ALGERIE
par D. Nedjraoui
L'Algérie couvre une superficie de 2.381.741 km² et est le deuxième plus grand pays d´Afrique aprés le Soudan. La capitale est Alger. L´Algérie est limitée au Nord par la Mer Méditerranée, au Sud par le Mali et le Niger, à l'Ouest par le Maroc, le Sahara Occidental et la Mauritanie et à l'Est par la Tunisie et la Libye. LAlgérie est subdivisée en 48 Wilayas (départements). Deux chaînes montagneuses importantes, l'Atlas Tellien au Nord et l'Atlas Saharien au Sud, séparent le pays en trois types de milieux qui se distinguent par leur relief et leur morphologie, donnant lieu à une importante diversité biologique. On distingue du Nord au Sud, le Système Tellien, les Hautes Plaines steppiques et le Sahara. La population se compose en majorité d´Arabes (80% de la population) mais elle compte également une importante minorité de Berbères. L´arabe est la langue officielle et la très grande majorité des Algériens sont musulmans. L´Algérie fut une province de l´Empire romain
puis fut envahie par les Vandales et les Byzantins. La population recensée en 1998 est de 29,27 millions d'habitants. Le dernier recensement de 1987 fait état de 22,71 millions d'habitants, ce qui donne un taux moyen de croissance annuelle de 2,28 pourcent durant cette dernière décennie (Office National des Statistiques, ONS, 1996) .
Figure 1. Carte de l´Algérie La population active agricole représente 25 pourcent de la population active totale du pays soit 1 million de personnes dont 125 000 éleveurs. La répartition des terres. Selon les dernières données du Ministère de l'Agriculture (1992, 1997 et 2000), les 238 millions d'hectares du territoire algérien sont répartis comme indiqué dans le Tableau 1. Tableau 1. Répartition des terres
Les terres utilisées par le secteur agricole occupent 40 millions d'hectares soit 17 pourcent de l'ensemble du territoire et se subdivisent comme suit :
Huit millions d'hectares représentent la surface agricole utile (SAU) qui se répartissent en terres labourables (93 pourcent de la SAU) et en cultures pérennes (7 pourcent de la SAU). Sur plus de 75 pourcent de la SAU, la pluviométrie reste une contrainte importante pour le développement des cultures. Le ratio SAU a évolué comme suit:
Les formations forestières couvrent 4,1 millions dhectares (GHAZI et LAHOUATI, 1997). Elles sont représentées par :
Les principales essences forestières sont :
Les steppes à alfa assurent la transition entre les groupements forestiers et les groupements steppiques . Les surfaces occupées par lalfa étaient de 5 millions dhectares au début du siècle, elles sont réduites à moins de 2 millions dhectares à ce jour. Limportante dégradation des nappes alfatières est due à leur exploitation intensive car lalfa constitue la matière première de la pâte à papier et est utilisé par le secteur artisanal traditionnel pour la vannerie (NEDJRAOUI, 1990 ; KADI-HANIFI, 1998). Les terres improductives qui représentent 80 pourcent du territoire algérien sont localisées essentiellement dans les régions sahariennes où dominent ergs, regs et hamadas Le secteur de lélevage. Lélevage, en Algérie, concerne principalement les ovins, les caprins, les bovins et les camelins. Les effectifs recensés durant les dix dernières années sont représentés dans le tableau 2. Tableau 2. Evolution du cheptel (milliers de têtes)
Les ovins prédominent et représentent 80 pourcent de leffectif global avec plus de 10 millions de brebis. Lélevage caprin vient en seconde position (13 pourcent) comprenant 50 pourcent de chèvres. Leffectif des bovins reste faible avec 1.6 - 1.7 millions de têtes (6 pourcent de leffectif global) dont 58 pourcent sont des vaches laitières. En Algérie il y a une spécialisation des zones agroécologiques en matière délevage. Lélevage bovin reste cantonné dans le Nord du pays avec quelques incursions dans les autres régions. Les parcours steppiques sont le domaine de prédilection de lélevage ovin et caprin avec plus de 90 pourcent des effectifs qui y vivent entraînant une surexploitation de ces pâturages. Le cadre topographique. LAlgérie, en fonction de la géologie, de la lithologie et de la topographie, sorganise en trois grandes unités structurales : le Système Tellien, les Hautes Plaines steppiques et le Sahara. Le Système Tellien. Cest un ensemble constitué par une succession de massifs montagneux, côtiers et sublitoraux, et de plaines (HADJIAT, 1997). Le Tell Occidental est ordonné en alignements alternés de massifs, de hauteur moyenne, dominés par une dorsale calcaire du Jurassique et du Crétacé et de dépressions représentées par les basses plaines oranaises et la plaine du Bas Chélif. Le Tell Central est constitué par une chaîne de massifs prolongeant le Tell Occidental, où lon retrouve les monts du Zaccar, de lAtlas Blidéen et les massifs du Djurdjura dont laltitude culmine à 2300m. Les roches dâge du Crétacé sont constituées de schiste, de marnes et de calcaire marneux. La bordure littorale est dominée par une grande dépression formant la riche plaine alluviale de la Mitidja. Le Tell Oriental représente la partie la plus montagneuse de lAlgérie. Il est disposé en chaînes parallèles et on distingue, du Nord au Sud :
Les Hautes Plaines steppiques Localisées entre l'Atlas Tellien au Nord et l'Atlas Saharien au Sud, à des altitudes plus ou moins importantes de 900 à 1 200 m, elles sont parsemées de dépressions salées, chotts ou sebkhas qui sont des lacs continentaux formés au Pléistocène sous leffet des pluies torrentielles et du ruissellement important qui en découle. On distingue deux grands ensembles :
Le Sahara Le Sahara forme une large barrière qui sépare le domaine méditerranéen au Nord du domaine tropical au Sud. Il est constitué de plateaux (hamadas et tassili) où le massif volcanique du Hoggar culmine à 3 000 m d'altitude, de plaines (regs et ergs) et de dépressions (sebkhas et gueltas).
Les sols On distingue plusieurs types de sols ( DJEBAILI et al, 1983 ; HALITIM, 1988 ; KADI HANIFI, 1998).
Les sols carbonatés sont les plus répandus en Algérie, notamment dans les écosystèmes steppiques et présahariens où ils représentent de vastes étendues encroûtées (HALITIM, 1988).
Les sols sont soumis à une forte érosion hydrique et éolienne due aux conditions climatiques et à la forte action anthropique qui diminue le couvert végétal. L'érosion éolienne affecte principalement les régions arides et semi-arides. L'action du vent emporte les fines particules telles que les sables et les argiles et laisse sur place un sol caillouteux qui devient improductif. Près de 600 000 ha de terres en zone steppique sont totalement désertifiées sans possibilité de remontée biologique. L'érosion hydrique affecte 28 pourcent des terres de l'Algérie du Nord. Ce sont les terres à fortes pentes des massifs telliens qui sont les plus touchées. L'érosion se manifeste par la formation de rigoles et de ravines sur tout le versant avec affleurement de la roche-mère et une évolution en bad-lands (HADJIAT, 1997) 3. LE CLIMAT ET LES ZONES AGRO-ECOLOGIQUES Le climat Différentes sources de données permettent de caractériser le climat en Algérie :
LAlgérie, qui est un pays soumis à l'influence conjuguée de la mer, du relief et de l'altitude, présente un climat de type méditerranéen extra tropical tempéré. Il est caractérisé par une longue période de sécheresse estivale variant de 3 à 4 mois sur le littoral, de 5 à 6 mois au niveau des Hautes Plaines et supérieure à 6 mois au niveau de l'Atlas Saharien. La pluviosité. Les précipitations accusent une grande variabilité mensuelle et surtout annuelle. Cette variabilité est due à l'existence de gradients (DJELLOULI, 1990) :
Les températures.
Le bioclimat En Algérie sont représentés tous les bioclimats méditerranéens depuis le per humide au Nord jusqu'au per aride au Sud pour les étages bioclimatiques, et depuis le froid jusqu'au chaud pour les variantes thermiques. Tableau 3. Les étages bioclimatiques en Algérie
Les zones agroécologiques En fonction des facteurs climatiques (classification agroclimatique des pays de la Ligue Arabe de Louay, 1978) et des facteurs édaphiques, on peut définir les zones agroécologiques de l'Algérie ( DJELLOULI, 1990; CADI et al, 2001 et SMADHI, 2001). Les caractères édaphiques et climatiques déterminent la répartition de la végétation naturelle et les potentialités agricoles des différentes zones Figure 2. Zonage écologique de l´Algérie (carte réalisée par Salamani M., 2001)
La végétation naturelle. En allant du Nord de lAlgérie vers le Sud on traverse différents paysages en passant des forêts, maquis et mattorals vers les steppes semi arides et arides puis vers les écosystèmes désertiques. On distingue suivant les tranches pluviométriques :
Cette dernière décennie, le secteur des forêts a bénéficié d'un Programme de Grands Travaux. Ce programme s'articule autour des actions principales suivantes :
La surface agricole utile (SAU) se répartit au Nord, au niveau des plaines littorales et sublittorales et au Sud, au niveau des zones agropastorales dans les vallées d'oued et dans les oasis. Lagriculture oasienne est fortement dominée par la phoeniciculture, activité très développée dans les régions sahariennes, (les travaux dinventaire variétal réalisés sur une quinzaine de palmeraies algériennes ont permis de recenser 940 cultivars dont une centaine ont fait lobjet dune description détaillée, HANNACHI et al 1998). La SAU se répartit comme suit (MINISTERE DE L'AGRICULTURE, 2000) :
Les exploitations agricoles sont de l'ordre de 1 054 800:
Effectif du cheptel en Algérie. Le tableau 4 représente lévolution des effectifs des animaux délevage ces dix dernières années. 78 pourcent de leffectif est constitué par le cheptel ovin, 14 pourcent par les caprins , les bovins ne représentent que 6 pourcent des effectifs. Les régions steppiques et présahariennes détiennent 80 pourcent de leffectif total constitué essentiellement par le cheptel ovin. La race principale bovine locale est la race brune de lAtlas qui est subdivisée en 4 races secondaires (Ministère de lAgriculture, 1992): la Guelmoise à pelage gris foncé vivant en zone forestière ; la Cheurfa à robe blanchâtre que lon rencontre en zone préforestière ; la Chélifienne à pelage fauve ; la Sétifienne à pelage noirâtre adaptée à des conditions plus rustiques. Les races bovines améliorées sont représentées par : la Frisonne Hollandaise Pie Noire, très bonne laitière, elle est très répandue dans les régions littorales et constitue 66 pourcent de leffectif des races améliorées ; la Frisonne française Pie Noire, également très répandue et bonne laitière ; la Pie Rouge de lEst et la Pie Rouge Montbéliarde dont leffectif est plus réduit. Ces races introduites pour l'amélioration de la production se trouvent confrontées à des conditions écologiques tout à fait différentes de celles de leurs pays d'origine. Importées pour leur fort potentiel génétique, elles voient leurs performances diminuer, puisqu'une grande partie de leur métabolisme est utilisé pour leur adaptation aux facteurs environnementaux. Tableau 4. Evolution des effectifs (103 têtes)
Le cheptel ovin, premier fournisseur en Algérie de viande rouge, est dominé par 3 races principales bien adaptées aux conditions du milieu (ADEM, 1986 ; CHELLIG, 1969 et 1992) :
Quatre races secondaires ovines existent également en Algérie :
Quelques variétés plus rares sont également mentionnées telles que la Taadmit issue d'un croisement entre Ouled Djellal et les béliers Mérinos. Quelques troupeaux isolés du type Merinos correspondent à des tentatives dintensification de la production ovine. La composition du troupeau a tendance à changer. On assiste aujourdhui au remplacement de la race Beni Ighil très rustique et adaptée au pâturage steppique par la race Ouled Djellal très prolifique et dun apport plus rentable en viande. En effet "un broutard de 12 mois de la race Beni Ighil équivaut en poids à un agneau de 4 mois Ouled Djellal". L'une des causes de ces mutations est le pillage organisé de certaines races très prisées, telles que la race Ouled Djellal, vers les pays voisins où elles sont cédées à des prix dérisoires (ABDELGUERFI et LAOUAR, 1999). On retrouve parmi les équins :
Les asines sont constitués par une race locale et par les baudets en croisement avec des juments mulassières. Les camelins sont représentés par le Dromadaire. Les modes et les conditions délevage sont différents suivant les régions géographiques. L'élevage en Algérie du Nord En Algérie du Nord, la nature des troupeaux est fonction de laltitude. Dans les plaines et les vallées, lélevage bovin est prédominant; jusquà 1500m, on rencontre plutôt des ovins et des caprins rarement du bovin en saison hivernale; au delà de 1500m, les prairies daltitude des massifs ne sont fréquentées que par les bovins qui ne transhument vers les piedmonts quen hiver à la fonte des neiges. Lélevage est inégalement réparti dEst en Ouest en relation avec la richesse des pâturages; lélevage bovin domine à lEst tandis quà lOuest cest lélevage ovin associé au caprin qui est privilégié. Lélevage bovin On retrouve dans les régions Nord du pays environ 80 pourcent de leffectif bovin avec 53 pourcent à lEst, 24 pourcent à lOuest et 23 pourcentau centre. Dans la plupart des cas la structure du troupeau se présente comme suit : Tableau 5. Structure de l´élevage
Lélevage bovin constitue une source de revenus conséquente pour les agropasteurs des régions telliennes qui compense les faibles bénéfices de lagriculture dus aux surfaces cultivées restreintes et qui contribue à lextension de cet élevage sur les terres communautaires offrant des UF gratuites et entraînant un surpâturage dangereux. On distingue deux types de systèmes de production dans lélevage bovin : - le système extensif concerne les races locales et les races croisées. Cet élevage est basé sur un système traditionnel de transhumance entre les parcours daltitude et les zones de plaine. Le système extensif est orienté vers la production de viande (78 pourcent de la production nationale), il assure également 40 pourcent de la production laitière nationale - Le système intensif concerne principalement les races améliorées. Ce type délevage orienté vers la production laitière est localisé essentiellement dans les zones littorales. La taille des troupeaux est relativement faible 6 à 8 vaches laitières par exploitation. Le système intensif représente 30 pourcent de leffectif bovin et assure près de 20 pourcent de la production bovine nationale. Lélevage ovin Dans les régions telliennes lélevage ovin est peu important. Cest un élevage sédentaire et en stabulation pendant la période hivernale. Il est très souvent associé à lélevage des caprins. La taille des troupeaux est petite, de 10 à 20 brebis suivant la taille des exploitations. Les disponibilités fourragères sont très faibles en zone de montagne sans possibilité dextension de la production (ARBOUCHE, 1995). Les agropasteurs ne consacrent que près de 5 pourcent de la SAU à la production fourragère, et on assiste à un surpâturage dans les maquis et les sous-bois des forêts dont la dégradation de la couverture végétale accentue les risques dérosion. Dans certaines régions, telles que la Kabylie, les animaux sont nourris en hiver de feuilles de figuier et de brindilles doliviers et au printemps ils sont conduits dans les champs en jachère qui leur fournissent une alimentation suffisante puis dans les parties montagneuses sur les pacages estivaux. Les agropasteurs ont des revenus qui varient selon la taille des exploitations. L'agriculture demeure la principale source de revenus (57 à 60 pourcent du revenu global) pour les exploitations dont la taille est inférieure à 10 ha, là où domine le système de production semi intensif, alors que c'est l'élevage qui constitue la principale source de revenus (72 pourcentdu revenu global) dans les exploitations de taille supérieure à 10 ha, là où le système de production est extensif (enquête BNEDER, 1996). L´élevage dans les Hautes Plaines steppiques En Algérie, les régions steppiques constituent les terres de parcours par excellence dans lesquelles se posent les vrais problèmes liés au pastoralisme. Tableau 6. Effectif du cheptel en régions steppiques (milliers de têtes).
Développement de l'élevage ovin Leffectif du cheptel pâturant dans ces zones et dont la composante prédominante est la race ovine (environ 80 pourcent du cheptel) na cessé daugmenter depuis 1968 . La croissance exponentielle du troupeau steppique et sa concentration en raison de la régression du nomadisme est due à plusieurs phénomènes : - Une forte croissance démographique qui a entraîné une augmentation de la consommation de protéines animales est enregistrée durant la dernière moitié du siècle. La population de la steppe de 925.708 habitants en 1954, est estimée aujourdhui à près de 4 millions dhabitants (KACIMI, 1996). Cette croissance a concerné aussi bien la population sédentaire que la population éparse. Tableau 7. Evolution de la population steppique (milliers d´habitants)
- La spéculation sur le marché de la viande ovine dont le prix au détail est passé de 0.7$ le kg en moyenne en 1977, à près de 7 $ le kg en ce jour, a contribué au développement de cet élevage. - Lélevage extensif a été favorisé également par les subventions que létat a accordé à laliment concentré introduit durant les années 1970 et qui ne devrait être utilisé au départ que dans les coopératives délevage pour compenser le maigre apport du fourrage naturel disponible pendant les périodes de disette. Des quantités très importantes dorge et de mais sont importées et distribuées à très bas prix (24 $ le quintal en 1985) pour combler le déficit fourrager. La consommation de concentré est passée de 750 à 2 060 millions dU.F. entre 1971 et 1985 (Le HOUEROU, 1985 ; BOUTONNET 1989). Tableau 8. Evolution des importations d´orge et de maïs (en milliers de tonnes)
Le système d'exploitation.La population steppique, composée essentiellement de pasteurs-éleveurs pratiquait le nomadisme (concernant le déplacement de lensemble de la famille), et la transhumance (qui ne concerne que le berger et son troupeau). Ce sont des formes sociales dadaptation à ces milieux arides qui permettent de maintenir léquilibre et de survivre aux crises écologiques dues à des sécheresses cycliques. Cette pratique réalisait une gestion rationnelle de lespace et du temps à travers deux mouvements essentiels : « lachaba » qui consiste à remonter les troupeaux dans les zones telliennes, vers un pacage valorisant les sous-produits de l'agriculture, sur les chaumes et les pailles des terres céréalières pendant les 3 à 4 mois de lété et «lazzaba » conduisant les pasteurs et leur cheptel vers les piedmonts nord de lAtlas saharien pendant les 3 mois de lhiver. Ces deux mouvements de transhumance permettent une utilisation des zones steppiques pendant les 3 ou 4 mois du printemps qui correspondent à la période maximale de la production végétale, cest à dire à la production des espèces annuelles relatives aux pluies printanières et dont la valeur nutritive élevée compense largement les faibles valeurs fourragères des espèces pérennes. Cette combinaison intelligente induisait une optimisation dans lutilisation des ressources naturelles et de ce fait, les parcours steppiques ne sont utilisés que pendant 1/3 de lannée ce qui permettait la régénération des espèces. La gestion de lespace pastoral par les populations était basée sur des accords tacites issus des traditions ancestrales. Cet espace pastoral comprenait les terres publiques de statut domanial et communal qui regroupent les forêts, les nappes alfatières et les vastes parcours, les terres arch détenues en propriétés collectives par les tribus et les terres melk qui sont des terres privées. Aujourdhui la société pastorale connaît dimportantes transformations socio-économiques (BOUKHOBZA, 1982 ; BERCHICHE et al 1993 ; BEDRANI, 1996) . On note une importante régression du nomadisme qui ne subsiste que de façon sporadique. Les déplacements de grande amplitude ne concernent que 5 pourcent de la population steppique. La population anciennement nomade ne sest pas sédentarisée totalement comme on peut le croire, mais elle est devenue semi-sédentaire. Les déplacements sont plus restreints (10 à 50 km) (KHALDOUN, 1995). Les pasteurs ont modifié leur système de production en associant culture céréalière et élevage. Les troupeaux sont de petite taille car prés de 80 pourcent des propriétaires possèdent moins de 100 têtes et 90 pourcent des populations ovines appartiennent à des éleveurs privés. On distingue:
L'élevage dans le Sahara Central L'analyse de la situation de l'élevage dans les parcs du Tassili et de l'Ahaggar donne une idée globale de la gestion pastorale dans le Sahara Central Tableau 9. Effectif du cheptel dans le Sahara Central
On distingue plusieurs types déleveurs dans ces régions :
Les paramètres de production des élevages et le système dintégration Tableau 10. Evolution des paramètres des élavages et le système d´intégration
La filière lait La production laitière moyenne annuelle au cours de la dernière décennie est environ de 1 milliard de litres dont 60 pourcent provient de lélevage bovin, 26 pourcent de lait de brebis et 13 pourcent de lait de chèvre. La production laitière cameline nest pas prise en compte. Létude des performances zootechniques réalisée en 2000, dans 80 exploitations, par lObservatoire des Filières Lait et Viande rouge de lInstitut Technique des Elevages (ITELV) a donné les résultats suivants :
Des données pour la production laitière moyenne par zone agro-écologique et par la race pour décembre 2002 sont données dans les Tableaux 11a et 11b..
Source: Observatoire des filiè lait et viande rouge (OFLIVE), December, 2002 Table 11b. Productivité lattière moyenne par race bovine et par zone agroécologique.
Source: Observatoire des filiè lait et viande rouge (OFLIVE), December, 2002 La faible production au niveau des plaines (9.38 Kg/vt/j) sésplique par la vocation agricole extensive de ces zones. D'une manière générale, la race bovine pie rouge présente de meilleure performances que la pie noire. Le taux de croissance de la production laitière annuelle
est très faible. Il couvre à peine 40 pourcent de la consommation de lait en Algérie
qui est de 110litres/hab/an, le déficit étant comblé par limportation.
Lenveloppe globale allouée à limportation de lait et des produits laitiers
est de 490 millions de dollars. Les contraintes liées à la production laitières sont nombreuses et sont liées au développement de lélevage bovin :
La filière viande. La production de viandes rouges provient essentiellement des élevages extensifs ovins (56 pourcent) et bovins (34 pourcent). La production de viande provenant de lélevage caprin (8 pourcent) et camelin (2 pourcent) reste très marginale, cette viande nétant consommée que dans le Sud du pays. Les bilans de production en rapport avec le niveau de consommation sont difficiles à établir en raison des abattages non contrôlés. Les enquêtes publiées ont fait ressortir des taux de consommation annuelle de 4 Kg de viande ovine et 3,5 Kg de viande bovine. La croissance démographique et la dégradation du pouvoir dachat ont donné lieu à une baisse de la consommation de viandes rouges de 40 pourcent ces 10 dernières années, notamment pour les catégories sociales à revenus fixes. Cependant, la forte demande générée par les catégories sociales à revenus élevés et qui ont amélioré leur modèle de consommation, en augmentant leur consommation de protéines animales, ont permis le maintien dun niveau élevé des prix de la viande (les prix à la consommation des viandes rouges ont été multipliés par 10 en 20 ans). Les terres consacrées à la production fourragère couvrent 33 millions dhectares répartis entre les prairies naturelles (0,1 pourcent), les cultures fourragères (1,6 pourcent), la jachère (10,6 pourcent) et les pacages et parcours (87,7 pourcent). Les fourrages cultivés Les fourrages cultivés sont composés essentiellement de vesce-avoine qui représente 70 pourcent de la surface cultivée. 10 pourcent de la superficie sont affectés aux céréales, orge, avoine et seigle. La luzerne et le sorgho sont peu représentatifs, 1 à 5 pourcent de la superficie cultivée (ABDELGUERFI, 1987). Tableau 12. Production des fourrages cultivés
Au titre de la campagne 1998-99 la quantité de semences fourragères livrée aux agriculteurs est de l'ordre de 20 000 qx, la vesce-avoine représente 68 pourcent. Les fourrages cultivés consommés en sec fournissent 577 millions dUnités Fourragères Lait (UFL, unité exprimant les besoins énergétiques convenant à des brebis à lentretien allaitant un agneau par an ). Ces fourrages représentent 92 pourcent des apports énergétiques des fourrages cultivés et concernent la vesce avoine, lavoine fourrage et le pois avoine. Les fourrages cultivés consommés verts fournissent 43 millions dUFL (HOUMANI, 1999) On retrouve lorge vert avec 84 pourcent de la superficie, le bersim et la luzerne. . Les fourrages naturel Les superficies consacrées à la production des fourrages naturels sont constituées par les prairies naturelles (20 pourcent) avec 35 000 ha environ et par les jachères fauchées (80 pourcent) avec plus de 130 000 ha .
Tableau 13. Production des fourrages naturels
Pour accroître les productions céréalières et diversifier les ressources fourragères de nombreuses études et expérimentations ont été entreprises durant ces vingt dernières années (LE HOUEROU, 1971, projet PNUD- FAO-Saida, projet ACSAD-Tiaret, dossier organisation et résorption de la jachère du Ministère de lAgriculture ). Ces actions avaient pour but la réduction et les possibilités dalternatives de la jachère. Ainsi les tentatives dintroduction de luzernes annuelles dans un assolement blè-médicago avaient pour objectifs lamélioration de la structure et de la fertilité du sol et par conséquent une intensification de la production végétale et animale. Les cultures de remplacement proposées sont (HAMADACHE, 2001):
Ces actions font partie des principales orientations du Plan National de Développement Agricole (PNDA) et bénéficient de mesures de soutien. LES RESSOURCES PASTORALES EN ALGERIE DU NORD Les ressources pastorales en Algérie du Nord ont été évaluées dans une étude réalisée dans les monts de Béni Chougrane (FAO/FIDA, 1993) :
Très peu détudes ont été réalisées sur les parcours de lAtlas Tellien et on ne peut encore réaliser une synthèse qui puisse faire ressortir les caractéristiques de ce type décosystème.
LES RESSOURCES PASTORALES DES PARCOURS STEPPIQUES ET PRESHARIENS De nombreux travaux relatifs à létude de la végétation ont permis de faire ressortir les potentialités pastorales (voir annexes) des steppes algériennes qui sont dominées par 4 grands types de formations végétales (DJEBAILI, 1978 ; URBT, 1974- 1991 ; NEDJRAOUI, 1981 ; AIDOUD,1989 ; LE HOUEROU, 1998, 2000 ) Les steppes à alfa (Stipa tenacissima) dont laire potentielle était de 4 millions dhectares présentent une forte amplitude écologique. On les retrouve en effet dans les bioclimats semi arides à hiver frais et froid dans létage aride supérieur à hiver froid. Ces steppes colonisent tous les substrats géologiques de 400 à 1 800 m daltitude. La production de lalfa peut atteindre 10 tonnes MS/ha mais la partie verte qui est la partie exploitable a une production de 1000 à 1 500 kg MS/ha. Lalfa présente une faible valeur fourragère de 0,3 à 0,5 UF/KgMS, cependant, les inflorescences sont très appétées (0,7UF/KgMS). La productivité pastorale moyenne de ce type de steppe varie de 60 à 150 UF/ha selon le recouvrement et le cortège floristique (AIDOUD et NEDJRAOUI, 1992). Les steppes à armoise blanche (Artemisia herba alba) recouvrent 3 millions dhectares et sont situées dans les étages arides supérieur et moyen à hiver frais et froid avec des précipitations variant de 100 à 300 mm. Ce type de steppe sétale sur les zones dépandage dans les dépressions et sur les glacis encroûtés avec une pellicule de glaçage en surface. La production primaire varie de 500 à 4 500 kg MS/ha avec une production annuelle totale de 1 000 kg MS/ha. La production annuelle consommable est de 500 kg MS/ha , soit une productivité pastorale moyenne de 150 à 200 UF/ha. Larmoise ayant une valeur fourragère moyenne de 0,65 UF/kg MS, les steppes à armoise blanche sont souvent considérées comme les meilleurs parcours utilisés pendant toute lannée et en particulier en mauvaises saisons, en été et en hiver où elle constitue des réserves importantes Larmoise est une espèce bien adaptée à la sécheresse et à la pression animale, en particulier ovine. Le type de faciès dégradé correspond à celui de Peganum harmala dans les zones de campement et autour des points deau. Les steppes à sparte (Lygeum spartum) représentent 2 millions dhectares, rarement homogènes, occupant les glacis dérosion encroûtés recouverts dun voile éolien sur sols bruns calcaires, halomorphes dans la zone des chotts. Ces formations sont soumises à des bioclimats arides, supérieur et moyen à hivers froids et frais. Lespèce Lygeum spartum ne présente quun faible intérêt pastoral (0,3 à 0,4 UF/kg MS). Les steppes à sparte sont peu productives avec une production moyenne annuelle variant de 300 à 500 kg MS/ha, mais elles constituent cependant des parcours dassez bonne qualité. Leur intérêt vient de leur diversité floristique et de leur productivité relativement élevée en espèces annuelles et petites vivaces, elle est de 110 kg MS en moyenne. Les steppes à remt (Arthrophytum scoparium) forment des steppes buissonneuses chamaephytiques avec un recouvrement moyen inférieur à 12,5 pourcent. Les mauvaises conditions de milieu, xérophilie (20-200 mm/an), thermophilie, variantes chaude à fraîche, des sols pauvres, bruns calcaires à dalles ou sierozems encroûtés font de ces steppes des parcours qui présentent un intérêt assez faible sur le plan pastoral. La valeur énergétique de lespèce est de lordre de 0,2 UF/kg/MS. La production moyenne annuelle varie de 40 et 80 kgMS/ha et la productivité pastorale est comprise entre 25 et 50 UF/ha/an. Ce type de steppe est surtout exploité par les camelins. Les steppes à psamophytes sont liées à la texture sableuse des horizons de surface et aux apports dorigine éolienne. Ces formations sont inégalement réparties et occupent une surface estimée à 200.000 hectares. Elles suivent les couloirs densablement et se répartissent également dans les dépressions constituées par les chotts. Elles sont plus fréquentes en zones aride et présaharienne. Ces formations psamophytes sont généralement des steppes graminéennes à Aristida pungens et Thymellaea microphyla ou encore des steppes arbustives à Retama raetam et leurs valeurs pastorales varient de 200 à 250 UF/ha. Les steppes à halophytes. Ces steppes couvrent environ 1 million dhectares. La nature des sels, leur concentration et leur variation dans lespace vont créer une zonation particulière de la végétation halophile très appétée autour des dépressions salées. Les espèces les plus répandues dans ces formations sont : Atriplex Halimus, Atriplex glauca, Suaeda fruticosa, Frankenia thymifolia, Salsola sieberi et Salsola vermiculata . Ce type de steppe est très recherché par les pasteurs et sa valeur pastorale est denviron 300 UF/ha. Les contraintes sur les ressources pastorales Les aléas climatiques. Les rendements dans les fourrages cultivés varient en fonction des aléas climatiques. On note une réduction des rendements, 28 qx/ha en 1996 contre 9,8 qx/ ha en 1997 pour la vesce-avoine et 31 qx/ha contre 5,5 qx/ha pour les autres fourrages durant les mêmes périodes, l'année 1997 ayant connu un fort déficit pluviométrique. Dans les Hautes Plaines steppiques, les perturbations climatiques et plus particulièrement la pluviosité sont une cause importante de la fragilité de ces milieux déjà très sensibles et provoquent des crises écologiques se répercutant sur la production primaire des écosystèmes et sur le changement de la composition floristique. Les disponibilités fourragères naturelles deviennent aléatoires. Des études ont montré une perte de la production pastorale équivalente à 236 UF/ha pour une diminution de la pluviosité annuelle de 104 mm/an dans les steppes Sud algéroises. Tableau 14. Diminution des précipitations (mm/an) sur les Hautes Plaines steppiques
Cet exemple illustre bien la situation sur toute la steppe algérienne quelque soit le faciès. En effet, il a été démontré la même évolution pour les steppes à armoise blanche et à sparte. Tableau 15. Evolution de la production de l´alfa (kg ms/ha) en fonction de l´intensité du pâturage et de la pluviosité
Le surpâturage. Lintensité du surpâturage a été évaluée à partir de la charge potentielle du parcours et de la charge effective actuelle. Tableau 16. Effectifs du cheptel en équivalents-ovin (103 ) et charges pastorales (ha/eq.ovin)
En 1968, les parcours steppiques nourrissaient 7 890 103 équivalents-ovins, ce qui donnait une charge de 1,9 ha/eq.ovin, et la steppe offrait 1,6 milliards dUF donc pour une charge pastorale de 1 mouton/4 hectares. Donc à cette période la steppe était déjà surpâturée et la charge effective était deux fois plus élevée que la charge potentielle. Malgré les sonnettes dalarmes tirées par les pastoralistes de lépoque, la situation sest en fait aggravée. En effet, en 1996, les parcours se sont fortement dégradés et la production fourragère est équivalente à 533 millions dUF, cette estimation est une moyenne qui tient compte des espèces annuelles et de la variabilité de la pluviosité. La charge pastorale potentielle serait denviron 8 ha/1 eq-ovin. Or leffectif du cheptel correspond à 19.170 103 éq.ovins et la charge réelle des parcours est de 0,78 hectares pour 1 éq.ovin. Leffectif du cheptel serait donc 10 fois supérieur à la charge réelle des parcours. Cet état des choses ne peut être possible que par la complémentation à laide de concentrés. Un effectif ovin trop élevé sur les meilleurs pâturages et autour des points deau provoque le piétinement et le tassement du sol. Cet effet se traduit par la dénudation du sol, la réduction de sa perméabilité et de ses réserves hydriques et laugmentation du ruissellement. Ce qui accroît très sensiblement le risque dérosion. Des micro-dunes se forment donnant lieu à des paysages prédésertiques. Ce surpâturage qui ne tient pas compte des conditions écologiques, se manifeste par le maintien trop prolongé du troupeau sur les aires pâturées prélevant ainsi une quantité de végétation largement supérieure à la production annuelle. Limpact sur la végétation est énorme aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif.
Les nombreuses études réalisées par les universitaires depuis les années 70, sur les steppes montrent toutes une importante régression du couvert végétal supérieure à 50 pourcent et une diminution sérieuse de la production des écosystèmes steppique passant de 120 à 150 UF/ an en 1978 à 30 UF/ha/an pour les parcours dégradés et 60 à 100 UF/ha/an pour les parcours palatables (AIDOUD et NEDJRAOUI, 1992 ; ZEGRAR et al, 1997)). Les problèmes du foncier et la dégradation des ressources naturelles. Depuis 1975, date de la promulgation du code pastoral, toutes les terres de parcours steppiques et présahariens sétalant entre les isohyètes 100 et 400mm sont devenues propriété de lEtat et la gestion de ces terres relève des communes. La loi portant accession à la propriété foncière agricole de 1983 a été appliquée aux terres de parcours et « quiconque met en valeur une terre de parcours pourra prétendre à en être propriétaire ». La loi de 1990 portant orientation foncière réduit lespace des terres « à vocation pastorale » aux steppes comprises entre les isohyétes 100 et 300 mm , permettant les défrichements sur la frange 300-400 mm. De ce fait, et pour répondre aux besoins alimentaires induits par la croissance démographique et laugmentation du cheptel, on assiste à une exploitation anarchique des terres pastorales et à lextension des cultures céréalières à rendements très faibles ( 2 à 5 qx/ha) sur des sols fragiles. Les techniques de labour au cover-crop utilisées par les agropasteurs ont une action très érosive qui détériore lhorizon superficiel et le stérilise le plus souvent de manière irréversible. Ces phénomènes provoquent une destruction des espèces pérennes et une forte réduction de la végétation annuelle. On a assisté à une perte des surfaces pastorales au profit des surfaces défrichées et labourées et très souvent abandonnées. On estime aujourdhui à 2 millions dhectares la superficie labourée en milieu steppique. 6. AMELIORATION DES RESSOURCES PASTORALES Dés 1945, suite aux conséquences de la Deuxième guerre mondiale, les autorités coloniales ont amorcé une série de solutions à la crise de léconomie pastorale en préconisant la mise en défens des parcours, la sédentarisation des populations et la lutte contre les épizooties. Après lindépendance, les politiques damélioration pastorale ont porté essentiellement sur les parcours steppiques et lélevage ovin. Les mêmes actions sont reprises avec une radicalisation des rapports sociaux de production, les moyens de production, cheptel et matériel, devenaient propriétés collectives. Les tentatives dorganisation de la steppe sont nombreuses et très peu ont donné des résultats positifs allant dans le sens de lamélioration des parcours. Evolution des politiques dorganisation des terres de parcours.
Projets et réalisations pour lamélioration des ressources pastorales Dans le souci daméliorer la gestion des parcours steppiques et de ralentir leur dégradation de nombreux projets ont été lancés depuis lindépendance. Le Projet Hodna, en 1968 et les différents Projets Algérie 16, 22 et 30 (1969-1970) avec la participation du PNUD avaient pour but lamélioration des ressources pastorales (cultures fourragères et élevage ovin) dans un but daménagement intégré des terrains de parcours à travers des études phytoécolgiques et des expérimentations agricoles. Les applications de ces projets pratiquement inexistantes ne valaient pas les investissements que lon a concédé. Les documents de synthèse (rapports et cartes) élaborés par les experts servent toujours de référence aux pastoralistes actuels. Les principale études et réalisations lancées dans les années quatre vingt, sont en général prises en charge par le HCDS. La steppe a bénéficié pour lensemble de ses régions de 165 projets relatifs au programme pastoral pour la période 1985-1992. Ce programme concerne la mise en valeur des parcours avec la réalisation de forages, puits pastoraux, séguias, ouvertures de piste, lamélioration foncière, la création dunités pastorales (60 unités dont 47 sur Oued Touil) cest à dire le découpage de la steppe en unités pastorales homogènes sur le plan sociologique et répartition des ressources naturelles. Ces unités impliquent les fractions ou sous fractions tribales. Depuis 1992, les programmes sur la steppe sont réalisées à travers une approche participative qui donne lieu à une étroite collaboration entre les agropasteurs et les structures chargées de réaliser ces programmes, en loccurrence le HCDS. Ainsi dans le cadre de la politique des Grands Travaux il est prévu entre autres :
Les parcours sont consolidés par un programme d'aménagement hydraulique. Le HCDS a opté pour la récupération des eaux superficielles et le captage des eaux de source. La réalisation de ces Grands Travaux a trouvé ladhésion des populations pastorales qui ont été impliquées. La mise en défens sur les zones dégradées est souhaitée et approuvée par les pasteurs. Il en est de même pour les plantations pastorales susceptibles de réhabiliter les écosystèmes fortement dégradés. Les bénéficiaires qui participent au projet sont conscients de lintérêt de ces plantations et sont prêt à les multiplier et à les préserver. Toutes ces actions ont été développées en partenariat avec les communes steppiques ce qui a permis d'introduire un nouveau type d'exploitation des parcours institutionnalisé en 1997 et qui concerne la location des périmètres aménagés ou mis en défens par les communes. Dans le cadre de ces Grands Travaux, des projets sont initiés et développés par le HCDS en collaboration avec les universitaires dans le domaine de lamélioration pastorale, la connaissance du milieu steppique à travers lidentification et la cartographie des zones potentielles pour la céréaliculture, et lidentification et la cartographie des zones potentielles pour laccueil du cheptel ovin lors des migrations dhiver.. La mise en défens a permis à la production fourragère de passer de 40 UF/ha à plus de 250 UF/ha soit une augmentation de plus de 525 pourcent. L'introduction d'espèces fourragères (15 000 hectares de plantations) telles que Atriplex nummulaaria, Atriplex vesicaria, Medicago arborea, Opuntia ficus indica a permis l'amélioration des parcours dégradés par une production fourragère de 500 à 800 UF/ha, elle a permis également la fixation des dunes et des placages sableux. Atriplex vesicaria produit en sec 4 tonnes de matière fraîche par hectare, en irrigué la production peut atteindre 10 à 20 Tonnes de matière sèche par hectare. Le Plan National de Développement Agricole (PNDA) « Le Plan National de Développement Agricole, adopté en 2000, a pour objectif lamélioration du niveau de la sécurité alimentaire ». Il sarticule autour de lincitation et le soutien des exploitants agricoles pour :
Ces actions fondées sur les contraintes agro-climatiques convergent "vers des objectifs de reconstruction du territoire agricole et de conservation des ressources naturelles (eau et sol) aptes à favoriser le développement durable". La mise en uvre des programmes est soutenue par le Fonds National de Régulation et Développement Agricole (FNRDA).
7. LES ORGANISMES DE DEVELOPPEMENT ET DE RECHERCHE IMPLIQUES DANS LE PASTORALISME Le rôle de la recherche scientifique dans lamélioration des terres de parcours Le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique a dégagé en Juin 1995 des Programmes Nationaux Prioritaires de Recherche (P.N.R.) dans le cadre du développement des zones de parcours (NEDJRAOUI, 1999). Un appel d'offre du ministère a permis à de nombreux chercheurs sur le territoire national de s'inscrire dans ces programmes et de bénéficier de subventions pour les réaliser. Cette nouvelle politique a permis de faire le point sur le potentiel scientifique et technique travaillant dans ce domaine de recherche. Le Centre de Recherches Scientifique et Technique sur les Régions Arides (C.R.S.T.R.A) a été chargé de coordonner et d'animer, à travers un réseau thématique intersectoriel, ces actions de recherche. Plusieurs axes et thèmes fondamentaux ont été retenus, parmi lesquels : Axe I Etude des possibilités damélioration de la productivité des agro-systemes 1. Mise au point de systèmes fourragers dans les différentes zones pédo-climatiques 2. Mise en valeur et possibilités d'utilisation des sols salés 3. Régénération et amélioration de l'écosystème steppique 4. Régénération et effets des procédés d'exploitation des nappes alfatières 5. Aménagements steppiques 6. Influence des agro-systèmes sur la croissance et le développement du palmier dattier. 7. Recherche de techniques de préservation durable de l'agro-système oasien Axe II Etude technico-économique des élevages 1. Elevage bovin, ovin et caprin 2. Elevage camelin et équin 3. Petit élevages 4. Pastoralisme et élevage en steppe et en montagne 5. Elevage saharien Axe III- Gestion des ressources naturelles. 1. Approche participative dans la gestion des ressources naturelles 2. Les pépinières pastorales dans la préservation de l'environnement des zones arides 3. Les systèmes pastoraux en Algérie (aspect socio-économique du nomadisme) 4. L'industrialisation des zones steppiques et sahariennes 5. Evaluations, étude des systèmes culturaux et gestion du sol Axe IV - Analyses qualitatives et quantitatives des ressources animales. 1. Inventaire du cheptel, santé et amélioration des races 2. Ecophysiologie des régulations hormonales de la reproduction et du métabolisme hydrominéral des mammifères des zones arides et semi-arides De très nombreuses institutions sont engagés dans l'étude et le développement des terres de parcours. On ne citera que les plus importantes: LES ORGANISMES D'AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT La Direction Générale des Forêts (DGF),
en tant qu'Organe National de Coordination, est chargée d'appliquer la politique de lutte
contre la désertification. La DGF est impliquée dans la recherche des programmes de
gestion rationnelle des parcours pour freiner le processus de dégradation des terres et
des programmes de plantations pastorales en zone de montagne. Le Haut Commissariat au
Développement de la Steppe (HCDS) c'est un organe chargé du développement
intégré des régions steppiques. Il initie la politique de gestion de ces régions au
niveau du statut foncier, de l'amélioration des parcours par des plantations fourragères
et de la promotion de la population pastorale en l'intégrant dans les projets de
développement. LAgence Nationale de
lAménagement du Territoire participe à des études et des programmes
daménagement des espaces pastoraux notamment en milieux steppiques. LES INSTITUTIONS DE RECHERCHE Le Centre de Recherches
Scientifique et Technique sur les Régions Arides a pour mission principale de
réaliser les programmes de recherche scientifiques et techniques sur les régions arides
ou menacées de désertification et de sécheresse. LUnité de Recherches sur
les Zones Arides (U.R.Z.A.) a pour principales missions l'étude des systèmes
oasiens et le comportement physiologique des ruminants. Le Centre de Recherche en
Economie appliquée (C.R.E.A.D. ) s'intéresse aux problèmes socioéconomiques,
aux systèmes de productions agro-pastoraux dans les différentes zones steppiques et au
développement rural. L'Unité de Recherche sur les Ressources
Biologiques Terrestres (U.R.B.T.) a pour objectifs de recherches l'évaluation
phytoécologique et l'évaluation et la cartographie pastorales des principaux parcours
steppiques et présahariens dans le cadre des projets de développement des régions et
dispose de 7 stations expérimentales et d'observation réparties dans ces différents
écosystèmes. Les observations commencées en 1974 se poursuivent aujourd'hui, ce qui
permet létude de l'évolution des parcours en fonction des paramètres
environnementaux et d'évaluer à partir d'analyses diachroniques les processus de
désertification. Ces stations font partie de lobservatoire du programme ROSELT. Ce
programme vise à établir une banque de données alimentée par un Réseau
dObservations et de Suivi Ecologique à Long Terme (ROSELT) piloté par
lorganisme inter-gouvernemental « Observatoire du Sahara et du Sahel,
OSS ». Il sappuie sur des stations dobservations réparties à travers
les parcours et dans lesquelles ont été effectuées des mesures écologiques
régulières. L'Institut National de Recherches Agronomiques
(INRA) A travers ses différentes stations, l'INRA développe des thèmes de recherches en
zootechnie et en phytotechnie pour étudier les mécanismes de dégradation des parcours
steppiques. L'Institut National Agronomique (INA)
forme des ingénieurs agronomes et développe des thèmes de recherche relatifs aux
problèmes des terres de parcours. 8. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ABDELGUERFI A., 1987.- Quelques réflexions sur la situation des fourrages en Algérie. Céréaliculture, ITGC, 16, 1-5. ABDELGUERFI A. et LAOUAR M., 1999.- Les ressources génétiques en Algérie: un préalable à la sécurité alimentaire et au développement durable. Doc. INESG, 43p. ADEM L., 1986.- Connaissance des races ovines de la steppe algérienne. Sem. Intern. Sur la stratégie générale d'aménagement et de développement de la steppe et des zones arides. Tebessa. Avril 1986. AGENCE NATIONALE DES RESSOURCES HYDRIQUES 1993.- Carte pluviométrique de lAlgérie . AIDOUD A., 1989.- Contribution à létude des écosystèmes pâturés des haute plaines Algéro-oranaises. Fonctionnement, évaluation, et évolution des ressources végétales. Thèse doct. USTHB, Alger, 240p. AIDOUD A., 1993.- Les changements climatiques dans les espaces steppiques. Causes et implication pastorale. Act. Coll. Stratégie de mise en oeuvre du développement pastoral. 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Dalila Le tableau 2 a été mis à jour par S.g. Reynolds en novembre 2002 et la table 11a et 11b ont été expédiées par Dr. Nedjraoui et ajoutées en octobre 2003. Tableau 1. Relevé type dans un parcours de montagne (Atlas Blidéen) Caractères écologiques : Altitude : 1350m Composition floristique
Tableau 2. Types de parcours des massifs Constantinois (massifs de Ben Badis)
Tableau 3. Caractères pastoraux des espèces steppiques
Tableau 4. Caractérisations des différents parcours steppiques
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