Profil fourrager


Botswana

Jeremy Burgess


1. Introduction
2. Sols et topographie
3. Climat et zones agroécologiques
4. Systèmes d'élevage
5. Ressources pastorales
6. Amélioration des ressources pastorales
7. Organismes de recherche et développement impliqués dans le pastoralisme
8. Références bibliographiques
9. Contacts

Appendice 1. Présentation détaillée des associations végétales régionales (en anglais)
Appendice 2. Une brève paléo-histoire des processus de formation des systèmes d'utilisation des terres (en anglais)
Appendice 3. Appendice 3. Le développement du secteur de la production animale au Botswana 1895 - 1965 (en anglais)


 

1. INTRODUCTION

Le Botswana est un pays enclavé entre l'Afrique du Sud à l'est et au sud, la Namibie à l'ouest et au nord, la Zambie au nord et le Zimbabwe au nord-est. Il s'étend entre les longitudes 20° et 29.15°E et les latitudes 18° et 27°S (voir la carte 1). La superficie du pays est d'environ 582 000 km2. L'altitude moyenne au dessus du niveau de la mer est d'environ 1000 m.


Carte 1. Localisation du Botswana dans l'Afrique Australe
[source: The World Factbook]

Une grande partie du pays (104 460 km², soit 17%), est constitué de parcs nationaux, de réserves de chasse, de forêts ou de réserves privées. Les terres à vocation pastorale comprennent pratiquement toutes les terres qui ne sont ni des parcs ou réserves ni des espaces urbains.

La superficie cultivée varie selon les années en raison de la sensibilité du pays aux sécheresses récurrentes. Même en bonne année, la superficie cultivée ne dépasse pas 0,65% de la superficie totale. On note aussi des déséquilibres entre les superficies semées et récoltées en raison de l'irrégularité des pluies durant la période végétative.

Le secteur agricole dans l'économie

Le secteur agricole est activé largement par le marché international de la viande bovine, en particulier par les marchés de l'Afrique du Sud et ceux de la Communauté européenne. Il n'y a pratiquement pas de cultures commerciales. Les cultures en effet sont essentiellement produites pour l'autoconsommation et les marchés locaux. Les principaux types d'exploitations d'élevage sont les suivants:

(i) Exploitations de production animale: Celles-ci comprennent des grandes exploitations d'élevage bovin (système de ranching); des systèmes traditionnels d'élevage extensif ouverts (systèmes "cattle post"); des réserves animalières pour la chasse; des entreprises d'embouche; des exploitations de production laitière.

[Le système "cattle post" s'applique à des zones de parcours ouverts dotés de points d'eau distribués de façon appropriée. Le propriétaire du troupeau ou, plus souvent, un berger, vit dans une petite hutte proche d'un forage ou d'un puits et assure l'abreuvement des bêtes. L'eau est en général pompée dans un forage mais elle est aussi puisée dans des puits artisanaux dans les zones qui disposent d'une nappe phréatique peu profonde, comme dans les lits des cours d'eau. Le campement ou "post" dispose souvent un enclos (kraal) entouré d'épineux ou de pieux plantés dans le sol. Aujourd'hui, les enclos sont plus souvent entourés de pieux métalliques et de barbelés, comme les ranchs commerciaux. Le bétail est laissé libre pendant la journée et peut rester plusieurs jours au pâturage avant d'être à nouveau abreuvé. En hiver, quand les températures sont douces et pendant la saison des pluies, les bovins peuvent pâturer assez loin du campement. Les chèvres et les moutons restent généralement plus près des enclos et, en général, y retournent chaque nuit. Les bovins mâles et les vaches non allaitantes restent en général tout le temps dehors sauf lorsqu'il y a des grands prédateurs a proximité. Les vaches allaitantes et les jeunes veaux restent, par contre, à proximité des campements aussi longtemps que les jeunes ne peuvent se défendre contre les prédateurs communs, principalement les chacals. Dans certaines zones cependant les menaces viennent aussi de grands prédateurs comme les léopards, les lions, les chiens sauvages, les panthères et les guépards. Les vaches et les veaux restent aussi à proximité du "kraal" car ils ont besoin de beaucoup plus d'eau que le reste du troupeau bovin. Ces exploitations d'élevage disposent aussi d'ânes, utilisés pour le transport, et parfois de chevaux].

(ii) Exploitations agricoles et forestières: Celles ci comprennent des entreprises forestières; des systèmes d'agriculture pluviale qui produisent principalement du sorgho, du mil, du mais, du tournesol, des melons;des systèmes d'agriculture irriguée, essentiellement pour le maraîchage; des systèmes d'exploitation des eaux de crue ou les systèmes "molapo" qui récupèrent l'humidité résiduelle dans les sols (dans les zones de drainage, les dépressions inondées saisonnièrement ou encore dans des sols désertiques qui ont une grande capacité de rétention hydrique). Dans le nord du pays, les populations plantent des céréales et des légumes dans les vallées après le retrait des eaux, utilisant l'humidité restée à faible profondeur;des exploitations d'horticulture et de culture hydroponique tournées vers la production commerciale de fruits de légumes et de produits de pépinières pour les zones urbaines.

  1. Systèmes spécialisés: apiculture; élevage d'autruches; pêcheries ; aquaculture; fermes de crocodiles.
  2. Petit élevage et volaille: petits animaux; porcins; volaille.
  3. Industries associées à l'élevage: abattoirs, tanneries.

Modes de tenure des terres

Les modes de tenure sont d'une grande diversité. Ils comprennent des systèmes traditionnels d'exploitation de terres tribales, des systèmes de baux à long terme (leasehold) et des concessions de droit de jouissance (freehold). Dans les deux premiers systèmes, les terres reviennent à l'Etat après une période fixée par l'accord de location. Dans le cas des terres tribales, les champs cultivés et les puits peuvent passer d'une génération à la suivante, mais si les droits ne sont pas utilisés régulièrement, ceux-ci peuvent être repris par le Bureau Foncier du District. Les terres cédées à bail le sont généralement pour 50 ans, avec une option de renouvellement au terme de cette période. Les cessions sont faites à perpétuité ou pour 999 ans. Le mode de tenure influence la valeur donnée à la terre, celle ci étant d'autant plus forte que le bail est long. Les cessions à très long terme de droits de jouissance et les cessions à bail requièrent une autorisation du Gouvernement. Les concessions de terres tribales ne requièrent par contre qu'une approbation du Bureau foncier du District.

Taille des exploitations

1.La taille des exploitations agricoles est extrêmement variable: petites tenures dans les zones d'inondation saisonnière,(entre 0,5 ha et 5 ha); exploitations de 4 à 20 ha dans les zones d'agriculture pluviale et dans de nombreuses fermes irriguées; grandes exploitations d'agriculture commerciale dans les plaines d'inondation saisonnière et les sols noirs du nord (2 000-5 000 ha).

2.Les exploitations d'élevage commercial: petites exploitations spécialisées pour la production intensive de petits animaux, volaille, porcins, cheptel laitier. Ces exploitations ont entre 1 et 20 ha, avec une moyenne de 4 ha. Les grandes exploitations (ranchs) ont une taille variant d'environ 1 600 ha (4km x 4 km) à plus de 100 000 ha; une grande partie de ces ranchs se sont constitués sur des terres concédées en jouissance  à long terme(freehold).

3.Les ranchs tribaux et campements (cattle posts). Les ranchs constitués dans le cadre de la politique des pâturages tribaux (Tribal Grazing Lands Policy Ranches, TGLP) ont une taille standardisée de 8 km x 8 km (6 400 ha). Cette taille peut être réduite à environ 6 km x 6 km lorsque les ressources en eau sont plus abondantes. Cet ajustement selon les dispositions sur les allocations d'eau est décidé par le Département de la gestion de l'eau (Department of Water Affairs) De nombreux ranchs dépendent de forages profonds. Les profils piézométriques montrent que dans les zones sableuses arides et semi arides, une distance de 8 km entre les forages est la plus petite distance pour que les pompages n'aient pas d'effet sur la capacité respective des forages. Les campements (cattle posts) sont situés principalement dans des lieux où l'utilisation d'un forage ou d'un puits creusé dans un lit de rivière ou une mare ont été autorisés par le bureau foncier local. Les terres ayant un statut collectif, les points d'eau sont rarement clôturés. Le cheptel se déplace librement quand il doit s'abreuver. Dans le Kalahari, durant la période estivale relativement plus humide, le cheptel peut s'abreuver dans des mares et se trouve parfois jusqu'à 30 km de son puits d'attache. Il se déplace également sur d'assez grandes distances pendant les périodes les plus froides de l'hiver quand les ressources des parcours sont rares et quand l'abreuvement dépend largement de l'humidité contenue dans les melons sauvages et les tubercules. Dans certains endroits, les éleveurs traditionnels forment des syndicats pour posséder un forage et pour gérer le cheptel en association. On rencontre de telles situations quand les éleveurs n'ont, chacun, que peu de bétail et trouvent plus économique de rassembler leurs ressources respectives.

Contraintes commerciales et socio-économiques

L'éloignement des exploitations par rapport aux grands centres urbains et la difficulté de s'approvisionner en eau constituent les plus fortes contraintes auxquelles les éleveurs sont confrontés. Les rendements agricoles sont extrêmement bas en raison de l'insuffisance et de l'irrégularité des pluies, sauf dans les zones inondées par les crues. Les eaux des forages profonds du Kalahari sont souvent trop salées pour l'irrigation. Les éleveurs des régions éloignées ont un accès très limité aux services de transport, d'approvisionnement, de téléphone, etc. Leurs coûts de commercialisation atteignent des niveaux prohibitifs. Les exploitants traditionnels ne disposent pas de biens pouvant servir de garantie au crédit, de telle sorte qu'ils gèrent leur production avec un recours minimum aux intrants externes.

Le Gouvernement du Botswana a cependant mis en place des programmes pour aider les exploitants à faibles revenus, notamment pour l'achat de cheptel, les améliorations génétiques, les subventions pour l'achat de semences, le labour et le désherbage. L'impact de ces programmes soulève une remarque de fond. En effet, ceux qui en bénéficient sont ceux qui bénéficient le plus de l'information et il est courant que les aides qui devraient aller à ceux qui en ont le plus besoin aillent en fait vers ceux qui sont les plus éduqués, qui ont d'autres emplois et résident dans les villes et louent le travail des plus pauvres pour gérer leurs propres exploitations. Les exploitants du secteur traditionnel dans les régions éloignées n'ont donc pas d'autre choix que de produire pour l'auto consommation et de dépendre de leur élevage pour les échanges par troc ou pour les revenus en espèces qui leur sont nécessaires, notamment pour les dépenses de caractère social.

De nombreuses familles dans les régions marginales survivent grâce à une économie de cueillette, plantes alimentaires sauvages, plantes médicinales, ramassage du bois de chauffe et de bois d'œuvre, etc. Ces populations avaient autrefois un genre de vie nomade, ponctué par des déplacements saisonniers. Ce genre de vie cependant a été de plus en plus comprimé par l'extension des espaces clôturés de production privée. Cette dégradation a été exacerbée par la perception de besoins en matière de santé et d'éducation. Toutes ces données créent des conflits entre les groupes traditionnels, qui souhaitent conserver leur culture, et le Gouvernement qui voudrait apporter les services de base à ces populations mais ne peut pas le faire à des coûts raisonnables tant que les populations continuent à vivre en petits groupes, dispersés et mobiles.

Les producteurs commerciaux ont souvent leurs propres moyens de transport. Jusqu'à récemment, cependant, le mauvais état des pistes non revêtues a été une cause importante des coûts élevés du transport vers le principal abattoir commercial, dans le sud du pays. L'amélioration récente de nombreux tronçons du réseau national a permis un transport par gros véhicules, réduisant ainsi les coûts du transport et les dommages infligés au bétail.


 

2. SOLS ET TOPOGRAPHIE

La plus grande partie du pays est couverte de sols sablonneux. La partie est du Botswana comprend des zones de collines et des dépressions qui se déversent dans le bassin du Limpopo. Leurs sols sont principalement des sols sableux graveleux et des sableux à graviers argileux avec un substrat de sols squelettiques peu profonds dont les pluies sporadiques lessivent les éléments humiques en formation et les évacuent vers les dépressions et les lignes de drainage. Les sols de ces zones sont ainsi alluviaux et colluviaux.

L'ouest est couvert presque entièrement de sables profonds qui forment le désert du Kalahari. Le désert, qui occupe les deux tiers du pays, est ainsi formé de sols sableux qui ont jusqu'à 120 m de profondeur. Cette étendue est principalement couverte de plages portant des ligneux bas, des buissons éparpillés et des zones herbacées. Il n'y a virtuellement pas d'eaux de surface permanentes. L'eau est obtenue en creusant des forages jusqu'à des profondeurs de 200m. où on la trouve dans des nappes fossiles. Dans quelques zones dans les bordures extrêmes à l'ouest, les forages descendent jusqu'à 500m. Les travaux actuels poursuivent des recherche d'eau jusqu'à une profondeur de 1000m.

Les sols du delta de l'Okavango Delta et de ses environs ont des caractéristiques de sables limoneux avec un peu de contenu organique. Lorsque les cours d'eau qui sortent de ce delta se dispersent dans les dépressions de Makgadikgadi Pans, les sols tendent à se transformer en sables fins avec un fort contenu de sodium dans les zones inondées et en sols sablo-limoneux dans les anciennes zones lacustres asséchées.

Pour plus de détail sur les sols du Botswana et sur leur fertilité, se reporter aux cartes 2 et 3.

Carte 2. Carte des sols du Botswana
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Carte 3. Fertilité des sols du Botswana
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Grands traits du relief

La plus grande partie du pays est plate avec des ondulations faibles et occasionnellement, quelques affleurements rocheuses. Dans le nord ouest, la rivière Okavango draine les eaux intérieures de l'Angola pour former le delta de l'Okavango. Dans la partie centrale du nord est, s'étend une vaste plaine, surimposée sur des couches calcaires, qui confine avec la zone appelée Makgadikgadi Pans. Les Pans correspondent à des étendues de sable plates qui sont saisonnièrement inondées par des eaux superficielles salines, elles mêmes drainées à partir d'un réseau hydrographique venant principalement du nord est et occasionnellement de l'ouest.

Dans l'est du pays, le pays est drainé par le Limpopo. Dans cette région, les altitudes s'élèvent jusqu'à 1200 m, s'abaissant graduellement jusqu'à 900 m dans la vallée du Limpopo, avant de se stabiliser à environ 500 m dans la partie le plus à l'est, à la confluence du Limpopo et de la Shashe.

Les grands systèmes morphologiques du Botswana sont présentés dans la carte 4.

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Carte 4. Ensembles physiques du Botswana
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3. CLIMAT ET ZONES AGROÉCOLOGIQUES

Climat

Le Botswana est proche de la zone des hautes pressions subtropicales de l'hémisphère sud. Le climat s'articule en deux zones climatiques distinctes, la plus grande partie dépendant de la zone climatique dite Zaire Air Boundary, au nord. Ce système apporte des orages en été et des précipitations fortes. Une petite partie du pays, essentiellement dans le sud ouest, est influencée par la zone climatique dite South Atlantic Oscillatory. Ce système se déplace vers et hors du pays, apportant généralement des effets de froid et des pluies d'hiver.

Les précipitations moyennes se situent entre 650 mm à l'extrême nord du pays et 250 mm dans l'extrême sud ouest. Une moyenne maximale secondaire de 550 mm est enregistrée dans les zones plus élevées du sud est et un minimum secondaire de 350 mm est attesté dans les zones basses de la vallée du Limpopo. Le pays est affecté par des sécheresses.

Températures. Les variations sont extrêmes au cours de l'année. Les températures varient aussi dans le cycle journalier, selon les localisations, le couvert végétal, les vents et la voisinage de gisements hydriques (rivières, lacs)

En hiver, de mi mai à mi-août, les zones les plus froides sont situées dans la moitié sud, avec les températures les plus basses dans les zones basses comme les dépressions et les lignes de drainage. Il y a peu de nuages en hiver et l'air est généralement clair, donnant des journées chaudes avec des températures dans les 20 °C, mais tombant autour de 0 °C dans les premières heures de la journée. En été, durant la saison chaude et sèche (généralement de la mi septembre à la fin octobre), les températures varient de ~12-15 °C au petit matin jusqu'à ~30-40 °C en fin d'après midi. Les températures maximales se situent autour de ~25-30 °C, durant la saison pluvieuse. Les températures dans les zones nord et ouest du désert peuvent dépasser les 40-45 °C à la fin de la saison sèche, avant les pluies.

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Moyenne des maxima de températures en juin

Moyenne des minima de températures en juillet

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Moyenne des maxima de températures en octobre

Moyenne des minima de températures en octobre

Carte 5. Maxima et minima des températures au Botswana
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Humidité. Le pays ne connaît que peu de jours nuageux, comptant environ 290-300 journées ensoleillées par an. L'humidité est donc très faible, particulièrement durant les mois secs (~0 %). Elle augmente jusqu'à une moyenne de 65 %, durant la saison des pluies. L'évaporation annuelle moyenne est de ~2 000 mm, ce qui excède le volume des précipitations d'un facteur de 4 à 8 (selon les localisations).

Effets de la topographie sur le climat. Le climat est influencé par la localisation des océans qui entourent l'Afrique Australe, l'Atlantique Sud qui apporte une influence de l'ouest, à travers le désert du Kalahari-Namibie, et l'océan Indien qui apporte une influence de l'est, à travers l'Afrique du Sud, le Zimbabwe et le Mozambique. A l'intérieur du Botswana, il y a peu de facteurs topographiques susceptibles d'influencer la formation des pluies, sinon dans les chaînes de collines du sud est. Le climat le moins difficile est celui du nord et du nord est, qui est associé au front des fleuves Chobe et Zambèze ainsi qu'au delta de l'Okavango où se trouvent des zones inondables et d'autres, marécageuses. Le climat le plus dur se situe dans le sud ouest.

Précipitations. La nature très plate du relief du pays ainsi que l'absence de grands systèmes hydriques (à l'exception du delta de l'Okavango, dans le nord ouest), entraîne peu d'effets orographiques sur la formation des pluies, sauf dans quelques zones très localisées, surtout dans le sud est. Le pays a un climat aride à pluies d'été, de novembre à avril) qui tombent sous forme d'averses courtes, de forte intensité et fortement orageuses. Les pluies sont influencées par le système Zaire Air Boundary l orsque celui-ci se déplace vers le sud, apportant un air humide de l'océan Indien, en passant par le Zimbabwe et le nord de l'Afrique du Sud. Et se dirigeant vers le nord et l'est du Botswana. Quelques anomalies peuvent être associées à des cyclones venant des océans. Les pluies généralisées, qui peuvent durer plusieurs jours, viennent de l'océan Indien, en été, et de l'océan Atlantique, en hiver. Il y a généralement une petite saison sèche de mi janvier à fin février. La répartition des isohyètes sont présentés dans la carte 6.

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Carte 6. Carte hydrométéorologique du Botswana (isohyètes en millimètres)
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Les précipitations annuelles varient de façon cyclique avec des années sèches survenant dans presque toutes les régions du pays. Il y a année sèche pour l'élevage quand les précipitations se situent 40% en dessous des moyennes locales. La sécheresse a été définie par Bhalotra (1985) comme correspondant à: "des précipitations pauvres et hautement variables, à la fois dans l'espace et dans le temps, combinées à une évapotranspiration élevée, faisant du Botswana un pays déficitaire en eau où la sécheresse est un aléa récurrent et la culture un pari, même en saison des pluies". Sur un plan hydrologique, ceci se traduit par un assèchement rapide des cours d'eau, des lacs et des mares. Sur le plan agricole, il y a sécheresse quand l'humidité est insuffisante pour soutenir la croissance des plantes jusqu'à maturité. Durant les cycles de sécheresse, qui peuvent durer 15 à 20 ans, les années sèches surviennent tous les deux ou trois ans. Le cycle se déplace ensuite vers une période de pluviosité au dessus de la moyenne et durant laquelle les années sèches surviennent une fois tous les trois ou quatre ans; Ce cycle dure également une quinzaine d'années. Les changements à long terme du climat ont été modélisés par le Département des Sciences géologiques, Wits University, RSA.

Vitesse des vents. Celle-ci est relativement faible, autour de 4-5 km/heure, pendant la plus grande partie de l'année, sauf pendant les tempêtes locales. Le vent vient généralement de l'est nord-est en été mais il tourne vers l'ouest sud-ouest durant la saison pluvieuse.

Zones agroécologiques
On se référera à la carte 7 qui montre les aptitudes des sols pour l'agriculture pluviale. La légende détaillée de cette carte est donnée dans le tableau 1, ci dessous.

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Carte 7. Aptitudes des sols pour les cultures pluviales
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Tableau 1. Légende explicative de la carte d'aptitude des sols.
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On peut interpréter directement les données suivantes à partir de la carte:

  1. Classes de rendements potentiels, estimés sur la base de la moyenne des cultures considérées et par rapport à la proportion de terres productives sur la  carte
  2. Les contraintes de sols et les risques

Les zones agricoles  dépendent étroitement des systèmes de sols et de formes du relief. Les quatre systèmes de base (FAO, 1990)  sont les suivants: dépôts éoliens ou sandveld; sols sur substrat rocheux ou hardveld; système lacustre ou anciens lacs, sols sur alluvions récentes.

Une liste détaillée des rendements potentiels du sorgho, maïs, mil, niébé et arachides est donnée pour chaque unité cartographique. Ces informations sont présentées dans le tableau 2.

Tableau 2. Rendements potentiels

Classe de rendement

Rendements potentiels indicatifs  (kg/ha)1

Sorgho

Maïs

Mil

Niébé

Arachides

A

1500 - 1770

1340 - 1740

1070 - 1270

300 - 355

790 - 1000

B1,2

1220 - 1460

1050 - 1440

860 - 1060

260 - 310

700 - 890

C1,2

980 - 1180

800 - 1180

670 - 880

220 - 270

630 - 800

D1,2,3

720 - 950

560 - 810

450 - 670

190 - 240

550 - 730

E1,2,3

470 - 680

260 - 550

250 - 450

140 - 190

410 - 620

F1,2,3

270 - 520

120 - 420

150 - 370

70 - 130

170 - 440

Aléatoire

0

0

0

0

0

Principalement sans aptitude

0 - 370

0 - 320

0 - 270

0 - 80

0 - 240

Aucune aptitude

0

0

0

0

0

1 80% des rendements de l'unité cartographiée sont inclus dans la classe.

Les quatre grands systèmes d'organisation des sols et des reliefs peuvent être subdivisés en sous groupes comme le montre le tableau 3 ci dessous. Ce tableau indique aussi les substrats géologiques des sols, les formes du relief et les paysages ainsi que les grands types d'entreprises agricoles rencontrés dans chacune des zones.

Tableau 3. Unités morphologiques, types de sols associés, types de paysage et catégories d'entreprises agricoles.

Unité morphologique

Sols de base

Type de paysage

Grands types d'exploitations agricoles

Sandveld

Dépôts de sables éoliens

Plaines plates et ondulées, parfois avec des dunes de sable et des rivières fossiles et des dépressions

Réserve de faune.  Principalement réserves mais extension en cours de ranchs de chasse

Elevage- Sur terres tribales et dans des ranchs commerciaux clôturés

Agriculture – Peu de terres agricoles à faible productivité, principalement sorgho, arachide et melons, particulièrement sur les basses pentes et le long des lignes de drainage modérément salées.

Réserves forestières Sur terres du domaine de l'Etat

Dépôts superficiels de sables éoliens sur calcaires

Plaines plates ou quasi plates

Dépôts éoliens superficiels sur grès et autres roches sédimentaires

Plaines presque plates ou ondulées

Dépôts  sableux éoliens superficiels sur basaltes et roches sédimentaires

Plaines avec des vallées mineures et des bordures de basses collines

Dépôts sableux éoliens superficiels sur dolomite et autres roches sédimentaires

Plaines presque plates ou légèrement vallonnées

Dépôts éoliens partiellement recouverts

Plaines presque plates ou légèrement vallonnées, avec systèmes dunaires parallèles et des dépressions importantes

Hardveld

Roches métamorphiques basiques à amphibole

Plaines ondulées avec quelques chaînes de collines

Elevage – Terres de parcours communautaires (tribales)  et ranchs clôturées en tenure du type freehold et  leasehold  

Réserve de vie sauvage.  – Réserves de chasse et protection de la biodiversité

Réserves forestières Sur terres du domaine de l'Etat

Agriculture – Sur des terres tribales clôturées et sur des exploitations en tenure leasehold  qui occupent les terres basses et les alluvions. Principales cultures: sorgho, melons, mil, niébé, arachide et tournesol

Egalement, maraîchage irrigué, principalement melons, mais, sorgho, mil et variétés de niébé

Basaltes

Plateaux, escarpements et plaines presque plates associées à des alluvions et des colluvions

Grès

Paysages variés avec topographies plates à ondulées et quelques collines et barres rocheuses, escarpements collinaires et vallées fossiles

Gneiss granitiques

Surfaces modérément ondulées avec des vallées érodées, bordées de collines et avec des zones plates créées par les lignes de drainage

Dolérites

Collines avec des alluvions plates ou presque plates et des glacis modérément ondulés

Dolomites et roches sédimentaires

Collines associées à des glacis presque plats ou modérément ondulés

Laves volcaniques acides

Collines avec glacis ondulés

Granites

Plaines presque plates ou modérément ondulées avec des reliefs rocheux  (kopjies)

Roches sédimentaires

Plateaux entaillés avec des glacis et des alluvions associées

Zone lacustre

Dépôts de grands lacs et de dépressions

Dépressions salées plates ou presque plates susceptibles d'être inondées avec des cuvettes/mares (pans), des anciens emplacements lacustres et des mares fossiles.

Elevage – parcours sur des terres tribales

Réserve de faune dans les terres tribales

Dépôts lacustres superficiels sur grès

Plaines plates ou presque plates

Elevage – parcours sur des terres tribales

Réserve de faune dans les terres tribales

Dépôts Vlei (marécages saisonniers)

Plaines plates

Réserve de faune dans le Domaine de l'Etat

Agriculture intensive dans les exploitations en leasehold , principalement tournesol, coton, mais, mil, sorgho

Alluvions

Dépôts alluviaux récents

Plaines d'inondation, plates ou presque plates, avec des glacis ouverts, des bordures sableuses des plaines d'inondation et des marécages

Agriculture Petits champs villageois sur terres inondées par les crues, cultures maraîchères, melons, mais, sorgho, mil, arachides et niébé

Un peu d'irrigation commerciale sur des exploitations en freehold , notamment dans le Limpopo et les rivières adjacentes (maraîchage et agrumes)

Elevage – principalement sur des terres collectives dans les parcours en bordure du delta

Un peu de production laitière

Fermes commerciales d'élevage d'autruches

Un peu de ranching de chasse et  faune

Réserve de faune . – dans les plaines inondables du deltas

Dépôts alluviaux fossiles

Plaines  d'inondation et delta, plates ou presque plates

Végétation
La végétation du pays a été bien décrite et classifiée selon les types morphologiques et pédologiques et selon les associations végétales.

Les systèmes de sols et les formes du relief
Cartographie des grands types de sols et de végétation
Les systèmes morpho-pédologiques du Botswana ont été décrits dans de nombreuses études générales et régionales, avec une documentation sur l'environnement (voir. DHV, 1980; Ecosurvey, 1997; FAO 1990a; FAO, 1990b; FAO, 1991; Moyo et al. 1993)et sur la production agricoles (Sims, 1981; FAO, 1992).

Les principales zones de végétation et les types de pâturages.
Les principales zones de végétation dans l'écosystème du Kalahari sont présentées dans la carte des types de végétation, carte 8 (source: Thomas and Shaw, 1991) qui donne la description des différentes zones dans le sandveld. Les zones végétales du hardveld sont décrites dans l'appendice 1, (source: FAO, 1991, "Contribution to the Vegetation Classification of Botswana.")

Distribution régionale de la végétation
Le Botswana a été divisé en 13 régions sur la base d'une comparaison de ses caractéristiques géologiques, géomorphologiques et botaniques (voir Appendice 1, tableau 13). Cette section donne une description de la végétation de chaque région. Les traits généraux des types structuraux de végétation et les espèces dominantes sont indiquées. La végétation du Botswana change du sud ouest vers le nord est et passe de la savane broussailleuse à la savane arborée et aux boisements, cette variation s'expliquant par un gradient de pluviosité croissant vers le nord est. Simultanément, on observe une augmentation de la diversité des espèces arborées dans le nord est. 70% de la surface des sols du pays sont constitués de dépôts de sables éoliens. L'association la plus étendue dans le sandveld se rencontre dans le centre du pays et est formée par Terminalia sericea, Lonchocarpus nelsii et Acacia erioloba. Cette association atteint sa limite sud vers le tropique du Capricorne. Vers l'est, elle s'étend vers le hardveldet sa limite nord est formée par la ligne du mopane au sud du système de Makgadikgadi Pan. A l'ouest, cette association se retrouve le long de la frontière namibienne jusqu'à la bande de Caprivi. Les espèces typiques du sandveld sont Acacia haematoxylon, A. luederitzii, Boscia albitrunca, Terminalia sericea, Lonchocarpus nelsii, Bauhinia petersiana et Baphia massaiensis. Acacia haematoxylon se rencontre seulement dans le sud ouest du pays. On rencontre Terminalia sericea et Lonchocarpus nelsii surtout au nord de la ligne Ncojane-Hukuntsi-Werda, tandis que Bauhinia petersiana et Baphia massaiensis apparaissent au nord du parallèle 20º sud. La végétation de la région de Chobe est aussi sur du sandveld. Des avancées de boisements miombo envahissent le pays à partir de la Zambie et du Zimbabwe. La végétation de cette zone peut être considérée comme une transition entre les boisements  du nord et les savanes du sud du Kalahari. Les espèces représentatives à bois dur comprennent: Baikiaea plurijuga, Pterocarpus angolensis, Guibourtia coleosperma, Amblygonocarpus andongensis, Erythrophleum africanum, Brachystegia sp., Julbernardia globiflora et Isoberlinia sp.

La végétation du hardveld, à l'est, est plus diversifiée que dans le sandveld, en raison d'une plus grande gamme de matériaux parents, de sols et de climats. Le hardveld supporte diverses associations dont les espèces les plus fréquentes sont: Peltophorum africanum, Acacia tortilis, Combretum apiculatum, A. nigrescens et Colophospermum mopane dans le nord. Le système lacustre de Makgadikgadi est principalement couvert d'herbacées avec des espèces halophytes, où domine Odyssea paucinervis. Panicum coloratum var. Makgadikgadiensis et Cenchrus ciliaris forment aussi une grande part de cette association herbacée. Ces deux espèces ont été développées comme plantes fourragères et sont utilisées pour les essais fourragers du Département de la recherche agronomique. On rencontre fréquemment des ilôts de palmiers Hyphaene de même que des baobabs, Adansonia digitata solitaires ou en grappes.

Le delta de Okavango constitue un écosystème complexe . On y trouve des associations caractéristiques dans zones marécageuses et les plaines d'inondation. Les espèces: Cyperus papyrus, Phragmites australis et une variété d'espèces aquatiques dans les marécages, Phoenix reclinata, Hyphaene petersiana, Ficus sycomorus, F. verruculosa, Garcinia livingstonei, Lonchocarpus capassa, Diospyros mespiliformis, Combretum imberbe ainsi que Syzygium guineense sur les îles et les plaines d'inondation.

Colophospermum mopane (mopane) est un des arbres les plus typiques des ligneux des zones chaudes et basses de l'Afrique du Sud et Orientale. On le trouve souvent en boisements purs. Il pousse sur une grande variété de sols, avec des textures allant des sables aux argiles et des profondeurs allant du superficiel au profond. Au Botswana, on ne rencontre Colophospermum mopane que dans le nord. Une  ligne du mopane a été tracée pour délimiter l'occurrence de cette espèce. Sa limite sud va du Martin's Drift aux collines de Mokgware. La limite du mopane peut être suivie des collines de Mokgware Hills dans la direction nord est jusqu'à un point à l'ouest de Serule; de là, elle se poursuit vers le nord est jusqu'à une zone au sud de Sowa Pan et de  Ntwetwe Pan jusqu'au lac Xau à l'ouest. La ligne du mopane entoure la zone des Pans ainsi que leurs bordures à l'est où l'on ne retrouve plus l'espèce. Vers le parallèle 18.5º sud, elle se dirige vers à l'est vers la frontière du Zimbabwe. Juste au nord de la zone de Stoffels Pan, le mopane réapparaît et la ligne suit la dépression de Mababe, via la rive est de la rivière Thamalakane River vers le lac Ngami. De là, elle va vers le sud du delta de l'Okavango, encerclant les marécages permanents. Colophospermum mopane se retrouve le long des bordures du delta et dans les alluvions fossiles. La limite du mopane exclut les systèmes dunaires situés le long de la bande de Caprivi (bien que cette espèce ait été notée dans quelques dépressions interdunaires, Smith 1984, op. cit.). Elle touche la rivière Kwando à la frontière namibienne.

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Carte 8. Principales zones de végétation dans l'écosystème du Kalahari
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Carte de la végétation de la FAO 1991. La carte de la végétation de la FAO (1991) montre les associations d'après les structures et les associations d'espèces dominantes. Ces associations sont présentées dans la Carte 9. Les descriptions sont données dans les tableaux 4 et 5.

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Carte 9. Carte de la végétation du Botswana (FAO, 1991)
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[Cliquer pour voir le tableau 4 et la légende de la carte 9]

Tableau 5. Structure de la végétation et abréviations

O

Végétation semi naturelle

SSD

Savane arbustive dense

S

Terres humides (Swamp)

SSO

Savane arbustive ouverte

GR

Parcours herbacés

SA

Savane

FL

Végétation non graminéenne (Forbland)

SAD

Savane dense

SH

Broussailles (Shrubland)

SAO

Savane ouverte

SL

Savane basse à touffes  (Low shrub savanna)

ST

Savane arborée

SLD

Savane basse dense

STD

Savane arborée dense

SLO

Savane basse ouverte

STO

Savane arborée ouverte

SS

Savane arbustive (Shrub savanna)

W

Zones boisées

   

F

Forêts


Tableau10. Quelques représentations des formations végétales du Botswana
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1. Parcours herbacé ouvert dans le
Kalahari occidental

2.Vallée de l'Okwa

3 .Régénération de l'acacia dans
d'anciennes terres agricoles
(hardveld) près de Gaborone

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4. Mopane (Colophospermum mopane) sur
des terres graveleuses très érodées
dans le nord est du Central District.

5.Sables dénudés et bordures
salées dans la grande dépression du Makgadikgadi
Pans
(Centre Nord du Botswana).

6. Wildebeest et zèbre dans
les parcours des zones occidentales
du Makgadikgadi Pans

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7. Vue aérienne du delta Okavango
en saison sèche

8. Zone boisée dans le Sandveld dans
le centre du Botswana

Photos: Jeremy Burgess


 

4. SYSTÈMES D'ÉLEVAGE

Les systèmes d'élevage des ruminants concernent essentiellement les bovins et les petits ruminants, ovins et caprins. L'économie du secteur comprend plusieurs systèmes de production, systèmes traditionnels, systèmes mixtes de petits producteurs et systèmes de production commerciale.

Les systèmes traditionnels sont dominés par un système de campements (cattle-post system) qui se forme lorsque un éleveur ou un groupe d'éleveurs s'établissent autour d'un point d'eau, le plus souvent un puits ou un forage. Le cheptel pâture librement autour du point d'eau. Dans certaines zones, en particulier dans le hardveld oriental, on pratique une certaine transhumance. Les éleveurs sont aussi agriculteurs. Leurs parcelles de cultures sont clôturées mais elles sont ouvertes aux animaux après la récolte. Les familles quittent les villages pour les travaux agricoles et y retournent pendant la saison de repos des terres, laissant le cheptel à des bergers.

Les systèmes mixtes font partie intégrante du secteur traditionnel. Ces producteurs sont établis dans des zones qui disposent d'eau de surface, pendant toute l'année ou de façon saisonnière. Ils associent un peu d'élevage à une petite agriculture. Ces systèmes se rencontrent surtout dans le nord est, le nord et dans les zones orientales où l'on trouve des cours d'eau pérennes ou saisonniers. Les terres sont détenues sous un régime de concession (freehold) ou sous un régime de réserve.

Le cheptel pâture habituellement dans les zones sèches éloignées des rivières et dépend, pour son abreuvement, de puits creusés dans les lits sableux des cours d'eau asséchés. L'agriculture se pratique dans de petits champs enclos d'épineux et situés près des cours d'eau. Ils sont parfois irrigués à partir de puits. On trouve aussi des champs dans les lits des rivières dont ils utilisent l'humidité retenue en profondeur.

Les systèmes d'élevage sans base foncière appropriée deviennent rares aujourd'hui. Ils se heurtent en effet à une pression croissante pour l'appropriation des terres qui est associée à des attentes de vie meilleures que celles des villages traditionnels. Les petits groupes de semi nomades tendent à se sédentariser autour de forages créés par le Gouvernement. Ces infrastructures sont associées à des services scolaires et sanitaires. On doit craindre que les connaissances pastorales traditionnelles, qui de sont transmises oralement de générations en générations, soient rapidement perdues. Sans un travail de recueil de ces savoirs, un important capital de connaissances risque de disparaître.

Les systèmes commerciaux sont pratiqués sous des régimes de concession en leasehold ou en freehold. La plupart des exploitations ont de bons revenus, ayant accès au crédit et aux réseaux commerciaux modernes. Ces système comprennent divers sous systèmes, tels que ceux des exploitations de production intensive, les exploitations d'embouche. Les systèmes de stabulation ne se sont pas développés à l'exception d'une ou deux entreprises qui élèvent des vaches laitières dans des conditions d'aridité extrêmes et qui nourrissent les animaux de fourrages verts ensilés, de fourrages frais et de céréales importés.

Statistiques de production
Elevage bovin. Le recensement le plus récent est celui du Central Statistics Office, (CSO, 1996). Ses données indiquent qu'i y avait 121 317 exploitations agricoles en 1996. Celles-ci comprennent 59 588 exploitations avec un élevage bovin rassemblant un effectif total de 2 249 000 têtes de bovins.

Secteur traditionnel – La production annuelle est de l'ordre de 7,8% de l'effectif; 59 509 exploitations détiennent environ 2 190 000 têtes. On note en 1996 une chute locale du nombre des exploitations et de l'effectif en raison de l'abattage de quelque 350 000 têtes dans le Ngamiland (NO du Botswana), en raison de l'extension d'une épidémie de pleuropneumonie contagieuse. Environ 1270 éleveurs ont perdu tout leur cheptel.

Secteur commercial. Production: de l'ordre de 14-18%; 79 exploitations, détenant environ 58 505 bovins, ont répondu au recensement. On estime cependant que le secteur commercial compte, en plus, quelque 141 exploitations, qui n'ont pas répondu au questionnaire du Gouvernement, et qui détiennent 88 465 bovins.

Le graphique 11 montre les variations en longue durée de l'effectif du cheptel. Le tableau 6, tiré des statistiques de la FAO, donne des chiffres sur l'effectif (légèrement inférieur aux chiffres du recensement) ainsi que sur la production et les échanges extérieurs pour la période 1993-2002.

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Graphique 11. Effectifs du cheptel
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Tableau 6. Effectifs du cheptel (bovins, ovins, caprins), production de viande et de lait, exportations et importations, pour la période 1993-2002 (Base de données FAO 2002)

 

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

Bovins
(millions)

1,82

2,20

2,53

2,25

2,27

2,25

2,30

2,35

2,40

2,40

Ovins
(milliers)

250

238

337

349

360

300

320

350

370

370

Caprins
(millions)

1,84

1,85

2,62

2,21

2,22

2,10

2,15

2,20

2,25

2,25

Prod. de viande bovine et de veau
(milliers de tonnes)

48,7

38,2

45,9

44,1

38,2

37,3

37,1

38,8

38,8

38,8

Prod. de viande ovine
(milliers de tonnes)

1,26

1,29

1,54

1,61

1,82

1,40

1,54

1,61

1,61

1,61

Prod. de viande caprine
(milliers de tonnes)

5,28

4,80

7,80

6,12

6,60

5,76

5,94

6,06

6,06

6,06

Production de lait
(milliers de tonnes)

82,0

96,0

109,6

98,4

100,1

98,2

101,8

105,4

105,4

105,4

Exportations Viande de bœuf et veaux
(milliers de tonnes)

20,2

18,4

16,4

14,3

16,2

18,5

11,6

15,7

20,9

n.r.

Exportations de bovins (têtes)

292

2577

3549

1153

886

427

427

78

99

n.r

Importations de bovins
(milliers)

3,75

1,30

3,69

13,95

10,01

13,39

13,39

14,45

3,33

n.r

Importations de lait frais (milliers de tonnes)

7,56

8,72

14,37

14,58

25,02

17,04

15,69

49,07

49,67

n.r

Importations de moutons et agneaux (tonnes)

555

698

1198

321

282

202

202

305

777

n.r


n.r. = non renseigné

Caprins. 2 190 000 de têtes [1996] distribuées entre 89 603 exploitations. Le secteur traditionnel a une production de 7,7% et compte 89 546 exploitations détenant environ 2 190 000 de têtes. Le secteur commercial a une production de 14-18%; 57 exploitations recensées possèdent quelque 5 636 têtes. On estime que quelque 103 exploitations commerciales non recensées détiennent 11 325 têtes.

Ovins 349 000 têtes [1996] distribuées entre 27 227 exploitations, celles-ci comprenant:

Secteur traditionnel. Production 6,7%; 27 236 exploitations détenant environ 344 811 têtes.

Secteur commercial. Production14-18%;41 exploitations recensées détiennent 3 757 têtes. On estime que quelque 79 exploitations commerciales non recensées détiennent environ 8000 têtes.

Camélidés. On ne compte que quelque 300 têtes. Ce sont les survivants des animaux importés au début du vingtième siècle pour l'équipement des patrouilles de police dans les zones désertiques du sud ouest.

Cheptel non ruminant. On y compte principalement les chevaux et les ânes mais aussi les porcins. Les chevaux sont importants pour le transport dans les zones rurales. Les ânes sont utilisés pour le labour et la traction des charrettes transportant l'eau et le bois de chauffe. Les ânes comptent 335 809 têtes dans 54 140 exploitations. Les équidés, 4 707 têtes dans 1 123 exploitations recensées (le recensement précédent avait enregistré des chiffres nettement supérieurs: 34 650 têtes dans quelque 8 640 exploitations. Les porcins comptent 2 658 têtes dans un nombre inconnu d'exploitations.

Données résumées.
On compte 2,5 à 3 millions de têtes de bovins au Botswana, soit 2 bovins par habitant. Le rapport effectif caprin/population est à peu près le même [les données de la FAO du tableau 6 sont légèrement inférieurs.]

Effets de la sécheresse sur les bovins
A la fin des années 1970, il y avait quelque 3 millions de bovins. I/3 environ de cet effectif périt durant les sécheresses des années 1980. L'effectif s'est cependant reconstitué grâce, notamment, au creusement de nombreux forages dans des zones de parcours qui n'étaient utilisées qu'occasionnellement en raison du manque d'eau. Cette reconstitution fut suivie d'une nouvelle hécatombe (environ 1 million de têtes) lors des sécheresses du début des années 90.

Charge animale
La diversité des conditions écologiques se traduit par des écarts marqués de la charge animale par ha. Celle-ci varie de 8 ha par unité (LSU), dans les régions les plus pluvieuses du sud est, à quelque 60 ha par unité dans les régions arides de l'ouest. La charge animale varie également de façon saisonnière.

Les systèmes de production
La viande bovine est produite à partir de deux secteurs distincts. Les exploitations commerciales et le secteur traditionnel. Le cheptel est très concentré: environ 60-70 % du cheptel bovin est détenu par quelque 10 % des éleveurs. Les 30% restant sont détenus par 90 % des éleveurs, qui exploitent leurs animaux en petits troupeaux de 10 à 40 têtes.

Production commerciale
La production commerciale de viande bovine se fait en dehors des parcours. Les jeunes sont sevrés et élevés dans des parcs d'engraissement. Ils sont vendus directement à l'abattoir à l'âge de 2-3 ans ou bien ils sont engraissés dans des parcs d'embouche. De nombreux exploitants commerciaux constituent leur troupeau en croisant trois races, Brahman, Hereford et une autre race européenne. Les vaches commerciales sont croisées avec des taureaux de sang pur pour garantir une qualité uniforme des veaux. Les veaux mâles et les génisses de mauvaise qualité sont sevrés et vendus à l'abattoir tandis que les meilleures génisses sont conservées pour les remplacements. Les génisses commencent à vêler à l'âge de 27 à 33 mois. Les vaches reproductrices sont réformées quand elles ne produisent plus de veaux après un an et demi à deux ans. Les vaches de réforme sont engraissées en été et vendues avant la saison sèche.

Dans les troupeaux commerciaux, les jeunes veaux sont extraits des pâturages après sevrage, laissant ainsi davantage de ressources pour les vaches reproductrices. Les troupeaux commerciaux tendent à comprendre environ 30% des vaches, 30% des jeunes (1-2 ans), 30% des veaux (<1 an), les 10% restant correspondant aux génisses de remplacement et aux taureaux. Dans les parcs d'engraissement on trouve en général 50% de reproductrices, 40% de jeunes veaux (<1 an) et 10% de taureaux et de génisses de remplacement. Ce système cependant est vulnérable en période de sécheresse et oblige, dans de tels cas, à la vente, à des prix trop bas, d'une proportion importante du troupeau reproducteur.

Gestion des pâturages dans le secteur commercial. Ce secteur a adopté des systèmes de rotation des parcs avec des mises en repos. Les animaux sont séparés par catégories, les reproductrices étant séparées des veaux, des jeunes taureaux et des génisses. La reproduction se fait généralement en deux saisons, la majorité des veaux naissant au milieu de la saison pluvieuse et le reste naissant à la fin de l'été – cette seconde portée résultant des échecs de la première portée ou de l'occurrence de deux périodes de chaleur dues au stress, particulièrement pendant les années sèches.

Dans les terres collectives, certains propriétaires de forages élèvent des animaux pour le marché moderne mais sans gestion en parcs clôturés. Souvent, ces propriétaires disposent de plusieurs ranchs dans lesquels ils déplacent leur cheptel Cette pratique est appelée pâturage "dualiste". Les producteurs traditionnels s'opposent à ces systèmes qui les privent de ressources pastorales et les dénoncent comme illégaux.

Production traditionnelle. Les systèmes de production traditionnelle produisent non seulement de la viande mais aussi du lait et de la force de traction. Le cheptel est utilisé comme une monnaie d'échange pour la négociation des dots, pour la commémoration des mariages et des funérailles et pour d'autres occasions sociales. Autrefois le cheptel était aussi utilisé très largement pour le transport et pour le labour, ces fonctions étant aujourd'hui remplacées par des camions et des tracteurs.

En raison des mélanges entre espèces locales et animaux croisés, les troupeaux traditionnels présentent une très grande diversité de couleurs, de tailles et de morphologie. Les animaux tendent à croître plus lentement que dans le secteur commercial, à être vendus plus âgés et à être classés en qualités inférieures.

Le secteur bovin traditionnel. Dans les parcours communaux, les troupeaux sont conduits comme une seule unité (donc sans séparation des catégories d'animaux) laissée librement sur des pâturages non clôturés centrés sur un point d'eau. L'eau provient de puits creusés dans les lits de rivières, de forages, de mares saisonnières ou de dépressions avec fond argileux. Certaines mares ont de l'eau assez longtemps en hiver.

Dans les zones arides et sableuses du Kalahari, où se concentrent de nombreux troupeaux traditionnels, on observe autour des points d'eau une zone circulaire d'un rayon allant jusqu'à 1,5 km et au delà de laquelle les animaux doivent se rendre pour trouver des pâturages convenables. Cette zone, visible sur les images satellites, est appelée ‘piosphère’ par les chercheurs locaux.

Les espèces bovines traditionnelles, notamment les bêtes hautes sur pattes et les bêtes petites et d'ossature légère, conviennent mieux aux conditions du Kalahari que les animaux trapus et massifs du secteur commercial.

Systèmes de gestion intermédiaires. Un système de répartition des parcours sous forme de ranchs a été essayé à la fin des années 70 (système appelé "Tribal Grazing Lands Policy Ranches ou TGLP). Ces ranchs furent organisés en blocs et attribués à des citoyens du Botswana désirant devenir éleveurs. Les ranchs, d'une superficie d'environ 8 x 8 km devaient être clôturés et un forage devait être creusé. Les propriétaires étaient encouragés à créer des parcs clôturés à l'intérieur de leurs blocs. La plupart de ces ranchs échouèrent et connurent des mortalités importantes, principalement en raison des sécheresses et des mauvaises connaissances en matière de gestion moderne des pâturages et du cheptel. Dans les années 80, la sécheresse fut si sévère que les propriétaires ouvrirent leurs ranchs, laissant le bétail trouver du pâturage là où il le pouvait dans les terres communales. Les propriétaires des ranchs TGLP qui utilisent à la fois les pâturages de leurs ranchs et ceux des pâturages tribaux, sont dénoncés par les éleveurs traditionnels comme des utilisateurs "dualistes" et illégaux.

Contraintes affectant la production animale.

Production irrégulière de matière fourragère. La contrainte la plus forte tient à l'irrégularité de l'offre fourragère en raison des aléas climatiques, qui, de plus, ont une incidence variable selon les saisons et les lieux (au cours des vingt dernières années, il y a eu une année sèche tous les deux ou trois ans). L'accès à l'eau est aussi un facteur limitant.

La production fourragère est difficile à estimer en longue période en raison de l'incidence des plantes annuelles qui ne repoussent plus après avoir été pâturées. Il faut ainsi des superficies très importantes pour chaque unité animale. A cela s'ajoute la faible qualité des herbages.

Charges animales. La charge animale varie entre 6 ha par unité animale à plus de 40 ha par unité dans les zones les plus pauvres. Dans les zones arides, on doit compter jusqu'à 120 ha par unité lorsque les pluies sont favorables et jusqu'à 240 ha en année sèche.

L'introduction des clôtures dans les zones traditionnelles limite les possibilités de pâturage du cheptel, celui-ci ayant besoin de superficies beaucoup plus grandes pour s'adapter aux variations géographiques de l'offre fourragère. En mauvaise année, il faut donc , dans les limites des enclos des ranchs, soit nourrir le cheptel avec des aliments importés à des coûts prohibitifs, soit le laisser périr sur des pâturages insuffisants. La plupart des éleveurs traditionnels n'ont pas les moyens de recourir aux achats alimentaires.

Parmi les autres facteurs, on doit noter la nature sableuse des sols qui affecte l'enracinement des plantes, facilement arrachées lorsqu'elles sont piétinées par les animaux. S'ajoute à cela la concurrence pour la ressource des rongeurs, comme les gerboises, et des termites qui peuvent détruire des superficies considérables en période de sécheresse.

 Plantes vénéneuses. Plusieurs plantes sont vénéneuses et sont une cause non négligeable de mortalité à certaines périodes de l'année. C'est le cas, par exemple, de Dichapetalum cymosum, Pavetta harborii et Urginea sanguinea. Le cheptel se laisse tenter par ces plantes au début de l'été car elles offrent une matière feuillue bien avant les autres espèces appétables. On rencontre ces plantes dans les sols sableux profonds qui supportent une végétation appétible particulièrement faible.

Pathologies animales

La plus forte contrainte dans le secteur commercial provient des risques importants dans certaines zones des infections par la fièvre aphteuse. Le cheptel provenant des zones infectées ne peut être vendu que sur les marchés locaux et ne peut atteindre les marchés internationaux quand la maladie s'est déclarée dans une de ces zones. Un démarquage du pays en zones de risques a été effectué, les déplacements étant contrôlés par des barrières de protection sanitaire, chaque fois qu'un risque apparaît.

La pleuropneumonie contagieuse est endémique dans le nord du Botswana. Parmi les autres maladies, on note les incidences des maladies Blackwater (piroplasmose) et Heartwater (Cowdriose), ainsi que celles de la tuberculose, du botulisme et du vers solitaires (Taenia)– parasites de l’homme.

La pleuropneumonie contagieuse (CBPP) a affecté récemment le district de Ngamiland, dans le nord ouest du pays. Cette épidémie a entraîné la mort de quelque 350 000 bovins, soit tout le bétail du district. Une grande partie des animaux morts durent être brûlés, comme cela fut le cas en Grande Bretagne lors de la dernière épidémie de fièvre aphteuse. La CBPP est endémique dans la région frontalière ave la Namibie. Comme la fièvre aphteuse, elle doit être contrôlée par des barrières sanitaires et une surveillance des déplacements du cheptel. La lutte contre cette maladie grève une part non négligeable du budget du Ministère de l'Agriculture.

Lorsque un troupeau entier doit être annihilé, on note plusieurs types d'impacts. Tout d'abord le choc pour les propriétaires. Ceux ci ont à choisir entre un dédommagement total en espèces ou une formule moitié espèces, moitié cheptel de remplacement lorsque ce cheptel est disponible sur les marchés. L'impact est fortement négatif chez les plus pauvres. De nombreux ruraux travaillent comme bergers chez des propriétaires aisés sous le régime d'un système appelé "mafisa". Dans les pays développés, ce système correspondrait à un métayage, le berger devenant progressivement propriétaire d'une part du croît du troupeau. et jouissant aussi du lait et d'une part de viande. Les bergers mafisa deviennent ainsi progressivement des éleveurs à part entière; Lorsque de telles opportunités disparaissent avec une épidémie, les aspirants bergers doivent se retourner vers d'autres activités.

De plus le choix, par beaucoup, du paiement en espèces des compensations au lieu d'un remplacement en cheptel crée des problèmes lorsque les familles n'ont pas su investir à temps les espèces reçues, de telle sorte que l'impact le plus grand de la CBPP est encore à venir, lorsque les familles affronteront les effets de leur imprévoyance.

L'une des zones les plus frappées par le CBPP comprend des villages particulièrement affectés par le surpâturage et très sensibles aux effets des sécheresses. Le déstockage forcé dû à la CBPP s'est paradoxalement traduit par une impressionnante restauration de la capacité des parcours, comme le montre l'imagerie satellites.

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Carte 12. BRIMP. Représentation satellitaire de la capacité des pâturages en 2000-2001
[Cliquer pour agrandir]

Epuisement des ressources en terres disponibles

Le manque de nouvelles terres pour créer de nouveaux ranchs est devenu un nouveau facteur limitant. On estime que l'on ne peut créer que 4 500 à 5 500 nouveaux ranchs. On ne peut changer cette perspective que si l'on réduit la taille standard des ranchs ou si l'on change le régime foncier; Aucune De ces options n'est politiquement acceptable pour les détenteurs actuels des terres. Changer le régime foncier impliquerait le développement de systèmes beaucoup plus diversifiés comme par exemple, des systèmes mixtes d'agriculture familiale, des ranchs de gibier communautaires, des activités d'écotourisme.

Les terres communautaires ont, dans certaines zones et à des périodes récentes, été divisées en blocs clôturés pour encourager l'abandon des systèmes traditionnels d'usage polyvalent des terres et le développement de systèmes orientés vers l'économie de marché. Cette politique a créé des conflits opposant les producteurs les plus pauvres, cantonnés dans les campements des catttle posts, et les producteurs les plus riches qui ont pu, grâce à leur niveau d'éducation et leurs ressources financières, se porter acquéreurs des ranchs créés dans les terres tribales. Ces conflits se sont exacerbés du fait du dualisme de l'économie des ranchs, qui, selon les saisons, utilisent les pâturages clôturés ou les pâturages appartenant à la communauté dont ils sont aussi membres.

Facteurs sociaux et économiques affectant les exploitations de production animale.

Nouvelles orientations de la diversification économique. Au Botswana, comme dans les pays de la région, les politiques économiques qui ont été promues sont entré en conflit avec les solides convictions du "bovin" et de l'élevage en général, comme meilleure réponse au manque de diversification économique.

On trouve ainsi, d'un coté, les "traditionalistes" qui défendent la division du pays en unités de production commerciale clôturées de 6x6km à 8x8km, ces ranchs étant attribués à des bénéficiaires financièrement capables. Cette option accepte que soient progressivement exclus des activités de production animale tous les usagers, pauvres, qui utilisent actuellement les terres non encore loties en ranchs. Une telle option exclurait donc les économies de subsistance ainsi que toutes les autres activités qui font vivre la majorité de la population rurale (notamment, les activités de chasse traditionnelle).

D'un autre coté, se trouvent les tenants d'une politique de diversification économique qui prendrait en compte d'autres options susceptibles d'associer les petits producteurs (comme, par exemple, l'écotourisme, la petite agriculture intensive tournée vers l'horticulture, le petit élevage intensif, la production de volailles). Les zones proches des villes seraient ainsi plus favorables aux activités de production intensive tandis que les grands espaces ouverts (et non clôturés) appelleraient plutôt des activités d'écotourisme. Des emplois seraient créés par la vente de services et par des activités de promotion culturelle.

Des superficies importantes ont déjà été identifiées pour faire l'objet de partages en unités de ranching. La réalisation de ces plans aura un impact négatif sur la masse des ruraux qui utilisent actuellement ces terres pour l'élevage extensif et pour la cueillette. Il serait donc indiqué que l'on tienne davantage compte des droits coutumiers existants et que l'on évalue de façon plus ferme les impacts socio-économiques et écologiques de cette politique avant qu'il ne soit trop tard

L'impact des sécheresses sur les performances des producteurs. Le Botswana a été affecté par 12 sécheresses au cours des dernières 22 années, pratiquement sur une base régulièrement cyclique. Une enquête du Ministère de l'Agriculture sur les performances des éleveurs de bovins dans les ranchs créés dans les terres tribales (TGLP) montre qu'environ 30 % des ranchs ont obtenus des résultats économiques positifs, que 30 autres % n'ont fait ni gains ni bénéfices et que les 40% restant ont économiquement échoué. Ces résultats doivent être corrigés pour tenir compte des subventions importantes que le Gouvernement a injectées pour que l'opération ne soit pas un échec et pour que l'on puisse justifier la poursuite de la politique de création de nouveaux ranchs. En raison des sécheresses répétées, la formule des ranchs clôturés, sans la soupape des pâturages alternatifs dans d'autres terres de parcours, s'est révélée être un échec du point de vue de la survie du troupeau. Le pire ne peut être évité qu'avec des dépenses massives du Gouvernement pour apporter des compléments alimentaires.

Il ne reste que peu de terres non attribuées au Botswana et là où les terres ont été loties en ranchs, il y a déjà des perdants. Les allocataires ont en effet été le plus souvent confinés sur des superficies inférieures à celles qu'ils utilisaient, de façon plus écologique et plus durable, dans les terres tribales, avant les lotissements.

Augmentation de la demande internationale de viande du Botswana. La flambée de la demande extérieure, principalement de la Grande Bretagne, de viande bovine du Botswana a joué un rôle important dans les orientations de la politique de l'élevage. Sans cette demande, le Gouvernement n'aurait peut être pas été aussi décidé à encourager la création de nouveaux ranchs dans les terres tribales.

Les nouveaux ranchs ne sont pas structurés pour tenir compte de la diversité et des complémentarités des paysages et de l'écologie.

En première ligne des aspects négatifs de la politique de lotissements en ranchs, on doit signaler la non adaptation de beaucoup de ces unités aux conditions environnementales. Trop souvent, en effet, la forme carrée de ces ranchs ne tient compte pas compte du cycle annuel de la croissance des plantes qui, elle, s'adapte à la diversité des paysages. Certains ranchs ont ainsi de bonnes conditions pour les pâturages d'été, d'autres pour ceux d'hiver mais très peu ont les deux à la fois. Il en résulte que la capacité de charge animale, calculée par les experts, est généralement inapplicable. Dans de telles situations, il faut, ou bien que les ranchs soient beaucoup plus grands, ou bien que leurs détenteurs soient prêts à ajuster la charge pastorale prévue ou encore prêts à acheter des aliments de compléments.

Quel futur?

Si la politique traditionnelle de lotissement des terres en ranchs d'élevage dans les régions éloignées, prédomine et s'impose à une nouvelle vision de l'utilisation des terres, on peut s'attendre à une dégradation généralisée de ces terres. Cette dégradation accompagnera un processus de désertification ou de défrichement du bush. Le Botswana deviendrait un pays plus pauvre, à la foie en termes d'infrastructures sociales et en termes de bio diversité. Le seul contrepoids constaté ces dernières années se résume dans le constat du rachat par des banques des ranchs tombés en faillite. Ce message devrait être assez fort pour décourager les aspirants éleveurs modernes de se lancer dans de telles entreprises avant d'être sûrs que les exploitations sont viables.

Le Botswana doit reconsidérer l'ensemble du processus de lotissement des terres et réexaminer sa politique d'attribution de blocs de terre géométriques. Les terres doivent d'abord être classées selon leur productivité. On doit ensuite vérifier si le meilleur usage de ces terres peut se faire sous une forma commerciale ou sous la forme d'une exploitation traditionnelle.

Types d'élevage et commercialisation

La production animale est dominée par la production bovine dans presque tout le pays, sauf dans les zones éloignées du sud ouest où les petits ruminants son t importants. Les caprins sont en général natifs mais ils se mélangent à des chèvres Boer Goats, qui sont plus massives et plus lourdes, et, récemment, à des races laitières européennes comme la chèvre suisse et la chèvre scandinave Saanen. Les ovins comprennent surtout des moutons à queue grasse et des Dorper, ainsi que des croisements entre ces deux races. Les moutons Karakul ont été introduits dans les zones très arides du sud ouest mais avec peu de succès en raison des taux de mortalité élevés à certaines périodes mais encore plus en raison des difficultés de commercialisation de ce produit.

Les autres systèmes de production se réfèrent à la production porcine, à celle des volailles et à la production laitière. De nombreux ruraux choisissent la production de poulets de préférence à celle des bovins. De nouveaux systèmes de production sont encouragés, notamment pour l'élevage des autruches et pour l'apiculture. Les productions spécialisées comprennent les productions laitières, les fermes de crocodiles et la pisciculture.

Races bovines. Le secteur de la production bovine comprend un cheptel dont les croisements sont particulièrement diversifiés. Ceci est le résultat de l'introduction de races européennes, africaines et asiatiques qui a été recherchée pour améliorer les performances du troupeau national.

Le cheptel local comprend les races Tswana et Tuli. Cette dernière est probablement un dérivé de la race Nguni qui a migré vers le nord, à partir de l'Afrique du Sud avec les populations Ndebele au 17ème et 18ème siècles. La race Afrikaaner se retrouve dans de nombreux croisements. Cette race a été introduite par les premiers colons qui se déplaçaient en chariots traînés par des bœufs. La Brahman est assez bien adaptée dans l'aride et le semi aride. Cette race résiste aux tiques et s'adapte bien à la végétation des parcours.

De nombreuses races européennes ont été introduites, notamment les races Hereford, Simmental, Aberdeen Angus, Charolaise et Limousine. Les bovins laitiers comprennent des Red Sussex, Red Poll, Brown Swiss, Murray Grey, et Pinzgauer Les reproducteurs laitiers les plus fréquents sont de race Holstein, Friesland, Ayrshire, Jersey ou Guernesey.

Des essais en longue durée ont été conduits sur différentes races bovines pour comparer leurs paramètres de productivité (poids à la naissance et au sevrage, taux de croissance, âge des reproductrices au premier vêlage, intervalles des naissances, mortalité des veaux, poids vifs à la finition).

Il est intéressant de noter que si de nombreuses races importées dépassent les races locales pour des paramètres pris séparément, on constate, par contre que les races locales sont, globalement plus viable et mieux adaptées aux conditions du pays; Les races locales sont en effet beaucoup plus performantes dans les conditions des parcours du pays, particulièrement dans les conditions marginales rencontrées par les producteurs traditionnels.

Systèmes de commercialisation. La viande bovine et les autres produits (cuirs, cornes et sabots) sont vendus sur les marchés intérieurs et extérieurs. Une grande partie de la viande du Botswana est vendue comme viande désossée au Royaume Uni. L'importance de ces exportations s'est notablement accrue lors de la crise de la vache folle en Angleterre. Le graphique 13 donne le détail des ventes de viande bovine en 1999-2000.

Le secteur d'agriculture commerciale du Botswana a été tiré par les marchés régionaux et internationaux. Les échanges sont cependant sérieusement perturbés par la présence locale de la fièvre aphteuse, notamment dans les parcs nationaux et les réserves du nord où les bovins peuvent rencontrer des buffles (Syncerus caffer)  de même que dans les zones frontalières avec le Zimbabwe et la Namibie (le long de la bande de Caprivi).

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Graphique 13. Ventes de viande bovine par catégories et par destinations
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La fièvre aphteuse est contrôlée par des maillages clôturés qui isolent les zones d'endémie de cette maladie ainsi que par des quarantaines. Les abattages en provenance de ces zones sont effectués exclusivement par les abattoirs nationaux et cette viande n'est commercialisée que sur le marché intérieur. Les vaccinations peuvent réduire la sensibilité du cheptel à l'endémie.

Des règlements très stricts régulent les importations et les exportations des animaux et de la viande fraîche, autant à l'intérieur du pays qu'à ses frontières.

Accords de Lomé et du GATT. Le Botswana, en tant que membre des Etats ACP est signataire de la Convention de Lomé et de l'accord du GATT. Ces accords garantissent notamment un accès au marché européen.

Diversification vers des produits de la faune et d'écotourisme

Les contraintes rencontrées par une majorité d'éleveurs ont encouragé une réflexion, conduite avec des consultations internationales et avec la recherche, pour trouver des alternatives et diversifier les activités dans les zones pastorales. Dans les zones non identifiées comme des parcs nationaux ou des réserves, on a ainsi identifié les possibilités suivantes:

  • Elevage de faune sauvage, avec des safaris photographiques et des chasses aux trophées
  • Elevage d'autruches (viande, peaux et plumes pour l'exportation)
  • Fermes de crocodiles et pisciculture
  • Eco-tourisme, y compris les visites archéologiques (par exemple dans les collines de Tsodilo Hills où se trouvent plus de 3,000 peintures rupestres)
  • Cueillette et vente de produits naturels (miel, fruits et racines sauvages, plantes médicinales, tisanes, curiosités gastronomiques comme le Phane, (chenille cuite et salée).

Les zones réservées pour la protection de la faune, sont divisées en zones de gestion (Wildlife Management Areas - WMAs). Certaines d'entre elles sont subdivisées en sections de chasse (Controlled Hunting Areas - CHAs). La chasse, en fait, n'est pas permise dans ces zones qui sont au contraire louées pour des activités touristiques génératrices de revenus. Ces activités comprennent des camps de safari fixes et mobiles, des excursions de découverte photographique et elles font appel à des transports par véhicules et par bateaux ou canots. Elles permettent notamment de découvrir la beauté sauvage de zones comme le delta de l'Okavango, le Parc National de Chobe, le Parc National transfrontalier de Gemsbok (qui joint un parc en Afrique du Sud)l, les Réserves de faune des Makgadikgadi Pans et du Kalahari Central.

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