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Plan d´action mondial

Activité 3.
Promouvoir la conservation in situ des espèces sauvages apparentées à des plantes cultivées et des plantes sauvages pour la production alimentaire

64. Evaluation: Les écosystèmes naturels abritent des ressources phytogénétiques importantes pour l'alimentation et l'agriculture, notamment des espèces sauvages endémiques et menacées d'extinction apparentées à des plantes cultivées et des plantes sauvages importantes pour l'alimentation.

Beaucoup ne sont pas durablement gérées. Cette diversité génétique -- du fait des interactions qui sont à l'origine d'une nouvelle biodiversité -- pourrait être un élément économiquement important des écosystèmes naturels et ne peut pas être conservée ex situ.

Les populations uniques et particulièrement diverses de ces ressources génétiques doivent être protégées in situ lorsqu'elles sont menacées.

Malgré cela, la plupart des 8 500 parcs nationaux et autres zones protégées ont été créés sans que l'on se soucie particulièrement de conserver les espèces sauvages apparentées à des plantes cultivées et les plantes sauvages importantes pour la production alimentaire.

Les plans de gestion des zones protégées et autres ne sont généralement pas suffisamment larges pour conserver la diversité génétique de ces espèces, en complément d'autres approches de la conservation.

65. Beaucoup de zones protégées sont menacées de dégradation et de destruction.

Par ailleurs, elles n'assurent pas, en l'état actuel des choses, une couverture géographique et biologique complète de la diversité de nombreuses espèces.

C'est pourquoi il faut compléter les efforts de conservation dans les zones protégées par des mesures visant à préserver la diversité génétique en dehors de ces zones.

La conservation in situ demande une planification minutieuse, où les aspects de protection, de production et de conservation génétique sont pris en compte et se complètent.

66. Objectifs à long terme: Promouvoir la conservation des ressources génétiques d'espèces sauvages apparentées à des plantes cultivées et de plantes alimentaires sauvages dans les zones protégées et dans d'autres zones qui ne font pas explicitement partie de cette catégorie.

67. Objectifs intermédiaires: Promouvoir des pratiques de planification et de gestion qui prennent en compte les espèces sauvages apparentées à des plantes cultivées et les plantes sauvages importantes pour l'alimentation.

Identifier précisément quelles espèces sauvages apparentées à des plantes cultivées et plantes sauvages importantes pour l'alimentation doivent être protégées in situ. Mieux s'informer sur les utilisations, notamment par les femmes, des plantes alimentaires sauvages qui constituent une source aussi bien de revenu que de nourriture.

68. Faire mieux comprendre la contribution que les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture apportent aux économies locales, à la sécurité alimentaire et à la qualité de l'environnement. Améliorer la gestion et la planification, et promouvoir la complémentarité entre la conservation et l'utilisation durable dans les parcs et les zones protégées, notamment en élargissant la participation des collectivités locales à ces processus.

69. Améliorer la communication et la coordination entre les divers instituts et organisations engagés dans la conservation in situ et la gestion de l'utilisation des terres, aux niveaux national et régional, afin de conserver la diversité génétique de ces espèces, dans une approche complémentaire des autres types de conservation.

70. Politique générale/stratégie: Les gouvernements, dans le respect de la législation nationale, en coopération avec les institutions des Nations Unies et les organisations régionales, intergouvernementales et non gouvernementales pertinentes -- et en tenant compte des points de vue des agriculteurs et des collectivités vivant à proximité des zones protégées -- devraient:

(a) inclure, le cas échéant, dans les buts et priorités des parcs nationaux et des zones protégées la conservation des ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture, notamment des espèces fourragères concernées, des espèces sauvages apparentées à des plantes cultivées et des espèces fournissant des aliments de cueillette;

(b) envisager d'intégrer la conservation et la gestion des ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture dans les plans nationaux d'utilisation des terres;

(c) appuyer la définition d'objectifs nationaux et locaux en matière de gestion des zones protégées fondée sur une large participation englobant, le chas échéant, les groupes qui dépendent le plus des plantes alimentaires sauvages;

(d) appuyer la création, aux niveaux appropriés, de groupes consultatifs composés, selon qu'il convient, d'agriculteurs, de communauté autochtones, de spécialistes des ressources phytogénétiques, d'autorités locales et de notables, chargés d'orienter la gestion des zones protégées conformément aux règlements nationaux;

(e) reconnaître les droits des communautés autochtones aux RPGAA dans les zones protégées;

(f) reconnaître que les femmes sont une source précieuse d'information quant à la faisabilité des pratiques de conservation et de gestion in situ;

(g) soutenir les efforts déployés par les populations autochtones et locales en vue de gérer les espèces sauvages apparentées à des plantes cultivées et les plantes alimentaires sauvages dans les zones protégées, ou bien là où les droits existants des autochtones ou les droits au titre de traités sont reconnus;

(h) revoir les règles en vigueur concernant les études d'impact sur l'environnement, afin d'y inclure l'évaluation des effets probables de l'activité proposée sur la diversité biologique locale pour l'alimentation et l'agriculture, en particulier sur les espèces sauvages apparentées;

(i) intégrer les objectifs de conservation génétique dans la gestion durable des espèces sauvages apparentées à des plantes cultivées et des plantes alimentaires sauvages, dans les zones protégées et les autres zones de ressources gérées.

71. Les gouvernements, en coopération avec les institutions des Nations Unies et les organisations régionales, intergouvernementales et non gouvernementales pertinentes, ainsi qu'avec les communautés rurales, autochtones et locales n'habitant pas dans des zones protégées, doivent, si possible et nécessaire, chercher à:

(a) faire de la conservation des espèces sauvages apparentées et des plantes sauvages destinées à la production alimentaire une composante intégrante de la planification de l'utilisation des terres;

(b) encourager les communautés locales à conserver et à gérer les espèces sauvages apparentées et les plantes sauvages destinées à la production alimentaire, et assurer leur participation aux décisions concernant la conservation et la gestion au niveau local.

72. Si nécessaire et possible, les politiques concernant les zones protégées devraient promouvoir et appuyer les activités de la population visant à entretenir et à améliorer la diversité génétique au sein des espèces et entre elles, et non pas les restreindre.

Il faudrait également encourager les approches participatives en matière d'aménagement des zones protégées et autres, afin de concilier les objectifs parfois contradictoires de la conservation et de la protection des moyens d'existence de la population locale.

73. Capacités: Les gouvernements doivent, si possible et nécessaire:

(a) mettre au point un plan définissant les priorités, en particulier pour les écosystèmes qui abritent des degrés élevés de diversité liée aux ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture, et procéder à des enquêtes nationales afin d'identifier les méthodes de gestion nécessaires pour protéger le niveau voulu de diversité génétique des espèces sauvages apparentées et des plantes sauvages destinées à la production alimentaire;

(b) aider les communautés locales dans leurs efforts pour identifier, recenser et gérer les espèces sauvages apparentées aux plantes cultivées et les plantes sauvages destinées à la production alimentaire;

(c) établir un catalogue des collections, de la répartition et de la diversité des espèces sauvages apparentées et des plantes sauvages destinées à la production alimentaire, intégrer et lier les données et les informations provenant des programmes de conservation in situ à celles des programmes ex situ, et encourager les organisations privées et non gouvernementales à faire de même.

74. Coordination/administration: Les gouvernements devraient, si nécessaire:

(a) Assurer la planification et la gestion des zones protégées en liaison avec des institutions chargées de la conservation et de l'utilisation durable des espèces sauvages apparentées aux plantes cultivées et des plantes sauvages destinées à la production alimentaire telles que des centres de ressources phytogénétiques, des coordonnateurs nationaux des ressources phytogénétiques et des jardins botaniques;

(b) désigner, le cas échéant, des responsables pour faciliter la coordination des programmes de protection in situ et établir des liaisons avec les autres pays de la région;

(c) mettre en place des mécanismes permettant l'examen et la modification périodiques des plans de conservation.

75. Cette activité est étroitement liée aux activités suivantes:

  • L'étude et l'inventaire des ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture
  • La mise en place de programmes nationaux efficaces
  • La mise en place de systèmes d'information intégrés sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture
  • Le soutien à la gestion et à l'amélioration à la ferme des ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture
  • La promotion de la mise en valeur et de la commercialisation des plantes cultivées et espèces sous­utilisées
  • L'appui à la collecte planifiée et ciblée de ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture
  • La sensibilisation du public à l'utilité de la conservation et de l'utilisation des ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture

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