Profil fourrager


Mali


par

Almoustapha Coulibaly



1. Introduction
2. La Topographie et le Sol
3. Le Climat et les Zones Agro-écologiques
4. Les Systèmes d'élevage
5. Les Ressources pastorales
6. Amélioration des Ressources Pastorales
7. Les Organismes de Développement et de Recherche impliqués dans le Pastoralisme
8. References Bibliographiques
9. Contacts


1. INTRODUCTION

Position géographique. Situé entre 10 et 25 degré de latitude Nord, et entre le 4è degré de longitude Est et le 12è degré de longitude Ouest, le Mali, pays de l’ouest africain dont la capitale est Bamako, est un pays continental. Entouré par 7 pays (l’Algérie au Nord, la Mauritanie au Nord-ouest, le Niger à l’Est, le Burkina Faso au Sud-est, la Côte d’Ivoire et le Ghana au Sud, le Sénégal à l’Ouest) il est en plus un pays enclavé. Le Capital est Bamako et les villes les plus importantes sont Kayes, Segou, Sikasso, Mopti, Gao, Tomboctou.

Figure 1. Carte du Mali

Il couvre une superficie de 1 241 138 km2 et abrite une population de 11 000 000 d’habitants. Cette population est formée de 13 grandes ethnies réparties en cinq groupes sur l’ensemble du territoire :

  • le groupe Manding formé de Bambaras, Malinkés, représente 40  pour cent de la population 

  • le groupe soudanien (20  pour cent de la population) est formé de Sarakolés, Sonrhaï, Dogons, Bozos ;

  • le groupe voltaïque formé de Sénoufos, Miniankas et Bobos représente 12  pour cent de la population ;

  • le groupe nomade (17  pour cent) est formé de Peuhls, Touaregs et Maures 

  • les divers (Toucouleurs et autres) représentent 11  pour cent de la population.

Certaines de ces ethnies ont une localisation géographique précise (voir Figure 2).

Figure 2. Groupes ethniques.
(Sources: Atlas Jeune Afrique : Le Mali).

La population est essentiellement rurale, et le taux d’urbanisation serait aujourd’hui de l’ordre de 30  pour cent . Le taux d’accroissement de la population est de 3  pour cent par an. La langue officielle du pays est le français.

Les caractéristiques éco-climatiques du Mali le classent parmi les pays des zones semi-arides.

Terres de culture et de pâturages

Pays à vocation agropastorale, l’espace rural, c’est à dire les terres de cultures et de pâturages y couvrent environ 64  pour cent du territoire. Cet espace selon la classification du Projet Inventaire des Ressources Terrestres (PIRT) en 1986 (tableau 1 en annexe) se compose de zones arables (15,8  pour cent du territoire), de zones non arables (39,68  pour cent) et de zones inaptes à l’agriculture (8,73  pour cent). Cette répartition n’est pas stable. Elle évolue en fonction des besoins en terres et à la suite des aménagements qui font passer des parties de terres non arables dans la catégorie des terres arables. De même les zones épuisées par les cultures passent dans la catégorie des terres sylvo-pastorales. Selon l’étude citée, les terres à potentiel agricole couvrent 12 000 000 d’hectares sur lesquels 2 800 000 à 3 500 000 sont régulièrement cultivés.

Les cultures localisées sur des sols à potentiel hétérogène, se pratiquent de façon croissante du Nord vers le Sud selon en général un gradient de pluviométrie et de qualité des sols. Elles portent essentiellement sur les céréales (mil, maïs, sorgho, riz, blé) et ont couvert un peu plus de 2 464 000 d’hectares pendant la campagne agricole 1999/2000. Les cultures industrielles telles que l’arachide, le coton et la canne à sucre n’ont couvert que 740 163 ha pour la même période. Les productions se sont chiffrées à 2 894 000 de tonnes pour les céréales en 2000 et à 598 000 tonnes pour le coton qui est la principale culture industrielle (tableaux 2 et 3 en annexe).

Les terres non occupées par l’agriculture (terres non arables) sont considérées d’une manière générale comme des terres à vocation sylvo-pastorale. Les pâturages dans ces conditions s’étendent sur environ 49 000 000 d’hectares. Leur composition et leur production varient du Nord au Sud suivant un gradient pluviométrique et selon la qualité des sols et leur position topographique.

Caractéristiques du bétail ruminant

L’élevage est pratiqué un peu partout sur le territoire. Le gros des effectifs se concentre dans les zones situées au dessus de l’isohyète 600 mm et ce, malgré la rareté des ressources qu’on y rencontre.

Les espèces élevées sont les bovins, les petits ruminants et les camélidés. Les races bovines sont représentées par les zébus, les taurins et les produits de croisement entre ces deux races. D’une manière générale les zébus Azawak et Touareg sont élevés au Nord, les Maures à l’Ouest. Quant aux taurins, ils sont élevés au Sud avec surtout la race N’dama. Les petits ruminants se répartissent sur toutes les zones avec des localisations souvent précises pour les différentes races. Ainsi chez les ovins, le mouton du Sahel et le mouton à laine prédominent au Sahel et dans les zones sub-désertiques, tandis que le mouton Djallonké colonise le Sud (zones soudanienne et pré guinéenne). Chez les caprins on rencontre deux races : la race dite du Sahel abondante du Sahel à la zone sub-saharienne, et la race Djallonké qui va du Sahel à la zone pré-guinéenne. Les camélidés sont, quant à eux, exclusivement élevés dans les régions de Mopti, Gao, Kidal et Tombouctou.

L’évolution des effectifs est consignée dans le tableau 4 en annexe. Les effectifs des cheptels bovins, ovins-caprins et camélidés ont atteint en 1999 le chiffre de 22 949 000 de têtes selon l’estimation des taux de l’Office Malien du Bétail et de la Viande (OMBEVI). Malgré l’importance des effectifs, les production animales sont d’une manière générale assez faibles. Aussi, le volume de lait produit en 1999 (environ 500,000 M tonnes) ne couvre pas les besoins du pays. Cette production est supplée par une importation complémentaire de lait et de produits laitiers pour une valeur d’environ 15 milliards de francs CFA (US$ 1 = 556 Francs CFA en octobre 2003). La production de viande bovines, ovines-caprines a atteint quant à elle en 1999 le chiffre de 169 300 tonnes (OMBEVI). Ce chiffre est en recul par rapport à celui de 1998 qui s’élevait à 206 716 tonnes.

Tableau 1. Nombres courants au Mali (tête)

Année

Bétail

Moutons

Chèvre

Chevaux

Ânes

Chameaux

1984

4899000

10382000

61200

549000

219800

1985

4344000

9847000

54600

436000

193600

1986

4475000

10340000

66900

383000

144500

1987

4589000

10529000

53894

348009

225601

1988

4703000

11055000

56322

510187

231138

1989

4826000

11542300

54960

517320

200870

1990

4996000

12172000

77000

576000

245000

1991

5092132

4468202

6430684

75186

574000

183067

1992

5226893

4691608

6752213

83486

596901

205929

1993

5380281

4925878

7028549

92047

599751

231656

1994

5540633

5172462

7397976

101252

611746

259455

1995

5708000

5430999

7748000

111999

624999

292001

1996

5882000

5707000

8102000

123120

637500

328100

1997

6058000

5992500

8507000

135700

651500

369000

1998

6239750

6292400

8932350

149500

657770

415008

1999

6946943

6607020

9378968

164774

680350

466392

Depuis la dévaluation du franc CFA, la filière bétail-viande se caractérise par une baisse de la consommation locale et une reconquête des marchés d’exportation. Les exportations se font essentiellement avec du bétail sur pied à destination des pays côtiers. En 2000 elles ont concerné 279 356 bovins et 439 507 ovins-caprins. Le volume des exportations des produits tels que les cuirs et peaux a atteint 5 118 673 000 Francs CFA en 1998. Ces chiffres témoignent de l’importance de l’élevage dans l’économie malienne. Cependant, la filière bétail-viande ne parvient pas à répondre aux attentes des consommateurs nationaux et répond partiellement à la demande extérieure en produits animaux.

Systèmes d’exploitation agricoles  

L’utilisation de l’espace rural est de type agropastoral. Elle est basée sur l’agriculture et l’élevage. Ces deux activités sont extensives et itinérantes et reposent sur la notion d’exploitation en zone agricole et sur celle de territoire pastoral en zone nomade. Elles occupent près de 90  pour cent des populations rurales.

Régime foncier: L’utilisation des terres est régie par un double système : le droit coutumier et le droit de l’Etat.

Droit foncier coutumier: Ce droit reconnaît aux zones rurales l’utilisation de leurs terres dont l’affectation relève d’un chef de terres. Cette reconnaissance n’est que tacite, l’Etat pouvant se réapproprier une partie du domaine rural pour des travaux d’intérêt commun. Cette réglementation tout en reconnaissant l’application des droits coutumiers, ne fixe pas leur limite d’application.

Si le droit coutumier reconnaît la prééminence de certaines familles ou groupes sociaux sur certaines catégories de terres ou de ressources, l’appropriation de l’espace en zone rurale est encore collective et les exploitants ne sont que des usufruitiers.

Code domanial et forestier: Hérité de l’époque coloniale, ce code stipule que toutes les terres sont propriétés de l’Etat. Les terres sont classées en trois catégories :

  • le domaine public de l’Etat (inaliénable)
  • le domaine privé de l’Etat (non classé)
  • le domaine des collectivités.

 L’Etat autorise l’exploitation d’une partie de son domaine par les populations. Toutes les terres non exploitées (terres vacantes) et celles non immatriculées tombent dans le domaine publique. Le code a subi un évolution et à partir de 1974 la réglementation soumet le droit foncier à l’économie, et la mise en valeur devient le seul critère d’application de la propriété. Cette pratique a été mise en œuvre dans le cadre des Opérations de Développement Rural. En 1986 une révision du code favorisait l’accession de tous à la propriété privée. Ceci s’est traduit immédiatement par la prolifération de concessions rurales en zones périurbaines. En zone rurale par contre, cette politique a eu peu d’échos, et pour des raisons de cohésion sociale, la forme d’appropriation des terres est restée collective.

Code domanial et décentralisation:  Les changements politiques et économiques intervenus depuis, ont rendu obligatoire la relecture du code domanial, forestier et pastoral. Dans le contexte d’un large mouvement de décentralisation, une grande partie des prérogatives de gestion de l’espace et des ressources qui étaient dévolues à l’Etat devraient être transférée aux collectivités décentralisées. Les modalités de transfert de gestion du domaine privé de l’Etat sont en cours. Elles doivent déboucher sur la définition des compétences des communes rurales dans la gestion de l’espace. Le legs de la propriété juridique des terres aux communautés rurales doit être assorti également du transfert de tout ou partie des moyens de gestion.

Les exploitations agricoles
Zone sédentaire: Les systèmes de production de la zone sédentaire sont agropastoraux. Il s’agit pour chaque exploitant de satisfaire à partir des ressources de l’espace ses besoins propres de consommation et subsidiairement ceux de son troupeau. L’exploitation correspond par conséquent à une portion d’espace utilisée à des fins essentiellement agricoles. C’est donc un espace agraire formé principalement de zones de cultures. Une exploitation peut être considérée comme une unité de production. Elle représente « un ensemble de terres mises en valeur par une équipe familiale de travailleurs cultivant ensemble au moins un champ commun principal auquel sont liés ou non plusieurs champs secondaires d’importance variable ayant leur centre respectif de décision ».

Comme en zone sédentaire l’essentiel des besoins de consommation est basé sur les vivriers, l’accent y est mis sur les cultures qui, de manuelles, se transforment petit à petit en cultures mécanisées. Ces cultures se pratiquent au sein des exploitations dont la taille varie en fonction de la disponibilité en terres et en moyens de production (nombre d’actifs, niveau d’équipement…). Les superficies moyennes cultivées par exploitation varient d’une zone à l’autre. Ainsi en zone Mali-Sud à fort encadrement technique, ces superficies varient d’environ 4-5 ha pour les exploitations non équipées à 27 ha pour une exploitation qui possède 5 paires de bœufs et plus. Cette taille est de l’ordre de 2 ha pour les exploitations non équipées et de 3-7 ha pour les équipées du Kaarta (Ouest du pays). Dans les zones de riziculture les exploitations ont des tailles moyennes de 2-5 ha.

La majeure partie de la production céréalière est consommée localement. Elle arrive à couvrir (sauf catastrophe) les besoins alimentaires des populations. Pour la campagne agricole 1996 / 1997 les productions ont dégagé un excédent commercialisable de l’ordre de 123 000 tonnes pour le mil et 14 368 tonnes pour le sorgho. Ces excédents sont vendus sur les marchés hebdomadaires locaux, ou sur les marchés extérieurs (Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Sénégal). Une des sources de demande potentielle de céréales sèches pour le Mali serait le maïs pour la fabrication d’aliment bétail, aussi bien pour la demande interne que celle des pays côtiers. Pour le riz, le Mali pourrait être, selon les spécialistes, un exportateur net avec une politique judicieuse d’importation pendant la période de soudure. La production de coton est quant à elle entièrement exportée. Elle a atteint le chiffre record de 522 000 tonnes en 1999. 

Zone pastorale: Il n’existe pas d’exploitation au sens classique en zone pastorale. L’ exploitation des ressources se fait de façon collective sur de vastes espaces qui sont les territoires pastoraux. Ces territoires sont des entités caractérisées par leurs ressources en eau et en pâturages et correspondent à des espaces nécessaires pour la réalisation d’un procès de production. Ce procès se réalise soit sur un cycle saisonnier dans les aires de nomadisation, soit sur un cycle annuel sur l’aire de transhumance. L’art à la conduite de chaque éleveur lui permet de tirer le meilleur profit des ressources disponibles.

Les problèmes rencontrés au niveau des exploitations agricoles et des territoires pastoraux sont de deux ordres: les problèmes sociaux et les problèmes socio-économiques.

Problèmes sociaux: Ils sont essentiellement de nature foncière. Les difficultés d’accès à la terre pour certaines catégories sociales, la réduction de l’espace utile et utilisable pour les différentes spéculations, et la contestation des droits de prééminence de certains groupes, constituent des sources de conflits toujours latents. C’est le cas notamment dans le Delta intérieur du Niger et dans les zones aménagées. Les découpages administratifs qui ne se superposent que partiellement aux découpages traditionnels, perturbent les structures traditionnelles et imposent le plus souvent deux pôles de décision. Cette bipolarisation entraîne des mutations au sein des institutions traditionnelles avec une perte d’autorité pour les hiérarchies établies. Les prétentions à la terre de certaines catégories (les jeunes ménages et les sans terres) au sein d’un même groupe social, entraîne là aussi des conflits se traduisant par la dislocation de la cellule familiale et un morcellement des exploitations.

Problèmes socio-économiques: Une des contraintes au développement en zone rurale est la non sécurisation des populations sur leurs terres. La prééminence de l’Etat sur les terres déresponsabilise les structures traditionnelles de gestion et il devient difficile pour les utilisateurs de consentir des investissements durables sur des terres qui ne leur appartiennent pas. Le simple usufruitier qu’est l’exploitant se contente alors d’assurer une production annuelle de subsistance, ou une production lui assurant une source de revenus immédiats. Cette production obtenue sur des exploitations de taille de plus en plus réduite ne dégage que peu d’excédent en dehors de toute intensification .

La faible performance des systèmes de production est à rechercher également dans le sous-équipement des exploitations. Par manque de moyens suffisants de production (bœufs de labour, charrues ou multiculteurs, engrais, semences sélectionnées…) bon nombre d’exploitants font encore appel à des moyens traditionnels pour assurer leurs productions agricoles. Le faible prix pratiqué aux producteurs, en dehors des cultures de rente, ne leur assure pas par ailleurs de revenus suffisants pouvant être réinvestis pour la modernisation des exploitations et l’amélioration des niveaux de production.

2. La Topographie et le Sol

Grandes caractéristiques topographiques et types de sols
Vaste pays étendu du Nord au Sud, le Mali a un relief (voir figure 3) dominé par des surfaces planes d’altitude moyenne de 200 m émaillées par-ci par-là de collines et buttes ne dépassant guère 1 000 mètres d’altitude. Sa topographie est marquée par sa géologie et varie selon les régions naturelles. L’inventaire des ressources terrestres a permis d’identifier 14 régions naturelles au sein des 4 zones bioclimatiques caractéristiques du pays.

Figure 3. Le relief du Mali.
(Sources : Atlas Jeune Afrique: le Mali).

Zone saharienne
Elle comporte les régions naturelles de l’Adrar-Timétrine, de l’Azaouak, du Tilemsi et de l’Aklé-Azaouad.

L’Adrar-Timétrine: Partie la plus nord de la région, c’est un vaste massif cristallin. Le paysage est formé de buttes témoins et de plaines façonnées par l’érosion différentielle. De nombreux glacis et vallées se rencontrent dans la région. Les sols sont des dépôts éoliens ou des amas gravillonnaires d’origine colluviale.

L’Aklé-Azaouad: Il correspond à la partie Ouest de la région. Situé au nord du Delta Central Nigérien et du Hodh, au nord du Gourma, il occupe le centre du bassin de Taoudénit. C’est un vaste erg avec des petites dunes et des grands cordons longitudinaux. C’est un bassin de subsidence rempli par des formations du Primaire et du Secondaire recouverts par les couches fluvio-lacustres du Continental terminal et du Quaternaire ancien. Les sols sont ici des sols dunaires (dunes vives) sablo-limoneux à drainage excessif, ou des sols humides mal drainés.

L’Azaouak: C’est la partie Est de la région. C’est une dépression correspondant à l’Est du bassin des Illumenden. Il est bordé par l’Adrar-Timétrine et le Tilemsi à l’ouest, à l’est par le Ténéré et au sud par la frontière du Niger. Les sols sont essentiellement sableux ou rocheux.

Le Tilemsi: Il est bordé au nord et à l’est par l’Adrar des Iforas, à l’ouest par le Timétrine et l’Azaouad et au Sud par la vallée du Niger. C’est une ancienne zone de subsidence remplie de sédiments du Continental terminal. Le paysage est celui de larges plaines et de bas plateaux disséqués. Les sols sont colluviaux dans la vallée et sableux sur les bordures.

Zone sahélienne
Elle comprend le Gourma, le Plateau Dogon, le Gondo-Mondoro, le Hodh et le Delta Central Nigérien.

Le Plateau de Bandiagara-Hombori: C’est un plateau de grès étiré du Sud au Nord sur 350 km. Le plateau se présente au Nord comme une grande table de grès durs inclinée vers l’Ouest. Les couches de grès sont entaillées par le réseau d’un affluent du Niger (le Yamé). Les cuvettes sont remblayées par des sables rouges. Le plateau Dogon se prolonge au Nord-est par la Gandamia qui est un haut relief de grès atteignant 1 080 m. Plus à l’Est se dressent les buttes de Hombori dont la plus haute atteint 1 155 m (point culminant du Mali). Les sols sont d’origine colluvio-alluviale dans les axes de drainage et rocheux et cuirassés ailleurs.

Le Gondo-Mondoro: Situé au Sud-Est du plateau Dogon, c’est une vaste zone de dalle cuirassée recouverte par des cordons dunaires et des dépôts récents. Les sols d’origine alluviale et éolienne sont sablo-limoneux, limono-sableux profonds à fertilité moyenne dans le Gondo et le Sourou, argileux-limoneux profonds et très fertiles sur une petite partie du Mondoro, le reste étant dominé par des sols sableux des dunes et des sols latéritiques peu profonds sur cuirasse. Dans le Seno les sols sont soit profonds à texture moyenne, soit des sols peu profonds sur cuirasse et des sols de dunes aplanies.

Le Hodh: Situé à l’Ouest du Sahel, le Hodh est une vaste dépression ensablée localement à son centre et dominé à l’Ouest par le massif Sarakolé. Toute la partie Ouest du Hodh est dominée par des sols sableux sur dunes aplanies. La partie Est est à sols sablo-limoneux, ou même argileux dans les plaines à fertilité naturelle basse à moyenne à cause de la rigueur du climat.

Le Gourma: Situé au cœur du Sahel malien, le gourma est une vaste pénéplaine de 300 m d’altitude moyenne. Le substrat argilo-schisteux est recouvert par un ensemble de cordons dunaires. Du substrat se dégagent çà et là des couches de roches dures formant des mamelons et des crêtes ne dépassant pas 50 m de hauteur. Les sols y sont essentiellement dunaires. Il existe également des regs et des surfaces de déflation éolienne.

Le Delta Central Nigérien: Le Delta est un ensemble écologique humide situé dans un contexte sahélien. Il correspond aux plaines d’inondation et d’épandage du Niger et du Bani avec autour un glacis continental. La région renferme de nombreux lacs formant la zone lacustre. Çà et là émergent parfois des buttes appelées « toguerés ». Les sols sont d’origine éolienne, fluviatile ou fluvio-lacustre. Les sols du Delta vif sont humides à inondation prolongée et à aptitudes agricoles liées aux aménagements. Dans le Delta mort les sols sont pour près de la moitié limono-argileux-sableux à fertilité moyenne. Les sols sont surtout légèrement sableux profonds dans la zone deltaïque (Moyen Bani-Niger) avec une fertilité naturelle moyenne. La zone lacustre est quant à elle formée de sols sableux dunaires et de terres humides à utilisation agricole liée aux aménagements hydroagricoles. 

Zone soudanienne
Elle comporte les régions naturelles du Plateau Mandingue, du Plateau de Koutiala, le Guidimaka et la Falémé.

Le plateau de Koutiala: Partie Est de la zone soudanienne, le Plateau de Koutiala est rattaché au Sud à l’ensemble des plateaux gréseux du pays Dogon. Il est constitué par une succession de surfaces sommitales séparées par des glacis d’accumulation et des vallées alluviales. Les sols sont soit alluvionnaires dans les plaines, c’est à dire limoneux, limono-sableux à limono-argileux à fertilité naturelle moyenne, soit d’érosion sur les cuirasses et les zones en position haute.

Le Plateau Mandingue: Situé à l’Ouest de la zone, le Plateau Mandingue a un relief morcelé formé d’une succession de plateaux gréseux séparés par des bassins et des plaines. Le plateau se termine à l’Ouest par la falaise de Tambaoura qui domine la plaine de la Falémé. Au Sud-est les derniers plateaux des monts Mandingues se dressent au dessus du bassin du haut Niger. Au Nord le plateau se prolonge par les hauteurs du Kaarta. Les sols sont d’origine colluviale ou colluvio-alluviale. Ces sols sont en majorité à matériaux limoneux moyennement profonds à profonds sur glacis d’accumulation. Il existe aussi des sols peu profonds sur terrains cuirassés et rocheux. Les sols colluviaux ont une fertilité naturelle moyenne.

Le Guidimaka: Le Guidimaka situé au Nord-ouest de la zone est une vaste plaine basse de 100 m d’altitude. Il est parsemé de quelques collines gréseuses ne dépassant pas une altitude de 200 m. Les sols sont sableux à sablo-limoneux ou hydromorphes du système Térékolé-Magui-Karakoro. Les sols arables sont des sols profonds bien drainés à matériaux argileux (notamment dans les plaines). Les terres non arables sont formées de terrains rocheux peu profonds à profil de gravier et de cailloux.

La Falémé: Elle est située à l’extrême Ouest de la zone. Elle est limitée au Sud par le plateau de Fantofa et au Nord par le fleuve Sénégal. C’est une plaine avec un relief de collines, de buttes et de glacis de faible pente. Les sols sont d’origine alluvionnaire à alluvio-colluvionnaire. Ils sont moyennement profonds sur cuirasse et profonds dans les plaines. Leur fertilité naturelle est moyenne.

Zone Guinéenne
Elle comporte deux régions naturelles : le Haut Bani-Niger et une partie du Plateau Mandingue. C’est une pénéplaine présentant une série de glacis et de plaines plus ou moins larges comme dans la région de Bamako au pied du Mont Mandingue. Un modelé de collines et de croupes dominent ailleurs comme dans la région de Bougouni. Les sols sont d’origine alluviale ou colluvio-alluviale. Ce sont soit des sols limoneux ou limono-argileux moyennement profonds, soit des sols latéritiques sur cuirasse. Ces sols ont une fertilité naturelle moyenne pour les parties arables.


3.Le Climat et les Zones Agro-écologiques

Climat général
Le Mali est un pays à relief peu marqué. Aussi son climat est sous la dépendance étroite des facteurs comme les vents, les précipitations et les températures. Les subdivisions bioclimatiques basées sur ces facteurs distinguent quatre zones bioclimatiques homogènes pour le pays.

La zone saharienne:La zone saharienne est une zone hyper aride et désertique avec l’eau comme facteur limitant. La pluviométrie (0 à 250 mm/an) est faible, aléatoire ou accidentelle avec comme conséquence une sécheresse aggravée par l’harmattan. Les températures y sont élevées avec des grands écarts entre le jour et la nuit.

Les sols sont squelettiques (sableux ou caillouteux) avec une faible capacité de rétention de l’eau. Les cultures ne sont possibles que dans des conditions particulières. L’élevage là où il est possible, règne sans concurrence.

La zone sahélienne
C’est la zone aride avec une pluviométrie comprise entre 250 à 550 mm. Elle se caractérise par une longue saison sèche de 9 à 11 mois.

Les sols sont soit sableux d’origine éolienne formant des dunes séparées par de nombreuses pénéplaines, soit squelettiques sur les affleurements rocheux et les cuirasses.

L’activité principale est une agriculture de subsistance associée à un élevage de type nomade et transhumant.

La zone soudanienne
La zone soudanienne est une zone semi-aride à subhumide. Sa pluviométrie est comprise entre 550 et 1 100 mm.
Les sols sont ferrugineux tropicaux avec un colluvionnement dans les dépressions. A cause d’une pluviométrie plus grande, les activités agricoles y sont plus intenses avec une certaine garantie de réussite. L’élevage y est sédentaire avec une migration saisonnière. Il s’intègre de plus en plus à l’agriculture.

La zone nord guinéenne
Le climat de la zone nord guinéenne est subhumide avec des précipitations supérieures à 1 100 mm. La saison pluvieuse dure de 5 à 7 mois. Cette zone correspond au secteur préforestier.
Les sols sont des sols ferralitiques rouges. Les activités agricoles s’orientent de plus en plus sur la production de fruits et de tubercules.

Zones agroécologiques
Les zones agroécologiques résultent de la combinaison entre zones écologiques et zones agroclimatiques. Quarante neuf zones ont été identifiées par le PIRT au sein des grandes régions naturelles. Chacune d’elles est caractérisée par ses ressources en sols, en végétation et en eau. Les caractéristiques générales de ces zones relèvent donc de celles de la région naturelle à laquelle elles appartiennent avec cependant des variations locales qui permettent de les identifier (voir Tableau 2). La carte no 4 donne un aperçu sur les grandes unités agroécologiques du Mali.

Figure 4. Principales unités agroécologiques

Tableau 2  : Régions naturelles et zones agroécologiques

Types bioclimatiques

 Régions naturelles

  Pluviométrie

Zones agroécologiques

  SAHARIEN

Adrar-Timétrine

  0 à 150 mm

 Adrar
 Timétrine

Azaouak

  0 à 200 mm

 In Tallak
 In Erzegar

Tilemsi

  150 mm au Nord    

200 à 350 mm au Sud 

 Vallée du Tilemsi

 Abourak
 Kounta

Aklé-Azaouad

   0 mm au Nord

   200 mm au Sud

 Minkiri

 Berabich

  SAHELIEN

Gourma

  250 mm au Nord

   500 mm au Sud

 Gandéras

 Tin Bilal
 In Tillit

Plateau de Bandiagara

Hombori

  450 mm au Nord

   800 mm au Sud

 Bas Plateau Bobo

 Haut Plateau Dogon
 Djoundjé

Gondo-Mondoro

  450 mm au Nord

   800 mm au Sud

 Plaine du Gondo

 Plaine du Sourou
 Le Mondoro

 Le Hodh

  350 mm au Nord

  750 mm au Sud

 Mamanan Guidé

 Toronkè
 Bas Kaarta
 Haut Kaarta occidental
 Ouagadou
 Tyemandali
 Daounas

 Le Delta Central

 Nigérien       

  250 mm
   à
   800 mm

 Delta vif

 Moyen Bani-Niger

 Delta mort

 Zone lacustre

  SOUDANIEN

Plateau Mandingue

   550 mm
    à
  1400 mm

 Tambaoura
 Bambouk
 Gangaran
 Wenia
 Bélédougou
 Fladougou

Plateau de Koutiala

  650 mm
    à
  1300 mm

 Kénédougou
 Moyen Bani oriental
 Moyen Bani occidental
 Falo 

Guidimaka

  350 mm
     à
   550 mm

 Bérédji
 Séro

La Falémé

  750 mm
   à
  1400 mm  

 Falémé Nord
 Falémé Sud

  GUINEEN

 Haut Bani-Niger

  1000 mm
    à
   1400 mm

 Haut Bani-Niger occidental
 Djitoumou
 Ganadougou
 Haut Bagoé

 Plateau Mandingue

   1100 mm
    à
   1400 mm

 Tambaoura
  Bambouk
  Monts mandingues

Source : Stratégie nationale de conservation de la diversité biologique.

Grandes entreprises agricoles dans chaque zone
Les grandes entreprises agricoles sont peu nombreuses au Mali. Elles sont représentées par :

La CMDT (Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles). Cette entreprise a pour objectifs l’intensification des systèmes de culture à base de coton et le développement intégré dans sa zone d’intervention. Celle-ci couvre la partie Sud du Mali c’est à dire une partie de la zone comprise entre les isohyètes 800 à 1 100 mm. Outre la culture de coton, celle de maïs, de mil et de riz de bas-fonds y et très développée. La zone de par ses ressources est devenue la deuxième zone d’élevage du pays.

L’ONDY (Opération N’dama de Yanfolila) L’ONDY est un centre d’amélioration et de production de la race taurine N’Dama. Située dans la zone préguinéenne, son objectif principal est la préservation de cette ressource génétique (race trypanotolérante) qui est menacée par des prélèvements excessifs et son croisement massif avec les autres races.

L’Office du Niger et les Offices riz de Ségou et Mopti Ces trois offices sont implantés dans le Delta et le long du Niger. Ils ont en charge l’encadrement des riziculteurs, la gestion des terres et des systèmes d’irrigation pour la riziculture en submersion contrôlée.

L’Opération Haute Vallée du Niger (OHVN) Elle est chargée de l’amélioration et de l’intégration des activités agricoles dans la Haute Vallée du Niger. Sa zone d’intervention couvre certaines parties des zones sud soudanienne et nord guinéenne. Ces zones sont en général orientées vers les cultures pluviales.

Le PRODESO (Projet de développement de l’élevage au Sahel occidental) Situé en plein Sahel Occidental, ce projet s’occupe de l’amélioration des productions animales à travers un programme d’aménagement et de gestion des parcours naturels sur environ 2 000 000 d’hectares dans les zones de Nara-Est et de Dilly.

Le Projet de développement intégré dans la zone lacustre Les objectifs principaux du projet sont dans le domaine agropastoral : 

  • l’aménagement des bourgoutières

  • l’aménagement des zones inondées et exondées

  • l’organisation des populations.

L’Action Blé de Diré L’objectif du projet est la promotion et l’amélioration de la culture de blé dans cette région où la consommation de cette céréale est courante.

Le Projet de développement de l’élevage Mali Nord-est Localisé à cheval sur les zones sahélienne et subsaharienne, ce projet tente d’y promouvoir le développement des productions animales par une politique d’hydraulique pastorale, l’aménagement et la gestion des pâturages, les cultures fourragères, la formation et l’organisation du monde rural.

L’Opération de développement intégré du Nord (ODIN) Cette opération est chargée de la sécurité alimentaire et de l’amélioration des conditions de vie des populations du Nord. Son programme couvre donc des domaines divers.

4. Les Systèmes d'élevage

Systèmes traditionnels
Les systèmes traditionnels de production du bétail sont fondés sur trois formes principales d’élevage : l’élevage nomade, l’élevage transhumant et l’élevage sédentaire. Ces trois formes se regroupent au sein de deux systèmes de production : les systèmes pastoraux avec élevage nomade et transhumant et les systèmes agropastoraux avec l’élevage sédentaire.

Les systèmes pastoraux
Ils se pratiquent sur des zones où la pression sur la terre est faible et où l’agriculture est presque absente en raison de la faiblesse des précipitations et de l’aptitude des sols. Les terres représentatives de ces zones sont celles à usage pastoral et sylvicole.

Elevage nomade
L’élevage nomade se caractérise par des déplacements fréquents des éleveurs et de leurs troupeaux sans campement fixe au gré des ressources. Les aires de nomadisation sont soit distinctes soit confluentes et les groupes domestiques sont plus ou moins dissociés. Le procès de production se réalise sur un cycle saisonnier. Ce type d’élevage ou système pastoral pur est localisé dans les zones subdésertiques du Nord du pays (Adrar, Azaouad, Azaouak, Tilemsi) et dans celles du Nord Sahel comme le Gourma et le Hodh. Les races élevées dans ces zones sont les zébus (Maure et Touareg) pour les bovins, les moutons et les chèvres du Sahel pour les petits ruminants et les camelins. Les productions sont le lait, la viande et la laine. Le lait fourni par les vaches, les chèvres et les chamelles est produit en quantité insuffisante et est entièrement consommé en frais ou transformé en fromage. La viande est produite par les chèvres et les moutons à poils courts, tandis que les moutons à poils longs fournissent la laine. Ces productions ne dégagent pas d’excédent commercialisable.

Elevage transhumant
L’élevage transhumant comporte un système associé aux cultures pluviales et un système associé aux cultures de décrue. Il est caractérisé par des mouvements d’aller-retour entre territoires pastoraux par des groupes ou des communautés pastorales à la recherche de ressources dans des territoires autres que les leurs. Ces mouvements appelés transhumance se font selon des axes définis et pour une période donnée de temps. La transhumance est caractéristique du Sahel. Elle amène les pasteurs du Sud vers le Nord en début de saison des pluies pour éloigner les troupeaux des zones sous exploitation agricole ou des zones inondables (cas du Delta Central Nigérien). Le retour vers le Sud s’effectue au fur et à mesure de l’assèchement des points d’eau de surface et de l’épuisement des pâturages du Nord. C’est la saison sèche pendant laquelle les ressources disponibles pour les animaux sont plus importantes vers le Sud (eau des cours d’eau, pâturages de décrue, graminées pérennes, sous-produits de récoltes…).

Dans la zone agropastorale du Delta intérieur du Niger existait un code pastoral hérité de l’empire de la Dina au début du XIX è siècle. Selon ce code, le Delta était subdivisé en territoires de pacage ou leyde. Un leydi était formé de villages de Peuhls sédentaires (ouro) et de pâturages, de villages de cultivateurs Rimaïbé (saré) et leurs terrains de culture, et un réseau de couloirs de passage pour le bétail. La coexistence de l’agriculture et de l’élevage exigeait une séparation des pâturages et des champs cultivés de même que la réglementation des pâturages. Cette définition des différentes catégories de terres « répondait aux besoins des populations et du bétail dans un contexte sédentaire ». L’inondation des terres du Delta en saison des pluies ne permettant pas au bétail d’y rester pendant cette période, les troupeaux furent divisés en :

  • garti formé du gros des troupeaux qui faisait la transhumance sous la conduite d’un berger en chef;
  • benti composé de vaches laitières et de jeunes veaux qui restaient près des villages mais faisaient une petite transhumance 

  • dumti formé d’un petit troupeau de laitières pour assurer l’alimentation des gens qui restaient au village (femmes, enfants, vieillards).

Les terres furent organisées elles aussi en pâturages de décrue ou bourgoutières avec la réglementation de l’ordre d’accès des animaux au bourgou à leur retour de transhumance avec paiement d’une taxe de pacage pour les animaux étrangers, en aires de repos ou de rassemblement (bille) qui sont des terrains collectifs interdits à la culture, en harrima ou pâturages protégés d’un village et en un réseau de pistes assurant un accès aux pâturages sans danger pour les cultures. 

« L’organisation des populations et des terres à bétail a permis d’éviter la surexploitation de l’espace et des ressources ».

Après l’indépendance, l’administration a déclaré les pâturages ouverts à tous et aboli la perception des taxes de pacage. « Elle reconnaît cependant les droits au bourti, (singulier de bourtol), bille et harrima et respecte l’ordre d’entrée dans le bourgou ».

Les effectifs dans ce système d’élevage transhumant associé aux cultures de décrue sont beaucoup plus importants que dans le système précédent et sont constitués de zébus Peuhl et Maure pour les bovins, de moutons du Macina et de chèvres du Sahel.

La productivité des bovins est médiocre mais comparable selon certains auteurs, à celle que l’on trouve dans d’autres zones d’Afrique. Le commerce de bétail est très développé dans ce système d’élevage qui, de par la taille des effectifs, dégage assez d’excédent commercialisable.  

Les systèmes agropastoraux
Ce sont des systèmes où cohabitent agriculture et élevage. On distinguera dans ces systèmes en raison de la prédominance de l’une ou l’autre des activités, un sous-système à élevage dominant et un sous-système où l’agriculture est l’activité principale.

Sous-système à élevage dominant Ce sous-système existe à la frange nord de la zone sahélienne où l’irrégularité des pluies ne donne pas de garantie sûre pour les cultures, mais assure une production herbagère sur des zones encore étendues. Les éleveurs cultivent pendant la saison pluvieuse quelques zones de pénéplaine ou de bas-fonds aux fins d’une production complémentaire de subsistance. La transhumance est de règle ici aussi. L’animal fait l’objet de peu de soins et s’intègre très peu à l’agriculture. Il fourni du lait et de la viande pour la consommation de l’éleveur et joue surtout un rôle d’épargne.

Sous-système à agriculture dominante Il s’agit du système sédentaire où l’accent est mis sur l’agriculture. Quelques éleveurs sédentarisés et devenus agriculteurs s’adonnent à une petite transhumance de courte durée. L’élevage se développe dans ce système par l’acquisition d’animaux par les agriculteurs grâce aux revenus tirés de l’agriculture. Ces animaux tout en constituant toujours une épargne, s’intègrent dans la production agricole par la fourniture de travail (bœufs de labour) et de fumier (contrat de fumure passés entre bergers et agriculteurs).

Il existe une variante au sein de ce système où l’élevage sert de véritable support à l’agriculture. Ce système est très développé dans les zones de culture de rente (zone cotonnière) et d’agriculture en voie d’intensification (zones cotonnière et de riziculture, zones à fort encadrement technique). L’animal y fait l’objet de soins constants (santé, alimentation, abris…) et participe de plus en plus à la production agricole en fournissant du fumier, du travail et des ressources commercialisables (lait, animaux embouchés). Grâce à la relative abondance de ressources consommables, les mouvements des animaux y sont de faible amplitude. La productivité du bétail n’y est pas non plus très élevée et des tentatives sont entreprises pour l’améliorer. 

Systèmes de production commerciale
L’amélioration des productions animales vise non seulement à accroître ces dernières pour la consommation des éleveurs, mais aussi à dégager des surplus susceptibles d’être commercialisés. Les systèmes de production commerciale portent ainsi sur deux domaines principaux : la production laitière et l’embouche.

Le lait Pour augmenter leur production de lait, quelques agropasteurs ont commencé à sélectionner les meilleures laitières de leur troupeau afin d’améliorer leur base alimentaire. L’amélioration de l’alimentation par l’utilisation de fourrages cultivés, de tourteaux de coton, de paille mélassée, de graines de coton ou d’aliment bétail a permis d’élever la production laitière de 0 à 3-5 l /j en saison sèche dans certains élevages de la zone cotonnière. Le lait produit est vendu aux mini-laiteries qui se sont installées dans certains centres urbains. Les producteurs alléchés par les revenus tirés, s’orientent à présent vers l’amélioration génétique par insémination artificielle aux fins d’accroître leur production laitière. Cette stratégie est adoptée par quelques éleveurs de la zone CMDT de Koutiala et Sikasso, et par d’autres des régions de Mopti et Ségou. Cette spéculation laitière est devenue l’activité dominante dans les élevages urbains et périurbains où existe un nombre élevé d’animaux de races améliorées. Des pics de production de 20 l/j ont pu être obtenus dans les parcs de certains éleveurs de la zone périurbaine de Bamako.

L’embouche Elle est moins développée que la production laitière. Elle est pratiquée par quelques éleveurs de la zone périurbaine et par certains agropasteurs en zone rurale. Les animaux embouchés sont essentiellement des bovins en zone périurbaine et des moutons (moutons de Tabaski) ou des bovins de réforme (vaches stériles, bœufs de labour ou autres mâles en fin de carrière) en zone rurale.

Les rations utilisées pour cette embouche varient selon la disponibilité en ingrédients et selon les zones. Celles recommandées par l’Institut d’Economie Rurale (IER) dans la zone de Niono pour l’embouche bovine sont les suivantes:

- animaux de 3-4 ans: (220-250 kg): pour un gain de poids journalier de 780 g pendant 90 jours: son de riz 8 kg/j, fanes de niébé 0 à 1,5 kg/j, mélasse 1 kg/j, aliment bétail Achcar 1 à 2 kg/j, son de riz 0, urée 0 à 0,1 kg/j

- animaux de 7-10 ans gain de 850 g/j: son de riz 10 kg/j, fanes de niébé 0 à 1,5 kg/j, mélasse 1,5 à 2 kg/j, aliment Achcar 2-3 kg/j, son de riz 0 à 2,5 kg/j, urée 0 à 0,1 kg/j

Source : Orientation stratégique des appuis à l’élevage au Mali. (Ambruster et al. 1999)

Les animaux engraissés sont destinés soit aux marchés locaux rémunérateurs, soit principalement aux marchés extérieurs.

Systèmes d’alimentation du bétail

Pâturages naturels L’alimentation des animaux pour tous les systèmes d’élevage repose en priorité sur l’exploitation des pâturages naturels. Les animaux vont paître sur différents types de pâturages dont les ressources (offre de la végétation naturelle) varient selon les saisons, la disponibilité en eau et la qualité des sols. L’offre de la végétation naturelle augmente comme la pluviométrie du Nord au Sud tandis que sa qualité diminue dans le même sens.

L’utilisation exclusive des pâturages naturels comme source d’alimentation du bétail est une règle absolue au Nord Sahel et dans les zones subdésertiques. Au Sud, l’exploitation des résidus de récoltes vient compléter celle des ressources des pâturages. Une plus grande disponibilité de l’offre au Sud y a entraîné la descente de bon nombre de troupeaux sahéliens.

En dépit de l’importance que revêt les pâturages naturels dans l’alimentation du bétail, il n’existe pas d’études exhaustives sur ces pâturages au Mali. Celles déjà menées sont fragmentaires et n’ont concernées que des zones particulières. Elles ne permettent pas de dresser une carte des pâturages sauf par référence aux grandes zones de végétation. Il semble donc indispensable d’entreprendre de telles études afin de fournir un outil de planification pour le développement de l’élevage.

Alimentation en étable Cette alimentation revêt deux formes et concerne les élevages sédentaires des zones agropastorales et périurbaines.

Utilisation des pâturages associée à la complémentation  L’animal exploite toujours les ressources des pâturages, mais il reçoit le soir au retour à l’étable ou dans le parc, un complément en foin, fanes, graines de coton, tourteau ou aliment bétail. Les quantités distribuées varient en fonction des éleveurs et des ressources disponibles. Cette alimentation est plus contrôlée dans les systèmes de production commerciale où les rations doivent être équilibrées.

Stabulation permanente La stabulation permanente devient la règle dans les élevages intensifs (vaches laitières, animaux à l’engrais) où les gains de productivité doivent rentabiliser les coûts de production. Elle est pratiquée surtout par quelques éleveurs nantis des zones périurbaines sur un nombre limité de têtes.

Alimentation au piquet Ce mode d’alimentation est utilisé quand il s’agit de quelques têtes de bétail. Il est pratiqué surtout pendant la saison des cultures sur les bœufs de labour, les petits ruminants et quelques vaches en lactation. Les animaux sont mis au piquet pendant la journée dans les jachères et les zones incultes non loin des villages. Un petit complément leur est distribué le soir au retour dans les enclos.

Intégration du bétail dans les systèmes d’exploitation
Dans les systèmes améliorés de production agricole, la charrue et le multiculteur ont largement remplacé les instruments aratoires traditionnels. La culture attelée s’est alors développée notamment dans les zones à fort encadrement technique. Une substitution progressive s’est opérée entre main-d’œuvre et culture attelée par une augmentation du nombre de bœufs de labour par zone et par exploitation. C’est le cas notamment des zones cotonnières de la CMDT, de riziculture de l’Office du Niger et de celles de cultures sèches encadrées par les Opérations de Développement.

Les changements intervenus dans les modes de conduite des animaux (confection d’enclos, parcage tournant des animaux en saison sèche sur les zones de cultures…) ont contribué à une meilleure récolte des bouses et de la poudrette et à la confection de compost et de fumier. L’ animal en fournissant travail et fumier devient un véritable support pour l’agriculture qui, en retour, lui fourni les ressources nécessaires pour ses besoins d’entretien et de production. Ces ressources sont représentées par les résidus de récoltes auxquelles il faut ajouter quelques fourrages cultivés, même si ceux-ci sont produits pour l’heure en quantité insuffisante.

Limitations des productions de bétail
Limitations dues aux maladies et au manque de ressources
Maladies
: Les principales maladies rencontrées chez les bovins sont la pasteurellose, la rickettsiose, la trypanosomiase, la tuberculose, la brucellose et les charbons (bactérien et symptomatique). Des foyers de péripneumonie et de peste bovine apparaissent périodiquement dans certains élevages. A ces grandes épizooties il faut ajouter les maladies parasitaires (parasites internes et externes) qui affectent surtout les jeunes et entraînent chez eux une mortalité élevée de l’ordre de 30  pour cent dans la tranche d’âge de 0 à 12 mois. Toutes ces maladies à cause d’une couverture vaccinale insuffisante et en l’absence d’un déparasitage systématique, provoquent des baisses de productivité chez les animaux et des pertes au sein des troupeaux. 

Problème de l’eau Les grandes zones d’élevage sahélien au Mali sont (à l’exception du Delta Central et des abords des fleuves) dépourvues de points d’eau permanents. Ceux de surface qui s’y trouvent s’assèchent dès le début de la saison sèche. La recherche de l’eau devient par conséquent un problème capital durant toute la période sèche pour les éleveurs et leurs troupeaux. La dispersion des points d’eau existants (mares permanentes, puits, puisards) et leur éloignement des pâturages exploitables en cette saison, imposent des longs déplacements qui affaiblissent les animaux. Les ressources disponibles ne servent alors qu’à couvrir, et encore ! les seuls besoins d’entretien. La productivité des troupeaux baissent considérablement à cette période.

Maladies et insuffisance des ressources constituent les limitations les plus sévères pour les systèmes de production du bétail.

Limitations socio-économiques
Plusieurs facteurs concourent aux limitations socio-économiques des systèmes de production du bétail. Le premier facteur est sans doute, et dans bien des cas, la concurrence entre l’agriculture et l’élevage pour l’occupation de l’espace. Cette concurrence est très sévère dans les zones à potentialités limitées. Ainsi s’engage une course à la terre en zones agropastorales et une course aux ressources en zones pastorales. Aucune règle ne fixant les conditions strictes d’exploitation des ressources qui sont communautaires, chaque exploitant utilise la stratégie qui lui semble la meilleure pour satisfaire ses besoins et ceux de son troupeau. Cette stratégie ne reposant sur aucune obligation particulière, l’exploitation des ressources s’apparente à une cueillette.

Le second facteur est l’insécurité foncière qui empêche les agropasteurs à s’investir dans les travaux d’amélioration des ressources.

Agriculture et élevage pourraient cependant se compléter mutuellement comme il a été signalé pour les systèmes agropastoraux et les systèmes intégrés. Pour ce faire, les règles de propriété et de gestion foncière doivent être revues afin de lever l’hypothèque de l’insécurité foncière pour les exploitants ruraux. Des plans d’aménagements et des codes de gestion doivent être élaborés avec les agriculteurs et les éleveurs auxquels seront transférés la propriété juridique et le pouvoir de gestion de l’espace et des ressources.

La troisième cause de limitation de la production animale réside dans le faible taux d’exploitation du bétail. Celui-ci est de l’ordre de 14  pour cent pour les bovins et 34  pour cent pour les petits ruminants (U.E / KIT= Union Européenne/ Institut Royal des Tropiques). Les éleveurs et les agropasteurs ont tendance en effet à garder le plus d’animaux possibles, même des non valeurs, pour cause de sécurité, de thésaurisation ou de production. Le déséquilibre entre les effectifs et les ressources joint aux facteurs précédents explique la faible productivité des troupeaux et le peu de développement de l’économie pastorale.  


5. Les Ressources pastorales

a) La végétation et les types de pâturages

Il existe au Mali quatre grands types climatiques auxquels sont liés quatre grandes zones de végétation La distribution de cette végétation varie avec la nature des sols et la topographie.

Figure 5. Carte de végétation

Zone saharienne

La steppe saharienne. La partie Nord de la zone saharienne à pluviométrie comprise entre 0 et 150 mm est une zone sans grande importance pour l’élevage. C’est une zone où l’on passe sans jamais s’y arrêter. Sa végétation contractée à Cornulaca monocantha, Panicum turgidum et Aristida pungens forme des pâturages dont la productivité va de 0 à 500 kg de MS/ha.

La zone de steppe sub-saharienne Elle est située entre les isohyètes 150 à 250 mm et comporte une végétation localisée dans les oueds et les ravines. Cette végétation contractée est formée par un tapis herbacé à base d’annuelles à cycle court (Aristida hordeacea, Morettia philaeana, Farsetia stylosa…) et d’une strate ligneuse lâche faite d’Acacia ehrenbergiana, Acacia tortilis, Balanites aegyptiaca, Maerua crassifolia. Elle peut être abondante dans les dépressions et plaines correspondant au lit des oueds comme dans l’Adrar, ou aux zones d’épandage des crues (Adrar, Tilemsi, Tamesna). Ces zones portent des pâturages à Aristida sp., Schouwia thebaica dont la productivité varie selon la hauteur des pluies et la nature des sols de 1 000 à 2 000 kg de MS/ha. Sur cordons dunaires et reliefs sableux dominent les Aristida (A. mutabilis, A. pallida, A. papposa) et Panicum turgidum. A ces herbacées sont associés des ligneux comme ceux cités plus haut. La dispersion spatiale des pâturages et la consommation rapide de leur offre, de même que l’assèchement rapide des points d’eau qui les desservent obligent les éleveurs à nomadiser. 

La steppe sahélienne
Elle est située entre 250 et 550 mm de pluie. Sa végétation sur dunes au Nord est du type steppe xérophile. Sa composante graminéenne est dominée par Cenchrus biflorus, Aristida mutabilis et Schoenefeldia gracilis tandis que la strate ligneuse comporte des ligneux tels que Acacia senegal, Acacia laeta, Acacia tortilis, Balanites aegyptiaca. Cette végétation est ouverte sur les dunes à faible pouvoir de rétention de l’eau et sur les pentes à fort ruissellement.

Au Sud la végétation est du type steppe mésophile. Elle est localisée dans les dépressions limoneuses à Schoenefeldia gracilis, Panicum laetum, Acacia laeta, Salvadora persica, et dans les zones d’inondation des fleuves où elle forme des prairies aquatiques à graminées vivaces comme Echinochloa stagnina, Oryza barthii, Vossia cuspidata. Ces prairies sont d’excellents pâturages de décrue.

Sur les zones de plateaux, les cuirasses latéritiques sont colonisées par Combretum nigricans, Guiera senegalensis, Lannea acida, Sclerocarya birrea.

Les meilleurs pâturages de cette zone sont les pâturages de décrue (bourgoutières du Delta Central Nigérien et de la zone lacustre dont la productivité peut atteindre 10 t de MS/ha), et les pâturages sur les dunes et les formations sableuses de productivité moyenne variant du Nord au Sud de 1000 à 2000 kg de MS/ha. L’étendue de ces pâturages permet de maintenir assez longtemps les animaux dans le nord Sahel.

Sur le plan floristique, la partie sud du Sahel assure la transition entre les zones sahélienne et soudanienne. Elle renferme de ce fait un certain nombre d’éléments appartenant aux deux domaines biogéographiques avec cependant une abondance marquée d’éléments nord soudaniens (Combretaceae) et une prédominance d’espèces hautes dans le tapis graminéen.

La zone soudanienne
Zone comprise entre 800 et 1400 mm de pluie, c’est la zone de la savane « parc » à strate herbacée continue. Cette savane est caractérisée par Vitellaria paradoxa, Parkia biglobossa, Sclerocarya birrea et Lannea acida. La strate herbacée est dominée par des espèces pérennes dont Andropogon gayanus qui a tendance à se raréfier à la suite des défrichements divers. Il ne subsiste dans les zones très cultivées que des lambeaux de formations à A. gayanus et de vastes espaces à Andropogon pseudapricus, Cymbopogon giganteus, Pennisetum pedicellatum, espèces peu appétées. Les pâturages de la zone soudanienne ont une biomasse qui va de 800 kg de MS/ha en secteur nord soudanien à 2000 kg en secteur sud. Les fourrages y sont en général de moins bonne qualité qu’en zone sahélienne.  

La zone soudano-guinéenne
Cette zone à pluviométrie supérieure à 1 000 mm est le domaine de la savane boisée et de la forêt claire. Elle devient de plus en plus riche en grandes graminées pérennes telles que les Hyparrhenia divers. La strate ligneuse est dominée par Daniella oliveri, Isoberlinia doka auxquels sont associés des graminées comme Schizachyrium rupestre, S. semi-herbe et Diheteropogon hagerupii. Les pâturages ont une productivité moyenne élevée comprise entre 2 000 et 4 000 kg de MS/ha. Cette offre est souvent difficile d’accès par le bétail à cause de la densité et de la taille élevée des formations herbeuses.

Pâturages améliorés, fourrages cultivés et résidus de récoltes

Pâturages améliorés
Peu de pâturages naturels ont fait au Mali l’objet de travaux d’aménagement malgré l’existence de nombreuses techniques d’amélioration. Quelques tentatives ont été menées dans le cadre d’études ou de projets de développement de l’élevage sur des zones assez limitées. Les exemples les plus remarquables ont été

  • l’aménagement des bourgoutières dans la zone lacustre ( projet UNSO) qui a initié les agropasteurs de la zone à aménager et gérer leurs bourgoutières;
  • parcours naturels (PRODESO ou Projet de développement du Sahel Occidental) dans les zones de Dilly et Nara-Est par les communautés pastorales;
  • l’amélioration et la gestion de la zone sylvo-pastorale du terroir de Kaniko (études systèmes de production) dans la région de Koutiala.

Ces travaux dont la plupart étaient expérimentaux ont porté essentiellement sur les délimitations de périmètres pastoraux, l’hydraulique pastorale et l’établissement souvent de plans normatifs d’aménagement et de gestion pour les zones pastorales. Ils ont couvert des superficies infimes en regard de l’étendue des zones de pâturages au Mali. Ces travaux d’amélioration sont cependant rendus obligatoires dans le cadre des programmes de développement de l’élevage afin d’assurer une bonne gestion des ressources naturelles et la préservation de l’environnement. Les difficultés techniques et les contraintes sociales que ce genre de travaux soulèvent, doivent être levées pour permettre aux agropasteurs de s’investir dans les travaux d’aménagement des ressources dont ils auront la jouissance.

Fourrages cultivés La culture du niébé (Vigna unguiculata) et de l’arachide a toujours représenté la source de fourrages cultivés pour les éleveurs au Mali. Cultivés à double fin, leur production de fourrages entre dans la rubrique des résidus de récoltes. La culture fourragère entendue alors au sens "produire de l’herbe pour les animaux",est quant à elle, peu développée au Mali. Les rares espèces cultivées à destination des animaux actuellement, sont représentées, outre le niébé, par quelques parcelles de dolique et de Stylosanthes hamata chez quelques agropasteurs de la zone Sud ou dans les concessions rurales en zones périurbaines, et par des parcelles collectives ou individuelles de bourgou sur les périmètres aménagés dans le Delta Central Nigérien et la zone lacustre. Les superficies exploitées par producteur dépassent rarement 1 ha. Elles ne sont importantes (environ 15-20 ha) que dans le cas de la culture de bourgou (Echinochloa stagnina) dans sa zone naturelle. Les productions obtenues sur les surfaces de petites tailles ne couvrent pas, bien qu’elles soient de qualité, les besoins des animaux. Les éleveurs ont toujours recours a d’autres types de ressources.

Résidus de récoltes
L’agriculture dégage des résidus (paille de céréales, fanes de légumineuses) qui contribuent à la disponibilité fourragère. Les quantités de résidus évaluées à partir du ratio fourrage/rendement, varient d’une année à l’autre en fonction des surfaces emblavées et des rendements. Elles peuvent atteindre 2-3 t de Ms/ha. Ainsi en zone agricole les cultures céréalières donneraient des résidus qui, selon les estimations, représenteraient 10  pour cent de la disponibilité fourragère totale (PPS ou Productivité Primaire au Sahel).

Les résidus de céréales sont en général de faible valeur nutritive (0,28 à 0,35 UF/kg, 40 à 50 g de Mad/kg de Ms) et sont faiblement utilisés par les animaux. Leur niveau d’utilisation peut être amélioré par adjonction de mélasse et d’urée.

Les fanes de légumineuses (arachide, niébé, voandzou - Voandzeia) produites à raison de 600-1 000 kg/ha, constituent de très bons fourrages (0,60-0,70 UF/kg de Ms et 60 à 90 g de Mad). Cultivées comme plantes vivrières, les légumineuses citées sont souvent associées aux céréales et n’occupent en cultures pures que de faibles surfaces.

Limitation des ressources fourragères

Les limitations des ressources fourragères sont de plusieurs natures parmi lesquelles nous distinguerons:

La pluviosité Bien qu’en étroite relation avec les autres facteurs du milieu, la pluviosité est le « facteur le plus déterminant pour la productivité primaire des pâturages ». Ainsi la composition floristique des pâturages dépendra de la hauteur des pluies et de leur répartition. Les espèces herbacées qui concourent à l’accroissement de la biomasse prolifèrent ou régressent d’une unité de végétation à l’autre. Au gradient pluviométrique qui augmente du Nord au Sud est lié un gradient d’accroissement quantitatif du disponible fourrager. Quant à la qualité des fourrages, elle diminuerait selon le même gradient (PPS). Ainsi, l’eau devient elle le premier facteur limitant la productivité des pâturages à partir de l’isohyète 400 mm, tandis qu’à des pluviosité supérieure c’est la qualité des sols qui devient la contrainte majeure (PPS).

La nature des sols L’influence de la nature du substrat est incontestable sur les productions végétales. Selon la nature du substrat, des différences apparaîtront dans les mesures de productivité sous un isohyète donné. Ces variations peuvent aller du simple au double sur des substrats allant de limoneux à limono-sableux dans le Sahel malien. La qualité des sols influe elle aussi sur la productivité des pâturages. Sur des sols pauvres comme ceux du Mali, des essais d’application d’engrais ont permis de multiplier par des coefficients allant de 3 à 5 la productivité de certains pâturages (PPS).

La nature des espèces et la composition floristique Les espèces n’ont pas le même potentiel de production. La biomasse qu’elles fournissent varie selon la ou les espèces dominantes et la composition floristique dans laquelle elles entrent. Une étude menée en zone soudanienne a montré qu’un recouvrement ligneux de 10  pour cent correspondait à une productivité herbacée de 5.000 kg Ms/ha, et cette production n’était que de 1.000 kg/ha pour un recouvrement ligneux de 40  pour cent.Une formation à dominante graminéenne aura une biomasse herbacée plus élevée qu’une formation à fort embroussaillement ligneux.

La mauvaise gestion des pâturages Localisés en général sur des sols marginaux : sols fragiles (sols dunaires, sols colmatés), sols épuisés, affleurements rocheux et cuirasses, les pâturages naturels ont souvent des productivités faibles. Leur utilisation sans contrôle (absence de plan de charge, séjour prolongé de gros effectifs sur les différents types de pâturages) est une des raisons principales de leur dégradation. La consommation préférentielle d’espèces, notamment au stade montaison ou préfloraison, entraîne leur disparition et leur remplacement par des espèces moins appétées. Cette fluctuation de la composition floristique se rencontre sur tous les types de pâturages, notamment ceux à forte proportion d’annuelles. Le piétinement excessif des sols fragiles (sols colluviaux, sols sablonneux) les rend friables. L’entraînement des couches superficielles par le vent et le ruissellement provoque la mise à nue de la dalle subaffleurante dans les zones Sud ou la formation de plages damées dans les zones à faible couvert végétal (cas du Gourma).

Les difficultés d’accès aux intrants. La régénération des pâturages dégradés peut se faire, malgré le peu d’informations qui existent sur la question au Mali, par des interventions du type labour, semis ou plantation et protection. Ce type d’intervention n’a été entrepris que dans des projets spécifiques comme dans le cadre de la régénération des bourgoutières. Le coût des intrants (labour, fertilisation, semences, amortissement) pour la régénération d’un hectare de bourgou s’est établi à 414 515 F CFA (Van Duivenbooden et Gossèye, 1990). Ce coût semble trop élevé pour les agropasteurs surtout quand on le compare aux 20 000 F CFA de taxe de pacage qu’ils perçoivent pour trois mois de séjour de 50 à 100 têtes de bovins sur leurs pâturages de décrue (in Eriksen et Traoré 1995). Ce type d’investissement a été de l’ordre de 52 000 F CFA dans le cadre de la régénération d’un hectare de parcours sahélien.

Les aménagements cités ont nécessité, il va sans dire, l’emploi de quantités importantes de semences et boutures pour les espèces utilisées. En l’absence de stocks réguliers de matériel végétal fourrager au Mali et de structure de production de semences fourragères, il a sans doute fallu avoir recours soit à une importation massive de semences et de boutures, soit à la récolte complémentaire ou intégrale de ce matériel sur place (notamment boutures et semences d’Echinochloa stagnina). On peut donc conclure que les difficultés inhérentes à ce genre d’opération résident non seulement dans le coût élevé des interventions, mais également dans la non disponibilité de stocks de semences et de matériel végétal faute de structures spécialisées localement dans la production de ces intrants.


6. Amélioration des Ressources Pastorales

De nombreuses opportunités existent à l’heure actuelle pour l’amélioration des ressources des pâturages. Parmi celles-ci on pourra citer:

a)les nouveaux concepts: les nouveaux concepts en matière d’aménagement et de gestion des ressources (aménagement et gestion intégrés) placent les utilisateurs avec leurs techniques et leurs habitudes au centre d’un dispositif dont l’amélioration a pour objectif d’élaborer des outils de gestion adaptés à différents cas.

b)la sécurité foncière: la sécurisation des producteurs sur leurs terres devra être entreprise par un ajustement de la législation qui leur attribuerait la propriété, le contrôle et la gestion des ressources de leurs terroirs et territoires respectifs. Cette disposition permettrait d’envisager des actions d’aménagement durables.

c) l’inventaire des ressources: l’inventaire des ressources et la définition de la vocation des terres sont des préalables permettant de concevoir des plans d’aménagement tenant compte du rapport entre besoins et ressources pour une gestion durable de celles-ci. Les différents plans qui seront élaborés tiendront compte des habitudes agropastorales avec une appréciation écologique des zones.

d) l’amélioration du potentiel pastoral: elle se fera par des introductions d’espèces, notamment celles qui tendent à disparaître ou celle de légumineuses. Des études ont cependant montré que les légumineuses locales avaient un faible pouvoir de concurrence, donc peu intéressantes pour l’amélioration des pâturages. Il en est de même pour les légumineuses exotiques peu compétitives dans les conditions de production du Sahel (faible pluviosité, sols pauvres). Quant à l’introduction de ligneux fourragers, elle peut être envisagée dans toutes les zones avec les essences fourragères qui y croissent habituellement, et avec les essences exotiques dans les zones à bonnes conditions de sols et de pluviosité.

e) le contrôle de la gestion des pâturages : la réhabilitation des pâturages se fera par leur aménagement et le contrôle de leur gestion. Ce contrôle sera rendu obligatoire surtout après les efforts qui seront entrepris pour des aménagement tels que la création de points d’eau (puits, mares surcreusées…) et l’amélioration du potentiel pastoral. Il s’exercera par les communautés elles-mêmes, principalement celles qui auront participé aux travaux.

f) l’organisation sociale: L’organisation des populations est un préalable pour entreprendre les travaux d’amélioration cités. Elle revêtira différentes formes selon les zones et les centres d’intérêts (associations villageoises, groupements d’exploitation pastorale ou forestière …). Au sein de ces organisations seront désignés des comités de gestion chargés de l’application des codes établis pour l’aménagement et l’utilisation des ressources. Ces comités seront appuyés par l’Administration et les services techniques.

g) la production de semences: L’amélioration du potentiel pastoral ne saurait se faire à grande échelle que si elle est confortée par une production conséquente de semences et de matériel végétal. Cette production n’existe pas localement et les besoins des utilisateurs ne sont couverts que par des fournitures assurées par les projets dans le cadre de leurs programmes. Quelques agropasteurs bénéficiaires de ces dons sont alors appelés à produire eux-mêmes des semences pour la poursuite des actions entamées à leur niveau. Les quantités produites ne couvrent que leurs seuls besoins. Les efforts individuels entrepris dans cette direction doivent donc être multipliés et renforcés. Mais compte tenu du développement de nouveaux systèmes d’élevage et des besoins accrus en fourrages de qualité, des structures du genre GIE (groupement d’intérêt économique) pourraient être créées et spécialisées dans la production et l’approvisionnement en semences et en matériel végétal de qualité. Le contrôle de la qualité sera assuré par les centres semenciers nationaux.

Conclusion

Les différentes études menées sur les pâturages ont montré que le Mali recelait d’énormes potentialités pastorales aussi bien en zone sahélienne que soudanienne. Elles sont d’une manière générale faiblement mises en valeur et surtout mal exploitées. Les différents projets mis en place pour améliorer la situation fourragère et les potentialités pastorales n’ont pas eu de continuité et les efforts déployés ont été fragmentaires et peu convaincants notamment aux yeux des producteurs. Ces derniers, faute de références fiables, ont continué à utiliser l’espace et les ressources de façon traditionnelle au risque de les dégrader. Seules dans ces conditions des actions de longue durée sous forme de véritables programmes de développement doivent être entreprises pour donner toute leur crédibilité aux actions d’amélioration pastorale. Ces programmes reposeront sur une démarche participative confortée par le transfert de compétences aux collectivités rurales dans le cadre de l’aménagement et la gestion des ressources de leurs terroirs.

Les actions de terrain seront soutenues par des recherches complémentaires sur les pâturages et les cultures fourragères. Les propositions de recherches porteront sur la caractérisation des pâturages, la poursuite et le renforcement des actions d’amélioration pastorale là où cela est possible, la poursuite et l’approfondissement des recherches en matière d’amélioration des jachères. Pour ce qui concerne les cultures fourragères, les tests doivent être entrepris sur les espèces fourragères autochtones de même que la poursuite des tests d’introduction des cultures fourragères en milieu rural avec leurs études de rentabilité dans les systèmes de production.      

Toutes ces actions doivent concourir à la mise au point d’outils de gestion des ressources alimentaires pour le bétail et répondre aux exigences des nouveaux modèles d’élevage.


7. Les Organismes de Développement et de Recherche impliqués dans le Pastoralisme

L’ Institut d’Economie Rurale (IER) est la principale institution dans le domaine de la recherche agricole au Mali. Sa mission est de contribuer à la définition et à la mise en œuvre des recherches et études au service du développement agricole, d’élaborer et mettre en œuvre des programmes de recherche agricole, d’assurer un appui technique au développement agricole, de procéder à la mise au point de technologies appropriées pour l’amélioration de la productivité du monde rural, de diffuser les résultats de recherches et d’études. Elle accomplit cette mission à travers ses démembrements régionaux appelés Centres Régionaux de Recherche Agronomique (CRRA) répartis sur les différentes régions administratives du pays. L’IER est appuyée dans sa mission par les autres composantes du dispositif national de recherche comme le Laboratoire Central Vétérinaire (LCV), des Instituts de formation comme l’Institut Polytechnique Rural de Katibougou (IPR), l’Institut Supérieur de Formation Appliquée (ISFRA) et les programmes associés relevant d’institutions régionales et internationales.

Les priorités de recherches actuelles dans le domaine des pâturages et des ressources fourragères portent sur:

§                     la définition, l’aménagement et la gestion des zones sylvo-pastorales au sein des terroirs notamment dans les zones agro-sylvopastorales ;

§                     l’aménagement et la gestion des parcours naturels dans les zones pastorales ;

§                     la promotion des productions fourragères par l’amélioration des jachères et la culture fourragère au sein des exploitations.

Ces programmes à défaut de faire l’objet de recherches thématiques, s’intègrent dans un cadre d’aménagement et de gestion des ressources naturelles, autrement dit dans celui plus global de l’amélioration des systèmes de production. Ils ne sont pas autonomes et leur financement en est rendu d’autant plus difficile que la priorité pour l’heure est à la sécurité et à l’autosuffisance alimentaire. L’abandon des activités de recherche thématiques sur les pâturages et les cultures fourragères par les équipes systèmes s’explique cependant mal en raison de la faible caractérisation des pâturages tant au Nord qu’au Sud et de la faiblesse des connaissances sur les espèces fourragères autochtones.

Les organismes d’appui

Les Centres régionaux de l’IER collaborent étroitement avec les organismes de développement (dont certains assurent le financement de certains programmes), les ONG et les groupements professionnels, tous utilisateurs des résultats de la recherche. Parmi ces organismes on peut citer les structures d’appui au monde rural logées au sein du Ministère du Développement Rural qui sont : la Direction Nationale de l’appui au monde rural, le Programme national de vulgarisation agricole, la Direction nationale de l’aménagement et de l’équipement rural, la Direction nationale du contrôle et de la réglementation. Quant aux entreprises agricoles, les plus grandes ont déjà été signalées plus haut. Des relations de collaboration existent également avec les différents projets opérant dans le secteur agricole à travers le pays et de nombreuses ONG. 

Personnes ressources

Les personnes ressources dans le domaine des pâturages et des productions fourragères sont logées pour ce qui concerne la recherche au sein des équipes systèmes de production de l’IER. Elles sont représentées par les agropastoralistes, les écologistes et les spécialistes en productions fourragères des Centres Régionaux de Recherche Agronomique. Ces spécialistes assurent avec la participation des groupes cibles, la programmation, la mise en place et le suivi-évaluation des actions en matière d’aménagement et de gestion des pâturages. On en rencontre également dans certains projets où, assistés ou non par la recherche, ils participent aux travaux d’aménagement pastoral.

La liste des personnes ressources est donnée ci-dessous. 

Liste des personnes ressources

CRRA de Kayes  

Mamadou SISSOKO : agro-pastoraliste

CRRA de Mopti BP 205 Mopti, République du Mali

Amadou KODIO : agro-pastoraliste

Mamadou COULIBALY : agro-pastoraliste

CRRA de Niono
BP 21 Niono, République du Mali

Daouda KONE : agronome

Drissa YOSSI : agronome. Spécialiste des fourrages

CRRA de Sikasso
BP 16 Sikasso, République du Mali

Mémé TOGOLA : agropastoraliste 

Issa KANTE :  Gestion des terroirs-environnement

M’Pé BENGALY :    «      « 

CRRA de Sotuba
BP 1704 Bamako, République du Mali

Lassine DIARRA : écologue-pastoraliste      

Salif Founkomo TRAORE: agronome des fourrages

Kalifa KONE : spécialiste production fourragère

Lassine COULIBALY : spécialiste production fourragère

Mahalmadane DJITEYE : écologue-agropastoraliste

Abou BERTHE : zootechnicien-agro-pastoraliste

Ressources forestières
s/c CRRA de Sotuba

Moussa KARAMBE : amélioration des jachères

CRRA de Gao
Tél. (223) 820411 Gao, Rép. du Mali

Abdou Yehiya MAIGA : forestier-aménagiste

DNAER

Bréhima DIALLO : agro-pastoraliste.


8. References Bibliographiques

Ambruster T ; Cook A ; Legast P ; N’Diaye M ; Rooleveld L. (1999): Orientation stratégique des Appuis à l’Elevage au Mali. Union Européenne/Mali/KIT. Amsterdam.

Cellule de Planification et de Statistique. (1998) : Recueil des statistiques du secteur rural au Mali. MDR/CPS. Bamako.

Coulibaly A . (1979) : Approche phyto-écologique et phytosociologique de pâturages Sahéliens au Mali (région du Gourma). Thèse de Doctorat. Univ. Nice.

Coulibaly A. (2001) : Manuel sur la vulgarisation des productions fourragères. FAO. Rome.

Coulibaly A ; Kessler J.J. (1990) : L’agro-pastoralisme au Mali-Sud. Analyse des contraintes et propositions d’amélioration. CMDT / KIT. Amsterdam.

Coulibaly A; Mortensen P; Traversac R.P; Verstegen A. (1995): Etude d’impact sur l’environnement. Cas du Projet de mise en valeur des plaines du Moyen-Bani. Hedeselskabet/ Denconsult.    

Eriksen J.H ; Traoré N. (1995): Etude sur l’Orientation du Projet de Gestion des Ressources Naturelles au Mali. « Elevage- Economie- Environnement ». MDRE/PGRN. Bamako.

Friedrich Ebert Stiftung. (1997): Litiges fonciers au Mali. Ministère de la Justice/ Instit. Nat. Form. Jurid. Bamako.

Les Editions Jeune Afrique. (1981) : Atlas du Mali. 3, Rue Roquebrune 75008 Paris.

Ministère de l’Environnement. (1999) : Stratégie nationale de conservation de la diversité biologique. S.N.P.A /DB. Bamako.

Penning de Vries F.W.T; Djitèye M.A. (1982): La productivité des pâturages sahéliens Centre of Agricultural Publishing and Documentation. Wageningen.

Projet Inventaire des Ressources Terrestres. (1986) : Zonage agroécologique du Mali. Ministère de l’Elevage et de l’Environnement. Bamako.

Van Duiveenbooden N ; Gosseye P.A. (1990): Compétition pour des ressources limitées: le cas de la 5è Région du Mali. Rapport 2. CABO, Wageningen, Pays-Bas.

 


9. Contacts

Ce document a été réalisé par Almoustapha Coulibaly, Docteur spécialisé en biologie végétale et chercheur en agro-pastoralisme.Actuellement à la retraite, Mr. Coulibaly est Conseiller scientifique du Comité National de la Recherche Agronomique au Mali, Sécrétaire National de l’Association des Botanistes de l’Afrique de l’Ouest et Vice-Président de la Société Malienne de Phytothérapie.La mise à jour des données sur les systèmes pastoraux pourra être assurée.

[The profile was prepared in June 2002 and finalized in October 2003; the English translation was undertaken by J.M. Suttie in July 2002 and editing was done by J.M. Suttie and S.G. Reynolds in October 2003; the French version was edited by J.M. Suttie.
Brahim Kebe of the FAO Accra Office ensured that the profile was prepared and followed up on various drafts].