|
|
|||||||||
|
2. Sols et topographie 3. Climat et zones agroécologiques 4. Systèmes d'élevage des ruminants 5. Ressources pastorales 6. Amélioration des ressources fourragères 7. Organisations et personnel de recherche et développement
8. Références bibliographiques 9. Contacts |
|
La République d'Afrique du Sud est située en Afrique australe. Ce pays est bordé par la Namibie, le Lesotho, le Zimbabwe et le Mozambique.; à l'ouest par l'Océan Atlantique et au sud et à l'est par l'Océan Indien (Figure 1). La superficie du pays (en excluant le Lesotho et le Swaziland) est de 1 223 201 km2. Carte 1. Afrique du Sud (pays voisins, enclaves, limites des neuf provinces et villes importantes) La population de l'Afrique du Sud est estimée à 40,6 millions d'habitants (Stats SA 1996), dont environ 46% de ruraux et 54% d'urbains. L'agriculture représente 3,2% du PIB et 7% des exportations (R 14,57 milliards in 2000; R 1,00=US$ 0,12 en août 2001). Elle soutient économiquement, directement ou indirectement, 15% de la population (Department of Agriculture and Land Affairs 2001). L'Afrique du Sud est une nation multiculturelle dont la population rassemble des groupes ethniques nombreux et des descendants des nations coloniales. C'est la grande diversité des origines de la population qui rend si intéressante la connaissance de la gestion des ressources naturelles. Les populations San qui habitent encore le sud du Kalahari sont les représentants contemporains des plus anciens utilisateurs des ressources naturelles pour une économie de survie. Les San savent encore survivre de la chasse et de la collecte dans les régions les plus arides du pays, donnant ainsi la preuve que des petits groupes de population peuvent vivre dans ces régions. Les San connaissent très bien les contraintes et les limitations des ressources qu'ils utilisent et semblent se comporter en accord avec les principes de la théorie du des-équilibre (Ellis & Swift 1988) dont ils sont les plus proches parmi toutes les populations de l'Afrique australe. Les San ont également montré leur capacité à survivre dans les régions montagneuses du Drakensberg et le long du Grand Escarpement. Les traces de leur histoire ont été laissées dans les nombreuses peintures rupestres et les objets que l'on retrouve dans les grottes du Grand Escarpement. Les populations Nguni de la côte occidentale sont les éleveurs les plus anciens avec une longue histoire de gestion des animaux (peut être depuis 10000 ans). Ces populations comprennent les peuples Seswati, AmaZulu et AmaXhosa. Elles occupent des terres communautaires dans les régions du Gazankulu, KwaZulu Natal, Transkei et Ciskei. La société est organisée en villages autour desquels se trouvent des terres de culture et des parcours. Leurs premiers bovins proviennent du Bos indicus. Cette lignée a été récemment protégée avec l'établissement d'un livre de lignée Nguni. Les premiers européens, de souche hollandaise, sont arrivés en Afrique du Sud en 1652 et s'établirent dans le comptoir de Cape Town. Ces migrants furent rejoints par des huguenots français qui apportèrent avec eux les savoir-faire de la viticulture et de l'élevage, surtout celui du mouton. Les descendants des premiers migrants hollandais commencèrent à se déplacer vers l'intérieur à l'époque de l'abolition de l'esclavage. Ils y fondèrent des entreprises d'élevage extensif de bovins et d'ovins qui aujourd'hui encore occupent les terres du Kalahari, du centre de l'Etat Libre et de la province du Nord Ouest. Les migrants de souche anglaise n'arrivèrent qu'en 1820. Ils s'établirent dans la zone côtière orientale et développèrent des exploitations agricoles mixtes (y compris des entreprises de production de viande bovine et de production lainière) dans les régions de Eastern Cape and Kwa-Zulu Natal. Il y a quatre grandes catégories de tenure de la terre. Environ 70% de la superficie du pays constituent le secteur dit "commercial". Celui-ci comprend des exploitations en propriété privée. Quelque 14% des terres appartiennent aux collectivités traditionnelles sous un statut de "terres communautaires". Les superficies constituées en réserves représentent 10% de la superficie. Les 6% restant correspondent aux villes, aux mines et aux implantations industrielles. Les terres communautaires sont principalement situées dans les anciens "homelands" du Transkei, Ciskei, Bophutatswana, Kwa-Zulu, Lebowa, Venda et Gazankulu, au nord et à l'est du pays. En 2000, la production de laine s'est élevée à 52 671 tonnes, ceci représentant 25% de la production lainière de toute l'Afrique. La production de viande de mouton s'éleva, la même année, à 114 000 tonnes. Les principales races d'ovins sont la Mérino à laine fine, le mouton Mérino d'Afrique du Sud, les races Dohne Mérino, Dormer, Dorper (ces deux dernières étant des races développées localement) et enfin la Karakul. Le Karoo est l'une des grandes zones d'élevage ovin. L'élevage de la Karakul est concentré dans les zones arides du nord ouest de la province du Northern Cape. En 2000 le troupeau d'ovins national était estimé à 28,6 millions de têtes. Le cheptel bovin commercial d'Afrique du Sud est estimé à 13,5 millions de têtes. Il comprend des races internationales variées de bovins de viande et laitiers de même que des races locales comme l'Afrikander et la race Nguni. Les races développées localement comprennent la Drakensberger et la Bonsmara. Ces races sont systématiquement et scientifiquement améliorées grâce à des programmes génétiques, des tests de performance et des évaluations d'efficacité fonctionnelle. Environ 590 000 tonnes de viande bovine furent produites en 2000. La plupart des bovins de viande sont élevés dans des ranchs extensifs. Les connaissances sur les ressources pastorales de l'Afrique du Sud sont relativement bien connues. Elles ont notamment fait l'objet de trois publications de synthèse (Cowling et al 1997, Dean & Milton 1999, Tainton 1999, Tainton 2000). Celles-ci fournissent une information exhaustive sur les types de ressources pastorales, leur écologie, leurs compositions floristiques et leurs variables environnementales, leur productivité et leurs systèmes de gestion. On trouve en outre des données sur les systèmes de gestion des parcours dans quelque 960 articles de recherche qui ont été publiés dans la revue "African Journal of Range & Forage Science" ou dans les revues spécialisées qui l'ont précédé avant 1966. On trouve dans d'autres revues des informations exhaustives sur les ressources naturelles ressources de l'Afrique du Sud, notamment dans le South African Journal of Botany et dans la revue Bothalia. Les chercheurs sud africains sont fortement encouragés à publier dans la littérature internationale et il en résulte des publications d'articles de recherche dans des revues d'autres continents. Ce document ne prétend pas faire une synthèse de l'information disponible et se limite à donner une vue d'ensemble des connaissances actuelles sur les éco systèmes pastoraux de l'Afrique du Sud. |
|
2.1 Principales
caractéristiques topographiques 2.2 Les principaux
types de sols La géologie relativement jeune de l'Afrique du Sud a contribué à la formation de sols dotés d'un haut niveau des éléments nutritifs. Le biome du Nama-karoo, dans les régions centrales, comprend surtout des marnes et des grès du "supergroupe du Karoo" à partir desquelles se forment des aridosols peu profonds (<30 cm) aridosols, avec un horizon calcaire typique du profil. Durant le Jurassique, les roches sédimentaires ont été pénétrées par des dolérites intrusives qui parsèment le paysage de pitons caractéristiques. Les dolérites comprennent du plagioclase à partir duquel se forment des sols avec un fort contenu d'argile. Ces caractéristiques conviennent à de nombreuses graminées et buissons ligneux et ces sols offrent un refuge à de nombreuses espèces appétibles pour le bétail. Les dépôts et pitons de dolérites constituent un milieu favorable aux pâturages d'été, tandis que les plaines calcaires, riches en éléments nutritifs, favorisent la croissance de fourrages d'hiver de grande qualité. Les savanes du Mpumalanga Lowveld sont associées à des gabbros et à des granites du complexe éruptif du Bushveld. Sur ce substrat, se sont formés des sols sableux modérément riches en éléments nutritifs. Les gabbros sont cependant à l'origine du complexe de Mispah, riche en éléments nutritifs. Au cours des âges géologiques, différentes phases de surrection, d'érosion et de sédimentation ont créé une morphologie complexe, fortement déterminée par le substrat rocheux. Les montagnes du Cape Fold et les hautes terres du Lesotho sont les plus vastes superficies intrusives dans la pénéplaine africaine. Les montagnes du Cape Fold sont constituées de roches siliceuses, qui donnent naissance à des sols litholiques peu évolués. Les hautes terres du Lesotho sont de constitution basaltique à partir desquels se sont formés des mollisols (Partridge 1997). Les parcours à graminées du Highveld sont associés à des sols basaltiques et andésitiques riches en éléments nutritifs. |
| 3. CLIMAT ET ZONES AGROÉCOLOGIQUES 3.1 Climat
et sécheresses Tableau 1. Distribution annuelle des précipitations et classification climatique de l'Afrique du Sud
Source: Schulze 1997
Saisonnalité
des précipitations Températures 3.2 Zones
agroécologiques et biomes
Succulent
Karoo Nama-karoo Dans les zones occidentales du biome, il y a des signes alarmants d'invasion des pâturages par les formations buissonnantes ligneuses, avec, en particulier, deux espèces (Acacia mellifera and Rhigozum trichotomum), ces plantes tendent à devenir de plus en plus denses dans des régions ayant une longue histoire d'élevage domestique des herbivores. Savane Parcours (Grassland) Le biome a été, à l'origine, défini selon des critères climatiques ceux-ci le limitant aux zones de pluies d'été moyennes ou très fortes ainsi qu'aux zones ayant un indice d'aridité compris entre 2,0 et 3,9 (Rutherford & Westfall 1986). Le gel est fréquent et peut survenir entre 30 et 180 jours par an. Les sols les plus fréquents, et que l'on retrouve sur 50% de la superficie sont les latosols connus comme red-yellow-grey latosol plinthic catena. Ils ont suivis par les argiles noires et rouges et par les sols solonetz, les latosols bien drainés et par les argiles noires (Rutherford & Westfall 1986). Acocks (1953) définit treize types purs de "grassland" et six "types faux" qui correspondent à des pâturages modifiés par l'action anthropogénique, ceux-ci allant des pâturages désignés comme "sweet grasslands" dans les régions semi-arides du Cap oriental aux pâturages désignés comme "sour grasslands" dans les zones de forte pluviosité du Drakensberg. On reconnaît maintenant six grandes régions floristiques (O'Connor & Bredenkamp 1997), celles-ci reflétant un gradient d'humidité et de topographie allant de la région sèche de l'ouest aux montagnes et escarpements de l'est (Tableau 5). Les concepts de doux et amer ("sweet" et "sour") se rapportent à l'appétibilité des graminées, des buissons nains et des arbres fourragers. Bien qu'il soit difficile de leur donner une définition scientifique stricte, ces termes ont été retenus par les éleveurs et ils sont appliqués aux espèces et aux composantes des paysages. Le "sweet veld" se rencontre dans les sols eutrophiques en conditions arides et semi-arides. Ces sols sont généralement dérivés des schistes, des marnes et des grès du "supergroupe du Karoo". Le "sour veld" est associé aux sols acides d'origine quartzitique et andésitique et se rencontre dans les zones de haute pluviosité (>600 mm) et en altitude (>1400 m). Ellery et al (1995 ) ont suggéré que cette différenciation est induite par le ratio C/N ratios des herbages graminéenes, les graminées qui ayant un ration plus bas que ceux du "sour veld". En concluant cette section sur les biomes, on rappelle les constats de O'Connor & Bredenkamp (1997) qui rappellent "que le gradient de pluviosité dans le biome des parcours ("grassland biome") est le principal déterminant de la composition floristique, de la production naturelle, du contenu nutritif des feuilles, du cycle des éléments nutritifs et des attributs des espèces comme le processus de photosynthèse, les transformations chimiques et la phénologie. Les précipitations dans les régions semi-arides, et donc la production et le cycle des éléments nutritifs, sont plus variables que dans les régions plus humides. Le régime des pluies semble ainsi bien déterminer la distribution du biome à la fois directement (bilan hydrique) et indirectement par les effets des feux – bien que les effets de la pâture puissent aussi influencer les limites géographiques du biome. Le gradient de température est également important et il est en partie indépendant des précipitations (mais cette relation n'a pas encore fait l'objet de recherches). Le type de sol peut aussi modifier régionalement ou localement l'influence du régime des pluies. Bien que tous les du biome soient constitués de plantes pérennes à mottes/touffes, on a suggéré que les pâturages des "grasslands" connaissaient un renouvellement plus rapide des touffes individuelles en raison de la mortalité due à une plus grande fréquence des sécheresses et, donc, en raison d'une situation favorisant le changement rapide de la composition floristique. En revanche, le renouvellement dans les régions de forte pluviosité est faible, en raison d'une plus grande stabilité du régime des pluies. On peut donc en inférer qu'en raison du régime des pluies, les effets du pâturage ont plus d'impact sur la composition végétale dans les "grasslands" semi-arides que dans les zones plus humides. Les changements peuvent influencer le bilan hydrique, la production, le cycle des éléments nutritifs, la qualité du feuillage, les pertes de sols et le comportement au feu. Ces changements dépendent de l'influence des associations végétales sur l'environnement abiotique et sur les attributs des espèces – bien que la réponse des espèces soit plus contextuelle qu'absolue. Tableau 2. Subdivisions géographiques du biome pastoral (O'Connor & Bredenkamp 1997).
|
|
On comptait en 2001 environ 13,8 millions de bovins, 25,8 millions d'ovins et 6,3 millions de caprins en Afrique du Sud, auxquels s'ajoutent des porcins, de la volaille et des autruches d'élevage. L'effectif des bovins et des petits ruminants fluctue en réponse aux variations annuelles des précipitations. Il y a davantage de bovins dans le secteur communautaire que dans le secteur commercial (Tableau 3), mais le premier secteur ne contribue que de façon minimale à la commercialisation de la viande bovine. A l'échelle nationale, la production bovine est l'activité d'élevage la plus importante, suivie par les petits ruminants (Tableau 4). La plus grande partie de la production des petits ruminants (laine, mohair, viande de mouton et agneaux) est exportée. L'ensemble du secteur de la production animale contribue à hauteur de 75% au produit intérieur brut agricole (National Department of Agriculture, 1999). Depuis 1992, on constate une augmentation de la production de la viande blanche (poulets) et une diminution de la production de viande de bœuf et de veau. La production nationale de laine a diminué de 83 milliers de tonnes en 1992 to 52 milliers de tonnes en 2000. Tableau 3.Recensement national du cheptel (1999).
L'Afrique du Sud possède également une faune riche et diversifiée. Presque 10% de la superficie du pays sont des aires protégées sous la forme de parcs nationaux ou de zones de protection et conservation de la nature. On trouve cependant une importante faune sauvage en dehors de ces aires protégées. De nombreuses exploitations modernes obtiennent des revenus de leurs activités dans l'éco-tourisme et la chasse. On trouve deux systèmes de production, très différenciés l'un par rapport à l'autre. Dans le secteur privé/commercial, les droits de propriété et les limites sont bien définis ainsi que les orientations vers la production commerciale. Dans le secteur communautaire, par contre, l'imprécision des droits fonciers et des limites, ainsi que le libre accès au parcours, gênent considérablement l'introduction et l'adoption de pratiques de gestion améliorées. Les exploitations du secteur communautaire ont une économie largement orientée vers la subsistance familiale. Tableau 4. Production pour la période 1992-2000
(x 1000 Mt) Données sur la viande de bœuf et de veau,
Source: Base de données FAO 2001 4.1 Secteur
privé Tableau 5. Superficies (millions ha) des principaux types d’utilisation du sol en Afrique du Sud
Source: Development Bank of Southern Africa 1991 L'élevage bovin est prédominant dans les régions occidentales du pays où les parcours ont une capacité de charge plus élevée. Le ranching pour la production de viande bovine est le sous secteur contribuant le plus à, la formation du revenu du secteur commercial. Les races bovines dominantes sont les Brahman, Afrikander et Simmentaler. Les ovins sont concentrés dans les zones occidentales les plus sèches ainsi que dans le sud est. On élève le mérino Dohne, principalement pour sa laine, et le Dorper pour sa viande. Les caprins sont très largement distribués sur le territoire. On élève surtout des chèvres Boergoat et Angora. Les animaux sont élevés dans des conditions de ranching extensif, dépendant principalement des ressources pastorales, sauf occasionnelle supplémentation. de protéines et de sels minéraux. Les autruches sont élevées dans les zones méridionales du pays. Elles se nourrissent de végétation naturelle, complétée par du fourrage et des concentrés. Les zones d'exploitation commerciale sont divisées en ranches clôturés qui sont, à leur tour, subdivisée en parcs utilisés successivement en rotation. Les taux de charge animale sont plus faibles que dans le secteur communautaire. Le feu est utilisé dans de nombreux parcours d'altitude pour disposer d'herbages au début de la saison de croissance végétative. Le feu est aussi utilisé par les éleveurs commerciaux pour éliminer les plantes de mauvaise qualité qui restent après l'hiver. Il encourage aussi les repousses durant le printemps Pour éviter une économie trop centrée sur la seule activité d'élevage, les exploitants commerciaux commencent à se tourner vers des activités d'éco-tourisme et d'élevage de faune de chasse. 4.2 Secteur communautaire/traditionnel Le secteur communautaire occupe environ 17% de la superficie agricole d'Afrique du Sud et détient 52% des bovins, 72% des caprins et 17% des ovins (Tableau 3). Ses systèmes de production diffèrent notablement de ceux du secteur privé, tant dans son économie que dans son statut foncier (Tableau 5). Les terres de parcours sont détenues collectivement par les communautés et seules les parcelles de culture sont attribuées individuellement. Le secteur communautaire a une population par unité de surface très supérieure à celle du secteur privé. Il a aussi été moins affecté par les interventions de l'Etat et les infrastructures (routes d'accès, clôtures, approvisionnement en eau, bains parasiticides) y sont nettement moins développées. Le système de production se fonde sur des formes de pastoralisme et d'agropastoralisme. La majorité des foyers pratique une économie de subsistance avec un fort investissement en travail, peu d'intrants extérieurs et très peu d'usage des technologies modernes. L'orientation de la production animale est aussi différente. Celle-ci cherche à satisfaire des besoins très diversifiés: force de travail des animaux de trait, production de lait, de fumier, de viande, fonction de "banque" et source de revenu en espèces. Elle accorde aussi de l'importance aux rôles de l'animal dans les pratiques socioculturelles (par exemple, la constitution de la dot). Cette multiplicité d'objectifs a pour effet d'inciter à la maximisation du nombre des animaux plutôt qu'à la recherche d'une augmentation de sa productivité. La production animale du secteur communautaire ne contribue pas beaucoup à la production agricole "formelle". Elle est confinée dans les régions est et nord du pays. Les tailles de troupeaux varient considérablement, avec de fortes disparités entre une forte concentration de propriété et l'existence d'une majorité de petits ou non propriétaires de cheptel. Les troupeaux tendent à être moins inégalement distribués que dans le secteur commercial. Les plus fortes concentrations de population et de cheptel tendent cependant à se localiser près des routes d'accès, des villes et des infrastructures sociales (écoles, services de santé, commerces, eau potable). Les zones peu accessibles (par exemple, les pentes ou les massifs montagneux) tendent à rester sous utilisés. La co-propriété des troupeaux (en association) est plus fréquente dans le secteur communautaire que dans le secteur privé. Il y a une nette préférence pour les bovins, notamment en raison de leur force de travail. Leur expansion se heurte cependant aux limites écologiques de leur élevage. Les caprins, et dans une moindre mesure, les ovins, sont très largement distribués dans les territoires communautaires. Certaines communautés des zones d'altitude de la province de l'Eastern Cape tendant à se spécialiser dans le mouton. Les porcins et la volaille du secteur communautaire sont essentiellement élevés dans un cadre commercial. Durant la saison agricole les bovins, ovins et caprins sont gardés des terrains de culture (ou bien dans des endroits choisis s'il y a des risques de vols ou d'attaques de prédateurs). Durant la saison sèche, la garde tend à se relâcher lorsque les animaux ont accès aux résidus de récolte. Dans la zone communautaire de Namaqualand, les propriétaires de troupeaux disposent de campements ("cattle posts"); ils y maintiennent leurs troupeaux loin des cultures et des villages. Les porcins et la volaille des zones communautaires trouvent leur nourriture librement dans les détritus, sauf dans les quelques cas d'élevage moderne en porcheries ou en batteries. La suppression des feux de brousse dans les zones de savane a eu l'effet inverse d'encourager la prolifération des espèces buissonnantes. Dans les régions semi-arides les feux ont disparu et la collecte du bois pour le combustible et les matériaux de construction, est retombée à des niveaux faibles. On y trouve aussi moins d'animaux avec moins de mobilité en réponse aux variations spatiales de la pluviosité. On constate, par contre, une infestation des savanes de pluviosité moyenne, par les espèces buissonnantes au détriment du potentiel de parcours. Le feu, quand il est encore pratiqué dans les aires communautaires, est utilisé pour stimuler la production au début de l'été. Le feu maintient aussi de l'herbage dans la région côtière. Tableau 6. Comparaison des systèmes de production
dans une même zone (environ 15 000 ha dans le district de Peddie district,
Eastern Cape) selon les grands modes de tenure (communautaire et privée)
|
|
La principale source d'alimentation du cheptel sud africain est constituée par les ressources pastorales (parcours naturels). Dans les zones communautaires de plus forte pluviosité, les résidus de récolte représentent un complément important pendant la saison sèche, quand les ressources des parcours sont appauvries. Dans le secteur commercial, certains exploitants cultivent des espèces fourragères. La culture des fourrages irrigués est limitée par le manque de bons sols et par l'insuffisance des ressources en eau d'irrigation. En période de sécheresse, le pays importe du fourrage des pays voisins. 5.1 Pâturages naturels
Il est bien reconnu que la pluviosité est le facteur déterminant des performances de la production fourragère, ce qui est confirmé par les travaux des chercheurs (relations linéaires entre précipitations et production). Cette relation peut être exprimée de façon simplifiée par la production de matière sèche en kg/an par millimètre de pluie annuelle (Le Houerou, 1984). Palmer (1998) a développé un modèle de production de biomasse au-dessus du sol en se basant sur le concept d'efficience d'utilisation des pluies; Ce modèle est appliqué aux parcours. La carte qui en résulte est donnée à la Figure 7. La production peut être convertie en capacité de charge sur la base d'un besoin quotidien de matière sèche de 11,25 kg par unité bovine avec un facteur d'utilisation de 0,4 (Le Houerou, communication personnelle). Ce facteur peut tomber à 0,2 dans les pâturages avec un haut rapport charbon/azotes
Il y a eu, au cours des 80 dernières années, de nombreux débats sur les ressources pastorales en Afrique du Sud. Ces débats concentrés longtemps sur les changements dus à la désertification se déplacent actuellement pour envisager les effets possibles sur les parcours du changement climatique global. Pour éviter de paraphraser le contenu de ces débats, on a choisi d'orienter les lecteurs vers les textes publiés qui synthétisent le mieux ce contenu. Lorsque cela est possible la référence électronique du texte original est donnée. A la suite du travail précurseur de Ellis et Swift (1988) sur le concept de déséquilibre et équilibre, de nombreux articles ont été publiés pour essayer de définir les processus qui conduisent à la dégradation des parcours en Afrique du Sud (Behnke & Scoones 1993, Behnke, Scoones & Kerven 1993, Galvin & Ellis 1996). Intervenant dans ce débat, Illius & O'Connor (1999) se sont demandés "quand le pâturage par les animaux était-il un facteur déterminant de l'état des parcours et de leur productivité". Ils concluent ainsi:
Sur l'impact des sociétés humaines sur les ressources pastorales, Hoffman (1997) rapporte ce qui suit:
Hoffman (1997) fait les constats suivants sur le rôle des grands herbivores sauvages sur l'exacerbation du problème des envahissements du veld par les espèces buissonnantes ligneuses ("bush-encroachment"):
Sur les problèmes du surpâturage, Hoffman (1997) rapporte les constats suivants:
Comme la mise en culture de nouvelles terres et une pratique qui se poursuit avec des conséquences importantes sur l'écologie des parcours, il semble pertinent de rappeler les termes du débat. Voici ce que dit Hoffman (1997) de cet impact anthropique. A la suite d'une étude détaillée des types de dégradation en Afrique du Sud, réalisée pour le National Désertification Audit, Hoffman & Ashwell (2000) concluent ce qui suit:
Facteurs influençant la dégradation des terres Contrairement aux opinions bien établies, les conditions de milieu et de climat de nombreux anciens "homelands" sont favorables à une agriculture productive. Le problème de la dégradation des sols résulte davantage d'un ensemble complexe de facteurs de caractère environnemental, climatique, historique, politique et socio-économique. Les zones avec des pentes fortes, une faible pluviosité et de hautes températures sont plus particulièrement vulnérables. De la même façon, les zones où la pauvreté est élevée sont plus dégradées que celle où la pauvreté est moins extrême. Les participants à l'atelier ont constaté quelques autres facteurs qui ont accentué ou ralenti la dégradation des terres au cours des dix dernières années. Raisons pour une amélioration de la qualité des terres
Raisons pour une accentuation de la dégradation des terres
Recommandations
5.2 Légumineuses et fourrages importés Des légumineuses et des plantes fourragères adaptées aux pâturages sub tropicaux ont été essayées dans divers sites, avec une pluviosité variant de 100 à 700 mm. L'introduction la plus réussie de légumineuses est certainement celle, réalisée dans les systèmes de production dans la région du Cap occidental, de la luzerne (Medicago sativa), des médicagos annuels (M. polymorpha and M. truncatula) et du trèfle annuel (Trifolium sp.). Dans cette région, les producteurs de céréales commerciales (blé, orge, avoine) cultivent ces légumineuses tous les 2-3 ans pour améliorer la teneur en azote des sols. Cette rotation réduit les risques sur les céréales et fournit du fourrage à aux petites industries d'élevage. La restauration des parcours est conduite à grande échelle dans les zones de production laitière commerciale. Les espèces encouragées comprennent Pennisetum clandestinum (kikuyu), Panicum maximum, Digitaria eriantha, tandis que les légumineuses, comme le "silver leaf" (Desmodium sp.) sont semées sur les parcours naturels. La production fourragère est importante dans les systèmes commerciaux de production de viande bovine et de lait. On utilise une vaste gamme de graminées et de légumineuses importées commercialement. Les performances des bovins pâturant des fourrages en sec du type Pennisetum clandestinum (kikuyu) et avec un accès limité (3 h j-1) à Leucaena leucocephala cv. Cunningham (leucaena) sont meilleures que celles des bovins pâturant seulement du kikuyu en automne et au début de l'hiver (Zacharias et al 1991). Les animaux nourris avec le leucaena ont eu de meilleurs résultats, gagnant 24,8 kg par animal en 90 jours, que ceux nourris de kikuyu. On reste cependant préoccupé par le risque d'une colonisation exotique de la côte humide par le leucaena et on s'est arrêté d'encourager cette espèce ainsi que d'autres espèces potentiellement agressives comme par exemple, Lespedeza sericea) jusqu'à ce que des évaluations des risques aient été faites Les recherches pour déterminer si le kikuyu gelé peut fournir un aliment de meilleure qualité que les parcours naturels de la zone du sourveld pendant les mois d'hiver ont montré que cette plante était caractérisée par un contenu brut de protéines de 8 - 10% pendant les mois d'hiver. Les performances des animaux pâturant ce kikuyu gelé ont été hautement satisfaisantes (Rethman & Gouws, 1973). Les performances des ovins selon les modèles d'utilisation des herbages ont été identifiées sur la base de deux essais avec des quantités différentes de kikuyu. Si les agneaux ont conservé leur masse, les brebis en revanche ont perdu 8 à 10% de leur poids initial, sans correspondance avec la qualité du fourrage. La capacité des herbages était proportionnelle aux rendements fourragers et quelque 50% du fourrage disponible ont été utilisés. Les estimations de qualité montrent qu'un taux d'utilisation plus élevé aurait entraîné des performances plus basses chez les ovins. (Barnes & Dempsey 1993). 5.3 Fourrages en cultures pluviales La production fourragère en culture pluviale n'est possible que dans les zones de forte pluviosité. Les résidus de céréales constituent la principale forme de fourrage pluvial, ceux-ci contribuant fortement à l'alimentation animale en saison sèche. Dans certaines zones communautaires, les exploitants conservent ces résidus pour nourrir des animaux choisis comme les vaches laitières et les animaux de trait. La plus grande partie de ces ressources fourragères est cependant consommé sur le champ. Les cultures pluviales sont largement répandues en Afrique du Sud et on les trouve autant dans le secteur commercial que dans le secteur communautaire. La zone de production commerciale la plus significative sont celles du "triangle du mais" dans le haut veld central, la région à blé du sud est de la région du Cap et les zones de production de mais du centre de la région Kwa-Zulu Natal. Le mais est largement préféré comme céréale de base dans le secteur communautaire bien que le sorgho et le mil aient généralement une production plus fiable, compte tenu de la pluviosité (à l'exception des zones de haute pluviosité où le mais est plus avantageux). La production nationale de céréales (constituée d'environ 80% de mais, 16% de blé et 4% d'autres céréales, principalement sorgho et mil) varie considérablement selon les années en fonction des pluies. La production a varié ainsi d'un minimum de 5 044 000 tonnes au cours de l'année sèche de 1991/92 to ne production record de 15 966 000 tonnes en 1993/94. Dans les zones centrales et occidentales les plus sèches, les exploitants disposent souvent de petites surfaces d'espèces résistantes à la sécheresse (Table 7) que l'on utilise comme réserve dans les circonstances extrêmes. Tableau 7. Espèces exotiques utilisées exceptionnellement pour l'affouragement
5.4 Fourrage irrigué On compte qu'en Afrique du Sud, on utilise quelque quatre vingt sortes d'espèces et de cultivars disponibles sur le marché (Klug & Arnott 2000). La luzerne (Medicago sativa) est le fourrage irrigué le plus cultivé et on le trouve dans les zones irriguées de tout le pays. Le ray-grass (Lolium multiflorum et L. perenne) est cultivé à grande échelle pour l'industrie laitière. De nombreux autres cultivars et espèces sont disponibles commercialement et sont vendus au détail par la firme Bartholomew (2000). 5.5 Fourrage importé En période de sécheresse, le Gouvernement sud africain aidait habituellement les exploitants en leur accordant des subventions leur permettant d'acheter du fourrage. Les dispositions de la nouvelle politique sur la sécheresse (promue par le Ministère de l'agriculture, 1997), ont supprimé les subventions pour inciter les exploitants à constituer leurs propres réserves de fourrage et pour les dissuader de conserver des effectifs animaux trop importants. On s'attend cependant à ce que des exploitations commerciales, et probablement aussi le Gouvernement, continuent à importer du fourrage en cas de sécheresse extrême. Tableau 8. Production commerciale de céréales en Afrique du Sud, 1992-2000 (x 1000 tonnes).
|