| Dans
la région du Mékong en Asie du Sud-Est, la pauvreté
est essentiellement un phénomène rural. Les
activités de la PPLPI se concentrent sur le Viet Nam,
ce pays se caractérisant par le taux de pauvreté
rurale le plus élevé (45%) de la région
et par le plus grand nombre de ruraux vivant dans la pauvreté
(2,8 millions). L’économie, autrefois socialiste,
est en transition et s’oriente vers un système
libéral. Le Viet Nam a recueilli un très grand
nombre de données sur la répartition des revenus
des ménages, la structure de la pauvreté et
le rôle de l’élevage dans les moyens d’existence
des ménages. Ces informations sont précieuses
à l’Initiative sur des politiques d’élevage
en faveur des pauvres (PPLPI) pour élaborer des outils
et analyser l’impact des politiques et des réformes
institutionnelles favorables aux pauvres.
Un grand nombre de ménages ruraux élèvent
des animaux domestiques; 70% d’entre eux possèdent
de la volaille pour l’autoconsommation familiale et
près de 60% sont propriétaires de porcs destinés
à la vente. L’élevage porcin est de loin
la principale activité et représente environ
72% du total de la production nationale de viande, la viande
de volaille se plaçant en seconde position avec 18%.
Ce secteur est donc une source de revenus essentielle pour
les populations rurales et permet de lutter contre la pauvreté
à l’échelle tant des ménages que
des communautés. La politique officiellement appliquée
dans ce secteur à l’heure actuelle ne tient toutefois
pas compte des petits éleveurs porcins. Les investissement
publics, consacrés à l’établissement
de zones d’élevage de porcs de première
qualité destinés à l’exportation,
favorisent en effet les grands élevages dont les produits
sont vendus surs les marchés étrangers.
Les politiques, les stratégies et les investissements
publics axés sur l’expansion de la production
des petits éleveurs porcins auraient des répercussions
beaucoup plus profondes sur les revenus des ménages
ruraux que la politique actuelle de promotion des exportations
si la fourniture des services d’appui et des intrants
de production était améliorée et si des
débouchés plus larges étaient assurés
sur les marchés nationaux pour les porcs et la viande
porcine. La PPLPI s’est donc associée à
des instituts de recherche, des organismes gouvernementaux,
le secteur privé, des ONG et des organisations de la
société civile pour initier un processus de
réformes politiques visant à accroître
la production porcine pour les marchés nationaux en
expansion.
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