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L’Ouganda s’étend à cheval sur l’Equateur, entre 4o 12´ de latitude N et 1o 29´ de latitude S et entre 29o 34´ de longitude O et 35o 0´ de longitude E. Les températures sont comprises entre 15 et 30 oC. Plus de deux tiers du pays forment un plateau, situé entre 1 000 et 2 500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les précipitations sont assez fiables, variant de 750 mm à Karamoja dans le nord-est à 1 500 mm dans les zones très arrosées sur les bords du lac Victoria, sur les hautes terres orientales autour du mont Elgon, sur les monts Ruwenzori dans le sud-ouest et dans certaines parties des districts de Masindi et de Gulu. Figure 2. Carte des districts de l’Ouganda La superficie totale de l’Ouganda est de 241 548 km2. Sur le plan administratif, le pays est divisé en 39 districts (figure 1). Les lacs, les marécages et les aires protégées constituent 25% du territoire. Plus de 75% du pays (plus de 18 millions d’hectares) sont disponibles pour les cultures comme pour les pâturages (tableau 1). Les pâturages sont estimés à plus de 16 millions d’hectares, la moitié (8,4 millions d’hectares) étant des terres de parcours extensives. Les pâturages améliorés ne couvrent, selon les estimations, que 1,8 million d’hectares. Cette ressource foncière, de même que celle provenant des eaux, constituent la base de survie de la plupart des 20 millions d’Ougandais (estimations du recensement 1997) et leur cheptel. L’aptitude de ces terres à supporter la population en croissance rapide dépend largement de l’influence de facteurs édaphiques (relief et fertilité du sol), climatiques et biotiques, ainsi que de ce qui est fait ou non pour accroître leur productivité. Tableau 1: Pâturages effectifs et potentiels en Ouganda
Source: Statistical Abstracts, MFP&ED, juin 1997. Le pays peut être divisé en sept grandes zones agroécologiques, qui ont des arrière-plans économiques et sociaux semblables, et des conditions écologiques (types de sol, topographie, pluviosité), des systèmes de production et des pratiques relativement homogènes. Celles-ci sont souvent ultérieurement subdivisées en sous-zones, en fonction de facteurs tels que les associations de cultures, la taille des exploitations, la taille moyenne des parcelles et les rendements. Sur la base de ces divisions, on extrait des unités cartographiées définies et des lignes directrices pour un usage potentiel, qui servent pour le zonage et la stratification de la production. L’agriculture est la colonne vertébrale de l’économie ougandaise; 95% de la population travaille dans ce secteur (cultures et élevage), au sein de petites exploitations visant l’autoconsommation et quelques revenus familiaux, et dans de grandes exploitations, notamment des ranchs (taille moyenne: 1 200 ha) et des terres de cultures (5 - 20 ha). L’agriculture contribue à hauteur de plus de 40% au Produit intérieur brut (PIB), et à hauteur de plus de 90% aux recettes en devises. Elle contribue aussi à 60% des recettes du gouvernement, et par ailleurs emploie plus de 80% de la force de travail. Elle fournit ainsi plus de la moitié du revenu total de la strate inférieure comprenant les trois quarts de la population (MFP&ED, 1996). Parmi les espèces de bétail principales en Ouganda, on compte les bovins, les ovins, les caprins, les porcins, les lapins et les volailles. L’élevage est un important sous-secteur de l’agriculture, qui contribue à 7,5% du PIB et à 17% du PIB agricole. Selon les estimations, les petits producteurs des exploitations mixtes et les éleveurs possèdent plus de 90% du troupeau bovin et l’intégralité des petits ruminants et du cheptel non ruminant; ils produisent l’essentiel du lait et des animaux de boucherie nationaux. D’un point de vue économique, les bovins représentent le bétail le plus important, ovins et caprins apportant aussi une contribution significative, bien que moindre. Selon les statistiques officielles (MFP&ED,1996), les effectifs des ruminants comptent 5,46 millions de bovins, 5,86 millions de caprins et 980 000 ovins (tableau 2). Les chiffres de la FAO (voir tableau 3) sont semblables. Les races améliorées sont généralement gardées en stabulation, dans des petites et moyennes exploitations à gestion intensive. D’un autre côté, les races natives sont gardées selon les méthodes traditionnelles extensives. L’élevage continue d’augmenter en réponse à la demande croissante de lait (de nouvelles unités de production laitière apparaissant) et de viande sur le marché local. 80 pour cent du troupeau bovin se trouve dans le sud et l’ouest du pays, où le nombre moyen de bovins par famille est de 2,11, contre 0,67 pour le nord et une moyenne nationale de 1,37. Tableau 2: Effectifs du cheptel, 1992 - 2001
Source: Statistical Abstracts; MFP&ED, juin 1997. La constitution de 1995 de la République d’Ouganda reconnaît les systèmes fonciers suivants: coutumier, privé, mailo et location. Ces différents systèmes ont eu des effets différents sur la productivité des terres. Sur les pâturages communautaires, les individus n’ayant pas la propriété légale de la terre, ils se sentent très peu responsables des dégâts causés par leurs actions. Sur les terres privées, le système traditionnel d’héritage a conduit peu à peu à une fragmentation de la terre. Tableau 3: Statistiques de l’Ouganda – Effectifs du cheptel ruminant; production de viande de bœuf, veau, mouton et chèvre et de lait; importations de bovins; importations de viande de bœuf et de veau – période 1992-2001 ( Base de données FAO 2002)
Source: Base de données FAO 2002; n.r. = non renseigné |
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Selon Parsons (1970), les sols de l’Ouganda peuvent être classés comme suit: - Sols très productifs - 8% de la superficie - Sols moyennement productifs - 14% de la superficie - Sols relativement productifs - 43% de la superficie - Sols peu productifs - 30% de la superficie - Sols d’une productivité négligeable - 5% de la superficie
L’Ouganda a été divisé, en fonction de sa topographie, en quatre régions caractérisées par leur relief:
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L’élevage fait partie intégrante de l’agriculture dans la plupart de l’Ouganda; les systèmes de production ont évolué au cours du temps de façon à correspondre aux caractéristiques des zones agroécologiques et à l’organisation socio-économique. Mbuza (1991) a identifié deux principaux types de systèmes en Ouganda, qui se distinguent selon l’importance relative des intrants et des productions:
Les principaux systèmes d’élevage ont recours aux modes de pâture suivants: i. Système pastoral communautaire ii. Elevage au piquet iii. Ranchs clôturés iv. Exploitations de production laitière en enclos v. Stabulation 4.1 Système pastoral communautaire Il prévaut dans le sud-ouest du pays (districts de Ntungamo, Mbarara, Bushenyi, Masaka, Sembabule et Rakai), dans les districts centraux de Luweero, Kibaale et Kibooga, et dans le nord et le nord-est (Kotido, Moroto, Soroti et Kumi). La densité de la population est faible dans ces zones, habitées par des nomades qui n’ont pas d’habitation permanente et des transhumants qui en ont. Le lait et la viande sont les principales sources de subsistance pour les pasteurs. Le lait est vendu ou échangé pour se procurer de la nourriture. Il n’y pas de contrôle sur les ressources en alimentation du bétail et pas d’opportunité d’amélioration pastorale, d’où une faible productivité de l’élevage. Les pasteurs se déplacent avec leurs troupeaux, pour la plupart mixtes, de bovins, ovins et caprins. Leurs mouvements sont dictés par le climat dans la mesure où ils sont à la recherche d’herbages frais et d’eau. On ne trouve dans ce système que des races indigènes. Le bétail natif forme 98% du troupeau national et se nourrit exclusivement sur les terres de pâture naturelles. Les races principales sont le zébu ankole et le zébu local, la petite chèvre d’Afrique de l’Est, les chèvres mubende et kigezi, qui s’adaptent à des pâturages de faible qualité et ont une bonne résistance à la trypanosomiase et aux maladies dues aux tiques. Les bovins donnent une production laitière faible (300 litres par lactation) et une production de viande très modeste (ils sont adultes à 4 ans et pèsent quelque 150 kg) (Mahadevan et Parsons, 1970). Le niveau des intrants commerciaux est faible sinon inexistant, aussi les coûts de production sont-ils relativement peu élevés. Les opportunités pour commercialiser le surplus de lait sont réduites au minimum, aussi celui-ci est-il transformé en ghi (beurre clarifié) pour l’usage domestique. Les facteurs qui limitent la production dans ce système sont les suivants:
Les agropasteurs sont des agriculteurs qui produisent des cultures vivrières pour leur consommation et la vente, tout en élevant du bétail qui pâture sur les terres collectives, les jachères et les chaumes après la récolte. Le cheptel est utilisé comme force de traction, comme épargne et comme source de lait. La culture itinérante est courante. Les agropasteurs ont peu de contrôle sur les ressources en alimentation du bétail telles que pâturages et résidus de récolte. La production de lait fluctue en fonction de l’alimentation disponible, qui varie selon les saisons. De nos jours, avec l’accroissement de la population et la pression sur la terre, ce système évolue vers un type d’exploitation mixte. Les facteurs de contrainte de ce système sont les suivants:
Ce système semi-intensif, où les animaux sont gardés attachés à une corde, est courant dans les zones urbaines et péri-urbaines et dans les zones de culture intensive, où les troupeaux sont de petite taille (1 - 5 têtes). Il a pour objectif de protéger les cultures tout en n’obligeant pas l’agriculteur à ne garder le bétail. Les cultures constituent en effet son activité principale. Le bétail se nourrit dans les limites permises par la corde; dans la plupart des cas, il reste calme. Au fur et à mesure que le nombre d’animaux augmente, les agriculteurs doivent se tourner vers une autre option et conduire leurs bêtes sur les pâturages communautaires. Les contraintes de l’élevage sont celles mentionnées précédemment, auxquelles il faut ajouter, pour ce système, quelques facteurs spécifiques:
Dans ce système – qui comprend le pastoralisme et les ranchs – et dépend des ressources naturelles (pâturages et eau), on garde des troupeaux mixtes de bovins, caprins et ovins. Les contraintes de ce système sont les suivantes:
Dans ce système intensif ou semi-intensif de production laitière, les producteurs utilisent une partie ou la totalité de leurs terres pour semer ou améliorer des pâturages et cultiver du fourrage. Ils achètent aussi des concentrés. Il s’agit pour la plupart de petites exploitations entre 2 et 4 hectares avec 1 - 5 vaches laitières, ou de moyennes exploitations de 5 - 10 hectares avec 5 - 15 vaches laitières et de grandes exploitations de plus de 10 hectares avec plus de 20 animaux. Le lait est la principale production, aussi y élève-t-on surtout des animaux exotiques ou de races croisées. Les races courantes sont les races frisonne, guernsey, jersey et leurs croisements avec le zébu local. La plupart des petites exploitations dépendent de l’insémination artificielle pour la reproduction, tandis que les grandes et moyennes ont recours à des taureaux. Un nouveau concept est en train de se répandre pour améliorer les races laitières; il s’agit de faire utiliser un taureau de village par les producteurs vivant dans des zones n’ayant pas accès à l’insémination artificielle. Les animaux laitiers ne sont pas employés pour la traction. On trouve ce système dans le sud-ouest du pays ainsi que dans certaines partie du centre et du sud-est. Les bovins sont gardés dans des unités clôturées en raison de leur forte sensibilité aux maladies dues aux tiques et à la sous-alimentation. Le niveau de production fourragère dépend de la pluviosité et de la fertilité des sols. La plupart des exploitations sont proches des zones urbaines ayant un accès facile aux marchés. Ce système concerne moins de 5% du troupeau national. Ce système est pleine croissance dans les zones urbaines et autour, là où il y peu de terres mais un bon marché pour le lait et les autres produits de l’élevage (poulets, œufs, viande de lapin, etc.). Non traditionnel, il est intensif là où on emploie des cultures fourragères en produits de fauche (Elephant grass, Setaria géante, Guatemala) et des résidus de récolte, et il utilise le recyclage du fumier. Le bétail est gardé en stabulation et les producteurs doivent constituer des jardins de case pour pouvoir lui fournir du fourrage vert. Les principales sources d’alimentation sont le fourrage, les résidus de récolte, les déchets domestiques et les sous-produits agro-industriels (déchets de brasserie, maïs, son de riz et de blé, tourteaux de graines oléagineuses). La plupart des producteurs laitiers ont 1 - 3 vaches exotiques ou de races croisées; quelques rares grands producteurs en ont plus de 10. On élève aussi des chèvres laitières selon cette méthode. En regard des hommes, les femmes montrent une nette préférence pour l’élevage en stabulation. Dans ces systèmes intensifs, les contraintes de la production sont les suivantes:
4.7 Systèmes d’exploitations mixtes En Ouganda, on associe couramment les cultures et l’élevage, les deux activités étant complémentaires. Les cultures constituent l’activité agricole principale. La taille moyenne des exploitations est petite, de l’ordre de 1 - 5 hectares. On élève les animaux comme force de traction, comme source de lait et pour la vente de lait et/ou de viande. L’exploitation mixte est la plus courante chez les petits producteurs laitiers dans le sud-ouest, et certaines parties du centre et du sud-est. On élève en général des animaux laitiers exotiques ou issus de croisements, habituellement dans des unités clôturées afin de faciliter la lutte contre les maladies dues aux tiques et la gestion pastorale. 4.8 Contraintes générales de l’élevage:
4.9 Efforts du gouvernement pour atténuer les contraintes: L’élevage est un important sous-secteur de l’agriculture et fait partie intégrante du système de production dans de nombreuses parties du pays. Les ruminants constituent la base de la production intérieure de lait et de viande. La stratégie de développement gouvernementale vise à maximiser le potentiel de l’élevage de façon à atteindre l’autosuffisance en matière de viande, de lait, de volailles et d’autres produits animaux. Les éléments-clefs de cette stratégie sont les suivants:
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L’Ouganda a six grands types de pâturages naturels, résultant de l’influence des sols, de la topographie et du développement des terres, qui sont associés aux divers systèmes de production et aux diverses zones agroécologiques. Les pâturages naturels ougandais sont assez productifs et comprennent de nombreux herbages et arbustes fourragers appétés. Il s’agit donc d’une ressource naturelle non négligeable, qui peut être très productive si elle est bien gérée. Les pâturages naturels contiennent peu ou pas de légumineuses, aussi sont-ils pauvres en matière sèche et en valeur nutritive durant la plus grande partie de l’année. La mauvaise utilisation actuelle et la faible productivité dépendent largement de l’absence de lignes directrices articulées pour la gestion de ces pâturages. Il faut noter que, bien que quelques études aient été menées sur quelques graminées et légumineuses herbacées, principalement dans des stations de recherche expérimentales, on sait peu de choses sur leur contribution relative en matière de qualité nutritive des pâturages où elles poussent. Les efforts publics et privés en matière d’amélioration pastorale sont tournés vers le désherbage et le semis de légumineuses au-dessus du tapis végétal. Les producteurs, notamment les producteurs laitiers, établissent des pâturages graminées/légumineuses, mais on ne dispose pas de données sur les résultats de ces actions. Les graminées indigènes sont naturellement bien adaptées aux conditions végétatives. Elles comptent notamment Panicum maximum, Brachiaria ruziziensis, Chloris gayana, Hyparrhenia rufa, Pennisetum clandestinum et Setaria anceps, Pennisetum purpureum étant la seule graminée fourragère native. De nouvelles variétés supérieures de P. purpureum ont été développées à l’Institut de recherche agricole de Kawanda et d’autres ont été introduites du Kenya voisin et, par l’Institut international de recherche sur l'élevage (ILRI), d’Ethiopie. Des graminées fourragères comme Tripsacum laxum et Setaria splendida ont été testées, évaluées et adoptées dans diverses zones agroécologiques. La seule légumineuse indigène à avoir été évaluée dans le détail et à avoir montré un grand potentiel est Neonotonia wightii. Parmi les légumineuses introduites qui se sont le mieux adaptées, on compte Centrosema pubescens, Macroptilium atropurpureum, Desmodium intortum et D. uncinatum, pour les zones recevant plus de 1 000 mm de précipitations par an, et Stylosanthes guianensis, S. hamata, S. scabra, Aeschynomene americana et Cassia rotundifolia, pour les zones recevant moins de 1 000 mm de précipitations et pour les sols pauvres. Les six grands types de pâturages sont les suivants: 5.1 Pâturage de Pennisetum purpureum Il s’agit d’un pâturage épais dominé par P. purpureum (elephant grass); on le trouve dans les zones les mieux arrosées, entre 1 000 et 2 000 mètres d’altitude, sur des sols fertiles. P. purpureum est un fourrage important, bien que souvent trop pâturé lorsque la surveillance fait défaut. D’autres graminées fourragères sont associées à P. purpureum, comme Brachiaria spp., Cynodon nlemfuensis, Panicum maximum et Hyparrhenia rufa.; la seule légumineuse est Neonotonia wightii. Parmi les légumineuses introduites, on trouve Centrosema pubescens, Macroptilium atropurpureum, Desmodium intortum, D. uncinatum. Les graminées fourragères utilisées sont P. purpureum, Tripsacum laxum, Setaria splendida; les légumineuses herbacées sont Lablab purpureus et Stizolobium spp. Les légumineuses arbustives appétées sont Leucaena leucocephala, Calliandra calothyrusus et Sesbania sesban. 5.2 Pâturage humide de Hyparrhenia le couvert herbacé de cette savane humide est dominé par H. rufa et P maximum, qui apparaissent sur des sols fertiles recevant 1 000 - 1 500 mm de pluies. Parmi les autres graminées courantes appétées, on trouve Chloris gayana, Brachiaria spp., H. variabilis et Imperata cylindrica var. africana. La plupart des graminées et légumineuses convenant à ce système sont les mêmes que celles mentionnées supra. On utilise aussi dans celui-ci les résidus de récolte. 5.3 Pâturage sec de Hyparrhenia On le trouve là où les conditions végétatives ne sont pas aussi favorables que précédemment. Les espèces dominantes sont H. filipendula et H. dissoluta dans les savanes sèches de Combetrum. Les autres graminées comprennent Setaria sphacelata, Themeda triandra, Cenchrus ciliaris, Cynodon nlemfuensis et d’autres herbages de moindre valeur tels que Andropogon gayanus, A. schriensis, et Heteropogon contortus. La qualité des herbages est plutôt faible, surtout en saison sèche, parce qu’ils poussent sur des sites secs et pauvres. 5.4 Pâturage de Themeda triandra Il s’agit d’une association végétale adaptée au feu, présente dans le corridor bovin du sud qui s’étend des rives du lac Kyoga jusqu’à la frontière tanzanienne. Ce pâturage est très nourrissant quand il est jeune. On le trouve dans les savanes, en association avec Acacia spp., sur des sols de texture légère, à environ 1 200 mètres d’altitude. Certains Acacia, par exemple A. hockii, constituent une importante source de fourrage. Des graminées aimant l’ombre, comme Brachiaria brizantha et Panicum maximum, prospèrent au milieu des Acacia, étant entendu que les arbres sont dispersés. C. gayana, Cynodon nlemfuensis, et Setaria sphacelata sont d’autres graminées importantes. La valeur nutritive de la pâture est réduite par la présence de mauvaises herbes telles que Cymbopogon afronadus et Imperata cylindrica. Parmi les fourrages adaptés, on compte Leucaena leucocephala, Stylosanthes spp. et Calliandra calothyrusus. 5.5 Pâturage de Setaria-Chrysopogon Ce type de pâturage couvre des superficies substantielles dans le nord-est du pays. Il est dominé par Setaria incrassata, plante caractéristique des plaines argileuses de Karamoja. Themeda triandra, Sorghum spp., Eriochloa nubica et Dichanthium paiollosum sont les autres graminées courantes. Les précipitations annuelles sont de l’ordre de 750 - 1 000 mm. Plus à l’est, dans des zones recevant 350 - 500 mm de précipitations, on trouve les steppes argileuses de Chrysopogon de Karamoja, qui fournissent une pâture convenable. Buissons et broussailles apparaissent à 1200 - 2000 mètres d’altitude, sur les sols peu profonds recevant 300 - 850 mm de pluies. Ces pâturages, qui comprennent une grande variété d’espèces, fournissent beaucoup de fourrage, mais le couvert végétal est épars. Des savanes herbacées contenant une grande quantité de Andropogon distachyus, Cenchrus validus, Exotheca abyssinica et Hyparrhenia cymbaria se sont développées entre 2 000 et 3 000 mètres d’altitude. Les graminées les plus productives sont Pennisetum clandestinum et P. purpureum, suivies par Setaria sphacelata , que l’on trouve sur le mont Elgon, dans l’est et le sud de Kigezi et au pied de la montagne de Ruwenzori. Les pâturages de P. clandestinum comprennent un trèfle naturel, Trifolium semipilosum (trèfle blanc du Kenya), très compatible avec la graminée. |
| DE SEMENCES FOURRAGÈRES Le développement des pâturages semés dépend de la viabilité d’une activité de production de semences. Entre 1950 et 1970, la production de semences pastorales était concentrée dans la station de recherche de Serere, dans l’est du pays. Les graminées et les légumineuses étaient récoltées en fonction des opportunités, vendues au Département d’agriculture puis aux éleveurs. Puis les agriculteurs de Serere et du centre de l’Ouganda se sont lancés dans la production de semences fourragères. Les graminées cultivées étaient Chloris gayana et Panicum maximum, et les légumineuses Desmodium intortum, Stylosanthes guianensis et Centrosema pubescens. Des quantités substantielles de semences ont été produites à Serere (tableau 5). On ne connaît pas les rendements par hectare; la qualité des semences, des graminées en particulier, était très faible. Tableau 5: Production de semences pastorales à Serere, 1972 - 1980
Source: S.A. Bureau Courtoy NV & European Development Fund (1981) Le projet de multiplication des semences financé par l’ODA (Uganda Seed Multiplication Project: USMP) a visé le renforcement des activités de Serere et ouvert de nouveaux sites à Mbarara, Kigumba et Ngetta. La recherche sur la production de semences pastorales a été lancée, mais elle est restée sans succès du fait que l’accent a davantage été mis sur les semences agricoles. Durant et après le USMP, la production de semences pastorales a été frappée par le manque de fonds pour payer les ramasseurs, ce qui a empêché un progrès rapide; en 1977, la plupart des agriculteurs et des ramasseurs étaient découragés. Cela a conduit à un manque de semences fourragères dans le pays. La situation a été sauvée par le Département de services vétérinaires (Department of Veterinary Services and Animal Industry: DVS&AI), qui a travaillé avec l’Union coopérative centrale de l’Ouganda pour importer des semences du Kenya entre 1974 et 1983. les semences importées consistaient en diverses variétés de Chloris gayana et Panicum maximum, Brachiaria spp., Nasiwa Setaria, Macroptilium atropurpureum, Desmodium uncinatum, Centrosema pubescens et Stylosanthes guianensis. Entre 1984 et 1988, aucune semence n’a été importée. En 1989, le Fonds de développement africain (FAD) a fait au DVS&AI un don, qui a été utilisé pour importer 3800 kg de semences de graminées (Chloris gayana et Panicum coloratum) et 600 kg de semences de légumineuses (Centrosema pubescens et Pueraria phaseolides). En 1989, un programme de développement de la production laitière (PNUD/FAO Dairy Industry Development Programme) a permis d’importer quelques semences et de lancer la production de semences pastorales, en collaboration avec le DVS&AI, l’université de Makerere et l’institut de recherche de Namulonge. 26 hectares de cultures fourragères diverses ont été établis. Les graminées qui ont été cultivées sont C. gayana et P. maximum, et les légumineuses, M. atropurpureum, C. pubescens, D. intortum, Lablab purpureus, Leucaena leucocephala et Cajanus cajan. Le travail effectué à Namulonge a permis de déterminer le coût de production de chaque variété de semences. Les semences produites au cours de ce projet ont été utilisées dans le programme PNUD/FAO, et le reste a été donné au DVS&AI pour constituer un noyau de départ. Cela s’est fait par l’intermédiaire d’agriculteurs sous contrat, qui avaient pour mission de procéder à la multiplication des semences. Entre 1990 et 1992, le projet PNUD/FAO a acheté des semences fourragères aux agriculteurs sous contrat dans les districts de Mpigi, Mukono et Mbarara, et les a vendues aux éleveurs dans tout le pays. A travers un projet sur l’élevage (Livestock Services Project: LSP) du Ministère de l’agriculture (Ministry of Agriculture, Animal Industry and Fisheries: MAAIF), la Banque mondiale a continué la production de semences pastorales commencée avec le programme PNUD/FAO, et s’est chargée de former le personnel et les agriculteurs sur diverses techniques relatives à la production et l’utilisation des fourrages. Durant la période 1992 - 1997, plus de 50 agriculteurs ont été sous contrat, produisant quelque 58 000 kg de semences de graminées et légumineuses (voir tableau 6), sur une superficie moyenne d’environ 0,75 acres chacune. Les principales semences produites ont été celles de C. gayana et P. maximum, pour les graminées, et celles de M. atropurpureum, C. pubescens, S. guianensis et L. purpureus, pour les légumineuses. Durant ce projet, une étude sur la privatisation de la production de semences pastorales a été conduite. Malheureusement, le projet s’est terminé avant qu’elle ne soit menée à terme (juin 1997). Il n’y a pas à l’heure actuelle de lingue directrice claire en matière de production de semences pastorales au sein du MAAIF. Le personnel de vulgarisation responsable sur le terrain de l’amélioration pastorale dans les districts est parvenu à garder un petit nombre d’agriculteurs impliqués dans ce domaine, dans la mesure où ceux-ci trouvent un marché auprès des propriétaires de bétail. Tableau 6: Production de semences des agriculteurs sous contrat avec le projet de services à l’élevage (kg), 1992 - 1997.
Source: LSP Internal Completion Report, juin 1997. Les institutions de recherche et quelques ONG produisent des matériaux pour introduire des espèces se reproduisant naturellement, telles que Elephant Grass, Guatemala, Setaria géante et des semences de légumineuses arbustives (arbres à usages multiples) telles que Calliandra, Gliricidia et Leucaena. |
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L’Ouganda a un certain nombre de possibilités pour améliorer ses ressources pastorales, notamment les suivantes: 7.1 Modernisation de l’agriculture. Le programme consiste en une approche intégrée, où la stratégie de développement de l’élevage met l’accent sur les points suivants:
7.2 Le système de vulgarisation agricole est bien développé, et dispose de personnel au niveau du district, du sous-district et de la paroisse; le personnel a un bon niveau d’instruction. Il a pour tâche de former les agriculteurs en fonction de leurs besoins. Les vulgarisateurs sur le terrain sont continuellement formés en matière d’amélioration pastorale et de production de semences. L’Ouganda a diverses universités et établissements d’enseignement agricole qui forment le personnel; ces institutions ont des spécialisations telles que production végétale, conduite de l’élevage, gestion des ressources pastorales, et d’autres. 7.3 La production laitière péri-urbaine dépend du fourrage. Les producteurs laitiers ont eu accès à beaucoup de formation et connaissent bien l’importance des bons pâturages pour l’élevage. Ils sont susceptibles de former un groupe apte à promouvoir le développement et l’amélioration pastorales et les cultures fourragères. Dans les unités de production laitière péri-urbaines, le lait est le produit le plus important du fait du marché favorable; aussi, pour réaliser le plus de profits possibles, faut-il maintenir à un bas niveau les coûts de production. Une des façons de réduire ces derniers est de produire soi-même du fourrage, pour pourvoir à l’alimentation du bétail tout au long de l’année. 7.4 Les ONG, organisations communautaires et associations de producteurs impliquées dans l’élevage sont en croissance rapide. Elles organisent des programmes de formation et concentrent leur activité de conseil sur les agriculteurs qu’ils encadrent; elles mettent beaucoup l’accent sur la pâture dans leurs programmes de formation. Dans la politique de toutes ces organisations, les agriculteurs bénéficiaires doivent avoir un hectare de cultures fourragères bien établies (graminées et arbustes) et, en arrière-cour, une petite production de maraîchage à usage familial. 7.5 Les sols fertiles et le climat favorable de l’Ouganda constituent un potentiel non négligeable, apte à favoriser tous les efforts de développement pastoral mis en œuvre. 7.6 La production de semences fourragères est en train d’être ravivée et s’implante bien. Les efforts gouvernementaux visant à privatiser localement cette activité devraient progressivement stimuler la production locale et créer une demande de semences fourragères auprès des éleveurs. |
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L’Organisation nationale de recherche agricole (National Agricultural Research Organisation: NARO) a été créée sur décision du Parlement avec pour mission d’améliorer les conditions de vie des habitants de l’Ouganda en générant de nouvelles techniques (et des recommandations politiques), en les transférant vers les clients et les bénéficiaires, en maintenant une recherche agricole utile au développement national et apte à produire les effets voulus de façon efficace et durable. Les premiers bénéficiaires du NARO sont les petits producteurs du secteur agricole. L’organisation a pour mandat de mener, promouvoir et coordonner des travaux de recherche dans tous les domaines des cultures, des pêches, des forêts et de l’élevage. Les objectifs immédiats du NARO, en matière de création de techniques et de transfert, concernent l’accroissement et le maintien de la production alimentaire, la conservation des ressources naturelles, l’amélioration des techniques agricoles, la commercialisation et un usage optimal de la terre. Les Instituts de recherche en production agricole et animale de Namulonge et Serere (Agricultural and Animal Production Research Institutes - NAARI et SAARI, respectivement dans le centre et l’ouest de l’Ouganda) ont pour mission de mener des travaux de recherche, notamment sur les systèmes d’élevage, les pâturages, la gestion des parcours et la conduite de l’élevage. Ces deux institutions collaborent localement avec l’Université de Makerere, les services de vulgarisation du Ministère de l’agriculture, de l’élevage et des pêches (Ministry of Agriculture, Animal Industry and Fisheries: MAAIF) et des ONG et autres organisations (HPI, YWCA, Farm Africa, UNFA et divers groupes de femmes) intéressées par le développement pastoral. Au niveau régional et international, elles collaborent avec des institutions diverses: International Livestock Research Institute – ILRI -, USAID, ICRAF et GTZ. Le NAARI et le SAARI reçoivent la plus grande partie de leur financement du gouvernement de l’Ouganda, de la Banque mondiale, de DANIDA, de l’USAID et de la fondation Rockefeller. Les personnes suivantes sont impliquées dans la recherche et la vulgarisation sur les pâturages et fourrages: Namulonge Agriculture and Animal Research Institute (NAARI), P.O. Box 7084, Kampala: Dr. C. Ebong ; M. W. Ndyanabo - Mr. S. Byenkya – spécialistes en nutrition animale; M. P. Lusembo; Mme. J. M. Kabirizi et Mme. S. L. Mubiru – agronomes spécialisés en fourrage. Serere Agriculture and Animal Industry (SAARI), P.O. Private Bag, Soroti: M. J. Beyunga - agronome spécialisé en fourrage; Dr. S. Ossiya - agronome spécialisé en fourrage / spécialiste en nutrition animale. Department of Animal Production and Marketing, Ministry of Agriculture, Animal Husbandry and Fisheries (MAAIF), P.O. Box 513, Entebbe: Mme. S. M. Mwebaze; Mme. E. N. Luvumu - M. T. Mugisa - agronomes spécialisés en fourrage; Dr. D. R. Mpairwe – Ecologie des parcours/ spécialiste en nutrition animale; M. S. Muwaya - Range Ecologist; Dr. N. Kauta - Vétérinaire/ spécialiste en nutrition animale. Faculty of Agriculture, Makerere University, P.O. Box 7062, Kampala: Prof. E. N. Sabiiti - agronome spécialisé en fourrage; Dr. F. X. Bareeba, M. F. Kabi, M. Waisswa - spécialistes en nutrition animale. |
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FAO 1989Working Paper No. 59 Dairy Industry Development Project. by Sabiiti, E. N. and Mwebaze, S. N. Rome, UNDP/FAO Project UGA/023. Mahadevan, P. and Parsons, D. J. 1970 Livestock. In: Agriculture in Uganda. Ed. Jameson, J. D. Mbuza, F. M. B. 1991 A Systems Analysis of Milk Production Systems in Uganda and Prospects for Technological Change. Ph.D. Thesis, Australia, University of Melbourne. Ministry of Agriculture Animal Industry and Fisheries. 1995. Basic facts on agricultural activities in Uganda Ministry of Agriculture Animal Industry and Fisheries. 1996. Study Report on The Comparative Analysis of Cattle Management systems in Different Areas of Uganda. Ministry of Agriculture Animal Industry and Fisheries. 1997. Livestock Services Project Internal Completion Report. Ministry of Agriculture Animal Industry Fisheries. 1998. Meat Production Master Plan Study - Draft Final Report. Ministry of Financial Planning and Economic Development. 1996. Statistical Abstracts Ministry of Financial Planning and Economic Development. 1997. Statistical Abstracts National Agricultural Research Organization. 1998. Annual Report, 1995 - 1996. S.A.Bureau Courtoy NV & European Development Fund (1981) Vanegas, M. and Akwang, R. 1992. An economic analysis of milk production costs and pricing in Uganda. Faculty of Agriculture and Forestry, Makerere University. |
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Mme Sandra M. N. Mwebaze, l’auteur de ce profil, est agronome
principal, spécialisée en fourrage, auprès du Département de production
et de commercialisation animale (Department of Animal Production and
Marketing) du Ministère de l’agriculture, de l’élevage et des pêches
(Ministry of Agriculture, Animal Industry and Fisheries), à Entebbe.
Elle est chargée de mettre à jour ce document quand cela est nécessaire,
et sera assistée dans cette tâche par le Dr. Denis R. Mpairwe,
spécialiste de l’écologie des parcours au sein du même Département.
[Le profil a été traduit en francais por Anouchka Lazarev] |