La préparation du fourrage vert (qui contient entre 65 et 80% d'eau) pour constituer des réserves repose sur trois techniques différentes :
Le fanage
La dessiccation ou conservation par voie sèche : le produit obtenu est
le foin, il contient moins de 15% d'eau.
Pendant
la fenaison, le fourrage vert est coupé et séché aussi vite que possible. Le
séchage peut se faire naturellement (par exposition au soleil sur le sol, en
retournant régulièrement le fourrage pour l'aérer) ou artificiellement par une
circulation active de l'air. Le séchage au soleil demande environ 2 à 3 jours
sans pluie. Le foin doit être maintenu dans les conditions adéquates (local
couvert). Si, au moment de la récolte, l'herbe a mûri et a commencé à
sécher sur pied, il ne s'agit plus de foin mais de paille.
Le foin produit sur les terres de pâturages (Sahel) a la valeur nutritive de la paille car il est moissonné au moment où les plantes arrivent à maturation. Le produit ainsi obtenu ne permet que de subvenir aux besoins de subsistance, et dans de très rares cas d'obtenir une production marginale de lait ou de viande.
Ensilage
L'ensilage ou conservation par voie humide : le produit obtenu est l'ensilage.
Cette méthode de conservation utilise le pouvoir acidifiant des bactéries lactiques
qui baissent le pH à 4 environ, niveau au-dessous duquel toute réaction chimique
et fermentaire cesse.
L'ensilage est un processus de fermentation destiné à conserver le fourrage
à l'état humide à l'abri de l'air. On recherche à perdre
le minimum de matière sèche et de valeur nutritive et à éviter de créer des
produits toxiques pour les animaux. Pour obtenir un bon ensilage, il faut :
Ensilage en balles rondes
L'ensilage en balles rondes est une méthode de conservation du fourrage relativement
récente. C'est une combinaison entre le fanage et l'ensilage qui comporte certains
avantages et inconvénients comparé à d'autres systèmes de conservation du fourrage.
L'ensilage en balles rondes est simplement un fourrage plutôt humide qui est
bottelé dans une ramasseuse-presse à balles rondes, puis stocké dans un conteneur
hermétique, généralement une toile en plastique. Les graminées aussi
bien que les légumineuses peuvent être conservées en balles rondes si les méthodes
utilisées sont bien appropriées. Il est bien plus facile de faire un bon ensilage
de foin en silos qu'avec les grosses balles rondes.
Bien que l'ensilage obtenu puisse se conserver pendant près d'une année, l'ensilage en balle ronde est plus susceptible de se gâter que celui d'un silo traditionnel, parce que (1) la fermentation est moins complète, et (2) tout accroc sur la bâche en plastique entraîne une introduction nocive d'oxygène. Certains pensent que l'ensilage en balles ronde est mieux adapté à une utilisation tardive durant la période de croissance, en donnant les balles aux animaux le plus tôt possible. Plus tard dans la saison, il peut s'avérer plus difficile de sécher le foin dans les champs, ce qui augmente la valeur de l'ensilage en balles rondes.
La valeur nutritive de l'ensilage en balles rondes ne sera pas de meilleure qualité que celle du fourrage de départ, bien au contraire. Si les balles sont moisies et tièdes lorsqu'on les ouvre, leur valeur nutritive sera très faible. Le fourrage moisi réduit l'apport alimentaire, ce qui réduit la production. Le fourrage tiède ou chaud implique une digestibilité réduite des protéines, ce qui doit être pris en compte lors de l'équilibre des rations. Il est judicieux d'analyser la composition de l'ensilage en balles rondes, en protéines, fibres et minéraux ainsi qu'en protéines disgestibles avant l'alimentation. Les balles de foin souillées peuvent également contenir des bactéries nocives (ex. la listeria) et des moisissures et ne doivent pas être données au bétail.
L'ensilage en balles rondes présente trois avantages par rapport au fanage et à l'ensilage traditionnel :
Ceci comprend les coûts de coupe et de récolte, de fanage (fenaison, ensilage), des consommables (énergie, charges), d'amortissement du matériel, d'amortissement immobilier (entrepôt céréalier, silo) et de main d'œuvre, souvent importants pour ces opérations. Le fourrage conservé est par conséquent très onéreux.
Pour que le foin soit rentable, il faut absolument :
L'essentiel des pertes d'éléments nutritifs peut survenir entre la coupe du fourrage et le ramassage de la récolte. La respiration est inévitable et ne dépend pas du système de conservation utilisé. D'autres pertes, telles que l'effeuillage des plantes et les dommages causés par les pluies, peuvent être évitées ou du moins largement évitées, selon le mode de récolte du fourrage. Le fanage provoque généralement les plus importantes pertes dans les champs car le fourrage est sec lorsqu'il est manipulé par les machines. D'après les estimations, les pertes de matière sèche lors de la mise en balles rondes du fourrage sont de 5 à 20% de la récolte. Les pertes lors de la mise en petites bottes sont de 5 à 10%. L'importance des pertes est directement proportionnelle à la teneur en matière sèche du fourrage lorsqu'il est manipulé. Le fourrage qui contient plus de 40% d'humidité résiste à l'éclatement mécanique (perte moyenne 3%), mais lorsque le fourrage n'atteint pas les 40% d'humidité, les pertes dues à l'éclatement augmentent rapidement. Une autre cause probable des pertes durant le fanage est la pluie. Plus le fourrage reste longtemps dans les champs, plus le risque de pluies est grand. L'ensilage (en balles rondes ou traditionnel) doit généralement être pré-fané environ une journée avant la récolte ; ainsi, le risque de pluie est inférieur à celui de la fenaison. L'ensilage en balles rondes est semblable à l'ensilage conventionnel, avec des risques moindres de dégâts par la pluie et une diminution des pertes nutritives dues à l'éclatement mécanique comparé au fanage.
L'ensilage conventionnel réduit les pertes au champs comparé au fanage, mais il demande d'importants capitaux. L'ensilage conventionnel nécessite une hacheuse, des remorques d'ensilage, une ensileuse, un silo en plus de l'équipement de déchargement et de coupe. La fenaison nécessite le même équipement de coupe, plus une presse à fourrage, quelques remorques d'ensilage et une grange pour le stockage. Les coûts d'immobilisations de l'ensilage conventionnel peuvent représenter 2 à 3 fois ceux de la fenaison. L'ensilage en balles rondes nécessite moins d'investissements que la fenaison car dans ce cas, il n'y a pas besoin de grange. Si les balles sont liées au lieu d'être emballées, il faut une lieuse de balles qui va augmenter les dépenses en immobilisations.
L'ensilage en balles rondes est un système très souple en raison de ses faibles
coûts d'investissements. En fonction des facteurs climatiques et de main d'œuvre,
un producteur peut choisir de faire de grosses balles de foin ou d'ensiler en
balles rondes. Si un producteur possède l'équipement d'ensilage traditionnel,
l'important investissement en immobilisations oblige presque à stocker le fourrage
ensilé. Avec l'ensilage en balles rondes, la plupart des dépenses concernent
les sacs ou les bâches. Par conséquent, si un producteur choisit de ne pas faire
d'ensilage en balles rondes, il n'achète simplement pas de sacs ni de bâches
plastifiées. Pourtant, son équipement de fenaison demeure productif.
L'ensilage en balles rondes est une méthode de conservation du fourrage souple
et de moindre investissement. Cependant, les charges variables et les pertes
peuvent être élevées. Ce système de conservation du fourrage peut se révéler
pratique surtout pour les petites fermes qui ne peuvent justifier le lourd investissement
représenté par la conservation en ensilage traditionnel. De plus, il peut être
adapté à un usage occasionnel par les producteurs de fourrage, de préférence
à la fin de la saison de croissance de la végétation. Si les méthodes
utilisées sont appropriées, on peut obtenir une qualité de fourrage ensilé acceptable.
Les coûts élevés de conservation et de traitement des plastiques usagés doivent
être pris en compte lorsqu'il s'agit de décider d'utiliser l'ensilage en balles
rondes.
Les systèmes à l'herbe dans des conditions d'agriculture intensive et les systèmes mixtes. Parfois dans les systèmes à l'herbe extensifs.
Systèmes à l'herbe
| LGA | LGS1 | LGS2 | LGS3 | LGH1 | LGH2 | LGH3 | LGT1 | LGT2 | LGT3 |
| O | O | O | O | O | O | O | O | O | O |
Systèmes mixtes
| MCG | MCR | MCC | MFF | MEF |
| O | O | O | O | O |
Systèmes industriels
| IFP | IPL | IPG | IRM | IDU | ISL | ITN | IMP |
| N | N | N | N | N | N | N | N |
Le fanage est la méthode la plus importante de conservation du fourrage dans de nombreux pays, y compris les pays tropicaux. L'ensilage est fortement développé dans les pays tempérés, notamment en Europe, et accompagne l'intensification.
Dans les pays tropicaux, la croissance végétale coïncide avec la saison des pluies, qui rend parfois la fenaison difficile. La production de fourrage ensilé requiert un équipement adapté, onéreux, et utilise du fourrage très productif et d'excellente qualité. Cette technique est passée au premier plan car les exploitations ont acquis un équipement performant pour remplir rapidement les silos et utilisent des plantes fourragères à forte production (maïs, sorgho).
C. Demarquilly, 1987. Les fourrages secs. Récolte, traitement, utilisation. INRA, Paris.
IEMVT-CIRAD, 1992 et 1994. Les réserves fourragères. 1. Le foin, 2. Les pailles et leur valorisation, 3. L'ensilage. Les fiches techniques d'élevage tropical . Ministère français de la coopération et du développement. 12, pp. 8 et 8.
Lieuse de balles http://www.tanco.ie
Dairy On-Line http://www.dairyonline.com/default.htm
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