| L’élevage
contribue aux moyens d’existence d’environ 40
millions de pauvres dans la partie supérieure de la
Corne de l’Afrique et se répartit en divers systèmes
de production. En raison essentiellement de l’essor
démographique, la poussée de la demande pour
des produits d’origine animale dans la région
offre de nombreuses possibilités de développement.
Il faudra toutefois que les politiques publiques soient profondément
réformées, à l’échelle tant
nationale que régionale, pour améliorer les
conditions d’accès des petits éleveurs
aux marchés en expansion, notamment dans un contexte
économique de plus en plus marqué par la suppression
des services publics et la libéralisation des échanges.
Les zones pastorales et agro-pastorales regroupent environ
40 pour cent de la population et près de 60 pour cent
des ruminants de la région. La pauvreté y est
importante; lutter contre la vulnérabilité et
garantir l’accès à la terre et l’eau,
dans un milieu économique et politique en mutation
rapide, sont des priorités sur lesquelles il est urgent
d’agir. De nombreuses maladies limitent le développement
de l’élevage, et l’application de réglementations
sanitaires de plus en plus rigoureuses a réduit le
dynamisme des échanges sur les marchés nationaux
et avec le Proche-Orient. Dans de nombreux systèmes
agro-pastoraux, les petits producteurs tirent un revenu complémentaire
de l’industrie laitière, même si la production,
la transformation et la commercialisation du lait et des produits
laitiers sont inefficaces, ce qui est une conséquence
de l’échec des politiques et des institutions.
Au sein de la Corne de l’Afrique, les activités
réalisées dans le cadre de l’Initiative
pour des politiques d’élevage en faveur des pauvres
(PPLPI) concernent plus particulièrement l’Ouganda
où des réseaux de parties concernées
par l’élevage ont été créés.
Des études réalisées en collaboration
avec des partenaires, dont le Ministère de l’agriculture,
de la production animale et des pêches (MAAIF), sont
en cours pour examiner les politiques et les institutions
existantes et analyser l’économie politique des
décisions prises dans le secteur de l'élevage.
En coopération avec des partenaires de l’Office
des statistiques ougandais (UBOS), les causes de la pauvreté
et les relations entre pauvreté, élevage et
environnement sont étudiées sous un nouveau
jour. L’Initiative travaille plus particulièrement
en étroite collaboration avec l’Autorité
chargée du développement du secteur laitier
(DDA), le MAAIF et le Secrétariat du Plan de modernisation
de l’agriculture (PMA) afin de concevoir des politiques
équitables en faveur du développement du secteur
laitier ainsi qu’avec le Bureau de coordination de la
lutte contre la trypanosomose ou maladie du sommeil.
Reconnaissant l’importance des réformes politiques
et institutionnelles dans la région, la Commission
européenne a financé l’“Initiative
sur les politiques d’élevage”, extension
régionale de la PPLPI au sein de laquelle l’IGAD
et la FAO ont créé un partenariat visant à
renforcer le rôle de l’élevage dans la
sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté
de manière durable dans la région. À
cette fin, on encouragera les processus et les mécanismes
d’élaboration et de promotion des réformes
politiques et institutionnelles susceptibles de consolider
l’efficacité et la compétitivité
du secteur de l’élevage ainsi que de réduire
la vulnérabilité des pauvres tributaires de
cette activité dans la Corne de l’Afrique.
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