Renseignements généraux

Géographie - La Tunisie couvre une superficie de 164 000 km2. Elle est délimitée par des frontières communes à l’Est avec la Libye, à l’Ouest avec l’Algérie, au Nord et à l’Est par la Méditerranée et au Sud par le désert du Sahara.

Démographie – La population est estimée à 9,4 millions d’habitants (1997) avec une croissance de 1.9% par an. La densité moyenne est de 50 habitants au km2. La population rurale est relativement stable et constitue environ 40% de la population totale. Quant aux Gouvernorats de Zaghouan, Siliana et Kairouan, concernés par le programme GCP-TUN-028-ITA, la population rurale est fortement représentée (entre 66% et 71% de la population totale).

Développement social - Depuis l’indépendance, la Tunisie a apporté une attention particulière au développement social. Il en résulte un niveau élevé de l’éducation et de la santé et une réduction de la croissance démographique. En outre, le cas de la Tunisie est donné en exemple comme ‘cas de réussite’ en matière d’amélioration de la sécurité alimentaire. En effet, les disponibilités caloriques par habitant et par jour sont passées de 2000 au début des années 60 à près de 3500 calories dans les années 90. Les estimations de la pauvreté, basées sur les enquêtes nationales de consommation, montrent que son incidence a fortement baissé, puisqu’elle touche un peu moins de 7% de la population totale, contre 22% en 1975.

Malgré l’évolution positive des disponibilités vivrières et de la sécurité alimentaire, l'instabilité de la production agricole constitue encore un problème au niveau des zones difficiles et éloignées. Les poches de pauvreté se concentrent dans les régions rurales de l’intérieur du pays et le programme concerne en priorité ces zones.

Secteur agricole

Importance économique - La contribution du secteur agricole dans l’économie nationale demeure importante avec 17% du Produit National Brut et 14% des exportations totales. Au terme des 15 dernières années, la production a été largement satisfaisante et a atteint une croissance annuelle de près de 4%.

Ressources naturelles – Compte tenu des conditions climatiques et géomorphologiques, trois grandes régions naturelles apparaissent distinctement : le Nord, le Centre et le Sud. Au Nord, le climat varie d’humide à semi-aride et la pluviométrie annuelle moyenne se situe entre 600mm et 400mm ; au Centre, le climat est semi-aride à aride avec une pluviométrie variant de 200mm à 400mm par an. Les Gouvernorats de Kairouan, de Siliana et de Zaghouan dans la zone du programme sont soumis à un climat du type semi-aride. Le régime pluviométrique se caractérise par une irrégularité annuelle et inter-annuelle avec des précipitations à caractère orageux et intense. La pluviométrie annuelle moyenne dans les sous-bassins du Merguellil (Gouvernorat de Kairouan, zones de El Ala et Haffouz) varie d’environ 300 mm à 400 mm, de 400 à 500 mm dans le bassin versant de Siliana (Gouvernorat de Siliana) et de 200 à 550 mm dans le Gouvernorat de Zaghouan. Le sirocco, vent du Sud, souffle souvent au printemps et peut provoquer des dégâts sur la végétation, tout comme l’érosion éolienne, en cas d’absence de brise-vent.

Les ressources en eau de la Tunisie sont globalement estimées à 4.7 millions de m3, localisées essentiellement dans la zone semi-aride (Nord et Centre de la Tunisie). Ces ressources se caractérisent par une variabilité importante des régimes des cours d'eau résultant de l'irrégularité de la pluviométrie. En effet, la variabilité inter-annuelle de celle-ci peut passer de 1 à 12. Les eaux de surface mobilisées sont estimées à 1,6 m3 grâce à 22 barrages, soit 76% des ressources techniquement mobilisables (2,1 m3). En contrepartie le pays est parvenu à exploiter 100% des ressources de la nappe phréatique grâce à 150.000 puits de surface et 81% des ressources profondes grâce à 2.400 sondages et sources naturelles (source DGETH - Février 1999).

L'inventaire des ressources en sol fait ressortir une superficie totale de 164.000 km2. Sur environ 10,2 millions d'hectares considérés aptes à l'agriculture et au pâturage (le reste étant constitué de terres incultes (erg, chotts et roches nues…), 5 millions sont réellement cultivables (soit 30% environ du territoire), dont 3 millions sont considérés fertiles. Le pourcentage des terres irriguées par rapport à la superficie cultivable est très faible (5%), mais contribue pour 32% à la production agricole totale. Sur cinq millions d’hectares utilisés, environ 35% sont en céréales, 35% en arboriculture, 10% en cultures fourragères, maraîchères… et 20% en jachères (source DG/DPIA – Janvier 2001).

Systèmes agraires - La structure foncière est représentée par trois catégories: les terres privées, les terres collectives et le domaine de l'Etat. Le domaine agricole de l'Etat couvre 800.000 ha; les exploitations privées environ 471.000 ha avec la dominance des petites exploitations (53% des exploitants possèdent moins de 5 ha et ne disposent que de 9% de la surface agricole utile). A titre d’exemple, dans le Gouvernorat de Siliana, les moyennes et grandes exploitations qui possèdent plus de 50 ha représentent seulement 6,9% du total, mais couvrent 53,7% des superficies. A l’opposé, les exploitations de moins de 5 ha représentent 44% du total, mais ne contrôlent que 6,9% des superficies. L’agriculture familiale contribue souvent à plus de la moitié du revenu familial et reste l’occupation principale de deux tiers de la population rurale aux conditions de vie difficiles. Ces derniers cultivent principalement les céréales et l’arboriculture. L’agriculture leur procure aussi des emplois tels qu’ouvrier agricole et/ou dans les chantiers de l’Etat. L’élevage, notamment les petits ruminants, est une source importante de revenus (source Enquêtes structures des exploitations agricoles – avril 1996 DG/DPIA).

L'extension progressive des terres de culture, liée surtout à l'accroissement démographique, a eu lieu aux dépens de la végétation naturelle qui représente la meilleure protection anti-érosive. Elle a aussi entraîné la mise en culture de terrains utilisés auparavant comme parcours, étendant ainsi les labours à des sols marginaux et fragiles. Cette extension a rarement été accompagnée par des dispositifs anti-érosifs ou par des techniques agricoles conservatrices, ce qui a accéléré la baisse de la fertilité des sols.

Aujourd'hui l'érosion sous toutes ses formes, menace environ 3,5 millions d'hectares. Cette érosion a été fortement influencée par le morcellement excessif des exploitations, par les pratiques culturales utilisées et par le manque de perception de la population concernée.

Les conditions physiques, géomorphologiques, hydro-climatiques et socio-économiques affectant ces terres, ont été particulièrement favorables à leur dégradation. Celle-ci souligne la nécessité et l'urgence d'impliquer plus directement les communautés rurales dans un processus d'amélioration de leur système de gestion des ressources naturelles et de l'environnement.