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| Erythrée
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1.1 Présentation du pays L’Etat d’Erythrée est situé entre 12° 42' et 18° 2' de latitude nord et entre 36° 30' et 43° 20' de longitude est, dans le nord-est de l’Afrique, et constitue un carrefour et un pont entre les reste de l’Afrique et le Proche-Orient. Comptant parmi les pays de la Corne d’Afrique, l’Erythrée est limitée par la mer Rouge à l’est, avec environ 1 000 km de côte, le Soudan au nord-ouest, l’Ethiopie au sud et à l’ouest, et Djibouti à l’extrême sud-est (figure 1). La superficie totale est d’environ 124 000 km2 ; la population est actuellement estimée entre 3 millions et 3,5 millions d’habitants, auxquels il faut ajouter 750 000 réfugiés. Le taux de croissance annuel de la population est de l’ordre de 2,8 à 3,3 pour cent. Environ 65 pour cent de la population vit sur les hautes terres, qui ne représentent que 16 pour cent de la superficie; cette concentration des habitants sur les hautes terres est principalement due aux températures clémentes et à l’absence de paludisme.
Les frontières montrées sur la carte n’impliquent aucune prise de position de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, quant au statut juridique des pays ou zones, ou quant à la délimitation de leurs frontières. L’Erythrée a été le dernier pays africain à devenir indépendant. Elle a été sous occupation italienne à partir des années 1880, puis, entre 1941 et 1952, elle est passée sous administration britannique et, en 1952, les nouvelles Nations Unies s’accordèrent pour constituer une fédération entre l’Erythrée et l’Ethiopie. Cependant, à partir de 1962, le statut de l’Erythrée s’est réduit à celui de province éthiopienne. L’Erythrée a obtenu son indépendance en 1991, après 30 ans de conflit avec l’Ethiopie, et a été formellement reconnue comme nation souveraine par la communauté internationale en mai 1993. Les groupes linguistiques principaux sont les suivants: Tigre, Tigrinya, Arabe, Afar, Bilien, Hedareb, Kunama, Nara, Rashaida et Saho. L’anglais est en train de devenir rapidement la langue des affaires et est employé pour l’instruction, dans les écoles secondaires et à l’université. La population est divisée de façon assez équitable entre chrétiens (surtout orthodoxes) parlant le tigrinya, habitants traditionnels des hautes terres, et les communautés musulmanes des basses terres occidentales, des hautes terres du nord et de la côte est. La capitale est Asmara. L’économie de l’Erythrée en général, et le secteur agricole en particulier, ont été gravement affectés par la longue guerre, associée aux sécheresses récurrentes et à la dégradation des terres. Le conflit militaire a obligé les producteurs à se déplacer, a réduit la disponibilité des intrants agricoles et a détruit les services d’appui gouvernementaux. Le PIB de l’Erythrée à la fin de 1999 était estimé à 677 millions de dollars EU; le PIB par habitant est de l’ordre de 200-220 dollars EU. La répartition par secteurs est en moyenne de 12 pour cent pour l’agriculture, 27 pour cent pour l’industrie et le reste pour les services. Presque tout le secteur des cultures et de l’élevage est fondé sur une petite agriculture traditionnelle, se limitant à l’autoconsommation et peu productive, les systèmes de production et le cadre foncier variant selon les zones agroécologiques. La monnaie locale est le nakfa ( 1 dollar EU = 14 nakfas en décembre 2001, mais il était égal à 9 nakfas en octobre 2000). L’actuelle structure sociale du pays indique que la population est principalement rurale et qu’une grande partie des Erythréens actifs (78 pour cent selon la FAO, 1998a) sont impliqués dans des activités en rapport avec l’agriculture. La population active rurale est passée d’environ 1,59 million en 1995 à 1,79 million en 1998 (tableau 1) Tableau 1. Erythrée – Ressources humaines: population (en milliers)
1.2 Usage de la terre et cultures Les catégories d’usage de la terre (FAO, 2000) montrent que les activités liées à l’élevage utilisent 56 pour cent des 12,2 millions d’hectares disponibles en Erythrée (pâturages: 6 820 000 ha). Les terres de culture pluviale représentent 4,62 pour cent (0,56 millions ha) et la superficie des cultures irriguées s’élève à 22 000 ha (tableau 2). Les forêts représentent 0,51 pour cent du total, soit 63 000 ha. Les principales activités productives dans le secteur agricole associent traditionnellement les cultures et l’élevage, dans le cadre d’un système de production mixte recourant à la pâture extensive. Ces systèmes traditionnels sont caractérisés par une économie de subsistance avec très peu d’intrants et de production. Tableau 2. Catégories d’usage de la terre
Selon des estimations gouvernementales, les superficies cultivées et les niveaux de production des principales cultures ont nettement augmenté depuis l’indépendance (tableau 3). Toutefois, la production demeure inférieure aux besoins de consommation; en 1998, l’écart entre les deux était estimé à 590 000 tonnes, reflétant en partie le récent conflit frontalier avec l’Ethiopie. Tableau 3. Estimations de la superficie cultivée et de la production (1996-1998)
La propriété de la terre s’acquiert principalement par héritage. Au sein de certains groupes ethniques, l’héritage de la terre est matrilinéaire (elle passe d’un homme au fils de sa sœur), tandis que, dans d’autres groupes, la terre est transmise de père en fils. Dans les villages établis depuis 50 ans, les nouveaux venus dans une communauté se voient allouer une terre par les anciens. Dans les villages établis durant les 25 dernières années, la génération plus âgée a acquis ses droits sur la terre en défrichant les terrains vierges. 1. 3 Effectifs du cheptel L’élevage des ruminants, à savoir bovins (de boucherie, de production laitière et de traction) , petits ruminants et camelins, joue un rôle significatif dans l’économie érythréenne et est essentiel à la sécurité alimentaire de la population rurale. Il est étroitement intégré à l’agriculture; on estime en effet que plus de 20 pour cent des bœufs sont élevés comme animaux de traction, essentiellement pour les cultures. La population de l’Erythrée est surtout rurale (78 pour cent; FAO, 1998a), et vit dans le cadre de système de production intégrés cultures-élevage. Les catégories d’usage de la terre (FAO, 2000) montrent que les activités liées à l’élevage utilisent 56 pour cent des 12,2 millions d’hectares disponibles en Erythrée. Selon les estimations gouvernementales, le sous-secteur de l’élevage représente environ 25 pour cent du PIB agricole et une part significative des revenus à l’exportation. L’élevage est étroitement associé à l’agriculture et joue un rôle significatif dans la vie socio-économique de la population rurale en Erythrée, notamment pour les raisons suivantes: 1) Traction, sécurité alimentaire, fumier et forme d’épargne; 2) L’élevage constitue pratiquement la seule activité des pasteurs et agropasteurs érythréens; 3) L’élevage représente l’une des opportunités les plus prometteuses en matière de revenus du commerce extérieur (exportation vers les pays du Proche-Orient); 4) On observe un début de marché lié à la demande urbaine croissante de lait, viande et œufs, à laquelle ne répondent que partiellement les nombreux petits producteurs commerciaux actuels. La population animale est présentée au tableau 4. Les chiffres du Ministère de l’agriculture - Ministry of Agriculture: MOA - (GOSE, 1998b) suggèrent que les effectifs ont augmenté de manière substantielle depuis 1995 (de 54 pour cent pour les bovins et de 24 pour cent pour ovins et caprins). Tableau 4. Effectifs du cheptel et production, 1998 (têtes)
Source: GOSE (1998b) Les basses terres sont le réservoir de bétail de l’Erythrée. On trouve 60 pour cent des bovins et caprins et quelque 40 pour cent des ovins et camelins, soit 48 pour cent des unités de bétail tropicales (UBT), dans les deux provinces des basses terres occidentales, Gash Setit et Barka. Les UBT des trois provinces de hautes terres centrales, Hamassien, Seraye et Akele Gluzai, ne représentent que 23 pour cent. Les bœufs constituent plus de 50 pour cent des bovins dans ces trois provinces, et seulement 12 pour cent dans celles de Gash Setit et Barka, qui sont les zones de reproduction principales. Le produit estimé de chaque espèce va de 15 pour cent pour les bovins à 32 pour cent pour les caprins – valeurs qui semblent surestimées, bien que de nombreux éleveurs, après l’indépendance de l’Erythrée, soient revenus du Soudan en ramenant leurs bêtes avec eux. Les grands types de race se distinguent en fonction de leurs caractéristiques phénotypiques; on peut les diviser globalement entre celles adaptées aux hautes terres et celles adaptées aux basses terres. Les deux principales races de bovins sont la race barka, dans les basses terres de l’ouest, et la race arado, surtout sur les hautes terres et les basses terres de l’est. La barka est connue pour son abondante production de lait. Elle peut donner une moyenne de 6 litres de lait par jour et produit 9 à 10 litres au maximum de la lactation (Sherman, 1980). L’arado est un petit animal bien adapté aux hautes terres accidentées. Cette race fournit des bœufs résistants au travail, utilisés pour la traction. Quelques bovins laitiers européens ont été introduits depuis le XIXème siècle par les colons italiens; quelque 6 000 à 8 000 vaches, essentiellement des frisonnes exotiques pures et quelques races croisées, appartenant à quelque 800 – 1 000 éleveurs commerciaux, sont concentrées dans la zone urbaine et péri-urbaine d’Asmara. Les petits ruminants attirent les éleveurs car ils demandent un investissement initial moindre que les bovins. On élève davantage de caprins que d’ovins dans la plupart des régions d’Erythrée, notamment dans les zones de Barka, Denkal, Semhar, Senhit, Gash Setit et l’est d’Akele Guzai. A la frontière soudanaise, on rencontre une autre race, dénommée shukria, réputée pour être une bonne race laitière. On trouve aussi bien des ovins à queue grasse qu’à queue maigre. Les seconds sont en général sur les basses terres tandis que les premiers dominent sur les hautes terres. La race principale des basses terres de l’ouest, connue localement sous le nom de barka, est un croisement entre la race hamele, ou mouton du désert à queue maigre, et le mouton à queue grasse des hautes terres. On trouve la race hamale près des frontières du Soudan et c’est la plus imposante (50-70 kg de poids vif). Les animaux de bât, essentiellement des ânes et quelques mulets, et très peu de chevaux, sont servent surtout dans les exploitations pour le transport et comme bêtes de trait. Les camelins jouent un rôle très important dans l’agriculture des basses terres où les pâturages et les quantités d’eau sont inadéquats pour un autre type de cheptel. Ils représentent aussi une importante source de nourriture, que ce soit pour le lait ou la viande, et servent au transport des biens et des marchandises des nomades du désert. |
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L’Erythrée est composée d’une masse centrale de hautes terres, qui divise le pays entre basses terres de l’est et de l’ouest. L’altitude varie de 3 000 m au-dessus du niveau de la mer sur les hautes terres à en dessous du niveau de la mer dans la dépression des Danakil. Les hautes terres ont une topographie très accidentée, et les terres convenant aux cultures se limitent à quelques fonds de vallée. Les basses terres sont en général des plaines plates, souvent entrecoupées de collines. La majorité de la population des hautes terres vit à environ 1 500-2 000 m d’altitude. Les sols sont complexes et varient d’une région à l’autre en termes de texture, fertilité et autres caractéristiques naturelles (figure 2). Ce sont dans leur grande majorité des sols résiduels, c’est-à-dire qu’ils se sont développés directement à partir des altérations de la roche mère. Les sols s’étant développés sur les grandes formations de basalte sont les plus fertiles, ceux qui se sont développés sur le socle sont peu ou modérément fertiles, ceux situés sur les roches sont peu fertiles (FAO, 1998b). De manière générale, les sols sont des limons rocheux, des limons sableux ou des sables limoneux. On trouve fréquemment des sols argileux riches et foncés et des limons argileux dans le sud-ouest de l’Erythrée, jusqu’aux alentours d’Asmara, où sont situés les villages les plus peuplés. Les sols argileux et limono-argileux s’étendent jusque vers les basses terres occidentales et orientales. Le pH va de légèrement acide à modérément alcalin.
Les besoins principaux consistent en matière organique apte à maintenir la fertilité des sols. Etant donné le relief de la plupart du paysage et les conditions d’aridité ou de semi-aridité, de nombreux sols sont peu profonds, avec un substrat proche de la surface. La superficialité des sols les rend moins aptes à garder l’humidité pour les cultures ou la végétation naturelle. Parmi les sols des plaines de l’ouest, on trouve des vertisols et des fluviosols qui, s’ils sont bien arrosés par la pluie ou l’irrigation, conviennent très bien à l’agriculture. L’érosion des sols, en particulier sur les hautes terres, est très sérieuse, et on estime les pertes aux alentours de 15 tonnes/ha/an (Firebrace et Holland, 1985). |
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Les pratiques d’élevage varient considérablement selon les différentes zones agroécologiques. Sur les hautes terres, les céréales et l’élevage sont étroitement associés, les animaux (surtout des bœufs et des petits ruminants) pâturant les collines et les chaumes laissés sur les champs après la récolte; les résidus de récolte sont aussi stockés et employés comme complément alimentaire dans les périodes critiques. La majorité du bétail se trouve sur les basses terres: 71 pour cent des bovins, 50 pour cent des ovins et caprins et 60 pour cent des camelins sont dans les basses terres de l’ouest. Dans les zones à faible pluviosité, les agropasteurs complètent l’alimentation du bétail avec des résidus de récolte tandis que les pasteurs migrent sur de longues distances à la recherche de pâturages (systèmes semi-sédentaires) et sont adaptés aux conditions arides des zones marginales. A l’exception de quelques producteurs commerciaux péri-urbains, l’élevage relève avant tout du secteur traditionnel en conditions naturelles. Les systèmes traditionnels varient en fonction des différentes zones écologiques: a) Hautes terres centrales : La culture pluviale étant l’activité agricole principale, les cultures annuelles constituent l’objectif premier. La pression démographique pousse à convertir les pâturages en terres de culture, le bétail se trouvant ainsi relégué sur les collines escarpées et rocheuses, où le potentiel de pâture est peu élevé. A son tour, l’accroissement de la surface agricole se traduit par une demande accrue de bœufs, dans une situation où la surface de pâture a diminué. Ainsi, on garde davantage de bœufs de traction, au détriment des vaches laitières et d’autres animaux. C’est la raison pour laquelle plus de 50 pour cent des bovins sur les hautes terres sont des bœufs. Les principales sources d’alimentation du bétail sur les hautes terres sont constituées par les pâturages communaux, les terres arbustives et les résidus de récolte, y compris les chaumes. b) Basses terres de l’ouest : La plupart du bétail dans les basses terres de l’ouest a recours aux pâturages naturels, dans le cadre de systèmes pastoraux et agropastoraux. Dans cette zone, la pratique traditionnelle consiste à se servir de campements de saison humide et de saison sèche. Les premiers se réfèrent aux pâturages proches des habitations permanentes, au nord de la rivière Gash, et les seconds aux pâturages au sud de ce cours d’eau, jusqu’à la province de Tigray en Ethiopie (voir figure 1). Le cheptel reste jusqu’en novembre dans les campements de saison humide, car ils y trouvent du fourrage vert et de l’eau. En décembre et en janvier, lorsque les pâturages s’épuisent et que l’eau se fait rare, les éleveurs commencent à déplacer leurs bêtes vers les campements de saison sèche, entre les rivières Gash et Setit, et jusqu’en Ethiopie (voir figure 1). Aux premières pluies, les pasteurs reviennent avec leurs troupeaux aux campements de saison humide, pour retrouver leurs familles et éviter les insectes piqueurs qui prolifèrent à cette époque. Ils visent à produire du lait pour leur propre consommation, du «ghee» pour la vente et à augmenter le nombre de leurs animaux. Cette production reste faible– inférieure à 10 pour cent. Cette volonté d’augmenter autant que possible les effectifs est une question de prestige et une garantie contre la sécheresse. Il existe aujourd’hui des conflits entre éleveurs et agriculteurs (concessions et implantations) parce que les cultures bloquent certains itinéraires traditionnels des troupeaux et parce que les animaux endommagent les cultures. c) Basses terres de l’est : A l’exception de quelques zones d’irrigation de décrue, où l’on pratique l’agropastoralisme, l’élevage de cette zone est fondé sur le pastoralisme. Les distances couvertes sont toutefois beaucoup plus petites que dans les basses terres de l’ouest. Les troupeaux s’alimentent sur des pâturages naturels quelques mois durant la saison pluvieuse (de décembre à mars), en fonction de la durée des pluies, puis se déplacent vers les pentes de l’escarpement de l’ouest. Les caprins dominent et sont élevés, un peu pour le lait, mais surtout pour la vente de viande. Dans les zones d’irrigation de décrue, on donne aux animaux des résidus de récolte et des rations de sorgho et l’on cultive du fourrage. Les animaux laitiers sont gardés en stabulation. d) Elevage péri-urbain: La production laitière a été lancée au XIXème siècle par les colons italiens. L’industrie laitière commerciale a beaucoup souffert de la longue guerre, mais a toutefois repris après l’indépendance, grâce au soutien d’une association de producteurs (Asmara Dairy Farmers Co-operative Association: ADFA) possédant un établissement de traitement du lait et un établissement de production d’aliments du bétail, qui a organisé la collecte du lait et la distribution de l’alimentation. Actuellement, la production laitière est essentiellement concentrée dans la zone urbaine et péri-urbaine d’Asmara. La situation des producteurs laitiers péri-urbain est extrêmement précaire. La plupart des producteurs ont perdu leurs exploitations de cultures fourragères et se sont repliés dans la zone urbaine. Les exploitations actuelles ne sont pas en mesure de produire du fourrage et doivent acheter le foin et la paille à des agriculteurs ainsi que quelques sous-produits industriels. L’état nutritionnel des animaux est faible et les rendements laitiers peu élevés. Lors d’une enquête sur le secteur laitier péri-urbain (Kayouli et Assefaw, 1999), il a été mis en évidence que l’alimentation inadéquate est la cause principale de la faible production de lait et de la faible reproduction. Bien que l’on n’ait pas de données individuelles enregistrées quant à la production laitière, il apparaît évident que la productivité par lactation de vaches holstein-frisonnes est bien inférieure à leur potentiel génétique. La production quotidienne totale de 130 vaches laitières, réparties dans 7 exploitations enquêtées aux alentours d’ Asmara, n’était que de 1 173 litres, soit 9 litres/vache laitière/ jour. Parmi les contraintes majeures qui limitent le développement de l’élevage, l’alimentation inadéquate a été identifiée comme le facteur le plus grave. L’essentiel de l’alimentation du bétail en Erythrée provient des pâturages naturels, des chaumes et des résidus, qui sont souvent de mauvaise qualité. Dans la plupart des régions, surtout en période sèche, les rations quotidiennes courantes ne permettent même pas de satisfaire les besoins de maintien, et ce durant au moins six mois. La plupart des ruminants sont par conséquent soumis à une sous-alimentation chronique: ils perdent du poids durant la saison sèche et cela les rend plus vulnérables aux maladies. La mauvaise alimentation affecte aussi la performance des bœufs, qui sont moins efficace lors du labour. Parmi les autres contraintes, on peut citer:
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Peu d’activités de recherche ont été menées sur les ressources pastorales et fourragères, aussi la plupart des informations recensées proviennent-elles de descriptions générales dérivant de travaux d’enquête ou de projets de développement. On doit toutefois avoir à l’esprit que le premier moyen pour augmenter les ressources en alimentation du bétail consiste à optimiser la production naturelle des zones écologiques spécifiques. Le noyau de l’alimentation du bétail (quelque 90 pour cent selon les estimations ) est constitué par la pâture de fourrage et de chaumes, des résidus de récolte conservés (paille et tiges de sorgho, mil, blé, orge, teff, maïs, cultures industrielles) et des sous-produits industriels, notamment les graines de lin, le tourteau de sésame, les graines de coton, le tourteau de coton et le son de blé. De manière générale, le manque de fourrage est amplifié par sa basse qualité. En outre, les sous-produits agro-industriels sont souvent employés de manière inefficace et, à l’instar des résidus de récolte, sont administrés sans traitement ou supplémentation. Le caractère limité des fourrages cultivés localement n’est pas le seul problème, les pratiques de gestion des cultures fourragères et leur emploi inadéquat sont l’une des causes de la malnutrition et de la faible productivité du cheptel. La balance alimentaire globale en Erythrée indique que l’approvisionnement en alimentation manque à hauteur de 20 pour cent en termes énergétiques et à hauteur de 30 pour cent en termes de besoins en protéines (FAO, 1994). Les principales sources d’alimentation du bétail sont les suivantes: 5.1 Pâturages naturels Le cheptel s’alimente sur les pâturages naturels qui comprennent surtout des espèces à maturation rapides, ainsi que divers arbres et arbustes, tels que Acacia albida, Acacia seyal, Balanites aegyptiaca, Acacia senegal, Terminalia brownii, Acacia mellifera, Capparis decidua, Acacia tortilis, Acacia asak, Diospyros abyssinica, Acacia nilotica, Ziziphus spina-christi et Albizia lebbeck, durant et juste après la saison pluvieuse. La pluviosité annuelle est le facteur principal qui influence la quantité de fourrage présent sur les pâturages. Selon les estimations de la FAO (1995), la production d’aliments du bétail, en termes de matière sèche (MS/ kg/ha), en fonction des divers régimes de précipitations (mm/an), et la capacité de charge animale relative (ha/UBT), sont les suivantes (tableau 6): Tableau 6. Estimation de la production de matière sèche et de la capacité de charge
La quantité et la qualité des pâturages natifs à disposition des troupeaux varient avec l’altitude, la pluviosité, les sols et l’intensité des cultures. Selon le climat, on trouve différents types de pâturages dans les diverses zones agroécologiques érythréennes. Il existe une relation étroite entre pâturage et climat du fait de l’évolution des plantes et de leur adaptation sur de longues périodes. En raison de cette interaction, des groupes de pâturages naturels dominants ont été associés à un climat particulier. Les différents parcours sont décrits ci-dessous. Hautes terres centrales : Les pâturages des hautes terres sont stériles et escarpés, et sont donc fragiles s’ils sont soumis à une pâture continue et incontrôlée. L’aire de pâture a rétréci au fil des ans à cause du surpâturage, de l’extension des cultures, de l’utilisation inappropriée des ressources hydriques et de la déforestation. La disparition des arbres et la pâture constante ont épuisé les ressources du couvert fourrager. Les pâturages ne parviennent pas à se reconstituer car les bêtes affamées sont perpétuellement à la recherche de la moindre plante qui pointe. Des tentatives pour permettre la régénération de la terre en la fermant à la pâture ont donné des résultats prometteurs et apparaissent comme des modèles à suivre. Cependant, généralement à cause des raisons mentionnées plus haut, les espèces fourragères les plus appétées sont en train de décroître et laissent la place à des espèces qui le sont moins. Si la tendance actuelle à la détérioration se poursuit, cela pourrait non seulement détruire totalement les espèces appétées, mais aussi réduire la terre à un sol nu et initier le processus de désertification. Parmi les graminées naturelles des hautes terres centrales, on compte des espèces telles que Pennisetum clandestinum , Chloris gayana, Digitaria abyssinica, Digitaria scalarum, Setaria sphacelata, Cenchrus ciliaris, Cenchrus mitis, Eragrostis cilianensis, Eragrostis superba, Andropogon spp., Bromus pectinatus, Dactyloctenium aegypticum, Hyparrhenia hirta, Brachiaria semiundulata, Heteropogon contortus, Melinis repens, Avena fatua, Eleusine indica, Cynodon dactylon, Dinebra retroflexa, Echinochloa colona, Themeda triandra et Sporobolus natalensis (GOSE, 1998a). Basses terres de l’ouest. Dans la partie sud des basses terres de l’ouest, plus humides, les parcours ne semblent pas endommagés, sauf dans les zones adjacentes aux centres habités. L’intensité de la pâture augmente dans la partie nord des basses terres, plus sèche, où le couvert herbacé se fait plus rare. Le système d’élevage extensif et migratoire permet aux parcours de se reconstituer, à la différence des hautes terres. Cependant, si l’actuel pâture incontrôlée, associée à un cheptel croissant, se poursuit, le sort de ces parcours sera semblable à celui des hautes terres. La végétation de cette zone agroclimatique, que l’on peut qualifier de tropicale semi-aride, est très complexe et comprend une grande variété de types végétaux. Les graminées dominantes sont des espèces comme Andropogon dummeri, Digitaria diagonalis, Setaria sphacelata, Chloris virigata, Eragrostis cylindriflora, Eragrostis cilianensis, Eragrostis superba, Cyndon nlemfuensis, Aristida adscensionis, Dactyloctenium aegyptium, Elytrophorus spicatus, Aristida funiculata, Eragrostis macilenta, Eragrostis tremula, Cenchrus biflorus, Enteropogon macrostachyus Cyperus rotundus et Aristida mutabilis. Basses terres de l’est. Cette région aride a des températures annuelles comprises entre 28 et 38 0C, avec de faibles variations saisonnières. Les pâturages sont peu productifs et le couvert végétal en de mauvaises conditions, les parcours étant très restreints au sein d’un vaste désert. Les graminées, qui poussent naturellement, comprennent des espèces telles que Cynodon spp., Cenchrus prieuri, Eragrostis cilianesis, Aristida mutabilis, Eragrostis cylindriflora, Eragrostis superba, Elytrophorus spicatus, Panicum triticeum, Paspalidium gemminatum, Sporobolus spicatus, Cyperus rotundus, et Aristida adscensionis. Les pâturages sont soumis à une trop forte charge animale surtout durant la saison sèche. Dans de nombreux endroits, les sols sont sévèrement dégradés et ont perdu une grande partie de leur capacité de rétention de l’eau. Les pâturages sont soumis à de l’érosion en nappe et en ravine durant les pluies. Dans plusieurs zones, l’érosion s’est traduite par un amoindrissement de la strate supérieure du sol et par un difficile établissement des semences dans les aires surpâturées. C’est une contrainte significative limitant la productivité des pâturages, composés entièrement d’espèces annuelles. 5.2 Autres ressources d’alimentation du bétail Après les pâturages naturels, les résidus de récolte sont la source d’alimentation la plus importante, en particulier sur les hautes terres. Presque tous les producteurs stockent de la paille: surtout de la paille d’orge, de blé et de teff sur les hautes terres, et des tiges de sorgho et de mil perlé dans les basses terres. Les animaux ne survivraient pas jusqu’à la saison pluvieuse suivante sans paille. Et même avec cette supplémentation, ils survivent avec peine et sont affaiblis. La consommation des chaumes laissés sur les champs donne aussi aux bêtes la possibilité de compléter leur alimentation, ou de permettre aux pâturages de se restaurer pendant quelques semaines. La sédentarisation d’anciens pasteurs sur les basses terres, et leur passage d’un pastoralisme pur à un système mixte d’agriculture et d’élevage, ont accru la demande en résidus de récolte, auxquels est attribuée une grande valeur et qui sont couramment vendus. Cependant, on rapporte que les cultures échouent cinq années sur dix dans la ceinture peu pluvieuse des basses terres, et trois années sur dix dans les zones plus arrosées. Durant ces années, l’approvisionnement du cheptel en sous-produits de récolte diminue ou fait entièrement défaut. Parmi les aliments de haute valeur, on trouve des sous-produits industriels tels que les divers types de son, les tourteaux de graines oléagineuses et les résidus de brasserie. Les plus grandes entreprises gouvernementales de traitement produisent quelque 15 000 tonnes de son par an, qui sont vendues à de petits éleveurs commerciaux. On ne connaît pas la quantité de son produite par les nombreux moulins dispersés. La production de tourteau de graines oléagineuses (coton et sésame) est de 5 000 à 6 000 tonnes par an. La brasserie d’Asmara produit environ 10 000 tonnes de graines humidifiées (FAO, 1995). Autrefois, la farine de poisson était aussi une source importante d’alimentation du bétail dans la mesure où l’Erythrée en exportait quelque 5 000 tonnes par an au début des années 70. Cette ressource n’est plus utilisée, suite à l’effondrement de l’industrie du poisson, mais celle-ci est en train de redémarrer. Tous ces aliments ne suffisent pas à satisfaire les besoins des producteurs et il apparaît nécessaire de créer les conditions pour que les éleveurs commerciaux soient en mesure de cultiver leur propre fourrage, comme par le passé. Actuellement, seuls quelques producteurs, qui ont de la terre et des facilités pour irriguer, cultivent du fourrage vert principalement de la luzerne (Medicago sativa). Quelques éleveurs donnent à leurs animaux des figues de Barbarie (Opuntia ficus-indica), après en avoir ôté les épines et les avoir écrasées [voir détails sur la figue de Barbarie utilisée comme fourrage et une publication récente de la FAO intitulée Opuntia comme fourrage]. Celles-ci devraient toutefois être assimilées en même temps que d’autres aliments pour éviter leur sévère effet laxatif quand elles sont absorbées seules. Durant la saison sèche, les éleveurs manquent en général de stocks de paille, aussi fournissent-ils aux animaux des fruits du cactus en quantité illimitée, sans les mêler à de la paille, ce qui a pour effet de causer un nombre considérable de morts au sein du cheptel, surtout sur les hautes terres. 5.3 Conservation des pâturages en fonction des éco-zones Le manque d’alimentation est la contrainte principale au développement et à la productivité de l’élevage en Erythrée. Cela est principalement dû aux sécheresses continuelles, au surpâturage et à l’absence cruelle de pâturages sur les hautes terres, ce qui exacerbe le problème et limite les effectifs du cheptel. De façon à nourrir le bétail tout au long de l’année, les aliments en excès produits durant la saison sèche doivent être conservés pour la longue saison sèche à venir. Le type d’aliments et leur qualité diffèrent dans chaque éco-zone. De manière générale, on conserve couramment de la paille de céréales sur les hautes terres et des tiges de sorgho et de mil perlé dans les basses terres de l’ouest. Dans la plupart des zones économétriques, il existe des pâturages clôturés appartenant à la communauté qui servent de réserve fourragère: ils sont surtout utilisés pour les bœufs et les animaux malades jusqu’à leur guérison, ainsi que pour les vaches après le vêlage, pendant de brèves périodes. Dans les hautes terres centrales et les basses terres de l’ouest, tous les animaux peuvent paître sur ces terres collectives clôturées et la communauté ne spécifie pas quel type d’animal y a droit. Ces terres ne sont opérationnelles que deux à trois mois au maximum. A la différence des basses terres de l’ouest, sur les hautes terres, les bœufs sont autorisés à paître tous les jours, qu’ils labourent ou non, tandis que les autres animaux sont exclus jusqu’à l’arrivée des grosses pluies de juin. Les enclos sont ouverts à tous les types d’animaux de fin juin au début du mois d’août, après quoi on en ferme à nouveau l’accès. |
| 6. AMÉLIORATION DES RESSOURCES PASTORALES Comme cela a été indiqué précédemment, l’Erythrée est une nation indépendante relativement jeune, qui ne fait que commencer à organiser son activité de recherche en matière d’élevage. Peu d’activités de recherche ont été menées sur les ressources pastorales et fourragères, aussi la plupart des informations recensées proviennent-elles de descriptions générales dérivant de travaux d’enquête ou de projets de développement. On doit toutefois avoir à l’esprit que le premier moyen pour augmenter les ressources en alimentation du bétail consiste à optimiser la production naturelle des zones écologiques spécifiques. Dans le système actuel, qui consiste à utiliser constamment et totalement le couvert de fourrage naturel, la production de graminées et herbages n’atteint pas les niveaux potentiels qui pourraient être atteints selon les divers régimes de précipitations. 6.1 Culture et emploi de légumineuses et graminées améliorées De nombreux petits agriculteurs cultivent en irrigué des produits de haute valeur comme les fruits et primeurs. Il est possible de compléter le système de cultures avec des productions de haute qualité, du fourrage de grande valeur nutritive. La production de légumineuses telles que luzerne, niébé et vesces permettrait de fournir une source de revenus supplémentaire tout en maintenant la fertilité des sols. Cela a été expérimenté par les services régionaux du Ministère de l’agriculture, sous la supervision du Département des ressources animales. L’irrigation de décrue, souvent pratiquée dans la zone du Sheab, dans la région de l’escarpement oriental, constitue une opportunité pour produire en grande quantité du fourrage de haute qualité, tel que sorgho et tiges de mil perlé. Cela constitue une approche à bas coût, dans la mesure où l’eau et les sols alluviaux fertiles sont naturellement disponibles. La rénovation et l’expansion de ces systèmes d’irrigation de décrue permettraient d’augmenter leur capacité de production fourragère, que ce soit pour la récolte et la vente ou pour l’utilisation sur place par les animaux. De même, l’intégration du fourrage et des cultures permettrait d’optimiser les retours financiers à court terme comme la durabilité du système. La production fourragère remplit un certain nombre de fonctions: les bandes de pâturages pérennes semés entre les cultures préviennent l’érosion et fournissent une alimentation de bonne qualité apte à compléter les régimes fondés sur la paille; les légumineuses fourragères contribuent à équilibrer le système en azote, et aident à maintenir la fertilité du sol. Un certain nombre de graminées annuelles et pérennes à haut potentiel, telles qu’avoine (Avena sativa), Sudan grass (Sorghum sudanese), Rhodes grass (Chloris gayana) et elephant grass (Pennisetum purpureum), de même que des légumineuses, n’ont été introduites qu’assez récemment en Erythrée et leur degré d’adaptation est en train d’être évalué. Les résultats d’expériences préliminaires menées sur ces fourrages à la station de recherche de Halhale (hautes terres ) sont très prometteurs. Ainsi, Pennisetum purpureum a produit 25 ± 6 tonnes de matière sèche /ha/an en dix coupes. 6.1.1 Culture en sec Les cultures fourragères permettraient d’augmenter les produits de coupe et d’améliorer ainsi la performance du bétail, surtout dans les opérations de production laitière et d’embouche. Il faudrait cultiver de l’avoine, de la vesce et du sorgho soudanais pour les hautes terres centrales Zones. Il faudrait essayer la culture mixte d’avoine et de vesce, qui produit un fourrage équilibré sur le plan de l’apport énergétique et des protéines. On pourrait aussi tenter quelques graminées pérennes hautement productives telles que Pennisetum purpureum et Chloris gayana. De même, on pourrait tenter de semer sur les terres clôturées des pâturages mixtes de graminées et légumineuses (Rhodes grass, Setaria et Desmodium). Par ailleurs, il faudrait tester, sur les hautes terres comme sur les basses terres de l’ouest, des cultures s’inscrivant dans un système de production intégré élevage/agriculture, telles que sorgho- lablab et sorgho-niébé. Lablab purpureus est particulièrement intéressant car c’est un fourrage résistant à la sécheresse. 6.1.2 Système d’irrigation traditionnel Les zones sous irrigation, dans les hautes terres centrales comme dans les basses terres de l’ouest, devraient centrer leurs efforts sur les légumineuses fourragères, comme la luzerne, pour les utiliser en produit de fauche pour nourrir les animaux laitiers. Cela devrait concerner aussi les producteurs laitiers péri-urbains. On a quelque expérience en la matière, mais une meilleure gestion et une meilleure utilisation des ressources provenant des pâturages irrigués sont encore nécessaires. Lorsque l’approvisionnement en eau d’irrigation est suffisant, on devrait aussi faire des expériences avec des espèces de terre sèche et des espèces de culture pluviale; on pourrait prendre en considération de cultiver Pennisetum purpureum à la limite des sites irrigués. 6.1.3 Irrigation de crue et d’épandage L’irrigation de décrue fournit une opportunité pour produire en grande quantité du fourrage de haute qualité. Cela constitue une approche à bas coût, dans la mesure où l’eau et les sols alluviaux fertiles sont naturellement disponibles. La rénovation et l’expansion de ces systèmes d’irrigation de décrue permettraient d’augmenter leur capacité de production fourragère, que ce soit pour la récolte et la vente ou pour l’utilisation sur place par les animaux. 6.2 Ressemis des pâturages Les graminées naturelles érythréennes sont les mieux adaptées à chaque situation écologique. Cela est indiqué par le fait que des variétés de genres tels que Andropogon, Cenchrus, Chloris et Digitaria sont maintenant semées dans de nombreux pays pour améliorer les pâturages. Toutefois, il serait souhaitable de ressemer certaines zones où les herbages ont été totalement détruits. Il faut en priorité introduire des légumineuses fourragères sur les pâturages naturels car on trouve peu de légumineuses herbacées de bonne qualité. Les espèces fourragères introduites (aussi bien ligneuses qu’herbacées) peuvent bien s’établir si on les répand amplement sur un parcours non traité. Cependant, cultiver le site, créer des petites mares et fermer l’accès aux animaux durant le développement des plantes, augmente considérablement les chances de succès. Les chances de succès des programmes de semis sur tapis végétal sont élevées dans les zones recevant au moins 500 mm de précipitations annuelles, avec des espèces sélectionnées pour leur productivité et leur tolérance à la sécheresse. Les augmentations de matière sèche attendues sont au minimum de 50 pour cent. Il est impératif d’éviter toute présence animale pour obtenir un bénéfice significatif de ce renforcement des pâturages. Il faut, naturellement, corriger les fautes de gestion ayant conduit à la détérioration. 6.3 Etablissement d’arbres fourragers et utilisation du feuillage en complément des rations animales La pâture fournit quelque 90 pour cent de l’alimentation des ruminants en Erythrée; cet approvisionnement décline rapidement durant la longue saison sèche. Les plantations d’arbres fourragers gagnent en popularité dans de nombreux pays tropicaux, notamment dans la zone semi-aride où on les développe pour de multiples usages. En Erythrée, les arbres et arbustes fourragers constituent un grand potentiel, en tant que source de protéines et d’autres éléments nutritifs mineurs, pour les grands et les petits ruminants, habituellement soumis à un régime déséquilibré à faible digestibilité composé de fourrage naturel, chaume et résidus de récolte non traités. On compte des centaines d’espèces d’arbres fourragers dans le monde, qui appartiennent à plus de 40 familles botaniques, et l’on trouve aussi de nombreuses caractéristiques productives au sein d’une même espèce. En Erythrée, les efforts de développement des arbres fourragers devraient être menés en fonction des zones agroécologiques. 6.3.1 Hautes terres Des légumineuses arbustives telles que Leucaena leucocephala, Sesbania sesban et Cajanus cajan sont tout à fait appropriés aux hautes terres centrales comme aux vallées des basses terres de l’ouest, dans les zones recevant 600 mm et plus de précipitations. Le figuier de Barbarie (Opuntia spp.) est aussi très répandue en Erythrée, en particulier sur les hautes terres; elle n’a cependant pas été à ce jour testée de manière adéquate pour en conclure que c’est un fourrage valable. On utilise fréquemment les fruits des cactus épineux sur les hautes terres. Opuntia spp. est bien connue comme aliment pour les bovins en cas d’urgence en temps de sécheresse, lorsque, alors que les herbages ont séché et ont été surpâturés, les cactus demeurent verts et succulents. 6.3.2 Basses terres La recherche sur les arbres fourragers dans les basses terres de l’ouest et de l’est doit être absolument prioritaire, étant donné la forte densité de population animale et les disettes fréquentes (sécheresse, faible pluviosité), notamment dans les zones sédentaires habitées. Le programme de recherche devrait se décliner de manière spécifique pour s’adapter à chaque sous-zone écologique. Un accent particulier devrait être mis sur les arbustes les mieux adaptés aux conditions arides et semi-arides, aux espèces aptes à tolérer des sols peu fertiles et de faibles précipitations et résistantes à la sécheresse (espèces à racines profondes ayant davantage accès à l’eau et aux éléments nutritifs). Les principaux arbres fourragers qu’il faudrait examiner sont les suivants: Leucaena leucocephala et Cajanus cajan devraient être testés dans les zones recevant plus de 400 mm de pluies, notamment dans la zone de l’escarpement occidental. De nombreux buissons naturels sont bien adaptés aux terres marginales et sèches que l’on trouve dans les basses terres et des espèces comme Acacia albida, Acacia tortilis et Prosopis juliflora sont très résistantes à la sécheresse; leur feuillage et leurs gousses sont souvent une ressource valable quand le couvert végétal est très pauvre. Le pastoralisme extensif est pratiqué dans de nombreuses zones des plaines côtières, dans un climat désertique chaud avec des précipitations très faibles, inférieures à 200 mm. Il est recommandé de mener des expériences d’introduction de Atriplex nummularia dans ces zones; il s’agit en effet d’un des arbustes fourragers les mieux adaptés. Il peut contribuer de manière significative au régime des camelins et des petits ruminants, surtout durant les saisons sèches et les sécheresses fréquentes dans cette région. 6.4 Amélioration de la valeur nutritive du fourrage et des pâturages Les ruminants se nourrissent traditionnellement de pâture de mauvaise qualité et de résidus de récolte. Deux techniques d’alimentation, fondées sur une meilleure utilisation de ressources locales disponibles, ont été testées avec succès et sont maintenant bien établies à la station de recherche de Halhale, sur les hautes terres: il s’agit de la paille traitée à l’urée et de la production et utilisation de briques alimentaires. Les effets sur la consommation et l’amélioration de la qualité nutritive des pailles sont substantiels et l’impact sur la croissance des animaux s’est aussi montré positif. Dans le cadre d’un projet de renforcement de la recherche agricole et de la vulgarisation (Projet "Strengthening the Agricultural Research and Extension Division" - FAO-GCP/ERI/001/ITA), une expérience de trois mois a été menée (avril-mai-juin 2000), pour étudier l’effet de la paille traitée à l’urée et des briques alimentaires sur la consommation et la prise de poids des ovins durant la saison critique (Kayouli et Asssefaw, 2000). L’ingestion des pailles est augmentée substantiellement (15 pour cent ) quand les animaux reçoivent un supplément de briques alimentaires ; le traitement à l’urée accroît notablement l’ingestion des pailles (35 pour cent ). L’une et l’autre méthodes augmentent le poids vif des animaux de façon significative durant la saison sèche. |
| 7. ORGANISMES DE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT IMPLIQUÉS DANS LE PASTORALISME Département de recherche et développement des ressources humaines, Unité de recherche sur l’élevage (Ministère de l’agriculture - Erythrée).
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| 8. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES FAO, 1994. Eritrea-Agricultural Sector Review and Project Identifications, 1994. FAO, 1995. Eritrea-National Livestock Development Project-Identification Report; Investment Centre Division/FAO/African Development Bank Cooperative Programme; Report No: 99/95 ADB-ERI 9, September 1995. FAO, 1998a. FAO Yearbook Production Statistics , Eritrea, Vol. 52, 1998. FAO, 1998b. FAO/World Bank Cooperative Program, 1998. Eritrea Soil fertility Initiative. Aide Memoire. FAO, 2000. Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), 2000. Agricultural Sector Strategy, September 2000. Firebrace, J. and Holland, S. 1985. Drought, development and liberation in Eritrea; Trenton, N.J.: The Red Sea Press, 1985. GOSE, 1998a. Government of State of Eritrea, Ministry of Land, Water and Environment, 1998. Eritrean Biodiversity Assessment. Asmara. GOSE, 1998b. Government of State of Eritrea, Ministry of Agriculture, Department of Animal Resources Development; 1997-1998 Livestock Census Results and Supporting Estimates. Kayouli, C. and Assefaw, T. 1999. Fourth Advisory Mission on : Appropriate Research and Development Programme in Animal Nutrition & Animal Production Systems (Italian Trust Fund Project "Strengthening Agricultural Research and Extension in Eritrea" (GCP/ERI/001/ITA). FAO-Asmara, May 1999. Kayouli, C. and Assefaw, T. 2000. Fifth Advisory Mission on : Appropriate Research and Development Programme in Animal Nutrition & Animal Production Systems (Italian Trust Fund Project "Strengthening Agricultural Research and Extension in Eritrea" (GCP/ERI/001/ITA). FAO-Asmara, October 2000. Nastasi, K. 1993. Notes concerning climatic and floristic regions of Eritrea. Italian Cooperation; GSO: Asmara Sherman, R. 1980. Eritrea The unfinished revolution. (Praeger Special Scientific Studies) New York: Praeger Publishers, 1980. |
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Dr. Tzegai Tesfai Halhale Research Centre, HALHALE Asmara, ERYTHRÉE Tél: 00 291 1 159844; 00 291 1 124864 Fax: 00 291 1 122214 E-Mail: research@tse.com.er [Ce profil
a été revu par J.M. Suttie et S.G. Reynolds en février 2002.] |