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Mauritanie
par Ahemedou Ould Soule |
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La Mauritanie est située dans le nord ouest du continent africain entre le 15e et 27e degré de latitude nord et les 5e et 17e de longitude ouest. Elle est limitée au nord par le Maroc et l’Algérie, au sud par le Sénégal, à l’ouest par l’Océan Atlantique, à l’est et au sud par le Mali (Figure 1). C’est un vaste pays d’une superficie de 1 030 000 km2, peuplé de 2 548 157 habitants (Ould Ekeïbed M. A. 2001) vivant sur moins de 40 pour cent de la superficie globale du pays. L’espace désertique saharien couvre les trois quarts du pays, tandis que le dernier quart appartient au domaine sahélien. La population se compose en majorité d’arabo-berbères (maures blancs et maures noirs ou haratins) et d’une importante part de négro-africains : halpoularen, soninkés, wolofs et bambaras. La religion est l’islam et la langue officielle est l’arabe. Elle est indépendante depuis le 28 novembre 1960. Les principales ressources nationales proviennent du commerce, du secteur minier et de la pêche. Elle dispose également d’un potentiel important en terme d ‘élevage et dans une moindre mesure d’agriculture.
Figure 1a : Carte de la Mauritanie
Figure 1b : Carte administrative de la Mauritanie |
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Plus de la moitié de la superficie du pays constitue une partie de la plaine africaine, le reste étant un ensemble de vastes plaines parsemées çà et là de plateaux de l’Adrar, du Tagant, de l’Assaba et l’Affolé dont les élévations varient environ de 200 mètres à 800 mètres au-dessus du niveau de la mer, avec un point culminant situé à 917 mètres à Kédia d’Idjil. Les plus basses altitudes se rencontrent le long de la ligne côtière de l’Océan Atlantique où elles s’élèvent à moins de 50 mètres . A l’est du littoral on rencontre les dunes continentales de 50 à 100 mètres . Entre les dunes continentales et les plateaux de l’Assaba, du Tagant et de l’Adrar, on rencontre des regs parsemés de buttes caillouteuses dont l’altitude est généralement inférieure à 100 mètres. Dans l’ensemble les variations topographiques ne sont pas importantes pour affecter la température et par la suite le développement de la végétation. Sols •La région de sol A : située dans l’extrême sud du pays, c’est la zone la plus arrosée du pays. Elle reçoit des précipitations supérieures à 500 mm. Elle correspond à la limite septentrionale de la savane sèche. Cette zone climatique de sol offre le meilleur potentiel pour la culture sous pluies et les pâturages. •La région de sol B : englobe l’ensemble des zones à précipitations comprises entre 225 et 500 mm. Dans l’ordre de prédominance, les pâturages sont les dunes de sable ou autres sables éoliens, les terres rocheuses, les pédiments ou affleurements de désert, les terres hautes indifférenciées les terres alluviales, les dunes côtières, les sebkhas et les sols complexes. La pâture et l’agriculture sont les principales utilisations de cette zone. • La région de sol C : englobe tout le reste du pays où la pluviométrie moyenne est généralement inférieure à 225 mm. Dans cette région on y rencontre les trois formes principales de relief ; le groupe le plus important est composé de dunes de sable, suivi par les terres rocheuses et les pédiments qui sont moins nombreux. |
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Autrefois, le secteur de l’élevage était séparé de l’agriculture, mais une évolution s’est produite au cours des dernières décennies et les animaux se retrouvent maintenant dans tous les systèmes de production agricole. Ainsi, on distingue en Mauritanie les principaux systèmes de production suivants : les systèmes pastoraux nomades, les systèmes pastoraux et agropastoraux transhumants, les systèmes agropastoraux à élevage sédentaire associé à l’agriculture, les systèmes extensifs urbains et les systèmes semi-intensifs. L’élevage constitue la principale activité du secteur rural en Mauritanie. Il est dans la majorité des cas de type extensif, mais on assiste depuis quelques années à une évolution vers d’autres formes. Malgré les graves années de sécheresse qui ont considérablement réduit les ressources fourragères et hydriques, et décimé le cheptel mauritanien au cours des années 70 et 80, l’élevage continue d’être une activité économique importante. La contribution officielle du secteur de l’élevage à la valeur ajoutée nationale se situe pour l’année 2000 aux alentours de 68 milliards d’Ouguiya (1US$ = 258.750 (MRO)Oguiya in 2003), soit approximativement 25 % du PIB (FAO 2001). Il est pratiqué essentiellement dans une zone à climat sahélien qui couvre tout le sud du pays entre le 15e et 18e parallèle nord. La répartition du cheptel est fonction des espèces :
En Mauritanie, il y a une spécialisation des zones agroécologiques en matière d’élevage :
Il n’existe aucune base fiable qui permettrait de connaître les effectifs de différentes espèces animales présentes en Mauritanie. D’après les statistiques publiées par le Ministère du Développement Rural et de l’Environnement (MDRE), les effectifs seraient en 2000 de :
Les données de la FAO sur le nombre du bétail, des exportations
de bétail et de la viande et des importations de lait sont données
dans le tableau 4.
Les effectifs de ce cheptel ont subi des variations importantes depuis 1964 (date des premières statistiques disponibles). Les baisses des effectifs sont la conséquence des différentes sécheresses qui ont affecté le pays. Les petits ruminants et les camelins ont beaucoup moins souffert de la sécheresse que les bovins (Figure 5). Actuellement, les troupeaux se sont reconstitués et leurs effectifs sont supérieurs à ceux existants avant les cycles de sécheresses commencés en 1968. L’évolution récente de ces effectifs est liée à la bonne pluviométrie que le pays a connu. Figure 5 : Evolution du cheptel ruminant en milliers
de têtes
Les animaux domestiques Les animaux domestiques élevés en Mauritanie appartiennent aux différentes espèces indiquées dans le Tableau 5.
¨ Les bovins (Bos indicus) : en Mauritanie on rencontre deux races distinctes : · Le zébu maure: représente 75 % des effectifs. C’est un animal rustique qui peut remonter assez loin dans le nord parfois au-delà de l’isohyète 150 mm. Il est très résistant et peut ne boire que tous les deux jours. · Le zébu peul: se rencontre exclusivement dans le sud du pays (surtout dans le Gorgol Assaba et Guidimakha). ¨ Les ovins (Ovis aries) : en Mauritanie on rencontre trois races de mouton : · Le mouton maure à poils ras (Touabir ou Ladem) : il est très apprécié pour ces qualités bouchères. · Le mouton maure à poils long : il est nettement plus petit que le type précédent. Il est apprécié pour son poil de couleur noire assez long pour être tissé. · Le mouton peul ou poulfouli : il a des caractéristiques assez voisines de celles des moutons maures à poils ras. Il se rencontre uniquement dans le sud du pays. ¨ Les caprins (Capra hircus) : on rencontre en Mauritanie les races suivantes : la chèvre du Sahel ou chèvre bariolée que l’on rencontre dans tout le pays, la chèvre du Sahara ou chèvre espagnole ou Gouéra et la chèvre naine de l’est ou Djouguer. ¨ Les camelins (Camelus dromedairus) : on rencontre en Mauritanie les deux races suivantes : le dromadaire du Sahel ou Rgueïbi et le dromadaire de l’aftout ou chameau de Brabiches. ¨ Les équins (Equus caballus) : on distingue la présence de deux races en Mauritanie : le cheval barbe et le cheval arabe ou race des deux hodhs. ¨ Les asins (Equus asinus) : on rencontre une seule race, la race locale (l’âne de Mauritanie) dans tout le pays. ¨ Les volailles : elles sont représentées essentiellement par des races locales (Gallus gallus) ou exotiques. Les estimations des dernières années font état de 3 500 000 poules de souche locale en élevage traditionnel. L’aviculture traditionnelle concerne également les pintades et les canards. La production animale Les productions animales étant largement tributaires du disponible fourrager des pâturages naturelles, sont caractérisées en général par des périodes courtes de gain de poids et d’augmentation de la production laitière en hivernage (3-4 mois) suivies par des périodes plus longues de pertes de poids et baisse de la production laitière en saison sèche (8-9 mois). La vente du bétail sur pieds, des produits dérivés tels que : lait, viande beurre, peaux, laines etc. est la principale source de revenu de l’éleveur. Les prix du bétail sur les marchés s’établissent selon le libre jeu de l’offre et de la demande. Les transactions se font à la tête de bétail. Les animaux commercialisés sont en général des mâles âgés ou des femelles de reforme (femelles âgées ou stériles). Les petits ruminants connaissent une forte exploitation de jeunes surtout les chevreaux. Les femelles sont en général capitalisées. ¨ La filière lait : le lait est un aliment extrêmement important dans l’alimentation des mauritaniens. Il est consommé soit à l’état frais ou transformé en lait caillé ou en beurre. L’alternance des saisons conditionnant une alternance des conditions d’alimentation est un facteur important de variation de la production. Pendant l’hivernage la production de lait est beaucoup plus importante que celle de la saison sèche. La saisonnalité de la production laitière s’explique par la qualité des fourrages et la disponibilité de l’eau au cours de l’année. La variation de la valeur nutritive des pâturages se traduit non seulement par la variation de la production laitière, mais encore par d’importantes variations dans la composition du lait. Le lait d’hivernage étant de qualité meilleure. Les deux usines de pasteurisation ont organisé un système de collecte de lait produit par les élevages semi-intensifs et péri-urbain (transhumants ou sédentaires). Ces systèmes de collecte sont organisés avec des moyens modernes (camionnettes, camion-citernes etc.). En vue d’une rationalisation et d’un développement de la production laitière, les usines de pasteurisation ont organisé les éleveurs ; ce qui a permis, outre l’augmentation des revenus des éleveurs, une meilleure gestion des troupeaux qui sont mieux nourris et soignés. ¨ La filière viande : la production annuelle de la viande est estimé à environ 75 426 tonnes, dont 16 215 tonnes de bovins, 38 745 tonnes de petits ruminants, 18 046 tonnes de viande cameline et 2 420 tonnes de viande de volailles. La Mauritanie est autosuffisante en viande et écoule la production excédentaire (cheptel sur pied) vers les pays voisins : Sénégal, Mali, Côte d’Ivoire et les pays de l’Union du Maghreb arabe. Les exportations sur pieds sont de l’ordre de 30 000 à 70 000 têtes de bovins et 300 000 ovins. On estime l’excédent exportable à 43 300 bovins, 327 600 petits ruminants et 31 600 camelins soit 17 110 tonnes d’équivalent carcasses (Marchés Tropicaux et Méditerranéens 1998). ¨ Autres produits de l’élevage: le potentiel exportable en peaux équivaut à 78 000 bovins et 1 800 000 petits ruminants. Les peaux et cuirs des petits ruminants et bovins sont employés par l’artisanat local tandis que ceux des dromadaires ne sont pas utilisés. Les exportations des peaux et cuirs sont limités. Elles sont constituées essentiellement de peaux d’ovins; selon les statistiques douanières, elle est de l’ordre de 20 % des abattages contrôlés et 2,5 % des abattages totaux (Marchés Tropicaux et Méditerranéens 1998). La collecte de peaux brutes est principalement réalisée à Nouakchott. La laine de mouton, très appréciée est utilisée pour la confection des tentes. La laine de chameau est également utilisée pour les mêmes fins. Les bouses de vaches sont utilisées comme source d’énergie de chauffage. Elles sont également utilisées dans les constructions en banco. Les déjections d’animaux pâturant sur les champs de culture sont des fertilisants du sol. Les cornes et ongles sont très peu exploités en Mauritanie. ¨ Production d’une force de travail : dans les zones sahariennes et saharo-sahéliennes où la profondeur des puits peut atteindre quelques dizaines de mètres, l’exhaure de l’eau est effectuée à l’aide de chameaux ou plus rarement avec des ânes. Dans ce cas le puisage se fait à l’aide d’un seau (delou) réalisé à partir de peaux de vaches d’une capacité pouvant dépasser les 50 litres. Dans la vallée, on pratique la culture attelée. Les animaux les plus fréquemment employés sont les bœufs et les ânes. Les charrettes très utilisées dans le transport interurbain d’eau, marchandises et même de personnes sont tirées par des ânes ou des chevaux. Les systèmes de production Les systèmes pastoraux nomades Jadis très important dans les systèmes de production en Mauritanie, le nomadisme a souffert d’une forte régression au cours des trois dernières décennies principalement à cause de la sécheresse. Les principaux animaux domestiques de ce système sont le chameau et la chèvre. Ce système d’élevage est caractérisé par une très grande mobilité des troupeaux. Les mouvements des troupeaux sont tributaires de la disponibilité des pâturages naturels et des points d’eau. Pendant la saison d’hivernage (mi-juillet-septembre) les troupeaux remontent le plus au nord possible généralement dans leurs terroirs. Par contre, pendant la saison sèche froide (octobre-février) les nomades progressent lentement vers le sud. Pendant la saison sèche chaude (mars-mi-juillet), ils se fixent généralement près des points d’eau. Dans le nord, les nomades sont parfois obligés de conduire les troupeaux de dromadaires très loin des points d’eau (parfois plus de 30 km) à la recherche des pâturages. Dans ce cas l’abreuvement a lieu une fois par un à trois mois. De même si les dromadaires sont conduits sur des pâturages riches en eau, ils peuvent se passer d’eau pendant des semaines voire un à trois mois. Les troupeaux nomades sont gardés par des bergers qui sont souvent des anciens nomades ayant perdus leurs troupeaux lors des années de sécheresses ou leurs fils. Ils gardent des troupeaux généralement appartenant à des propriétaires urbains contre une numération. Les troupeaux de caprins à faible effectif appartiennent souvent au berger. Les animaux parcourent quotidiennement des longues distances à la recherche de la nourriture constituée principalement d’arbres, d’arbustes et d’herbes. Seuls les animaux affaiblis peuvent recevoir une alimentation complémentaire constituée essentiellement de concentrés, blé, tourteau d’arachide. Les nomades connaissent très bien les plantes et les animaux. Le savoir-faire des pasteurs permet d’utiliser au meilleur moment les parcours de telle ou telle zone. A partir d’enquêtes menées auprès d’autres éleveurs, de missions de prospection qu’ils effectuent à dos de chameau, ils apprécient la capacité fourragère et la répartition spatiale des pâturages ; ce qui leur permet de gérer leurs parcours. Le nomadisme a l’avantage de permettre aux animaux d’explorer les zones qui ne sont pas à la portée des autres systèmes d’élevages. La diversité des espèces appétées joue un rôle important du point de vue sanitaire et nutritionnel. Pendant la saison sèche, l’abreuvement des caprins se fait tous les deux jours tandis que celui des camelins n’a lieu qu’une seule fois tous les quatre à cinq jours ou même plus. Le troupeau dromadaire reçoit du sel de cuisine deux à trois fois par mois. Le lait de chamelle est l’aliment de base des populations nomades ; il constitue la principale source d’approvisionnement en eau de leurs organismes. Il est sous-exploité car la plupart des chamelles laitières ne sont pas traites, ce qui constitue une perte importante de lait pendant toute la saison sèche ; par contre pendant la saison d’hivernage, le lait est valorisé car les populations urbaines profitent des vacances scolaires pour pratiquer des cures de lait. Quant au lait de chèvres, (faible quantité) il est souvent réservé à la production de beurre. Comme pour les autres systèmes d’élevage, la viande de camelins n’est consommée par les éleveurs qu’à l’occasion de cérémonies importantes. Celle des caprins est plus fréquemment consommée surtout à l’occasion des fêtes et visites d’étrangers. La laine de chameaux est utilisée pour la confection de tentes. Cependant elle est moins appréciée que celle de mouton. Les peaux de chèvres sont tannées par les femmes et sont utilisées pour la confection d’outres, de nattes et diverses autres activités. Les peaux de chameaux ne sont pas exploitées. Le chameau, qui était le seul moyen de transport adapté au milieu, continue encore à être utilisé dans ce domaine. Il est également très utilisé pour l’exhaure de l’eau. Les systèmes pastoraux et agropastoraux transhumants L’élevage transhumant est caractérisé par le fait que le troupeau, ou une fraction du troupeau, transhume durant sept à huit mois. Ces déplacements peuvent entraîner les éleveurs hors du pays (Mali ou Sénégal) et sont caractérisés par un retour à un point d’attache où réside la famille du propriétaire du troupeau. Les troupeaux sont conduits parfois par des bergers familiaux mais ils sont souvent confiés à des bergers salariés qui sont fréquement accompagnés par au moins un membre de la famille qui est chargé de la gestion. Les principaux animaux de ce système sont les bovins, les ovins et quelquefois de caprins et camelins. On assiste depuis quelques années à une réduction sensible de la mobilité des troupeaux. Les déplacements sont limités à deux ou trois mois pendant la période de soudure (mai-juillet). Pendant cette période les troupeaux progressent lentement vers des zones généralement situées plus au sud où l’eau et les pâturages naturels sont plus abondants. L’élevage ovin est très important dans le sud-est du pays notamment les régions des deux Hodhs. Les déplacements sont importants dans le temps et dans l’espace. Les mobiles de cette transhumance sont à rechercher dans la nécessité de placer les animaux sur des pâturages verts de façon à pouvoir intensifier le rythme de reproduction à fin d’obtenir deux agnelages par an. Les troupeaux du sud-est exploitent les pâturages du Mali pendant toute la saison sèche et remontent vers le nord pendant l’hivernage pour fuir les insectes piqueurs et séjourner avec sinon au voisinage de leurs propriétaires. L’élevage des caprins est secondaire. L’élevage camelin à propriétaires urbains, proche de celui nomade du point de vue mobilité a connu un développement récent au cours des dernières années. Il ressemble à l’élevage semi-intensif péri-urbain du fait que certaines femelles laitières sont gardées aux environs de Nouakchott pour la production de lait au moins pendant l’hivernage. L’alimentation des animaux transhumants est quasi-exclusivement basée sur les parcours naturels. Cependant, une alimentation complémentaire est souvent apportée en période de soudure et surtout pour les animaux malades ou affaiblis. Le complément apporté est souvent du blé. Dans certains cas le troupeau est accompagné par des véhicules tout terrain ; ce qui permet : la détermination rapide des parcours; le transport des animaux affaiblis, le transport de l’eau pour le ménage, le transport de l’eau pour les animaux affaiblis et le transport des aliments de bétail. L’abreuvement se fait une fois par jour pour les petits ruminants, une fois tous les deux jours pour les bovins et une fois tous les quatre à cinq jours pour les camelins. La sécurité alimentaire du berger et parfois de sa famille l’accompagnant, est au moins partiellement assurée par le troupeau dont il a la charge. Quant aux propriétaires urbains, ils ne tirent pas un grand profit des produits de l’élevage en raison de l’éloignement du troupeau pendant au moins 10 mois de l’année. Le lait de vaches est généralement réservé à la consommation familiale ou à certains villageois démunis auxquels il est offert dans le cadre des réseaux de solidarité. Dans les zones où les débouchés commerciaux du lait se sont développés, les mécanismes traditionnels de solidarité (prêt de vaches à des familles pauvres ou mniha) ont grandement été affectés. L’excédent du lait est transformé en beurre. Les propriétaires urbains ne consomment le lait de leurs troupeaux que pendant l’hivernage. En effet, les propriétaires de troupeaux camelins et bovins profitent des vacances scolaires pour aller à la campagne effectuer «une cure de lait» jouant un rôle très important sur le plan sanitaire et nutritionnel. Cette pratique qui a connu un développement considérable ces dernières années a incité les fonctionnaires et commerçants à acheter des troupeaux bovins et/ou camelins sinon des laitières qu’ils exploitent pendant l’hivernage. Chez les peuls le lait de vache est traditionnellement vendu ou échangé contre les céréales par les femmes à l’état frais, caillé ou sous forme de beurre. Le lait de brebis est très peu exploité par les bergers, il est quasi exclusivement destiné à l’allaitement des agneaux. Les chèvres présentes dans le troupeau servent principalement à l’alimentation du berger et sa famille. La production ovine est en grande partie tournée vers la production de béliers écoulés régulièrement vers les villes de l’intérieur ou commercialisés au Sénégal et au Mali. Les systèmes agropastoraux à élevage sédentaire associé à l’agriculture Les animaux domestiques de ce système sont les bovins et les petits ruminants. L’élevage est fixe durant toute l’année sur un même terroir où les troupeaux exploitent les résidus des cultures en plus des fourrages naturels. L’éleveur a la charge du gardiennage de nuit de ses animaux. Pendant l’hivernage les animaux sont laissés en divagation tout le long de la journée ou conduits par un berger dans les pâturages en périphérie du village ; par contre, pendant la nuit ils sont conduits par des bergers en petite transhumance à l’écart des cultures jusqu'à une heure tardive puis ils sont enfermés dans leurs enclos. Pendant la saison sèche, ils sont souvent laissés en divagation. L’élevage bovin sédentaire est essentiellement pratiqué dans le sud (zone de la vallée et particulièrement dans les régions du Gorgol et Guidimakha) tandis que celui des petits ruminants se rencontre principalement dans toutes les zones du sud-est identifiées comme poches de pauvreté. Dans la vallée, l’embouche traditionnelle (mouton de case) est souvent réalisée. On assiste depuis quelques années à une embouche de jeunes taurillons similaire à l’embouche traditionnelle. Pendant l’hivernage, les animaux se contentent des pâturages naturels. Pendant la saison sèche, ils exploitent les résidus de culture (surtout les chaumes restés sur les champs) en plus des pâturages naturels. Située dans la saison sèche chaude, la période cruciale pour l’alimentation du bétail est fonction de la situation fourragère des parcours naturels. Sa durée est variable d’une année à l’autre. La supplémentation commence généralement en mars et s’arrête dès l’installation des premières pluies en juin. Au début de la période de supplémentation du bétail (mars-avril), les pâturages des parcours naturels ne sont pas épuisés. Les animaux peuvent prélever sur ces parcours au moins la moitié de leurs besoins d’ingestion quotidiens. La contribution de ces parcours dans la satisfaction de ces besoins diminue au fur et à mesure que l’on s’approche de la prochaine saison des pluies. Cette contribution peut descendre souvent jusqu’au quart des besoins d’ingestion quotidiens en matière sèche d’une UBT. Du mois de mai au mois de juillet tous les animaux ou au moins les animaux affaiblis et les mères en lactation reçoivent une complémentation alimentaire composée essentiellement de chaumes, de son (sorgho, mil, riz et maïs), et des graines de niébé et céréales. Dans les zones de culture irriguée, les animaux pâturent dans les casiers rizicoles qui sont mis en eau après la récolte pour assurer la repousse des mauvaises herbes. Ils reçoivent une complémentation formée essentiellement de résidus de cultures. Les moutons de case et taurillons mis à l’engraissement reçoivent une alimentation de bonne qualité composée de chaumes, de tiges du Cucumis ficifolius, Merremia pentaphylla, Ipomoea aquatica etc., tiges et graines de niébé, graines de céréales, déchets de cuisines, tourteau d’arachide etc. Le lait de vaches et celui de chèvres, très exploités, jouent un rôle très important dans l’alimentation des populations de ces zones tandis que le lait de brebis est peu exploité. Les productions laitières variant suivant les saisons sont de l’ordre de : vache : 1 à 4 litres/jour, chèvre : 0,5 l/j et brebis : 0,25 l/j. Des opérations d’embouche traditionnelle sont souvent réalisées par des agro-éleveurs. Elle concerne les jeunes agneaux en général. Ils sont mis à l’engraissement grâce à une alimentation complémentaire constituée essentiellement de résidus de cuisine et de sous-produits agricoles. L’objectif majeur de cette embouche est la consommation et la vente lors de la fête de Tabaski. En effet, à la fin de la période d’embouche, un des béliers est sacrifié par la famille le jour de la fête de Tabaski alors que les autres sont vendus ; ce qui permet à la famille de s’acheter les habits de fête. Dans les zones oasiennes, les animaux reçoivent une complémentation alimentaire composée de graines de dattes broyées, luzerne, résidus de cultures etc. Les systèmes extensifs urbains Ce système s’est développé en corollaire avec l’urbanisation engendrée par la sécheresse. Les caprins sont les principaux animaux de ce système. Parallèlement à l’élevage des caprins, on pratique souvent en milieu urbain l’embouche ovine. L’objectif recherché à travers ces élevages est soit la production de lait de chèvres soit l’embouche des moutons. Cet élevage est pratiqué en milieu urbain par les familles à faible revenu. Ce sont les femmes qui s’occupent des animaux. Ce système est caractérisé par la divagation des animaux dans les rues. Ils s’alimentent de déchets urbains mais reçoivent toujours une complémentation alimentaire de bonne qualité constituée de déchets de cuisine, cartons, farine de blé, tourteau d’arachide, luzerne etc. L’abreuvement est quotidien. Les caprins sont élevés pour leur lait qui est consommé de préférence à l’état caillé sous forme de boisson (zrig). L’embouche ovine est pratiquée de manière traditionnelle dans le but d’une production de brebis pour la fête de Tabaski. Les systèmes semi-intensifs Les animaux domestiques de ce système sont les camelins et les bovins (race maure). Ce système,qui s’est développé au cours de la dernière décennie autour des grandes villes (Nouakchott surtout) par des commerçants et fonctionnaires, s’étend actuellement aux axes routiers. Durant toute la saison sèche, les troupeaux camelins, constitués uniquement de femelles laitières, partent le matin à la recherche de pâturages à la périphérie de la ville. Ils reviennent très tôt dans l’après midi et reçoivent une complémentation alimentaire. Quant aux vaches laitières, elles sont gardées en stabulation pendant toute la saison sèche. L’abreuvement des animaux d’élevage a lieu tous les jours dans l’après midi. Pendant la saison d’hivernage, (août-septembre) le troupeau laitier est transféré à une cinquantaine, voire une centaine, de kilomètres de Nouakchott tout le long de la route Nouakchott-Rosso à la recherche de pâturages. Durant cette période l’alimentation est exclusivement constituée de pâturages naturels. Pendant l’hivernage, l’alimentation est quasi-exclusivement basée sur les pâturages naturels. Par contre pendant la saison sèche, les camelins reçoivent une ration le matin avant de partir à la recherche de pâturages dans les zones périphériques de la ville. Ils reviennent très tôt dans l’après midi où ils reçoivent l’eau et une complémentation alimentaire composée de tourteau d’arachide, son de riz, de blé etc. Quant aux vaches laitières elles sont placées en stabulation, entravées durant toute la saison sèche. Elles reçoivent une alimentation composée essentiellement de concentrés. Les productions laitières sont meilleures du point de vue qualitatif et quantitatif pendant l’hivernage car l’alimentation est plus équilibrée. Elles varient également en fonction du stade de lactation de 3 à 7 litres/jour (soit en moyenne 4,5 l/j) pour les vaches et 3 à 10 l/j (soit en moyenne 5 l/j) pour les chamelles. Le lait trait le soir est vendu à des clients de la ville tandis que la traite du matin est vendue à l’une des deux usines de pasteurisation. L’excédent est vendu à l’état caillé. Pendant l’hivernage beaucoup de familles s’installent tout le long de la route Nouakchott-Rosso à proximité des troupeaux laitiers pour effectuer une cure de lait ce qui engendre une légère augmentation des prix du lait. Les femelles laitières sont achetées ou proviennent du troupeau familial nomade (ou transhumant). Après une année d’exploitation commerciale du lait, les femelles et leurs petits sont vendus aux bouchers de Nouakchott ou remis dans leurs troupeaux d’origine. Dans tous les cas elles sont remplacées par d’autres. Santé animale Les appuis au secteur de l’élevage depuis les trois dernières décennies ont essentiellement porté sur la santé animale. Un progrès notoire a été réalisé dans ce domaine bien que les maladies continuent à exercer une menace sur le développement du cheptel. Actuellement il n’y a pas de suivi sanitaire faute de moyens humains et logistiques. Seules les campagnes de vaccination sont régulièrement organisées à l’échelon national pour lutter contre les principales épizooties (FAO 2001). Les bovins jouissent d’une bonne couverture prophylactique notamment par les vaccinations contre la PPCB, botulisme, charbons symptomatique et bactérien, | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||