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La République du Niger est un pays enclavé dans le cœur de l’Afrique de l’Ouest. Il est limité par l’Algérie et la Libye au nord, le Mali à l’ouest, le Burkina Faso et le Bénin au sud-ouest, le Nigéria au sud et le Tchad à l’est (voir figure 1). Sa superficie totale est de 1 267 000 km2 mais, en raison de conditions climatiques ou de sols défavorables, seule la moitié de celle-ci est habitable. Le Niger comprend le district de la capitale et sept départements, eux-mêmes subdivisés en districts et communes. Niamey est la capitale et la ville la plus importante; Zinder, Maradi, Tahoua et Agadez sont les autres villes principales. Le français est la langue officielle, mais le haoussa est la langue commerciale locale. D’autres langues africaines telles que le fulfulde, le tamachek et le djerma sont aussi largement employées.
Depuis la fin de l’âge de la pierre, divers groupes ont commencé à s’installer dans les environnements plus humide autour du massif de l’Aïr, le long des frontières de l’ancien grand lac Tchad et dans la vallée du Niger. L’écriture, en tant que facteur de développement culturel, n’apparut pas avant le VIIIème siècle, avec l’arrivée de l’Islam et des Arabes. Des empires royaux d’âge inconnu existaient déjà à l’époque. Leur pouvoir s’affaiblit jusqu’à ce que, au XIXème siècle, le Niger devienne un territoire militaire français puis, en 1922, une colonie sous régime militaire. A la suite d’élections, le 3 août 1960, Diori Hamani devint le premier président de la République du Niger indépendante. Seulement 29 pour cent des enfants en âge d’être scolarisés reçoivent une instruction. En 2001, l’espérance de vie moyenne à la naissance était de 42 ans; le taux de mortalité infantile était de 124 morts pour 1 000 naissances (estimations de 2001). Le taux de croissance annuel de la population est de 2,75 pour cent. Plus de 60 pour cent de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté. Economie. Un climat particulièrement dur, des caractéristiques géographiques inhospitalières et une situation d’enclavement total, telles sont les réalités sous-jacentes de l’économie du Niger. Cependant, la petite agriculture familiale et l’élevage contribuent approximativement à 40 pour cent du PIB (juste après les services, qui représentent 42 pour cent) et presque les trois-quarts de la main d’œuvre sont employés dans ce secteur. S’appuyant principalement sur l’agriculture et l’élevage, l’économie du pays est encore très largement à la merci des variations climatiques. Le Niger exploite des mines d’étain, d’or et d’uranium. De grands dépôts d’uranium sont situés dans le nord du Niger et celui-ci compte pour environ les trois quarts dans les recettes des exportations. On exploite aussi des mines de sel en petites quantités. L’industrie se limite essentiellement au conditionnement alimentaire et au bâtiment, les entreprises manufacturières sont presque toutes très petites. Le bois de feu et autres combustibles traditionnels comptent pour 80 pour cent dans la consommation énergétique du pays. Agriculture. Moins 4 pour cent des terres sont cultivables, 9 pour cent sont des pâturages permanents et seulement 2 pour cent sont des forêts et boisements. L’agriculture est limitée au nord par l’isohyète 350 mm, au-delà duquel la production de mil (Pennisetum glaucum) cesse pratiquement. Les zones sahélo-soudanienne et soudanienne du Niger sont considérées comme potentiellement sédentaires (contrairement aux zones du nord où l’on trouve avant tout une activité nomade). Ici, on trouve essentiellement du mil chandelle (Pennisetum glaucum) et du sorgho (Sorghum bicolor) – les cultures extensives traditionnelles, qui couvrent la plupart du sol cultivé -, du niébé (Vigna unguiculata) et de l’arachide (Arachis hypogaea). Un peu de coton (Gossypium spp.) apparaît plus au sud, dans la zone soudanienne. Les dépressions créées par des cours d’eau anciens ou récents sont utilisées pour les cultures maraîchères (tomates, oignons, etc.) ou les arbres fruitiers. On cultive du riz autour des fleuves Niger et Komadougou. Les autres cultures de moindre importance sont la canne à sucre, le maïs et la patate douce. La production annuelle est actuellement de l’ordre de 3,5 millions de tonnes de céréales, complétées par des milliers de tonnes provenant de l’aide internationale. Le rendement moyen est aux alentours de 400 kg/ha pour le mil et de 190 kg/ha pour le sorgho, mais il existe de grande différences régionales. Le niébé, le coton et l’arachide sont cultivés pour l’exportation. On cultive pour la consommation locale du mil (le Niger est le plus gros producteur du monde par habitant), le sorgho, le manioc, les légumineuses, le riz, la canne à sucre et quelques primeurs. On pratique la pêche sur le lac Tchad et sur le fleuve Niger, et les prises sont consommées ou vendues localement. La part des terres cultivées s’accroît et concurrence sévèrement la conduite de l’élevage. De fait, l’élevage se limite aujourd’hui au nord du Niger: les animaux domestiques sont dispersés, demeurant toute l’année au même endroit ou se déplaçant une partie de l’année vers le nord. L’agriculture bénéficie des engrais organiques qui maintiennent le sol fertile aux alentours des lieux d’implantation. La recherche de sols cultivables supplémentaires conduit à défricher les boisements. Le défrichement et l’exploitation du bois réduit considérablement la végétation originale: Niamey, la capitale, requiert à elle seule plus de 11 000 tonnes de bois de feu par an. En outre, les jachères diminuent et les rotations sont ramenées à 2-3 ans, ce qui réduit ultérieurement la fertilité des sols. Faune. Environ 7,7 pour cent des terres du Niger sont officiellement protégées. Bien que la chasse soit interdite dans le pays (hormis pour des raisons scientifiques) le braconnage rampant menace gravement les espèces animales sauvages. Mais d’autres facteurs jouent aussi un rôle important dans le déclin de la faune sauvage nigérienne: la destruction des habitats par l’agriculture, la déforestation, les feux et la compétition avec les animaux domestiques. De même, des phénomènes naturels tels que les rudes sécheresses ont réduit les terrains de pâture de la faune sauvage. Au Niger, les principaux habitats pour les poissons sont le fleuve Niger et le lac Tchad. Certaines espèces de poissons sont adaptées à un milieu privé d’eau pendant un certain temps: ils peuvent survivre en demeurant dans un état de torpeur à l’intérieur des sédiments, recouverts d’une membrane de protection muqueuse ou à l’état d’œufs. Certains poissons ont, localement, une importance économique considérable (comme le capitaine, Lates niloticus). Les amphibiens sont en général liés à des accès à l’eau permanents, mais certaines espèces ont une vie plus terrestre et parviennent à survivre à la longue saison sèche grâce à un cycle de vie très court durant la saison pluvieuse, et/ou en s’enfouissant dans les strates de sol plus humides. Parmi les reptiles nigériens à mentionner, on compte des espèces protégées par les conventions internationales telles que le crocodile du Nil (Crocodylus niloticus) et certains lézards (par exemple, Varanus griseus, Varanus niloticus). On trouve d’autres espèces intéressantes comme les pythons (Python sebae, P. regius), les tortues d’eau (par exemple, Trionyx triunguis, Pelomedusa subrufa) et les tortues (par exemple, Testudo sulcata). On compte plus de 600 espèces d’oiseaux au Niger, dont beaucoup sont menacées. Parmi les oiseaux les plus intéressants, on trouve les aigles et les vautours (Accipiteridae), le Bucorvus abyssinicus et les autruches (Struthio camelus). La pintade (Numida meleagris) et les pigeons (Columbidae) sont courants et enrichissent le régime rural quotidien. On compte 131 espèces de mammifères, dont de nombreuses en danger. Aucun des mammifères n’est endémique. Parmi les espèces importantes, on compte l’antilope: Oryx dammah, Addax nasomaculatus, Gazella dama ou Gazella leptoceros. Les mammifères substantiels mais rares sont l’éléphant africain (Loxodonta africana), le guépard (Acinonyx jubatus) et le lion (Panthera leo). L’hippopotame (Hippopotamus amphibius) habite les eaux du fleuve Niger. A l’est de ce dernier, se trouvent des zones abritant quelques girafes nomades. Dans les savanes nigériennes, on rencontre assez fréquemment des phacochères (Phacochoerus africanus) et des singes, notamment des babouins (Papio cynocephalus). On peut rencontrer des hyène (Hyaena hyaena) à travers tout le pays. Le gouvernement nigérien essaie de préserver la faune dans des réserves telles que le parc national du W (220 000 ha – qui constitue aussi une attraction touristique considérable) et la réserve naturelle de Tamou (78 000 ha), à 125 km au sud de Niamey. Dans la zone sahélienne sud-nord et nord, a été instaurée en 1988 la réserve naturelle de l’Aïr et du Ténéré (7,7 millions ha), avec en son sein une réserve spécifique pour l’addax. Dans cette zone fermée, le très rare addax est protégé des véhicules de chasseurs et touristes, qui le pourchassaient auparavant. |
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Le Niger est une vaste plaine ondulée, située en moyenne à 300 m d’altitude au-dessus du niveau de la mer. On trouve toutefois quelques grandes dépressions, habituellement emplies de sable, et les sommets des reliefs sont parfois formés à partir de structures volcaniques, comme le plus élevé d’entre eux, le mont Greboun (2 310 m) dans le massif de l’Aïr. Le pays peut être divisé grossièrement en trois zones: le nord, le centre et le sud. La zone nord, qui couvre environ les deux tiers de la superficie, se trouve dans le Sahara. C’est une région surélevée formée de plateaux et montagnes et, à l’exception de quelques oasis isolées, la végétation y est rare. Le centre fait partie du (région du Ténéré). C’est une région semi-aride avec peu d’arbres. Le sud est la seule région fertile et boisée, où il pleut suffisamment pour permettre les cultures sans irrigation. Mis à part quelques bassins plus ou moins permanents et quelques cours d’eau saisonniers, le réseau hydrographique principal du Niger consiste en un fleuve principal, le Niger, une rivière plus petite, le Komadougou Yobé, et le Lac Tchad. Le Niger traverse le pays dans le sud-ouest sur 550 km. Le Komadougou Yobé marque la frontière entre le Niger et le Nigéria sur 140 km. La partie nigérienne du lac Tchad couvre quelque 3 000 kilomètres carrés. Le lac lui-même est un vestige d’une ancienne mer du quaternaire et aujourd’hui, à 280 m d’altitude, il n’a nulle part plus de 4 m de profondeur. Les îles prolifèrent sur le lac et le taux d’évaporation est extrêmement élevé; 98 pour cent de l’eau provient de la rivière Chari et des pluies. Dans les zones très sèches du nord et du nord-est du Niger, les carences en eau et en végétation inhibent la formation des sols. Certaines parties ont toutefois été sujettes à une fragmentation mécanique. Les vents forts emportent les parties les plus fines, le sable et la boue. L’horizon A est peu ou pas développé et le contenu en matière organique est en général inférieur à 0,5 pour cent dans les 40 cm supérieurs (dans l’ancienne base de référence mondiale - World Reference Base: WRB - de la FAO, nombre de ces sols ont été classés parmi les Yermosols, mais ce groupe de sols a été éliminé de la classification WRB révisée. Depuis, la carte des sols de l’Afrique n’a pas été mise à jour, aussi le nom de Yermosols sera-t-il retenu ici. Selon la nouvelle WRB, en fonction de certaines propriétés, ces sols devraient maintenant relever des Calcisols, Cambisols, Durisols, Gypsisols ou Arenosols). Dans les régions montagneuses (Aïr ou plateaux du Djado), les roches sont recouvertes d’une strate de sols peu profonds et fragementés (Leptosols). La productivité de ces sols est basse et ils ne peuvent être utilisés que pour la pâture extensive (voir figure 2).
Plus loin dans le sud, une large bande de sols sablonneux traverse le Niger du Mali jusqu’au Tchad. Les sols légèrement altérés, Cambic Arenosols à l’est, montrent de fines couches d’accumulation argileuse au centre et à l’ouest (Luvic Arenosols). Lorsque les précipitations, et donc les altérations, deviennent plus régulières, les sols commencent à montrer un horizon supérieur de couleur claire avec un peu de matière organique, et un horizon inférieur tirant sur le rouge en raison de la plus forte concentration en fer. Les Arenosols ont une faible capacité de rétention de l’eau mais ils sont perméables et faciles à travailler. Leur fertilité naturelle et leur capacité d’échange des cations sont peu élevées et les carences en éléments mineurs fréquentes. Ces sols s’érodent facilement sous l’action du vent et de l’eau dès qu’il n’y a plus de végétation. Ils conviennent aux cultures agricoles peu exigeantes telles que le mi chandelle et l’arachide. Sur les terrasses entre le fleuve Niger et le dallol Bosso (dallol: vallée) et le dallol Maouri, dans le sud-ouest du pays, les Arenosols sont associés aux Regosols, des sols très peu développés situés sur une roche mère peu compacte. Les sols hydromorphes avec une importante eau de surface, dans les dépressions du centre-sud (vallée du Tarka, Goulbi de Kaba et Goulbi de Maradi) et le lac Tchad, et les sols formés sur des dépôts alluviaux (Fluviosols), offrent en général des sols agricoles de bonne qualité, qui sont utilisés de façon intensive. Les Cambisols (sols modérément altérés) et les Vertisols (sols argileux lourds) couvrent une surface peu étendue au Niger. |
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L’élevage contribue à hauteur de 35 pour cent au produit intérieur brut (PIB) agricole et, ainsi, à 12 pour cent du PIB (1995). Plus d’un million de personnes travaillent à plein temps dans l’élevage, et davantage encore sont dans le secteur agropastoral. Après l’uranium, c’est le second produit exporté par le Niger, mais sa part est tombée de plus de 20 pour cent à moins de 7 pour cent en 1995. La production animale nigérienne s’appuie sur la pâture extensive mais les aléas climatiques, l’étendue et la qualité des pâturages, de même que les contraintes sanitaires et économiques, constituent des freins notables à sa performance. La situation de précarité favorise deux types d’élevage: - Les camelins excellent en raison de leur extraordinaire capacité à s’adapter à un environnement sec; ils sont les seuls à pouvoir exploiter la zone sahélienne tout entière, surtout le nord. Economiquement, ils constituent un investissement à long terme. Grâce à ce type de stratégie, le nombre de camelins a augmenté de 50 pour cent depuis les sécheresses sévères des années 70 et 80, tandis que les effectifs des bovins ont chuté de 20 pour cent durant la même période. - Les petits ruminants sont un investissement à court terme; leurs effectifs ont doublé depuis les années 60, passant de 18 pour cent à 33 pour cent en termes d’UBT [1 UBT = Unité de Bétail Tropical = 250 kg de poids vif = 1 dromadaire = 1,25 bovin ou équin = 2 asins = 10 petits ruminants]. Le nombre d’ovins (voir tableau 1) a particulièrement augmenté (pour plus de 70 pour cent dans les vingt dernières années), bien que le nombre de caprins lui soit toujours supérieur à l’heure actuelle (ovins, 13 pour cent et caprins, 20 pour cent des UBT du Niger). En raison de leur caractère prolifique, les petits ruminants sont favorisés dans la mesure où une chute des effectifs après une sécheresse peut être rapidement comblée. Par ailleurs, ils ont une plus grande productivité que les grands ruminants. Ces dernières années, l’élevage s’est déplacé de plus en plus vers la zone agropastorale (laquelle s’est étendue à l’intérieur de la zone pastorale), sauf pour l’élevage extensif des zébus Bororo. On estime qu’environ 2/3 des bovins se trouvent aujourd’hui dans la zone agropastorale. Dans le sud-ouest du Niger tout particulièrement, les activités d’embouche et de production laitière s’intensifient de plus en plus. L’utilisation d’aliments complémentaires ou additionnels dépend du niveau de la production animale. Dans l’élevage familial traditionnel pratiqué dans les villages, on emploie des résidus de récoltes et des tiges provenant des champs (niébé) ou des arbres égumineuses (acacia, tamarin, etc.). Dans les systèmes d’élevage améliorés, proches des centres urbains et encouragés par des programmes internationaux, on utilise parfois du son, des résidus de brasserie ou des tourteaux de graines oléagineuses. Le volume des produits vétérinaires est difficile à estimer parce qu’il existe un important marché noir, mais on considère qu’il représente moins de 0,05 pour cent de la valeur économique de tout le cheptel. De manière générale, le lait est très apprécié au Niger, où il constitue l’aliment de base de populations telles que Peulhs, Touaregs, Toubous et Arabes. Bien que les races de bovins nigériens, comme les azawak ou les kouri, comptent parmi les meilleurs bovins laitiers d’Afrique de l’Ouest, la production actuelle est limitée par la malnutrition. Dans la plupart des cas, la production de lait sert à la consommation familial et moins de un pour cent du lait produit intérieurement est commercialisé. La production intérieure ne permet pas de satisfaire à la demande et les importations de lait s’élevaient à plus de 10 millions € en 1995. Par ailleurs, la quantité de lait disponible par habitant est tombée de 168 litres en 1968 à 37 litres en 1994. La production laitière industrielle s’appuie essentiellement sur le lait en poudre importé. Bien que les chiffres soient incertains, on estime que, en 1995, environ 200 000 bovins, 30 000 camelins, 600 000 ovins et 1,3 million de caprins ont été abattus pour être consommés. Un autre secteur important de la commercialisation des produits de l’élevage est constitué par les cuirs et les peaux, notamment ceux de caprins. En 1994, les cuirs et peaux étaient estimés à 188 000 pour les bovins, 85 000 pour les ovins et plus de 1,6 million pour les caprins.
Tableau 1. Effectifs du cheptel par Département
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