

. - La dégradation
La dégradation des écosystèmes béninois relève de deux origines :
- modification du climat ;
- activités humaines et surtout agricoles mal canalisées.
- Le climat
Le changement de climat doit s’entendre à l’échelle mésoclimatique où les aléas climatiques constitués par de légers déplacements des périodes de pluie prennent une très grande importance dans tout le pays. Il faut ajouter dans le sud du pays, un déficit et un raccourcissement de la seconde saison pluvieuse ; ce qui provoque une réduction de rendements et une diminution du taux de renouvellement de la couverture végétale. Par ailleurs, les pluies du début de saison pluvieuse sont violentes, atteignant fréquemment une intensité supérieure à 100mm/h ce qui favorise le ruissellement et l’érosion sur les sols mal protégés
- Activités humaines
Les causes anthropiques de dégradation peuvent être dues à
deux catégories de phénomènes :
La première est une accumulation de population humaine
ou animale telle qu’elle conduit à une surexploitation localisée
des ressources naturelles. Cette concentration provient d’une évolution
normale de la population ou de causes accidentelles comme la présence
d’un point d’eau, un passage obligé de transhumants ou un mouvement
d’immigration.
La seconde catégorie est due à des techniques culturales non adoptées à l’accroissement de la population ou dont l’extension devient néfaste. C’est le cas des feux de brousse et de l’emploi de la jachère dont le raccourcissement de durée n’est pas composé par une fumure organique ou minérale.
- La surexploitation des ressources naturelles
La surexploitation des ressources naturelles survient lorsqu’un système
traditionnel de culture itinérante est maintenu alors que la pression
démographique devient forte.
Le processus de dégradation lorsqu’il est dû uniquement
à la culture provient d’une remise en culture trop rapide ne permettant
pas aux graminées ou aux arbustes de la jachère de régénérer
la fertilité de la couche superficielle du sol cultivé.
Les jachères, dans les zones sud, nord et la zone Atacora
souffrent souvent d’une surexploitation par les cultures, les troupeaux,
et la présence annuelle des feux de brousse.
La diminution de la fertilité, la mise en culture des
sols trop pauvres, provoquent une baisse du rendement, une mauvaise croissance
des plantes et un mauvais recouvrement du sol pendant la saison pluvieuse.
La terre est alors exposée à l’érosion hydrique et
à l’érosion éolienne.
- Les techniques culturales inadaptées
Les techniques culturales, pastorales ou même de chasse, sont
elles-mêmes une source de dégradation lorsqu’elles ne respectent
plus les rapports d’équilibre avec l’écosystème.
- L’agriculture itinérante pratiquée dans les zones densément
peuplées constitue un facteur de détérioration de
l’environnement
- La pratique des feux de brousse en dehors de la destruction de la matière organique du sol provoquent de graves nuisances aux populations riveraines.
- La surexploitation des pâturages, arbustes et autre couvert végétal autour des points d’eau.
- La mécanisation lourde utilisée dans certaines forme d’état provoque aussi une érosion rapide et la perte de fertilité du sol.
Dans le département du Mono, la fabrication du sel qui exige beaucoup de vois entraîné la destruction complète des palétuviers utilisés comme bois de chauffe. Cette destruction a eu un effet secondaire sur la reproduction des poissons par lesquels ce gîte favorisait leur multiplication. C’est alors qu’une forte diminution de la pêche lagunaire a été constatée et il faut s’orienter vers la pisciculture.
- Erosion des sols et baisse de la biodiversité
Il ne fait pas de doute que la diminution de la pluviométrie constatée pendant ces dernières années et surtout l’hétérogénéité croissante dans l’espace et le temps des pluies donnent l’impulsion initiale qui entraîne les écosystèmes dans la spirale descendante de la dégradation. Cette diminution de la pluviométrie entraîne une baisse de la couverture végétale soumise par ailleurs à une plus forte déprédation (surpâturages, feux de brousse, coupe d’arbres, suppression de jachères), ce qui amène en fin de saison sèche l’apparition de zones dénudées à la surface desquelles peut se former une pellicule de battante.
Les premières pluies de la saison qui se présentent souvent sous forme d’orages localisés et violents, tombent sur un sol sec et compacté, et ruissellent instantanément provoquant un décapage uniforme de la surface du sol. Pour peu que la pente du terrain est élevé, ce ruissellement se concentre creuse des ravines et l’on, assiste à des modifications importantes des zones soit par décapage total ou par ensevelissement de la couche arable. Le ruissellement augmente de façon spectaculaire et le coefficient de ruissellement peut dépasser 50%. Ce qui diminue la quantité d’eau disponible dans le sol et globalement à l’échelle annuelle l’évaporation et l’évapotranspiration vont baisser.
Cependant, l’augmentation de l’albédo des surfaces nues
et l’effet du vent qui s’est plus contrarié par l’effet brise-vent
de la végétation contribuent à accélérer
les phénomènes d’évaporation. Ce phénomène
nuit au développement de la végétation.