Mauvaise gestion du traitement des déchets
Évaluation de l'environnement : Indicateurs de Pression-État-Réponse
 
L'impact du rejet des déchets traités est fortement lié à l'impact sur la qualité de l'eau, qui affecte à son tour les écosystèmes aquatiques et avec la baisse de la qualité de l'eau, la santé humaine.
Ces problèmes s'aggraveront en même temps que la demande de protéines animales et de produits animaux. Étant données les caractéristiques générales de la croissance urbaine, ces activités potentiellement polluantes vont se concentrer toujours davantage dans les zones péri-urbaines. En conséquence, nous assisterons à des problèmes de traitement et d'évacuation des déchets de plus en plus importants, car la capacité d'absorption inhérente aux systèmes naturels est dépassée.

Cependant, ces problèmes ne sont pas insurmontables, mais simplement coûteux. Les exigences en matière de traitement des matières organiques dissoutes et des matières solides organiques et minérales en suspension sont similaires aux exigences en matière de traitement des eaux usées domestiques. Il n'y a donc aucune raison pour que les déchets ne soient pas gérés de manière adéquate, excepté les coûts.

L'exception est le traitement des déchets des tanneries, pour lesquels il est nécessaire de soustraire des composants toxiques spécifiques avant l'évacuation.

Pression

La pression exercée par la transformation des produits animaux à grande échelle est cumulative et différentielle. La plupart des impacts environnementaux des déchets sont comparables à ceux qui résultent des systèmes de production animale, avec lesquels ils sont souvent associés et dont les conséquences sur les réseaux d'égouts domestiques et les déchets solides sont similaires.

Il est donc nécessaire d'évaluer la pression des industries de transformation en prenant en compte les effets cumulés d'autres sources de pollution urbaine et péri-urbaine;

La pression se caractérise par :

L'impact de toute entreprise individuelle est défini en grande partie par la technique employée et le produit final.

Pour le traitement des viandes, 60 mètres cubes peuvent être nécessaires par tonne métrique de produits. Les eaux usées sont souvent évacuées à hautes températures, avec une forte teneur en matières organiques et en azote. Les eaux usées peuvent également transporter des agents pathogènes et notamment de la salmonelle et des bactéries shigelle, des œufs de parasites et des sporocystes amibiens. Les niveaux de chlorure sont souvent élevés, en raison des processus de conservation et de traitement acide.

Le tannage, qui requiert encore de grandes quantités d'eau (de 20 à 80 mètres cube d'eau par tonne de peaux) engendre des produits dérivés très similaires : les déchets solides peuvent représenter jusqu'à 70% du poids à l'état frais des peaux d'origine.

Dans ces deux cas, la technique employée pour traiter les déchets détermine leurs impacts. L'étape initiale consistant à retirer à sec les solides, suivie par le tamisage permettant de séparer les solides en suspension et les graisses émulsifiées réduiront les charges de polluants. Le pré-traitement des eaux usées peut donner un effluent tel qu'il permet le rejet dans les réseaux d'égouts municipaux, si les installations le permettent. Cependant, à l'autre extrême, le traitement est souvent limité à la dilution et l'écoulement dans des systèmes fluviaux à ciel ouvert.

Le traitement du lait, alors qu'il requiert un volume d'eau par tonne de produit moins important, génère également des quantités considérables de déchets organiques et notamment de solides en suspension et de graisses émulsifiées. Le potentiel d'utilisation des déchets est pourtant énorme - lait, graisses et petit-lait - pour fabriquer des produits de basse qualité, comme les aliments pour animaux. Une fois de plus, le pré-traitement des effluents peut permettre leur écoulement dans les systèmes municipaux.

Le problème supplémentaire des tanneries est qu'elles utilisent du chrome et d'autres matières toxiques (sulfate de chrome trivalent; arsenic et cyanure comme activateurs; acide sulfurique). Il existe des techniques permettant la récupération du chrome depuis les années 1970 mais elles doivent être effectuées dans les installations spécialisées plutôt que sur site par le traitement des eaux usées.

En résumé, les facteurs de pression clés sont le nombre d'activités polluantes comparables, et le niveau technique utilisé pour la transformation et le traitement des déchets.

État

Les rejets d'effluents non-traités (et traités) entraînent des changements évidents de l'environnement. Peu de ces changements peuvent être considérés comme bénins, ce qui pose la question de savoir quelles limites sont acceptables en matière de changement. En clair, il n'est pas réaliste d'essayer de conserver l'environnement dans des conditions parfaites. Il faut donc définir la qualité environnementale souhaitée en termes d'options d'utilisation par rapport à d'autres.

Le processus consistant à définir des changements environnementaux acceptables, en d'autres termes, des niveaux de décharge acceptables, suppose des négociations entre les différents acteurs clés et notamment les utilisateurs situés en aval du secteur, et le besoin de maintenir l'écosystème en état de fonctionnement.

La dernière étape de l'impact des effluents issus des usines de transformation industrielles est celle des écosystèmes aquatiques. Cependant, au cours de tout leur cheminement, les effets et les impacts directs ont aussi des conséquences sur la santé publique. Les effets de la charge organique et en particulier de la charge en nutriments sont similaires aux conséquences découlant du rejet de fumier animal. L'augmentation de la charge en nutriments peut conduire à l'eutrophisation et à un changement dans la présence des espèces et la disparition de certaines d'entre elles.

Mais entre temps, ces impacts ont engendré des changements à grande échelle et il est souvent trop tard pour réparer les dégâts. En conséquence, on a besoin de prédire les changements d'état avant qu'ils ne surviennent, afin d'anticiper les problèmes. La tendance est à la régulation sur des critères de décharge plutôt que des critères d'état, ce qui consiste à essayer d'établir un lien entre "rejet acceptable" et normes environnementales.

Les indicateurs les plus courants sont donc ceux qui évaluent le respect des réglementations plutôt que ceux qui évaluent la réponse aux impacts.

Le problème majeur consiste ensuite à définir quels sont les niveaux de pollution préjudiciables ou les niveaux de pollution acceptables. Mais cela peut varier selon les conditions requises par le système en aval : la qualité de l'eau destinée à l'industrie peut répondre à de faibles exigences, tandis que l'effluent doit être de plus grande qualité pour le fonctionnement des écosystèmes et de qualité encore plus grande pour les installations d'eau potable.

En plus du besoin de définir l'utilisation en aval de l'eau, il faut être très attentif aux variations saisonnières des décharges liquides, et à l'éventualité de dilution insuffisante dans la masse des eaux..

Des indicateurs d'état sont directement caractérisés par :

Cependant, dans la plupart des cas, on utilise des indicateurs propres aux effluent pour évaluer l'état : Un échantillonnage fréquent doit être réalisé pour identifier les impacts des changements saisonniers de débit d'eau : l'écoulement d'effluents dans des conditions de faible débit aura des conséquences plus importantes que pendant des périodes de crue. Le problème peut être aggravé par la température de l'effluent, car les problèmes de forte charge en nutriments sont plus grands si l'eau est plus chaude.

Réponse

Dans la plupart des cas, les systèmes de transformation industriels sont régulés par des dispositions similaires à celles des autres systèmes industriels, par une série de réglementations destinées à encourager des pratiques de gestion judicieuses, et à décourager les activités polluantes. Les problèmes surviennent lorsqu'il existe un manque de connaissances en matière de pratiques de gestion judicieuses.

Les indicateurs de réponse les plus courants sont l'usage des lignes de conduite sur les questions d'émissions et les politiques conformes à ces lignes de conduite.

La réponse se caractérise par :

Ces réglementations sur les émissions sont basées sur les meilleures connaissances disponibles : Lectures complémentaires

World Bank (1998)  Prévention de la pollution et Guide des abattements

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