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FAO/23068
INFPDE-CONFERENCES

The Bangladesh Model and Other Experiences in Family Poultry Development

Family Poultry Development in Burkina Faso

Charles Luanga Ouedraogo

Au Burkina Faso l’élevage représente 12% environ du PIB et constitue la deuxième source de recettes d’exportation après le coton. En ce qui concerne particulièrement les animaux à cycle court, la volaille locale (poules, pintades …) est sans conteste la plus importante tant du point de vue des effectifs (plus de 22 millions) que de sa contribution à la formation des revenus des producteurs en milieu villageois.

L’aviculture traditionnelle utilise des souches locales rustiques, à croissance lente. La contribution de l’élevage familial de volailles atteint facilement 70% de la production totale de volailles et dans le cas du Burkina Faso, les poulets villageois représentent 2/3 de l’élevage familial de volailles. Ces volailles apportent des revenus frais et sont utilisés pour des dons ou des sacrifices, parfois comme capital de démarrage chez les jeunes.

Les volailles de race locale sont prisées, car elles ont meilleur goût, justifiant ainsi l’existence de circuits établis d’approvisionnement des villes en volailles locales en provenance des campagnes, mais aussi le développement d’élevages de race locale dans les zones périurbaines. Mais chaque année, cet important gisement paie un lourd tribut dû à une conduite insuffisante des élevages (maladies, précarité des habitats, de l’alimentation …).

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Cette filière dite traditionnelle est un enjeu économique important pour l’Etat en raison de la rentrée de devises qu’elle engendre. A titre illustratif, les exportations ont rapporté en 1998 environ 1.200 millions de F CFA pour la seule destination de la Côte d’Ivoire. Mais elle est aussi un enjeu social, culturel et économique pour les populations car, la volaille rentre dans diverses formes de compensation des valeurs de plusieurs de nos sociétés et elles sont à la base de la formation des revenus microéconomiques de plusieurs couches de la population paysanne du Burkina Faso. En rappel, les modalités d’exploitation du cheptel avicole villageois, appréciées sur la base d’enquêtes par le PDAV sont les suivantes :

  • ventes : 40 % ;
  • auto - consommation : 25 %
  • dons : 20 – 25 %
  • sacrifices : 10 % .

Dons et sacrifices sont des fonctions sociales très importantes pour lesquelles on a recours aux volailles.
La pauvreté dans nos sociétés est caractérisée par des revenus limités, un manque de nourriture, un accès limité aux services sociaux de base. De ce qui précède, pauvreté rime avec insécurité alimentaire et déséquilibre alimentaire. En terme monétaire, on peut rappeler que le seuil de pauvreté est établi dans notre pays à 72 069 FCFA de revenus annuels pour un adulte et que 45,3% de la population totale vit en dessous de ce seuil. Globalement, près de 94% des personnes vivant en dessous de ce seuil résident en zone rurale.

Pour faire face à ces phénomènes structurels, la commercialisation des volailles par les paysans ou encore l’incorporation des œufs et de la viande dans les rations alimentaires constituent des moyens efficaces. A cet égard, l’aviculture traditionnelle contribue à la réduction de la pauvreté et partant à la réalisation de deux enjeux alimentaires importants pour le Burkina Faso : La sécurité et l’équilibre alimentaire. Ainsi, l’expérience du Programme Spécial Sécurité Alimentaire (PSSA), montre qu’avec un investissement initial de 75 000 FCFA permettant d’acquérir un coq améliorateur et 10 poules de race locale, un poulailler, on peut obtenir un revenu annuel de 21 000 FCFA dès la première année et près de 40 000 FCFA après 5 ans, compte tenu des amortissements.

De plus, le petit élevage d’une manière générale est une activité maîtrisée par les femmes, dont le rle central dans l’économie familiale et l’accès des enfants à la santé et à l’éducation n’est plus à démonter. L’exemple du Groupement Villageois Féminin de Safané dont les membres ont bénéficié d’un appui en matériaux de construction et d’un coq de race est éloquent. En effet l’aviculture a permis de générer des revenus qui ont été utilisés pour soutenir et développer les activités traditionnelles des femmes qui sont l’artisanat, et le petit commerce. Par ailleurs, la volaille pouvant être vendue toute l’année a permis ainsi de faire face à des dépenses imprévues comme celles liées à la santé.

Malheureusement, chaque année, au sortir de l’hivernage et au démarrage de l’harmattan, les maladies aviaires déciment les volailles et créent ainsi des incidences économiques importantes pour les paysans et réduisent le potentiel exportable de volailles.

Les contraintes majeures qui entravent le développement de l’aviculture villageoise concernent :

  • les difficultés d’ordre sanitaire : la situation sanitaire de la volaille est préoccupante ; la pseudo peste aviaire qui décime parfois plus de 50 % des effectifs ;
  • la faiblesse du niveau alimentaire en général et protéinique en particulier due à une utilisation de plus en plus généralisée de pesticides et à la méconnaissance des techniques d’amélioration de l’alimentation expliquent cette situation ;
  • l’inexistence ou l’inadaptation de matériels d’élevage (mangeoires, éleveuses...) ;
  • la précarité des conditions d’habitat et d’hygiène entraîne des pertes souterraines (retards de croissance des jeunes, désertions des nids par les couveuses...) d’une part et exacerbe les mortalités d’origine pathologique d’autre part ;
  • la faiblesse de la formation, de l’information et de la sensibilisation des producteurs contribue à les maintenir dans un état d’arriération par rapport aux techniques améliorées de production.

Le tableau ainsi peint est à l’origine de la faiblesse de l’offre en volailles (poules et pintades) comparée à la demande. En effet, en plus des besoins ordinaires pour la consommation des populations, la demande est également tirée par les besoins en volailles pour les sacrifices (les populations pratiquent fortement la religion des ancêtres) et pour l’exportation.

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Elles accordent une place importante au développement du petit élevage villageois. Ainsi, la Note d’Orientation du Plan d’Action de la Politique de Développement du secteur de l’élevage au Burkina Faso qui a été adoptée par le Gouvernement en Novembre 1997 opte pour un renforcement de l’aviculture villageoise à travers:

  • la lutte contre la maladie de Newcastle, la mortalité des pintadeaux et les autres affections virales ou bactériennes ;
  • l’amélioration de l’habitat, de l’hygiÏne et de l’alimentation ;
  • la formation, la sensibilisation, l’information et l’organisation des producteurs.

A cet effet, la Note préconise la poursuite des activités du PDAV et surtout l’élargissement de son champ d’action à l’ensemble du pays.

Quant au Document d’Orientations Stratégiques (DOS) des secteurs de l’Agriculture et de l’Elevage à l’horizon 2010, qui consacre l’approche filière, la volaille y figure en bonne place. Il en est de même du Plan d’Actions et du Programme d’Investissements du secteur de l’Elevage qui a retenu le développement de l’aviculture villageoise comme programme prioritaire.

Enfin, le document Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) a choisi au titre des programmes prioritaires de l’Axe 3 ¡ élargissement des opportunités pour les pauvres Á le développement de l’aviculture villageoise comme moyen d’améliorer les revenus monétaires des producteurs en milieu rural.

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Le Programme de Développement des Animaux Villageois (PDAV), initialement Projet de Développement de l’Aviculture Villageoise a été crée en 1978 grâce à l’appui technique et financier de la République FranÇaise.

A partir de janvier 1996, le PDAV intègre l’élevage de basse-cour qui faut-il le rappeler est parmi les nombreux modèles de productions animales connus, de loin le plus pratiqué. Ce type d’élevage composé de volailles, de porcs, d’ovins, de caprins et de lapins est reconnu sous le vocable d’¡Animaux villageois Á. Dès lors, la préservation du sigle et le changement d’appellation s’imposèrent de façon évidente. Devenu service rattaché au Secrétariat Général du Ministère des Ressources Animales, le PDAV aura pour principal objectif le renforcement de la capacité des élevages villageois à cycle court afin de générer des revenus au profit des ménages ruraux.

La stratégie d’intervention du PDAV consiste à induire des améliorations à partir de petites technologies maîtrisables par les producteurs ruraux et qui ne bouleversent pas les caractéristiques fondamentales de l’aviculture villageoise : matériel génétique local, investissement minimal …

Cependant au cas par cas, des améliorations plus profondes (métissage, concentration des effectifs) pourraient être apportées et ce, en fonction du profil du producteur… Dans cette démarche, le PDAV s’appuie sur des relais importants que sont les Vulgarisateurs Volontaires Villageois (VVV) qui sont en fait des producteurs modèles et leaders d’opinion au niveau de leurs villages. Ces VVV sont particulièrement chargés de la mise en œuvre des programmes d’action sanitaire et d’amélioration zootechnique.

Cette stratégie d’intervention est rendue nécessaire du fait de l’atomisation des exploitations avicoles villageoises et du nombre très limité de vétérinaires privés dans les zones rurales.

Le PDAV a surtout accentué ses activités sur la protection sanitaire de la volaille par une campagne de vaccination contre la maladie de Newcastle, le déparasitage interne et externe, la mise au point et la vulgarisation de techniques et méthodes de production améliorées.

Les activités du PDAV ont permis d’augmenter le taux de couverture vaccinale contre la maladie de Newcastle qui est actuellement de l’ordre de 14%. A titre indicatif l’effectif vacciné a été de plus de 3 000.000 tètes en 2002. En matière de formation vulgarisation une solide expérience a été capitalisée. Ainsi :

  • Plus de 3 500 V VV ont été formés et recyclés ;
  • Plusieurs centaines de villages ont été sensibilisés en techniques améliorées de production.

 

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Dans le cadre de l’initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), des producteurs recevront très prochainement un appui en divers matériaux de construction pour la mise en place de poulaillers de type amélioré. Cet appui en équipement s’accompagnera d’une formation de plusieurs centaines de VVV et de leur équipement en vélos.

La mise en œuvre de petites unités avicoles familiales au delà des revenus substantiels qu’elles procurent aux producteurs en milieu rural entraîneront à plus ou moins court terme le développement d’un certain nombre d’activités connexes aussi bien en aval qu’en amont de la production. Il s’agit :

  • de l’installation de petites unités de production de compléments alimentaires à base de produits locaux. En effet, toutes les améliorations proposées entraîneront nécessairement une augmentation des effectifs pour lesquels les disponibilités alimentaires devraient être améliorées. Du coup, des spéculations comme les céréales et le soja verront leurs productions tirées vers le haut du fait de l’existence d’une demande et du développement d’un circuit monétarisé pour leur commercialisation;
  • des abattoirs et centres de conditionnement : ces unités permettront de mettre sur le marché des produits préparés dans de bonnes conditions d’hygiène et bien conditionnés pour les besoins d’une clientèle spécialisée et pour l’exportation.

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Comme nous venons de le voir, l’aviculture familiale peut contribuer à lutter contre la pauvreté. Il n’est pas trop assujetti aux aléas climatiques, contrairement à l’élevage des ruminants. Ne nécessitant pas d’investissements trop élevés au départ, son développement aura incontestablement des effets bénéfiques sur la société Burkinabé.

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