Burkina Faso
par Dr ir Hamadé Kagone |
| 2. La
topographie et les sols La topographie Lhistoire géologique du Burkina Faso a été marquée par (i) les éruptions volcaniques précambriennes, (ii) les failles et les cassures éburnéennes et (iii) les fluctuations du niveau marin, contemporaines des mouvements hercyniens notamment, avec le dépôt des sédiments (Zoungrana, 1991). Ces évènements géologiques, suivis des phases successives dérosion, sont à lorigine des grands traits du relief qui comprennent une immense pénéplaine et des plateaux gréseux. La pénéplaine centrale. Plus de 80 pour cent du pays repose sur une vaste pénéplaine dallure monotone, sub-horizontale. Son altitude moyenne est comprise entre 250 à 300 m. Cette pénéplaine centrale est largement entaillée par la vallée du Mouhoun qui la sépare en deux blocs distincts : le bloc occidental ou plateau de Bobo-Dioulasso et le bloc oriental. Le plateau de Bobo-Dioulasso constitue la partie la plus élevée du socle. Sa surface est tantôt ondulée, avec des versants en pente douce, tantôt plane, trahissant la présence de cuirasses ferrugineuses affleurantes ou subaffleurantes formant de vastes glacis légèrement inclinés avec des pentes faibles (< 5 pour cent). Le bloc oriental, le plus important, est aussi le moins accidenté. Cest lui qui imprime à lensemble de la pénéplaine son allure générale. On y observe néanmoins des dômes granitiques, des inselbergs et quelques chaînons birrimiens isolés et épars dont laltitude varie de 400 à 500 mètres. Les plateaux gréseux. Ils tranchent avec le socle quils surplombent par des falaises tantôt massives entre Bobo et Banfora, tantôt sculptées par lérosion (Aiguilles de Sindou). Les plateaux de louest et du nord-ouest sont dominés par des buttes relictuelles alignées, dorientation sud-ouest / nord-est, aux pentes raides et aux sommets plats, généralement cuirassés. Ces buttes sont hautes denviron 700 m comme cest de cas du Piton de Bérégadougou (717 m) dominant la plaine de Banfora et du Mont de Ténakourou (749 m) qui constitue le point culminant du pays. Lensemble de ces plateaux recouvre le socle et sinterrompt par la « falaise » de Banfora, haute de 150 m. Les plateaux du sud-est sont beaucoup moins importants et forment une bande étroite dorientation sud-ouest / nord-est à la frontière avec le Bénin. Ils présentent un rebord en muraille verticale de 100 m de haut, connue sous le nom de falaise de Gobnangou. Les sols A partir des travaux de lORSTOM (Boulet, 1976) synthétisés par Fontès et Guinko (1995), on peut distinguer 8 principaux types de sols au Burkina. Ce sont : les sols ferrugineux lessivés, les sols peu évolués dérosion, les sols bruns eutrophes, les vertisols, les sols ferrallitiques, les sols halomorphes les sols hydromorphes et les sols minéraux bruts. Les deux premiers types de sols occupent plus des deux tiers du pays. Les sols ferrugineux lessivés couvrent les plus grandes étendues. Ils sont localisés essentiellement dans la partie méridionale de la pénéplaine précambrienne, au sud du 13ème parallèle. Ce sont des sols à texture variable, généralement à tendance sableuse dans les horizons de surface et argileuse dans les horizons plus profonds (> 40 cm). Ils ont un régime hydrique imparfait, en rapport avec de mauvaises propriétés physiques (porosité et perméabilité). Ils ont tous une faible capacité déchange cationique. Ils sont régulièrement associés à des sols gravillonnaires. Les sols peu évolués dérosion sont plutôt situés dans la moitié nord du pays. Ils sont installés sur des granites et des migmatites dont ils dérivent. Ils présentent un horizon sableux en surface (15 à 20 cm) et un horizon argileux au-delà. La compacité et limperméabilité de ce second horizon jouent un rôle néfaste pour lalimentation hydrique et lenracinement. Les sols hydromorphes sont installés sur des alluvions fluviatiles ou sur des matériaux daltération fins. De faible drainage, ils sengorgent régulièrement en saison des pluies. Ils sont surtout développés dans louest du pays et salignent avec le réseau hydrographique majeur : vallées du Mouhoun, du Nazinon et du Nakambé. Les sols bruns eutrophes sont caractérisés par une fraction argileuse importante. La présence dargile gonflante leur confère une forte capacité déchange et un taux de saturation élevé. Ce sont des sols généralement bien drainés. Leur structure de surface est variable, de grumeleuse à prismatique. Cest cette propriété qui règle leur fertilité. Ils sont répartis sur lensemble du territoire, par tâches de faible étendue. Les vertisols possèdent la même parenté texturale que les sols bruns. Ils sen distinguent par la structure prismatique de leur horizon B. Ce caractère est lié à leur position topographique basse. De fait, ce sont des sols beaucoup moins drainés. Ils sont particulièrement développés dans le sud-est et le centre-ouest (vallée du Sourou). Les sols minéraux bruts sont des sols de faible profondeur installés sur la roche-mère ou sur des horizons cuirassés. Ce sont des sols pauvres. La végétation quils portent est tantôt clairsemée ou au contraire dense à cause de leur faible aptitude agricole qui les met à labri de toute intervention humaine. Les sols halomorphes ou salés sont installés au nord du pays. De texture variée, ces sols ont une structure franchement dégradée. Ce sont des sols pauvres qui supportent des steppes arbustives extrêmement lâches. Les sols ferrallitiques sont localisés dans le sud-ouest du pays où ils occupent une faible surface. Leur profil sapparente à celui des sols ferrugineux, mais leurs propriétés physiques et chimiques les différencient nettement. Ils se distinguent notamment par la texture argileuse kaolinitique de lhorizon B qui leur confère une perméabilité satisfaisante. Ils constituent de bons supports pour les cultures et pour la végétation naturelle dominée par les savanes arborées. |
| 3. Le climat et les zones agro-écologiques Le climat Le Burkina Faso est sous linfluence de climats tropicaux secs. Il est soumis à lalternance saisonnière dair humide de mousson venant des hautes pressions océaniques et dair sec provenant des latitudes sahariennes. Daprès Fontès ( 1983) et Zoungrana (1991), le climat est caractérisé par:
Le tableau 2 présente le découpage bioclimatique du pays, établi au moyen des isohyètes annuels et de la durée de la saison sèche des plus longues séries fournies par le réseau météorologique national. On y distingue des climats sahéliens arides au nord et des climats soudaniens moins xériques au sud. La limite entre les deux types de climats correspond sensiblement à la ligne Ouahigouya-Kongoussi-Bogandé. Le facteur climatique limitant de la végétation est la pluviosité dont la tendance générale est à la baisse, avec une importante variabilité inter-annuelle (Kagoné, 2000). Ces caractéristiques sont à prendre en compte dans les programmes de recherche et de développement en vue de prévenir les crises alimentaires et fourragères consécutives aux années de sécheresse. Tableau 2. Les bioclimats du Burkina Faso.
Les zones agroécologiques Au Burkina Faso, il na pas encore été établi un zonage agroécologique au sens strict du terme. Ce sont les secteurs phytogéographiques, reconnus et définis par Monod (1957) et Guinko (1984) daprès des critères climatiques et floristiques, qui tiennent lieu de zones agroécologiques. La Fig. 2 présente les quatre zones agroécologiques dont les caractéristiques générales sont synthétisées dans le tableau 2.
Fig. 2. Carte des zones agroécologiques du Burkina Faso, élaborée par Dembélé O. à partir de la carte de la végétation naturelle et de loccupation du sol de Fontès et Guinko (1995). Tableau 3. Caractéristiques générales des zones agroécologiques du Burkina Faso.
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| 4. Les systèmes délevage des ruminants Eu égard à la variabilité des conditions écologiques, les systèmes délevage du Burkina sont caractérisés par une grande diversité. Cette diversité sexplique aussi par les facteurs sociaux, culturels et économiques. Plusieurs auteurs ont essayé de dressé une typologie des systèmes délevage (Touré et al., 1985 ; IEMVT-CIRAD/SFC SEDES-CEGOS, 1991 ; Sanon et al., 1995 ; Barry et al., 1998 ; MINISTÈRE DES RESSOURCES ANIMALES, 2000 ; Kagoné, 2000). Nous proposons dans ce document une typologie des systèmes délevage des ruminants domestiques qui prend en compte les essais précédents. Deux grands types de systèmes délevage coexistent au Burkina Faso, à savoir les systèmes traditionnels extensifs et les systèmes délevage modernes, semi-intensifs à intensifs. Les systèmes traditionnels Il sagit des systèmes à faible utilisation dintrants. Les concentrés alimentaires (sous-produits agro-industriels) ne sont pas utilisés ou le sont seulement en période de crise fourragère aiguë pour soutenir les animaux faibles. Les vaccinations portent sur une partie seulement du troupeau, même en cas de maladies déclarées. Les systèmes traditionnels regroupent lélevage peul transhumant, lélevage villageois sédentaire, lélevage agropastoral et lélevage en zone pastorale aménagée. Le système peul transhumant est le plus important au plan numérique. Il regroupe plus de 70 pour cent du cheptel bovin national. Cet élevage est concentré entre les mains du groupe ethnique Fulbé couramment appelé Peul. Le troupeau est monospécifique bovin ou mixte, associant les bovins et les petits ruminants. Les bovins sont dans la plupart des cas de la race Zébu peul soudanien. Le mâle est un bon animal de boucherie, avec un poids adulte moyen 320 kg et un rendement carcasse de 48 pour cent. La femelle est peu laitière : sa production journalière est de 2 à 3 kg, soit une production annuelle de 700 kg de lait en 8 mois. Dans les provinces du Mouhoun, du Gourma (Matiacoali) et de la Komandjari, on rencontre des troupeaux transhumants composés uniquement dovins et de caprins appartenant à des éleveurs peuls, gourmantchés ou bellahs. Le système dalimentation est basé sur lexploitation opportuniste des ressources fourragères selon une chaîne de pâturage annuelle combinant judicieusement 5 saisons de pâturage et les différents types de parcours en présence (Fig. 3). Au cours de la plupart des saisons de pâturages, le bétail exploite, sous la conduite dun berger, les ressources fourragères comprises dans un territoire pastoral. Le rayon moyen du circuit pastoral quotidien, mesuré au moyen dun odomètre est de 7±3 km. La caractéristique principale de ce système délevage est la transhumance saisonnière des troupeaux. Pour reprendre la définition de Lhoste et al. (1993), la transhumance est la déplacement saisonnier de troupeaux sous la garde de quelques personnes, généralement des bergers salariés ou de jeunes hommes de la famille, la plus grande partie du groupe restant sédentaire. En régions sahéliennes et nord-soudaniennes du Burkina Faso, la disponibilité en ressources pastorales est très variable dans le temps et dans lespace, etc. Dans un tel contexte de précarité, la stratégie adoptée par les éleveurs est la mobilité qui constitue le fondement même du pastoralisme. Les grandes transhumances répondent aux objectifs suivants :
La date de départ en transhumance nest pas fixe, elle est commandée par létat des ressources et dépend donc des conditions climatiques. En régions nord-soudaniennes du Burkina Faso, la transhumance couvre la période de mars à juin. La Fig. 4 présente la carte des axes de transhumance dans lest du Burkina Faso. On y distingue 2 types de transhumances : la petite transhumance qui se déroule à lintérieur de la région et du pays, et la grande transhumance qui est souvent transfrontalière en direction du Bénin. Par ailleurs, la région reçoit des transhumants en provenance du Niger. Les aires protégées, non ouvertes à la pâture mais qui regorgent de ressources en eau et en pâturage (jeunes repousses de graminées vivaces), constituent les zones daccueil de fait des troupeaux transhumants. Selon Toutain et al. (2001), les itinéraires et les lieux de stationnement des troupeaux transhumants sont dabord déterminés en fonction de lexpérience acquise les années précédentes mais sont actualisées et adaptées à chaque fois à partir des informations collectées préalablement par des éclaireurs ou à partir dautres sources (marabout ambulant, voyageur nomade, commerçant de bétail, etc.). Les informations collectées sur le pays et les zones daccueil portent principalement sur :
-les conditions sanitaires pour les animaux : maladies dominantes, disponibilité et coûts des services et produits vétérinaires, champs maudits (Terrains infestés par lagent pathogène du charbon bactéridien ; lherbe qui y pousse est également infestée et source de contamination pour le bétail). Lensemble de ces informations permet à léleveur de définir litinéraire de transhumance de lannée en cours en fonction des disponibilités en eau et en pâturage, mais aussi de labsence de maladies contagieuses. Létat précaire des animaux au départ de la transhumance nécessite le choix dun itinéraire disposant de ressources fourragères et de points dabreuvement. Le trajet entre la zone de départ et la zone daccueil doit aussi être le plus court possible afin déviter que les animaux déjà très affaiblis ne meurent de fatigue. Il est à noter que la transhumance est réglementée tant au plan national quà celui de la sous-région ouest-africaine. La transhumance nationale au Burkina Faso est régie par larrêté conjoint n°2000-30/MRA/MEE/AGRI/MEF/MATS/MEM/MIHU du 21 juillet 2000 et la transhumance transfrontalière lest par la Décision A/DEC.5/10/98 relative à la réglementation de la transhumance entre les Etats membres de la Communauté Economique des Etats de lAfrique de lOuest (CEDEAO). Cette décision, qui a été adoptée lors de la vingt-et-unième session ordinaire de la Conférence des Chefs dEtat et de Gouvernement à Abuja en 1998, autorise le franchissement des frontières terrestres en vue de la transhumance entre tous les pays de la Communauté pour les espèces bovine, ovine, caprine, caméline et asine. Les principales obligations à satisfaire concernent la détention du Certificat International de Transhumance (CIT) et le respect de la réglementation en vigueur dans le pays daccueil.
Fig. 4. Axes de transhumance du cheptel bovin dans lest du Burkina Faso (Toutain et al. 2001). Le système villageois sédentaire. Ce système délevage est reconnu aux agriculteurs-éleveurs et parfois aux éleveurs-agriculteurs sédentarisés. Il se rencontre surtout chez les groupes ethniques Gourounsi, Lobi et Dagari. Les objectifs de lélevage dans ce système sont plus socio-culturels (funérailles, dot etc.) quéconomiques, avec subséquemment une mauvaise conduite du troupeau. Les animaux sont des taurins de la race Lobi ou des méré résultant du croisement entre zébu et taurin. Les troupeaux sont souvent constitués danimaux de plusieurs propriétaires et confiés à un seul bouvier. Mais le troupeau peut aussi relevé dune propriété individuelle ou familiale. Le système agropastoral sédentaire. Cest le système délevage mis en uvre par les agriculteurs qui capitalisent le surplus de production agricole sous forme de bétail. Il est pratiqué indifféremment chez la plupart des groupes ethniques et des catégories socio-professionnelles (agriculteurs, fonctionnaires, commerçants, etc.). On distingue 2 composantes dans ce système délevage : lélevage bovin sédentaire et lélevage intégré. Lélevage bovin est conduit en marge de lexploitation agricole par un membre de la famille ou par un berger peul salarié. Pendant la saison des cultures, le parc de nuit est construit hors du domaine agricole. Lalimentation est basée sur lexploitation des pâturages naturels du terroir villageois ou inter-villageois. Lélevage intégré regroupe tous les animaux logés dans lexploitation agricole et présentant de nombreuses relations avec elle. On y dénombre les animaux de trait ou de bât (bufs, ânes, chevaux) et les petits ruminants (moutons et chèvres). Au plan alimentaire, lélevage intégré est complémenté en saison sèche avec des fourrages stockés (résidus culturaux, foins). Le système délevage en zone pastorale aménagée. La stratégie des zones pastorales vise à sédentariser lélevage peul transhumant, à garantir la sécurité foncière des activités pastorales, à augmenter la productivité du troupeau et à rationaliser la gestion des ressources naturelles. Les éleveurs régulièrement installés dans ces zones bénéficient dun encadrement rapproché et dun réseau important dinfrastructures délevage (points deau, parcs de vaccination, magasins dintrants, mini-laiteries, etc.). En 1997, 10 zones pastorales aménagées totalisant près de 542 000 ha, 3 995 familles, 133 000 bovins, 69 000 ovins et 70 000 caprins étaient fonctionnelles. A terme, le nombre de zones devrait passer à 50, avec une superficie cumulée de 2 000 000 ha (Ministère des Ressources Animales, 1997). Malgré ces efforts, force est de constater que la productivité de lélevage en zone pastorale aménagée nest pas significativement différente de celui hors zone. Toutefois, on y note lémergence dun élevage laitier semi-extensif. Celui-ci est caractérisé par lamélioration de lalimentation de quelques femelles en lactation du troupeau faisant appel à une complémentation à base de résidus culturaux, de fourrages naturels ou cultivés et de sous-produits agro-industriels (tourteaux de graines de coton, son de blé). Le lait récolté approvisionne des mini-laiteries qui sont gérées par des groupements de femmes déleveurs comme cest le cas à Bittou, Sondré-est, Sidéradougou et Yallé. Ce type délevage est quelquefois observé hors zone pastorale aménagée ; cest le cas de lUnion des Producteurs de Lait (UPL), dont les membres sont installés dans un rayon de 50 km de Bobo-Dioulasso, qui approvisionne la laiterie Faso Kossam. Les systèmes délevage améliorés Ils sagit de systèmes où les producteurs investissent des moyens plus conséquents en intrants et en travail, ce qui permet aux animaux de mieux extérioriser leurs performances. On distingue lélevage laitier urbain et péri-urbain dune part, les ateliers dembouche bovine et ovine dautre part. Ces systèmes connaissent actuellement un engouement continu qui mérite dêtre soutenu, afin de tirer parti des nouvelles opportunités demploi en faveur des jeunes et des femmes et de réduire la dépendance du pays en produits laitiers. Lélevage laitier urbain et périurbain. Cest un système semi-intensif à intensif délevage. Il sagit des fermes de production laitière installés à la périphérie ou dans les grands centres urbains tels que Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Koudougou, Ouahigouya, Dori. Ce type délevage, en plein essor, est entre les mains de commerçants exportateurs de bétail, déleveurs modernes, dhommes politiques, de hauts gradés de larmée et de fonctionnaires quil est convenu dappeler les nouveaux acteurs. Le animaux sont généralement de race locale (Zébu peul soudanais), mais on assiste de plus en plus à lintroduction de nouveaux gènes. Ainsi, lAzawak, le Sokoto Gudali, le Gir et le Girlando sont des races qui font déjà partie du cheptel urbain et péri-urbain ou qui sont en voie de diffusion. Au regard des aptitudes laitières des races sus-citées, on peut sapercevoir aisément que la production laitière est en plein essor. Cette dynamique sexplique quand on sait que le Burkina Faso dépense annuellement près de 10 milliards de francs CFA pour les importations de lait et produits laitiers. La production de lait est destiné au marché intérieur. Lembouche bovine et ovine. Ce type délevage est pratiqué en milieu rural ainsi quen zone urbaine et péri-urbaine. Les acteurs sont les mêmes que précédemment, plus certains ruraux. Il est à noter que lembouche paysanne des ovins est une activité dominée par les femmes. Les animaux dembouche sont les mâles entiers de la race Zébu peul soudanais de 3-5 ans pour les bovins, le bélier de race Djalonké, Bali Bali ou le métis issus du croisement de ces 2 races. La quasi totalité des animaux embouchés sont exportés vers la Côte dIvoire, le Ghana, le Togo, le Bénin ou le Nigeria. Toutefois, une part importante des béliers engraissés sont sacrifiés localement lors de la fête musulmane de Tabaski. |
| 5. Les
ressources pastorales Au Burkina Faso, lalimentation des ruminants domestiques repose essentiellement sur les pâturages naturels (herbacés et ligneux). Cependant, les éleveurs ont aussi recours aux résidus culturaux, et aux sous-produits agro-industriels en saison sèche (SPAI) pour une alimentation dappoint. Les cultures fourragères restent encore très rarement présentes dans la ration, même si elles constituent une voie dintensification de la production fourragère. Brève description de la végétation Cette brève description de la végétation se réfère aux travaux de Guinko S. (1984), de Fontès J. et Guinko S. (1995). Le Burkina Faso fait partie de la région phytogéographique soudano-zambézienne. Sa végétation est le reflet des conditions climatiques et édaphiques, ainsi que des actions anthropiques. Steppes, savanes à faciès multiples et forêts claires se succèdent en gros dans lespèce burkinabé du nord au sud. Elles sont sillonnées par des forêts-galéries et parsemées de reliques forestières, des bois sacrés pour la plupart. Les steppes. Les steppes se rencontrent dans les zones agroécologiques sahélienne et subsahélienne. Elles sont arbustives pour la plupart, dominées par des épineux des genres Acacia et Balanites. Elles sont soumises à une forte pression pastorale, avec une surexploitation des ligneux fourragers qui procède par broutement sur pied, par émondage et par rabattement des branches. Le couvert herbacé est lâche, ce qui les met à labri des feux de brousse. Certains bas-fonds supportent une végétation de type savanicole. Les pourtours des mares et les mares elles-mêmes sont occupés par des prairies humides et aquatiques. La zone sahélienne constitue le secteur des steppes xérophiles à graminées annuelles telles que Aristida mutabilis, Cenchrus biflorus et Schoenefeldia gracilis. Dans cette zone, on rencontre des espèces sahariennes et sahéliennes typiques parmi lesquelles Acacia ehenbergiana, Aerva javanica, Andropogon gayanus var. tridentatus. Dans la zone subsahélienne, on observe la présence de nombreuses espèces sahéliennes et soudaniennes ubiquistes. Les espèces les plus caractéristiques de cette zone sont : Acacia laeta, A. nilotica var. adansonii, A. senegal, Aristida hordeacea, Bauhinia rufescens, Combretum glutinosum, Cenchrus biflorus, Diheteropogon hagerupii, Andropogon gayanus. Les savanes. La zone soudanienne est celle des savanes, formations subclimaciques entretenues par lhomme et le feu depuis 300 000 ans. Ces savanes sont tantôt arbustives, tantôt arborées selon la nature des sols et des activités humaines. Les surfaces couvertes par les savanes sont soumises à une agriculture extensive et au pastoralisme. De ce fait, la majorité des savanes du Burkina Faso ne sont le plus souvent que danciennes jachères. Cest dans cette zone que se concentrent les aires protégées (parcs nationaux, réserves de faune, forêts classées). Dans la zone nord-soudanienne, les savanes sont dominées par des espèces conservées pour des raisons utilitaires, alimentaires surtout. Ce sont : Adansonia digitata, Butyrospermum paradoxum, Parkia biglobosa, Tamarindus indica. Des éléments sahéliens sont encore présents, mais les graminées les plus caractéristiques sont les annuelles Andropogon pseudapricus, Loudetia togoensis, Pennisetum pedicellatum, et les vivaces Andropogon gayanus et Cymbopogon schoenanthus. La zone sud-soudanienne est laire des savanes boisées à Isoberlinia doka. Cette espèce très caractéristique signe la limite entre les deux secteurs phytogéographiques nord-soudaniens et sud-soudaniens. Outre le passage régulier des feux chaque année, les savanes sud-soudaniennes sont infestées par des glossines, vecteurs de la trypanosomiase animale africaine (TAA). Les pâturages naturels Les pâturages sahéliens. Ce sont des pâturages recevant moins de 500 mm de pluie par an sur une période de 2 à 3 mois. Leur période de végétation active et donc dexploitation en vert est de 52 jours. Selon la topographie, on distingue plusieurs types de pâturages dont les plus étendus sont : Les pâturages dunaires à Cenchrus biflorus (Cram cram) dominant. Ils couvrent près de 30 pour cent de lOudalan. Ce sont des steppes herbeuses. Le peuplement ligneux est très lâche. La strate herbacée, dapparence monospécifique sur lerg ancien (région dOursi), comporte aussi dautres graminées annuelles telles que Dactyloctenium aegyptium, Aristida mutabilis, des légumineuses comme Zornia glochidiata, Alysicarpus ovalifolius et dautres espèces telles que Limeum viscosum, Limeum pterocarpum, Tribulus terrestris, et Evolvulus alsinioïdes. La phytomasse maximale ces pâturages dunaires est de 4,3 tonnes, soit une capacité de charge de 1,3 ha/UBT/saison sèche. Les pâturages de glacis à Schoenefeldia gracilis. Ils couvrent environ 60 pour cent de la province de lOudalan. Ce sont des steppes arbustives dont le tapis herbacé est largement dominés par Schoenefeldia gracilis. Outre lespèce dominante, les espèces les plus fréquentes sont Indigofera aspera, Mollugo nudicaulis, Evolvulus alsinioïdes, Boerhavia erecta. On y rencontre aussi Cenchrus biflorus, C. prieurii et Eragrostis tremula. Le peuplement ligneux est très ouvert, avec des individus épars dAcacia raddiana, Balanites aegyptiaca, Acacia senegal et A. erhenbergiana. Les pâturages nord-soudaniens. Ils se développent entre les isohyètes 500 et 900 mm, soit 4 à 5 mois de pluies. Leur période active de végétation dure de 99 à 127 jours. Les formations végétales sont marquées par le passé agricole, les pressions dexploitation actuelles des terres ainsi que les feux de brousse. Elles présentent une végétation agreste dont lévolution semble être plus commandée par les actions anthropiques que par les facteurs climatiques et pédologiques. Les principales unités rencontrées sont les pâturages de bas-fond et de vallée hydromorphe, les pâturages de glacis et les pâturages de plateaux. Les pâturages de bas-fond et de vallée hydromorphe sont liés au système alluvial des cours deau. A la station expérimentale de Gampéla, on y distingue le long du Massili 2 types de pâturages :
Les pâturages de glacis constituent les unités de paysages et de végétation les plus répandues des régions nord-soudaniennes. La végétation est de type savane arbustive à arborée, localement très claire. La strate herbacée est dominée par Loudetia togoensis, Andropogon pseudapricus, Aristida kerstingii, Dactyloctenium aegyptium et Digitaria horizontalis. Le peuplement ligneux comprend essentiellement Combretum spp., Acacia seyal et Terminalia avicennioïdes. Les pâturages de plateaux se développent sur des buttes cuirassées. La végétation est de type arborée dégradée plus ou moins dense selon lâge de la jachère. Ces savanes sont régulièrement parcourues par le bétail. Les types de pâturages caractéristiques sont la savane arborée de plateau à Butyrospermum paradoxum et Schizachyrium exile et la savane arborée à Butyrospermum paradoxum et Andropogon gayanus. Les pâturages sud-soudaniens. Ils sont constitués de savanes arborées denses dans les vieilles jachères, de savanes boisées et de forêts claires dans les milieux peu perturbés. Une étude réalisée dans la zone agropastorale de Sidéradougou a permis didentifier et de caractériser 4 types physionomiques de la végétation pâturée:
Situation fourragère Le tableau 4 présente la situation fourragère globale du pays. A la lecture de ce tableau, on saperçoit que les régions sahéliennes sont surchargées en bétail, alors que les zones soudaniennes, notamment la zone sud-soudanienne, présentent un déficit de charge plus ou moins prononcée. On comprend dès lors la nécessité de la mobilité (migration ou transhumance) des élevages sahéliens vers les régions soudaniennes. Cette situation ne prend pas en compte les ligneux fourragers et les résidus culturaux. Les premiers constituent une ressource dappoint recherchée par les herbivores pour améliorer léquilibre azoté du régime. Les espèces les plus appétées sont Acacia spp et Pterocarpus lucens en zone sahélienne, Pterocarpus erinaceus, Afzelia africana, Khaya senegalensis, Gardenia ternifolia et Combretum spp. en régions soudaniennes. Par contre, les résidus culturaux occupent une place importante dans le calendrier fourrager annuel du bétail. Tableau 4. Bilan fourrager des pâturages dans les différentes zones agroécologiques du Burkina Faso.
Contraintes liées à lutilisation des pâturages naturels Un certain nombre de contraintes limite lutilisation optimale des ressources fourragères au double plan quantitatif et qualitatif, à savoir les conflits agriculteurs-éleveurs, les feux de brousse, la faible longueur de la période de végétation active des pâturages. Les zones présentant un bilan fourrager excédentaire sont localisées en régions soudaniennes agropastorales à agricoles. La transhumance des élevages sahéliens vers ces régions à fortes potentialités pastorales est à lorigine, chaque année, de conflits quelquefois mortels entre agriculteurs et éleveurs. Que ce soit au cours de la transhumance ou à léchelle du terroir, la coexistence entre lélevage pastoral et la production végétale entraîne inévitablement des conflits entre agriculteurs et éleveurs. Les dégâts de culture et de récoltes constituent les causes visibles des conflits, qui ont aussi pour origine :
Chaque année, les savanes soudaniennes sont parcourues par des feux de brousse précoces et tardifs. Si les premiers sont peu dommageables, les seconds occasionnent la destruction complète du stock fourrager sur pied. Les différentes campagnes de lutte contre ces feux sont restés vains, sauf dans le cadre des zones pastorales aménagées et des aires protégées. Au plan qualitatif, la contrainte majeure est liée à la faible longueur de la période de végétation active des herbacées qui varie de 2 à 6 mois selon la zone agrobiologique. Au delà de la période de végétation active, les pâturages herbacés présentent une faible valeur alimentaire, insuffisante pour couvrir les besoins dentretien des animaux. Aucune trace dazote nest observée dans les pailles de graminées durant la saison sèche. Pour équilibrer le régime, les ruminants domestiques ont alors recours aux ligneux fourragers ; Dans tous les cas, les fourrages doivent être considérés comme pauvres en dehors de la période de végétation active des pâturages. Les résidus culturaux Au Burkina Faso, les résidus culturaux constituent une ressources fourragère importante pour le bétail. Ils regroupent les pailles des céréales telles que le mil (Pennisetum glaucum [L.] R.Br.), le sorgho (Sorghum bicolor [L.] Moench), le maïs (Zea mays L.) et le riz (Oryza sativa) et les fanes des légumineuses, à savoir le niébé (Vigna unguiculata [L.] Walp), larachide (Arachis hypogaea L.) et le voandzou (Voandzeia subterranea) (Savadogo, 2000). Après les récoltes, les champs sont parcourus par les troupeaux durant la période sèche froide, de novembre à février, encore appelée dabbunde par les éleveurs peuls. Lexploitation des résidus culturaux ou nyayle nécessite quelquefois un déplacement saisonnier de faible amplitude et des « contrats de fumure ». Dans tous les cas, il y a une augmentation de la marche journalière du troupeau. Mais, cette dépense énergétique est, de lavis des éleveurs, largement compensée par le bon état dembonpoint des animaux et une amélioration significative de la qualité du lait (augmentation de la teneur en matière grasse et de la qualité organoleptique du lait) (Kagoné, 2000). Chez les agriculteurs-éleveurs, une partie des pailles de céréales et la totalité des fanes de légumineuses sont collectées et stockées pour lalimentation des animaux de trait et dembouche notamment. Des cas de vente de résidus culturaux sont aussi observés dans les régions sahéliennes et nord-soudaniennes. Les quantités de résidus culturaux potentiellement disponibles par zone agrobiologique sont consignées dans le tableau 5. Celles-ci sont déterminées en multipliant la production en grains ou graines par le ratio paille/grains, estimé à 3 pour le mil et le sorgho, 2 pour le maïs, 1,5 pour le niébé et larachide et 1 pour le voandzou (Zongo,1997 cité par Savadogo, 2000). Lentièreté de ces résidus culturaux nest pas réservée à la seule alimentation animale. Une partie est aussi utilisée à des fins domestique, agronomique et énergétique sans compter la destruction par le feu et les termites. Au regard de toutes ces pertes, il est généralement admis que seulement le tiers de la production potentielle est consommable par le bétail. La durée moyenne dexploitation pastorale des résidus culturaux est de 3 mois. Tableau 5. Disponibilités en résidus culturaux et capacités daccueil par zone agrobiologique selon le mode de gestion extensive (adapté de Savadogo, 2000).
Les résidus culturaux possèdent une valeur alimentaire acceptable, au moment où les pâturages sont très pauvres en protéines brutes notamment. Le tableau 6, synthétisé par Savadogo (2000), présente les valeurs nutritives des résidus culturaux. Les fanes de légumineuses sont naturellement plus riches en protéines et possèdent une concentration énergétique plus élevée que les résidus de céréales. En outre, le tableau met en évidence une faible digestibilité des résidus de céréales. Il conviendrait donc daméliorer les caractéristiques chimiques des pailles de céréales en procédant à leur traitement à lurée par exemple ou à une complémentation à laide de blocs multinutritionnels (Chenost et Kayouli, 1997). En effet, il est important de se pencher sur la valorisation des résidus culturaux parce que leurs disponibilités croissent au fil des ans au détriment des pâturages naturels. Tableau 6. Valeurs alimentaires des résidus culturaux.
Les cultures fourragères Lamélioration de la disponibilité et de la qualité des fourrages a constitué une préoccupation pour les responsables de lélevage depuis les années cinquante au Burkina Faso. Ainsi, selon Dianda et Vokouma-Tapsoba (1998), plusieurs programmes dexpérimentation et de vulgarisation ont été conduits tels que :
Plus récemment, lInstitut de lEnvironnement et de Recherches Agricoles (I.N.E.R.A.), le Centre International de Recherche-Dévelopement de lElevage en zone Sub-humide (CIRDES) et le Programme dAppui aux Aménagements Pastoraux (PAAP) ont expérimenté ou vulgarisé des cultures fourragères à léchelle régionale ou nationale. Parmi les espèces qui ont été expérimentées ou vulgarisées de 1950 à nos jours, celles qui sont adaptées aux conditions éco-climatiques du Burkina sont consignées dans le tableau 7. Malgré ces résultats fort intéressants, la pratique des cultures fourragères reste timide. Seules des espèces fourragères telles que la dolique (Lablab niger), le niébé fourrager à double fin (alimentaire et fourrager) et le Mucuna (Mucuna sp.) ont été assez bien adoptées par les producteurs. Malgré tout, les superficies emblavées en cultures fourragères restent très faibles, moins dun ha pour les exploitations qui les pratiquent. Dans la zone pastorale aménagée de la Nouhao, Sanon (1987) a observé une taille moyenne des parcelles individuelles de légumineuses fourragères de 0,25 à 0,50 ha, avec une productivité de 3,5 tonnes de MS à lha. Les difficultés majeures dadoption des cultures fourragères sont de trois ordres : le problème foncier, le problème de temps dans le calendrier cultural et le problème lié à la multiplication semencière. La faible disponibilité des terres de cultures favorise systématiquement les emblavements céréaliers au détriment des parcelles fourragères pérennes. Dans un environnement incertain comme cest le cas dans les régions sahéliennes et sub-sahéliennes, la stratégie de gestion des risques commande que le producteur accorde la priorité sinon lexclusivité aux cultures vivrières. Dans ce sens, on observe que les producteurs de ces régions adoptent plus facilement le niébé à double fin que les cultures fourragères strictes. Le calendrier cultural des espèces fourragères est pratiquement le même que celui des céréales. Il se pose alors un problème dallocation de la main duvre qui se fait au détriment de la culture fourragère. Enfin, la faible disponibilité en semences constitue la contrainte numéro un au développement des cultures fourragères. En effet, la demande est largement supérieure à loffre nationale et les coûts dimportation sont prohibitifs. Lessor de tout programme fourrager devra donc passer par la maîtrise de la production semencière. Un tel programme devra cibler les systèmes péri-urbains à vocation laitière ou dembouche, les systèmes agropastoraux disposant dun noyau laitier, danimaux dembouche ou possédant des animaux de trait et le système délevage en zone pastorale aménagée. Tableau 7. Adaptation des espèces fourragères selon les zones agroécologiques.
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| 6. Amélioration des ressources pastorales Aménagement des zones pastorales La stratégie daménagement des zones pastorales entreprise par le Gouvernement vise à sédentariser les élevages transhumants, à sécuriser les activités délevage pastoral, à améliorer la productivité des troupeaux et à gérer rationnellement les pâturages naturels. Cette approche tire ces fondements de la crise écologique survenue dans les pays du Sahel depuis les années soixante dix. Les grandes sécheresses avaient alors décimé 25 pour cent (1972-1973) et 12 pour cent (1983-1984) du cheptel national et ruiné beaucoup déleveurs dans les zones sinistrées (Meyer, 1989). Le bilan de 25 ans daménagement de zones pastorales fait ressortir des acquis certains mais insuffisants aux plans de la sécurité foncière et de la gestion des parcours. Laménagement des zones pastorales a consisté surtout à la délimitation physiques des zones, linstallation des éleveurs, la mise en place dinfrastructures hydrauliques, zoo-sanitaires, de pistes pare-feu et de fermettes. Ces aménagements permettent une valorisation efficace de lespace pastoral et des ressources fourragères. Elaboration de la loi dorientation sur le pastoralisme Linsécurité foncière constitue la principale contrainte de lélevage pastoral au Burkina Faso (MINISTÈRE DES RESSOURCES ANIMALES, 2000). Elle se traduit par :
Face à cette situation de précarité, le Ministère des Ressources Animales a entrepris, avec lappui du PNUD et de la FAO, un processus délaboration dune loi dorientation du pastoralisme. Cette loi a pour objet de fixer les principes et les modalités juridiques visant à favoriser le développement durable, paisible et intégré des activités agro-sylvo-pastorales. Opération de fauche, conditionnement et conservation des fourrages naturels Depuis 1998, le Ministère des Ressources Animales a élaboré et mis en uvre un vaste programme dénommé « Opération de fauche, de conditionnement et de conservation des fourrages naturels ». Cette opération denvergure nationale vise à vulgariser les techniques de fanage, de mise en bottes et de conservation au fenil des fourrages naturels et cultivés. Elle contribue donc à soustraire une partie de la biomasse de la destruction par les feux de brousse et à alimenter les animaux avec des fourrages de qualité. En outre, elle permet aux éleveurs de gérer rationnellement leurs stocks de fourrages grâce à la quantification des stocks et à des prévisions plus adéquates. Au cours des campagnes 1999 et 2000, les stocks de fourrages réalisés dans le cadre de cette opération ont été respectivement de 7 490 tonnes et 4 500 tonnes de foin. Au regard de ces quantités insignifiantes, on peut dire quil existe une marge de progression et que les efforts de vulgarisation devront se poursuivre. Association culturale céréales-légumineuses fourragères Malgré la mise en uvre dexpérimentations concluantes et des programmes de vulgarisation spécifiques, les cultures fourragères stricto sensu ont été très peu adoptées par les producteurs pour les raisons évoquées plus haut. Pour contourner les problèmes foncier et dallocation de main duvre, des essais dassociation culturale céréale-cultures fourragères sont en cours. Ainsi, la SNV (Coopération nérlandaise au développement) en collaboration avec la Direction Régionale des Ressources Animales des Hauts Bassins, a entrepris des expérimentations sur lassociation culturale maïs-dolique (Traoré et Coulibaly, 1999). |
| 7. Organismes de recherche et de développement
impliqués dans le pastoralisme Structures de recherche Institut du Développement Rural / Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso Il est chargé de la formation des cadres supérieurs de développement rural, à
savoir les ingénieurs agronomes, forestiers et délevage. En outre, il mène des
recherches sur plusieurs aspects dont celui des ressources fourragères. Centre International de Recherche-Développement sur lElevage en Zone
Subhumide (CIRDES). 01 BP 454 Bobo-Dioulasso 01, Burkina Faso. Tél. (226)97 22 87 Le CIRDES est une structure de recherche sous-régionale axée sur la lutte contre la
trypanosomiase animale africaine (TAA), à savoir la trypanotolerance animale et la lutte
biologique contre les vecteurs. Il contribue ainsi à assainir les pâturages soudaniens
de linfestation glossinaire. Par ailleurs, ce Centre conduit des programmes de
recherche sur les pâturages et les cultures fourragères. Institut de lEnvironnement et de Recherches Agricoles (IN.E.R.A.) /
Département Productions Animales, 03 BP 7192 Ouagadougou 03, Burkina Faso. Tél.
(226) 31 92 29 ; LI.N.E.R.A. est la structure nationale qui conduit des programmes de recherche sur lélevage. Son Département Production Animale (DPA) mène, entre autres, des recherches dans le domaine du pastoralisme et des ressources fourragères (pâturages naturels, cultures fourragères, résidus culturaux). Contacts : Dr ir Hamadé Kagoné, agropastoraliste, chercheur en gestion
des systèmes pastoraux, avec utilisant des technologies de la géomatique (GPS, SIG). Ir Hadja Oumou Sanon, ingénieur de recherche, dont les travaux portent sur linventaire et lexploitation des pâturages naturels, ainsi que la production de semences de cultures fourragères en zone sud-soudanienne du Burkina Faso. Structures de développement Direction des Aménagements Pastoraux et du Foncier (DAPF). Direction de la Production et des Industries Animales (DPIA). Cette direction soccupe, entre autres, des aspects dintensification
fourragère pour accompagner la mise en uvre des systèmes améliorés
délevage (élevages laitiers périurbain, embouche bovine et ovine). Ainsi, elle
assure la promotion des cultures fourragères et celle de la fauche, du conditionnement et
de la conservation des fourrages (naturels et cultivés). Programme dAppui aux Aménagements Pastoraux (PAAP) |
| 8. Références
bibliographiques Barry S., Illy L., Kargougou I., Kondé M., Ouédraogo S., Parkouda S., Sana G.A. et Yamégo D. (1998). Etude sur la typologie des exploitations agricoles familiales et adoption dune nouvelle stratégie agricole. Rapport définitif. Ouagadougou, FAO, 149 p.+annexes. Boulet R. (1976). Notice et carte des ressources en sol de la Haute-Volta en 5 coupures au 1/500 000. ORSTOM, Paris. Chenost M. et Kayouli C. (1997). Utilisation des fourrages grossiers en régions chaudes. (Etude FAO - Production et santé animales - 135).Consulté sur Internet le 28/06/00 au site : http:/www.fao.org/docrep/w4988f05.htm. Dianda N.P. et Vokouma-Tapsoba E. (1998). Cultures fourragères au Burkina Faso : expériences du Programme dAppui aux Aménagements Pastoraux. In Godet G., Grimaud P. et Guérin H. (eds) Cultures fourragères et développement durable en zone subhumide. Actes de latelier régional, Korhogo, Côte dIvoire, 26-29 mai 1997, pp 109-116. Fontès J. (1983). Essais cartographiques de la végétation par télédétection. Quelques exemples pris en Haute-Volta. Thèse de doctorat de 3ème cycle, Université Paul Sabatier, Toulouse, 179 p.+annexes. Fontès J. et Guinko S. (1995). Carte de la végétation et de loccupation du sol du Burkina Faso. Notice explicative. Toulouse, Institut de la Carte Internationale de la Végétation ; Ouagadougou, Institut du Développement Rural - Faculté des Sciences et Techniques, 67 p. Guinko S. (1984). Végétation de la Haute-Volta. Thèse de Doctorat dEtat, Université de Bordeaux III, 394 p.+annexes. IEMVT-CIRAD/SFC SEDES-CEGOS (1991). Etude prospective dus sous-secteur Elevage au Burkina Faso. Tome I : Rapport de synthèse. Ouagadougou (Burkina Faso), Ministère de lAgriculture et de lElevage, 281 p. Kagoné H. (2000). Gestion durable des écosystèmes pâturés en zone nord-soudanienne du Burkina Faso. Thèse de doctorat, Faculté Universitaire des Sciences agronomiques de Gembloux (Belgique). 236 p.+ annexes. Lhoste Ph., Dollé V., Rousseau J. et Soltner D. (1993). Manuel de zootechnie des régions chaudes. Les systèmes délevage. (Collection et précis délevage). Paris, Ministère de la Coopération, 288 p. Meyer J.F. (1989). Les sécheresses de 1972 et 1983 au Burkina Faso et leurs conséquences sur lélevage. 43 p. Ministère des Ressources Animales (1997). Note dorientation du plan daction de la politique de développement de lélevage au Burkina Faso. Version officielle finale. 47 p. Ministère des Ressources Animales (2000). Plan dactions et programme dinvestissements du secteur de lélevage au Burkina Faso. Diagnostic, axes dintervention et programmes prioritaires. 192 p. Ministère des Ressources Animales (2001). Les statistiques du secteur de lélevage au Burkina Faso. Année 2000. 86 p. Monod T. (1957). Les grandes divisions chorologiques de lAfrique. Comité consultatif tropical africain/Conseil scientifique pour lAfrique, publication n°24, Londres, 145 p. PNUD (2000). Rapport annuel sur le développement humain durable du Burkina Faso. Sanon Y. (1987). Introduction des cultures fourragères dans la zone agro-sylvo-pastorale de la Nouhao. Quel avenir ? Ouagadougou, IDR, 38 p. Sanon Y., El Hamrouni A., Kagoné H. et Ouédraogo B. (1995). Etat des connaissances sur les écosystèmes pastoraux du Burkina Faso. Ouagadougou, Ministère de lAgriculture et des Ressources Animales/PNUD/FAO, 74 p. Savadogo M. (2000). Crop residues management in relation to sustainable landuse . A case study in Burkina Faso. Tropical Resources Management Papers 31. Wageningen University, 159 p. Touré S.M., Ferrara B., Lopez G., Mattioli R., Barbera S. et Disset R. (1985). Etude générale de lélevage au Burkina Faso. Ouagadougou, FAO, 108 p. Toutain B., Compaoré A., Ouadba J.M., Kagoné H. et Dialllo S. (2001). Mission dappui scientifique « transhumance ». Rapport CIRAD-EMVT n°01-43. Montpellier, CIRAD-EMVT, 75 p. Traoré N. et Coulibaly A. (1999). Evaluation des activités de recherche-action sur la production fourragère dans trois GVE de lUEPL : Sagassiamasso, Sogossagasso et Yéguéresso. Eléments de synthèse et perspectives. Bobo-Dioulasso, SNV, 14 p. Zoungrana I. (1991). Recherches sur les aires pâturées du Burkina Faso. Thèse dEtat, Université de Bordeaux III, UFR Aménagement et Ressources Naturelles, 277 p.+ annexes.
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| 9. CONTACT Ce profil a été préparé en novembre 2001 par Dr Hamadé KAGONE, chercheur en gestion des systèmes pastoraux à lInstitut de lEnvironnement et de Recherches Agricoles (IN.E.R.A.). Une mise à jour périodique de ce profil pourrait être assurée par lauteur. Pour plus dinformations sur les ressources pastorales au Burkina Faso, contactez lauteur à ladresse suivante : Dr ir Hamadé Kagoné [Document édité par J.M. Suttie en Décembre 2001] |
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