3. CLIMAT ET ZONES AGROÉCOLOGIQUES 6. AMÉLIORATION DES RESSOURCES PASTORALES 7. ORGANISMES DE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT IMPLIQUÉS DANS LE PASTORALISME 8. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES 9. CONTACTS 1. INTRODUCTION Le Zimbabwe a une superficie de 390 757 kilomètres carrés. Il s’étend de 15o 37’ à 22o 24’ de latitude S et de 25o 14’ à 33o 04’ de longitude E. C’est un pays enclavé, délimité par le Mozambique à l’est, l’Afrique du Sud au sud, le Botswana à l’ouest et la Zambie au nord (figure 1). L’altitude va de 197 m à 2592 m au-dessus du niveau de la mer. Environ 80% du pays se trouve au-dessus de 600 m et 5% au-dessus de 1500 m, la partie la plus élevée étant dans les hautes terres orientales. Les fleuves principaux sont le Zambèze, la Save et le Limpopo. Harare, la capitale, est située dans le nord-est du pays. Bulawayo, la deuxième ville en importance, se trouve dans le sud. De bons réseaux routiers et ferroviaires relient les principales villes.
Le Zimbabwe a l’un des secteurs industriels les plus développés d’Afrique. L’agriculture est l’activité économique la plus importante (Rukuni, 1994), 60% de l’industrie s’appuyant sur cette dernière. De plus, le secteur agricole consomme environ 20% de la production industrielle totale (CFU, 2000). Le secteur agricole emploie une grande partie de la force de travail nationale et contribue à 18% du PIB et 40% des recettes des exportations annuelles en année normale (Rukuni, 1994). Les exportations principales sont le tabac, le coton, le sucre, le maïs, le thé, le café, les produits maraîchers, les fruits et la viande de bœuf (tableau 1). Les exportations de bœuf sont principalement destinées à l’Union européenne et à l’Afrique du Sud. Tableau 1. Exportations de viande de bœuf et de peaux (tonnes).
Source: Central Statistical Office. Environ 70% de la population dépend de l’agriculture pour sa subsistance. Toutefois, dans plus de 80% du Zimbabwe, les conditions sont telles que la pratique des cultures en sec est risquée, du fait des précipitations faibles et aléatoires. L’élevage et l’agriculture sont néanmoins des activités importantes dans la plupart des zones. Les principales espèces de ruminants sont les bovins, les caprins et les ovins. Les pâturages naturels constituent la ressources principale en matière d’alimentation du bétail. L’élevage bovin est le plus important; on élève aussi des asins, des porcins et des volailles. Les effectifs du cheptel fluctuent beaucoup en fonction des variations annuelles de la pluviosité (tableau 2). On trouve quatre grands secteurs de production agricole au Zimbabwe (tableau 3): grand secteur commercial, petit secteur commercial, secteur communautaire et secteur des lotissements agricoles (resettlement). Les grandes exploitations commerciales, qui appartiennent pour la plupart à des agriculteurs blancs, ont une taille moyenne de 2200 ha, dont 55% sont situés dans des zones à fort potentiel. Ces exploitations sont caractérisées par des niveaux d’investissement relativement élevés. Par contraste, les petites exploitations commerciales occupent une superficie plus petite, leur taille moyenne étant de l’ordre de 125 ha. La terre est de propriété privée ou en concession. Les exploitations sont concédées par le gouvernement. Tableau 2. Effectifs du cheptel (milliers) dans le secteur commercial, le secteur communautaire et les lotissements agricoles.
(Source: Central Statistical Office; Matowanyika, 1998). Tableau 3. Caractéristiques principales des secteurs agricoles et niveaux d’investissement.
a Se réfère seulement aux terres agricoles des exploitations. b1 et 4 désignent, respectivement, les niveaux d’investissement le plus bas et le plus haut. (Source: Rukuni, 1994). Le secteur agricole communautaire a la plus forte densité de population humaine. Quelque 74% des terres communautaires se trouvent sur des sols sableux non fertiles dans des zones marginales caractérisées par une pluviosité faible et aléatoire. Les terres cultivables des exploitations font en général moins de 2,5 ha. Il y a une pression considérable sur la terre en raison de l’augmentation du taux de croissance démographique (3% par an). Cette pression se traduit par la conversion de pâturages en terres de cultures, ce qui, en retour, conduit à de sérieux problèmes environnementaux comme la déforestation et l’érosion des sols. Quand le Zimbabwe est devenu indépendant en 1980, l’un des premiers objectifs du nouveau gouvernement a été de soulager la pression sur les terres communautaires en redistribuant les familles sur des lotissements issus des anciennes grandes exploitations commerciales, auparavant possédées par les blancs. Les exploitations ont été achetées sur une base de compromis. Actuellement, plus de 51 410 familles ont été alloties sur 3 790 000 ha. Les bénéficiaires ont le droit de s’installer, de cultiver la terre et d’élever du bétail. La terre est donnée en location. Il y a de sérieux problèmes liés à la propriété de la terre au Zimbabwe. Les foyers sans terre des zones communautaires “envahissent” fréquemment les grandes exploitations commerciales possédées par les blancs, ce qui fait de la propriété de la terres une question importante dans les débats juridiques actuels. Caractéristiques topographiques principales Le pays peut être divisé en six grandes régions physiques (figure 1). Anderson et al. (1993) les décrivent de la façon suivante:
Géologie et sols Les sols sont étroitement liés aux substrats sous-jacents. Nyamapfene (1991) donne une description détaillée des sols du Zimbabwe. On trouve divers matériaux géologiques dans le, pays. Les roches éruptives et métamorphiques occupent 65% de la superficie, et les matériaux d’origine éolienne (sables du Kalahari) et sédimentaire (grès du Karoo) 25%. Les granits sont les roches éruptives dominantes (46%). Les granits donnent lieu à des sols sableux de texture légère non fertiles. D’autres formations rocheuses relativement petites, connues sous le nom de formations de la ceinture d’or (complexes de sédiments et de laves basaltiques et andésiques métamorphosées) constituent une importante source de minéraux et donnent lieu à des sols rouges à texture lourde, importants pour l’agriculture. Caractéristique unique de la géologie du Zimbabwe, le Great Dyke s’étend sur 540 km de long, presque en ligne droite, du nord, de la région du Highveld, près de l’escarpement du Zambèze, vers les sud, dans la région du Southeast Lowveld. Il est composé de roches mafiques et ultramafiques, qui donnent lieu à des sols caractérisés par la prédominance de magnésium et des niveaux toxiques de minéraux lourds comme le chrome et le nickel, associés à une flore caractéristique de Andropogon gayanus et Diplorhynchus condylocarpon (Nyamapfene, 1991). 3. CLIMAT ET ZONES AGROÉCOLOGIQUES Climat Le Zimbabwe est entièrement situé sous les tropiques mais une grande partie du Highveld et des Eastern Highlands ont un climat subtropical ou tempéré dû à l’effet de l’altitude. On distingue trois saisons au Zimbabwe: (1) une saison chaude et humide de la mi-novembre à mars (été); (2) une saison froide et sèche d’avril à juin (hiver); (3) et une saison chaude et sèche d’août à la mi-novembre (printemps). La température de l’air est étroitement liée à l’altitude, les températures annuelles moyennes allant de 25 oC à certains endroits de la vallée du Zambèze à moins de 15 oC au dessus de 1800 m dans les Eastern Highlands. Les températures maximales sont moins élevées en juin et juillet et plus élevées en octobre. En hiver, les températures de jour moyennes vont de 11 à 20 oC. Les températures de jour moyennes peuvent dépasser les 32 oC au printemps. Il peut geler dans la plupart des zones entre mai et septembre, les probabilités les plus hautes étant en juin et juillet. Le gel est plus fréquent et plus rigoureux en haute et moyenne altitudes. Les gelées sévères sont liées à une arrivée d’air froid et sec en provenance du sud-ouest, qui touche principalement le veld sableux du Kalahari et le Highveld dans le sud. Le relief local est toutefois le facteur déterminant pour le gel, les vallées, les vleis et autres sites retenant l’air froid de la nuit y étant plus sujets que les autres. La moyenne vallée du Zambèze est probablement la seule région ne connaissant pas le gel. La pluviosité varie largement dans le temps et dans l’espace. La fiabilité des précipitations augmente avec l’altitude et du sud vers le nord. Les coefficients de variabilité vont de >40% dans les zones au sud du Bulawayo à <20% dans certains endroits du Highveld et des Eastern Highlands. Environ 90% de la pluviosité totale du Zimbabwe est liée à des orages, qui donnent lieu à des précipitations de courte durée et de grande intensité. Les périodes de bruine et de pluie légère ("guti") ne sont significatives qu’au sud-est du bassin central, mais la contribution de ce type de pluviosité au total est faible. Dans de plusieurs zones, des effets orographiques provoquent des variations locales du mode de pluviosité régional. Zones agroécologiques Vincent et Thomas (1960) divisent le Zimbabwe en cinq grandes régions naturelles, en fonction des différences de pluviosité (figure 2; tableau 4).
Tableau. 4. Zones agroécologiques du Zimbabwe et
systèmes de production recommandés dans chaque zone
La pluviosité annuelle est plus élevée dans la région naturelle I, qui couvre environ 2% de la superficie. C’est une région agricole spécialisée et diversifiée, avec des plantations forestières, des fruitiers et de l’élevage intensif. On cultive du thé, du café et des noix Macadamia dans les zones où il ne gèle pas. La région naturelle II, qui couvre 15% de la superficie, est moins arrosée que la première mais convient tout de même à l’agriculture intensive fondée sur les cultures ou l’élevage. La région naturelle III est une région agricole semi-intensive couvrant 19% du Zimbabwe. Bien que les précipitations y soient globalement modérées, de sévères accès de sécheresse de demi-saison la rendent marginale pour le maïs, le tabac et le coton, et pour les activités ne dépendant que des cultures. Les systèmes de production s’appuient ainsi à la fois sur l’élevage (avec l’aide de cultures fourragères) et sur les cultures commerciales. La région naturelle IV est une région agricole semi-extensive couvrant environ 38% du Zimbabwe. La pluviosité y est faible et, de plus, les sécheresses saisonnières périodiques et de sévères accès de sécheresse durant la saison humide sont fréquents. Les mises en culture sont donc risquées, sauf à certains endroits très favorables, où l’on cultive de manière limitée des espèces résistantes à la sécheresse en bordure. Le système de production est fondé sur l’élevage et les cultures fourragères résistantes à la sécheresse. La région naturelle V est une région agricole extensive couvrant environ 27% du Zimbabwe. La pluviosité y est trop faible et aléatoire pour permettre une culture fiable, même la production de fourrages et d’espèces résistantes à la sécheresse. Le système de production est fondé sur les pâturages naturels. L’élevage extensif de bovins ou les activités liées à la faune sauvage constituent la seule forme d’exploitation bien adaptée à la région. Au Zimbabwe, on pratique aussi bien le grand élevage commercial que le petit élevage. Les activités commerciales importantes sont l’élevage de bovins de boucherie et de bovins laitiers, tandis que, dans le secteur familial, les petits producteurs élèvent des bovins de boucherie et laitiers et des petits ruminants (ovins et caprins) au sein d’un système d’exploitation mixte. Production commerciale La production de viande bœuf et de produits laitiers est importante dans le grand secteur commercial (Tableau 5). Le bœuf et le lait sont consommés localement et exportés. Les exportations de viande de bœuf vers l’Union européenne et l’Afrique du Sud génèrent des devises. Tableau 5. Estimations des produits de l’élevage du grand secteur commercial (milliers de tonnes).
(Source: Commercial Farmers Union, 2000) Bovins de boucherie Les races européennes (Bos taurus), les races indigènes (Bos indicus) et les croisements sont utilisés pour la production de bœuf. Les systèmes vont du système extensif (ranching), qui requiert de grandes superficies, au système intensif, qui requiert des superficies relativement plus petites. En général, on trouve les systèmes dans les régions naturelles IV et V, où la pluviosité est trop faible et aléatoire pour les cultures. En revanche, on trouve les systèmes intensifs, tels que l’embouche en enclos de bétail de boucherie dans les zones bien arrosées (régions naturelles II et III), où la production d’herbage est plus élevée et moins variable et où l’on peut cultiver des aliments hautement énergétiques comme le maïs. Les pâturages naturels sont la première source d’alimentation des bovins de boucherie, mais les résidus de récolte et les pâturages semés peuvent jouer ce rôle pendant de courtes périodes dans les zones moyennement et très arrosées (régions naturelles I et II). Les animaux sont laissés sur les pâturages dans des parcs clôturés, en respectant des taux de charge modérés. On pratique un système de pâture en rotation, avec cinq à huit enclos par troupeau. La quantité et la qualité des herbages varient dans l’espace et le temps (Weinman, 1948; Elliot et Folkertsen, 1961). La pluviosité est un facteur déterminant de la production herbacée (Dye et Spear, 1982). Il y a une relation linéaire entre la production herbacée et la pluviosité annuelle dans les zones recevant moins de 900 mm. Il est difficile pour les producteurs de faire correspondre les effectifs du cheptel et les herbages disponibles. Ceux-ci ont donc tendance à garder des charges animales modérées pour éviter le surpâturage. Cette stratégie se traduit toutefois par une sous-utilisation des herbages durant les années plus arrosées que la moyenne. Les bovins de boucherie reçoivent une supplémentation à cause des variations saisonnières de la valeur nutritive de la pâture. On leur fournit donc des protéines complémentaires en saison sèche, du phosphore en saison humide et, occasionnellement, une complémentation énergétique au printemps et au début de l’été (Sibanda, 1998). Certains agriculteurs sèment en outre des légumineuses sur les pâturages, pour améliorer la qualité de la pâture. On utilise diverses légumineuses herbacées et arbustives (décrites plus bas). Une société joue un rôle-clef dans l’industrie du bœuf du Zimbabwe: la Cold Storage Company (CSC). Celle-ci fournit des animaux reproducteurs aux petits et aux grands agriculteurs, et de la viande de bœuf au marché intérieur lorsque l’approvisionnement fait défaut. La CSC est une ancienne organisation para-étatique qui a été récemment privatisée; elle possède des ranchs et des parcelles d’engraissement dans diverses parties du pays et pratique l’élevage bovin extensif et intensif. Elle a pour mandat de soutenir la production nationale et la commercialisation de bœuf, ce qu’elle fait notamment en achetant des animaux aux éleveurs dans les zones frappées par la sécheresse. Ceux-ci sont gardés dans des ranchs durant les années de sécheresse puis vendus ou prêtés aux éleveurs pour qu’ils reconstituent leur cheptel. Au Zimbabwe, l’approvisionnement en bétail de boucherie est saisonnière. Peu d’éleveurs en fournissent en saison sèche et au début de la saison végétative. Aussi la CSC maintient-elle l’approvisionnement des marchés intérieur et d’exportation en abattant des animaux auparavant engraissés dans des enclos, avec une alimentation hautement énergétique. La production commerciale de bœuf a drastiquement chuté depuis 1992 (Tableau 5). On a attribué cela à un environnement macro-économique défavorable caractérisé par une forte inflation et des taux d’intérêt élevés. Les éleveurs sont de moins en moins à même de pouvoir emprunter de l’argent pour acheter des animaux reproducteurs, surtout après les sécheresses. Certains éleveurs sont donc en train d’abandonner la production de bœuf et de se tourner vers des activités plus rentables comme celles liées à la faune et la flore sauvages. Bovins laitiers La production laitière est une activité importante approvisionnant le marché intérieur (tableau 6). C’est une activité spécialisée qui requiert une alimentation appropriée des vaches et un maniement spécifique du lait. Pour produire du lait, une vache doit avoir un régime équilibré. Les systèmes d’alimentation sont en général fondés sur le maïs et les sous-produits pour l’apport énergétique, et sur le coton et les tourteaux de soja pour l’apport en protéines (Pascoe, 1987). Les pâturages naturels, le foin du veld, l’ensilage de maïs et, dans les zones irriguées, l’avoine, le ray-gras anglais Midm, la luzerne et les pâturages semés constituent d’importantes sources de fourrage grossier. Tableau 6. Nombre d’animaux laitiers, nombre d’exploitations et quantité de lait livrée (millions de litres) à la Dairyboard Zimbabwe Ltd.
(Source: Nyathi et Gambiza, 1994). Les systèmes d’alimentation varient selon le climat et l’habileté des agriculteurs à produire des cultures économiques. Dans les zones de pluviosité marginale (régions naturelles III et IV), la plupart des agriculteurs achètent des concentrés et utilisent les pâturages naturels en été. L’ensilage de maïs et le foin du veld fournit des fibres durant les mois d’hiver. En revanche, les agriculteurs des zones à fort potentiel (régions naturelles I et II) cultivent du maïs pour l’apport en fibres (ensilage) et en énergie (maïs en grain). Ainsi, les agriculteurs de ces zones n’achètent en général que des concentrés mixtes fortement protéines. Bien que de nombreux éleveurs mènent leur cheptel sur les pâturages, on observe une tendance croissante à la stabulation, le maïs ensilé formant la base des fibres ingérées (Pascoe, 1987). Dans les endroits irrigués, la plupart des agriculteurs produisent du fourrage vert pour l’hiver. Les fourrages les plus courants sont l’avoine, le Midmar rye grass et les herbages pastoraux. Les coûts élevés des aliments du bétail commercialisés constituent un obstacle pour de nombreux producteurs laitiers. Les agriculteurs produisent de plus en plus d’aliments sur leur exploitation pour réduire les coûts. Divers instituts de recherche financés par le gouvernement mènent des recherches sur la production de fourrages de haute qualité. L’objectif principal est de trouver les systèmes les moins onéreux d’alimentation du bétail laitier, à partir des herbages de terres sèche et des pâturages de graminées/légumineuses. Les races laitières les plus courantes sont les races frisonne-holstein, jersey, guernsey, ayrshire et red dane. Dans les programmes de reproduction, on a recours à la reproduction naturelle comme à l’insémination artificielle, pour laquelle on utilise du sperme importé de mâles de haute qualité. Petite production Bovins de boucherie et petits ruminants Dans le secteur du petit élevage, les bovins sont les animaux les plus importants, et ils sont élevés pour des usages multiples, comme le pouvoir de traction, le fumier, le lait, les revenus monétaires et la viande. La production de viande bœuf vient en second après l’apport en traction animale en termes de valeur des bovins. Il y a donc une forte relation entre les cultures et l’élevage dans ce secteur (tableau 7). La production de cultures augmente en même temps que le troupeau augmente. Les agriculteurs qui possèdent du bétail labourent leurs terres en tenant compte des apports du bétail, ce qui augmente le rendement. De plus, le fumier est employé comme engrais organique, ce qui améliore la structure et la fertilité des sols et réduit le nombre d’engrais non organique à acheter. Les agriculteurs qui possèdent du bétail obtiennent donc des rendements plus élevés et ont une plus grande sécurité alimentaire que les agriculteurs qui n’en possèdent pas. Tableau 7. Rapport entre la taille du troupeau bovin et la production de maïs dans le secteur communautaire.
(Source: Rukuni, 1994). La production des bovins du secteur du petit élevage est en général faible (moins de 7%) (Rukuni, 1994). Les éleveurs tendent à vendre les animaux âgés (9-10 ans) et non productifs. Cette faible production est due au fait que l’on élève les bovins pour de multiples usages. De plus, les troupeaux sont de petite taille (4-5 têtes par famille). Environ 40% des ménages de ce secteur ne possèdent pas de bovins et dépendent d’autres pour la traction animale. Les producteurs tendent donc à acheter des animaux pour constituer des troupeaux, conduisant ainsi à une production restreinte. A la différence des bovins, on élève les petits ruminants avant tout pour la viande, les ventes et revenus monétaires et le fumier. Les petits ruminants complètent les bovins pour répondre aux besoins familiaux (Rukuni, 1994). Le tableau 8 montre la taille des troupeaux et les modes de propriété de petits ruminants dans les zones communautaires. Les caprins et la taille des troupeaux augmentent avec l’aridité. Cela est dû à la capacité des chèvres de survivre dans des environnements difficiles. En revanche, les quantités d’ovins et la taille des troupeaux sont semblables dans les cinq zones agroécologiques du pays. Tableau 8. Taille du troupeau et types de propriété des petits ruminants et des asins par régions naturelles (RN) dans les zones communautaires.
(Source: Rukuni, 1994) Les bovins et les petits ruminants s’alimentent, en été, sur les pâturages naturels et, en hiver, à partir de résidus de récolte, de bordures de canal, de jachères et d’aires non cultivées au milieu des terres de culture. La charge animale pour les bovins est élevée (1 unité animale pour 1 ha) sur les pâturages communautaires et les effectifs ainsi que la productivité fluctuent en fonction de la pluviosité annuelle, conduisant à des cycles de production irréguliers (Campbell et al., 2000). Ainsi, les effectifs des bovins augmentent durant les années plus arrosées que la moyenne et chutent de manière dramatique en temps de sécheresse. Par exemple, durant la sécheresse de 1991/1992, jusqu’à 90% des bovins sont morts dans certaines zones. On élève des races natives telles que les races mashona, tuli et nkone, qui font preuve d’une grande fertilité (le pourcentage de vêlage est supérieur à 85% avec une alimentation adéquate et un contrôle des maladies). Les animaux ne reçoivent pas de supplémentation en protéines durant la saison sèche et ne sont pas vaccinés. Bovins laitiers La production laitière dans le secteur du petit élevage date d’après l’indépendance (1980). L’Autorité de développement agricole et rural (Agricultural and Rural Development Authority: ARDA), une organisation para-étatique, a été le fer de lance de ce phénomène. Plusieurs programmes laitiers pour les petits agriculteurs sont maintenant opérationnels dans diverses parties du pays. Ces derniers livrent maintenant du lait au marché (tableau 9). Le programme de développement laitier (Dairy Development Programme: DDP) de l’ARDA a pour mandat de promouvoir le développement laitier. Il fournit de l’assistance financière et technique aux agriculteurs pour la constitution d’activité de ce type. Le lait est produit par des vaches de races croisées. Tableau 9. Taille du troupeau laitier, production et ventes de lait (litres) dans le secteur de la petite production.
(Source: ARDA-DDP Annual Report; 1998/99) (aDZL, Dairiboard Zimbabwe Limited, est une ancienne orgnaisation para-étatique qui commercialise du lait). Les animaux laitiers pâturent et reçoivent aussi des aliments produits sur l’exploitation et des concentrés commerciaux. Le secteur a rencontré de nombreux problèmes qui ont conduit à la réduction de la production de lait et des ventes. Les contraintes principales sont les suivantes (ARDA-DDP Annual Report, 1998/99):
Malgré ces problèmes, des efforts concertés sont faits pour améliorer la petite production laitière. On met beaucoup l’accent sur la formation des éleveurs en matière d’alimentation des animaux laitiers et de gestion. Pâturages naturels Les pâturages naturels sont la ressource alimentaire la moins coûteuse et la plus importante au Zimbabwe. On les a divisés en sourveld, sweetveld et mixedveld, selon les variations du poids des animaux pendant la saison sèche. Le sourveld désigne un pâturage où les animaux prennent du poids durant la saison végétative mais en perdent en saison sèche à cause de la mauvaise qualité des herbages (contenu en protéines inférieur à 30 g kg-1). On le trouve dans la région du highveld qui reçoit plus de 800 mm de précipitations annuelles, à une altitude supérieure à 1200 m. Le sweetveld correspond à un pâturage où les animaux prennent du poids durant la saison végétative et en hiver, et sont en mesure d’au moins maintenir leur poids. Le sweetveld se trouve dans des zones semi-arides de basse altitude (< 900 m) peu arrosées (<600 mm). L’aptitude des herbivores à garder un poids stable dépend en partie de la présence d’espèces arbustives appétées, qui tendent à être riches en protéines. Le middleveld est un pâturage intermédiaire entre ces deux extrêmes et se trouve en général dans des zones à l’altitude et à la pluviosité intermédiaires. La production herbacée varie considérablement dans le temps et dans l’espace; les principaux facteurs d’influence sont la pluviosité annuelle, l’ombrage apporté par les plantes ligneuses et les types de sol. Il existe une relation linéaire entre la production herbacée et la pluviosité annuelle (jusqu’à 900 mm) (Dye et Spear, 1982). Pour chaque millimètre de pluie, 2 kg de matière sèche ha-1 an-1 sont produits dans des zones défrichées sur des sols argileux, et 1 kg MS ha-1 an-1 dans des zones défrichées sur des sols sableux (Dye et Spear, 1982). Il existe une relation négative exponentielle entre le couvert ligneux et la production herbacée (Frost, 1996). La qualité des herbages varie en fonction de la saison. Le contenu en fibres augmente avec la maturité de la plante et est donc plus élevé à la fin de la saison végétative. En revanche, le contenu en protéines des graminées est plus élevé au début de saison végétative (novembre – décembre) et plus bas en saison sèche (Tableaux 10 et 11). Les ruminants perdent du poids en saison sèche dans les zones où le contenu en protéines des herbages est inférieur à 60 g kg-1. dans le grand secteur commercial, on administre couramment aux animaux des compléments en protéines en saison sèche pour éviter les pertes de poids. Tableau 10. Variations saisonnières de matière sèche (MS), protéines (P), fibres (F) et cendres sur les parcours non pâturés, sur les sols sableux de la station de recherche de Grassland.
(Source: Weinman, 1948) Tableau 11. Variations saisonnières de matière sèche (MS), protéines (P), fibres (F), cendres et nutriments totalement digestibles (NTD) sur parcours non pâturés, sur les sols argileux de la station de recherche de Henderson.
(Source: Elliot and Folkertsen, 1961) Il y a huit grands types de végétation herbacée au Zimbabwe (Rattray, 1957). Ils sont décrits en fonction des espèces de graminées dominantes (Figure 3). Les types de végétation herbacée ont des capacités de charge variées. En général, les capacités de charge sont plus élevées dans les zones plus arrosées et moins élevées dans les zones moins arrosées.
On trouve plusieurs autres types de pâturages moins étendus qui s’inscrivent dans les types principaux, comme le veld à Setaria, le serpentine veld et le sodic veld. Le veld à Setaria est un type de sourveld ou de mixedveld que l’on trouve sur les vertisols dans les zones pluvieuses (> 400 mm) de savane arborée ou de pâturages ouverts. Les graminées courantes sont Setaria porphyrantha, S. sphacelata, Dichanthium papilosum et Ischaemum afrum. Elles sont associées à des espèces d’Acacia. Ce veld a une capacité de charge de 1 unité animale pour 3-4 ha. Le serpentine veld est un type de sourveld ou de mixedveld du Great Dyke. Les espèces caractéristiques sont Andropogon gayanus, A. schirensis, Themeda triandra, Bewsia biflora, Aristida spp. et Loudetia. Ce veld a une capacité de charge de 1 unité animale pour 5 ha. Le sodic veld est un sweetveld situé dans la savane arbustive ou buissonnante sur des sols sodiques, souvent près de lignes de drainage granitiques. Les graminées courantes sont Sporobolus ioclodes, Chloris virgata et Dactyloctenium aegyptium. Les espèces ligneuses associées sont Colophospermum mopane, Acacia gerrardii et A. mellifera. Ce veld a une capacité de charge de 1 unité animale pour 14-20 ha. Parcours améliorés Le seul moyen d’augmenter la productivité des pâturages et de les améliorer en y plantant des légumineuses (Clatworthy, 1998). Plusieurs légumineuses peuvent être employées à cet effet (Robinson et Clatworthy, 1980; Maclaurin et Wood,1987) (Tableau 12). Au Zimbabwe, l’amélioration des pâturages a consisté principalement dans les pratiques suivantes: plantation de rangées de fourrages herbacés améliorés, habituellement des légumineuses sur le dessus et des graminées dans le vleis. Ces pratiques ont en général mieux réussi dans les zones à plus forte pluviosité et sur les sols plus fertiles. Tableau 12. Légumineuses et graminées couramment utilisées pour l’amélioration des pâturages au Zimbabwe.
Pâturages semés Dans les zones bien arrosées, l’intégration des cultures et de l’élevage par l’intermédiaire de l’usage des pâturages peut conduire à une production agricole plus importante et plus stable (Clatworthy, 1998). Les pâturages plantés ou semés vont des jachères herbacées sans engrais aux pâturages irrigués recevant beaucoup d’engrais. Des exemples de plantes pouvant être utilisées sur les pâturages semés sont donnés aux tableaux 13-15. Tableau 13. Légumineuses et graminées couramment utilisées dans | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||