L'Afrique du Sud est l'un des pays bénéficiaires de la première phase du PASP (Programme africain relatif aux stocks de pesticides périmés), et parmi les premiers à recevoir l'assistance technique et financière du Programme. Le soutien financier du Programme est assuré par une subvention de la Banque mondiale, avec l'appui technique de l'Unité de soutien du Programme hébergée à la FAO. Le projet est géré par le Ministère des affaires environnementales et du Tourisme (DEAT) en étroite coopération avec le Ministère de l'agriculture (DEA). Outre les membres des DEAT et DOA, l'équipe du projet est complétée par des représentants de l'industrie des pesticides (CropLife SA) et par une ONG (Groundwork), désignée comme point de convergence national. L'Afrique du Sud jouit d'un secteur commercial agricole bien développé, utilisant des pesticides chimiques et autres intrants pour accroître la production. De précédentes initiatives étaient principalement axées vers le prélèvement des stocks gouvernementaux, utilisés pour la lutte contre les ravageurs migrateurs. Toutefois, des études préliminaires ont indiqué qu'il y a de grandes quantités de stocks de pesticides obsolètes éparpillés parmi les 55 000 à 60 000 fermes commerciales à travers le pays. Si l'on ajoute à ceux-ci les stocks détenus par les départements gouvernementaux provinciaux, l'échelle du projet en Afrique du Sud commence à se faire plus précise. Par rapport aux projets normaux concernant les pesticides périmés achevés ou en cours dans d'autres pays d'Afrique, le projet Afrique du Sud présente des défis différents. Les stratégies conventionnelles mises au point pour identifier et collecter les stocks obsolètes et qui fonctionnent bien dans les autres pays, ne seraient pas applicables ici. Il a donc été décidé de mettre en place une collecte et une prise d'inventaire pilote dans l'une des neuf provinces d'Afrique du Sud. Après discussions avec les partenaires provinciaux, le choix est tombé sur la province de Limpopo, dont le secteur agricole est bien développé, pour y mener l'étude pilote. De concert avec les distributeurs de pesticides et les coopératives de fermiers, une stratégie fut mise au point pour la restitution des pesticides périmés des fermes au réseau de distribution des pesticides existant dans la province. Vingt-quatre centres furent établis et une fois que les stocks furent livrés, les mesures adéquates furent prises, en matière de sécurité et de stockage. On fournit aussi aux agriculteurs les instructions pour emballer et transporter les stocks en sécurité. Une campagne de sensibilisation et de communication fut mise en place; des affiches furent préparées et distribuées à tous les centres de la province. Les agriculteurs furent contactés directement par les distributeurs de pesticides au moyen d'une série de SMS. La phase de collecte du projet dura 60 jours. A la fin de cette période, tous les stocks étaient centralisés dans un dépôt principal. Au départ, on s'attendait à collecter un maximum de 30 tonnes de stocks. A l'heure actuelle, on estime que 60 à 80 tonnes ont été collectées des fermes et des secteurs gouvernementaux de Limpopo. Le projet vise à compléter l'inventaire de ces stocks et ensuite à les réemballer pour un entreposage meilleur, en attendant d'identifier une option valable pour leur destruction. La collecte peut être considérée comme un grand succès et fournit un excellent exemple de coopération entre toutes les parties concernées : gouvernements aux niveaux national et provincial, industrie des pesticides, ONG et fermiers. Le niveau d'approbation de la part des fermiers en Afrique du Sud est fort encourageant et il ne faut pas se lasser de mettre l'accent sur l'importance d'une communication claire et coordonnée.
| |