OUGANDA
Sandra M. N. Mwebaze


 


1.  INTRODUCTION

2.  SOLS ET TOPOGRAPHIE

3.  CLIMAT ET ZONES AGROÉCOLOGIQUES

3.1 Le système banane-café
3.2 Le système banane-mil-coton
3.3 Le système de montagne  
3.4 Le système Teso
3.5 Le système septentrional
3.6 Le système du Nil occidental
3.7 Le système pastoral

4.  SYSTÈMES D’ÉLEVAGE

4.1 Système pastoral communautaire
4.2 Systèmes agropastoraux
4.3 Elevage au piquet
4.4 Elevage extensif (ranching) 
4.5 Elevage laitier en enclos
4.6 Stabulation
4.7 Système d’exploitations mixtes 
4.8 Contraintes générales de l’élevage
4.9 Efforts du gouvernement pour atténuer les contraintes

5.  RESSOURCES PASTORALES

5.1 Pâturage de Pennisetum purpureum
5.2 Pâturage humide de Hyparrhenia  
5.3 Pâturage sec de  Hyparrhenia
5.4 Pâturage de Themeda triandra  
5.5 Pâturage de Setaria-Chrysopogon
5.6 Pâturage montagneux

6.  PRODUCTION DE SEMENCES FOURRAGÈRES

7.  AMÉLIORATION DES RESSOURCES PASTORALES

7.1 Modernisation de l’agriculture
7.2 Vulgarisation agricole 
7.3 Production laitière péri-urbaine
7.4 Implication des ONG dans l’élevage
7.5 Sols fertiles et climat favorable
7.6 Production de semences fourragères 

8.  ORGANISMES DE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT IMPLIQUÉS DANS LE PASTORALISME

9.  RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

10. CONTACTS


 


1. INTRODUCTION

L’Ouganda s’étend à cheval sur l’Equateur, entre 4o 12´ de latitude N et 1o 29´ de latitude S et entre 29o 34´ de longitude O et 35o 0´ de longitude E. Les températures sont comprises entre 15 et  30 oC. Plus de deux tiers du pays forment un plateau, situé entre 1 000 et 2 500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les précipitations sont assez fiables, variant de 750 mm à Karamoja dans le nord-est à 1 500 mm dans les zones très arrosées sur les bords du lac Victoria, sur les hautes terres orientales autour du mont Elgon, sur les monts Ruwenzori dans le sud-ouest et dans certaines parties des districts de Masindi et de Gulu.


Figure 1. Carte de l’Ouganda

Figure 2. Carte des districts de l’Ouganda

La superficie totale de l’Ouganda est de 241 548 km2. Sur le plan administratif, le pays est divisé en 39 districts (figure 1). Les lacs, les marécages et les aires protégées constituent 25% du territoire. Plus de 75% du pays (plus de 18 millions d’hectares) sont disponibles pour les cultures comme pour les pâturages (tableau 1). Les pâturages sont estimés à plus de 16 millions d’hectares, la moitié (8,4 millions d’hectares) étant des terres de parcours extensives. Les pâturages améliorés ne couvrent, selon les estimations, que 1,8 million d’hectares. Cette ressource foncière, de même que celle provenant des eaux, constituent la base de survie de la plupart des 20 millions d’Ougandais (estimations du recensement 1997) et leur cheptel. L’aptitude de ces terres à supporter la population en croissance rapide dépend largement de l’influence de facteurs édaphiques (relief et fertilité du sol), climatiques et biotiques, ainsi que de ce qui est fait ou non pour accroître leur productivité.

Tableau 1: Pâturages effectifs et potentiels en Ouganda

Classification des terres

Kilomètres carrés

Pourcentage

Pâturages

51 118,6

21,16

Terres de culture

83 931,0

34,75

Boisements

40 277,7

16,67

Brousses

14 198,6

5,88

Total des pâturages potentiels 

189 525,9

78,46

SUPERFICIE TOTALE

241 548,0

100

Source: Statistical Abstracts, MFP&ED, juin 1997.

Le pays peut être divisé en sept grandes zones agroécologiques, qui ont des arrière-plans économiques et sociaux semblables, et des conditions écologiques  (types de sol, topographie, pluviosité), des systèmes de production et des pratiques relativement homogènes. Celles-ci sont souvent ultérieurement subdivisées en sous-zones, en fonction de facteurs tels que les associations de cultures, la taille des exploitations, la taille moyenne des parcelles et les rendements. Sur la base de ces divisions, on extrait des unités cartographiées définies et des lignes directrices pour un usage potentiel, qui servent pour le zonage et la stratification de la production.

L’agriculture est la colonne vertébrale de l’économie ougandaise; 95% de la population travaille dans ce secteur (cultures et élevage), au sein de petites exploitations visant l’autoconsommation et quelques revenus familiaux, et dans de grandes exploitations, notamment des ranchs  (taille moyenne: 1 200 ha) et des terres de cultures (5 - 20 ha). L’agriculture contribue à hauteur de plus de 40% au Produit intérieur brut (PIB), et à hauteur de plus de 90% aux recettes en devises. Elle contribue aussi à 60% des recettes du gouvernement, et par ailleurs emploie plus de 80% de la force de travail. Elle fournit ainsi plus de la moitié du revenu total de la strate inférieure comprenant les trois quarts de la population  (MFP&ED, 1996). 

Parmi les espèces de bétail principales en Ouganda, on compte les bovins, les ovins, les caprins, les porcins, les lapins et les volailles. L’élevage est un important sous-secteur de l’agriculture, qui contribue à 7,5% du PIB et à  17% du PIB agricole. Selon les estimations, les petits producteurs des exploitations mixtes et les éleveurs possèdent plus de 90% du troupeau bovin et l’intégralité des petits ruminants et du cheptel non ruminant; ils produisent l’essentiel du lait et des animaux de boucherie nationaux. D’un point de vue économique, les bovins représentent le bétail le plus important, ovins et caprins apportant aussi une contribution significative, bien que moindre.

Selon les statistiques officielles (MFP&ED,1996), les effectifs des ruminants comptent  5,46 millions de bovins, 5,86 millions de caprins et 980 000 ovins (tableau 2). Les chiffres de la FAO (voir tableau 3) sont semblables. Les races améliorées sont généralement gardées en stabulation, dans des petites et moyennes exploitations à gestion intensive. D’un autre côté, les races natives sont gardées selon les méthodes traditionnelles extensives. L’élevage continue d’augmenter en réponse à la demande croissante de lait (de nouvelles unités de production laitière apparaissant) et de viande sur le marché local. 80 pour cent du troupeau bovin se trouve dans le sud et l’ouest du pays, où le nombre moyen de bovins par famille est de 2,11, contre 0,67 pour le nord et une moyenne nationale de 1,37.

Tableau 2: Effectifs du cheptel, 1992 - 2001

Année

Bovins (milliers)

Ovins (milliers)

Caprins

(milliers)

Porcins

(milliers)

Volailles

(milliers)

1991

5 121

820

4 950

1 210

20 020

1992

5 209

845

5 070

1 228

20 576

1993

5 370

871

5 227

1 266

21 214

1994

5 106

897

5 383

1 304

21 404

1995

5 233

924

5 545

1 343

21 832

1996

5 301

951

5 684

1 383

22 050

1997

5 460

980

5 826

1 425

22 271

Source: Statistical Abstracts; MFP&ED, juin 1997.

La constitution de 1995 de la République d’Ouganda reconnaît les systèmes fonciers suivants: coutumier, privé, mailo et location. Ces différents systèmes ont eu des effets différents sur la productivité des terres. Sur les pâturages communautaires, les individus n’ayant pas la propriété légale de la terre, ils se sentent très peu responsables des dégâts causés par leurs actions. Sur les terres privées, le système traditionnel d’héritage a conduit peu à peu à une fragmentation de la terre.

Tableau 3: Statistiques de l’Ouganda – Effectifs du cheptel ruminant; production de viande de bœuf, veau, mouton et chèvre et de lait; importations de bovins; importations de viande de bœuf et de veau – période  1992-2001 ( Base de données FAO 2002)

 

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

Bovins
(millions)

5,2

5,4

5,1

5,2

5,3

5,5

5,7

5,8

6,0

5,9

Ovins
(millions)

0,9

0,9

0,9

0,9

1,0

1,0

1,0

1,0

1,1

1,1

Caprins
(millions)

5,1

5,2

5,4

5,6

5,7

5,8

6,0

6,2

6,2

6,2

Prod. de bœuf et de veau (milliers de tonnes)

86,0

91,5

84,3

86,4

87,5

88,5

93,0

96,0

96,6

96,6

Prod. de viande de mouton (milliers de tonnes)

4,1

4,2

4,4

4,5

4,6

4,8

5,0

5,1

5,1

5,4

Prod. de viande caprine (milliers de tonnes)

19,4

20,0

20,7

21,3

21,6

22,3

23,0

23,8

23,8

23,8

Prod. de lait
(milliers de tonnes)

455,7

470,1

447,0

457,8

463,8

468,6

493,5

509,3

511,0

511,0

Importations de bovins (têtes)

70

600

478

3

319

n.r.

2

n.r.

n.r.

n.r.

Importations de bœuf et de veau (tonnes)

n.r.

n.r.

1

33

n.r.

n.r.

2

6

6

n.r.

Source: Base de données FAO 2002; n.r. = non renseigné


 

2. SOLS ET TOPOGRAPHIE 

Selon Parsons (1970), les sols de l’Ouganda peuvent être classés comme suit: 

- Sols très productifs - 8% de la superficie

- Sols moyennement productifs - 14% de la superficie

- Sols relativement productifs - 43% de la superficie

- Sols peu productifs - 30% de la superficie

- Sols d’une productivité négligeable - 5% de la superficie


Les principaux types de sols sont au nombre de 18 et sont répartis en 7 groupes en fonction de leur localisation et de leur productivité agricole: 

  • Le groupe Ouganda couvre la plupart des zones au sud du lac Kyoga. Ce groupe rassemble cinq types de sols limono-argileux, sablonneux et profonds, moyennement ou très productifs.
  • Le groupe Tanganyika couvre la plupart des zones au nord du lac Kyoga, le Nil occidental et certaines parties de l’extrémité sud-ouest de l’Ouganda. Il rassemble cinq types de sols limono-argileux sableux, peu ou moyennement productifs.  
  • Le groupe Karamoja couvre le nord-est du pays et rassemble deux types de sols, des argiles limono-sableuses et des argiles noires très peu productives.
  • Les sols de la vallée du Rift, dans l’ouest et le nord du pays, en bordure de la vallée du Rift occidental, rassemblent deux types de sols, principalement des limons argilo-sableux avec une roche mère alluviale, moyennement ou très productifs.
  • Les sols volcaniques sont dominants sur le mont Elgon, dans le nord du Karamoja, et l’extrême pointe sud-ouest de l’Ouganda (Kabale et Kisoro). Ils sont moyennement ou très productifs, sauf dans le nord du  Karamoja où la productivité est faible.
  • Les sols alluviaux se trouvent hors de la vallée du Rift, principalement dans le centre-nord du pays  (Lango et Acholi) et à l’ouest du lac Victoria. La productivité de ces sols sablonneux est très faible. 
  • Le dernier groupe de sols se trouve dans le nord de l’Ouganda; la productivité de ces derniers est faible.

L’Ouganda a été divisé, en fonction de sa topographie, en quatre régions caractérisées par leur relief: 

  • Au-dessus de 2 000 mètres - 2% de la superficie
  • 1 500 - 2 000 mètres - 5% de la superficie
  • 900 - 1 500 mètres - 84% de la superficie
  • En dessous de 900 mètres - 9% de la superficie

 

3. CLIMAT ET ZONES AGROÉCOLOGIQUES 

En Ouganda, les températures varient peu au cours de l’année, les valeurs maximales étant comprises entre 25 et 31 oC dans la plupart des zones.

La distribution des précipitations a été classée, de façon générale, comme suit:
 

  • Forte pluviosité:        plus de 1 750 mm par an - 4% de la superficie
  • Pluviosité modérée:  1 000 - 1 750 mm par an - 70% de la superficie
  • Faible pluviosité:      en dessous de 1 000 mm par an - 26% de la superficie

La distribution des précipitations est bimodale dans le sud de l’Ouganda, permettant ainsi deux récoltes par an et une pâture adéquate pour le bétail tout au long de l’année. Autour du lac Victoria, les précipitations sont en moyenne de l’ordre de 1 200 - 1 500 mm par an, et sont bien réparties. Vers le nord, les deux saisons pluvieuses s’unissent peu à peu jusqu’à n’en former plus qu’une.  Vers la fin de l’année, les périodes sèches se font plus longues, les précipitations annuelles étant comprises entre 900 et 1 300 mm; cela réduit l’éventail de cultures que l’on peut produire.  Ces conditions, qui ne conviennent pas à la banane, sont favorables à l’élevage extensif. L’influence des sols, de la topographie et du climat sur les systèmes de production (figure 2) a conduit a diviser le pays en sept grandes  zones agroécologiques (voir tableau 4). Ces zones se caractérisent par les sols, la  topographie, la pluviosité et les cultures principales.

3.1 Le système banane-café

dans ce système, les précipitations sont équitablement réparties (1 000 - 1 500 mm) sur des sols moyennement ou très productifs. Les superficies cultivées par habitant sont petites, inférieures à un hectare. La banane et le café sont les principales cultures commerciales; les tubercules et diverses cultures vivrières annuelles ou biennales sont en pleine phase d’expansion. Le maïs est une culture commerciale secondaire et la patate douce vient après la banane dans l’alimentation. L’élevage n’est en général pas intégré dans ce système, mais les bovins laitiers sont en train de prendre de l’importance. L’exploitation type fait 2 à 4 hectares. La végétation est principalement constituée d’une mosaïque de forêt et savane, avec des pâturages convenant à l’élevage intensif.

3.2 Le système banane-mil-coton

Dans ce système, la pluviosité est moins stable que dans le précédent, aussi y dépend-on largement des cultures annuelles (mil, sorgho et maïs). Dans les zones plus sèches, l’élevage constitue une activité principale. Le végétation consiste en une savane humide de Combetrum/Terminalia/Butyrospermum , avec une production modérée de biomasse.

3.3 Le système de montagne

On le trouve à des altitudes plus élevées, entre 1 500 et 1 750 mètres au-dessus du niveau de la mer. Cette zone bénéficie de fortes précipitations ainsi que d’un couvert nuageux. La banane, comme la patate douce, le manioc et la pomme de terre irlandaise, sont les cultures de base. Le café arabica domine au-dessus de 1 600 mètres. On cultive quelques céréales tempérées comme le blé et l’orge. La forte densité démographique  et l’agriculture intensive sont la norme, du fait de la petite taille des exploitations, de l’ordre de 1,5 hectares. On administre communément des résidus de récolte au bétail.

3.4 Le système Teso

Cette zone bénéficie d’une pluviosité bimodale, sur des sols limono-sableux moyennement ou peu fertiles. La saison sèche y est plus longue, et dure de décembre à mars.  La végétation associe un couvert humide de Combetrum/Butyrospermum et des savanes de graminées; les herbages sont courts, ce qui est idéal pour la pâture. Les cultures alimentaires de base sont le mil, le maïs et le sorgho; on compte aussi des cultures de graines oléagineuses (arachide, sésame - Sesamum indicum – et tournesol) et le coton est la principale culture commerciale. On pratique l’agriculture mixte (cultures et élevage),  en utilisant principalement la traction animale. Le bétail est gardé de manière extensive dans les zones non infestées par la mouche tsé-tsé. L’emploi de résidus de récolte est très répandu dans ce système. La taille moyenne des exploitations est d’environ 3 hectares.

Figure 3. Zones agroécologiques

3.5 Le système septentrional

Dans cette zone, la pluviosité est bimodale – de façon moins prononcée -, et de l’ordre de 800 mm par an. Dans l’extrême nord et le nord-est du pays (Kotido et Moroto), elle est unimodale et trop faible (inférieure à 800 mm) et aléatoire pour permettre des mises en culture satisfaisantes. La saison sèche est si rigoureuse que l’on cultive des espèces annuelles tolérantes à la sécheresse, notamment du petit mil Eleusine coracana, du sésame, du manioc et du sorgho. Le tabac et le coton sont les principales cultures commerciales. Les herbages des pâturages sont courts et les terres de pâture collectives ne manquent pas. Cette zone est bien connue pour son élevage bovin semi-nomade de type pastoral. 

3.6 Le système du Nil occidental

La pluviosité ressemble à celle rencontrée dans le nord, avec davantage de pluies à plus haute altitude. Les cultures mixtes sont courantes et concernent une grande variété de plantes. Ce système se trouve en zone sub-humide où le couvert des pâturages est constitué de  Butyrospermum/Combetrum/Terminalia. L’élevage est limité par la présence de la mouche tsé-tsé. Comme dans le nord, le tabac et le coton sont les principales cultures commerciales. 

3.7 Le système pastoral

Ce système couvre certains districts du nord-est et des parties des districts occidentaux et centraux. La pluviosité annuelle est faible (en-dessous de 1 000 mm). Ce système est caractérisé par des pâturages à herbage ras où prévaut le pastoralisme extensif de type nomade. Les troupeaux mixtes sont fréquents. On ne dispose pas de bonnes informations sur le meilleur ratio bovins/ petits ruminants pour une utilisation optimale des parcours.

Tableau 4. Synthèse des systèmes agricoles en Ouganda

Système de production

Districts

Système banane/café

Bundibugyo, parties de Hoima, Kabarole, Mbarara, Bushenyi, Mubende, Luweero, Mukono, Masaka, Iganga, Jinja, Kalangala, Mpigi et Kampala

Système banane /mil/coton

Kamuli, Pallisa, Tororo, parties de Masindi et Luweero

Système montagneux

Kabale, Kisoro, parties de Rukungiri, Bushenyi, Kasese, Kabarole, Bundibugyo, Mbarara, Mbale et Kapchorwa

Système  Teso

Soroti, Kumi, Kaberamaido

Système septentrional

Gulu, Lira, Apac, Kitgum

Système pastoral

Kotido, Moroto, parties de Mbarara, Ntungamo, Masaka, Ntungamo, Masaka et Rakai

Système du Nil occidental

Moyo, Arua et Nebbi

Source: Basic facts on agricultural activities in Ouganda, MAAIF; 1995.


 


4. SYSTÈMES D'ÉLEVAGE

L’élevage fait partie intégrante de l’agriculture dans la plupart de l’Ouganda; les systèmes de production ont évolué au cours du temps de façon à correspondre aux caractéristiques des zones agroécologiques et à l’organisation socio-économique. Mbuza (1991) a identifié deux principaux types de systèmes en Ouganda, qui se distinguent selon l’importance relative des intrants et des productions:

  • Le système traditionnel, qui reçoit des apports minimaux et, en correspondance, génère une petite quantité de produits, et qui dépend des pâturages naturels et des races locales.
  • Les systèmes améliorés, qui bénéficient d’un certain investissement tel que clôtures, amélioration des pâturages, approvisionnement en eau, sélection des races, etc.

Les principaux systèmes d’élevage ont recours aux modes de pâture suivants: 

i. Système pastoral communautaire

ii. Elevage au piquet

iii. Ranchs clôturés

iv. Exploitations de production laitière en enclos

v. Stabulation

4.1 Système pastoral communautaire

Il prévaut dans le sud-ouest du pays (districts de Ntungamo, Mbarara, Bushenyi, Masaka, Sembabule et Rakai), dans les districts centraux de Luweero, Kibaale et Kibooga, et dans le nord et le nord-est (Kotido, Moroto, Soroti et Kumi). La densité de la population est faible dans ces zones, habitées par des nomades qui n’ont pas d’habitation permanente et des transhumants qui en ont. Le lait et la viande sont les principales sources de subsistance pour les pasteurs. Le lait est vendu ou échangé pour se procurer de la nourriture. Il n’y pas de contrôle sur les ressources en alimentation du bétail et pas d’opportunité d’amélioration pastorale, d’où une faible productivité de l’élevage. Les pasteurs se déplacent avec leurs troupeaux, pour la plupart mixtes, de bovins, ovins et caprins. Leurs mouvements sont dictés par le climat dans la mesure où ils sont à la recherche d’herbages frais et d’eau.

On ne trouve dans ce système que des races indigènes. Le bétail natif forme 98% du troupeau national et se nourrit exclusivement sur les terres de pâture naturelles. Les races principales sont le zébu ankole et le zébu local, la petite chèvre d’Afrique de l’Est, les chèvres mubende et kigezi, qui s’adaptent à des pâturages de faible qualité et ont une bonne résistance à la trypanosomiase et aux maladies dues aux tiques. Les bovins donnent une production laitière faible (300 litres par lactation) et une production de viande très modeste (ils sont adultes à 4 ans et pèsent quelque 150 kg) (Mahadevan et Parsons, 1970). Le niveau des intrants commerciaux est faible sinon inexistant, aussi les coûts de production sont-ils relativement peu élevés. Les opportunités pour commercialiser le surplus de lait sont réduites au minimum, aussi celui-ci est-il transformé en ghi (beurre clarifié) pour l’usage domestique. 

Les facteurs qui limitent la production dans ce système sont les suivants:

  • Le manque d’eau est chronique et la population éparse.
  • Les pâturages extensifs sur les plateaux accidentés et semi-montagneux sont mal conservés, érodés et surpâturés.
  • La terre est de propriété collective et pâturée en commun, et les façons d’en prendre soin n’ont toujours pas évolué.
  • La végétation clairsemée consiste en herbages qualitativement faibles, ainsi qu’en de nombreux buissons et broussailles.
  • Les maladies sont très répandues, mais les médicaments et les services vétérinaires sont coûteux.
  • Les races sont, génétiquement, de faibles productrices de lait et de viande.
  • Le taux de reproduction est faible, en raison de la mauvaise gestion de l’élevage et de l’absence de lutte contre les maladies.
  • On observe un faible taux d’alphabétisation (inférieur à 20%) chez les producteurs.
  • On observe un manque de pénétration effective des services de vulgarisation.

4.2 Système agropastoral

Les agropasteurs sont des agriculteurs qui produisent des cultures vivrières pour leur consommation et la vente, tout en élevant du bétail qui pâture sur les terres collectives, les jachères et les chaumes après la récolte. Le cheptel est utilisé comme force de traction, comme épargne et comme source de lait. La culture itinérante est courante. Les agropasteurs ont peu de contrôle sur les ressources en alimentation du bétail telles que pâturages et résidus de récolte. La production de lait fluctue en fonction de l’alimentation disponible, qui varie selon les saisons. De nos jours, avec l’accroissement de la population et la pression sur la terre, ce système évolue vers un type d’exploitation mixte.

Les facteurs de contrainte de ce système sont les suivants: 

  • Il y a peu de contrôle sur les ressources alimentaires – pâturages, résidus de récolte et autres.
  • L’insuffisante mise sous abri nocturne, ainsi que l’absence litière conduisent à une mortalité élevée et à des pertes, notamment pour ce qui est des jeunes animaux.
  • Les maladies se transmettent facilement et la reproduction est incontrôlée.
  • Le temps de pâture est réduit du fait de la compétition avec d’autres activités de la main d’œuvre, l’école pour les enfants, le travail des champs pour les adultes.
  • Les jeunes animaux ne sont pas bien nourris, ce qui se traduit par une mauvaise croissance et de fortes mortalités.

4.3 Elevage au piquet

Ce système semi-intensif, où les animaux sont gardés attachés à une corde, est courant dans les zones urbaines et péri-urbaines et dans les zones de culture intensive, où les troupeaux sont de petite taille (1 - 5 têtes). Il a pour objectif de protéger les cultures tout en n’obligeant pas l’agriculteur à ne garder le bétail. Les cultures constituent en effet son activité principale. Le bétail se nourrit dans les limites permises par la corde; dans la plupart des cas, il reste calme. Au fur et à mesure que le nombre d’animaux augmente, les agriculteurs doivent se tourner vers une autre option et conduire leurs bêtes sur les pâturages communautaires.

Les contraintes de l’élevage sont celles mentionnées précédemment, auxquelles il faut ajouter, pour ce système, quelques facteurs spécifiques:

  • Dans les zones urbaines, il serait illégal de garder du bétail si on appliquait les lois en vigueur.
  • Si les animaux ne sont pas convenablement attachés, ils finissent par vagabonder, ce qui conduit à des accidents de la route, des maladies et, souvent, des vols.
  • Le fait qu’un petit nombre d’animaux utilise pour la reproduction un même mâle (ou un nombre réduit) conduit à un affaiblissement génétique, ce qui réduit la croissance optimale et la productivité.
  • L’hygiène du troupeau, les soins vétérinaires et l’approvisionnement en eau sont souvent négligés.
  • Les races non améliorées ne sont pas rentables.

4.4 Système extensif

Dans ce système – qui comprend le pastoralisme et les ranchs – et dépend des ressources naturelles (pâturages et eau), on garde des troupeaux mixtes de bovins, caprins et ovins.

Les contraintes de ce système sont les suivantes:

  • Il y a des pertes de bétail dues aux maladies et aux prédateurs.
  • On observe un manque d’eau, peu d’attention aux problèmes vétérinaires et une faiblesse des services de vulgarisation.
  • Il y a une sélection génétique négative, les meilleurs mâles étant vendus.
  • Les ranchs sont souvent délimités par du fil de fer barbelé, très coûteux.
  • Les ratios appropriés en matière de troupeaux mixtes sont méconnus.
  • Il n’y a pas de réserves de fourrage ni de préparation à la sécheresse.
  • La dégradation de l’environnement constitue une menace sérieuse, personne ne se préoccupant de la gestion des ressources naturelles.

4.5 Elevage laitier en enclos

Dans ce système intensif ou semi-intensif de production laitière, les producteurs utilisent une partie ou la totalité de leurs terres pour semer ou améliorer des pâturages et cultiver du fourrage. Ils achètent aussi des concentrés. Il s’agit pour la plupart de petites exploitations entre 2 et 4 hectares avec 1 - 5 vaches laitières, ou de moyennes exploitations de 5 - 10 hectares avec 5 - 15 vaches laitières et de grandes exploitations de plus de 10 hectares avec plus de 20 animaux. Le lait est la principale production, aussi y élève-t-on surtout des animaux exotiques ou de races croisées. Les races courantes sont les races frisonne, guernsey, jersey et leurs croisements avec le zébu local. La plupart des petites exploitations dépendent de l’insémination artificielle pour la reproduction, tandis que les grandes et moyennes ont recours à des taureaux. Un nouveau concept est en train de se répandre pour améliorer les races laitières; il s’agit de faire utiliser un taureau de village par les producteurs vivant dans des zones n’ayant pas accès à l’insémination artificielle. Les animaux laitiers ne sont pas employés pour la traction. On trouve ce système dans le sud-ouest du pays ainsi que dans certaines partie du centre et du sud-est. Les bovins sont gardés dans des unités clôturées en raison de leur forte sensibilité aux maladies dues aux tiques et à la sous-alimentation. Le niveau de production fourragère dépend de la pluviosité et de la fertilité des sols. La plupart des exploitations sont proches des zones urbaines ayant un accès facile aux marchés. Ce système concerne moins de 5% du troupeau national. 

4.6 Stabulation

Ce système est pleine croissance dans les zones urbaines et autour, là où il y peu de terres mais un bon marché pour le lait et les autres produits de l’élevage (poulets, œufs, viande de lapin, etc.). Non traditionnel, il est intensif là où on emploie des cultures fourragères en produits de fauche (Elephant grass, Setaria géante, Guatemala) et des résidus de récolte, et il utilise le recyclage du fumier. Le bétail est gardé en stabulation et les producteurs doivent constituer des jardins de case pour pouvoir lui fournir du fourrage vert. Les principales sources d’alimentation sont le fourrage, les résidus de récolte, les déchets domestiques et les sous-produits agro-industriels (déchets de brasserie, maïs, son de riz et de blé, tourteaux de graines oléagineuses). La plupart des producteurs laitiers ont 1 - 3 vaches exotiques ou de races croisées; quelques rares grands producteurs en ont plus de 10. On élève aussi des chèvres laitières selon cette méthode. En regard des hommes, les femmes montrent une nette préférence pour l’élevage en stabulation.

Dans ces systèmes intensifs, les contraintes de la production sont les suivantes: 

  • Ils requièrent beaucoup de main d’œuvre; on ne dispose pas d’instruments appropriés pour couper, transporter et hacher le fourrage.
  • Le fourrage occupe la terre au détriment des cultures.
  • Ils requièrent un capital élevé en comparaison des autres systèmes.
  • On observe un manque de connaissances en matière de biologie animale et de gestion et une absence de développement des services de vulgarisation.
  • La propriété de taureaux n’est pas aussi rentable que l’insémination artificielle lorsqu’il y a un petit nombre de vaches.
  • On utilise des animaux de qualité inférieure;
  • Les compléments alimentaires sont coûteux.
  • Les mauvaises herbes constituent un problème.
  • L’approvisionnement en eau est difficile.

4.7 Systèmes d’exploitations mixtes

En Ouganda, on associe couramment les cultures et l’élevage, les deux activités étant complémentaires. Les cultures constituent l’activité agricole principale. La taille moyenne des exploitations est petite, de l’ordre de 1 - 5 hectares. On élève les animaux comme force de traction, comme source de lait et pour la vente de lait et/ou de viande. L’exploitation mixte est la plus courante chez les petits producteurs laitiers dans le sud-ouest, et certaines parties du centre et du sud-est. On élève en général des animaux laitiers exotiques ou issus de croisements, habituellement dans des unités clôturées afin de faciliter la lutte contre les maladies dues aux tiques et la gestion pastorale.

4.8 Contraintes générales de l’élevage: 

  • Le surpâturage conduit à l’invasion par les broussailles et autres plantes nocives ainsi qu’à l’érosion des sols, ce qui conduit en retour à la réduction des pâturages.
  • L’Ouganda n’a pas encore de politique globale d’usage des terres qui permette d’adapter les systèmes de production au potentiel des ressources et aux opportunités du marché. Le système foncier favorise un petit nombre de personnes et n’encourage pas le développement.
  • Certains agriculteurs élèvent encore du bétail pour des événements importants tels que sacrifices religieux, cérémonies, paiement de dot et autres festivités sociales.
  • Les croyances traditionnelles culturelles ne favorisent pas la propriété des ressources par les femmes, notamment du bétail, bien que celles-ci fournissent 70 -80% de la main d’œuvre agricole.
  • Le niveau d’alphabétisme de la plupart des agriculteurs est faible, ce qui entrave l’adoption de techniques modernes. Selon Vanegas et Akwang (1992), les producteurs laitiers forment une exception à cet égard, ces derniers ayant atteint les niveaux d’instruction suivants: primaire, 29,7% ; secondaire 33,1% ; instruction supérieure 32,2%.
  • Il y a peu de débouchés commerciaux pour le lait en raison d’un mauvais réseau routier rural et de la faiblesse de l’électrification en milieu rural.
  • Les coûts de production dans les systèmes intensifs sont élevés alors que les retours sont faibles. 
  • L’alimentation est inadéquate dans tous les systèmes en raison du manque et de la mauvaise qualité du fourrage, notamment en saison sèche.
  • L’accès à des semences de haute qualité et à des matériaux de plantation fait défaut.

4.9 Efforts du gouvernement pour atténuer les contraintes:

L’élevage est un important sous-secteur de l’agriculture et fait partie intégrante du système de production dans de nombreuses parties du pays. Les ruminants constituent la base de la production intérieure de lait et de viande. La stratégie de développement gouvernementale vise à maximiser le potentiel de l’élevage de façon à atteindre l’autosuffisance en matière de viande, de lait, de volailles et d’autres produits animaux. Les éléments-clefs de cette stratégie sont les suivants: 

  • Concentrer les activités du secteur public sur celles que le secteur privé ne peut pas assurer de façon satisfaisante;
  • Allouer des ressources et développer un programme d’investissement externe en fonction des ressources du pays et de ses capacités de gestion, en évitant d’accroître la charge de la dette extérieure.
  • Permettre la libéralisation des prix du marché, ce qui devrait encourager la production à répondre à la demande croissante des consommateurs;
  • Donner un coup d’arrêt à la chute des effectifs du bétail et ré-habiliter le sous-secteur de façon à répondre à la demande intérieure tout en recherchant des opportunités pour l’exportation;
  • Accroître la productivité des systèmes mixtes élevage-agriculture, qui comprennent la plupart du cheptel national;
  • Améliorer la recherche, la formation et la vulgarisation de façon à appuyer le développement de l’élevage; 
  • Restaurer et améliorer les infrastructures commerciales de façon à accroître l’efficacité du traitement et de la distribution;
  • Pourvoir à une vaste source de crédits à la production et de primes à l’investissement, pour accroître les effectifs du bétail et les activités agricoles associées.
  • Etablir un système de contrôle des maladies efficace fondé sur le recouvrement des coûts;
  • Promouvoir et développer les liens de l’élevage avec le monde de l’industrie;
  • Encourager les exportations de bétail et de produits de l’élevage;
  • Renforcer la recherche sur la reproduction du bétail de façon à augmenter la qualité et la productivité des troupeaux.

 


5. RESSOURCES PASTORALES

L’Ouganda a  six grands types de pâturages naturels, résultant de l’influence des sols, de la topographie et du développement des terres, qui sont associés aux divers systèmes de production et aux diverses zones agroécologiques. Les pâturages naturels ougandais sont assez productifs et comprennent de nombreux herbages et arbustes fourragers appétés. Il s’agit donc d’une ressource naturelle non négligeable, qui peut être très productive si elle est bien gérée. Les pâturages naturels contiennent peu ou pas de légumineuses, aussi sont-ils pauvres en matière sèche et en valeur nutritive durant la plus grande partie de l’année.  La mauvaise utilisation actuelle et la faible productivité dépendent largement de l’absence de lignes directrices articulées pour la gestion de ces pâturages. Il faut noter que, bien que quelques études aient été menées sur quelques graminées et légumineuses herbacées, principalement dans des stations de recherche expérimentales, on sait peu de choses sur leur contribution relative en matière de qualité nutritive des pâturages où elles poussent. Les efforts publics et privés en matière d’amélioration pastorale sont tournés vers le désherbage et le semis de légumineuses au-dessus du tapis végétal. Les producteurs, notamment les producteurs laitiers, établissent des pâturages graminées/légumineuses, mais on ne dispose pas de données sur les résultats de ces actions.

Les graminées indigènes sont naturellement bien adaptées aux conditions végétatives. Elles comptent notamment Panicum maximum, Brachiaria ruziziensis, Chloris gayana, Hyparrhenia rufa, Pennisetum clandestinum et Setaria anceps, Pennisetum purpureum étant la seule graminée fourragère native. De nouvelles variétés supérieures de P. purpureum ont été développées à l’Institut de recherche agricole de Kawanda et d’autres ont été introduites du Kenya voisin et, par l’Institut international de recherche sur l'élevage (ILRI), d’Ethiopie. Des graminées fourragères comme Tripsacum laxum et Setaria splendida ont été testées, évaluées et adoptées dans diverses  zones agroécologiques. 

La seule légumineuse indigène à avoir été évaluée dans le détail et à avoir montré un grand potentiel est  Neonotonia wightii. Parmi les légumineuses introduites qui se sont le mieux adaptées, on compte Centrosema pubescens, Macroptilium atropurpureum, Desmodium intortum et  D. uncinatum, pour les zones recevant plus de 1 000 mm de précipitations par an, et Stylosanthes guianensis, S. hamata, S. scabra, Aeschynomene americana et Cassia rotundifolia, pour les zones recevant moins de 1 000 mm de précipitations et pour les sols pauvres.

Les six grands types de pâturages sont les suivants:

5.1 Pâturage de Pennisetum purpureum

Il s’agit d’un pâturage épais dominé par P. purpureum (elephant grass); on le trouve dans les zones les mieux arrosées, entre 1 000 et 2 000 mètres d’altitude, sur des sols fertiles. P. purpureum est un fourrage important, bien que souvent trop pâturé lorsque la surveillance fait défaut. D’autres graminées fourragères sont associées à P. purpureum, comme Brachiaria spp., Cynodon nlemfuensis, Panicum maximum et Hyparrhenia rufa.; la seule légumineuse est Neonotonia wightii. Parmi les légumineuses introduites, on trouve Centrosema pubescens, Macroptilium atropurpureum, Desmodium intortum, D. uncinatum. Les graminées fourragères utilisées sont P. purpureum, Tripsacum laxum, Setaria splendida; les légumineuses herbacées sont Lablab purpureus et Stizolobium spp. Les légumineuses arbustives appétées sont Leucaena leucocephala, Calliandra calothyrusus et Sesbania sesban.

5.2 Pâturage humide de Hyparrhenia

le couvert herbacé de cette savane humide est dominé par H. rufa et P maximum, qui apparaissent sur des sols fertiles recevant 1 000 - 1 500 mm de pluies. Parmi les autres graminées courantes appétées, on trouve Chloris gayana, Brachiaria spp., H. variabilis et Imperata cylindrica var. africana. La plupart des graminées et légumineuses convenant à ce système sont les mêmes que celles mentionnées supra. On utilise aussi dans celui-ci les résidus de récolte.

5.3 Pâturage sec de Hyparrhenia

On le trouve là où les conditions végétatives ne sont pas aussi favorables que précédemment. Les espèces dominantes sont H. filipendula et H. dissoluta dans les savanes sèches de Combetrum. Les autres graminées comprennent  Setaria sphacelata, Themeda triandra, Cenchrus ciliaris, Cynodon nlemfuensis et d’autres herbages de moindre valeur tels que Andropogon gayanus, A. schriensis, et Heteropogon contortus. La qualité des herbages est plutôt faible, surtout en saison sèche, parce qu’ils poussent sur des sites secs et pauvres.

5.4 Pâturage de Themeda triandra

Il s’agit d’une association végétale adaptée au feu, présente dans le corridor bovin du sud qui s’étend des rives du lac Kyoga jusqu’à la frontière tanzanienne. Ce pâturage est très nourrissant quand il est jeune. On le trouve dans les savanes, en association avec Acacia spp., sur des sols de texture légère, à environ 1 200 mètres d’altitude. Certains Acacia, par exemple A. hockii, constituent une importante source de fourrage. Des graminées aimant l’ombre, comme Brachiaria brizantha et Panicum maximum, prospèrent au milieu des Acacia, étant entendu que les arbres sont dispersés. C. gayana, Cynodon nlemfuensis, et Setaria sphacelata sont d’autres graminées importantes. La valeur nutritive de la pâture est réduite par la présence de mauvaises herbes telles que Cymbopogon afronadus et Imperata cylindrica. Parmi les fourrages adaptés, on compte Leucaena leucocephala, Stylosanthes spp. et Calliandra calothyrusus.

5.5 Pâturage de Setaria-Chrysopogon

Ce type de pâturage couvre des superficies substantielles dans le nord-est du pays. Il est dominé par Setaria incrassata, plante caractéristique des plaines argileuses de Karamoja. Themeda triandra, Sorghum spp., Eriochloa nubica et Dichanthium paiollosum sont les autres graminées courantes. Les précipitations annuelles sont de l’ordre de 750 - 1 000 mm. Plus à l’est, dans des zones recevant 350 - 500 mm de précipitations, on trouve les steppes argileuses de Chrysopogon de Karamoja, qui fournissent une pâture convenable. Buissons et broussailles apparaissent à  1200 - 2000 mètres d’altitude, sur les sols peu profonds recevant 300 - 850 mm de pluies. Ces pâturages, qui comprennent une grande variété d’espèces, fournissent beaucoup de fourrage, mais le couvert végétal est épars.

5.6 Pâturage de montagne

Des savanes herbacées contenant une grande quantité de Andropogon distachyus, Cenchrus validus, Exotheca abyssinica et Hyparrhenia cymbaria se sont développées entre 2 000 et 3 000 mètres d’altitude. Les graminées les plus productives sont Pennisetum clandestinum et P. purpureum, suivies par Setaria sphacelata , que l’on trouve sur le mont Elgon, dans l’est et le sud de Kigezi et au pied de la montagne de Ruwenzori. Les pâturages de  P. clandestinum comprennent un trèfle naturel, Trifolium semipilosum (trèfle blanc du Kenya), très compatible avec la graminée.


 


6. PRODUCTION

DE SEMENCES FOURRAGÈRES

Le développement des pâturages semés dépend de la viabilité d’une activité de production de semences. Entre 1950 et 1970, la production de semences pastorales était concentrée dans la station de recherche de Serere, dans l’est du pays. Les graminées et les légumineuses étaient récoltées en fonction des opportunités, vendues au Département d’agriculture puis aux éleveurs. Puis les agriculteurs de Serere et du centre de l’Ouganda se sont lancés dans la production de semences fourragères. Les graminées cultivées étaient Chloris gayana et Panicum maximum, et les légumineuses Desmodium intortum, Stylosanthes guianensis et Centrosema pubescens. Des quantités substantielles de semences ont été produites à Serere (tableau 5).  On ne connaît pas les rendements par hectare; la qualité des semences, des graminées en particulier, était très faible.

Tableau 5: Production de semences pastorales à Serere, 1972 - 1980

 

1972

1973

1974

1975

1976

1977

1978

1979

1980

Graminées
(kg)

4280

4238

10583

9 743

520

6 607

1 078

3 535

-

Légumineuses (kg)

1720

4515

16355

3 903

4211

7 636

12598

7 659

7 789

Total (kg)

6000

8753

26938

13646

4731

14243

13676

11194

7 789

Source: S.A. Bureau Courtoy NV & European Development Fund (1981)

Le projet de multiplication des semences financé par l’ODA (Uganda Seed Multiplication Project: USMP) a visé le renforcement des activités de Serere et ouvert de nouveaux sites à Mbarara, Kigumba et Ngetta. La recherche sur la production de semences pastorales a été lancée, mais elle est restée sans succès du fait que l’accent a davantage été mis sur les semences agricoles.

Durant et après le USMP, la production de semences pastorales a été frappée par le manque de fonds pour payer les ramasseurs, ce qui a empêché un progrès rapide; en 1977, la plupart des agriculteurs et des ramasseurs étaient découragés. Cela a conduit à un manque de semences fourragères dans le pays. La situation a été sauvée par le Département de services vétérinaires (Department of Veterinary Services and Animal Industry: DVS&AI), qui a travaillé avec l’Union coopérative centrale de l’Ouganda pour importer des semences du Kenya entre 1974 et 1983. les semences importées consistaient en diverses variétés de Chloris gayana et Panicum maximum, Brachiaria spp., Nasiwa Setaria, Macroptilium atropurpureum, Desmodium uncinatum, Centrosema pubescens et Stylosanthes guianensis. Entre 1984 et 1988, aucune semence n’a été importée. En 1989, le Fonds de développement africain (FAD) a fait au DVS&AI un don, qui a été utilisé pour importer 3800 kg de semences de graminées (Chloris gayana et Panicum coloratum) et 600 kg de semences de légumineuses (Centrosema pubescens et Pueraria phaseolides). 

En 1989, un programme de développement de la production laitière (PNUD/FAO Dairy Industry Development Programme) a permis d’importer quelques semences et de lancer la production de semences pastorales, en collaboration avec le DVS&AI, l’université de Makerere et l’institut de recherche de Namulonge. 26 hectares de cultures fourragères diverses ont été établis. Les graminées qui ont été cultivées sont C. gayana et P. maximum, et les légumineuses, M. atropurpureum, C. pubescens, D. intortum, Lablab purpureus, Leucaena leucocephala et Cajanus cajan. Le travail effectué à Namulonge a permis de déterminer le coût de production de chaque variété de semences. Les semences produites au cours de ce projet ont été utilisées dans le programme PNUD/FAO, et le reste a été donné au DVS&AI pour constituer un noyau de départ. Cela s’est fait par l’intermédiaire d’agriculteurs sous contrat, qui avaient pour mission de procéder à la multiplication des semences. Entre 1990 et 1992, le projet PNUD/FAO a acheté des semences fourragères aux agriculteurs sous contrat dans les districts de Mpigi, Mukono et Mbarara, et les a vendues aux éleveurs dans tout le pays. 

A travers un projet sur l’élevage (Livestock Services Project: LSP) du Ministère de l’agriculture (Ministry of Agriculture, Animal Industry and Fisheries: MAAIF), la Banque mondiale a continué la production de semences pastorales commencée avec le programme PNUD/FAO, et s’est chargée de former le personnel et les agriculteurs sur diverses techniques relatives à la production et l’utilisation des fourrages.  Durant la période 1992 - 1997, plus de 50 agriculteurs ont été sous contrat, produisant quelque 58 000 kg de semences de graminées et légumineuses (voir tableau 6), sur une superficie moyenne d’environ 0,75 acres chacune. Les principales semences produites ont été celles de C. gayana et  P. maximum, pour les graminées, et celles de M. atropurpureum, C. pubescens, S. guianensis et L. purpureus, pour les légumineuses. Durant ce projet, une étude sur la privatisation de la production de semences pastorales a été conduite. Malheureusement, le projet s’est terminé avant qu’elle ne soit menée à terme (juin 1997). Il n’y a pas à l’heure actuelle de lingue directrice claire en matière de production de semences pastorales au sein du MAAIF. Le personnel de vulgarisation responsable sur le terrain de l’amélioration pastorale dans les districts est parvenu à garder un petit nombre d’agriculteurs impliqués dans ce domaine, dans la mesure où ceux-ci trouvent un marché auprès des propriétaires de bétail.

Tableau 6: Production de semences des agriculteurs sous contrat avec le projet de services à l’élevage (kg), 1992 - 1997.

Type de semence

1992
(importation)

1993

1994

1995

1996

1997

M. atropurpureum

100

3 132

3 190

5 892

-

1 284

C. pubescens

100

374

2 238

2 243

-

691

L. purpureus

-

11 179

9 252

15 892

-

2 263

S. guianensis

-

2

-

-

-

15,5

Verano Stylo

120

-

-

-

-

-

Seca Stylo

100

-

-

-

-

-

D. intortum

100

-

-

-

-

-

D. uncinatum

C. rotundifolia

100

120

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

L. leucocephala

400

-

-

-

-

-

C. gayana

40

-

-

-

-

656

P. maximum

-

-

-

-

-

209

TOTAL

1 180

14 687

14 680

24 027

--

5 118,5

Source: LSP Internal Completion Report, juin 1997. 

Les institutions de recherche et quelques ONG produisent des matériaux pour introduire des espèces se reproduisant naturellement, telles que  Elephant Grass, Guatemala, Setaria géante et des semences de légumineuses arbustives (arbres à usages multiples) telles que Calliandra, Gliricidia et Leucaena.


 


7. AMÉLIORATION DES RESSOURCES PASTORALES

L’Ouganda a un certain nombre de possibilités pour améliorer ses ressources pastorales, notamment les suivantes: 

7.1 Modernisation de l’agriculture. Le programme consiste en une approche intégrée, où la stratégie de développement de l’élevage met l’accent sur les points suivants: 

  • Parvenir à l’autosuffisance en viande, lait, volaille et autres produits de l’élevage.  Les pâturages constituent la source la plus économique d’alimentation des ruminants. Grâce à ses précipitations bien  distribuées et ses sols fertiles, l’Ouganda dispose de fourrage vert en abondance pendant la plus grande partie de l’année. Un usage approprié de ce fourrage permettrait de garantir la bonne mise en œuvre de l’approche. 
  • Approvisionnement en matériaux de plantation et en géniteurs. Le gouvernement s’est engagé à acheter des matériaux de plantation. Les agriculteurs peuvent exploiter cette opportunité pour produire davantage de semences et de matériaux de plantation. Ils seront encouragés à améliorer leur cheptel grâce à l’insémination artificielle ou à la sélection des meilleures caractéristiques au sein des troupeaux existants.
  • Cibler la production agricole commerciale. La production des semences devrait augmenter au fur et à mesure que les agriculteurs diversifient leur production pour des cultures commerciales, à la place des cultures traditionnelles. Le prix de vente des semences fourragères est bon, en comparaison de toutes les autres cultures. La prise de conscience que l’élevage peut être source de profit a suscité chez les producteurs la volonté d’apprendre de nouvelles techniques visant l’accroissement de sa productivité; l’amélioration des pâturages en est juste un élément parmi d’autres. 
  • Améliorer et renforcer la recherche et la vulgarisation agricole. L’Organisation nationale de recherche agricole (National Agricultural Research Organisation: NARO) a été créée sur décision du Parlement avec pour mandat la recherche au niveau national, la formation et la vulgarisation. De nouvelles techniques d’amélioration pastorale, touchant toutes les catégories d’agriculteurs, sont développées dans les stations de recherche et testées sur site de façon à être adaptées aux divers systèmes de production. Par l’intermédiaire du MMAIF, des institutions de la NARO et de l’université de Makerere, l’Ouganda a établi des réseaux avec un grand nombre d’organisations internationales intéressées par la recherche en nutrition animale. 

7.2 Le système de vulgarisation agricole est bien développé, et dispose de personnel au niveau du district, du sous-district et de la paroisse; le personnel a un bon niveau d’instruction. Il a pour tâche de former les agriculteurs en fonction de leurs besoins. Les vulgarisateurs sur le terrain sont continuellement formés en matière d’amélioration pastorale et de production de semences. L’Ouganda a diverses universités et établissements d’enseignement agricole qui forment le personnel; ces institutions ont des spécialisations telles que production végétale, conduite de l’élevage, gestion des ressources pastorales, et d’autres. 

7.3 La production laitière péri-urbaine dépend du fourrage. Les producteurs laitiers ont eu accès à beaucoup de formation et connaissent bien l’importance des bons pâturages pour l’élevage. Ils sont susceptibles de former un groupe apte à promouvoir le développement et l’amélioration pastorales et les cultures fourragères. Dans les unités de production laitière péri-urbaines, le lait est le produit le plus important du fait du marché favorable; aussi, pour réaliser le plus de profits possibles, faut-il maintenir à un bas niveau les coûts de production. Une des façons de réduire ces derniers est de produire soi-même du fourrage, pour pourvoir à l’alimentation du bétail tout au long de l’année.

7.4 Les ONG, organisations communautaires et associations de producteurs impliquées dans l’élevage sont en croissance rapide. Elles organisent des programmes de formation et concentrent leur activité de conseil sur les agriculteurs qu’ils encadrent; elles mettent beaucoup l’accent sur la pâture dans leurs programmes de formation. Dans la politique de toutes ces organisations, les agriculteurs bénéficiaires doivent avoir un hectare de cultures fourragères bien établies (graminées et arbustes) et, en arrière-cour, une petite production de maraîchage à usage familial. 

7.5 Les sols fertiles et le climat favorable de l’Ouganda constituent un potentiel non négligeable, apte à favoriser tous les efforts de développement pastoral mis en œuvre.

7.6 La production de semences fourragères est en train d’être ravivée et s’implante bien. Les efforts gouvernementaux visant à privatiser localement cette activité devraient progressivement stimuler la production locale et créer une demande de semences fourragères auprès des éleveurs.  


 


8. ORGANISMES DE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT IMPLIQUÉS DANS LE PASTORALISME 

L’Organisation nationale de recherche agricole (National Agricultural Research Organisation: NARO) a été créée sur décision du Parlement avec pour mission d’améliorer les conditions de vie des habitants de l’Ouganda en générant de nouvelles techniques (et des recommandations politiques), en les transférant vers les clients et les bénéficiaires, en maintenant une recherche agricole utile au développement national et apte à produire les effets voulus de façon efficace et durable. Les premiers bénéficiaires du NARO sont les petits producteurs du secteur agricole. L’organisation a pour mandat de mener, promouvoir et coordonner des travaux de recherche dans tous les domaines des cultures, des pêches, des forêts et de l’élevage. Les objectifs immédiats du NARO, en matière de création de techniques et de transfert, concernent l’accroissement et le maintien de la production alimentaire, la conservation des ressources naturelles, l’amélioration des techniques agricoles, la  commercialisation et un usage optimal de la terre. 

Les Instituts de recherche en production agricole et animale de Namulonge et Serere (Agricultural and Animal Production Research Institutes - NAARI et SAARI, respectivement dans le centre et l’ouest de l’Ouganda) ont pour mission de mener des travaux de recherche, notamment sur les systèmes d’élevage, les pâturages, la gestion des parcours et la conduite de l’élevage. Ces deux institutions collaborent localement avec l’Université de Makerere, les services de vulgarisation du Ministère de l’agriculture, de l’élevage et des pêches (Ministry of Agriculture, Animal Industry and Fisheries: MAAIF) et des ONG et autres organisations  (HPI, YWCA, Farm Africa, UNFA et divers groupes de femmes) intéressées par le développement pastoral. Au niveau régional et international, elles collaborent avec des institutions diverses: International Livestock Research Institute – ILRI -, USAID, ICRAF et GTZ. Le NAARI et le SAARI reçoivent la plus grande partie de leur financement du gouvernement de l’Ouganda, de la Banque mondiale, de DANIDA, de l’USAID et de la fondation Rockefeller.

Les personnes suivantes sont impliquées dans la recherche et la vulgarisation sur les pâturages et fourrages:

Namulonge Agriculture and Animal Research Institute (NAARI), P.O. Box 7084, Kampala: 

Dr. C. Ebong ; M. W. Ndyanabo -  Mr. S. Byenkya – spécialistes en nutrition animale; M. P. Lusembo; Mme. J. M. Kabirizi et Mme. S. L. Mubiru – agronomes spécialisés en fourrage. 

Serere Agriculture and Animal Industry (SAARI), P.O. Private Bag, Soroti: 

M. J. Beyunga - agronome spécialisé en fourrage; Dr. S. Ossiya - agronome spécialisé en fourrage / spécialiste en nutrition animale. 

Department of Animal Production and Marketing, Ministry of Agriculture, Animal Husbandry and Fisheries (MAAIF), P.O. Box 513, Entebbe: 

Mme. S. M. Mwebaze; Mme. E. N. Luvumu - M. T. Mugisa - agronomes spécialisés en fourrage; Dr. D. R. Mpairwe – Ecologie des parcours/ spécialiste en nutrition animale; M. S. Muwaya - Range Ecologist; Dr. N. Kauta - Vétérinaire/ spécialiste en nutrition animale. 

Faculty of Agriculture, Makerere University, P.O. Box 7062, Kampala: 

Prof. E. N. Sabiiti - agronome spécialisé en fourrage; Dr. F. X. Bareeba, M. F. Kabi, M. Waisswa - spécialistes en nutrition animale. 


 


9. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

FAO 1989Working Paper No. 59 Dairy Industry Development Project. by Sabiiti, E. N. and Mwebaze, S. N. Rome, UNDP/FAO Project UGA/023. 

Mahadevan, P. and Parsons, D. J. 1970 Livestock. In: Agriculture in Uganda. Ed. Jameson, J. D. 

Mbuza, F. M. B. 1991 A Systems Analysis of Milk Production Systems in Uganda and Prospects for Technological Change. Ph.D. Thesis, Australia, University of Melbourne. 

Ministry of Agriculture Animal Industry and Fisheries. 1995. Basic facts on agricultural activities in Uganda

Ministry of Agriculture Animal Industry and Fisheries. 1996. Study Report on The Comparative Analysis of Cattle Management systems in Different Areas of Uganda

Ministry of Agriculture Animal Industry and Fisheries. 1997. Livestock Services Project Internal Completion Report. 

Ministry of Agriculture Animal Industry Fisheries. 1998. Meat Production Master Plan Study - Draft Final Report.

Ministry of Financial Planning and Economic Development. 1996. Statistical Abstracts

Ministry of Financial Planning and Economic Development. 1997. Statistical Abstracts

National Agricultural Research Organization. 1998. Annual Report, 1995 - 1996. 

S.A.Bureau Courtoy NV & European Development Fund (1981) 

Vanegas, M. and Akwang, R. 1992. An economic analysis of milk production costs and pricing in Uganda. Faculty of Agriculture and Forestry, Makerere University. 


 


10. CONTACTS

Mme Sandra M. N. Mwebaze, l’auteur de ce profil, est agronome principal, spécialisée en fourrage, auprès du Département de production et de commercialisation animale (Department of Animal Production and Marketing) du Ministère de l’agriculture, de l’élevage et des pêches (Ministry of Agriculture, Animal Industry and Fisheries), à Entebbe. Elle est chargée de mettre à jour ce document quand cela est nécessaire, et sera assistée dans cette tâche par le Dr. Denis R. Mpairwe, spécialiste de l’écologie des parcours au sein du même Département.
e-mail: <sadramwebaze@yahoo.com>

[Le profil a été traduit en francais por Anouchka Lazarev]