ZIMBABWE
J. Gambiza et C. Nyama

1. INTRODUCTION

2. SOLS ET TOPOGRAPHIE

3. CLIMAT ET ZONES AGROÉCOLOGIQUES

4. SYSTÈMES D’ÉLEVAGE

5. RESSOURCES PASTORALES

6. AMÉLIORATION DES RESSOURCES PASTORALES

7. ORGANISMES DE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT IMPLIQUÉS DANS LE PASTORALISME

8. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

9. CONTACTS


1.  INTRODUCTION

Le Zimbabwe a une superficie de 390 757 kilomètres carrés. Il s’étend de 15o 37’ à 22o 24’ de latitude S et de 25o 14’ à 33o 04’ de longitude E. C’est un pays enclavé, délimité par le Mozambique à l’est, l’Afrique du Sud au sud, le Botswana à l’ouest et la Zambie au nord (figure 1). L’altitude va de 197 m à 2592 m au-dessus du niveau de la mer. Environ 80% du pays se trouve au-dessus de 600 m et 5% au-dessus de 1500 m, la partie la plus élevée étant dans les hautes terres orientales. Les fleuves principaux sont le Zambèze, la Save et le Limpopo. Harare, la capitale, est située dans le nord-est du pays. Bulawayo, la deuxième ville en importance, se trouve dans le sud. De bons réseaux routiers et ferroviaires relient les principales villes. 

 

Figure 1 – Carte du Zimbabwe

Le Zimbabwe a l’un des secteurs industriels les plus développés d’Afrique. L’agriculture est l’activité économique la plus importante (Rukuni, 1994), 60% de l’industrie s’appuyant sur cette dernière. De plus, le secteur agricole consomme environ 20% de la production industrielle totale (CFU, 2000). Le secteur agricole emploie une grande partie de la force de travail nationale et contribue à 18% du PIB et 40% des recettes des exportations annuelles en année normale (Rukuni, 1994). Les exportations principales sont le tabac, le coton, le sucre, le maïs, le thé, le café, les produits maraîchers, les fruits et la viande de bœuf (tableau 1). Les exportations de bœuf sont principalement destinées à l’Union européenne et à l’Afrique du Sud.

Tableau 1.  Exportations de viande de bœuf et de peaux (tonnes).

Année

Bœuf

Peaux

1990

2 605

2 186

1991

4 082

3 718

1992

8 969

5 296

1993

10 001

3 823

1994

14 604

1 408

1995

12 790

1 500

1996

6 640

4 365

Source: Central Statistical Office.

Environ 70% de la population dépend de l’agriculture pour sa subsistance. Toutefois, dans plus de 80% du Zimbabwe, les conditions sont telles que la pratique des cultures en sec est risquée, du fait des précipitations faibles et aléatoires. L’élevage et l’agriculture sont néanmoins des activités importantes dans la plupart des zones. Les principales espèces de ruminants sont les bovins, les caprins et les ovins. Les pâturages naturels constituent la ressources principale en matière d’alimentation du bétail. L’élevage bovin est le plus important; on élève aussi des asins, des porcins et des volailles. Les effectifs du cheptel fluctuent beaucoup en fonction des variations annuelles de la pluviosité (tableau 2).

On trouve quatre grands secteurs de production agricole au Zimbabwe (tableau 3): grand secteur commercial, petit secteur commercial, secteur communautaire et secteur des lotissements agricoles (resettlement). Les grandes exploitations commerciales, qui appartiennent pour la plupart à des agriculteurs blancs, ont une taille moyenne de 2200 ha, dont 55% sont situés dans des zones à fort potentiel. Ces exploitations sont caractérisées par des niveaux d’investissement relativement élevés. Par contraste, les petites exploitations commerciales occupent une superficie plus petite, leur taille moyenne étant de l’ordre de 125 ha. La terre est de propriété privée ou en concession. Les exploitations sont concédées par le gouvernement.

Tableau 2. Effectifs du cheptel (milliers) dans le secteur commercial, le secteur communautaire et les lotissements agricoles.

Année

Secteur commercial

Secteur communautaire +           lotissements agricoles

Bovins de boucherie

Bovins laitiers

Bovins

Caprins

Ovins

Porcins

1980

2304

106

2869

1108

307

86

1981

2287

104

2895

1375

396

124

1982

2298

102

3262

1014

354

135

1983

2253

105

3189

1178

352

133

1984

2120

111

3234

1609

348

159

1985

1979

111

3409

1711

422

152

1986

2014

112

3657

1916

343

191

1987

1892

121

3905

2210

447

192

1988

1884

121

3815

2360

545

226

1989

1867

123

3856

2419

517

275

1990

1704

127

4172

2621

588

233

1991

1714

126

3509

2622

487

207

1992

1641

124

4259

2618

491

209

1993

1451

115

3589

2569

456

204

1994

1383

105

4279

2556

461

201

1995

1331

105

3381

2457

466

157

1996

   

3518

2519

428

143

(Source: Central Statistical Office; Matowanyika, 1998).

Tableau 3. Caractéristiques principales des secteurs agricoles et niveaux d’investissement.

Paramètres

Grandes exploitations

Petites exploitations

Zones communautaires

Secteur des lotissements

Système foncier

Propriété privée et location

Propriété privée et location

Location

Location

Nombre de foyers

4 660

8 653

> 1 million

51 410

Superficie (106 ha)

11,22

1,38

16,35

3,79

Taille des exploitations (ha)

2 200

125

2,5a

5 a

Potentiel agricole des terres

Elevé

Marginal

Marginal

Moyen

Investissement au niveau macrob

       

Routes

4

2

2

2

Facilités de crédit: court-terme

4

2

1

2

Facilités de crédit: moyen terme

3

3

-

2

Recherche

3

1

1

1

Vulgarisation

4

2

3

2

Débouchés commerciaux

3

2

2

2

Développement de l’irrigation

3

1

1

1

Périmètres pastoraux (clôtures)

4

3

1

1

Investissement au niveau microb

       

Emploi d’engrais

4

2

1

2

Emploi de semences améliorées

4

2

2

2

a Se réfère seulement aux terres agricoles des exploitations.

b1 et 4 désignent, respectivement, les niveaux d’investissement le plus bas et le plus haut. (Source: Rukuni, 1994).

Le secteur agricole communautaire a la plus forte densité de population humaine. Quelque 74% des terres communautaires se trouvent sur des sols sableux non fertiles dans des zones marginales caractérisées par une pluviosité faible et aléatoire. Les terres cultivables des exploitations  font en général moins de 2,5 ha. Il y a une pression considérable sur la terre en raison de l’augmentation du taux de croissance démographique (3% par an). Cette pression se traduit par la conversion de pâturages en terres de cultures, ce qui, en retour, conduit à de sérieux problèmes environnementaux comme la déforestation et l’érosion des sols. Quand le Zimbabwe est devenu indépendant en 1980, l’un des premiers objectifs du nouveau gouvernement a été de soulager la pression sur les terres communautaires en redistribuant les familles sur des lotissements issus des anciennes grandes exploitations commerciales, auparavant possédées par les blancs. Les exploitations ont été achetées sur une base de compromis. Actuellement, plus de 51 410 familles ont été alloties sur 3 790 000 ha.  Les bénéficiaires ont le droit de s’installer, de cultiver la terre et d’élever du bétail. La terre est donnée en location. Il y a de sérieux problèmes liés à la propriété de la terre au Zimbabwe. Les foyers sans terre des zones communautaires “envahissent” fréquemment les grandes exploitations commerciales possédées par les blancs, ce qui fait de la propriété de la terres une question importante dans les débats juridiques actuels.

2.  SOLS ET TOPOGRAPHIE

Caractéristiques topographiques principales

Le pays peut être divisé en six grandes régions physiques (figure 1). Anderson et al. (1993) les décrivent de la façon suivante:

  • Eastern Highlands. Hautes terres orientales. Il s’agit d’une série de chaînes montagneuses s’étendant sur quelque 250 km le long de la frontière avec le Mozambique. Les altitudes varient entre 2 000 m et 2 400 m. Cette situation donne lieu à un microclimat et à une végétation caractéristiques.
  • Highveld. Il consiste en un plateau ondulant de façon plus ou moins douce au dessus de 1 200 m. Une sous-région septentrionale s’étend du Chinoyi au Rusape et, au sud, vers Gweru. Le Karoi se situe sur les bords de cette sous-région, dans le nord-ouest. Une sous-région méridionale, plus aride, s’étend en rétrécissant vers le sud-ouest, de Gweru à Plumtree.
  • Middleveld. En bordure du  Highveld. L’altitude varie entre 900 m et 1 200 m. Ondulé ou accidenté, avec de nombreuses saillies rocheuses, ce veld comprend une sous-région de 80 à 160 km de large au sud-est du Highveld et deux autres sous-régions plus complexes au nord-est et au nord-ouest du Highveld.
  • Kalahari Sandveld. Veld sableux du Kalahari. Il s’agit d’une vaste zone dans l’ouest du Zimbabwe marquée par un profond couvert de sables éoliens du Kalahari. Il est plat ou ondulé, et se trouve à moins de 1 200 m d’altitude.
  • Vallée du Zambèze. On peut la subdiviser en deux sous-régions, séparées par les gorges de la Kariba. La sous-région de la  Haute vallée du Zambèze et le bassin Sanyati-Sengwa, située principalement entre 500 et 900 m d’altitude, a une structure solide qui forme les plateaux de Matuzviadonha et Chizarira. La sous-région de la Moyenne vallée du Zambèze, en aval  des gorges de la Kariba, est limitée par l’escarpement raide du Zambèze, et décline vers le nord, passant d’environ 600 m d’altitude au pied de l’escarpement à quelque 350 m à la frontière du Mozambique. Elle est en général moins fragmentée que la Haute vallée du Zambèze, notamment à l’est de la rivière Manyame où la morphologie est plate ou ondulée, mais avec localement des micro-reliefs. 
  • Southeast Lowveld (Lowveld du sud-est) et Vallée moyenne de la  Save  Il s’agit d’une vaste pénéplaine située à moins de 900 m. A l’est des abords centraux de la  Save, il y a une élévation marquée correspondant aux piémonts des Eastern Highlands. Ailleurs, la transition vers le Middleveld est graduelle. La morphologie est généralement plate ou légèrement ondulée. 

Géologie et sols

Les sols sont étroitement liés aux substrats sous-jacents. Nyamapfene (1991) donne une description détaillée des sols du Zimbabwe. On trouve divers matériaux géologiques dans le, pays. Les roches éruptives et métamorphiques occupent 65% de la superficie, et les matériaux d’origine éolienne (sables du Kalahari) et sédimentaire (grès du Karoo) 25%. Les granits sont les roches éruptives dominantes (46%). Les granits donnent lieu à des sols sableux de texture légère non fertiles. D’autres formations rocheuses relativement petites, connues sous le nom de formations de la ceinture d’or (complexes de sédiments et de laves basaltiques et andésiques métamorphosées) constituent une importante source de minéraux et donnent lieu à des sols rouges à texture lourde, importants pour l’agriculture. Caractéristique unique de la géologie du Zimbabwe, le Great Dyke s’étend sur 540 km de long,  presque en ligne droite, du nord, de la région du Highveld, près de l’escarpement du Zambèze, vers  les sud, dans la région du Southeast Lowveld. Il est composé de roches  mafiques et ultramafiques, qui donnent lieu à des sols caractérisés par la prédominance de magnésium  et des niveaux toxiques de minéraux lourds comme le chrome et le nickel, associés à une flore caractéristique de Andropogon gayanus et Diplorhynchus condylocarpon (Nyamapfene, 1991).


3.  CLIMAT ET ZONES AGROÉCOLOGIQUES 

Climat

Le Zimbabwe est entièrement situé sous les tropiques mais une grande partie du Highveld et des Eastern Highlands ont un climat subtropical ou tempéré dû à l’effet de l’altitude. On distingue trois saisons au Zimbabwe: (1) une saison chaude et humide de la mi-novembre à mars (été); (2) une saison froide et sèche d’avril à juin (hiver); (3) et une saison chaude et sèche d’août à la mi-novembre (printemps).

La température de l’air est étroitement liée à l’altitude, les températures annuelles moyennes allant de 25 oC à certains endroits de la vallée du Zambèze à moins de 15 oC au dessus de 1800 m dans les Eastern Highlands. Les températures maximales sont moins élevées en juin et juillet et plus élevées en octobre. En hiver, les températures de jour moyennes vont de 11 à 20 oC. Les températures de jour moyennes peuvent dépasser les 32 oC au printemps.

Il peut geler dans la plupart des zones entre mai et septembre, les probabilités les plus hautes étant en juin et juillet. Le gel est plus fréquent et plus rigoureux en haute et moyenne altitudes. Les gelées sévères sont liées à une arrivée d’air froid et sec en provenance du sud-ouest, qui touche principalement le veld sableux du  Kalahari et le Highveld dans le sud. Le relief local est toutefois le facteur déterminant pour le gel, les vallées, les vleis et autres sites retenant l’air froid de la nuit y étant plus sujets que les autres. La moyenne vallée du Zambèze est probablement la seule région ne connaissant pas le gel.

La pluviosité varie largement dans le temps et dans l’espace. La fiabilité des précipitations augmente avec l’altitude et du sud vers le nord. Les coefficients de variabilité vont de >40% dans les zones au sud du Bulawayo à <20% dans certains endroits du Highveld et des  Eastern Highlands. Environ 90% de la pluviosité totale du Zimbabwe est liée à des orages, qui donnent lieu à des précipitations de courte durée et de grande intensité. Les périodes de bruine et de pluie légère ("guti") ne sont significatives qu’au sud-est du bassin central, mais la contribution de ce type de pluviosité au total est faible. Dans de plusieurs zones, des effets orographiques provoquent des variations locales du mode de pluviosité régional.

Zones agroécologiques

Vincent et Thomas (1960) divisent le Zimbabwe en cinq grandes régions naturelles, en fonction des différences de pluviosité (figure 2; tableau 4).

Figure 2 – Carte des zones agro-climatiques et régions agricoles

Tableau. 4. Zones agroécologiques du Zimbabwe et systèmes de production recommandés dans chaque zone
(Vincent et Thomas, 1960).

Région naturelle

Superficie (km-2)

Pluviosité (mm an-1)

Système de production

I

7 000

>1 000

Agriculture spécialisée et diversifiée

II

58 600

750 – 1 000

Agriculture intensive

III

72 900

650 - 800

Agriculture semi-intensive

IV

147 800

450 - 650

Agriculture semi-extensive

V

104 400

<450

Agriculture extensive

La pluviosité annuelle est plus élevée dans la région naturelle I, qui couvre environ 2% de la superficie. C’est une région agricole spécialisée et diversifiée, avec des plantations forestières, des fruitiers et de l’élevage intensif. On cultive du thé, du café et des noix Macadamia dans les zones où il ne gèle pas. La région naturelle II, qui couvre 15% de la superficie, est moins arrosée que la première mais convient tout de même à l’agriculture intensive fondée sur les cultures ou l’élevage.

La région naturelle III est une région agricole semi-intensive couvrant 19% du Zimbabwe. Bien que les précipitations y soient globalement modérées, de sévères accès de sécheresse de demi-saison la rendent marginale pour le maïs, le tabac et le coton, et pour les activités ne dépendant que des cultures. Les systèmes de production s’appuient ainsi à la fois sur l’élevage (avec l’aide de cultures fourragères) et sur les cultures commerciales.

La région naturelle IV est une région agricole semi-extensive couvrant environ 38% du Zimbabwe. La pluviosité y est faible et, de plus, les sécheresses saisonnières périodiques et de sévères accès de sécheresse durant la saison humide sont fréquents. Les mises en culture sont donc risquées, sauf à certains endroits très favorables, où l’on cultive de manière limitée des espèces résistantes à la sécheresse en bordure. Le système de production est fondé sur l’élevage et les cultures fourragères résistantes à la sécheresse.

La région naturelle V est une région agricole extensive couvrant environ 27% du Zimbabwe. La pluviosité y est trop faible et aléatoire pour permettre une culture fiable, même la production de fourrages et d’espèces résistantes à la sécheresse. Le système de production est fondé sur les pâturages naturels. L’élevage extensif de bovins ou les activités liées à la faune sauvage constituent la seule forme d’exploitation bien adaptée à la région.


4.  SYSTÈMES D'ÉLEVAGE

Au Zimbabwe, on pratique aussi bien le grand élevage commercial que le petit élevage. Les activités commerciales importantes sont l’élevage de bovins de boucherie et de bovins laitiers, tandis que, dans le secteur familial, les petits producteurs élèvent des bovins de boucherie et laitiers et des petits ruminants (ovins et caprins) au sein d’un système d’exploitation mixte.

Production commerciale

La production de viande bœuf et de produits laitiers est importante dans le grand secteur commercial (Tableau 5). Le bœuf et le lait sont consommés localement et exportés. Les exportations de viande de bœuf vers l’Union européenne et l’Afrique du Sud génèrent des devises.

Tableau 5. Estimations des produits de l’élevage du grand secteur commercial (milliers de tonnes).

 

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

Bœuf

139,25

102,28

107,27

78,68

70,81

73,79

73,50

67,20

Produits laitiers

220,76

204,82

196,92

200,19

200,90

185,40

184,32

181,29

Ovins

0,10

0,18

0,18

0,25

0,29

0,29

0,27

0,30

Volaille

36,29

31,09

33,36

33,94

33,82

36,42

35,02

38,52

Porcins

6,50

8,78

9,21

8,51

8,80

9,90

10,59

11,00

(Source: Commercial Farmers Union, 2000)

Bovins de boucherie

Les races européennes (Bos taurus), les races indigènes (Bos indicus) et les croisements sont utilisés pour la production de bœuf. Les systèmes vont du système extensif (ranching), qui requiert de grandes superficies, au système intensif, qui requiert des superficies relativement plus petites. En général, on trouve les systèmes dans les régions naturelles IV et V, où la pluviosité est trop faible et aléatoire pour les cultures. En revanche, on trouve les systèmes intensifs, tels que l’embouche en enclos de bétail de boucherie dans les zones bien arrosées (régions naturelles II et III), où la production d’herbage est plus élevée et moins variable et où l’on peut cultiver des aliments hautement énergétiques comme le maïs.

Les pâturages naturels sont la première source d’alimentation des bovins de boucherie, mais les résidus de récolte et les pâturages semés peuvent jouer ce rôle pendant de courtes périodes dans les zones moyennement et très arrosées  (régions naturelles I et II). Les animaux sont laissés sur les pâturages dans des parcs clôturés, en respectant des taux de charge modérés.  On pratique un système de pâture en rotation, avec cinq à huit enclos par troupeau.

La quantité et la qualité des herbages varient dans l’espace et le temps (Weinman, 1948; Elliot et Folkertsen, 1961). La pluviosité est un facteur déterminant de la production herbacée (Dye et Spear, 1982). Il y a une relation linéaire entre la production herbacée et la pluviosité annuelle dans les zones recevant moins de 900 mm. Il est difficile pour les producteurs de faire correspondre les effectifs du cheptel et les herbages disponibles. Ceux-ci ont donc tendance à garder des charges animales modérées pour éviter le surpâturage. Cette stratégie se traduit toutefois par une sous-utilisation des herbages durant les années plus arrosées que la moyenne. 

Les bovins de boucherie reçoivent une supplémentation à cause des variations saisonnières de la valeur nutritive de la pâture. On leur fournit donc des protéines complémentaires en saison sèche, du phosphore en saison humide et, occasionnellement, une complémentation énergétique au printemps et au début de l’été (Sibanda, 1998).

Certains agriculteurs sèment en outre des légumineuses sur les pâturages, pour améliorer la qualité de la pâture. On utilise diverses légumineuses herbacées et arbustives (décrites plus bas).

Une société joue un rôle-clef dans l’industrie du bœuf du Zimbabwe: la Cold Storage Company (CSC). Celle-ci fournit des animaux reproducteurs aux petits et aux grands agriculteurs, et de la viande de bœuf au marché intérieur lorsque l’approvisionnement fait défaut. La CSC est une ancienne organisation para-étatique qui a été récemment privatisée; elle possède des ranchs et des parcelles d’engraissement dans diverses parties du pays et pratique l’élevage bovin extensif et intensif. Elle a pour mandat de soutenir la production nationale et la commercialisation de bœuf, ce qu’elle fait notamment en achetant des animaux aux éleveurs dans les zones frappées par la sécheresse. Ceux-ci sont gardés dans des ranchs durant les années de sécheresse puis vendus ou prêtés aux éleveurs pour qu’ils reconstituent leur cheptel. Au Zimbabwe, l’approvisionnement en bétail de boucherie est saisonnière. Peu d’éleveurs en fournissent  en saison sèche et au début de la saison végétative. Aussi la  CSC maintient-elle l’approvisionnement des marchés intérieur et d’exportation en abattant des animaux auparavant engraissés dans des enclos, avec une alimentation hautement énergétique.

La production commerciale de bœuf a drastiquement chuté depuis 1992 (Tableau 5). On a attribué cela à un environnement macro-économique défavorable caractérisé par une forte inflation et des taux d’intérêt élevés. Les éleveurs sont de moins en moins à même de pouvoir emprunter de l’argent pour acheter des animaux reproducteurs, surtout après les sécheresses. Certains éleveurs sont donc en train d’abandonner la production de bœuf et de se tourner vers des activités plus rentables comme celles liées à la faune et la flore sauvages. 

Bovins laitiers

La production laitière est une activité importante approvisionnant le marché intérieur (tableau 6). C’est une activité spécialisée qui requiert une alimentation appropriée des vaches et un maniement spécifique du lait. Pour produire du lait, une vache doit avoir un régime équilibré. Les systèmes d’alimentation sont en général fondés sur le maïs et les sous-produits pour l’apport énergétique, et sur le coton et les tourteaux de soja pour l’apport en protéines (Pascoe, 1987). Les pâturages naturels, le foin du veld, l’ensilage de maïs et, dans les zones irriguées, l’avoine, le ray-gras anglais Midm, la luzerne et les pâturages semés constituent d’importantes sources de fourrage grossier.

Tableau 6. Nombre d’animaux laitiers, nombre d’exploitations  et quantité de lait livrée (millions de litres) à la Dairyboard Zimbabwe Ltd.

Année

Nombre de femelles laitières

Nombre d’exploitations

Quantité de lait

1982

93 350

472

150,5

1983

93 999

495

172,5

1984

104 464

521

181,1

1985

103 837

520

187,9

1986

196 763

538

202,1

1987

105 107

561

223,9

1988

108 433

540

236,7

1989

112 868

534

241,0

1990

141 000

524

256,0

1991

149 000

495

253,5

1992

136 900

461

237,6

1993

-

430

204,0

(Source: Nyathi et Gambiza, 1994).

Les systèmes d’alimentation varient selon le climat et l’habileté des agriculteurs à produire des cultures économiques. Dans les zones de pluviosité marginale (régions naturelles III et IV),  la plupart des agriculteurs achètent des concentrés et utilisent les pâturages naturels en été. L’ensilage de maïs et le foin du veld fournit des fibres durant les mois d’hiver. En revanche, les agriculteurs des zones à fort potentiel (régions naturelles I et II) cultivent du maïs pour l’apport en fibres (ensilage) et en énergie (maïs en grain). Ainsi, les agriculteurs de ces zones n’achètent en général que des concentrés mixtes fortement protéines. Bien que de nombreux éleveurs mènent leur cheptel sur les pâturages, on observe une tendance croissante à la stabulation, le maïs ensilé formant la base des fibres ingérées (Pascoe, 1987). Dans les endroits irrigués, la plupart des agriculteurs produisent du fourrage vert pour l’hiver. Les fourrages les plus courants sont l’avoine, le Midmar rye grass et les herbages pastoraux.

Les coûts élevés des aliments du bétail commercialisés constituent un obstacle pour de nombreux producteurs laitiers. Les agriculteurs produisent de plus en plus d’aliments sur leur exploitation pour réduire les coûts. Divers instituts de recherche financés par le gouvernement mènent des recherches sur la production de fourrages de haute qualité. L’objectif principal est de trouver les systèmes les moins onéreux d’alimentation du bétail laitier, à partir des herbages de terres sèche et des pâturages de graminées/légumineuses. 

Les races laitières les plus courantes sont les races frisonne-holstein, jersey, guernsey, ayrshire et red dane. Dans les programmes de reproduction, on a recours à la reproduction naturelle comme à l’insémination artificielle, pour laquelle on utilise du sperme importé de mâles de haute qualité. 

Petite production

Bovins de boucherie et petits ruminants

Dans le secteur du petit élevage, les bovins sont les animaux les plus importants, et ils sont élevés pour des usages multiples, comme le pouvoir de traction, le fumier, le lait, les revenus monétaires et la viande. La production de viande bœuf vient en second après l’apport en traction animale en termes de valeur des bovins. Il y a donc une forte relation entre les cultures et l’élevage dans ce secteur  (tableau 7). La production de cultures augmente en même temps que le troupeau augmente. Les agriculteurs qui possèdent du bétail labourent leurs terres en tenant compte des apports du bétail, ce qui augmente le rendement. De plus, le fumier est employé comme engrais organique, ce qui améliore la structure et la fertilité des sols et réduit le nombre d’engrais non organique à acheter. Les agriculteurs qui possèdent du bétail obtiennent donc des rendements plus élevés et ont une plus grande sécurité alimentaire que les agriculteurs qui n’en possèdent pas.

Tableau 7. Rapport entre la taille du troupeau bovin et la production de maïs dans le secteur communautaire. 

Taille du troupeau

Superficie en maïs (ha)

Superficie fumée (ha)

Fumier appliqué (tonnes)

Rendement du maïs (kg ha-1)

1-4

1,0

0,38

4,01

903

5-8

1,2

0,57

4,19

1148

9-12

1,3

0,69

4,21

1249

>12

1,3

0,94

4,57

1831

(Source: Rukuni, 1994).

La production des bovins du secteur du petit élevage est en général faible (moins de 7%) (Rukuni, 1994). Les éleveurs tendent à vendre les animaux âgés (9-10 ans) et non productifs. Cette faible production est due au fait que l’on élève les bovins pour de multiples usages. De plus, les troupeaux sont de petite taille (4-5 têtes par famille). Environ 40% des ménages de ce secteur ne possèdent pas de bovins et dépendent d’autres pour la traction animale. Les producteurs tendent donc à acheter des animaux pour constituer des troupeaux, conduisant ainsi à une production restreinte.

A la différence des bovins, on élève les petits ruminants avant tout pour la viande, les ventes et revenus monétaires et le fumier. Les petits ruminants complètent les bovins pour répondre aux besoins familiaux (Rukuni, 1994). Le tableau 8 montre la taille des troupeaux et les modes de propriété de petits ruminants  dans les zones communautaires. Les caprins et la taille des troupeaux augmentent avec l’aridité. Cela est dû à la capacité des chèvres de survivre dans des environnements difficiles. En revanche, les quantités d’ovins et la taille des troupeaux sont semblables dans les cinq zones agroécologiques du pays.

Tableau 8. Taille du troupeau et types de propriété des petits ruminants et des asins par régions naturelles (RN) dans les zones communautaires.

Taille du troupeau

RN II

RN III

RN IV

RN V

Caprins

3,2

2,6

6,2

7,9

Ovins

0,2

0,2

0,2

0,2

Anes

0,2

0,4

0,7

1,2

Foyers possédant des (%):

       

Caprins

62,9

51,6

57,3

74,8

Ovins

3,6

4,0

3,6

3,4

Anes

4,0

14,1

35,1

37,8

(Source: Rukuni, 1994)

Les bovins et les petits ruminants s’alimentent, en été, sur les pâturages naturels et, en hiver, à partir de résidus de récolte, de bordures de canal, de jachères et d’aires non cultivées au milieu des terres de culture. La charge animale pour les bovins est élevée (1 unité animale pour 1 ha) sur les pâturages communautaires et les effectifs ainsi que la productivité fluctuent en fonction de la pluviosité annuelle, conduisant à des cycles de production irréguliers (Campbell et al., 2000). Ainsi, les effectifs des bovins augmentent durant les années plus arrosées que la moyenne et chutent de manière dramatique en temps de sécheresse. Par exemple, durant la sécheresse de 1991/1992, jusqu’à 90% des bovins sont morts dans certaines zones. On élève des races natives telles que les races mashona, tuli et nkone, qui font preuve d’une grande fertilité  (le pourcentage de vêlage est supérieur à 85% avec une alimentation adéquate et un contrôle des maladies). Les animaux ne reçoivent pas de supplémentation en protéines durant la saison sèche et ne sont pas vaccinés.

Bovins laitiers

La production laitière dans le secteur du petit élevage date d’après l’indépendance  (1980). L’Autorité de développement agricole et rural (Agricultural and Rural Development Authority: ARDA), une organisation para-étatique, a été le fer de lance de ce phénomène. Plusieurs programmes laitiers pour les petits agriculteurs sont maintenant opérationnels dans diverses parties du pays. Ces derniers livrent maintenant du lait au marché (tableau 9). Le programme de développement laitier (Dairy Development Programme: DDP) de l’ARDA a pour mandat de promouvoir le développement laitier. Il fournit de l’assistance financière et technique aux agriculteurs pour la constitution d’activité de ce type. Le lait est produit par des vaches de races croisées.

Tableau 9. Taille du troupeau laitier, production et ventes de lait (litres) dans le secteur de la petite production.

Année

Troupeau laitier (effectifs)

Consommation familiale (106 litres)

Ventes de DZLa (106 litres)

Ventes locales (106 litres)

Production totale      (106 litres)

1990

 

0,38

1,18

0,08

1,64

1991

 

0,47

1,41

0,16

2,04

1992

 

0,43

1,11

0,32

1,86

1993

 

0,46

1,11

0,42

1,99

1994

4 734

0,65

1,66

0,52

2,83

1995

4 962

0,81

1,94

0,80

3,56

1996

5 474

0,75

1,73

0,71

3,18

1997

5 569

0,73

1,26

0,85

2,84

1998

5 657

0,58

0,54

0,87

1,99

1999

5 327

0,37

0,37

0,74

1,48

(Source: ARDA-DDP Annual Report; 1998/99)

(aDZL, Dairiboard Zimbabwe Limited, est une ancienne orgnaisation para-étatique qui commercialise du lait).

Les animaux laitiers pâturent et reçoivent aussi des aliments produits sur l’exploitation et des concentrés commerciaux. Le secteur a rencontré de nombreux problèmes qui ont conduit à la réduction de la production de lait et des ventes. Les contraintes principales sont les suivantes (ARDA-DDP Annual Report, 1998/99):

  • alimentation insuffisante;
  • coûts élevés des aliments commerciaux;
  • faible fertilité des vaches due à la mauvaise nutrition;
  • emploi de vaches âgées dû au coût élevé du remplacement des génisses;
  • mauvaise gestion des veaux menant à une forte mortalité chez ces derniers;
  • connaissances insuffisantes sur les méthodes de traitement du lait et de commercialisation des produits laitiers.

Malgré ces problèmes, des efforts concertés sont faits pour améliorer la petite production laitière. On met beaucoup l’accent sur la formation des éleveurs en matière d’alimentation des animaux laitiers et de gestion. 


5.  RESSOURCES PASTORALES

Pâturages naturels

Les pâturages naturels sont la ressource alimentaire la moins coûteuse et la plus importante au Zimbabwe. On les a divisés en sourveld, sweetveld et mixedveld, selon les variations du poids des animaux pendant la saison sèche. Le sourveld désigne un pâturage où les animaux prennent du poids durant la saison végétative mais en perdent en saison sèche à cause de la mauvaise qualité des herbages (contenu en protéines inférieur à 30 g kg-1). On le trouve dans la région du highveld qui reçoit plus de 800 mm de précipitations annuelles, à une altitude supérieure à 1200 m. Le sweetveld correspond à un pâturage où les animaux prennent du poids durant la saison végétative et en hiver, et sont en mesure d’au moins maintenir leur poids. Le sweetveld se trouve dans des zones semi-arides de basse altitude (< 900 m) peu arrosées (<600 mm). L’aptitude des herbivores à garder un poids stable dépend en partie de la présence d’espèces arbustives appétées, qui tendent à être riches en protéines. Le middleveld est un pâturage intermédiaire entre ces deux extrêmes et se trouve en général dans des zones à l’altitude et à la pluviosité intermédiaires.

La production herbacée varie considérablement dans le temps et dans l’espace; les principaux facteurs d’influence sont la pluviosité annuelle, l’ombrage apporté par les plantes ligneuses et les types de sol. Il existe une relation linéaire entre la production herbacée et la pluviosité annuelle (jusqu’à 900 mm) (Dye et Spear, 1982). Pour chaque millimètre de pluie, 2 kg de matière sèche ha-1 an-1 sont produits dans des zones défrichées sur des sols argileux, et 1 kg MS ha-1 an-1 dans des zones défrichées sur des sols sableux (Dye et Spear, 1982). Il existe une relation négative exponentielle entre le couvert ligneux et la production herbacée (Frost, 1996).

La qualité des herbages varie en fonction de la saison. Le contenu en fibres augmente avec la maturité de la plante et est donc plus élevé à la fin de la saison végétative. En revanche, le contenu en protéines des graminées est plus élevé au début de saison végétative (novembre – décembre) et plus bas en saison sèche  (Tableaux 10 et 11). Les ruminants perdent du poids en saison sèche dans les zones où le contenu en protéines des herbages est inférieur à 60 g kg-1. dans le grand secteur commercial, on administre couramment aux animaux des compléments en protéines en saison sèche pour éviter les pertes de poids.

Tableau 10. Variations saisonnières de matière sèche (MS), protéines (P), fibres (F) et cendres sur les parcours non pâturés,  sur les sols sableux de la station de recherche de Grassland. 

Mois

MS (kg ha-1)

P (g kg-1)

F (g kg-1)

Cendres (g kg-1)

Décembre

228,7

85

333

59

Janvier

571,6

71

352

66

Février

1017,7

50

384

60

Mars

1360,7

51

374

63

Avril

1462,7

41

395

54

Mai

1053,6

40

384

57

(Source: Weinman, 1948)

Tableau 11. Variations saisonnières de matière sèche (MS), protéines (P), fibres (F), cendres et nutriments totalement digestibles (NTD) sur parcours non pâturés, sur les sols argileux de la station de recherche de Henderson.  

Mois

MS (kg ha-1)

P (g kg-1)

F (g kg-1)

Cendres (g kg-1)

NTD (g kg-1)

Novembre

539,9

87

307

109

-

Décembre

1080,9

70

316

102

612

Janvier

1555,8

52

356

100

523

Février

2441,1

43

369

97

529

Mars

2921,9

36

381

89

473

Avril

2919,6

31

388

98

438

Mai

2868,4

28

406

90

293

(Source: Elliot and Folkertsen, 1961)

Il y a huit grands types de végétation herbacée au Zimbabwe (Rattray, 1957). Ils sont décrits en fonction des espèces de graminées dominantes (Figure 3). Les types de végétation herbacée ont des capacités de charge variées. En général, les capacités de charge  sont plus élevées dans les zones plus arrosées et moins élevées dans les zones moins arrosées.

  • Grassveld de montagne. On trouve ce type à la frontière est, où la pluviosité est supérieure à  1000 mm et l’altitude supérieure à  1 600 m. Il s’agit d’un sour grassveld pérenne ras, avec une capacité de charge  de 1 unité animale (UA = 500 kg) pour 2-3 ha. Themeda triandra domine sur les argiles rouges fertiles et  Loudetia simplex sur les sols granitiques sableux.  Andropogon schirensis, Monocymbium ceresiiforme, Eragrostis racemosa Trachypogon spicatus, Alloteropsis semialata, Digitaria apiculata, D. monodactyla et Bewsia biflora sont d’autres espèces de graminées courantes. Cymbopogon validus, Eragrostis et l’arbuste Senecio sceleratus dominent là où les terres sont surpâturées.
  • Grassveld à haute Hyparrhenia. On trouve ce type dans des zones recevant entre 750 mm et 1 125 mm, à des altitudes allant de  1 200 m à 1675 m. Il s’agit d’un  sourveld, variant de boisements de  Brachystegia spiciformis à des pâturages ouverts pérennes, situé dans le bassin. Il a une capacité de charge  de 1 unité animale pour  2,5-3,5 ha. Parmi les graminées courantes, on trouve  Hyparrhenia filipendula, Hyperthelia dissoluta, Heteropogon contortus, Brachiaria brizantha, Digitaria milanjiana, Eragrostis racemosa, Andropogon schinzii, Schizachyrium semiberbe, S. jeffreysii et Aristida congesta. Aristida vestita et Perotis patens sont des espèces caractéristiques des sables granitiques non fertiles. Les espèces de Hyparrhenia et de Themeda triandra dominent sur les argiles rouges fertiles et les limons argileux. Ce type de veld est relativement résistant au surpâturage. Toutefois, Heteropogon contortus, Sporobolus pyramidalis, Melinis repens, Eragrostis spp., Aristida spp., Cynodon dactylon ainsi que divers arbustes  (Eriosema englerianum et Dolichos malosanus) deviennent dominants quand le veld est surpâturé. 
  • Grassveld à  Hyparrhenia et autres espèces. On trouve ce type  principalement dans le bassin à des altitudes supérieures à 1 200 m, dans des zones recevant moins de 750 mm de précipitations. Il s’agit d’un sourveld de hautes graminées pérennes, variant de la savane arborée à une savane plus ouverte dans les parties les plus sèches du bassin principal. Il a une capacité de charge  de 1 unité animale pour  4-5 ha. Les graminées courantes sont semblables à celles du type précédent. Le couvert herbacé est toutefois moins dense et diverses espèces telles que  Eragrostis jeffreysii et E. gummiflua apparaissent aussi dans ce type. On trouve aussi les espèces ligneuses Terminalia sericea, Burkea africana, Combretum spp. et Acacia. Dans les veld surpâturés, les espèces herbacées qui deviennent dominantes sont les mêmes que celles présentées dans le type précédent, à l’exclusion de Sporobolus pyramidalis. Eragrostis rigidior pousse aussi abondamment dans les zones surpâturées. 
  • Grassveld à  Heteropogon et autres espèces. Il s’agit d’un mixedveld de graminées pérennes de taille moyenne, et comprenant aussi quelques herbages annuels dans la savane arborée ou la savane arbustive, entre le veld d’ Hyparrhenia et le veld d’ Eragrostis. Il a une capacité de charge  de 1 unité animale pour  5-6 ha. Parmi les graminées courantes, on trouve  Heteropogon contortus, Themeda triandra, Cymbopogon plurinodis, Hyparrhenia filipendula, Bothriochloa insculpta et Eragrostis superba. Ce veld est sensible au surpâturage. Cymbopogon plurinodis, H. contortus, B. insculpta et diverses espèces annuelles et ligneuses (Acacia karroo) abondent dans les velds surpâturés.
  • Grassveld à  Heteropogon et autres espèces. On trouve ce type  sur des sols à texture légère, à des altitudes entre 450 m et 1 050 m, dans des zones recevant entre 375 mm et 500 mm de pluies. Il s’agit d’un sweetveld ou d’un mixedveld, dominé par des graminées pérennes de taille moyenne et avec une forte proportion d’espèces annuelles dans la savane arbustive. Les espèces annuelles  augmentent en temps de sécheresse. Il a une capacité de charge  de 1 unité animale pour  7,5-10 ha. Les graminées courantes sont Eragrostis rigidior, E. superba, Schizachyrium jeffreysii, Heteropogon contortus, Schmidtia pappaphoroides, Pogonarthria squarrosa, Brachiaria nigropedata, Urochloa pullulans, Digitaria pentzii, Enneapogon cenchroides et Aristida. Les espèces ligneuses associées sont Terminalia sericea, Combretum spp., Commiphora spp., Acacia spp., Colophospermum mopane, Grewia spp. et, dans le nord du pays, Brachystegia boehmii et  B. spiciformis. Ce veld est sensible au surpâturage. Enneapogon cenchroides, E. rigidior diverses espèces annuelles abondent dans les veld surpâturés.
  • Grassveld à  Aristida et autres espèces.  On trouve ce type  à des altitudes entre 900 m et 1 200 m, dans des zones recevant entre 500 mm et 750 mm de pluies. Il s’agit d’un sourveld ou mixedveld de graminées pérennes courtes et hautes, comprenant aussi des graminées annuelles dans les boisements, sur les sables du Karroo et du Kalahari à l’ouest du Zimbabwe. Il a une capacité de charge  de 1 unité animale pour 10-16 ha. Les graminées courantes sont Aristida graciliflora, A.pilgeri, Digitaria pentzii, D. perrottetti, Triraphis schlechteri, Heteropogon melanocarpus, Eragrostis pallens, Schizachyrium jeffreysii, S. semiberbe, Pogonarthria fleckii et Panicum maximum. Les espèces ligneuses associées sont Baikiaea plurijuga, Pterocarpus angolensis, Julbernardia globiflora, Brachystegia spiciformis, B. boehmii, Burkea africana, Terminalia sericea, Guibourtia coleosperma and Combretum. L’espèce vénéneuse Dichapetalum cymosum est courante. Extrêmement  sensible au surpâturage. Aristida spp., Triraphis schlechteri, Eragrostis pallens, diverses espèces annuelles et herbages non graminéenes abondent dans les velds surpâturés.
  • Grassveld à Cenchrus et autres espèces.   On trouve ce type  sur des sols argilo-basaltiques lourds, à des altitudes entre 450 m et 1 000 m où la pluviosité varie de 325 mm à 400 mm. Il s’agit d’un sweetveld situé dans une savane arbustive de graminées pérennes de taille moyenne-haute, contenant une forte proportion de graminées annuelles. Les espèces pérennes diminuent en année sèche. Il a une capacité de charge  de 1 unité animale pour 7,5-10 ha. Les graminées courantes sont Cenchrus ciliaris, Bothriochloa radicans, Chloris myriostachya, Pennisetum spp. Panicum maximum et Enneapogon cenchroides. Les espèces ligneuses associées sont Colophospermum mopane, Grewia et Acacia. Il est sensible au surpâturage. Enneapogon cenchroides diverses espèces annuelles abondent dans les velds surpâturés.
  • Grassveld à Aristida-Dactyloctenium-Eragrostis et autres espèces.   On trouve ce type  dans les vallées du Zambèze et du Limpopo, en dessous de 600 m d’altitude, là où la pluviosité annuelle varie entre 300 mm et 600 mm. Il s’agit d’un sweetveld situé principalement dans des boisements ou la savane buissonnante, comprenant surtout de courtes graminées annuelles éparses. Il a une capacité de charge  de 1 unité animale pour 12-20 ha. Les graminées courantes sont Aristida adscensionis, Eragrostis viscosa, Dactyloctenium giganteum, Chloris virgata et, sur les sols plus profonds et plus humides, Urochloa spp., Panicum spp., Cenchrus ciliaris et Digitaria. Les espèces ligneuses associées sont Combretum celestroides, Adansonia digitata, Commiphora spp., Schrebera spp. et Colophospermum mopane. Extrêmement  sensible au surpâturage. Les espèces annuelles abondent dans les velds surpâturés. De grandes superficies de sol nu apparaissent à cause du surpâturage.

 

Figure 3 – Principaux types de végétation herbacée au Zimbabwe   
(Rattray, 1957)

[Cliquer ici pour agrandir l’image]

On trouve plusieurs autres types de pâturages moins étendus qui s’inscrivent dans les types principaux, comme le veld à Setaria, le serpentine veld et le sodic veld. Le veld à Setaria est un type de sourveld ou de mixedveld que l’on trouve sur les vertisols dans les zones pluvieuses (> 400 mm) de savane arborée ou de pâturages ouverts. Les graminées courantes sont Setaria porphyrantha, S. sphacelata, Dichanthium papilosum et Ischaemum afrum. Elles sont associées à des espèces d’Acacia. Ce veld a une capacité de charge  de 1 unité animale pour 3-4 ha. Le serpentine veld est un type de sourveld ou de mixedveld du Great Dyke. Les espèces caractéristiques sont Andropogon gayanus, A. schirensis, Themeda triandra, Bewsia biflora, Aristida spp. et Loudetia. Ce veld a une capacité de charge  de 1 unité animale pour 5 ha. Le sodic veld est un sweetveld situé dans la savane arbustive ou buissonnante sur des sols sodiques, souvent près de lignes de drainage granitiques. Les graminées courantes sont Sporobolus ioclodes, Chloris virgata et Dactyloctenium aegyptium. Les espèces ligneuses associées sont Colophospermum mopane, Acacia gerrardii et A. mellifera. Ce veld a une capacité de charge  de 1 unité animale pour 14-20 ha.

Parcours améliorés  

Le seul moyen d’augmenter la productivité des pâturages et de les améliorer en y plantant des légumineuses (Clatworthy, 1998). Plusieurs légumineuses peuvent être employées à cet effet (Robinson et Clatworthy, 1980; Maclaurin et Wood,1987) (Tableau 12). Au Zimbabwe, l’amélioration des pâturages a consisté principalement dans les pratiques suivantes: plantation de rangées de fourrages herbacés améliorés, habituellement des légumineuses sur le dessus et des graminées dans le vleis. Ces pratiques ont en général mieux réussi dans les zones à plus forte pluviosité et sur les sols plus fertiles.

Tableau 12. Légumineuses et graminées couramment utilisées pour l’amélioration des pâturages au Zimbabwe.

Espèces

Type de sol

Pluviosité (mm)

Altitude (m)

Remarques

Légumineuses

       

Chamaecrista rotundifolia (Cassia)

sables

650 - 800

1 300

Espèce annuelle à demi ramassée. Semences prolifiques. Taux de semis: 2 kg ha-1.

Stylosanthes guianensis (Graham stylo)

sables / argiles sableuses

> 800

<1 300

Pérenne. Taux de semis: 3 kg ha-1. Bonne résistance à l’anthracnose.

Stylosanthes hippocampoides (Oxley fine-stem stylo)

sables

600 -1 000

>1 200

Pérenne. Taux de semis: 3-4 kg ha-1. Sujet à l’anthracnose.

Stylosanthes hamata (Verano stylo)

sables / argiles sableuses

650 -1 000

<1 300

Tolérant à la sécheresse. Taux de semis: 3 kg ha-1.

Stylosanthes scabra (Shrubby stylo)

sables / argiles sableuses

>650

<1 300

Pérenne et dressé. Taux de semis: 3 kg ha-1.

Macrotyloma axillare (Archer)

sables / argiles sableuses

>800

>1 000

Pérenne et tortillé. Taux de semis: 3- 5 kg ha-1.

Macroptilium atropurpureum (Siratro)

sables / argiles sableuses

650 -1 000

<1 500

Pérenne et tortillé. Taux de semis: 6- 9 kg ha-1.

Leucaena leucocephala (Leucaena)

sables/ argiles

650 - 1 000

<1 300

Arbuste ou arbre pérenne. Rangées espacées de 3 m.

         

Graminées

       

Acroceras macrum (Nile grass)

sables / argiles sableuses

>1 000

<1 500

Ramassé et stolonifère. Employé pour améliorer les vleis.

Panicum repens (Torpedo grass)

sables / argiles sableuses

>1 000

<1 500

Rhizome. Employé pour améliorer les vleis.

Paspalum urvellei (Upright paspalum)

sables / argiles sableuses

>1 000

<1 500

Haut bouquet de graminées pour améliorer les vleis. Taux de semis: 15 kg ha-1.

Pâturages semés 

Dans les zones bien arrosées, l’intégration des cultures et de l’élevage par l’intermédiaire de l’usage des pâturages peut conduire à une production agricole plus importante et plus stable (Clatworthy, 1998). Les pâturages plantés ou semés vont des jachères herbacées sans engrais aux pâturages irrigués recevant beaucoup d’engrais. Des exemples de plantes pouvant être utilisées sur les pâturages semés sont donnés aux tableaux 13-15.

Tableau 13. Légumineuses et graminées couramment utilisées dans les pâturages secs temporaires (leys)

Espèces

Type de sol

Pluviosité (mm)

Altitude (m)

Remarques

Légumineuses1

       

Neonotonia wightii (Glycine)

argiles sableuses / argiles

>800

>1 200

Pérenne tortillé. Résistant aux nématodes racinaires. Taux de semis: 4-6 kg ha-1.

Desmodium intortum (Greenleaf desmodium)

grande variété

>800

>1 200

Pérenne tortillé. Résistant aux nématodes racinaires. Taux de semis: 2 kg ha-1.

Desmodium uncinatum (Silverleaf desmodium)

grande variété

>800

>1 200

Pérenne tortillé. Sensible aux nématodes racinaires. Taux de semis: 3 kg ha-1.

Lotononis bainesii (Beit lotononis)

sables

>800

>1 300

Pérenne ramassé. Sensible aux nématodes racinaires. Taux de semis: 05-1 kg ha-1.

         

Graminées

       

Chloris gayana (Katambora Rhodes grass)

sables / argiles sableuses

>800

>1 000

Facile à établir. Résistant aux nématodes racinaires. Taux de semis: 6-8 kg ha-1.

Eragrostis curvula (Weeping lovegrass)

sables / argiles sableuses

>800

<1 200

Facile à établir. Résistant aux nématodes racinaires. Taux de semis: 3-4 kg ha-1.

Panicum maximum (Panicum)

grande variété

>800

<1 500

Résistant aux nématodes racinaires. Taux de semis: 8-10 kg ha-1.

Digitaria eriantha (Smuts finger grass)

sables / argiles sableuses

>800

<1 500

Résistant aux nématodes racinaires. Taux de semis: 6-8 kg ha-1.

Paspalum guenoarum (Wintergreen paspalum)

sables / argiles sableuses

>800

<1 500

Résistant aux nématodes racinaires. Taux de semis: 6-7 kg ha-1.

Chloris gayana (Giant Rhodes grass)

argiles sableuses

>800

<1 500

En touffe et stolonifère. Sensible aux nématodes racinaires. Taux de semis: 8-10 kg ha-1.

1Y compris Siratro, Graham stylo et Archer (voir tableau 12).

Tableau 14. Graminées1 courantes sur les pâturages permanents de zone sèche     

Espèces

Type de sol

Pluviosité (mm)

Altitude (m)

Remarques

Cynodon spp.(Stargrasses)

grande variété

>650

<1 500

Facile à établir. Résistant aux nématodes racinaires. Taux de semis: 3-4 kg ha-1.

Pennisetum clandestinum (Kikuyu grass)

limons sableux/ argiles

>1 000

<1 500

Etabli à partir des parties rampantes de la plante. Requiert haute fertilité et humidité. 

Paspalum notatum (Paraguay paspalum)

sables / argiles sableuses

>800

<1 500

Résistant aux nématodes racinaires. Taux de semis: 15-17 kg ha-1.

1Y compris Panicum repens, Acroceras macrum (voir tableau 12).

Tableau 15. Graminées et légumineuses courantes sur les pâturages irrigués   

Espèces

Type de sol

Pluviosité (mm)

Altitude (m)

Remarques

Graminées1

       

Lolium multiflorum (Midmar ryegrass)

argiles sableuses / argiles

>1 000

>1 200

Espèce annuelle à feuilles en touffes. Taux de semis: 30 kg ha-1.

Avena sativa (Oats)

argiles sableuses

>1 000

>1 200

Culture céréalière annuelle. Taux de semis: 75 kg ha-1.

Agrotricum

argiles sableuses / argiles

>1 000

>1 500

Espèce hybride entre  Agropyron elongatum et Triticum vulgare. Taux de semis: 30-35 kg ha-1.

Légumineuses

       

Medicago sativa (Lucerne)

sables / argiles sableuses

>650

<1 300

Espèce pérenne dressée à racines profondes. Taux de semis: 10-12 kg ha-1.

Trifolium semipilosum (Kenya white clover)

argiles sableuses

>1 000

>1 300

Espèce pérenne ramassée. Convient à l’association avec Kikuyu. Effets de gonflement. Taux de semis: 1,5 - 2 kg ha-1.

Trifolium repens

(Tama clover)

sables / argiles sableuses

>1 000

>1 300

Effet de gonflement. Taux de semis: 15-17 kg ha-1.

1Y compris des espèces de Pennisetum clandestinum, Cynodon (voir tableau 14).

Les principaux problèmes des plantes pastorales résident dans la disponibilité des semences et la faible persistance de certaines espèces sous pâture intensive. Les semences fourragères sont en général coûteuses. De plus, la plupart des légumineuses requièrent une inoculation de Rhizobia et l’application d’engrais phosphaté au moment de leur établissement. Les engrais non organiques sont en général coûteux pour les agriculteurs.


6.  AMÉLIORATION DES RESSOURCES PASTORALES

Il y a trois façons principales d’améliorer les ressources pastorales. Tout d’abord, là où les pâturages naturels constituent la source d’alimentation essentielle, on peut adopter une stratégie visant à garder une charge animale modérée (Gammon, 1978). Cela permet de réduire le surpâturage  et d’assurer une alimentation adéquate en année sèche. Les agriculteurs doivent alors évaluer les conditions du pâturage chaque année et faire les ajustements nécessaires de charge animale. C’est une forme de gestion adaptée qui suppose que les éleveurs collectent une information détaillée sur la pluviosité, les performances animales (taux de vêlage, poids au sevrage, taux de croissance), la végétation (composition des pâturages, couvert végétal de base, densité des espèces appétées) et le sol (érosion, tassement, activités des termites). Le problème essentiel de cette stratégie est qu’il y a une sous-utilisation des herbages dans les années plus pluvieuses que la moyennes; elle est difficile à appliquer sur les terres de pâture communautaires.

Deuxièmement, on peut améliorer les pâturages avec des légumineuses herbacées et arbustives. Il a été montré que les légumineuses augmentent la fertilité du sol et réduisent les pertes de poids des animaux durant la saison sèche. L’établissement de légumineuses dans des zones de pâture peut par ailleurs réduire les coûts de la supplémentation en protéines, accroissant ainsi la rentabilité économique.  Toutefois, les problèmes essentiels de cette pratique sont les suivants: (1) coût initial élevé  des engrais (il faut du phosphate pour la plupart des légumineuses; (2) difficulté d’établissement des légumineuses, notamment en année sèche; (3) faible résistance des légumineuses herbacées. Il faut mener davantage de travaux de recherche sur les semis sur couvert végétal dans les pâturages. 

Troisièmement, on peut développer des réserves fourragères pour nourrir les animaux durant la sécheresse. Le fourrage peut aussi être utilisé pour alimenter des classes spéciales de bétail telles que les vaches allaitantes et les animaux de trait. Les deux dernières stratégies dépendent de la disponibilité de semences fourragères. Il pourrait donc être nécessaire d’accroître la production de semences.


7.  ORGANISMES DE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT IMPLIQUÉS DANS LE PASTORALISME

Le Zimbabwe compte diverses institutions clés menant des travaux de recherche et promouvant le développement des fourrages. Il s’agit notamment d’organisations gouvernementales, para-étatiques et privées. Les départements de recherche et de vulgarisation (Research and Specialist Services - DR&SS - et Agricultural, Technical and Extension Services - Agritex) relevant du Ministère de l’agriculture (Ministry of Lands and Agriculture) sont les deux départements gouvernementaux les plus importants. Le DR&SS a pour mandat de mener des travaux de recherche sur la durabilité de l’élevage pastoral tandis qu’Agritex fournit des conseils techniques sur l’élevage et l’agriculture aux producteurs. La personne-ressource à contacter auprès de DR&SS est le Dr P. Nyathi. Son adresse est: Department of Research and Specialist Services, P.O. Box CY 594, Causeway, Harare.

Les universités du Zimbabwe mènent aussi des travaux de recherche sur la gestion des parcours, la production et l’alimentation animales. Les contacts à l’université du Zimbabwe sont:

  • Prof. S. Sibanda: Department of Animal Science, PO Box MP 167, Mt Pleasant.
  • Dr P. Mugabe: Department of Animal Science, PO Box MP 167, Mt Pleasant.
  • J. Gambiza: Department of Biosciences, PO Box MP 167, Mt Pleasant.

8.  RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Anderson, I.P., Brinn, P.J., Moyo, M. and Nyamwanza, B. 1993. Physical resource inventory of the communal lands of Zimbabwe – An overview. NRI Bulletin 60. Chatham, UK: Natural Resources Institute.

ARDA-DDP Annual Report, 1998/99. Annual Report, Dairy Development Programme, Harare. 43 pages.

Campbell, B.M., Dore, D., Luckert, M., Mukamuri, B. and Gambiza, J. 2000. Economic comparisons of livestock production in communal grazing lands in Zimbabwe. Ecological Economics 33: 413-438.

Clatworthy, J.N. 1998. Planted pastures for beef production. In: Beef Production Manual, Commercial Farmers Union, Harare. 8 pages.

Commercial Farmers Union, 2000. Facts on land and the present situation. Mimeograph, 25 pages.

Dye, P.J. and Spear, P.T. 1982. The effect of bush clearing and rainfall variability on grass yield and composition in south-west Zimbabwe. Zimbabwe Journal of Agricultural Research 20: 103-117.

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Gammon, D.M. 1978. A review of experiments comparing systems of grazing management on natural pastures. Proceedings of the Grassland Society of Southern Africa 13: 75-82.

Maclaurin, A.R. and Wood, A.M. 1987.Veld and pasture management. In: Oliver, J. (ed). Dairy Handbook, National Association of Dairy Farmers of Zimbabwe, Harare. pp. 79-94.

Matowanyika, J.Z.Z. 1998. Land resources. In: Chenje, M., Sola, L. and Paleczny, D. (eds.). The State of Zimbabwe’s Environment 1998. Government of the Republic of Zimbabwe, Ministry of Mines, Environment and Tourism, Harare, Zimbabwe.

Nyamapfene, K. 1991. The soils of Zimbabwe. Nehanda Publishers, Harare.

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9.  CONTACTS

Ce profil a été élaboré par James Gambiza et Cynthia Nyama en octobre 2000.

  • M. James Gambiza:

Adresse: Department of Biological Sciences, University of Zimbabwe. PO Box MP 167, Mount Pleasant, Harare. E-mail: Gambiza@trep.co.zw.

J. Gambiza est chargé de cours à l’Université du Zimbabwe, auprès du Département de sciences biologiques. Il a plusieurs années d’expérience dans le domaine de la recherche et de la gestion des parcours au Zimbabwe. Il sera responsable de mettre à jour ce document.

  • Mme Cynthia Nyama:

          Adress: Grasslands Research Station, P.B. 3701, Marondera, Zimbabwe.

Mme Cynthia Nyama est chercheur (Senior Research Technician) à la station de recherche de Grasslands. Elle a plus de 13 ans d’expérience en recherche sur les pâturages et en production animale.

[Le profil a été traduit en francais por Anouchka Lazarev]