Normes relatives à la production animale
 
Un animal en bonne santé grandit rapidement, en faisant la meilleure utilisation possible de la nourriture qui lui est donnée, et produira une viande, du lait ou des œufs de bonne qualité pour l'alimentation humaine et des produits comme la laine ou le cuir pour l'utilisation humaine. Un animal malade ou souffrant ne grandira pas rapidement et son alimentation sera donc plus coûteuse. 

Il est dans le meilleur intérêt de l'agriculteur de s'assurer que les animaux qu'ils élèvent restent en bonne santé tout au cours de leur vie.

Ces dernières années, le public s'est montré de plus en plus préoccupé par le bien-être des animaux de ferme et par les types de systèmes de production utilisés pour la production animale. Cette tendance s'est accentuée à mesure que les systèmes de production se sont intensifiés. En général, les producteurs et les associations pour la protection des animaux comprennent mal leurs visions respectives et leurs dialogues sont peu productifs. L'une des causes de ce problème est que l'évaluation de la santé ou du bien-être des animaux s'est avérée difficile et parfois discutable.

Établir des normes sur la production d'animaux de ferme, et les faire respecter est une étape importante qui pourrait permettre de relier le fossé entre producteurs et consommateurs. Ces normes consisteraient également à soutenir une production de nourriture destinée à la consommation humaine qui soit en conformité avec les normes de sécurité.

Bien-être des animaux :
Quatre approches différentes ont été utilisées, isolément ou en les combinant, pour déterminer le bien-être des animaux. Ces approches peuvent être utilisées comme la base des normes sur les animaux de ferme.

Productivité
D'après ce concept si un animal, par exemple, grandit bien, se reproduit, produit des quantités optimales de lait, son bien-être doit être acceptable. Il est clair que si un animal n'est pas nourrit correctement ou est malade, sa croissance et sa reproduction en seront affectées de manière négative. L'utilisation de ce système pour unique base pour l'évaluation du bien-être conduit souvent les systèmes intensifs à montrer des performances supérieures ou égales à celles des systèmes extensifs ou biologiques. Il s'agit d'une mesure relativement intensive pour le bien-être des animaux et elle est à présent considérée comme un critère trop étroit, mais s'avère utile lorsqu'elle est combinée avec d'autres.
Santé et maladie des animaux
Le bien-être d'un animal est compromis si celui-ci est malade. Ce critère peut être lié aux systèmes de production. Par exemple, un surpeuplement peut engendrer des problèmes accrus de maladies respiratoires ou entériques. Une solution utilisée, par exemple, dans l'élevage intensif de poulets, est l'administration d'antibiotiques de manière prophylactique (mêlés à la nourriture) mais cela revient à traiter le symptôme plutôt que la cause du problème. En général, les problèmes de parasitisme sont plus importants chez les animaux élevés à l'extérieur et qui ont accès à des terrains de parcours libre que chez les animaux en élevage intensif. À l'inverse, les animaux en étable peuvent souffrir d'une impotence considérable par rapport aux animaux en terrain de parcours libre.
Physiologie
La physiologie décrit le fonctionnement de l'animal, comme la respiration, la pression sanguine et la fréquence cardiaque. Alors que le corps essaie de maintenir un état stable (homéostasie), ses mécanismes permettent d'abandonner l'état normal en réponse à divers stimuli. Par exemple, si un animal a peur, il relâchera de l'adrénaline et d'autres hormones pour se préparer à se battre ou à fuir. Des facteurs d'agression, comme le climat, les changements d'environnement, le bruit, une forte densité d'animaux etc., peuvent également être des facteurs de stress. À la différence du stress causé par un prédateur, ces facteurs ont plus facilement tendance à provoquer une exposition chronique à un facteur de stress. Dans ces circonstances, l'animal est frustré dans sa tentative de résoudre le problème (s'il ne peut pas se battre ni fuir) et les niveaux accrus d'hormones liées au stress peuvent conduire à la suppression des défenses immunitaire et des ulcérations gastriques. C'est pour cela que des prélèvements sanguins sont effectués, afin de mesurer les niveaux d'hormones permettant d'évaluer le stress d'un animal. Le problème est que cette technique se généralise et peut elle-même être un facteur de stress. Une approche alternative consiste à mesurer par télémétrie les paramètres physiologiques tels que la respiration et le pouls, qui sont modifiés par le stress, afin d'éviter cette complication. Les animaux élevés sur terrains de parcours libre sont moins enclins à de tels symptômes.
Comportement
Des études ont montré que l'observation du comportement d'un animal peut donner les indications les plus fiables quant à son bien-être. En observant le comportement des animaux de ferme dans leur environnement naturel et en le comparant au comportement à la ferme, il est possible de déterminer le bien-être. Par exemple, les cochons en liberté aiment fouiller les alentours avec leur groin, faire des nids pour la litière, etc. S'ils sont maintenus dans un environnement stérile, où on les empêche d'adopter ce comportement, ils peuvent être frustrés. Cela peut pousser le cochon à adopter des comportements répétitifs stéréotypés, apparemment sans but. Par exemple, il mord les barres et se balance de haut en bas (cela s'observe également chez les animaux de zoo, pour lesquels la solution consiste à enrichir leur environnement). On peut également noter un comportement de plus en plus agressif (il se mord la queue, cannibalisme). En comparant les comportements dans des environnements différents, il est alors possible d'observer des relations entre le système de production et le bien-être de l'animal.


Même si elles sont spécifiques au Royaume-Uni, les organisations citées ci-dessous sont responsables de l'établissement des normes de production animale, qui seront également utiles ailleurs, notamment dans les régions où de telles normes n'ont pas encore été établies. L'adoption de normes claires et non-ambiguës offre des avantages aux consommateurs comme aux éleveurs.

Registre britannique des normes sur les aliments biologiques (UK Register of Organic Food Standards - UKROFS)

L'UKROFS a été mis en place par l'organisation Food from Britain à la demande du Ministère de l'agriculture en 1987. Le rôle de l'UKROFS est de fournir un ensemble de normes nationales et ainsi qu'un programme de certification et d'inspection.  Plusieurs normes volontaires existent dans le cadre de coordination de l'UKROFS. Elles comprennent :

Les producteurs doivent demander leur inscription à l'UKROFS ou à l'une des organisations du secteur privé ci-dessus, qui en font partie. Par exemple, le programme Symbol pour la production biologique de volailles est conduit par la Soil Association Organic Marketing Company Ltd. Ce programme présente de hautes normes que les producteurs doivent suivre s'ils veulent utiliser le label biologique pour les œufs ou la volaille et fournir aux consommateurs les produits de la meilleure qualité qui soit. Les obligations requises couvrent le type de logement, la densité des troupeaux/volatiles sur le terrain et dans les étables, l'alimentation et la gestion.

Les normes correspondantes pour la production animale au Royaume-Uni comprennent :

Vous trouverez des informations sur l'US Animal Welfare Act and Regulations (lois et règlements américains sur le bien-être des animaux) sur ce site : http://www.nal.usda.gov/awic/legislat/usdaleg1.htm
 

Les normes de Freedom Food

Freedom Food Ltd est une organisation indépendante à but non lucratif créée par le RSPCA pour améliorer le bien-être des animaux de ferme au Royaume-Uni. Le label Freedom Food sur la viande, les œufs et les produits laitiers constitue la garantie selon laquelle le produit provient d'un animal qui a été élevé, transporté et abattu en conformité avec les normes de bien-être établies par le RSPCA.

Les normes de bien-être de Freedom Food sont rédigées par des spécialistes du RSPCA des animaux de ferme, en collaboration avec des chirurgiens vétérinaires, des experts en animaux de ferme et des producteurs. Ces normes sont basées sur les besoins des animaux et sont rédigées d'après les études scientifiques et les expériences réalisées sur les pratiques d'élevage.

Des normes sur le bien-être ont été rédigées pour les espèces suivantes : moutons, poulets, dindes, poules pondeuses, canards, bovins à viande, vaches laitières et porcs. Ces normes sont régulièrement révisées et amendées d'après les toutes dernières recherches.

Les normes de la RSPCA sont basées sur cinq libertés dignes de tous les animaux de ferme :

Exempt de toute peur et douleur
Tous ceux qui gèrent et contrôlent des animaux d'élevage doivent comprendre les bases du comportement animal, afin d'éviter le stress aux animaux, en particulier lorsqu'ils sont déplacés, chargés ou déchargés. Le fait de mélanger différents groupes sociaux, d'âges et de sexes chez les animaux peut également s'avérer très stressant pour eux et même provoquer des blessures. Freedom Food exige que ce risque soit minimisé.
Exempt de  toute souffrance, blessure et maladie
Les animaux doivent être protégés des risques de blessures et des éléments susceptibles de provoquer la douleur ou causer des dommages sur leur santé. Leur environnement doit être géré correctement afin de leur garantir une bonne santé et ils doivent recevoir des soins vétérinaires rapides dès que cela est nécessaire. Les normes exigent que toutes les fermes disposent d'un programme de contrôle vétérinaire.
Exempt de la faim et de la soif
La ration alimentaire doit être satisfaisante, appropriée et saine. La brutalité et la compétition pendant la distribution de nourriture doivent être minimisées grâce à des espaces d'alimentation et de boisson confortables. Les animaux doivent avoir un accès permanent à une source d'eau propre et fraîche.
Exempt de l'inconfort
Il faut fournir une litière propre, sèche et confortable ainsi qu'un grand espace pour s'y déplacer, et un abri pour protéger les animaux des intempéries. Les normes de la RSPCA stipulent l'allocation d'un certain espace afin de s'assurer que les animaux disposent d'une pièce adéquate pour s'y coucher confortablement, faire leur toilette et se lever et se baisser facilement. L'environnement doit prendre en compte les besoins de bien-être des animaux et être conçu pour les protéger de l'inconfort physique et thermique.
Possibilité  d'adopter un comportement normal
En fournissant un espace suffisant, des équipements adaptés et la compagnie d'animaux de même espèce. Par exemple, une poule pondeuse doit pouvoir se percher, prendre des bains de poussière, se déplacer, s'étirer et battre des ailes et doit également disposer d'une zone de repos confortable et d'un pondoir séparé pour y couver ses œufs. L'attribution obligatoire d'une litière pour les cochons ne signifie pas seulement qu'ils doivent disposer d'un espace confortable pour se coucher, mais qu'il faut également enrichir leur environnement et leur fournir des opportunités d'explorer, de fouiller avec leur groin et de jouer.


Exemples de normes sur le logement des volailles en terrains de parcours libre

The Soil Association Organic Food and Farming Standards :
Extrait de la révision du 11 nov. 1997 pages 71 et 72

Ces obligations fonctionnent généralement d'après une recommandation de meilleure pratique et une limite autorisée plus élevée.

Normes générales

Normes spécifiques aux oiseaux pondeurs Normes spécifiques aux oiseaux d'embouche
Logement recommandé
Poulaillers prévus pour un maximum de :
    18 kg (poids vif des oiseaux adultes)/mètre carré de surface au sol
    75% de surface au sol avec litière
    25% de la surface est dotée d'une zone de perchage en caillebotis ou grillagées avec une zone de collecte des fientes placée en dessous


Normes de Freedom Food
Extraites de The RSPCA Welfare Standards for Laying Hens (normes de la RSPCA sur le bien être les poules pondeuses), janvier 1997. Ces normes sont basées sur les "Cinq libertés" de la FAWC
   1 Exempt de la faim ou de la soif
   2 Exempt de l'inconfort
   3 Exempt de toute souffrance, blessure et maladie
   4 Possibilité d'adopter un comportement normal
   5 Exempt de toute peur et douleur

Bien que ces "libertés" définissent des conditions idéales, elles fournissent le cadre complet d'estimation du bien-être d'un animal, dans la ferme, en transit ou dans un lieu d'abattage.


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