INITIATIVE POUR DES POLITIQUES D'ÉLEVAGE EN FAVEUR DES PAUVRES

Programmes / Projets

L’augmentation de la demande pour des produits d’origine animale, le renforcement de la compétition, tant des pays en développement que des pays développés, et la nécessité de se conformer à des systèmes de normes nationales et internationales toujours plus détaillées et en évolution constante se traduisent par une pression de plus en plus forte sur les producteurs des pays en développement. Afin de rester compétitifs, de faire face aux transformations du marché et de prospérer, les éleveurs doivent être en mesure d’innover en permanence. De plus, pour exploiter pleinement le potentiel de réduction de la pauvreté qu’offre la transformation actuelle de l’élevage, il est impératif d’améliorer la capacité de réaction et d’adaptation aux changements afin que les producteurs puissent innover tout en protégeant les moyens d’existence des populations démunies dépendant de ce secteur. Il ne s’agit pas seulement de s’assurer que la technologie de production et de transformation soit rendue accessible grâce à des efforts de recherche sur l’élevage, à de services de vulgarisation et à d’autres services de soutien, mais aussi que les mesures sociales et institutionnelles nécessaires pour mobiliser divers types de connaissances et d’appui soient prises de sorte à ce que l’innovation soit générée en permanence.

L’innovation, en tant que moteur du changement social et économique, peut être particulièrement importante dans le secteur rural des pays en développement. C’est dans les zones rurales que vit la majeure partie des pauvres, que l’on trouve les principales ressources écologiques et que les moyens de subsistance des communautés les plus vulnérables sont étroitement liés, pour le meilleur et pour le pire, aux transformations de la technologie et du marché. L’innovation, que l’on considérait autrefois comme un processus mu par la recherche, est aujourd’hui reconnue comme un processus interactif qui intègre un éventail beaucoup plus large d’activités, d’acteurs, de pratiques, de politiques et de conjonctures. Ensemble, ces divers éléments rendent possible l’utilisation créative des connaissances, des informations et des technologies tant anciennes que nouvelles. Vu que ce processus implique l’interaction de nombreux acteurs ayant des projets différents et concurrents, il est indispensable de traiter des questions de gouvernance liées à l’innovation afin d’obtenir les résultats recherchés sur le plan social, tels que le recul de la pauvreté et la durabilité environnementale.

Étant donné que les possibilités de gagner sa vie en milieu rural connaissent une diversification croissante en faveur d’activités non agricoles et que les régions et activités rurales sont de plus en plus dépendants de l’environnement mondial, les économies rurales se modifient de façon radicale. Ces changements se caractérisent également par une augmentation de l’interdépendance et de la convergence des connaissances de différents domaines d’activités économiques et sociales; on peut ainsi citer l’interdépendance de l’agriculture, de la transformation des denrées agricoles et de la santé, et la convergence susceptible de se produire entre des connaissances scientifiques génériques, comme la technologie génétique, et des connaissances relatives à des processus génériques, telles que les principes de gouvernance. Les caractéristiques uniques de cette nouvelle réalité rurale soulèvent des questions sur la nature de la capacité d’innovation rurale et présentent des défis pour l’élaboration et l’exécution des politiques. Ces défis concernent la nécessité de développer les capacités dans les objectifs suivants:

associer les compétences dans les domaines de la science, de la technologie et des affaires (élevage, agriculture, santé, communication, finances, etc.);
réagir à des contextes évoluant rapidement (dans les domaines technique, commercial, politique, social et de la formulation de politiques);
identifier les possibilités et les difficultés liées à l’interdépendance et à la convergence des diverses sphères de l’activité rurale, et y répondre.

L’Initiative pour des politiques en faveur des pauvres (PPLPI), en partenariat avec l’Université des Nations Unies - Centre de recherche sociale et économique et de formation de Maastricht pour l’innovation et la technologie (UNU-MERIT), contribue à mieux comprendre ces questions grâce à un réseau de centres régionaux de recherche et de formation qui encourage les échanges entre des universitaires, des responsables de politiques, des investisseurs et des praticiens du développement œuvrant dans le domaine du développement rural.
Les activités actuellement réalisées dans le cadre de l’Initiative sur le thème ‘Services, changement institutionnel et capacité d’innovation’ sont plus particulièrement axées sur les points suivants:

i) le développement des capacités locales afin d’innover en intégrant les recherches scientifiques dans des réseaux plus larges d’agents économiques, d’organismes publics et de décideurs qui, ensemble, permettent aux nouvelles technologies et connaissances de contribuer à une création équitable de la richesse et à un développement durable,
ii) les types de mesures sociales et institutionnelles nécessaires pour mobiliser le capital de connaissances et les services d’appui qui pourront renforcer la capacité d’innovation des acteurs concernés en réponse à la dynamique du secteur de l’élevage tout en protégeant la santé publique et les moyens d’existence des populations démunies liées à ce secteur,
iii) la conception d’outils permettant d’appliquer et de mettre en œuvre les types de mesures mentionnées aux points i) et ii) dans les politiques et méthodes de développement.

 

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