Profil fourrager


Madagascar

English

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Rasambainarivo J.H. et Ranaivoarivelo N.


1. Introduction
2. La Topographie et le Sol
3. Le Climat et les Zones Agroécologiques
4. Les Systemes d'Elévage
5. Les Ressources Pastorales
6. Amélioration des Ressources Pastorales
7. Les Organisations de Recherche et Developpement Impliquées dans le Pastoralisme
8. Références Bibliographiques
9. Contacts
10. Annexes

1. INTRODUCTION

L’Ile de Madagascar est située au Sud-est de l'Afrique dont elle est séparée par le Canal de Mozambique. Autrefois, Madagascar faisait partie du super continent appelé Gondwana. L’Ile aurait commencé sa séparation de ce continent il y a environ 165 millions d’années et serait arrivé à sa position actuelle il y a 121 millions d’années (Rabinowitz et al. 1983). Sa localisation est comprise entre, d'une part, les latitudes Sud 11°57 et 25°29 et, d'autre part, les longitudes Est : 43°14 et 50°27 (Fig. 1). Du Nord au Sud, sa longueur est de 1580 km et sa plus grande largeur d'Est à l'Ouest mesure 560 km. Madagascar dispose de 5000 km de côtes et se trouve à la limite sud du milieu tropical. La surface de l'Ile est de 587 041 km².

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Fig. 1. Carte de Madagascar
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La Population (EPM, 2000) et l’ Administration
Pour une superficie de 587 041 km², l’Ile compte environ 14,600,000 d’habitants (estimation de 1999), ce qui représente une densité de population de l’ordre de 24,9 hab./ km². La population est relativement jeune avec 45 pour cent de moins de 15 ans. Le taux de croissance démographique annuel moyen est de 2,8 pour cent . La population vivant en milieu rural représente 77,8 pour cent . Elle est à l’échelle nationale inégalement répartie avec une concentration élevée de population sur les Hautes Terres, laissant de grandes étendues vides d’hommes dans la partie occidentale notamment l’ouest et le sud.

Les données collectées en 1999 ont montré que 71.3 pour cent de la population est sont classées dans la catégorie des personnes pauvres, avec des revenus insuffisants ne permettant pas d’assurer une ration alimentaire égale ou supérieure à 2 133 calories par jour. Parmi la population vivant en milieu rural, 76.7  pour cent vivent en dessous du seuil de la pauvreté et 61  pour cent sont analphabètes.

L’agriculture constitue la principale activité à laquelle s’associent le plus souvent de petites exploitations surtout orientées vers l’autosubsistance. Elle fournit la principale source de revenu de la population rurale qui en consacre 70  pour cent pour les dépenses alimentaires.

L’aliment de base est le riz (la consommation est estimée à 113,5 kg / hab /an, une des plus élevée au monde !). Cet aliment absorbe aussi 40 pour cent des dépenses alimentaires totales. Les protéines d’origines animales sont consommées à un niveau moyen de 22,4 kg/hab/an.

Administrativement, Madagascar est constituée de six Provinces Autonomes dont les superficies et les pourcentages de la population nationale sont présentés dans le Tableau 1.

Tableau 1 : Quelques caractéristiques des provinces autonomes

Provinces Autonomes

Superficies (km²)

Pourcentage de la population

Antananarivo

58 283

27,9

Fianarantsoa

102 373

18,7

Toamasina

71 911

15,5

Mahajanga

150 023

13,7

Toliary

161 405

15,6

Antsiranana

43 042

8,6

Total

587 037

100,0

L’économie
Madagascar est classé parmi les pays les plus pauvres de la planète. Néanmoins, au cours de ces dernières années, la situation macro- économique s’est améliorée et le taux de croissance étant de 6,7 pour cent. L’économie repose sur un certain nombre de produits d’exportation qui sont qualifiés de classique (café, vanille, girofle, produits halieutiques etc.…) et les recettes des « secteurs porteurs » ( tourisme, mines, industrie manufacturière tournée vers l’exportation.). Divers facteurs limitent énormément le développement rapide de l’économie, en particulier la faiblesse des performances agricoles, le difficile accès des producteurs aux différents marchés, l’état des routes poussant les agriculteurs à préférer l’auto consommation des produits agricoles.

Agriculture
En 2000, l’agriculture (agriculture sens us stricto +forêt + élevage) représente environ 35,5 pour cent du PIB (Ministère des Finances, 1999) - (la lettre de politique de Développement Rural). L’agriculture malgache se caractérise par une multitude des petites exploitations (surfaces cultivées moyennes : 1,2 hectares) qui associent plusieurs activités (culture et élevage) et dont les produits sont principalement orientés vers l’autoconsommation (EPM 2000). Les études faites en 1999 montrent que 91,6 pour cent des ménages éleveurs pratiquent l'agriculture (PME, 2000). Le riz est l’aliment principal de la population malgache, mais le problème de niveau de productivité est stationnaire à environ 2 tonnes/ha.


2. LA TOPOGRAPHIE ET LE SOL

Le relief de Madagascar est très accidenté avec des Hautes-terres (plus de 800 m d'altitude) qui occupent tout l'axe nord-sud avec des points culminants tels qu'au nord, le Maromokotra (2 876 m), au centre l'Ankaratra (2643 m) et au sud l'Andringitra (2658 m). Le versant oriental de ces hauteurs descend brusquement vers l'Océan Indien. Le versant occidental, au contraire présente des pentes plus douces occupées par de grandes plaines qui rejoignent le canal de Mozambique. Dans ces plaines coulent les fleuves les plus longs qui débouchent à la mer par d'importants deltas tels le Betsiboka, le Tsiribihina, la Mangoky.

La géologie de Madagascar se répartie en deux grands groupes (Besairie,1973):

  • les roches sédimentaires qui occupent toutes les zones côtières, soit un tiers de l'Ile,
  • le socle cristallin sur lequel repose les Hautes-Terres, soit deux tiers de l'Ile.

Les travaux de Roederer (1971) répartissent les sols malgaches en quatre types différents:

  • les sols ferralitiques avec plusieurs variantes, en fonction des la roche mère. Il s'agit des sols les plus répandus sur les Hautes-Terres et la Côte Est. Ils occupent environ 46 pour cent de la superficie de l'Ile ;
  • les sols ferrugineux tropicaux qui forment de très grandes surfaces dans l'ouest et le sud et représentent 27,5 pour cent de l'Ile ;

Ces deux types de sols continuent à subir, à des degrés divers, un phénomène érosif, d'une part en raison des situations topographiques et d'autre part, à cause des actions anthropiques telles que les feux de brousse et le déboisement :

  • les sols hydromorphes, plus ou moins tourbeux, occupent les bas- fonds et sont prioritairement utilisés pour la riziculture(6,5 pour cent de la surface de l'Ile) 
  • les sols alluvionaux , peu évolués, mais très fertiles, se trouvent surtout dans les environs immédiats des grands fleuves de la région occidentale (26 pour cent de la surface).

L’importance de l’érosion : Les dernières estimations avancent des chiffres de 200-400 tonnes/ha/an de la couche arable du sol qui sont entraînées par les eaux de ruissellement, alors que la moyenne mondiale serait de 11 tonnes/ha/an (EPM, 2000). La majorité des phénomènes érosifs ont lieu sur les parties topographiques constituées par les plateaux et les pentes qui servent de terrains de cultures et de pâturages. Ce phénomène érosif entraîne évidemment une réduction de la fertilité des sols. La topographie de Madagascar est illustré a la fig. 2.

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Fig. 2. Les principales classes d'altitude
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3. LE CLIMAT ET LES ZONES AGROECOLOGIQUES

Madagascar est soumis au climat tropical uni modal caractérisé par une alternance de saison des pluies (Novembre-Mars) et de saison sèche (Avril - Octobre), dont les longueurs varient d’une région à l’autre. L’altitude accentue par ailleurs les variations de température. La saison sèche peut ainsi être particulièrement fraîche sur les Hautes-Terres où, sporadiquement, il peut geler (régions d'Antsirabe et Ambatolampy).

La côte Est est bien arrosée (plus de 2 000 mm de pluie/an pendant onze mois), alors que la partie sud de l’Ile est soumise à une longue saison sèche accompagnée le plus souvent de déficit pluviométrique (275 mm à Tuléar).

Madagascar subit annuellement au cœur de la saison des pluies (de janvier à mars), les dégâts engendrés par les cyclones qui proviennent de l'Océan Indien ou du canal de Mozambique.

Dans son étude en vue de caractériser l’Ile pour la production rizicole, Oldeman,1988 a défini cinq grandes zones agroécologiques qui sont présentées dans le tableau 2.

Tableau 2. Les principales zones agroécologiques de Madagascar (Oldeman, 1988)

Régions

Nombre de jours humides par an

Surface occupée en pour cent de la surface totale de l’Ile

Commentaires

Côte orientale

Plus de 255 j

9

Côte orientale excluant la région de Tolagnaro au sud
Hautes altitudes, humide

165-255 j

1

Les zones les plus élevées de l’Ankaratra
Hautes Terres

110-165 j

36

Les Hautes-Terres centrales et leurs versants ouest à une altitude supérieure à 500 m
Nord -Ouest zones de basses -Terres

75-110 j

24

La région du Nord-ouest incluant aussi la zone du Lac Alaotra
Sud-ouest et Sud, Zones de Basses -Terres

Moins de 75 j

30

La région du Sud -Ouest et Sud en deçà de la ligne qui rejoint Maintirano à Ambovombe

La côte Est est particulièrement bien arrosée (plus de 2000 mm de pluie/an pendant 11 mois. Par contre, la région du Sud se singularise par une faible pluviométrie (275 mm à Tuléar) et une saison sèche particulièrement longue.

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Fig. 3. Les Regions climatiques
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Au cours de la saison des pluies et plus particulièrement entre janvier et mars, Madagascar subit les effets néfastes de plusieurs cyclones qui naissent tantôt dans l'Océan Indien, tantôt dans le canal de Mozambique.


4. LES SYSTEMES D’ELEVAGE

Le dernier recensement du cheptel a été réalisé entre 1984 et 1987 (SEDES, 1988). Les estimations de l'effectif du cheptel malgache, en 1999, ont été publiées par le Ministère de L'Elevage (2000) et présentées dans le tableau 3.

Tableau 3. Estimation du nombre de têtes d'animaux en 1999 et leur conversion en nombre d'Unité Bétail (UB)
Recensement du Ministère de la Production Animale et des Eaux et Forets- SEDES-(1988) Ministère de l'Elevage (2000) Nombre têtes par Unité Bétail Cheptel en Unités bétail ( Min. Elevage 2000)
zébu

9 042 300

5 776 008

1

5 776 000

bovins laitiers

289 000

500 000

1

500 000

boeufs de traction

889 200

1000000

1

1 000 000

caprins

961 571

997 704

10

100 000

ovins

484 064

541 276

10

54 200

porcins

744 849

432 365

2

216 000

volailles

18 000 000

21935 250

100

220 000

équins

288

1

350

total

7 890 550

La tendance globale qui se dégage de ce tableau, est la réduction importante du cheptel bovin due a plusieurs causes. En premier lieu, il est bon de signaler que les derniers recensements réels ont été fait en 1987, ultérieurement les données ultérieures sont basées sur des estimations peu vérifiées sur le terrain. La seconde cause tient de la situation générale d’insécurité dans le milieu rural .Elle pousse un grand nombre d’éleveurs à réduire le nombre de cheptel domestiqué et vacciné, laissant un partie de leur bovins à l’état semi sauvage « malia » donc non enregistré dans les statistiques.

Néanmoins il est noté une augmentation constante du nombre de bovins orientés vers la production laitière surtout sur les Hautes-Terres et celui des zébus qui servent à la traction. En effet, les exploitants agricoles dont la majorité dispose de bovins semblent tirer un meilleur profit en utilisant les bovins pour les travaux agricoles (traction et piétinage) que dans la production de viande (Ranaivoarivelo, 2002).

Il est donc permis d’estimer que chaque malgache, actuellement, dispose de 0,54 UB d’animaux domestiques. Si l’on considère exclusivement les ruminants, ce chiffre est de 0.51 UB/hab.

L’élevage de ruminants se pratique selon deux systèmes. Le premier est le système extensif surtout important en milieu rural. Le second est plus intensif, il prédomine en régions périurbaines.

Le système d’exploitation extensive domine largement l’élevage des zébus et des petits ruminants. Il n’est pas exclusivement orienté vers une logique de production et de commercialisation, quoique dans certaines régions il a été remarque une tendance vers une exploitation commerciale (stratégie d’achat vente) et une valorisation pour les travaux agricoles (Ranaivoarivelo, 2002). Il est très peu orienté sur une logique de production et de commercialisation, mais revêt une importance capitale du point de vue socioculturel. En effet, pour la grande majorité de la population rurale des régions de l’Ouest et du Sud, la disponibilité d’un grand troupeau de zébus est un signe extérieure de richesse souvent allié à une grande capacité de décision. Les zébus servent aussi pour les travaux agricoles en tant qu’animaux piétineurs de rizière et assurent la traction des instruments de travail du sol et des charrettes de transport de biens et de personnes.

La production laitière est surtout pratiquée dans les régions périurbaines sous formes de production intensive dont les objectifs sont multiples : la production de lait, de fumier. Au cours de ces dernières décennies, la production laitière dans les régions des Hautes-Terres a connu un développement certain à cause de la conjonction de facteurs favorables tels que le succès de l’amélioration génétique des vaches, la disponibilité des services et produits vétérinaires, le développement d’un grand marché par les grandes villes en expansion telles qu’Antananarivo et Antsirabe).

Pour les espèces monogastrics (porcs et volailles), le système d’élevage est aussi très diversifié, il va d’un système extensif où les animaux sont livrés à eux- mêmes pour trouver leur nourriture à un système intensif imitant celui des pays industrialisés.


5. LES RESSOURCES PASTORALES

Jadis, l’Ile de Madagascar présentait un couvert forestier important. Actuellement, sous la pression de nombreux facteurs dont un des plus importants est le facteur anthropique, cette couverture forestière diminue rapidement et ne représente plus qu’environ 22 pour cent de la surface du territoire (Rakotovao, 1998).

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Fig. 4. Formations Vegetales
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L’origine des savanes fait l’objet de nombreux travaux (Gauthier,1902 ; Perrier de la Bathie 1921; Granier, 1967, Morat, 1973 et Koechlin et al. 1974). Pour certains, ces savanes avaient une origine naturelle, mais d’autres auteurs soutenaient une origine anthropique. A la lumière des travaux plus récents, l’on tend à s’accorder sur le fait qu’avant l’arrivé e de l’homme sur l’Ile, il y avait déjà quelques savanes naturelles au sein d’une végétation à dominante forestière. Ultérieurement, l’homme est arrivé et a accéléré l’extension des savanes grâce à sa manipulation de la hache et du feu.

Les mesures faites par Faramala (1988) montrent que les surfaces actuelles de savane seraient de 397 404 km², soit 68 pour cent de la surface de l’Ile. La majorité des savanes (62 pour cent ) est située dans les régions de l’ouest et du sud. De plus, 76 pour cent de ces étendues herbeuses se trouvent à une altitude inférieure à 800 m. (Rakotoarimanana, 2002).

Les graminées de pâturage ont fait l’objet d’une étude approfondie par Bosser (1969) qui a décrit 291 espèces sur les 450 que compte la flore de Madagascar.

Les feux de savane parcourent annuellement les surfaces pastorales de Madagascar. Ils sont devenus un événement commun dans les régions de savane. Il est estimé qu’en moyenne, 435 000 ha des savanes sont brûlées tous les ans. Ces feux, le plus souvent intentionnels, attaquent les forêts et contribuent à une extension des surfaces défrichées estimées jusqu’à 300 000 ha par an (Langrand et Wilme, 1995).

Les opérations de contrôle des feux par la mise en place de mesures législatives ont fait l’objet de nombreux textes et directives (Bertrand, 1994 ; Sourdat, 1996). Ils n’ont malheureusement pu réduire ni arrêter la pratique des feux de brousse.

Les droits fonciers sur les espaces pastoraux sont de nature surtout traditionnelle. La gestion revient grosso modo à celui (ou à la communauté) qui l’utilise pour le pâturage de son bétail. Cette insécurité foncière constitue un facteur favorisant le maintien de l’exploitation extensive des espaces de savanes.

Les feux sont le plus souvent allumés au cours de la dernière partie de saison sèche (Août - Octobre). On attribue généralement leur origine aux éleveurs qui en tirent profit pour le renouvellement du pâturage. Ce sont les feux tardifs qui procurent quantitativement de fourrage intéressant pour le bétail, car provoqués la veille des pluies. Les feux précoces pratiqués le plus souvent durant la saison fraîche, ne peuvent donner de fourrage consommable durant le reste de la saison sèche, que lorsqu’ils sont provoqués dans des zones à bonne rétention en eau (zone humide) (Ranaivoarivelo et Milleville, 2001). Les feux intentionnels jouent par ailleurs d’autres rôles, plus subsidiaires, lorsqu’ils sont utilisés comme stratégie pour masquer les traces de bœufs volés.

Les feux sont le plus souvent allumés au cours de la dernière partie de la saison sèche (Août - Octobre). Généralement, on attribue aux éleveurs l’origine des feux car ces derniers tirent un certain avantage en faisant pâturer leurs zébus sur les repousses après feux qui sont des herbes vertes disponibles en pleine saison sèche. Il faut cependant noter que cet avantage est de courte durée car la repousse est de faible quantité et se flétrie rapidement du fait de la sécheresse générale de l’environnement. Les feux intentionnels constituent aussi des stratégies utilisées par les vols de bœufs pour détourner l’attention des éleveurs et pour masquer les traces au sol des animaux volés.

Pour la période entre 1987 et 1993, les plus grandes surfaces brûlées appartiennent aux provinces d’Antananarivo et de Mahajanga.

Le contrôle des feux par la mise en place de mesures législatives a fait l’objet de nombreux textes et directives (Bertrand, 1994 ; Sourdat, 1996). Ces mesures n’ont jamais pu, ni arrêter, ni réduire les feux de brousse.

Les droits fonciers des espaces pastoraux sont encore de nature surtout traditionnelle. La réalité pratique est telle que les pâturages sont surtout d’usage libre et communautaire pour les éleveurs. Cet état de non-sécurité dans la propriété des sols, est un facteur qui maintient les savanes dans une exploitation extensive et communautaire.

LE PATURAGE NATUREL

Du point de vue pastoral, Madagascar pourrait être divisé en six grandes régions. Elles ne correspondent pas aux divisions administratives des provinces autonomes, mais en liaison avec les aspects écologiques et aux systèmes d’élevage des ruminants.

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Fig. 5. Repartition des differentes regions pastorales de Madagascar
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Le nord

Le nord.
La région des savanes septentrionales correspond à celle qui se trouve au nord d’une ligne reliant les villes de Port-Berger (lat.. sud 13° 34’; long. est 37° 41’) et de Mananara Nord (lat. sud 16°10 ; long. est 19°46), à l’exclusion toutefois de la partie qui borde l’Océan Indien jusqu’à Vohémar qui fait partie de la région pastorale de l’est. Le relief de cette région est dominé par le Massif de Tsaratanana dont le point culminant est le plus élevé de toute l’Ile (2 875 m).

L’élevage de ruminants est relativement important dans la région dans la mesure où la ville de Vohémar est un des ports d’exportation de bovins sur pieds vers les Iles voisines de l’Océan Indien (La Réunion et Maurice).

D’une façon globale, le pâturage naturel présente les caractéristiques suivantes : Sur les plateaux, l'espèce dominante est Heteropogon contortus. Elle peut être remplacée par Aristida dans les zones soumises à d'intense érosion. Sur les bas de pentes et colluvions, les deux graminées les plus fréquentes sont Hyparrhenia rufa et Hyperthelia dissoluta. Les bas-fonds sont surtout occupés par Echinochloa spp. et un cortège de graminées secondaires (IEMVT, 1970; Suttie, 1976b).

Le nord ouest
La région du Nord-Ouest est essentiellement occupée par la Province Autonome de Mahajanga et sa limite sud est constituée par une ligne qui relie les villes de Maintirano et d’Ihosy. Le relief général de la région est dominé par de vastes plaines à moins de 300 m d’altitude, avec des collines arrondies et de larges fleuves dont les embouchures forment souvent des deltas.

Le climat est du type tropical sub-humide. Dans l’ensemble, la pluviométrie annuelle est en moyenne de 1 000 mm et la saison sèche dure entre 205 et 235 jours de la mi-mars à fin novembre.

La production bovine occupe une place importante dans cette région. Cela explique que, dès 1911, une entreprise a été crée à Mahajanga pour exploiter la viande de zébu. Plus récemment, un abattoir aux normes européennes y a été construit. La ville de Mahajanga est aussi un port d’exportation de bovins sur pieds vers l’archipel des Comores.

Par ailleurs, plusieurs projets de développement de la production bovine ont été réalisés dans cette région. La production laitière se développe dans les environs immédiats de la ville de Mahajanga.

Le couvert herbacé de cette région se répartit en fonction des différentes formes topographiques : Les collines, peu érodées, sont couvertes par deux espèces les plus répandues à Madagascar : Hyparrhenia rufa et Heteropogon contortus. Dans la région de Maintirano, on trouve des peuplements d'Urochloa mosambiciensis. Les collines érodées, essentiellement couvertes de formation graminéenne, constituée d' Aristida rufescens ou de l'association Aristida rufescencs + Chrysopogon serralatus. Ces zones de colline présentent des formations arbustives très caractéristiques, composées d'Hyphaene schatan et Medemia nobilis.

Les bas de pente et bas-fonds sont couverts par trois espèces : Cynodon dactylon, Sporobolus et Panicum maximum. Les zones inondables « baiboho » en bordures des fleuves présentent des formations herbacées constituées par Hyparrhenia variabilis et Ischaemum.

Productivité des pâturages naturels du Nord-ouest
Deux expériences ont été réalisées sur les pâturages naturels de l'Ouest en vue de mesurer les gains de poids vifs des zébus en fonction des charges appliquées.

La première expérience a été menée à la ferme d’Etat nommée "Sainte-Marie" dont le pâturage est constitué d' Heteropogon contortus , d'Aristida sp. qui poussent sur un sol ferralitique rouge. L'autre essai a été conduit à la station expérimentale de Miadana (FO.FI.FA.) dont le pâturage est essentiellement composé de Chrysopogon serulatus et d'Heteropogon contortus installées sur un sol argileux-sableux gris. Ces deux expériences se sont déroulées à des périodes différentes. Celle de Sainte-Marie a eu lieu en 1982, elle a duré une saison Rasambainarivo et al., 1983). Tandis que l'essai de Miadana a débuté en 1987 pour se terminer en 1989 (Rasambainarivo et Schmidt, 1990).

Les zébus qui ont servi aux essais étaient affectés en lot, dans des paddocks selon un système de pâturage permanent et ils y restaient pendant toute la saison d'expérimentation. A Miadana, les animaux étaient renouvelés tous les ans, en début de saison de pluies. Aucun aliment complémentaire n'était distribué à ces bovins.

Les résultats présentés ci-dessous ne concernent que les gains pondéraux obtenus au cours des saisons de pluie. L'expérience de "Sainte-Marie" a donc précédé, de quelques années, celle de Miadana. De ce fait, elle a servi pour déterminer la fourchette de charge mise à l'épreuve à la Station de Miadana. Ainsi, s'explique la disparité des charges testées dans ces deux expériences qui vont de 0,07 tête/ha à 3 têtes/ha.

Il se dégage qu'en terme de gains de poids vif/ha, les charges supérieures à 0,75 animal/ha ont entraîné à "Sainte-Marie", un amaigrissement des zébus, même pendant la saison des pluies et les charges très faibles qui ont été appliquées à Miadana ont permis des gains de poids variant entre 3 et 12 kg/ha. A Miadana, les meilleurs ont été obtenus avec une charge de 0,25 animal/ha quoique ces gains varient d'une façon importante en fonction des années. Les résultats enregistrés au cours des saisons sèches montrent constamment des pertes de poids.

Ainsi, à la lumière de ces résultats et en ce qui concerne la gestion et la productivité des zébus élevés sur les pâturages naturels de l'Ouest, quelques conclusions peuvent être tirées :

  1. La productivité générale des pâturages naturels, exprimée en gains pondéraux des animaux, est très faible. En effet, ces gains n'ont pas dépassé les 15 kg/ha pendant la durée de la saison des pluies.
  2. La charge qui pourrait être optimale serait d'environ 0,23 animal/ha. Une charge plus élevée entraînerait une réduction des gains.

Le sud
Cette région occupe, par définition, la partie la plus australe de l’Ile. Elle se trouve en deçà de la ligne qui relie les villes de Maintirano, d’Ihosy et de Fort-dauphin. Elle est la plus vaste des 6 régions que nous avons définies. La topographie générale est caractérisée par de vastes plaines. Du point de vue climatique, cette région se singularise par une faible précipitation annuelle qui se réparti sur un nombre réduit de jours de pluie. La ville de Toliary est la plus sèche de l’Ile avec 275 mm d’eau sur 27 jours de pluie par an. A cette faiblesse des pluies s’ajoute une très grande variabilité inter- annuelle en fonction des passages de cyclones ou non. Dans tous les cas, les mois les plus pluvieux sont ceux de décembre à février. L’abreuvement du bétail est un problème permanent pour les éleveurs entre les mois d’avril et novembre. La disponibilité en eau d’abreuvement conditionne l’utilisation des ressources fourragères dans les différentes régions (Toutain et Rasambainarivo, 1997).

De tout cet ensemble sec, la seule exception est la ville de Fort-Dauphin et de ses environs immédiats où les précipitations moyennes dépassent les 1,500 mm /an du fait de sa localisation sur les bords de l’Océan Indien.

La région du Sud est réputée pour ces grands troupeaux de bovins et de petits ruminants. En effet, la grande majorité du cheptel malgache d’ovins et de caprins est concentrée dans cette région. La ville d’Ampanihy est d’ailleurs réputée par le tissage artisanal de la laine mohair. La ville de Fort-Dauphin est aussi un lieu occasionnel d’exportation sur pieds de ruminants. Du point de vue socio-culturel, le zébu occupe une place traditionnelle très importante. La population du sud malgache vit dans ce qui est appelé «la civilisation du bœuf ». Le zébu partage tous les moments importants de la vie de l’homme, de sa naissance jusqu’à sa mort.

Plusieurs auteurs ont fait des descriptions localisées. Morat a présenté la végétation de savane des plateaux de l'Horombe (MORAT,1969) et une étude très approfondie des savanes des environs d'Ankazobe (Morat,1973). Une équipe de la F.A.O. (Suttie et Hablützel, 1974) a décrit la végétation pastorale dominante de l'extrême sud malgache, d'Ankazoabo à Amboasary. Enfin, plusieurs missions de l'IEMVT., composées de Granier et Razafindratsita (1970), Ellenberger (1972) ont décrit les végétations pastorales du sud malgache. Cabanis et Razafindratsita (1971). Les auteurs s’accordent pour affirmer qu'Heteropogon contortus est l'espèce la plus fréquemment rencontrée sur les zones non inondables. En fonction des localisations topographiques et de l'intensité de l'érosion, certaines espèces peuvent être dominantes, c'est le cas de Loudetia simplex et Aristida sp. qui occupent les zones à pentes dégradées. Quant à Hyparrhenia rufa, Hyperthelia, Cynodon dactylon, elles occupent les parties basses quelquefois inondables.

Les cactacées constituent des plantes fourragères caractéristiques de la région sud. Autrefois, il existait des cactus locaux mais elles ont été artificiellement détruites à la suite de l'introduction volontaire de parasites : les cochenilles. Aussi, les cactus qui y poussent actuellement sont résistants aux cochenilles (Berte et Suttie 1974 et 1975, Suttie 1977).

Le Moyen-Ouest
Le couvert herbacé de la région a fait l'objet de nombreuses études et plus particulièrement dans les cinq zones suivantes en vue de la création des ranchs d'embouche herbager de la « Ferme d’Etat Omby ». Il s'agit des zones de Belobaka, d’Ambatomainty, d’Ambaravaranala et de Fenoarivo-Centre.

Les plateaux et les pentes faibles sont constitués principalement par deux graminées : Heteropogon contortus, Hyparrhenia rufa. Dans de nombreuses localités, Hyparrhenia rufa et Hyperthelia dissoluta ont été la proie d'érosion plus ou moins importante, ce qui a permis à Aristida et Loudetia de s'y introduire. Dans tous les cas, le degré de recouvrement des sols par ces espèces pérennes est assez faible et ne dépasse par les 20-40 pour cent .

Les pentes fortes : Certaines espèces rencontrées sur les plateaux se retrouvent dans une moindre mesure sur les pentes qui sont essentiellement couvertes par Aristida rufescens et Loudetia simplex. Le pourcentage du sol nu est élevé (90 pour cent ), ce qui signe un phénomène érosif très important.

Les colluvions sont couvertes par Panicum maximum et Hyparrhenia variabilis.

Les bas-fonds, quant à eux, sont caractérisés par leur homogénéité floristique. En effet, trois graminées dominent : Leersia hexandra, Cynodon dactylon et Brachiaria arecta auxquelles s'ajoutent des cypéracées, spécialement dans les régions les plus tourbeuses (Granier 1965, Granier et Lahore, 1967).

La dynamique de la flore des pâturages naturels de la région du Moyen-Ouest a été étudiée par Granier (1967) qui distingue deux types d'évolution possible. D'une part, une évolution régressive sous l'influence des feux répétés et de surpâturage. Elle favorise la disparition d'Hyparrhenia spp. et d'Heteropogon spp. au profit d'Aristida spp et Imperata. L'évolution inverse, dite progressive, est la conséquence d'une mise en défens (sans feux et accès minimum d'animaux), elle aboutit au développement de plantes arbustives et d’un embroussaillement sur les plateaux.

Les rendements en biomasse sur les zones de plateaux sont plus faibles que ceux des colluvions et bas-fonds. De plus, six coupes peuvent être réalisées sur ces colluvions et bas-fonds, contre 2 à 3 coupes seulement sur les plateaux.

Dans un système d'exploitation des pâturages de plateaux sans apport d'engrais, Gaulier et al. (1968) préconisent, d'une part, le fauchage, vers la fin mars-mi-avril, en vue de la fabrication du foin, et d'autre part, la rotation de la mise à feu des pâturages en saison sèche avec le respect du temps de latence entre le passage du feu et l'entrée des animaux qui ne doit se faire que si l'herbe atteint une hauteur de 35 cm.

Les éleveurs du Moyen-Ouest pratiquent traditionnellement, sur les zébus embouche herbager ce qu'on appelle communément "dabokandro". Cette embouche dure entre 6 mois - 3 ans.

Les résultats de nombreuses expériences ont montré que, pendant la saison sèche, le pâturage naturel des plateaux ne subvient pas aux besoins d'entretien des bovins. Ceci entraîne, pour certains, une perte pondérale pouvant aller jusqu'à 25 pour cent du poids initial. Pour d'autres catégories d'animaux plus faibles et plus vulnérables, l'issue peut être très grave allant jusqu'à la mort (de Reviers 1970). D’importantes fluctuations saisonnières de poids (environ 60 kg de poids vif pour les mâles et 40 kg pour les femelles) ont été également enregistrées dans la région de Sakaraha. Et cela malgré les conditions d’alimentation considérées comme satisfaisantes compte tenu de la complémentation des pâturages secs de savane par des fourrages prélevés en zones de bas-fonds ou de forêt (Ranaivoarivelo, 2002)

Au cours de la saison des pluies, les gains peuvent varier entre 30 et 120 kg/animal. Il a été signalé (Rasambainarivo et al. 1984) que le système extensif permet de gagner, en saison des pluies, entre 41 et 98 kg de poids vif par tête.

Les Hautes Terres
Le pâturage naturel des Hautes-Terres est surtout constitué par la couverture herbacée des collines dont les espèces les plus constantes sont Aristida, Loudetia, Ctenium, Elionurus et Trachypogon. Elles caractérisent les sols dégradés et érodés (Granier et Bigot, 1971 ; Bigot 1977). Les bas-fonds et les colluvions sont généralement plus fertiles. Ils portent une végétation herbacée composée de graminées, telles que : Cynodon, Leersia et Axonopus auxquelles s'ajoutent des Cypéracées. Ces bas-fonds ont un rôle essentiel pour la subsistance des bovins, car, pendant la saison sèche, ils sont les seuls lieux où l'herbe reste appétible. Par contre, ils présentent tous les facteurs favorables pour le développement de la douve (Fasciola gigantica) et pour l'infestation des bovins. Ce parasite constitue un des fléaux majeurs pour l'élevage bovin à Madagascar.

Sous région du Lac Alaotra
Le pâturage naturel de l'Alaotra a fait l'objet de nombreuses études (Bigot, 1973 ; Gaston, 1988). La savane couvre l'ensemble des bassins versants qui entourent le Lac. Il s'agit, le plus souvent, d'une savane herbeuse qui présente des signes de dégradation avancée du sol. Ainsi, Aristida multicaulus domine sur les plateaux et les pentes. Cette espèce est caractéristique des zones érodées. Elle peut, d'ailleurs, dans beaucoup d'endroits, constituer une formation herbeuse mono-spécifique. En d'autres lieux moins dégradés, Hyparrhenia rufa et Heteropogon contortus se partagent les places avec Aristida multicaulis. Comme partout ailleurs, sur les pâturages naturels malgaches, deux principaux facteurs favorables à la dégradation du milieu sont constitués par les feux de brousse répétés annuellement et par la topographie en pente qui accélère l'érosion. En certains emplacements des "tanety", Pteridum aquilinum forme des tâches exclusives et bien délimitées.

L'ensemble des études réalisées s'accorde sur l'évolution rapide et régressive de ce pâturage naturel. D'une part, les surfaces dominées par Aristida multicaulis s'élargissent et d'autre part, les touffes herbacées se font des plus rares laissant un sol nu qui peut s'élever jusqu'à 60-80 pour cent de la surface totale (Gaston, 1988).

Sur les colluvions et bas-fonds non transformés en rizières, les espèces dominantes sont : Cynodon dactylon, Digitaria humberti et Leersia hexandra.

La sous région de l’Imerina Centrale et du Vakinankaratra
L’Imerina centrale constitue les environs d’Antananarivo ,la capitale ,tandis que plus au sud, le Vakinankaratra est centré autour de la ville d’Antsirabe .Cette région est soumise à un climat tropical d’altitude dont la saison des pluies et la saison sèche se partagent l’année en deux durées égales. La saison sèche et fraîche commence en Avril pour se terminer en Octobre. Les pluies sont rares mais il existe des précipitations occultes sous forme de crachins, de rosées et de brouillard .De plus les températures sont basses. Le gel apparaît entre Juin et Août a des altitudes supérieures a 1200 m et peut durer de 2 a 40 jours. Pour les plantes fourragères tropicales la faible température constitue un facteur limitant supplémentaire et cela explique l’adoption générale des plantes fourragères des pays tempères (avoine, ray grass,…) cultivées en contre saison après la récolte du riz en Avril -Mai.

L’élevage bovin de l’Imerina centrale et du Vakinankaratra présente les signes les plus avances de l’intensification et l’intégration agriculture - élevage. La production laitière y est la plus importante de toute l’Ile .La vente du lait constitue une source importante de revenu pour les paysans. Les industries et les artisans transformateurs laitiers sont nombreux. Le fumier est très largement utilisé pour la fertilisation des rizières dont les pailles sont distribues aux bovins.

Traditionnellement, il se pratique une embouche intensive des bovins zébu en vue des différentes festivités familiales. Mais pour des raisons de coûts et de sécurité cette embouche est de moins en moins pratiquée.

L’ Est
La végétation dominante est la forêt sempervirente avec des étendues plus ou moins importantes de savanes. Les pâturages naturels de cette région ont été décrits par Kuehn, 1957 et Solaja (1969). Le pâturage naturel des collines est constitué principalement par deux espèces : Hyparrhenia rufa et Aristida rufescens. A la suite du passage répété des feux, Hyparrhenia rufa tend à disparaître au profit d'Aristida rufescens. De ce fait, les pâturages à Aristida occupent des surfaces de plus en plus importantes. Cette succession floristique signe aussi une dégradation avancée des terres des pâturages. Ainsi, la qualité du pâturage naturel dans cette région orientale est déterminée par la réduction de la fertilité du sol qui ne supporte plus que des herbes de basse valeur fourragère.

Les alluvions et colluvions couvrent des surfaces très restreintes et les espèces qui y poussent ont un rôle fourrager mineur. Ces pâturages sont constitués par : Hyparrhenia rufa, Cynodon, Stenotaphrum dimidiatum, Axonopus compressus, Paspalum conjugatum. Ces trois dernières espèces ont un nom vernaculaire commun : "ahipisaka" (herbe plate).

LA PATURAGE ARTIFICIEL

Les premières introductions de plantes fourragères à cultiver ont eu lieu dans les années 40. Ces introductions ont eu lieu sur les Hautes-Terres dans les environs d’Antananarivo et au sein de fermes privées qui pratiquaient le production laitière. Depuis 1964, un grand nombre d’observations et d’expérimentations a été fait par les différentes Institutions de recherche scientifiques telles que FOFIFA, FIFAMANOR, l’IEMVT, l’IRAM, l’ORSTOM, L’université de Madagascar. Au début, les travaux étaient concentrés sur les Hautes-terres, mais ultérieurement les différentes Institutions et Organismes de développement ont introduit des espèces fourragères dans les différentes régions et conditions écologiques de Madagascar (Borget 1962, Borget 1971, Delhaye et Granier 1966).

Il est difficile d’avoir le nombre exact d’espèces et variétés fourragères importées et testées dans les différentes conditions écologiques de l’Ile. Néanmoins, il est possible d’avancer un chiffre de 200 plantes différentes qui peuvent être réparties en graminées, légumineuses et arbustes fourragers.

Le tableau 5 et 6 (en annexe) montre la liste des graminées fourragères qui ont été testées dans les différentes régions de Madagascar ainsi que leur comportement respectif dans ces régions. Ces expériences ont été menées dans des parcelles de surfaces très différentes et sur les périodes plus ou moins longues en fonction des auteurs.

En fait, une douzaine de plantes s’est montrée vraiment adaptée dans différentes conditions et a été adoptée par les éleveurs surtout ceux qui pratiquent la production laitière.

LES GRAMINEES

Les graminées fourragères pour la saison des pluies
La majorité des plantes fourragères cultivées sont celles qui s’installent et sont exploitées pendant la saison des pluies, c’est le cas des graminées pérennes d’origine tropicale, telles Pennisetum purpureum, Tripsacum laxum, Chloris gayana, Setaria anceps et Brachiaria brizantha. Ces plantes sont cultivées sur des zones non inondables.

Dans les régions des Hautes-Terres où les surfaces agricoles sont exiguës, les grandes graminées (Pennisetum purpureum et Tripsacum laxum) sont les plus connues.

Pennisetum purpureum est la plante la plus cultivée. Deux variétés sont les plus connues et la plus ancienne est la variété « collet rouge » qui présente par définition un collet de couleur rouge ainsi que des pilosités urticantes au niveau des feuilles. Cette variété est actuellement délaissée au profit de la variété « Kisozi » (Granier, 1971) qui est nettement moins urticante. En fait, P. purpureum est utilisée à plusieurs fins à l’exclusion de l’utilisation fourragère. En effet, cette plante est connue pour ses capacités de protection contre l’érosion et, de ce fai,t elle est cultivée en bordure des courbes de niveaux et des cultures vivrières pour limiter les pertes en terre.

L’installation des grandes graminées se fait généralement avec des boutures et un apport localisé de fumier à la base de chaque bouture. Ultérieurement, du fumier est aussi apporté tous les ans. Dans ces conditions, les rendements obtenus varient en fonction des conditions climatiques et de l‘humidité du sol.

Tripsacum laxum est une grande graminée plus exigeante en terme d’humidité. Elle est cultivée surtout dans les bas-fonds pour une production optimale. P. purpureum et T. laxum sont rarement pâturés directement par les animaux, mais le plus souvent coupées et distribuées à l ‘étable.

Chloris gayana est bien adaptée aux conditions des Hautes-Terres (Huynh-Van-Nhan, 1971) et plus souvent cultivée en vue de la fabrication de foin à cause de sa précocité.

Setaria anceps , Brachiaria brizantha (Granier et Lahore, 1966) et B. ruziziensis (BDPA, 1963) ont été utilisées de diverses manières. Le fait est que B. brizantha est très difficile à éliminer si elle précède des cultures vivrières telles que les riz pluviaux. Ainsi, les éleveurs qui pratiquent cette technique de riziculture évitent de cultiver B. brizantha.

Melinis minutiflora a été cultivée et diffusée dans certaines régions des Hautes-Terres (Albengue, 1971) et du Lac Alaotra (Birie - Habas J. 1961 ; Razakabaona 1967, 1969, 1970). Mais actuellement, elle est très peu utilisée par les éleveurs.

Les seules graminées annuelles cultivées en saison pluvieuse, sont le maïs (Zea mais) (Rasambainarivo et al., 1979) et le sorgho (Sorghum spp.) (Rasambainarivo et al., 1979) , elles sont utilisées pour la fabrication d’ensilage dans les fermes laitières d’une certaine taille. Des expériences d’embouche du zébu avec de l’ensilage ont été réalisées avec succès, (Rasambainarivo et al., 1980) mais la conjoncture économique du moment n’était pas favorable à sa diffusion dans les fermes du Moyen Ouest.

Les graminées de contre saison
Cette technique est actuellement utilisée exclusivement sur les Hautes-Terres pour la production laitière. Les plantes fourragères les plus cultivées dans cet objectif sont l’avoine, le ray-grass. Granier et Razafindratsita (1970) ont montré la possibilité de produire des fourrages verts en pleine saison sèche par la technique de la culture en contre saison dans la région d’Antananarivo. Depuis ces essais, il est apparu que l’avoine est une plante fourragère d’importance capitale pour les éleveurs laitiers. (FIFAMANOR, 2000).

La technique consiste à aménager rapidement les rizières, juste après la récolte du riz, en vue de profiter de l’humidité résiduelle du sol tout en pratiquant une irrigation d’appoint, si possible. L’avoine est bien adaptée à la saison sèche, dans la mesure où la saison de production correspond à la saison fraîche.

Le fourrage d’avoine est exclusivement exploité en affouragement vert, il est très rarement pâturé vu la taille réduite de surfaces cultivées. Trois à cinq coupes peuvent être faites sur la même parcelle au cours de la saison d’exploitation et les rendements varient en fonction des doses de fertilisant appliquées.

L’engrais le plus utilisé est l’urée qui apporte aussi un arrière effet positif sur le riz qui suit l’avoine. Il a été remarqué qu’une fertilisation trop importante peut nuire au riz qui sera alors très productif en terme de feuillage, ce qui n’est pas recherché.

A titre expérimental du Sorgho, Sorghum bicolor a été installée dès le retrait de l’eau dans les zones inondables « Baiboho » de la région Ouest (Granier et Bigot, 1970). Les résultats obtenus ont été donné des gains de poids de vifs de 602 kg/ha pour les quatre mois d’exploitation de ce type de pâturage (Rasambainarivo et al., 1980).

LES LEGUMINEUSES FOURRAGERES

Les légumineuses fourragères sont d’utilisation relativement plus récentes par rapport aux graminées. Les études les plus poussées et les actions les plus intensives de vulgarisation ont été réalisées dans le Moyen-Ouest avec Stylosanthes guianensis, entre les années 1960 et 1980. Les travaux de Granier et Lahore (1966), Granier (1970, 1971, 1973) et Granier et al. (1972) ont essayé de déterminer les facteurs les plus favorables et les plus économiques pour l’installation de Stylosanthes guianensis en vue de l’amélioration du pâturage naturel. Les auteurs ont ainsi recommandés des mesures de réduction de la concurrence des graminées naturelles par la mise à feu préalable du pâturage naturel, un léger travail du sol, avant le semis de la légumineuse. S. guianensis et plus particulièrement les variétés « Endeavour et Schofield » ont connu, dans la région du Moyen-Ouest et de l’Ouest, un très grand succès au cours des années 1970-1980. Les fermes d’élevage d’Etat et des privés ont cultivé du Stylosanthes, soit en culture pur (Rasambainarivo et Rakotozandrindrainy,1980), soit pour l’amélioration des pâturages naturels. Vers le milieu des années 80, l’anthracnose est apparu et a décimé les pâturages artificiels ou les pâturages naturels améliorés avec cette plante. Actuellement, certaines variétés plus ou moins résistantes à l’anthracnose ont été installées.

Dans les régions plus sèches du Sud, Stylosanthes humilis et S. hamata ont été expérimentées et vulgarisées (Suttie, 1974, 1975, 1977).

Dans plusieurs conditions écologiques et surtout dans les régions occidentales, Macroptilium purpurem « Siratro » et Pueraria phaseoloides « Kudzu » (Capitaine et al. (s.d.) se sont montrées très bien adaptées.

Globalement, les légumineuses sont des plantes très utiles pour l’alimentation des ruminants pour la première partie de la saison sèche. C’est dans ce sens qu’elles sont actuellement préconisées à la suite des expériences d’évaluation des productions animales réalisées (Rasambainarivo 1979 et 1980).

Il se trouve cependant que les moyens nécessaires pour l’installation et l’entretien d’un pâture de légumineuses sont nettement plus importants que ceux nécessaires pour les graminées. Cela constitue un des facteurs limitant majeurs pour son adoption plus extensive. L’autre contrainte est liée aux surfaces, en effet, un pâturage de légumineuse nécessite une surface relativement plus grande que celle des grandes graminées, or, les éleveurs ne disposent que des surfaces limitées à consacrer à la production fourragère. Enfin, le plus souvent, les surfaces de pâturages améliorés ne sont pas clôturées et de ce fait, certains éleveurs rechignent d’investir pour un usage communautaire.

Les associations graminées et légumineuses ont été testées et se sont montrées prometteuses, (Rasambainarivo, 1980). Cependant, la gestion de ce type de pâturage s’est montrée compliquée.

LES ARBUSTES A USAGE MULTIPLE

L’utilisation des arbustes en tant que fourrages a commencé surtout dans les régions sèches du Sud de l’Ile (zone de l’Androy) avec plusieurs variétés d’Atriplex nummularia et A. canescens qui se sont montrées plus adaptées (Suttie et Berte,1975 et 1977).

Plus récemment, dans le Moyen-Ouest et sur les Hautes-Terres (Rasambainarivo et al., 1990 ; Rasambainarivo et Razafindratsita, 1991), diverses expériences ont montré l’intérêt des arbustes en tant que complément fourrager des bovins pour la saison sèche. Dans ces différentes conditions, les plantes les plus intéressantes sont Leucaena leucocephala, L. diversifolia, Calliandra calothyrsus, Acacia mangium, Albizia falcataria, Le mode d’installation le plus recommandé est la transplantation des jeunes plantules âgées de 3-4 mois élevées préalablement en pépinière. Après 18 à 24 mois, la plante peut être exploitée et fournir 0,600-0,650 kg de MS de feuilles, par pied et par an, en 2 à 4 coupes (Rasambainarivo et al., 1993).

Les plantes fourragères diverses
Plusieurs plantes non conventionnelles ont été introduites pour usage fourragers, en particulier les racines et les tubercules. Elles sont destinées à la production de fourrage des vaches laitières pour la fin de la saison des pluies et la première moitié de la saison sèche. Les plantes les plus adaptées sont le radis, le navet (Brassica rapa) la betterave (Beta vulgaris). Les surfaces occupées par ces plantes sont encore restreintes comparées à celles des graminées et des légumineuses. Les éleveurs qui pratiquent ces cultures sont concentrées dans les zones d’action de FIFAMANOR. Une évaluation récente estime que dans ces zones, 32,5 pour cent des éleveurs enquêtés cultivent des tubercules fourragères. L’ensemble des 40 éleveurs enquêtes ont cultive au total 81 ares de tubercules. (FIFAMANOR, 2000)

Dans le sud de l’Ile qui est la région la plus sèche, les cactus (Opuntia ficus indica) ont été cultivés pour diverses finalités. Les travaux réalisés par Berte et Suttie, 1974 ; Hablützel. et Suttie, 1975 et Suttie 1976, 1977) ont montré que cette culture est fort intéressante mais son adoption à plus grande échelle se heurte au mode d’élevage encore très extensif dans la région et aux différentes priorités des éleveurs qui sont très souvent confrontés à des problèmes de sécheresse.

LES RESIDUS DE RECOLTES

La paille de riz est le résidus de récolte le plus disponible et le plus largement utilisé par les éleveurs de ruminants. Le traitement de la paille à l’urée a fait l’objet de travaux expérimentaux, projet financé par la FAO et d’autres actions de développement. Les avantages technique et économique du traitement ont été montrés à l’échelon expérimental en Station (VERO ) et dans les exploitations (PSE) dont plusieurs l’ont pratiqué. Néanmoins, cette pratique s’est heurtée à plusieurs contraintes dont les plus importantes ont été les charges supplémentaires de travail occasionnées par le transport de la paille, du champ à l’étable, le coût élevé de l’urée, les faibles performances additionnelles sur la production laitière de ce traitement par rapport à d’autres alternatives telles que la culture en contre-saison d’avoine ou de ray grass.

La question a été posée à plusieurs reprises sur l’efficacité technico-économique de l’utilisation de l’urée en tant que produit de traitement de la paille ou en fertilisation des champs d’avoine fourrager de contre-saison sur les rizières. Les réponses ont montré un avantage de son utilisation en tant que fertilisant et qui peut bénéficier en arrière effet le riz cultivé ultérieurement à l’avoine.

La conservation des fourrages
La pratique de la conservation des fourrages est en fait limitée à quelques exploitations laitières. Une enquête réalisée en 1993 sur les Hautes-Terres a montré que seulement Une enquête réalisée en 1993 sur les Hautes-Terres a montré que parmi les petites exploitations laitières 11 pour cent et 4 pour cent d’entre elles fabriquent de respectivement du foin et de l’ensilage (Rasambainarivo et al. , 1994) . Les foins les plus fabriqués sont ceux de pâturage naturel (Gaulier et al., 1967) de Chloris gayana et d’avoine.

L’ensilage de maïs a fait l’objet d’expérimentation en vue de la finition des zébus et la production de viande en saison sèche. Techniquement, il s’est avéré que le zébu malgache répond bien à une embouche intense à l’ensilage ( Rasambainarivo et al., 1980.)

La production de semences fourragères
FIFAMANOR reste le seul organisme qui assure d’une façon permanente la production et la commercialisation de semences fourragères. Il est localisé à Antsirabe (Rakotondramanana et al., 1988). Les productions de ces dernières années sont présentées dans le tableau 4.

Il est remarqué que l’avoine est très appréciée par les éleveurs dont les demandes ne sont pas toujours satisfaites du fait de la pathologie. Il se trouve aussi que les semences de qualité sont vendues à des prix relativement élevés et certains éleveurs essayent de produire de semences à des coûts réduits mais souvent à des qualités douteuses.

Tableau 4. Evolution récente de la production de semences fourragères (en kg/an) au FIFAMANOR (sources FIFAMANOR Rapport 1999)
Espèces

1997

1998

1999

Avoine

82000

2000

- rouille noire

Chloris

385

700

1400

Bracharia

620

0

200

Setaria

52

100

655

ray grass

617

700

878


6. AMELIORATION DES RESSOURCES PASTORALES

Les surfaces de savane et pâturages naturels de la Grande Ile sont relativement importants par rapport à son cheptel ruminant. Ainsi, l’élevage extensif est le système de gestion le plus pratiqué. Dans ce contexte, les éleveurs adoptent une mode d’exploitation traditionnelle et profitent au maximum du phénomène de croissance compensatrice des animaux au pâturage. La grande majorité des tentatives d’amélioration des pâturages naturels ont été des succès techniques, mais n’ont pas été pérennes à cause surtout des facteurs socio-économiques. En effet, l’élevage de zébu reste un système traditionnel non orienté vers la commercialisation des produits et les surfaces de pâturage sont encore d’exploitation communautaire et personne n’a pour le moment intérêt à les améliorer. La technique qui semble être la plus indiquée dans certaines situations serait la mise en place de banque de protéines à base d’arbustes fourrages pour certaines catégories de cheptel au cours de la sèche. Mais, dans tous les cas, le statut juridique des terres mérite une solution convenable.

Dans le cadre de la protection de l’environnement en général, des « aires protégées » sont aménagées. La gestion des aires de savane dans ces aires mérite des études à la fois techniques et socio-économiques.

La culture fourragère, par contre, se développe bien dans les fermes laitières des zones périurbaines mais sur des surfaces réduites à la mesure des petites exploitations. L’amélioration des techniques et l’adéquation de la gestion des fourrages de contre-saison méritent des solutions qui seront très favorables à la production laitière


7. LES ORGANISATIONS DE RECHERCHE ET DEVELOPPEMENT IMPLIQUES DANS LE PASTORALISME

Les recherches pastorales et fourragères sont menées par différentes Institutions dont les plus importantes sont FOFIFA, FIFAMANOR, le CNRE et l’Université d’Antananarivo.

Le FOFIFA (Centre National de Recherche Appliquée au Développement Rural) a un mandat pour toute la recherche agronomique au niveau national. Le Département de Recherches Zootechniques et Vétérinaires (DRZV) du FOFIFA est, entre autres activités, chargé des aspects liés aux pâturages naturels et artificiels ainsi que de l’alimentation animale en général. Au Centre Régional de Recherche du Lac Alaotra, des collections fourragères sont maintenues et des semences peuvent être produites.

FIFAMANOR est une Institution de financement malgache et norvégien, elle est surtout orientée vers le développement laitier de la région du Vakinankaratra et des Hautes-Terres.

L’Université d’Antananarivo et le Centre National de Recherche sur l’Environnement (CNRE), entre autres activités, s’occupent surtout de la formation universitaire et des recherches sur les pâturages naturels.

Quoique les données biologiques ne couvrent pas encore entièrement tout l’ensemble des espaces pastorales, Il est permis d’affirmer que les informations biologiques et sociologiques sur les pâturages sont nombreuses. Néanmoins, on dispose moins d’informations sur l’économie des pâturages. Si l’ensemble des informations relate des travaux réalisés sur la base d’expériences et d’études diverses, très peu d’informations sont disponibles pour permettre de modéliser et de prévoir les impacts bio-économiques de telle mode de gestion des pâturage à la fois sur l’environnement général des hommes et de la nature.

L’avenir de l’agriculture malgache et sa sortie de sa situation de pauvreté actuelle sont conditionnées par des actions concrètes pour augmenter la productivité et la rationalisation de la gestion des ressources naturelles. Dans le domaine des pâturages et de la production des ruminants, des actions plus intensives et plus systémiques méritent d’être menées par des équipes multidisciplinaires.

Il faut cependant garder à l’esprit que le véritable développement de la production fourragère et des animaux herbivores ne pourra se réaliser que si les éleveurs et l’ensemble de ses partenaires éprouvent une réelle volonté d’augmenter leurs revenus, dans un environnement économique qui leur est favorable.


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9. CONTACTS

Les auteurs de cette revue sont :

Prof. Jhon H. Rasambainarivo, FOFIFA-DRZV,BP.4, Antananarivo 101,Madagascar

e-mail : jrasamb@dts.mg

Dr. Nivo Ranaivoarivelo CNRE-GEREM


10. ANNEXES
Tableau 5. Le comportement des graminées testées dans les différentes régions de l’Ile

Légende: + : peu adaptée; ++ : moyennement adaptée; +++ très bien adaptée

 

Régions d’expérimentation

Graminées

Nord

Nord-ouest

Sud

Moyen-ouest

Hautes-terres

Est

Andropogon gayanus

 

+++

 

+

   

Arrhenatherum elatius

       

++

 

Avena sativa

     

++

+++

 

Brachiaria brizantha

+++

+++

+++

+++

+++

+++

Brachiaria mutica

+++

+++

 

+++

+++

+++

Brachiaria ruziziensis

+++

   

+++

+++

+++

Cenchrus ciliaris

+++

+++

+++

+

++

 

Cenchrus setigerus (2)

 

+++

 

+

   

Chloris gayana

+++

+++

+++

+++

+++

 

Chrysopogon serrulatus

 

+++

       

Coix lac rima jobine

 

++

     

+++

Dactylis glome rata

       

+

 

Digitaria decumbens

   

-

++

   

Digitaria smutsii

       

++

 

Eragrostis curvula

+++

+

 

+

++

 

Eragrostis tef

       

+++

 

Eragrostis chloromelas

+++

         

Eragrostis superba

+++

         

Euchlaena mexicana

+++

         

Festuca arundinacea

       

+

 

Lolium multiflorum

       

++

 

Lolium perenne

       

+++

 

Melinis minutiflora

+++

++

+++

+++

+++

+++

Panicum antidotale

+++

         

Panicum maximum

 

++

-

++

+++

 

Panicum purpurescens

+++

         

Panicum trichocladum

+++

         

Paspalum conjugatum

     

+

   

Paspalum dilatatum

       

++

 

Paspalum plicatulum

     

+++

   

Paspalum virgatum

+++

+

 

+++

   

Pennisetum cland estinum

     

+

+++

 

Pennisetum purpureum

+++

+++

+++

+++

+++

+++

Phalaris aquatica

       

++

 

Phalaris arundinacea

       

++

 

Phalaris tuberosa

       

++

 

Phleum

       

+

 

Saccharum procenum

       

++

 

Setaria anceps =sphacelata)

+++

+

+

+++

+++

+++

Setaria splendida

     

+++

   
Sorghum spp    

+++

 

+++

 

Sorghum almum

 

+++

       

Sorghum bicolor (5)

 

+++

       

Sorghum sudax

 

+++

       

Tripsacum laxum

 

+++

 

+++

+++

+++

Triticum (fourrage)6/16

       

+++

 

Urochloa mosambicensis

 

++

 

+

   

Zea mays

   

+++

+++

+++

+++

 

 

Tableau 6. Le comportement des légumineuses fourragères testées dans les différentes régions de l’Ile

Légende : + eu adaptée ; ++ moyennement adaptée ; +++ très bien adaptée

Légumineuses

Nord Nord-ouest Sud Moyen-ouest Hautes-terres

Aeschynomene americana

+++

       

Calopogonium muconoïdes

+++

+

     

Canavalia ensiformis

+++

       

Canavalia gladiata

     

++

++

Centrosema brasilianum

     

+

 

Centrosema plumieri

+++

   

+++

+++

Centrosema pubescens

+++

+++

   

+++

Clitoria ternatea

+++

       

Desmodium intortum

   

+

+++

+++

Desmodium lasiocarpum

+

       

Desmodium s et wicense

     

+

 

Desmodium uncinatum

     

++

+++

Dolichos lablab

++

++

 

+++

 

Glycine soja

   

++

 

++

Lablab niger

   

+++

   

Leucaena leucocephala (5)

 

++

     

Lotononis bainesii

     

+

+

Lotus corniculatus

       

+++

Macroptilium atropurpureum

 

+++

 

+++

+++

Macrotyloma axillare

     

+++

++

Macrotyloma uniflorus

 

+

 

+++

 

Medicago sativa

       

+

Mucuna utilis

+++

+++

+

+++

+++

Neonotonia wightii (2)

   

+

+++

+++

Phaseolus ricciardianus

     

+++

 

Phaseolus aureus

   

+

 

+++

Phaseolus lathyroïdes

     

+++

 

Phaseolus lunatus

     

+++

 

Pisum arvense

     

+

 

Pisum sativum

       

++

Psophocarpus palustris

     

+++

 

Pueraria phaseoloïdes

+++

+++

 

+++

+++

Pueraria thumbergiana

     

+++

 

Soja hispida

     

+++

 

Stylosanthes bojeri

 

++

     

Stylosanthes guyanensis

+++

+++

+

+++

+++

Stylosanthes hamata

 

+++

 

+++

 

Stylosanthes humilis

 

+++

+++

+++

 

Stylosanthes scabra

     

+++

 

Stylosanthes subsericea

     

+++

 

Trifolium hybridum

       

++

Trifolium incarnatum

       

+

Trifolium pratense

       

++

Trifolium repens

     

+

+++

Trifolium semipilosum

       

+

Vicia faba

     

+

 

Vicia sativa

     

++

++

Vigna unguiculata

+++

+++

+++

+++

+++