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| Maroc O. Berkat et M. Tazi
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| 1. Introduction [Les graphiques et données inclus dans ce document ont été fournis par les auteurs; les termes employés et la présentation de ce document d’information n’impliquent aucune prise de position de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, quant au statut juridique des pays, territoires, zones ou villes, ou quant à la délimitation de leurs frontières.] |
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Le Royaume du Maroc est situé au nord-ouest du continent africain, entre 21° et 36º de latitude nord et entre 1° et 17º de longitude ouest. Le pays est délimité par l’océan Atlantique à l’ouest (2 934 km entre Cap Spartel au nord et Lagwira au sud), la mer Méditerranée au nord (512 km entre Saidia à l’est et Cap Spartel à l’ouest). Il côtoie l’Algérie à l’est et la Mauritanie au sud (voir figure 1). La superficie totale est de 710 850 kilomètres carrés, dont moins de 12 pour cent de terres cultivables (Ministère de l’agriculture et du développement rural 2003). Figure 1. Carte du Maroc [Note d’édition FAO: la question du statut du Sahara occidental demeure irrésolue et a fait l’objet d’une proposition d’accord sous l’égide des Nations Unies en 2001]. Selon le recensement de 1994, la population comptait 26,1 millions d’habitants. Durant la période 1984-94, le taux de croissance de la population a été de 2,06 pour cent, ce qui est inférieur aux 2,6 pour cent enregistrés pour 1974-84. A l’heure actuelle, ce taux est de 1,7 pour cent. La population était estimée (www.statistic.gov.ma.) à 29 630 000 habitants en 2002 et 31 600 000 en 2003. La majorité de la population est concentrée dans les zones du nord-ouest. La moitié de la population est urbanisée à l’heure actuelle, ce qui est un net changement depuis 1970 (30 pour cent). Parmi les grandes villes, on compte Casablanca (3,1 millions d’habitants) - le centre industriel, commercial et financier le plus important -, Rabat-Salé (1,2 million d’habitants) – la capitale -, ainsi que Marrakech, Fès, Méknès, Tétouan, Oujda et Agadir qui ont chacune plusieurs centaines de milliers d’habitants. L’histoire du pays est très ancienne, comme cela est attesté par de nombreux vestiges, monuments et objets, préhistoriques et ultérieurs. Le Maroc a été l’objet de nombreuses invasions et a connu des civilisations différentes: Phéniciens, Berbères, Carthaginois, Romains, Vikings. La conquête arabe date de 681. En tant qu’Etat, le Maroc existe depuis 788, lorsque Idris Ier fut proclamé roi. Il y eut ainsi les dynasties suivantes:
Le Maroc est devenu indépendant de la France (régions centrales et sud) comme de l’Espagne (nord) en 1956. Il a récupéré en même temps la ville de Tanger, qui était sous statut international. Les provinces sahariennes du sud ont été récupérées en 1975 [Bien que la question du statut du Sahara occidental demeure irrésolue et ait fait l’objet d’une proposition d’accord sous l’égide des Nations Unies en 2001 – note d’édition]. L’agriculture constitue la colonne vertébrale de l’économie: elle représente 17 pour cent du Produit intérieur brut (PIB) et emploie la moitié des actifs. Elle a constitué un secteur d’investissement prioritaire pour le gouvernement durant ces quarante dernières années, notamment dans l’irrigation. Ainsi, 92 grands barrages ont été construits, avec une capacité de 14 milliards de mètres cubes. Ces infrastructures, ainsi que d’autres plus modestes, ont permis d’irriguer quelque 1,2 million d’hectares. Les zones irriguées les plus importantes sont le Gharb et le Loukkos au nord-ouest, la région d’Agadir, celles de Ouarzazate et du Tafilalet au sud de l’Atlas, et la basse Moulouya au nord-est. Toutefois, la production agricole varie en fonction des conditions climatiques. Il s’agit surtout d’une agriculture de type familial, mais il existe aussi un secteur modernisé qui produit pour l’exportation. Parmi les produits principaux, on peut citer les suivants: blé, orge, légumineuses, primeurs, agrumes, olives et huile d’olive, figues et dattes. Les produits agricoles exportés sont les primeurs, les agrumes, l’huile d’olive et le vin. Les produits de l’élevage sont consommés localement, à l’exception des produits du travail du cuir. Les pêches constituent un autre secteur important, qui représente 55 pour cent des exportations alimentaires agricoles et correspond à quelque 400 000 emplois. L’artisanat représente 10 pour cent du PIB et fournit un emploi à environ 1,5 million de personnes. Le tourisme apparaît de plus en plus important pour l’économie. Avec 2,5 millions de visiteurs en 1999, il contribue au PIB à hauteur de 7,8 pour cent au PIB, et représente quelque 500 000 emplois. Le secteur minier et l’énergie représentent 10 pour cent du PIB. Le Maroc possède le troisième dépôt de phosphate du monde, mais la stagnation du marché et la baisse des prix mondiaux ont diminué l’importance de cette source de revenu à l’exportation autrefois très rentable. Un petit secteur manufacturier est en train de se développer et de contribuer aux exportations. Les biens de consommation et les produits semi-finis comptent désormais pour environ la moitié dans les recettes dérivant des exportations. Environ 15 pour cent de la main d’œuvre travaille à l’étranger, essentiellement dans des pays européens comme la Belgique ou la France, et l’argent envoyé au Maroc par ces travailleurs contribue à résorber la dette extérieure. Pour stimuler la croissance économique, le gouvernement est en train de privatiser plus d’une centaines d’entreprises d’Etat et d’encourager d’autres réformes économiques. Terres cultivables et pastorales. La classification des terres marocaines montre que 78 pour cent de la superficie (56 millions d’hectares) se trouvent dans des zones sèches et désertiques (précipitations annuelles moyennes <250 mm), 15 pour cent (10 millions d’hectares) dans la zone semi-aride (entre 250 et 500 mm par an) et 7 pour cent dans les zones sub-humides et humides (> 500 mm par an). Les terres cultivées annuellement et les cultures permanentes représentent 12 pour cent (9,2 millions d’hectares) de la superficie, dont 1,2 million d’hectares irrigués. A cela s’ajoutent 12,5 pour cent de la superficie pour les forêts (5,8 millions d’hectares) et 52,9 millions d’hectares pour les parcours et les terres improductives (tableau 1). Les céréales couvrent 80 pour cent des terres cultivables, dont 50 pour cent d’orge, 40 pour cent de blé tendre et dur et 9 pour cent de maïs. Quatre pour cent des terres cultivables est en légumineuses, principalement fèves, pois chiches, lentilles et petits pois. La superficie en jachère varie entre 1,6 et 2,6 millions d’hectares et est plus importante dans les zones plus sèches.
Secteur des ruminants. De manière générale, on considère que seuls 18 pour cent des producteurs tirent leurs revenus exclusivement de l’élevage, mais le bétail constitue une réserve financière significative pour la majorité d’entre eux, notamment pour ceux qui ont difficilement accès au crédit. Il assure aussi la production de fumier servant à fertiliser la terre et à accroître les rendements (surtout pour le maraîchage et les agrumes). Les animaux sont aussi utilisés pour la traction; ils fournissent la matière première (laine, cuirs et peaux) nécessaire à l’industrie de la tannerie et à l’artisanat, et jouent un rôle non négligeable dans le transport des marchandises et des hommes (dromadaires dans le sud, mulets dans les montagnes, chevaux et ânes dans les plaines). Il ne faut pas non plus omettre leur rôle socio-culturel (le cheval pour la fantasia, le mouton pour l’Aïd El Adha). On compte environ 2 700 000 bovins, 16 000 000 ovins et 5 000 000 caprins, sans oublier 200 000 camelins; ce cheptel produit 300 000 tonnes de viande et plus de 1,3 million de tonnes de lait (tableau 2).
Secteur agricole. Les exploitations sont plutôt de petite taille (tableau 3). On en compte 1,5 million, réparties comme suit en fonction de leur taille: i) 4,3 pour cent sont des exploitations sans terre, et sont probablement consacrées exclusivement à l’élevage; ii) plus de 70 pour cent ont moins de 5 hectares; iii) seuls 4 pour cent ont plus de 20 hectares. La petite taille des exploitations mène le plus souvent à une production diversifiée (céréales, maraîchage, élevage) mais aussi à de faibles niveaux de revenus et à une grande vulnérabilité face au aléas du marché et à la sécheresse.
Dans le secteur agricole, l’élevage vient en second, après les céréales. Il représente environ 20 pour cent des emplois agricoles et contribue aux revenus de plus de 80 pour cent de la population rurale, en particulier des petits producteurs. Il joue aussi un rôle important en tempérant l’impact de la sécheresse. Sur 1,5 million d’exploitations identifiées en 1996, 1,1 million avaient une composante d’élevage (tableau 4).
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Caractéristiques topographiques principales Le Maroc a les plus vastes plaines et hautes montagnes d’Afrique du Nord. Le pays compte quatre régions physiographiques principales:
Le pays compte de nombreux cours d’eau, pour la plupart des torrents saisonniers qui, s’ils ne sont pas adaptés à la navigation, servent en revanche à l’irrigation et à la production d’électricité. Les principales rivières sont la Moulouya, qui se jette dans la mer Méditerranée, le Sebou, le Bou Regreg, l’Oum Rbia, le Tansift et le Souss, qui se jette dans l’océan Atlantique. Principaux types de sols Les types de sols qui prédominent au sein des principales unités physiographiques sont les suivants (INRA 1967, Osrhiri, 1985, Berkat et al. 1999, MADRPM, 2000):
Figure 2. Carte des sols
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Autrefois, l’élevage extensif fondé sur les parcours permettait au pays de répondre à ses besoins en protéines animales. Avec l’extension des cultures aux dépens des pâturages, le développement de l’irrigation et la rapide croissance démographique, les systèmes de production associant les cultures et l’élevage se répandent de plus en plus. L’élevage laitier se développe dans les zones irriguées; les cultures fourragères sont apparues comme le seul moyen de pourvoir aux besoins nutritionnels quantitatifs et qualitatifs des animaux, si l’on voulait viser de hautes performances. Modes d’alimentation Elevage bovin Elevage laitier en zone irriguée. On trouve ce système d’élevage dans les périmètres irrigués, notamment les grands périmètres gérés par les Offices Régionaux de Mise en Valeur Agricole (ORMVA). Ses caractéristiques principales sont les suivantes (Guessous 1991):
Le calendrier alimentaire varie selon que le fourrage principal est le bersim (Trifolium alexandrinum) ou la luzerne (Medicago sativa). Le bersim, culture fourragère la plus importante dans les zones du Gharb, du Loukkos et, dans une certaine mesure, dans le périmètre des Doukkala, est entièrement utilisé sous forme de produit de coupe frais, d’octobre à mars ou juin (Guessous 1991). Dans ce système, il y peut y avoir une certaine carence en fourrage en été et en automne, à moins d’avoir recours à d’autres fourrages (luzerne, Sudan grass, ivraie vivace italienne, betterave fourragère). Pour ce qui est de la luzerne, principale culture fourragère dans le Tadla, le Haouz, le Souss-Massa, la vallée de la basse Moulouya, le Tafilalet et le Draa, la saison végétative va de mars à octobre. Bien que certains producteurs emploient une partie de la luzerne sous forme de foin, le système présente un déficit en automne et en hiver (Guessous 1991). Pour pallier ces carences, d’autres cultures fourragères sont introduites dans le système, comme l’orge, l’avoine, les vesces ou le maïs. Système mixte. On trouve ce système dans les zones de culture pluviale les plus favorisées ou en marge des périmètres irrigués (Guessous 1991). Il se caractérise par l’absence – ou l’apport très limité – de cultures fourragères irriguées que l’on trouve dans le système précédent. Ils ont cependant certaines caractéristiques en commun, comme l’emploi de races améliorées et la commercialisation du lait. Le système d’alimentation est le suivant (Guessous 1991): i) recours aux chaumes de juin à août; ii) emploi de pailles de septembre à mars, parfois couplé à l’emploi de foin d’avoine/vesce; iii) pâturage sur les jachères de décembre à mars; iv) pâture de l’orge en vert de janvier à février; v) emploi de concentrés, comme les sons, les résidus de betterave sucrière, les molasses de canne à sucre, l’orge en grain, particulièrement en automne et en hiver. On cultive les fourrages telles que luzerne, bersim, Sudan grass et maïs là où il y assez d’eau pour un peu d’irrigation. Toutefois, comme cela est assez rare dans ce système de production, on produit sous culture pluviale les fourrages suivants: orge (fourni en produit de fauche frais, et parfois ensilé), avoine/, orge/pois et triticale/pois. Ces derniers sont le plus souvent transformés en foin. La contribution des fourrages dans l’alimentation du bétail est encore relativement modeste; elle a été estimée, respectivement, à 28 pour cent, 21 pour cent et 1 pour cent, dans le Gharb, le Tadla et la vallée de la basse Moulouya (Guessous 1991). Les concentrés contribuent pour leur part à hauteur de 31 pour cent, 28 pour cent et 53 pour cent [chaumes et pailles 15, 44, 28; jachères et parcours 12, 3, 14]. Elevage bovin de boucherie. Dans ce système, qui s’appuie sur les races locales, on met des veaux à l’embouche. Une fois que le veau a été nourri, une petite partie du lait est gardée pour la consommation familiale mais n’est pas vendue. On trouve ce système dans les zones de culture pluviale où l’on cultive surtout des céréales d’hiver et du maïs de printemps (Guessous 1991). Ce système court des risques en cas de sécheresse. L’alimentation du bétail est fondée sur les sous-produits de récolte, ce qui dénote un très haut niveau d’intégration dans le système d’exploitation. Le calendrier alimentaire dans les régions de culture pluviale est le suivant (Guessous 1991): i) recours aux chaumes de juin à octobre; ii) recours au foin et aux pailles de blé et d’orge de septembre à mars; iii) orge en vert (pâture légère des plantes pendant leur période de croissance) de janvier à février; iv) emploi des mauvaises herbes ramassées dans les champs; v) pâture des jachères de janvier à mai. Dans certaines régions, on a aussi recours aux pâturages naturels jusqu’à cinq mois par an. Les cultures fourragères sont les suivantes: i) mélanges céréales/légumineuses pour faire des pailles; ii) orge en produit de coupe frais ou sur pâturage; iii) bersim, dans les zones bénéficiant d’une pluviosité relativement élevée (>450 mm); iv) médicagos annuels utilisés pour l’amélioration des jachères dans le système ley-farming; mais cette technique, introduite au début des années 80, semble en voie de disparition, les jachères ne s’étant pas améliorées. Dans les périmètres irrigués, ce système bénéficie d’un calendrier alimentaire et de ressources fourragères comparables à ceux du système d’élevage laitier (Guessous 1991). Il peut y avoir quelques différences, notamment un recours plus important aux parcours et aux jachères. Le calendrier alimentaire est le suivant: i) luzerne verte en produit de coupe frais de mars à octobre; ii) luzerne sèche d’octobre à février; iii) pâture des chaumes en été; iv) paille tout au long de l’année; v) pâture sur parcours et jachère de février à avril; vi) concentrés de septembre à avril. Elevage ovin Il existe quatre races ovines bien identifiées qui sont l’objet de programmes de sélection de la part de l’Association Nationale Ovine et Caprine (ANOC) dans ce qu’on appelle les zones de reproduction sélectionnées. Il s’agit des races Timahdit, dans le Moyen Atlas et les zones avoisinantes, Sardi, dans les plaines au nord de l’Atlas, Beni Guil, sur les hauts plateaux orientaux, et Dman, dans les oasis (sans utilisation du parcours) (Kabbali et Berger 1990, Boujenane 1999). Quelques races moins connues sont exploitées dans d’autres régions: la race Beni Hsen, dans le Gharb et le Loukkos, la race Boujad prédominante dans la région de Boujad, le Siroua dans l’Anti Atlas et le Sargho. Les races caprines sont moins bien étudiées que les ovines. On peut cependant en distinguer trois types: la chèvre laitière Dman des oasis, des croisements avec des races espagnoles dans le nord du pays et la petite chèvre locale ailleurs. On trouve trois systèmes principaux, qui se distinguent en fonction de l’alimentation du bétail: i) le système pastoral; ii) le système agropastoral; iii) le système oasien. Le système pastoral. Dans ce système, le calendrier alimentaire est dominé par la pâture, qui dure jusqu’à 8-12 mois par an. On rencontre des différences selon les zones agroécologiques. Ainsi, dans les plaines et les plateaux centraux et occidentaux, où la saison végétative s’achève tôt, les parcours et les jachères sont utilisés jusqu’en avril-mai, puis les animaux se nourrissent de chaumes de céréales jusqu’aux pluies d’automne. En revanche, sur les hauts plateaux orientaux, l’exploitation des parcours prévaut: les animaux se déplacent vers le sud en hiver et vers le nord en été, ou au sein d’une même zone, pour pâturer de l’alfa - Stipa tenacissima - (hiver), Artemisia herba alba et d’autres types de plantes à dominante arbustive (printemps, été et automne). Ils se nourrissent de chaumes en juillet-août, mais cela est variable car il faut tenir compte de l’impact fréquent de la sécheresse sur la production de céréales. Dans les montagnes de l’Atlas, les parcours/forêts sont utilisés toute l’année, bien qu’on puisse parfois avoir recours aux chaumes en été, notamment en-dessous de 1 500 mètres. Les altitudes plus élevées (au-dessus de 1 500 mètres dans le Moyen Atlas, et au-dessus de 2 000 mètres dans le Haut Atlas) sont exploitées en été par les troupeaux transhumants provenant de la montagne elle-même ou des plaines adjacentes. Dans le sud-ouest, les terres boisées (Argania spinosa, Callitris et genévrier) sont pâturées tout au long de l’année, et on a parfois recours aux chaumes, lors des rares années humides, en avril-juin. On trouve aussi dans le calendrier alimentaire les éléments suivants: i) paille (et foin) et concentrés (surtout de l’orge) en automne-hiver et en période de sécheresse; ii) pâture de l’orge; iii) branches fraîches coupées d’arbres tels que Quercus rodundifolia, Quercus suber, Juniperus spp., Fraxinus zanthoxyloides; iv) produits de coupe provenant d’arbustes et graminées comme l’alfa (Stipa tenacissima), sur les parcours arides . Le système agropastoral. On trouve ce système dans les périmètres irrigués hors des oasis sahariennes et dans les régions centrales où l’on pratique la culture pluviale. Sa caractéristique principale réside dans la contribution relativement importante de l’exploitation à l’alimentation du bétail, celle-ci pouvant atteindre 50 pour cent des besoins du cheptel (Guessous 1991). Le calendrier alimentaire est le suivant: i) pâture sur les parcours et les jachères de janvier à mai; ii) pâture des chaumes de juin à octobre; iii) consommation de paille de céréales de septembre à mars. On rencontre quelques variantes à l’intérieur de ce schéma général: i) les animaux se déplacent hors du périmètre et vont pâturer sur des parcours arbustifs ou sur des jachères privées en location; ii) ils pâturent de l’orge iii) on leur fournit des produits de fauche tels que bersim (Gharb) et luzerne (Tadla). Le système oasien. Ce système spécifique concerne exclusivement les oasis des zones sahariennes, pour l’essentiel le Tafilalet dans la vallée du Ziz, le Draa et la zone de Figuig dans le sud-est. Il a les caractéristiques suivantes (Guessous 1991): i) une agriculture irriguée très productive, sur de petites parcelles ne dépassant en général pas 1 à 2 hectares; ii) une race ovine (Dman) très prolifique, gardée sous formes de petits troupeaux constamment à l’étable; iii) un calendrier alimentaire où la luzerne est l’élément le plus important. Le calendrier alimentaire varie en fonction de la croissance de la luzerne: i) elle est donnée sous forme de produit de fauche de mars à octobre, avec d’autres apports tels que paille, orge, sons, sous-produits dattiers; ii) elle est donnée sous forme de foin, en plus de la paille et de concentrés, de novembre à février. Figure 4. Carte des systèmes d’alimentation du bétail
Contraintes Aux contraintes existant en matière de développement des cultures fourragères (taille des exploitations, comparaison entre prix des concentrés, des fourrages et autres produits de l’élevage, limites de la recherche et de la vulgarisation), s’ajoutent d’autres contraintes, notamment celles relatives à l’élevage pastoral sur les parcours (MARA 1993): i) l’alimentation inadéquate constitue la contrainte majeure, car elle
est la cause de la forte mortalité des jeunes animaux et de performances
de croissance et de reproduction bien en-dessous du potentiel génétique.
Cette inadéquation résulte de la faible productivité des pâturages,
de la mauvaise utilisation des résidus de récoltes, du manque de connaissances
des producteurs quant à la valeur nutritive des aliments et des concentrés; Contraintes socio-économiques
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Selon le Ministère de l’agriculture (MARA - 1986), les principales sources de fourrage au Maroc étaient les suivantes en 1986: i) pâturages naturels; ii) chaumes et pailles; iii) fourrages semés; iv) jachères; v) résidus de récoltes; vi) céréales; vii) sous-produits industriels. Leur contribution respective au bilan fourrager était de 28 pour cent, 38 pour cent, 10 pour cent, 6 pour cent, 2 pour cent, 7 pour cent et 8 pour cent. Il faut toutefois faire quelques commentaires à propos de ces chiffres: i) la contribution des pâturages naturels a tendance a décliner au fil des ans, du fait de leur dégradation, des sécheresses récurrentes et de l’extension des cultures sur les terres marginales autrefois utilisées comme parcours; ii) ces chiffres sont des moyennes nationales et reflètent l’importance de la demande fourragère dans l’élevage bovin, à laquelle seuls répondent les systèmes intégrés à l’exploitation. Les petits ruminants, quant à eux, dépendent davantage des parcours naturels (pour plus de 70 pour cent dans certaines régions); iii) ces estimations de moyennes varient chaque année en fonction des conditions climatiques. Ainsi, lors d’une année sèche, on remarque une contribution plus importante des pâturages naturels (ce qui se traduit aussi par une pression accrue et une dégradation de ces derniers) et des céréales (ce qui affecte l’économie et la stabilité des exploitations, en particulier des plus vulnérables). Lors d’une année pluvieuse, une grande partie du fourrage provient des céréales, plus productives, des jachères et des céréales (la production d’orge étant plus abondante). Pâturage naturel et écosystèmes pastoraux Pour chaque zone, les écosystèmes pastoraux ont été décrits et cartographiés (Berkat et al. 1992). Dans cette carte (1/ 2 500 000), ces écosystèmes sont désignés par les chiffres 29, 17, 13, 9, 5, 9, 1, 7, 12, 12, qui correspondent respectivement aux zones pastorales de 1 à 10. Figure 5. Carte des zones pastorales
Ecosystèmes des hauts plateaux orientaux et de la vallée de la Moulouya
Principaux écosystèmes sur les parcours: ii) boisements du bioclimat semi-aride, composés de Callitris articulata, Pistacia lentiscus, Stipa tenacissima, Rosmarinus officinalis, Cistus villosus, Lavandula multifida, Dactylis glomerata, Artemisia herba-alba. Ce type s’étend sur quelque 200 000 hectares; iii) steppes halophytes, composées de Salsola foetida, Atriplex halimus, Stipa capensis. Ce type couvre environ 115 000 hectares; iv) steppes du bioclimat aride avec hivers froids, en état bon à dégradé, composées de Anabasis aphylla, Noaea mucronata, Peganum harmala, Artemisia herba-alba, Stipa capensis, Frankenia corymbosa. Ce type couvre quelque 880 000 hectares; v) steppes du bioclimat aride avec hivers tempérés, en bon état, composées de Artemisia herba-alba, Frankenia corymbosa, Noaea mucronata, Teucrium polium, Stipa capensis, Stipa parviflora. Ce type couvre quelque 290 000 hectares. vi) steppes du bioclimat aride avec hivers froids, en état bon à très bon, composées de Artemisia herba-alba, Stipa parviflora, Stipa barbata. Ce type s’étend sur plus de 190 000 hectares; vii) steppes de glacis, composées de Stipa tenacissima, Rosmarinus officinalis, Artemisia herba-alba, Thymus spp., Stipa parviflora, Stipa barbata. Ce type couvre quelque 330 000 hectares; viii)) steppes d’alfa (Stipa tenacissima), sur divers types de sols et substrats, et en conditions diverses, associée à des espèces telles que Thymus sp., Noaea mucronata, Stipa parviflora, Atractylis seratuloides, Schismus barbatus, Artemisia herba-alba, Lygeum spartum. Ce type s’étend sur plus de 2,5 millions d’hectares. Il constitue une importante réserve de fourrage, quoique de mauvaise qualité, notamment dans cette zone caractérisée par de longues et sévères périodes de sécheresse. Ce couvert a l’avantage de très bien protéger les sols quand ils ne sont pas encore dégradés. Cependant, les sécheresses répétées et le nombre trop élevé d’animaux, gardés grâce à l’usage de concentrés, ont mené récemment à dégrader considérablement cette ressource; ix) steppes dégradées du bioclimat allant de l’aride au saharien, au milieu de la vallée de la Moulouya, composées de Lycium intricatum, associé, selon les conditions écologiques, avec Helianthemum spp., Halogeton alopecuroides, Salsola gemmascens, Noaea mucronata, Atractylis serratuloides, Aristida spp., Hammada scoparia. Ce type couvre quelque 420 000 hectares. Le Moyen Atlas Ecosystèmes principaux: ii) forêts des zones semi-arides à subhumides avec hiver froid, composées de Quercus rotundifolia. Elles sont en général denses mais présentent des clairières à végétation herbacée, où l’on trouve Dactylis glomerata, Bromus spp., Festuca spp., Cynosurus elegans. Elles couvrent une superficie estimée à 340 000 hectares; iii) forêts de la zone humide avec hiver froid, composées de Quercus mirbeckei, Q. rotundifolia, Crataegus lacinita, Rosa sp., Cynosurus elegans, Dactylis glomerata, Arrhenatherum elatius. Elles s’étendent sur une superficie relativement limitée (6 000 hectares); iv) forêts des zones subhumides à humides avec hiver froid, composées de Cedrus atlantica, Acer monspessulanum, Quercus rotundifolia, et, dans les parties plus sèches et plus froides, de Bupleurum spinosum et Erinacea anthyllis. Ce type couvre quelque 180 000 hectares; v) forêts de la zone subhumide, composées de Quercus suber, Arbutus unedo, Cistus spp., Halimium halimifolium, Dactylis glomerata. Elles couvrent une superficie d’environ 15 000 hectares; vi) terres arbustives à végétation basse de la zone humide, composées de Adenocarpus boudyi, Genista pseudopilosa, Genista quadriflora, Festuca rubra, Hieracium pseudopilosella. Elles s’étendent sur quelque 18 000 hectares; vii) pâturages montagneux, composés de Poa bulbosa, Dactylis glomerata, Stipa lagascae, Festuca rubra, Festuca ovina, Hieracium pseudopilosella, Scorzonera pygmea, Medicago suffruticosa. Ils couvrent quelque 50 000 hectares; viii)) terres arbustives de montagne, composées de xérophytes épineuses telles que Erinacea anthyllis, Cytisus purgans ssp. Balansae, Alyssum spinosum, associées à des espèces herbacées telles que Stipa lagascae, Poa bulbosa, Festuca ovina, Festuca rubra. Ces terres couvrent quelque 100 000 hectares. Les trois derniers types sont les plus productifs et ceux qui détiennent la plus grande diversité de plantes herbacées. Les troupeaux transhumants y pâturent de juin à octobre-novembre. Le Haut Atlas Principaux écosystèmes des pâturages : ii) terres boisées et forêts à 1 400-1 800 mètres d’altitude, semi-arides avec hivers tempérés, composées de Quercus rotundifolia, Juniperus phoenicea, Thymus spp., Globularia alypum, Dactylis glomerata, et localement Callitris articulata. Ce type s’étend sur une superficie d’environ 370 000 hectares; iii) terres boisées des zones subhumide et semi-aride, avec hivers froids, composées de Quercus rotundifolia, Pinus halepensis, ou Juniperus phoenicea, Globularia spp., Thymus spp. Ces terres couvrent plus de 160 000 hectares; iv) terres boisées et forêts de la zone subhumide, avec hivers froids, composées de Quercus rotundifolia, Cistus spp., Festuca spp., Dactylis glomerata. La superficie est estimée à 320 000 hectares; v) pâturages montagneux de haute altitude, composés de Festuca maroccana, F. rubra, Scorzonera pygmaea, Nardus stricta, et Trifolium humile. C’est un écosystème relativement productif, qui s’étend sur 85 000 hectares; vi) terres arbustives d’altitude, composées de Vella mairei, Bupleurum spinosum, Alyssum spinosum, Festuca maroccana, Dactylis glomerata, et localement Juniperus thurifera. Elles couvrent approximativement 770 000 hectares; vii) terres arbustives à végétation basse d’altitude, composées de Ormenis scariosa, Adenocarpus anagyrifolius, Retama dasycarpa, Alyssum spinosum, Bupleurum spinosum, Dactylis glomerata, Stipa nitens. La superficie concernée est de quelque 50 000 hectares; viii) steppes de haute altitude, composées de Artemisia herba-alba, Ormenis scariosa et Bupleurum spinosum. Elles couvrent quelque 93 000 hectares; Les quatre derniers écosystèmes sont surtout utilisés par les troupeaux transhumants des deux côtés du Haut Atlas. Malgré la pression exercée sur eux en été par la charge animale élevée et l’apparition d’indicateurs de dégradation, ces écosystèmes demeurent relativement productifs et conservent une bonne diversité des espèces. Les montagnes du Rif Principaux écosystèmes des pâturages: ii) végétation buissonnante haute le long de la côte méditerranéenne et dans la partie orientale du massif, composée de Callitris articulata, Cistus villosus, Lavandula multifida, Teucrium fruticans, Hyparrhenia hirta, Piptatherum miliaceum. La superficie couverte est de 140 000 hectares; iii) forêts et broussailles des zones semi-arides et subhumides, avec hivers froids, composées de Quercus rotundifolia, Thymus spp., Cistus spp., Genista sp., Festuca rubra, Dactylis glomerata. La superficie est estimée à 160 000 hectares; iv) végétation herbacée de la zone occidentale subhumide, composée de Urginea maritima, Asphodelus microcarpus, Cynodon dactylon, Chamaerops humilis, Plantago spp., Rumex sp.., et localement, de restes de graminées pérennes telles que Dactylis glomerata, Hyparrhenia hirta, Piptatherum miliaceum. Ce type se rencontre en association avec les terres de culture et les jachères. La superficie couverte est d’environ 20 000 hectares; v) terres boisées et forêts de la zone subhumide, avec des hivers de tempérés à frais, composées de Quercus suber, Erica arborea, Cistus spp. Dans la partie tempérée, on trouve d’autres espèces telles que Callitris articulata, Pistacia lentiscus, Arbutus unedo, Hyparrhenia hirta, Piptatherum miliaceum. La superficie couverte est de 288 000 hectares; vi) terres buissonnantes, résultant de la dégradation des forêts, de la zone humide, avec des hivers de tempérés à frais, composées de Chamaerops humilis, Cistus spp, Erica arborea, Arbutus unedo. Localement, on peut rencontrer Ampelodesma mauritanica. La superficie couverte est de 160 000 ha; vii) forêts de la zone humide, avec des hivers de frais à froids, composées de Cedrus atlantica, Acer monspessulanum, Quercus spp. On trouve aussi une petite forêt de Abies maroccana. La zone Mamora-Zaers Principaux écosystèmes des pâturages: ii) forêts et terres boisées de la zone semi-aride, avec des hivers de tempérés à chauds, composées de Callitris articulata, Pistacia lentiscus, Phillyrea angustifolia, Olea europea, Rhus pentaphylla, Cistus villosus, Lavandula multifida, Dactylis glomerata, Hyparrhenia hirta, Asphodelus microcarpus, Bromus spp. Brachypodium distachyum. La superficie est d’environ 280 000 hectares; iii) forêts à l’intérieur des terres, du bioclimat subhumide, avec des hivers frais, composées de Quercus rotundifolia, Cistus spp.; Lavandula stoechas, Thymus spp., Dactylis glomerata, Festuca caerulescens, Cynosurus sp., Bromus spp., Brachypodium spp. La superficie couverte est d’environ 87 000 hectares; Les plaines et plateaux au nord de l’Atlas Principaux écosystèmes des pâturages: ii) steppes dégradées composées de Stipa capensis, Calendula bicolor, Medicago spp., Notoceras bicorne, Eruca vesicaria. Elles s’étendent sur quelque 250 000 hectares, intercalées avec des terres de culture; iii) steppes dégradées situées dans les parties les plus sèches et sur des sols peu profonds, composées de Hammada scoparia, Eruca vesicaria, Notoceras bicorne. La superficie couverte est de 126 000 hectares; iv) steppes dégradées composées de Salsola vermiculata associée à Aizoon hispanicum, ou à Atriplex halimus, Anacyclus radiatus, Diplotaxis tenuisiliqua. Elles couvrent une superficie d’environ 100 000 hectares, et sont intercalées avec des cultures; v) steppes dégradées des chaînons des Rehamna et des Jbilete, avec lithosols, composées de Stipa capensis, Asphodelus tenuifolius, Notoceras bicorne, Diplotaxis spp., Peganum harmala. Les espèces appétées telles que Hyparrhenia hirta, Cenchrus ciliaris, Lavandula dentata sont mineures, ou n’apparaissent qu’au niveau de traces, comme Artemisia herba-alba. Ce type couvre quelque 328 000 hectares; vi) steppes dégradées composées de Lycium intricatum, Plantago ovata, Peganum harmala, Ferula communis. Elles couvrent quelque 96 000 hectares. La Meseta côtière La végétation est composée essentiellement d’espèces herbacées telles que Asphodelus microcarpus, Rumex bucephalophorus, Plantago coronopus, Spergularia fimbriata, Lotus maroccanus, Vulpia myuros, Bromus rigidus et Paronychia argentea. Cependant, certaines espèces pérennes recherchées, ligneuses notamment, pourraient se rétablir si elles étaient protégées de la pâture: Chamaecytisus albidus, Retama monosperma, Sanguisorba minor, Dactylis glomerata et Piptatherum miliaceum. La zone de l’arganier Principaux écosystèmes des pâturages: ii) steppes boisées du bioclimat aride, avec des hivers de frais à chauds, composées de Argania spinosa, Artemisia herba-alba, Ziziphus lotus, Stipa capensis et Asphodelus fistulosus. Elles couvrent 680 000 hectares; iii) forêts d’arganiers du bioclimat semi-aride, avec des hivers tempérés, associées à Olea europea, Pistacia lentiscus, Genista sp., Chamaerops humilis. Elles couvrent 235 000 hectares; iv) forêts et boisements composés de Callitris articulata, Olea europea, Phillyrea angustifolia, Ceratonia siliqua, Pistacia lentiscus, Cistus villosus, Lavandula multifida, Thymus sp; Teucrium fruticans. La superficie couverte est de 225 000 hectares; v) forêt de chênes du bioclimat sub-humide avec hivers frais, composée de Quercus rotundifolia, Callitris articulata, Pistacia lentiscus, Arbutus unedo, Juniperus phoenicea. Elle couvre 76 000 hectares; La zone présaharienne Principaux écosystèmes des pâturages: ii) steppes d’alfa, à leur limite sud, composées de Stipa tenacissima, Stipa parviflora, Thymus spp.. Elles s’étendent sur une superficie estimée à 300 000 hectares; iii) steppes de la plaine sud-est du Tamlelt, composées de Hammada scoparia, Atractylis serratuloides, Farsetia hamiltoni et Aristida obtusa. On trouve aussi des peuplements de Artemisia herba-alba, Atractylis serratuloides et Stipa parviflora. C’est un écosystème à potentiel relativement élevé, malgré les contraintes climatiques et l’impact de la longue exploitation des sols et de la végétation. Il couvre environ 350 000 hectares; iv) steppes dégradées du bioclimat saharien, composées de Fredolia aretioides, Hammada scoparia et Cymbopogon schoenanthus. Elles couvrent 350 000 hectares; v) steppes dégradées du bioclimat saharien sur regs, composées de Fredolia aretiodes, Launaea arborescens, Limoniastrum fei et Gymnocarpos decandrum. Elles couvrent 570 000 hectares; vi) steppes dégradées du bioclimat saharien sur regs/hamadas, composées de Hammada scoparia, Atractylis serratuloides, Farsetia spp. et Limonium sp. La superficie couverte est d’environ un million d’hectares; vii) steppes dégradées du bioclimat saharien sur regs, composées de Zilla macroptera, Launaea arborescens, Hammada scoparia et Farsetia spp. La superficie est estimée à 750 000 hectares; La zone saharienne Principaux écosystèmes des pâturages: ii) steppes des dunes consolidées, composées de Aristida pungens, Calligonum comosum. Elles couvrent environ 2,6 millions d’hectares; iii) steppes côtières composées de Euphorbia regis-jubae, Euphorbia echinus, Euphorbia balsamifera et Senecio anteuphorbium, relativement productives (200 kg matière sèche/ha). Elles couvrent environ 1,2 million d’hectares; iv) steppes côtières composées de Salsola tetrandra, Zygophyllum waterlottii, Launaea arborescens et Lycium intricatum. La superficie concernée est d’environ 1,3 million d’hectares; v) steppes des wadis (vallée du Draâ) composées de Atriplex halimus, Retama retam, Tamarix sp., Limoniastrum ifniense et Nitraria retusa. Ces steppes sont parmi les plus productives de la zone saharienne. Elles couvrent 2,4 millions d’hectares; vi) steppes à composante ligneuse comprenant Acacia raddiana, Withania adpressa et Cymbopogon schoenanthus. Elles couvrent 440 000 hectares; vii) steppes halophytes des sebkhas, composées de Zygophyllum waterlotii, Zygophyllum gaetulum, Suaeda mollis et Suaeda monodiana. Ces steppes sont les plus productives (800 kg matière sèche/ha). Superficie 1,7 million d’hectares; viii) steppes des montagnes et plateaux rocheux, composées de Nucularia perrini, Traganum nudatum, Salsola spp. et Hammada scoparia. Superficie 1,7 million d’hectares. Jachères, chaumes et résidus de récolte Chaumes. Les chaumes sont utilisés de la moisson (mai-juin) à septembre-octobre. Ils sont d’assez bonne qualité durant les quatre premières semaines (Kabbali et Berger 1990), car ils présentent un contenu élevé de graines et un bon rapport feuille/tige. Ensuite, les compléments alimentaires sont nécessaires, en particulier pour les brebis pleines et après le mois de septembre. Résidus de récoltes et sous-produits. Il s’agit de sons de céréales, de résidus de betterave sucrière, de molasses de canne à sucre, de tourteaux de tournesol et de coton. En 1989, les quantités utilisées ont été, respectivement, de 1, 138, 159, 185, et 48 milliers de tonnes (Guessous 1991). Plus récemment, les sons et les tourteaux de coton et de tournesol ont augmenté de façon significative. Cultures fourragères Avoine: l’avoine ou le mélange avoine/vesce couvraient, en 1994, quelque 70 000 et 50 000 ha chacun (Amine et El Baghati 1997). Les mélanges sont employés dans le Sais et l’avoine pure à Khemisset, Tanger, Khenifra et Ifrane. L’avoine représente 10 pour cent des ressources fourragères, et son rendement moyen est seulement de 1 500 UF /ha (MAMVA 1994-95). L’unité fourragère (UF) est définie par l’équivalent énergétique de 1 kg d’orge. Orge fourragère: elle occupe le second rang des superficies fourragères, après la luzerne. Elle est cultivée sur quelque 82 000 ha, soit 20% de la superficie fourragère et contribue à hauteur de 9 % au total des unités fourragères (UF) produites par les fourrages semés dans tout le pays (Amine et El Baghati 1997). Elles est mélangée à une légumineuse, en général des pois, sur environ un sixième de sa superficie (Ouknider 1997). La plupart de l’orge fourragère (90 pour cent) est cultivée en sec, notamment dans les plaines de la Chaouia, des Doukkala, des Abda, du Tadla, et dans la zone de Khemisset (Amri et El Mzouri 1997). Elle est cultivée en irrigué dans les périmètres du Tadla, des Doukkala et du Tafilalet. Les rendements sont en moyenne assez faibles, de l’ordre de 1 500 UF/ha en sec et 3 000 UF/ha en irrigué (Amri et El Mzouri 1997). Luzerne: elle occupe la plus vaste superficie de fourrage semé dans le pays, 85 000 hectares, soit environ 22 pour cent (Birouk et al. 1997). Grâce à sa productivité élevée, elle contribue à hauteur de 50 pour cent aux unités fourragères produites par le fourrage semé. On l’utilise en produit de fauche frais, pour faire du foin, en ensilage et en concentré sec. La plus grande partie de la luzerne est cultivée dans trois zones principales: i) les systèmes oasiens des vallées du Ziz, du Draa et du Dadès, au sud de l’Atlas; ii) les terrasses contenues dans les vallées de l’Atlas; iii) les périmètres irrigués au nord de l’Atlas, comme ceux du Tadla, des Doukkala, du Haouz, de la Moulouya et du Souss-Massa. Le rendement moyen est de 53 t UF/ha (Birouk et al. 1997). Bersim: il est cultivé sur quelque 50 000 hectares chaque année, et la superficie continue à s’accroître (20 pour cent d’augmentation au cours de la dernière décennie) (Bounejmate 1997a). La production atteint 250 millions d’UF (environ 20 pour cent des UF produites par les fourrages semés) (Bounejmate 1997a). On cultive principalement le bersim dans les périmètres irrigués du Gharb, des Doukkala, du Haouz et du Tadla (Bounejmate 1997a). On ne le cultive pas dans les périmètres irrigués des oasis dans le sud à cause des pointes de froid, et parce que la luzerne est mieux adaptée. Il est cultivé en sec dans le Gharb, les plaines du Loukkos et le nord (Chefchaouen, Tetouan, Sidi Kacem). La production moyenne est de l’ordre de 8 à 10 tonnes de matière sèche/ha (Ameziane 1987), bien en-dessous du potentiel de 16 tonnes de matière sèche/ha. Maïs fourrager: il est cultivé sur quelque 15 000 hectares, ce qui correspond à 4 pour cent de la surface occupée par les fourrages semés et environ 5 pour cent de la superficie semée en maïs grain (superficie totale du maïs: 375 000 ha). Il produit environ 116,6 millions d’UF, ce qui correspond à 11,5 pour cent de la production des fourrages semés (MAMVA 1994-95). Les zones principales de cultures de maïs fourrager en irrigué sont le Gharb, le Sous-Massa, Chefchaouen, Tétouan et les Doukkala. En sec, on le cultive essentiellement dans le nord du pays. Production de semences fourragères Les cultures fourragères les plus importantes sont les suivantes: luzerne, trèfle bersim, orge et maïs en irrigué, avoine, vesce, orge, ivraie vivace, pois fourragers, et médicagos annuels dans les zones de culture pluviale. Pour l’amélioration des pâturages, on emploie des graminées pérennes (Dactylis, Festuca, Agropyron, etc.), des médicagos annuels, des trèfles et des arbustes fourragers (Atriplex, Acacia, et espèces arbustives natives). Bien que des efforts aient été faits pour développent de nouveaux cultivars fourragers (tableau 6), la production de semences fourragères est moins développée dans le pays que les autres cultures.
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