - 300 mm, cette tanche pluviométrique correspond à la région des steppes méridionales arides et présahariennes qui sont caractérisées par une réduction importante du couvert végétal donnant lieu à des parcours médiocres sur des sols squelettiques et ayant atteint un seuil de dégradation très avancé.
  • < 100 mm correspond à la zone Sud de l'Atlas saharien. La végétation est contractée et localisée dans les lits d'oueds. C'est une végétation hygrophile et psamophile fortement adaptée aux conditions xériques et qui présente un très fort taux d'endémisme. On retrouve des pâturages à base d'espèces graminéennes à Aristida pungens et Panicum turgidum et d’arbustes fourragers tels que les nombreux acacias.

La surface agricole utile (SAU) se répartit au Nord, au niveau des plaines littorales et sublittorales et au Sud, au niveau des zones agropastorales dans les vallées d'oued et dans les oasis. L’agriculture oasienne est fortement dominée par la phoeniciculture, activité très développée dans les régions sahariennes, (les travaux d’inventaire variétal réalisés sur une quinzaine de palmeraies algériennes ont permis de recenser 940 cultivars dont une centaine ont fait l’objet d’une description détaillée, HANNACHI et al 1998). La SAU se répartit comme suit (MINISTERE DE L'AGRICULTURE, 2000) :

  • Les terres labourables sont réparties en jachères (46 pourcent de la SAU) et en cultures herbacées (47 pourcent de la SAU) qui sont à base céréalière (82 pourcent) et fourragère (18 pourcent). 72 pourcent des terres au repos sont pâturées.
  • Les cultures pérennes sont constituées par les plantations fruitières (452.000 ha, 5,6 pourcent de la SAU), le vignoble (74 000 ha, 0,9 pourcent de la SAU) et les prairies naturelles (36 000 ha, 0,4 pourcent de la SAU).
  • Les surfaces irriguées concernent essentiellement l'arboriculture, les cultures maraîchères et céréalières. Elles représentent 443 000 ha/an.

Les exploitations agricoles sont de l'ordre de 1 054 800:

  • 960 000 exploitations (91 pourcent) ont un statut privé. Elles disposent de près de 70 pourcent de la SAU et 80 pourcent d’exploitants ont moins de 10 hectares.
  • 94 860 exploitations (9 pourcent) appartiennent au domaine national et couvrent 2 500 000 ha soit 31 pourcent de la surface agricole utile.

4. LES SYSTEMES D´ELEVAGE

Effectif du cheptel en Algérie.

Le tableau 4 représente l’évolution des effectifs des animaux d’élevage ces dix dernières années. 78 pourcent de l’effectif est constitué par le cheptel ovin, 14 pourcent par les caprins , les bovins ne représentent que 6 pourcent des effectifs. Les régions steppiques et présahariennes détiennent 80 pourcent de l’effectif total constitué essentiellement par le cheptel ovin.

La race principale bovine locale est la race brune de l’Atlas qui est subdivisée en 4 races secondaires (Ministère de l’Agriculture, 1992): la Guelmoise à pelage gris foncé vivant en zone forestière ; la Cheurfa à robe blanchâtre que l’on rencontre en zone préforestière ; la Chélifienne à pelage fauve ; la Sétifienne à pelage noirâtre adaptée à des conditions plus rustiques.

Les races bovines améliorées sont représentées par : la Frisonne Hollandaise Pie Noire, très bonne laitière, elle est très répandue dans les régions littorales et constitue 66 pourcent de l’effectif des races améliorées ; la Frisonne française Pie Noire, également très répandue et bonne laitière ; la Pie Rouge de l’Est et la Pie Rouge Montbéliarde dont l’effectif est plus réduit.

Ces races introduites pour l'amélioration de la production se trouvent confrontées à des conditions écologiques tout à fait différentes de celles de leurs pays d'origine. Importées pour leur fort potentiel génétique, elles voient leurs performances diminuer, puisqu'une grande partie de leur métabolisme est utilisé pour leur adaptation aux facteurs environnementaux.

Tableau 4. Evolution des effectifs (103 têtes)

Années

1987

1989

1991

1993

1995

1997

1999

1- Bovins

1 416

1 405

1 300

1 394

1 267

1 255

1 650

Vaches BLM*

146

173

166

188

206

208

248

Vaches BLA**

705

705

661

724

731

720

752

Autres

565

527

473

482

330

327

650

2- Ovins

16 148

17 316

16 891

18 665

17 302

16 755

19 203

Brebis

9 784

10 354

9 098

10 964

11500

10 000

11 000

Autres

6 364

6 962

7 793

7 701

5 801

6 755

8 203

3- Caprins

2 568

2 404

2 484

2 683

2 780

3 120

3 403

Chèvres

1 960

1 990

1 262

1 492

1 600

1 680

1 680

Autres

608

414

1 222

1 191

1 180

1 440

1 723

4- Camelins

120

123

132

125

126

134

154

Total

20 252

21 248

20 807

22 867

21 475

21 264

24 410

Source : Ministère de l’Agriculture 
*BLM: Bovins laitiers modernes
**BLA: Bovins laitiers améliorés

Le cheptel ovin, premier fournisseur en Algérie de viande rouge, est dominé par 3 races principales bien adaptées aux conditions du milieu (ADEM, 1986 ; CHELLIG, 1969 et 1992) :

  • la race arabe blanche Ouled Djellal, la plus importante, environ 58 pourcent du cheptel national, adaptée au milieu steppique, présente des qualités exceptionnelles pour la production de viande et de laine
  • la race Rumbi, des djebels de l’Atlas Saharien, à tête et membres fauves, représente environ 12 pourcent du cheptel.
  • la race rouge Béni Ighil (dite Hamra en rappel de sa couleur) des Hauts Plateaux de l’Ouest (21 pourcent du cheptel), race berbère, très résistante au froid, autochtone d’Afrique du Nord. Des travaux de préservation des potentialités de cette race sont entrepris dans des fermes pilotes.

Quatre races secondaires ovines existent également en Algérie :

  • la race à laine Zoulai de l’Atlas Tellien adaptée aux parcours montagnards,
  • la race Dmen, saharienne de l’Erg Occidental très intéressante par sa prolificité élevée,
  • la race Barbarine, saharienne de l’Erg Oriental
  • la race Targuia-Sidaou, sans laine, race peul, élevée par les touaregs du Sahara Central.

Quelques variétés plus rares sont également mentionnées telles que la Taadmit issue d'un croisement entre Ouled Djellal et les béliers Mérinos. Quelques troupeaux isolés du type Merinos correspondent à des tentatives d’intensification de la production ovine.

La composition du troupeau a tendance à changer. On assiste aujourd’hui au remplacement de la race Beni Ighil très rustique et adaptée au pâturage steppique par la race Ouled Djellal très prolifique et d’un apport plus rentable en viande. En effet "un broutard de 12 mois de la race Beni Ighil équivaut en poids à un agneau de 4 mois Ouled Djellal". L'une des causes de ces mutations est le pillage organisé de certaines races très prisées, telles que la race Ouled Djellal, vers les pays voisins où elles sont cédées à des prix dérisoires (ABDELGUERFI et LAOUAR, 1999).

On retrouve parmi les équins :

  • la race Barbe pure pratiquement disparue au Maghreb à l'état pursauf quelques spécimens en Algérie,
  • La race pur sang arabe,
  • Des croisements Arabe-Barbe.

Les asines sont constitués par une race locale et par les baudets en croisement avec des juments mulassières.

Les camelins sont représentés par le Dromadaire.

Les modes et les conditions d’élevage sont différents suivant les régions géographiques.

L'élevage en Algérie du Nord

En Algérie du Nord, la nature des troupeaux est fonction de l’altitude. Dans les plaines et les vallées, l’élevage bovin est prédominant; jusqu’à 1500m, on rencontre plutôt des ovins et des caprins rarement du bovin en saison hivernale; au delà de 1500m, les prairies d’altitude des massifs ne sont fréquentées que par les bovins qui ne transhument vers les piedmonts qu’en hiver à la fonte des neiges. L’élevage est inégalement réparti d’Est en Ouest en relation avec la richesse des pâturages; l’élevage bovin domine à l’Est tandis qu’à l’Ouest c’est l’élevage ovin associé au caprin qui est privilégié.

L’élevage bovin

On retrouve dans les régions Nord du pays environ 80 pourcent de l’effectif bovin avec 53 pourcent à l’Est, 24 pourcent à l’Ouest et 23 pourcentau centre. Dans la plupart des cas la structure du troupeau se présente comme suit :

Tableau 5. Structure de l´élevage

Vaches laitières

Jeunes femelles

Jeunes mâles,

Taureaux reproducteurs

56% 18% 15% 11%

Source : Ministère de l’Agriculture

L’élevage bovin constitue une source de revenus conséquente pour les agropasteurs des régions telliennes qui compense les faibles bénéfices de l’agriculture dus aux surfaces cultivées restreintes et qui contribue à l’extension de cet élevage sur les terres communautaires offrant des UF gratuites et entraînant un surpâturage dangereux. On distingue deux types de systèmes de production dans l’élevage bovin :

- le système extensif concerne les races locales et les races croisées. Cet élevage est basé sur un système traditionnel de transhumance entre les parcours d’altitude et les zones de plaine. Le système extensif est orienté vers la production de viande (78 pourcent de la production nationale), il assure également 40 pourcent de la production laitière nationale

- Le système intensif concerne principalement les races améliorées. Ce type d’élevage orienté vers la production laitière est localisé essentiellement dans les zones littorales. La taille des troupeaux est relativement faible 6 à 8 vaches laitières par exploitation. Le système intensif représente 30 pourcent de l’effectif bovin et assure près de 20 pourcent de la production bovine nationale.

L’élevage ovin

Dans les régions telliennes l’élevage ovin est peu important. C’est un élevage sédentaire et en stabulation pendant la période hivernale. Il est très souvent associé à l’élevage des caprins. La taille des troupeaux est petite, de 10 à 20 brebis suivant la taille des exploitations. Les disponibilités fourragères sont très faibles en zone de montagne sans possibilité d’extension de la production (ARBOUCHE, 1995). Les agropasteurs ne consacrent que près de 5 pourcent de la SAU à la production fourragère, et on assiste à un surpâturage dans les maquis et les sous-bois des forêts dont la dégradation de la couverture végétale accentue les risques d’érosion. Dans certaines régions, telles que la Kabylie, les animaux sont nourris en hiver de feuilles de figuier et de brindilles d’oliviers et au printemps ils sont conduits dans les champs en jachère qui leur fournissent une alimentation suffisante puis dans les parties montagneuses sur les pacages estivaux. Les agropasteurs ont des revenus qui varient selon la taille des exploitations. L'agriculture demeure la principale source de revenus (57 à 60 pourcent du revenu global) pour les exploitations dont la taille est inférieure à 10 ha, là où domine le système de production semi intensif, alors que c'est l'élevage qui constitue la principale source de revenus (72 pourcentdu revenu global) dans les exploitations de taille supérieure à 10 ha, là où le système de production est extensif (enquête BNEDER, 1996).

L´élevage dans les Hautes Plaines steppiques

En Algérie, les régions steppiques constituent les terres de parcours par excellence dans lesquelles se posent les vrais problèmes liés au pastoralisme.

Tableau 6.  Effectif du cheptel en régions steppiques (milliers de têtes).

300300

Années

1968

1978

1988

1998

Ovins,

5,600

8,500

12,000

16,320

Caprins

560

1,000

1,400

Bovins

120

120

200

280

Camelins

100

175

100

135

Equidés

250

450

530

750

TOTAL

6,370

9,805

13,830

18,885

Sources statistiques Agricoles, 1974, 1990-99

Développement de l'élevage ovin

L’effectif du cheptel pâturant dans ces zones et dont la composante prédominante est la race ovine (environ 80 pourcent du cheptel) n’a cessé d’augmenter depuis 1968 . La croissance exponentielle du troupeau steppique et sa concentration en raison de la régression du nomadisme est due à plusieurs phénomènes :

- Une forte croissance démographique qui a entraîné une augmentation de la consommation de protéines animales est enregistrée durant la dernière moitié du siècle. La population de la steppe de 925.708 habitants en 1954, est estimée aujourd’hui à près de 4 millions d’habitants (KACIMI, 1996). Cette croissance a concerné aussi bien la population sédentaire que la population éparse.

Tableau 7. Evolution de la population steppique (milliers d´habitants)

Années

1954

1968

1978

1988

Population totale

925,70

1 255,48

1 700,00

2,500,00

Population nomade

595,42

545,25

500,00

625,00

Pourcentage population nomade

52

43

29

25

Sources stat.agr., 1974; ONS, 1993

- La spéculation sur le marché de la viande ovine dont le prix au détail est passé de 0.7$ le kg en moyenne en 1977, à près de 7 $ le kg en ce jour, a contribué au développement de cet élevage.

- L’élevage extensif a été favorisé également par les subventions que l’état a accordé à l’aliment concentré introduit durant les années 1970 et qui ne devrait être utilisé au départ que dans les coopératives d’élevage pour compenser le maigre apport du fourrage naturel disponible pendant les périodes de disette. Des quantités très importantes d’orge et de mais sont importées et distribuées à très bas prix (24 $ le quintal en 1985) pour combler le déficit fourrager. La consommation de concentré est passée de 750 à 2 060 millions d’U.F. entre 1971 et 1985 (Le HOUEROU, 1985 ; BOUTONNET 1989).

Tableau 8.  Evolution des importations d´orge et de maïs (en milliers de tonnes)

 

1983

1984

1985

1986

1987

1988

1989

1990

1991

1992

1993

Orge

482

614

338

0

157

848

259

307

37

103

549

Maïs

383

615

605

998

874

1209

1066

1198

1099

939

1300

Source OAIC in Bedrani, 1995

Le système d'exploitation.La population steppique, composée essentiellement de pasteurs-éleveurs pratiquait le nomadisme (concernant le déplacement de l’ensemble de la famille), et la transhumance (qui ne concerne que le berger et son troupeau). Ce sont des formes sociales d’adaptation à ces milieux arides qui permettent de maintenir l’équilibre et de survivre aux crises écologiques dues à des sécheresses cycliques. Cette pratique réalisait une gestion rationnelle de l’espace et du temps à travers deux mouvements essentiels : « l’achaba »  qui consiste à remonter les troupeaux dans les zones telliennes, vers un pacage valorisant les sous-produits de l'agriculture, sur les chaumes et les pailles des terres céréalières pendant les 3 à 4 mois de l’été et «l’azzaba » conduisant les pasteurs et leur cheptel vers les piedmonts nord de l’Atlas saharien pendant les 3 mois de l’hiver. Ces deux mouvements de transhumance permettent une utilisation des zones steppiques pendant les 3 ou 4 mois du printemps qui correspondent à la période maximale de la production végétale, c’est à dire à la production des espèces annuelles relatives aux pluies printanières et dont la valeur nutritive élevée compense largement les faibles valeurs fourragères des espèces pérennes. Cette combinaison intelligente induisait une optimisation dans l’utilisation des ressources naturelles et de ce fait, les parcours steppiques ne sont utilisés que pendant 1/3 de l’année ce qui permettait la régénération des espèces. La gestion de l’espace pastoral par les populations était basée sur des accords tacites issus des traditions ancestrales. Cet espace pastoral comprenait les terres publiques de statut domanial et communal qui regroupent les forêts, les nappes alfatières et les vastes parcours, les terres arch détenues en propriétés collectives par les tribus et les terres melk qui sont des terres privées. Aujourd’hui la société pastorale connaît d’importantes transformations socio-économiques (BOUKHOBZA, 1982 ; BERCHICHE et al 1993 ; BEDRANI, 1996) . On note une importante régression du nomadisme qui ne subsiste que de façon sporadique. Les déplacements de grande amplitude ne concernent que 5 pourcent de la population steppique. La population anciennement nomade ne s’est pas sédentarisée totalement comme on peut le croire, mais elle est devenue semi-sédentaire. Les déplacements sont plus restreints (10 à 50 km) (KHALDOUN, 1995). Les pasteurs ont modifié leur système de production en associant culture céréalière et élevage.

Les troupeaux sont de petite taille car prés de 80 pourcent des propriétaires possèdent moins de 100 têtes et 90 pourcent des populations ovines appartiennent à des éleveurs privés. On distingue:

  • Le petit propriétaire-exploitant (80 pourcent des éleveurs) qui possède moins de 100 brebis et moins de 10 ha destinés à la culture de céréales pour l'autoconsommation. Il est semi nomade et ne se déplace que sur un rayon de quelques kilomètres. Il compense son déficit fourrager par les sous produits de ses récoltes.
  • Le propriétaire moyen (15 pourcent des éleveurs) qui possède 100 à 300 brebis et quelques dizaines d'hectares de terre arch. Ce type d'exploitant, agropasteurs, vit des ressources provenant de son troupeau et de ses récoltes. Il ne pratique le nomadisme qu'en mauvaises années.
  • Le grand propriétaire (5 pourcent des éleveurs) qui possède plus de 300 brebis et plusieurs centaines d'hectares qui sont propriété tribale. Il pratique les déplacements de grande envergure, achaba et azzaba et possède de grands moyens (tracteurs, camions…).

L'élevage dans le Sahara Central

L'analyse de la situation de l'élevage dans les parcs du Tassili et de l'Ahaggar donne une idée globale de la gestion pastorale dans le Sahara Central

Tableau 9.  Effectif du cheptel dans le Sahara Central

1997

Ahaggar

Tassili

Total

Ovins

Caprins

Camelins

Bovins

65 010

52 280

29 540

2 020

11 850

20 350

12 649

-

76 850

72 360

42 189

2 020

Total

147 850

44 849

 

Sources : Statistiques Agricoles 1997

On distingue plusieurs types d’éleveurs dans ces régions :

  • les agropasteurs qui possèdent des terres familiales (association de plusieurs frères) de faible superficie (13 ha au maximum) dans lesquelles ils pratiquent des cultures vivrières (céréales, légumes). Ils possèdent également des troupeaux de petite taille, 10 à 50 têtes dont 80 pourcent sont des caprins avec 3 variétés de chèvres : la race locale à poil long utilisée pour la production de viande, la race du Nord (Nailia) pour la production de lait, et des races maliennes et nigériennes introduites pour améliorer la production. Les animaux sont soit placés chez des bergers, soit confiés aux femmes et le pâturage se fait dans un rayon de 2 à 3 kms. La complémentation est apportée par les résidus de jardin.
  • Les éleveurs semi nomades possèdent des troupeaux de petites tailles (moins de 50 têtes) composés essentiellement de caprins (70 pourcent) et d'ovins (20 pourcent, race locale Dmen ou la Longipes du Mali). La proportion de camelin reste très faible (5 à 10 pourcent du cheptel suivant les familles). Les campements « Zribas » sont fixés depuis plusieurs années entre 5 ans et 20 ans. Pour subvenir aux besoins de la famille (de 5 à 10 membres), les femmes cultivent des petits jardins potagers, et les hommes travaillent soit comme guides touristiques, soit comme saisonniers dans les localités avoisinantes. La production dérivant de l'élevage, lait, beurre et fromage est utilisée pour la consommation familiale, les poils de chèvres servent aux femmes pour la fabrication de pièces artisanales qu'elle vendent aux touristes de passage.
  • Les éleveurs nomades possèdent des troupeaux plus importants, plus de 100 têtes, essentiellement camelins avec quelques Zébus importés du Mali et du Niger. Les éleveurs pratiquent la transhumance qui dure entre 2 et 4 mois et qui peut être trans-frontalière ce qui rend le recensement des camelins très difficile. Des puits de parcours sont réalisés par les communes (unité administrative de base locale gérée par un maire élu et un conseil municipal) et leurs emplacements sont délimités selon le choix des nomades. Les troupeaux sont confiés à des bergers payés au mois et entièrement pris en charge (alimentation et vêtement). Les zones de transhumance les plus proches concernent les vallées d'oued. Des complémentations sont données aux troupeaux quand ils sont au niveau des campements, soit de l'orge acheté à un prix assez élevé (43 $ le quintal), quand l'éleveur a les moyens, ou simplement des gousses d'acacia ( Acacia raddiana et Acacia seyal ) qu’il fait tomber de l’arbre à l’aide d’une gaule.

Les paramètres de production des élevages et le système d’intégration

Tableau 10. Evolution des paramètres des élavages et le système d´intégration

Années

1987

1989

1991

1993

1995

1997

1999

1-Lait (106l)

1384

1395

1448

1537

1466

1244

1556

Vaches

775

770

827

855

811

860

1240

Brebis

404

433

422

467

433

250

-

Chèvres

205

192

199

215

22

134

-

Collecte (lait de vache)
Taux de collecte

81

10.5

45

5.8

38

4.5

78

9.1

12.5

15.4

11.3

13.4

9.3

7.5

Taux d´intégration

10

4.89

3.7

6.25

10.52

10.89

10

2- Viandes (103t)

200

235

240

295

300

298

310

Bovins

74

85

94

98

90

100

107

Ovins

106

129

144

169

180

167

172

Caprins

15.5

17

18

24

25.6

25

26.7

Camelins

2.4

2

2

2

2

2

2.2

Equins

2.4

2

2

2

2

2

2.1

Source, TELV, 2000

La filière lait

La production laitière moyenne annuelle au cours de la dernière décennie est environ de 1 milliard de litres dont 60 pourcent provient de l’élevage bovin, 26 pourcent de lait de brebis et 13 pourcent de lait de chèvre. La production laitière cameline n’est pas prise en compte. L’étude des performances zootechniques réalisée en 2000, dans 80 exploitations, par l’Observatoire des Filières Lait et Viande rouge de l’Institut Technique des Elevages (ITELV) a donné les résultats suivants :

  • la productivité moyenne est de 12,22 Kg de lait/vache traite/jour,
  • Les rendements techniques (production enregistrée effectivement sur la base du contrôle individuel des vaches traites) sont :

- rendement maximal = 14,97 Kg de lait/Vache traite/jour,

- rendement minimal = 9,82 Kg de lait/Vache traite/jour,

  • le taux de fécondité est de 34 pourcent, le taux le plus élevé correspondant à la zone agro-écologique du Tell littoral et de montagne.

Des données pour la production laitière moyenne par zone agro-écologique et par la race pour décembre 2002 sont données dans les Tableaux 11a et 11b..

Table 11a. Productivité lattière moyenne par zone agroécologique.

Zone agroécologique Tell Littoral Tell Plaine Montagne
Kg de lait/vache traite/jour 14.08 9.28 11.77

Source: Observatoire des filiè lait et viande rouge (OFLIVE), December, 2002

Table 11b. Productivité lattière moyenne par race bovine et par zone agroécologique.

Zone agroécologique Tell Littoral Tell Plaine Montagne
Race Pie Noire Pie Rouge Pie Noire Pie Rouge Pie Noire Pie Rouge
Kg de lait/vache traite/jour 13.87 13.01 9.04 11.47 11.89 12.97

Source: Observatoire des filiè lait et viande rouge (OFLIVE), December, 2002

La faible production au niveau des plaines (9.38 Kg/vt/j) sésplique par la vocation agricole extensive de ces zones. D'une manière générale, la race bovine pie rouge présente de meilleure performances que la pie noire.

Le taux de croissance de la production laitière annuelle est très faible. Il couvre à peine 40 pourcent de la consommation de lait en Algérie qui est de 110litres/hab/an, le déficit étant comblé par l’importation. L’enveloppe globale allouée à l’importation de lait et des produits laitiers est de 490 millions de dollars.
Le taux de collecte de lait cru, réalisé par l’ensemble des unités publiques laitières, varie entre 5 et 15 pourcent, entre 50 et 150 millions de litres. Le taux d’intégration industriel est de 4 à 10 pourcent.

Les contraintes liées à la production laitières sont nombreuses et sont liées au développement de l’élevage bovin :

  • faible production de l’élevage bovin laitier,

  • prix de revient à la production trop important et systèmes de prix appliqués à la consommation du lait, considéré comme « un produit de première nécessité », peu incitatifs à l’amélioration de la production. Le coût de production moyen est de 25DA/l, le prix à la consommation est de 20DA/l (25DA/l depuis février 2001)

  • ressources fourragères insuffisantes et coût de l’alimentation du bétail trop élevé, le taux d´approvisionnement des élevages en fourrages se situe à 27 pourcent de leurs besoins
  • infrastructures insuffisantes et désorganisées des réseaux de collecte

La filière viande. La production de viandes rouges provient essentiellement des élevages extensifs ovins (56 pourcent) et bovins (34 pourcent). La production de viande provenant de l’élevage caprin (8 pourcent) et camelin (2 pourcent) reste très marginale, cette viande n’étant consommée que dans le Sud du pays. Les bilans de production en rapport avec le niveau de consommation sont difficiles à établir en raison des abattages non contrôlés. Les enquêtes publiées ont fait ressortir des taux de consommation annuelle de 4 Kg de viande ovine et 3,5 Kg de viande bovine. La croissance démographique et la dégradation du pouvoir d’achat ont donné lieu à une baisse de la consommation de viandes rouges de 40 pourcent ces 10 dernières années, notamment pour les catégories sociales à revenus fixes. Cependant, la forte demande générée par les catégories sociales à revenus élevés et qui ont amélioré leur modèle de consommation, en augmentant leur consommation de protéines animales, ont permis le maintien d’un niveau élevé des prix de la viande (les prix à la consommation des viandes rouges ont été multipliés par 10 en 20 ans).


5. LES RESSOURCES PASTORALES

Les terres consacrées à la production fourragère couvrent 33 millions d’hectares répartis entre les prairies naturelles (0,1 pourcent), les cultures fourragères (1,6 pourcent), la jachère (10,6 pourcent) et les pacages et parcours (87,7 pourcent).

Les fourrages cultivés

Les fourrages cultivés sont composés essentiellement de vesce-avoine qui représente 70 pourcent de la surface cultivée. 10 pourcent de la superficie sont affectés aux céréales, orge, avoine et seigle. La luzerne et le sorgho sont peu représentatifs, 1 à 5 pourcent de la superficie cultivée (ABDELGUERFI, 1987).

Tableau 12.  Production des fourrages cultivés

Années

 

1990

1992

1994

1996

1998-99

Fourrages artificiels

Consommés secs

Superficie (ha)

Production (qx)

439 970

4 257 760

417 340

8 315 070

389 980

3 915 340

311 240

9 349 000

368 130

6 292 230

Fourrages artificiels

consommés verts

Superficie (ha)

67 120

112 340

104 870

100 910

-

Sources Statistiques Agricoles 1990-1997

Au titre de la campagne 1998-99 la quantité de semences fourragères livrée aux agriculteurs est de l'ordre de 20 000 qx, la vesce-avoine représente 68 pourcent.

Les fourrages cultivés consommés en sec fournissent 577 millions d’Unités Fourragères Lait (UFL, unité exprimant les besoins énergétiques convenant à des brebis à l’entretien allaitant un agneau par an ). Ces fourrages représentent 92 pourcent des apports énergétiques des fourrages cultivés et concernent la vesce avoine, l’avoine fourrage et le pois avoine. Les fourrages cultivés consommés verts fournissent 43 millions d’UFL (HOUMANI, 1999) On retrouve l’orge vert avec 84 pourcent de la superficie, le bersim et la luzerne. .

Les fourrages naturel

Les superficies consacrées à la production des fourrages naturels sont constituées par les prairies naturelles (20 pourcent) avec 35 000 ha environ et par les jachères fauchées (80 pourcent) avec plus de 130 000 ha .

  • Les prairies naturelles se trouvent essentiellement dans les étages bioclimatiques humides et sub- humides. Les rendements sont de l'ordre de 8,4 qx/ha et l’apport fourrager de 1443 millions d’UFL.
  • les jachères fauchées présentent un rendement de 4,8 qx/ha et un apport fourrager de 73 millions d’UFL .
  • La jachère pâturée occupe annuellement une sole importante (3,2 millions d’hectares en 1998). Ces terres se localisent au niveau des régions semi-arides et en altitude. La pratique de la jachère est liée au système de production jachère-céréales-élevage qui est largement répandu et reste un apport fourrager gratuit et sécurisant pour l’éleveur, indépendant des perturbations climatiques. La jachère permet, en effet, de faire pâturer les chaumes en été et les adventices de l’automne jusqu’au printemps.

Tableau 13. Production des fourrages naturels

Années   1990 1992

1994

1996

1998-99

Fourrages naturels

Prairies naturels

Superficie (ha)

26 060 32 050 36 940 40 440 35 210

Production (qx)

318 140 450 870 567 080 941 370 679 470
Jachères fauchées

Superficie (ha)

71 280 113 220 78 510 128 720 134 640
Production (qx) 612 050 1 952 380 984 110 2 309 630 1 848 770

Sources Statistiques Agricoles

Pour accroître les productions céréalières et diversifier les ressources fourragères de nombreuses études et expérimentations ont été entreprises durant ces vingt dernières années (LE HOUEROU, 1971, projet PNUD- FAO-Saida, projet ACSAD-Tiaret, dossier organisation et résorption de la jachère du Ministère de l’Agriculture ). Ces actions avaient pour but la réduction et les possibilités d’alternatives de la jachère. Ainsi les tentatives d’introduction de luzernes annuelles dans un assolement blè-médicago avaient pour objectifs l’amélioration de la structure et de la fertilité du sol et par conséquent une intensification de la production végétale et animale. Les cultures de remplacement proposées sont  (HAMADACHE, 2001):

  • Les fourrages verts (trèfle, sorgho, luzerne perenne) et les légumineuses alimentaires (fève, pois chiche et haricot sec) en rotation avec le blé dur et les agrumes dans l’étage bioclimatique sub-humide (>600mm).
  • Les céréales fourragères en vert (orge, avoine triticale), des associations céréales-légumineuses et sur les sols en pente des arbres fruitiers rustiques (oliviers, amandiers figuiers) dans l’étage bioclimatique semi-aride supérieur (450-350mm).
  • Introduction de rotations jachère-orge, vesce-fourrage ou medicago-orge dans l’étage bioclimatique semi-aride inférieur (<350mm)
  • Arboriculture et vigne en zone de montagne

Ces actions font partie des principales orientations du Plan National de Développement Agricole (PNDA) et bénéficient de mesures de soutien.

LES RESSOURCES PASTORALES EN ALGERIE DU NORD

Les ressources pastorales en Algérie du Nord ont été évaluées dans une étude réalisée dans les monts de Béni Chougrane (FAO/FIDA, 1993) :

  • forêts : 150 UF/ha
  • parcours : 100 UF/ha
  • pailles et chaumes de céréales : 320 UF/ha
  • jachères : 250 UF/ha
  • cultures fourragères : 1065 UF/ha
  • terres improductives : 50 UF/ha

Très peu d’études ont été réalisées sur les parcours de l’Atlas Tellien et on ne peut encore réaliser une synthèse qui puisse faire ressortir les caractéristiques de ce type d’écosystème.

LES RESSOURCES PASTORALES DES PARCOURS STEPPIQUES ET PRESHARIENS

De nombreux travaux relatifs à l’étude de la végétation ont permis de faire ressortir les potentialités pastorales (voir annexes) des steppes algériennes qui sont dominées par 4 grands types de formations végétales (DJEBAILI, 1978 ; URBT, 1974- 1991 ; NEDJRAOUI, 1981 ; AIDOUD,1989 ; LE HOUEROU, 1998, 2000 …)

Les steppes à alfa (Stipa tenacissima) dont l’aire potentielle était de 4 millions d’hectares présentent une forte amplitude écologique. On les retrouve en effet dans les bioclimats semi arides à hiver frais et froid dans l’étage aride supérieur à hiver froid. Ces steppes colonisent tous les substrats géologiques de 400 à 1 800 m d’altitude. La production de l’alfa peut atteindre 10 tonnes MS/ha mais la partie verte qui est la partie exploitable a une production de 1000 à 1 500 kg MS/ha. L’alfa présente une faible valeur fourragère de 0,3 à 0,5 UF/KgMS, cependant, les inflorescences sont très appétées (0,7UF/KgMS). La productivité pastorale moyenne de ce type de steppe varie de 60 à 150 UF/ha selon le recouvrement et le cortège floristique (AIDOUD et NEDJRAOUI, 1992).

Les steppes à armoise blanche (Artemisia herba alba) recouvrent 3 millions d’hectares et sont situées dans les étages arides supérieur et moyen à hiver frais et froid avec des précipitations variant de 100 à 300 mm. Ce type de steppe s’étale sur les zones d’épandage dans les dépressions et sur les glacis encroûtés avec une pellicule de glaçage en surface. La production primaire varie de 500 à 4 500 kg MS/ha avec une production annuelle totale de 1 000 kg MS/ha. La production annuelle consommable est de 500 kg MS/ha , soit une productivité pastorale moyenne de 150 à 200 UF/ha. L’armoise ayant une valeur fourragère moyenne de 0,65 UF/kg MS, les steppes à armoise blanche sont souvent considérées comme les meilleurs parcours utilisés pendant toute l’année et en particulier en mauvaises saisons, en été et en hiver où elle constitue des réserves importantes L’armoise est une espèce bien adaptée à la sécheresse et à la pression animale, en particulier ovine. Le type de faciès dégradé correspond à celui de Peganum harmala dans les zones de campement et autour des points d’eau.

Les steppes à sparte (Lygeum spartum) représentent 2 millions d’hectares, rarement homogènes, occupant les glacis d’érosion encroûtés recouverts d’un voile éolien sur sols bruns calcaires, halomorphes dans la zone des chotts. Ces formations sont soumises à des bioclimats arides, supérieur et moyen à hivers froids et frais. L’espèce Lygeum spartum ne présente qu’un faible intérêt pastoral (0,3 à 0,4 UF/kg MS). Les steppes à sparte sont peu productives avec une production moyenne annuelle variant de 300 à 500 kg MS/ha, mais elles constituent cependant des parcours d’assez bonne qualité. Leur intérêt vient de leur diversité floristique et de leur productivité relativement élevée en espèces annuelles et petites vivaces, elle est de 110 kg MS en moyenne.

Les steppes à remt (Arthrophytum scoparium) forment des steppes buissonneuses chamaephytiques avec un recouvrement moyen inférieur à 12,5 pourcent. Les mauvaises conditions de milieu, xérophilie (20-200 mm/an), thermophilie, variantes chaude à fraîche, des sols pauvres, bruns calcaires à dalles ou sierozems encroûtés font de ces steppes des parcours qui présentent un intérêt assez faible sur le plan pastoral. La valeur énergétique de l’espèce est de l’ordre de 0,2 UF/kg/MS. La production moyenne annuelle varie de 40 et 80 kgMS/ha et la productivité pastorale est comprise entre 25 et 50 UF/ha/an. Ce type de steppe est surtout exploité par les camelins.

Les steppes à psamophytes sont liées à la texture sableuse des horizons de surface et aux apports d’origine éolienne. Ces formations sont inégalement réparties et occupent une surface estimée à 200.000 hectares. Elles suivent les couloirs d’ensablement et se répartissent également dans les dépressions constituées par les chotts. Elles sont plus fréquentes en zones aride et présaharienne. Ces formations psamophytes sont généralement des steppes graminéennes à Aristida pungens et Thymellaea microphyla ou encore des steppes arbustives à Retama raetam et leurs valeurs pastorales varient de 200 à 250 UF/ha.

Les steppes à halophytes. Ces steppes couvrent environ 1 million d’hectares. La nature des sels, leur concentration et leur variation dans l’espace vont créer une zonation particulière de la végétation halophile très appétée autour des dépressions salées. Les espèces les plus répandues dans ces formations sont : Atriplex Halimus, Atriplex glauca, Suaeda fruticosa, Frankenia thymifolia, Salsola sieberi et Salsola vermiculata . Ce type de steppe est très recherché par les pasteurs et sa valeur pastorale est d’environ 300 UF/ha.

Les contraintes sur les ressources pastorales

Les aléas climatiques. Les rendements dans les fourrages cultivés varient en fonction des aléas climatiques. On note une réduction des rendements, 28 qx/ha en 1996 contre 9,8 qx/ ha en 1997 pour la vesce-avoine et 31 qx/ha contre 5,5 qx/ha pour les autres fourrages durant les mêmes périodes, l'année 1997 ayant connu un fort déficit pluviométrique. Dans les Hautes Plaines steppiques, les perturbations climatiques et plus particulièrement la pluviosité sont une cause importante de la fragilité de ces milieux déjà très sensibles et provoquent des crises écologiques se répercutant sur la production primaire des écosystèmes et sur le changement de la composition floristique. Les disponibilités fourragères naturelles deviennent aléatoires. Des études ont montré une perte de la production pastorale équivalente à 236 UF/ha pour une diminution de la pluviosité annuelle de 104 mm/an dans les steppes Sud algéroises.

Tableau 14. Diminution des précipitations (mm/an) sur les Hautes Plaines steppiques

Stations

1913-1930

1952-1975

1975-1990

Diminution (%)

Saida

El Khreider

Mecheria

Ain sefra

430

208

293

192

419

184

310

194

320

166

213

156

25

18

27

20

Source : Djellouli et Nedjraoui, 1995

Cet exemple illustre bien la situation sur toute la steppe algérienne quelque soit le faciès. En effet, il a été démontré la même évolution pour les steppes à armoise blanche et à sparte.

Tableau 15.  Evolution de la production de l´alfa (kg ms/ha) en fonction de l´intensité du pâturage et de la pluviosité

Année

1976

1980

1983

1987

1990

Pluviosité moyenne annuelle mm

-

252

176

253

270

Mise en Défens

1,080

2,070

1,340

1,700

780

Pâturage modéré

1,467

1,269

1,029

600

420