Contexte général
Les systèmes pastoraux face aux changements d’environnement
Au Sahel, le pastoralisme, de part sa nature mobile, apparaît comme la principale activité de gestion et de mise en valeur durable d’une ressource naturelle fragile et éparse dans les zones à moins de 400 mm de pluviosité annuelle. En effet, il met en œuvre la flexibilité et la réactivité nécessaire pour s'adapter à des ressources dont la disponibilité géographique et temporelle est particulièrement inconstante. Malgré son aptitude à survivre les mécanismes traditionnels de gestion des ressources pastorales ainsi que les stratégies relatives aux moyens d’existence font face à de nouvelles contraintes:
- la réduction de l’espace pastoral due à l’augmentation de la population et à la compétition croissante pour l’accès aux ressources provoquant l’extension de l’agriculture et la multiplication des fronts pionniers, sur les parcours arides et semi arides;
- la réduction de l’espace pastoral due à l’aménagement d’aires protégées pour préserver les espèces animales et végétales menacées;
- des freins directs sur la mobilité le long du parcours, comme notamment les conflits et difficultés au passage de frontières;
- des freins indirects sur la mobilité exprimés par l’incertitude des conditions qui seront rencontrées sur le lieu de destination comme notamment l’accès à la ressource, les marchés, la santé animale, la sécurité;
- la modification de la fonction économique de production du pastoralisme, soit en raison du changement de l’objectif de production pour le marché international, soit en raison de la concurrence de plus en plus aiguë avec d’autres sources de production pour l’approvisionnement des marchés locaux; et
- des variations climatiques accrues et la récurrence des épisodes de sécheresses.
Ces contraintes demandent qu'on porte une attention nouvelle au soutien des systèmes pastoraux pour permettre au pastoralisme de les surmonter. Pour faire face aux nouvelles contraintes et définir des stratégies de développement durable pour le pastoralisme, les éleveurs et les politiques ont besoin d’informations spécifiques. Le manque d’information représente un obstacle au développement durable de pastoralisme.

