3. CLIMAT ET ZONES AGROÉCOLOGIQUES
6. AMÉLIORATION DES RESSOURCES PASTORALES
7. ORGANISMES DE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT IMPLIQUÉS DANS LE PASTORALISME 7.1 Institutions de référence et priorités de la recherche 8. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES Le Soudan est situé dans le nord-est de l’Afrique, entre 40 et 220 de latitude Nord et entre 22o et 380 de longitude Est (voir figure 1). Couvrant une superficie de 2,5 millions de km2, il abrite une population essentiellement rurale d’environ 30 millions d’habitants, qui s’accroît de 2,6 pour cent par an. Le pays est traversé par le Nil et ses affluents, qui influent de manière variable sur l’agriculture irriguée et les systèmes d’élevage. Il y a aussi un grand nombre de cours d’eau saisonniers, parfois de grande dimension comme le Gash et la Baraka qui, nés sur les hautes terres éthiopiennes, forment deux deltas intérieurs au Soudan et sont importants pour les cultures de décrue. Il existe aussi d’abondantes ressources hydriques dans les nappes superficielles, estimées aux alentours de 9000 millions de m3, qui sont inégalement réparties, quantitativement et qualitativement, dans les différentes parties du pays; la nappe aquifère gréseuse nubienne est la plus importante d’entre elles. Figure 1. Carte du Soudan 1.2 Terres cultivables et pastorales Durant la campagne 1994-1995, sur 84 millions d’hectares environ de terres cultivables (c’est-à-dire disposant de sols relativement fertiles), 1 630 000 ha étaient destinés à la culture irriguée, 8 210 000 ha à la culture pluviale traditionnelle et 7 930 000 ha à l’agriculture mécanisée. La stratégie nationale globale (National Comprehensive Strategy) visait à augmenter considérablement ces superficies avant la campagne agricole 2001-2002 (voir tableau 1). Les principales cultures de chaque sous-secteur sont aussi montrées dans le tableau 1. les forêts et les superficies boisées couvrent 64 360 000 ha, tandis que la superficie couvertes par les parcours naturels est estimée à 24 millions d’hectares (National Committee on Food Security, 1996). On estime que, selon les régions, le fourrage provenant des parcours pourvoit, à hauteur de 55 à 80 pour cent, aux besoins alimentaires du cheptel national. Tableau 1. Sous-secteurs agricoles et cultures
principales *
L’élevage constitue une composante importante du secteur agricole et relève pour l’essentiel des systèmes pastoraux traditionnels (pour 90 pour cent du cheptel national). Selon le Ministère de la santé animale (Ministry of Animal Wealth), il y avait, en 1999, trois millions de camelins, 35 800 000 bovins, 44 800 000 ovins et 37 300 000 caprins (les chiffres de la FAO figurant au tableau 2 sont légèrement différents). Le bétail fournit un apport en lait, viande, cuirs et peaux, pelage, fumier, de même qu’il sert à la traction et au transport et contribue à la subsistance et aux revenus. La production de lait et de viande, selon les différents types d’animaux, est montrée au tableau 2. En 1999, la part de l’agriculture dans le PIB était de 49,8 pour cent, dont 27,5 pour cent revenant aux cultures et 22,3 pour cent à l’élevage. Les animaux sur pieds, la viande ainsi que les cuirs et les peaux constituent une part importante des exportations nationales (tableau 2) et contribuent de manière significative aux recettes en devises. Tableau 2. Effectifs du cheptel, production de lait et viande, exportations
1.4 Secteur agricole Plus récemment, avec l’instauration du système fédéral de gouvernement, des dispositions ont été prises afin de répartir la terre et les ressources entre autorités fédérales et autorités de l’Etat. Bien que les propriétés privées (enregistrées) ne soient pas affectées par les diverses mesures juridiques, elles sont sujettes à une fragmentation continuelle en raison de la loi islamique sur l’héritage. La taille des exploitations varie selon la région et le système de production: dans l’ensemble de la Gezira, elle est d’environ 12 ha, tandis qu’elle se situe aux alentours de 6 ha dans le périmètre de New Halfa; au sein du Projet laitier de Kuku, dans l’Etat de Khartoum, l’exploitation moyenne est de 4 ha, tandis qu’elle est d’environ 1,5 ha pour les cultivateurs de ce même Etat et que, en bordure du Nil, les propriétés foncières varient de moins de 0,5 ha à quelques hectares; dans les zones d’agriculture mécanisée, la taille des propriétés est aux alentours de 400 ha, tandis qu’elle varie de 2 à 30 ha dans les zones de culture pluviale traditionnelle (Craig, 1991). 2.1 Caractéristiques topographiques principales Le Soudan consiste pour l’essentiel de plaines plates ou ondulées et de plateaux peu élevés; dans la partie centrale du pays, de petites collines rocheuses font saillie au-dessus des dépôts superficiels formant les plaines. Dans certains cas, les collines sont regroupées de façon à former de vastes masses telles que les monts Nuba et les collines d’Ingessans; les monts Imatong et Dongotona, dans le sud, atteignent les 3000 mètres d’altitude, voire plus. La zone en bordure de la mer Rouge se compose d’une étroite plaine côtière de 20 à 50 km de large, suivie tout au long de collines parallèles à la côte et pouvant atteindre 1500 m, et d’un plateau à l’ouest situé aux alentours de 1000 m. Dans l’ouest du pays, la zone volcanique du Jabel Marra dépasse les 3000 m d’altitude, constituant le sommet le plus élevé; cette région est dotée d’un climat spécifique qui, associé aux sols locaux, a donné lieu à une agriculture spécialisée et à une exploitation forestière différant de ce que l’on trouve dans le reste du pays. Le pays se caractérise par des types de sol variables, qui reflètent sa large fourchette climatique et l’impact de facteurs locaux tels que la topographie et la roche mère. Parmi les types de sol, on rencontre (Harrison et Jackson; Craig, 1991): Yermosols: Ils sont courants dans le désert et les zones semi-désertiques où la pluviométrie est en général inférieure à 200 mm par an; ils proviennent essentiellement des phénomènes érosifs propres au désert. On distingue trois groupes:
Arénosols: Des dunes de sable stabilisées, connues sous le nom de «Qoz», recouvrent une grande partie de l’ouest du Soudan; elles ont été formées à une époque où le climat était plus sec durant l’ère quaternaire et ont été fixées par la végétation grâce à des conditions d’humidité favorables. Elles sont encore stables là où les feux, le surpâturage, la déforestation et les modes irrationnels de culture n’ont pas détruit le couvert végétal. Les sables des «Qoz» sont grossiers, de couleur chamois-rouge, la teinte pâlissant au fur et à mesure qu’on va en profondeur, avec une faible capacité d’échange des cations. Il n’y a pas de configuration structurée et le pH va de 5 à 9; le contenu en matière organique et minéraux est naturellement peu abondant; ils sont fortement perméables à l’eau et disposent de ressources hydriques relativement élevées durant la saison sèche (raison pour laquelle, avec une pluviométrie équivalente, les Qoz supportent mieux la végétation pérenne que les argiles lourdes et craquelées). Ces sables sont extrêmement sujets à l’érosion due au vent et à l’eau, et sont faciles à cultiver avec des outils manuels; aussi la plupart des activités traditionnelles sont-elles pratiquées sur ces sols. De longues années de mise en culture épuisent ces sols, entraînant une chute nette de leur fertilité et de leur productivité. Ce sont des zones de pâture importants durant la saison humide car on n’y trouve pas d’insectes piqueurs ni de terrains bourbeux susceptibles de favoriser la propagation de la fièvre aphteuse et d’autres maladies dans le cheptel. A l’intérieur des zones dominées par les sables fixes, on rencontre un type de sol argileux non craquelé, connu localement sous le nom de «Gardud». Celui-ci dispose d’un meilleur potentiel de rétention de l’eau et des substances nutritives; dans les conditions naturelles, il est compact et se laisse peu infiltrer, perdant ainsi la plupart des eaux de pluie par ruissellement. Ces sols sont difficile à cultiver avec des outils manuels traditionnels, aussi sont-ils pour l’essentiel délaissés par les cultivateurs. Vertisols: ce sont des sols argileux foncés et craquelés, souvent appelés sols noirs (black cotton); la plupart sont des sols alluviaux issus de matériaux transportés par le Nil bleu et le Nil blanc, mais certains se sont probablement formés sur place à partir des roches basaltiques, telles les argiles craquelées de l’Etat de Gedarif. Ces sols se caractérisent pas une proportion d’argile de l’ordre de 60 pour cent et plus; ils sont alcalins et ont des concrétions de gypse et de carbonate de calcium, notamment dans les horizons inférieurs. Les zones à vertisols sont mal drainées et leur végétation résulte davantage des conditions édaphiques que de facteurs climatiques. Les vertisols supportent bien l’agriculture mécanisée de même que la culture irriguée de grande échelle. Bien que des régions telles que les plaines du Butana soient utilisées pour les pâturages en saison humide, la plupart des terres recouvertes d’argiles lourdes et craquelées sont utilisées comme pâture après la saison pluvieuse et fournissent des résidus de récoltes non négligeables, en particulier les tiges de sorgho. Nitosols: ce sont des sols tropicaux d’une couleur brune tirant sur le rouge, formé d’horizons agrilliques et d’une petite quantité de matière organique, que l’on rencontre principalement dans les zones de collines à dense couvert arbustif dans les sud-est du Soudan. Ferrosols: ce sont des sols tropicaux rouges, composés d’une couche supérieure organique au-dessus d’une couche oxique, que l’on trouve dans le sud-ouest du pays, là où les eaux du Nil et du Congo se séparent; on trouve des sols rouges limoneux et sableux au-dessus d’une couche ferralitique plus consolidée; dans certains cas, le sol de surface est complètement érodé, laissant la place à un horizon ferralitique; ce sol est légèrement acide ou neutre (pH 5-7) et relativement peu fertile. Fluviosols: ce sont des sols d’alluvions récentes situés en bordure du Nil et de ses affluents, des principaux cours d’eau et des deltas intérieurs du Gash et du Tokar; ils constituent les terres agricoles de première importance pour la culture de décrue et l’irrigation par pompage. Sols collinaires: il existe divers types de sols, dont la nature est liée à celle des formations collinaires ou montagneuses; certains de ces sols, comme ceux du Jabel Marra, dérivent de roches volcaniques et ont des caractéristiques physiques et un degré de fertilité appréciables. 3. CLIMAT ET ZONES AGROÉCOLOGIQUES 3.1 Climat Durant les 38 dernières années, la pluviométrie a connu de très fortes variations au nord du 14ème parallèle et des variations limitées au sud. Comme dans d’autres régions de la zone sahélienne, il y a eu récemment au Soudan une chute marquée des précipitations annuelles et une augmentation des périodes de sécheresse. Celle-ci peut se répandre dans tout le pays ou être circonscrite localement. Entre 1961 et 1998, il y a eu deux périodes de sécheresse de vaste étendue, l’une entre 1967 et 1973 et l’autre entre 1980 et 1984; cette dernière a été plus sévère que la précédente. Durant cette même période, en 1987, 1989, 1990, 1991 et 1993, diverses régions ont connu des sécheresses localisées, mais principalement l’ouest du pays (HCENR, 199). Toutes ont eu des effets négatifs sur les hommes (exode et famine), les ressources végétales, le cheptel et les systèmes de productions agricoles. Les inondations peuvent aussi avoir des effets négatifs similaires; elles peuvent être localisées et résulter de précipitations et d’eaux de ruissellement exceptionnellement abondantes (inondations éclairs) ou elles peuvent être liées à la crue et au débordement du Nil et de ses affluents, ou de cours d’eau saisonniers comme le Gash. La plupart sont imprévisibles mais certains font l’objet d’un suivi; ainsi, le Ministère de l’irrigation et des ressources hydriques (Ministry of Irrigation and Water Resources), effectue le suivi du Nil bleu une fois qu’il pénètre au Soudan. La température annuelle moyenne varie entre 26 et 32 0C, à l’exception des hautes terres d’Imatonge dans l’extrême sud (Negishot 18,1 0C ), du Jabel Marra dans l’ouest (Nierteti 22,6 0C) et des montagnes de la mer Rouge (Erkowit 22,8 0C). La température enregistrée la plus élevée a été de 49,1 oC, à Dongola en juin 1978, et la plus basse de –1 0C, à Zalingei (Jabel Marra) en décembre 1961 et en janvier 1962 (HCENR, 1999). Les zones écologiques du Soudan selon la classification de Harrison et Jackson (1958) sont montrées dans le tableau 3. 3.3 Principales activités agricoles par zone (i) Zone désertique: l’agriculture irriguée est pratiquée le long des berges du Nil et du fleuve Atbara, ainsi que sur les terrains avoisinants où l’eau d’irrigation est acheminée par des canaux. Ce sont principalement de petites propriétés privées, des coopératives agricoles, des unités semi-publiques ou privées qui produisent des cultures annuelles, des légumes, des épices et des arbres fruitiers. Parmi les différents systèmes d’irrigation, on peut citer les suivants: Tableau 3. Zones écologiques du Soudan*
* Source: Harrison et Jackson 1958. - l’irrigation par gravité par débordement des eaux du Nil en période de crue; on utilise ensuite pour les cultures l’humidité résiduelle contenue dans le sol; on cultive ainsi la fève, le maïs, le lablab et des légumes; - l’eau du Nil extraite à la pompe et acheminée par des canaux jusqu’à des champs où l’on cultive, notamment, du coton, du sorgho, du blé, des haricots, des épices, de la luzerne, des arbres fruitiers et des légumes; - l’eau des nappes superficielles extraite à la pompe et acheminée par des canaux ou des moyens d’irrigation modernes (goutte-à-goutte ou pivot central) jusqu’à des champs d’arbres fruitiers, de légumes et de cultures annuelles. Les pâturages se concernent que les cours d’eau saisonniers et les bas-fonds à la suite des averses variables et sporadiques. (ii) Zone semi-désertique: Cette zone a une pluviométrie inférieure à 300 mm par an, aussi la culture pluviale est-elle circonscrite à l’agriculture traditionnelle dans les «Qoz» (principalement le mil) et les zones à plus fort contenu d’argile, où l’on utilise les eaux de ruissellement pour faire pousser le sorgho. L’agriculture irriguée exploitant les eaux du Nil bleu, du Nil blanc et de l’Atbara concerne des périmètres de grande dimension, comme ceux de Gezira, New Halfa, Guneid et celui de la White Nile Agricultural Corporation. Les eaux s’écoulent naturellement des digues ou sont pompées directement pour irriguer les champs de coton, sorgho, blé, arachide, sucre de canne, cultures fourragères ou légumes. L’irrigation de décrue, s’appuyant sur des cours d’eau saisonniers comme le Gash ou la Baraka, est pratiquée dans le Kassala et dans les Etats de la mer Rouge. On sert des barrières, des diguettes et des canaux pour diriger les eaux vers les exploitations, où sont par la suite cultivés mil, sorgho, coton, arachides et légumes. (iii) Savane à faible pluviométrie: Cette zone abrite une grande agriculture irriguée comme celle de la Gezira, qui pénètre loin vers le sud. Parmi les autres grands périmètres irrigués, on compte ceux de El-Suki, El- Rahad, Blue Nile Agricultural Corporation, White Nile Agricultural Corporation et les immenses plantations de canne à sucre de Kenana, d’Asalaya et de l’ouest du Sennar. Sur les sols argileux, où est pratiquée l’agriculture traditionnelle, on cultive du sorgho et du sésame, et sur les terres sablonneuses, du mil, du sésame, des arachides, de la roselle et de la pastèque. Cette zone est aussi la plus grande productrice de gomme arabique, issue des arbres de Acacia senegal. L’agriculture mécanisée est pratiquée, notamment vers le sud; il s’agit essentiellement de cultures pluviales de grandes dimensions, partiellement ou totalement mécanisées, destinées à la commercialisation; la taille des unités de production est de 400 ha et les cultures principales sont le sorgho, le coton, le sésame et le guar (Cyamopsis tetragonaloba), introduit plus récemment. L’élevage constitue un mode d’usage de la terre privilégié dans cette zone où, entre la saison humide et la saison sèche, les éleveurs effectuent des mouvements saisonniers avec leurs troupeaux à la recherche de pâturages. (iv) Savane à forte pluviométrie: L’agriculture traditionnelle et mécanisée et l’élevage sont pratiqués ici comme dans la savane à faible pluviosité. Néanmoins, dans ces zones plus arrosées, il peut y avoir deux récoltes par an dans le sud-ouest, en raison de la nature bimodale des précipitations. La sylviculture constitue une activité importante pour le bois de chauffe et l’approvisionnement des industries locales. (v) Plaine inondable: Elle est aussi appelée «Sudd»; la terre y est inondée à des degrés divers et durant des périodes variables; c’est l’un des plus grands marais d’eau fraîche du monde. Les conditions du milieu du Sudd sont telles que l’élevage transhumant y est inévitable, ce qui a donné lieu à une économie mixte faite d’élevage, de cultures traditionnelles, de pêche et de chasse. Les principales cultures sont le maïs, le sorgho, le niébé, le tabac et la courge. (vi) Montagnes: Le Jabel Marra est utilisé pour la production agricole à une échelle raisonnable; cette zone est importante pour les produits horticoles comme les agrumes et les mangues, les pommes de terre, les légumes, les cultures comme le blé et le sorgho, et le bois. 4.1 Taille des exploitations Dans le Butana (au centre-est du Soudan), l’économie des ménages s’appuie sur un système de production agropastoral, où l’on pratique à la fois l’élevage (caprins, ovins, bovins et camelins) et l’agriculture (sorgho) (Babiker, 1997). La situation géographique au sein de cette vaste zone de pâturages ainsi que les formes de mobilité des éleveurs, déterminent la part de chaque type d’animal dans le troupeau, de même que l’importance relative de l’élevage et de l’agriculture dans l’économie des ménages (Babiker, 1997). Cela diffère des systèmes d’élevage de l’ouest du Soudan où les tribus sont spécialisées, se distinguant entre propriétaires de camelins (Abbala) ou de bovins (Baggara), et où l’agriculture pratiquée se limite à répondre, entièrement ou partiellement, aux besoins en céréales des ménages. Les tribus nilotiques de la savane pluvieuse et du sud sub-humide sont des agro-éleveurs possédant des bovins. Leurs troupeaux connaissent des mouvements saisonniers limités; ils passent la saison humide près de leur zone d’attache, où ils cultivent du sorgho, du maïs et des arachides et où le cheptel est gardé à proximité pour pourvoir aux besoins en lait des familles. Durant la saison sèche, les hommes du ménage se déplacent avec le troupeau sur les pâturages disponibles en bordure du Nil, des cours d’eau permanents et de quelques grandes îles situées sur le cours du Nil. Les systèmes d’élevage varient considérablement, allant de la vente de quelques têtes dans le sud du pays à de véritables ventes commerciales dans le nord, de la part d’éleveurs, agro-éleveurs et entrepreneurs. Les revenus de la vente du bétail sont utilisés pour répondre aux besoins en nourriture, biens de consommation, médicaments, vaccins, sel, aliments complémentaires, et pour payer le coût de l’eau (El-Sammani et al, 1996). Il existe un autre type d’élevage, de petite dimension, ayant généralement pour base le village; on y élève quelques têtes de caprins, ovins ou bovins, les caprins étant habituellement plus courants que les autres types d’animaux. Outre les déchets domestiques et les résidus de récolte, le bétail s’alimente essentiellement sur les parcours, les terres en jachère et le long des canaux d’irrigation. Les formes d’élevage commercial et d’opérations afférentes sont variées:
Une autre approche, plus viable et pratique, visant à répartir les pâturages par blocs, a été lancée par l’Administration des parcours et pâturages (Range and Pasture Administration: RPA) et reprise par un projet (Area Development Scheme (ADS) project): il s’agit de délimiter et aménager des périmètres de pâturage non clôturées, avec le consensus et la participation active des communautés locales. La RPA conseille ces communautés et leur fournit une assistance technique, tandis que celles-ci protègent, améliorent et contrôlent l’usage de ces terres. Cette expérience propose une approche moins coûteuse et socialement plus acceptable de la gestion des parcours dans des communautés sédentaires. Il s’avère aussi nécessaire de développer un modèle adapté, apte à être adopté par les pasteurs semi-nomades. La divagation sur les parcours est le système d’alimentation le plus courant pour le bétail. Durant la courte saison humide, les graminées poussent et parviennent rapidement à maturation, produisant une abondante biomasse. Les conditions physiques de l’herbivore sont à leur apogée durant cette période mais, avec l’arrivée de la saison sèche, les parcours déclinent quantitativement et qualitativement et ne parviennent plus à assurer les besoins d’entretien des animaux. Dans l’ouest du Kordofan, où les pâturages de saison sèche sont essentiellement composés de Cenchrus biflorus et de Eragrostis tremula, la part de protéine brute contenue dans le fourrage naturel est de l’ordre de 3,4 pour cent, ce qui est bien en-dessous du minimum requis pour garantir l’entretien de l’animal (Jaddalla, 1994). L’inadéquation nutritionnelle des pâturages de saison sèche constitue un frein essentiel à la viabilité de l’élevage traditionnel, où la pâture constitue l’unique source d’alimentation du bétail. Le manque de fourrage en saison sèche affecte davantage le bétail sédentaire, dans la mesure où il ne bénéficie pas des avantages de la mobilité rencontrés dans les systèmes transhumant et nomade. Ces dernières années ont vu l’augmentation de la supplémentation en fourrage naturel, par la collecte et la conservation de foin, l’utilisation de résidus de récolte et le recours à des produits agro-industriels et au fourrage irrigué. Les rôle des arbres et arbustes fourragers (Acacia, Cadaba, Maerua, etc.) en tant que source d’alimentation en saison sèche (gousses, feuilles et ramilles) ne doit pas être sous-estimé. Ils acquièrent une valeur particulière dans la zone semi-désertique et la savane peu arrosée. Le système d’alimentation par coupe du fourrage est étroitement lié aux exploitations irriguées de petite dimension (<1-5 ha) où les cultures fourragères (sorgho et luzerne) sont récoltées pour nourrir le cheptel. Les surplus de fourrage vert sont vendus dans des villes ou villages des environs à d’autres éleveurs. Les mauvaises herbes et les résidus de récolte sont aussi susceptibles de contribuer à l’alimentation des animaux dans ces exploitations. Dans les fermes de production laitière de grande dimension, on cultive des espèces fourragères telles que sorgho et luzerne ainsi que de petites superficies de maïs, Rhodes grass, Clitoria et lablab. La moisson mécanisée et la coupe manuelle sont toutes deux pratiquées; le fourrage vert est donné au cheptel laitier et le surplus éventuel est transformé en balles de foin que l’on stocke. Il arrive aussi que l’on administre aux animaux des aliments concentrés fabriqués localement ou des aliments industriels, afin de garantir une production de lait élevée. Les résidus de récolte proviennent des cultures en sec et en irrigué. Ils comprennent les pailles et les tiges des céréales (blé, sorgho, mil, maïs), les chaumes, des résidus des légumineuses (arachide, niébé, lablab), les bagasses et sous-produits de la canne à sucre, ainsi que les restes de pastèques. Parmi les sous-produits agro-industriels, il y a la mélasse, les tourteaux de graines oléagineuses (coton, arachide, sésame, tournesol), les graines et sous-produits des céréales moulues (son). Les résidus de récolte sont une source d’alimentation stratégique pour le cheptel durant la saison sèche, une partie étant broutée sur place et une partie étant transportée et conservée pour un usage ultérieur. Toutefois, le transport de ces matériaux volumineux et peu nutritifs constitue un obstacle majeur à leur emploi à vaste échelle.. 4.3 Intégration de l’élevage dans les systèmes d’exploitation Traditionnellement, qu’il s’agisse de zones de cultures en sec et en irrigué, la plupart des agriculteurs élèvent un ou plusieurs types d’animaux; ces derniers peuvent bénéficier des résidus de récoltes, de mauvaises herbes et, dans certains cas, de cultures fourragères. Ainsi le lien entre cultures et élevage existe-t-il déjà et peut-il être développé davantage afin d’accroître l’intégration et l’efficacité des systèmes de production. A l’heure actuelle, les problèmes qui freinent une intégration à vaste échelle sont de deux ordres: tout d’abord, il existe un divorce intrinsèque entre cultures et élevage dans les rotations de cultures effectuées dans les zones d’agriculture mécanisée (environ 8 millions d’hectares) et dans les principaux périmètres irrigués de Gezira, Rahad et New Halfa (environ 1,5 million ha); en second lieu, l’intégration de l’élevage dans les systèmes d’exploitation n’est pas toujours vue comme un ensemble cohérent de facteurs socio-économiques et techniques requérant des services d’appui, qui devrait être conçu et mis en œuvre en collaboration étroite avec les producteurs cibles. L’introduction de l’élevage au sein du système de rotation des cultures de la Gezira, le plus grand périmètre irrigué du Soudan (plus d’un million d’hectares), a été entrepris en visant les objectifs suivants:
Parmi les problèmes rencontrés, on peut citer les suivants:
L’intégration de l’élevage dans les périmètres mécanisés du sud du Kordofan, le sud du Kosti et Gedaref a été tentée récemment, de leur propre initiative, par certains propriétaires. Le cheptel pâture durant la saison humide sur les aires communautaires et, après la moisson, retourne sur le périmètre afin d’utiliser les résidus de récolte, la menue paille et toutes sortes de matériaux restant après le tri des graines (Hassan, 1995). La plupart des éleveurs ont leurs propres embarcations (Hafir), de façon à pouvoir assurer l’approvisionnement en eau durant la saison sèche. Si ce pas a été constructif de la part des propriétaires, il n’a malheureusement pas été soutenu de manière adéquate par les institutions concernées, qui n’ont aidé ni par une évaluation, ni par la recherche, ni par des services d’appui ou des efforts de commercialisation. La RPA avait mené en 1974 des études sur la performance des légumineuses à graine et à feuilles fourragères dans les conditions d’Agadi (700 mm de précipitations par an), en tant que premier pas vers l’introduction de l’élevage dans les zones d’agriculture mécanisée. Le fourrage et les résidus de récoltes, de même que la paille et les graines concassées devaient constituer la source d’alimentation du bétail. L’expérience montra que la pillipesara (Vigna trilobata/Phaseolus trilobus), Stizolobium deeringianum, Clitoria ternatea, Lablab purpureus et Phaseolus aureus produisaient respectivement 12,0, 8,5, 6,5, 5,0 et 4,0 tonnes de matière verte par feddan (un feddan = 0,42 ha) en une coupe, comparaison favorable en regard de leur productivité en irrigué. Malheureusement, ce travail n’a pas été poursuivi assez longtemps pour fournir des données fiables et développer des paquets technologiques utilisables par les agriculteurs des zones mécanisées. - Les insectes piqueurs prolifèrent durant la saison humide dans les parties sud de la savane peu pluvieuse et dans la savane à fortes précipitations, forçant les éleveurs à déplacer leurs troupeaux vers des zones plus sèches, à sols sablonneux et terrain plus élevé, moins sujettes à la multiplication de ces insectes. - Les maladies constituant un frein économique potentiel important sont la peste bovine, la septicémie hémorragique, la péripneumonie contagieuse bovine (PPCB), les charbons symptomatiques et bactériens, l’anthrax, la trypanosomiase, la fièvre aphteuse, la tuberculose, la brucellose, l’helminthiase, la clavelée, la cowdriose et les parasites internes. Le problème des maladies du bétail est compliqué par la vaste étendue du pays et par le fait qu’il est bordé par neuf autres pays. Les troupeaux traversent la frontière de quatre ou cinq de ces pays à la recherche d’eau et de pâturages, et sont susceptibles de faire pénétrer de sérieuses maladies à l’intérieur du pays; des plans visant à établir des contrôles de la santé animale aux frontières sont actuellement à l’étude (Dept. of Animal Wealth, 1995). - Autrefois, les services de santé animale étaient bien organisés et suffisamment outillés et œuvraient raisonnablement, répondant aux besoins du cheptel national. A partir de la moitié des années 80, pour des raisons diverses, ces services ont commencé à décliner, pour s’effondrer presque ensuite. Il faut attribuer cela à la libéralisation de l’économie et au passage soudain d’une santé animale entièrement financée par l’Etat à des services vétérinaires dispensés aux prix du marché (El-Sammani et al, 1996). - Une forte mortalité prédomine, notamment chez les jeunes animaux; cela se vérifie en particulier en période de déficit alimentaire, quand les femelles sont sujettes à un stress nutritionnel et que la production du lait s’en ressent et baisse, ne permettant plus de répondre aux besoins des jeunes animaux. Selon certaines sources, le taux de mortalité globale due aux maladies et à la malnutrition est de 15 pour cent chez les animaux adultes et de 25 pour cent dans le jeune cheptel. Les périodes de sécheresse se traduisent par des taux de mortalité plus élevés (Banque mondiale, 1993). - L’accès aux taureaux améliorés et aux services d’amélioration génétique en général est limité aux troupeaux laitiers et au cheptel à proximité de stations de recherche en production animale. Ces services sont en train de décliner car le nombre et la portée de leurs activités ont subi un coup d’arrêt. - Les réserves d’eau constituent une contrainte particulière durant la saison sèche, notamment dans les zones dont le substrat est constitué par les roches du socle cristallin (roches stériles en ressources hydriques), comme c’est le cas du Butana, du district de Hamar, du Baja et de l’est du Darfur. Toutes ces zones sont des terres de parcours importantes, où le pastoralisme est une activité essentielle. La plupart des éleveurs les utilisent comme pâturage de saison humide et s’en vont avant que l’eau de surface des mares et des réservoirs creusés ne soit épuisée. Par endroits, des forages ont été aménagés à travers des fissures dans les roches du socle, fournissant une source hydrique limitée. L’expansion de l’agriculture irriguée dans le Butana (périmètres de New Halfa et Rahad) apporte des ressources hydriques additionnelles grâce au réseau de canaux qui approvisionnent les terres de cultures. Dans quelques cas, l’eau est transportée dans des camions-citernes afin de répondre, durant la saison sèche, aux besoins des gros troupeaux commerciaux, de sorte que ceux-ci peuvent continuer à utiliser les grandes quantités d’herbe sèche présente dans les zones asséchées. - Certaines campagnes visant l’approvisionnement en eau avaient été lancées par le gouvernement et soutenues par la communauté internationale au milieu des années 60 et au début des années 70; bien intentionnées, elles ont eu pourtant des effets négatifs sur l’environnement et les ressources. En effet, l’eau était fournie de façon à répondre aux besoins des hommes et du bétail, mais sans attention suffisante à la viabilité des autres ressources de la zone; il en a résulté qu’un nombre supérieur de personnes et d’animaux ont été attirés vers ses ressources hydriques, entraînant une surexploitation des arbres et des ressources pastorales et une dégradation de la terre (Zaroug, 1996). 4.5 Obstacles socio-économiques - Les services orientés vers les éleveurs tels que l’éducation, la santé, les programmes d’appui et de sensibilisation, l’approvisionnement – quantitatif et qualitatif - en eau et la santé animale sont en général très limités. Cette situation a en outre été accentuée par le retrait soudain des subventions gouvernementales et la mise en œuvre d’une politique libérale (El-Sammani et al, 1996). - Dans le sud du Soudan, les problèmes de sécurité ont forcé certains éleveurs à traverser les frontières avec leurs troupeaux et à pénétrer en Ouganda; certains troupeaux ont développé de sérieuses maladies, qui ont été introduites dans la région équatoriale soudanaise. D’autres se sont déplacés vers la ville de Juba, entraînant une dégradation sévère du terrain et du couvert végétal. De même, en raison de la situation sécuritaire de plus en plus détériorée dans le sud du Kordofan, certains parcours ont été fermés, la charge animale et la pression sur les pâturages se retrouvant concentrées dans des zones circonscrites et entraînant une surexploitation des parcours et une propagation des maladies. Des observations sur le terrain dans le sud de l’Etat de Darfur ont révélé que les éleveurs Taisha et Beni-Helba passent plus de six mois de l’année en République centrafricaine avec leurs troupeaux; ils paient des taxes diverses durant leur séjour et leur cheptel est exposé à de graves maladies. - Au début des années 70, comme cela a été mentionné, deux initiatives gouvernementales ont eu pour conséquence un impact négatif sur le pastoralisme et les ressources pastorales; l’une a consisté dans l’abolition des institutions traditionnelles (système d’administration tribal), l’autre dans l’annonce que toutes les terres non enregistrées appartenaient à l’Etat. Il en résulta les conséquences suivantes:
Ces initiatives, de même que les changements politiques, socio-économiques et environnementaux et la complexité du système de droit foncier dans les zones pastorales, amènent à devoir revoir le statut foncier et les droits d’usage des parcours actuels, de manière à pouvoir formuler un système acceptable tenant compte des réalités d’aujourd’hui et des besoins des groupes pastoraux. Certaines politiques gouvernementales, notamment les politiques agricoles, celles qui encouragent l’investissement dans le sous-secteur de la culture sous pluies, et les politiques de fixation des prix et de taxations diverses, ont des effets négatifs sur le secteur de l’élevage; certaines ont été identifiées et modifiées, d’autres doivent encore être revues de façon à remédier à leur impact négatif et éviter qu’elles ne nuisent davantage à ce secteur (Zaroug, 1996). 5.1 Description pour le cheptel national. On compte divers types de pâturages: parcours ouverts, cours d’eau saisonniers, plaines inondables, berges des fleuves et îlots, terres boisées, collines et pentes des montagnes. La description suivante s’appuie sur les travaux de Harrison et Jackson (1958): Zone désertique. Les pâturages consistent en herbes éphémères et en graminées confinées près des cours d’eau et dans les bas-fonds bénéficiant des eaux de ruissellement. Le pâturage de haute valeur nutritive dénommé «Gizzu» (plantes particulièrement appétées) se trouve dans cette zone et permet d’alimenter ovins et camelins durant la saison fraîche sans besoin d’eau potable. Zone semi-désertique. Les pâturages sont de trois types principaux:
Savane à pluviométrie élevée Les graminées importantes sont: Hyparrhenia spp.., Andropogon gayanus, Setaria, Brachiaria brizantha, Chloris gayana et Sporobolus pyramidalis. Les zones inondables ont des espèces telles que Echinochloa stagnina, Hyparrhenia rufa et Oryza, qui supportent un certain degré d’inondation. Les espèces fourragères sont cultivées avant tout en zone irriguée pour nourrir le cheptel laitier, les petits ruminants et les animaux de traction, et une bonne partie de la production est convoyée vers le marché local où elle est vendu comme fourrage vert. La superficie totale est estimée aux alentours de 126 000 ha, dont la moitié dans l’Etat de Khartoum (Zaroug et al, 1997); cette superficie est en pleine croissance, du fait de l’intérêt manifesté pour la production laitière, notamment autour des centres urbains. Normalement, 80 à 90 pour cent des terres de cultures fourragères est affecté à des espèces annuelles, en premier lieu le sorgho fourrager cv. ‘Abu Sabeen’ ; des aires restreintes contiennent du maïs et du lablab; la surface restante est occupée par la luzerne, le principal fourrage pérenne. Les fourrages Buffel grass, Rhodes grass, Elephant grass, Para grass, Panicum et Clitoria ont été utilisées pour aménager certains pâturages irrigués, notamment dans les périmètres de production animale et dans les stations de recherche sur l’élevage. Les cultures fourragères entre rangées d’arbres fruitiers sont pratiquées dans une faible mesure; la culture principale est la luzerne, mais Clitoria, Pillipesara et lablab ont aussi été essayées dans le but d’augmenter la fertilité du sol, de contrôler les mauvaises herbes et de produire un fourrage de bonne qualité. 5.3 Production de semences fourragères Des semences de variétés améliorées est un intrant essentiel pour les cultures fourragères et l’aménagement des pâturages, aussi la production et la collecte de semences fourragères sont –elle entreprises afin de:
La production de semences d’espèces fourragères et de produits de coupe était une activité importante de la RPA, par l’intermédiaire de ses fermes spécialisées en semences et ses stations de recherche en élevage. Les semences de diverses espèces indigènes ont été inventoriées dans divers Etats pour répondre aux besoins des opérations d’ensemencement des parcours locaux et pour produire un surplus susceptible d’être acheminé vers d’autres Etats (tableau 4). Cette opportune collecte de semences de pâturages améliorés ou naturels est encore pratiquée, mais dans une moindre mesure due au manque de fonds suffisants pour couvrir les coûts. La production de semences fourragères relève essentiellement des agriculteurs, en particulier dans le Nahr En-Nil et dans l’Etat du nord, et les petits exploitants jouent à cet égard un rôle crucial dans le système d’approvisionnement informel. Tableau 4. Espèces comprises dans les campagnes de collecte de
semences*
* sources diverses L’Administration nationale des semences (National Seed Administration) a été impliquée dans la production de semences des principales cultures fourragères, à savoir la luzerne et l’‘Abu Sabeen’, et de quelques autres (Sudan grass, Clitoria, lablab, pillipesara, maïs); suite à la réorganisation du Ministère de l’agriculture et des forêts (Ministry of Agriculture and Forestry), celles-ci ont été transférées dans la plus récente Arab Sudanese Seed Company. - Le manque de données sur les zones, les types de parcours, les changements saisonniers, le potentiel de pâture et les capacités de charge des différents types de parcours constitue un frein sérieux à une programmation au niveau national (Dwyer, 1979). - Les feux de brousse sont allumés pour diverses raisons:
Les feux peuvent aussi être causés par accident ou en raison de phénomènes naturels. Les feux de brousse incontrôlées constituent une menace sérieuse pour les parcours, et se traduisent par la destruction de 10 à 30 pour cent du fourrage sec sur pâturage dans diverses régions du pays; chaque année, un réseau de coupe-feux de plus de 35 000 km est installé pour endiguer la propagation du feu et protéger l’herbage sec. - L’expansion de l’agriculture en sec et en irrigué s’est faite aux dépens des parcours et des terres ligneuses, sans prendre suffisamment en compte l’importance de ces ressources pour les éleveurs et leurs troupeaux, et sans qu’ait été tentée une intégration de l’élevage dans les systèmes d’exploitation agricoles ou qu’aient été créées des sources d’alimentation alternative pour compenser la perte des pâturages naturels. Selon les estimations de la FAO, chaque année au Soudan, la déforestation atteint quasiment les 500 000 hectares, l’un des chiffres les plus élevés d’Afrique (Projet FAO: Forestry Development in Soudan, 1993). La destruction et l’éradication des ressources végétales par le feu ou la coupe, au-delà de leurs effets nuisibles en termes de réduction du fourrage naturel, sont des facteurs décisifs de dégradation de la terre et désertification. - Il y a un manque de recherche sur les parcours bien structurée et de long terme au Soudan; Avec le déclin et l’effondrement du programme de la station de recherche sur les pâturages et l’élevage de Ghazala Jawazat (GJ) et l’achèvement du Projet de recherche agricole de l’ouest du Soudan (Western Soudan Agricultural Research Project: WSARP), ce fut la fin des deux derniers grands programmes. Alors qu’il était en activité, celui de GJ se concentrait sur les expériences sur site (Dwyer, 1979). Les principaux facteurs contribuant à la faiblesse institutionnelle des programmes de gestion et aménagement des parcours sont notamment:
6.1 Réhabilitation des parcours La réhabilitation des pâturages au moyen du ressemis, avec ou sans clôture, est pratiquée couramment par la RPA, qui emploie pour cela des semences, collectées localement, d’espèces fourragères indigènes prometteuses. De même, la FAO et l’ IDA ont apporté leur assistance avec des expériences rigoureuses de réhabilitation durant ces vingt dernières années. Une expérience menée avec l’appui de la FAO fut conduite dans les années 80 (après la sécheresse de 1984) dans divers endroits de la zones semi-désertique et de la savane peu pluvieuse. Des espèces furent introduites, comme Cenchrus ciliaris, C. setigerus, Chloris gayana (variétés Boma, Masaba et Mbrara), Panicum spp.. et Stylosanthes spp... Toutefois, les résultats ne furent pas suffisamment bien enregistrés et les performances des espèces plantées ne fut pas suivie sur une période assez longue pour donner lieu à des résultats fiables (fichiers RPA). Les quelques observations à disposition indiquent que:
L’expérience appuyée par l’IDA a été conduite dans les années 90 avec une philosophie et une approche similaires. Les espèces utilisées étaient semblables à celle de l’essai FAO, avec l’ajout de Brachiaria ruziziensis. 6.2 Aménagement de pâturages améliorés Cela a concerné des expériences et des zones limitées, circonscrites à des projets bénéficiant d’une assistance internationale ou à des unités publiques; aucune activité à l’heure actuelle. Expériences précédentes:
Quand on parle d’intégrer les cultures fourragères dans les systèmes d’exploitation, l’accent ne devrait pas être mis uniquement sur les aspects agronomiques de la production ou de la place des pâturages améliorés dans la séquence de mise en culture, mais sur l’ensemble complet des questions socio-économiques et techniques, ainsi que sur la commercialisation du fourrage et des produits de l’élevage. Les travaux lancés par le Agricultural Research Corporation Forage Resources Programme, le WSARP et précédemment par la RPA dans les zones d’agriculture mécanisée, devraient être capitalisés afin d’intégrer de manière effective les fourrages dans les cultures en sec, en irrigué et mécanisées. Les travaux expérimentaux de l’ARC dans les stations de recherche de Wad Medani et Hudeiba (agriculture irriguée) devraient être repris pour raviver le programme de recherche lancé par le WSARP, qui visait la culture en sec traditionnelle dans l’ouest du Soudan, et par la RPA à Agadi, qui visait l’agriculture mécanisée. Auparavant, le WSARP avait conduit des expériences de tri de variétés sur des légumineuses fourragères locales et introduites, et des expériences de réponse à l’azote et au phosphore. Stylo fut introduit sur les jachères pour améliorer le sol et produire une source additionnelle d’alimentation pour le bétail. Ces efforts devraient être complétés par la recherche socio-économique et des études sur la gestion, la nutrition et la commercialisation du bétail. Des efforts devraient être faits pour rendre les intrants disponibles, sur la base des résultats obtenus et d’une manière acceptable pour les éleveurs. des efforts plus coordonnés sont requis pour chercher comment les fourrages indigènes et introduits de même que les arbres et arbustes à usages multiples peuvent être utilisés dans les exploitations et sur les parcours pour apporter une complémentation en saison sèche. Les expériences menées par l’ARC avec Leucaena pour la production de fourrage et de bois de chauffe devraient être reprises et étendues à d’autres régions du pays;; Leucaena peut servir de fourrage irrigué ou de haie vive autour des fermes. Cela devrait se faire en coordination avec la recherche sur les systèmes agro-forestiers employant Sesbania et d’autres arbres à croissance rapide. Les travaux entrepris par le Community-Based Rangeland Rehabilitation for Carbon sequestration and Biodiversity Project, pour produire et distribuer des jeunes plants de A. senegal, A. albida et Ziziphus spina-christi servant à la fabrication de brise-vent, la réhabilitation des parcours, la fixation des dunes – comme les arbres à ombre dans les systèmes agro-forestiers –, devraient être repris et étendus à d’autres zones. 7. ORGANISMES DE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT IMPLIQUÉS DANS LE PASTORALISME 7.1 Institutions de référence et priorités de la recherche Les institutions suivantes sont impliquées dans la recherche-développement sur le fourrage:
Range and Pasture Administration Mr. Mohamed Al-Amin Abd El-Rahman Mr. Hussein Mustafa Mr. Mohamed Fadl Elmoula Mr. Mustafa Mohamed Ba’ashar Project: SUD/93/G31 – Community-Based Rangeland Rehabilitation for Carbon Sequestration and Biodiversity: Mr. Ali Darrag Mr. Ahmed Hanafi Project: SUD/89/026/A/01/99 - Integrated Resource Management for Desertification Control. Mr. Fadlallah Al-Mannah Agricultural Research Corporation Professor Babo Fadlallh Dr. Mohamed Ahmed Kheir Mr. Hassan A.A. Tambal Faculté d’Agriculture de l’Université de Khartoum Dr. Awad O. Abu-Suwar Dr. Eltom El-Sadig Ali 8. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Pour d’ultérieures informations sur les fourrages au Soudan, contacter: Dr. Mahgoub G. Zaroug Ce document sur le Soudan a été élaboré en mai 2000 par le Dr. Mahgoub G. Zaroug qui se chargera d’une mise à jour périodique. Ce profil a été revu par S.G. Reynolds et les données sur l’élevage mises à jour datent de novembre 2002. [Le profil a été traduit en francais por Anouchka Lazarev] |
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