Le pourcentage de terre arable labourée au moyen de la traction motorisée demeure toujours très faible en Afrique Sub-Saharienne. Les estimations vont de 1% (FAO, 1987 et Gifford et Rijk, 1980 dans FAO, 1995) à 4% (Mrema, 1992). Etant donné que plus de la moitié (Almanac de la FAO, comme dans Caumont, et al., 1995) des tracteurs sont utilisés en Afrique Australe, le pourcentage de la superficie totale cultivée avec des tracteurs en Afrique de l’Ouest est pratiquement négligeable. Selon les estimations, une proportion de 9% (FAO, 1987 et Gifford Rijk, 1980 dans FAO, 1995) à 16% (Mrema, 1992) de la superficie arable utilise la traction animale. Il reste donc 80 à 90% de terre à cultiver à la main. Le cultivateur africain est généralement appelé "cultivateur à la houe". On dit parfois que le niveau de mécanisation indique l’état d’avancement technologique de l’agriculture, idée souvent contestée.
Le questionnaire montre un résultat semblable, avec un nombre très limité de tracteurs. Alors que selon Mrema (1992) la superficie de terre cultivéepar tracteur est de 1094 ha en l’Afrique Sub Sahariènne (ASS), la superficie de terre culltivée par tracteur, en Afrique de l’Ouest le chiffre est même plus élevé. Dans les pays qui ont envoyé des informations, ce chiffre est environ 4,000 ha par tracteur.
Tableau 1: Statistiques sur la tractorisation de l’agriculture dans les pays de l’Afrique de l’Ouest
|
Pays |
Superficie cultivée ('000 ha)1) |
nombre de tracteurs |
superficie par tracteur (ha) |
|
Bénin |
1,398 6) |
109 6) |
12,825 |
|
Burkina Faso |
6,833 |
19334) |
3,535 |
|
Cap Vert |
67 |
164 ) |
4,187 |
|
Côte d'Ivoire |
7,193 |
3000 3) |
2,398 |
|
Gambie |
334 |
175 3) |
1,909 |
|
Ghana |
4,876 |
3299 5) |
1,478 |
|
Guinée |
4,592 |
100 3) |
45,920 |
|
Guinée-Bissau |
1,420 |
194) |
74,737 |
|
Libéria |
639 |
3255 ) |
1,966 |
|
Mali |
8,318 |
280 3) |
29,707 |
|
Mauritanie |
1,079 |
100 3) |
10,790 |
|
Niger |
11,097 |
1804) |
61,650 |
|
Nigéria |
32,474 |
11,9004) |
2,729 |
|
Sao Tome et Principé |
42 |
60 3) |
700 |
|
Sénégal |
5,422 |
500 3) |
10,844 |
|
Sierra Léone |
1,931 |
5504) |
3,510 |
|
Togo |
1,998 |
55 3) |
196,382 |
|
Total |
3,969 |
||
|
Moyenne pour ASS 2) |
1,094 |
1
): Alexandratos (1995)2
): Mrema (1996)3
): cette étude4
): FAOSTAT5
): FAO 19946
): Direction du Gènie Rural BèninTableau 2, ci-dessous, montre que la méthode de motorisation prédominante en Afrique de l'Ouest est le tracteur avec la charrue à disques, utilisé pour le premier labour du riz irrigué. La deuxième méthode la plus courante est le pulvériseur à disques, qui est aussi employé pour la culture de plateau. Dans la plupart des cas, le premier labour est la seule activité de préparation du sol avant les semis.
Les variations agro-écologiques dans la région peuvent déterminer les modèles de mécanisation qu’on trouve dans les divers pays. En Afrique de l'Ouest les climats varient entre les tendances humides dans les régions tropicales et sutropicales du littorale sud, et arides dans les régions du nord vers le désert du Sahara. En général, la faiblesse des précipitations et les hautes températures font qu’il est beaucoup plus difficile d’adopter un système viable de préparation du sol et de culture susceptible de conserver le sol (FAO, 1995b). Ceci implique que, de préférence, différents systèmes de labour, utilisant différents moyens de mécanisation et différents outils, devraient être employés dans les diverses zones agro-écologiques de l'Afrique de l'Ouest. Les résultats qualitatifs de cette étude ne sont pas assez détaillés pour permettre de déterminer si oui ou non il existe d’importantes différences régionales au niveau des modèles de mécanisation. Les données du tableau 2 ne suggèrent aucun modèle particulier, i.e., l'emploi préféré de tracteurs dans une région par rapport à l’utilisation de motoculteurs dans une autre, ou de charrues à disques plutôt que de pulvériseurs à disques pour le premier labour. Le Togo signale l'emploi de traction animale sur les sols fragiles, peu épais et la traction mécanique sur d’autres. Au Mali le choix entre une charrue à disques et un pulvériseur à disques est, selon les informations reçues, en fonction du type de sol.
Tableau 2: Moyens de motorisation prédominants
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Pays |
Moyens de motorisation prédominants |
|
Bénin |
|
|
Côte D’Ivoire |
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|
Gambie |
|
|
Ghana |
|
|
Guinée |
|
|
Mali |
|
|
Mauritanie |
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|
Sao Tomé et Principe |
|
|
Sénégal |
|
|
Togo |
|
2.2 Premier labour
Le premier labour est la principale activité de préparation du sol entreprise au début de la période de semailles. En Afrique de l’Ouest c’est souvent la seule opération faite pour préparer le lit de semailles, et dans certains cas les semis se font sans labour préalable. Le tracteur agricole est le moyen de motorisation le plus utilisé pour le premier labour. Dans la plupart des cas ils sont d’origine européenne et de rendement moyen, entre 45 et 65 CV. Les tracteurs sont utilisés aussi bien pour la culture sur les terres sèches que dans les marais. Dans une moindre mesure on utilise des motoculteurs à un seul essieu. Les motoculteurs sont le plus souvent utilisés pour la production du riz irrigué et du riz des marais, ainsi que pour la culture de légumes. L’outil le plus souvent utilisé avec les tracteurs pour le premier labour est la charrue à disques, puis le pulvériseur à disques et la charrue à soc. Les cultivateurs rotatifs et les buttoirs sont moins répandus. Dans la plupart des cas un cultivateur rotatif ou un outil de labour est attaché aux motoculteurs. Le second labour consiste à préparer un lit de semailles après un labour préliminaire. Normalement, l’outil qui a servi pour le premier labour n’est plus utilisé pour le second. Le questionnaire a montré que le second labour est rarement pratiqué et lorsqu’il se fait, c’est avec les mêmes outils utilisés pour la première opération. Cela implique que le concept de second labour a créé une certaine confusion. Il est fort probable que pour certains sondées, le second labour consiste à faire la même opération une deuxième fois sur la même parcelle. Ici aussi, les tracteurs, et dans une moindre mesure, les motoculteurs sont utilisés avec une gamme d'outils, dont certains sont conçus pour le second labour, (i.e. pulvériseurs à pieux, et à disques ainsi que des outils polyvalents) et certains ne le sont pas (i.e. charrues à disques, charrues à soc, cultivateur rotatifs et sarcleurs). Un sondé a signalé l'emploi de branches d'arbre attelées à un tracteur. Seuls trois sondés ont signalé l’utilisation de tracteurs pour le sarclage. Dans deux cas des sarcleurs ont été utilisés et dans un cas on aurait utilisé une charrue à disques. Le mode principal de sarclage est l’utilisation d’un sarcleur/cultivateur avec traction animale, suivie d’un travail manuel (à la houe). Toute une gamme d’outils est utilisée pour dessoucher et défricher les champs. Ce procédé exige en général beaucoup de force, par conséquent on utilise des tracteurs plus puissants (environ 100 CV) et des bulldozers. Les équipements signalés étaient des sous-soleurs, et des pulvériseurs à disques robustes. La culture la plus mécanisée est le riz. Les motoculteurs et les tracteurs sont beaucoup utilisés pour la riziculture aussi bien sur les terres sèches que dans les marais. Les pourcentages de la superficie destinée à la production mécanisée du riz varient de 4% au Sénégal à 30% en Guinée et à 50% en Mauritanie. La culture de légumes est également motorisée mais à moindre échelle. Le Sénégal signale que 2-3% des cultures de légumes sont motorisées. Les cultures de base, pratiquées le plus souvent en terre sèche, sont les moins mécanisées, moins de 5%, quoique le Bénin signale que 45% du premier labour du coton et du maïs est motorisé.![]()