La situation socio-économique

Contexte

Le taux d'accroissement démographique pour la période 1979 - 1992 est de 2,9 % l'an. Estimé à 400 dollars en 1990, le revenu par habitant fait partie des plus bas de la sous-région ouest africaine et la performance économique depuis 1960 demeure largement liée à celle du secteur agricole.
A partir de 1983, la situation économique s'est caractérisée par un ralentissement de la croissance, une quasi stagnation du revenu et une aggravation du déséquilibre intérieur et extérieur des finances publiques.
Dès 1988, des réformes économique furent initiées avec le concours des institutions financières internationales, FMI et Banque Mondiale.
En 1990, à l'issue de la Conférence des Forces Vives de la Nation, le pays fit le choix d'une politique économique libérale et de la démocratisation comme inspiratrice du pouvoir politique. Le taux d'accroissement du PIB observé en 1991 se situe à 4,7% ce qui traduit une reprise de la croissance. L'assistance extérieure au développement est en augmentation : 228 millions de dollars en 1989, 245 millions en 1990 et 258 millions de dollars en 1991. Les projets d'investissement mobilisent près de la moitié de ces ressources, l'aide à la balance des paiements près du tiers, la coopération technique le cinquième.

Principaux secteurs d'activités économiques

L'économie béninoise est tributaire de deux secteurs principaux: l'agriculture et le commerce. Le rôle de l'industrie, de l'artisanat et du tourisme est insignifiant dans la formation de la richesse. La part prépondérante de l'agriculture est le résultat de la bonne répartition des formations pédologiques et de la faible évolution de la population composée de ruraux à environ 70 %.

 - Le commerce

Il s'est surtout développé à cause de la vocation du pays qui est celle des activités de transit et surtout de réexportation. Ces dernières se sont développées sur la base des avantages de voisinage notamment la proximité du Nigéria, le géant de l'Afrique par l'effectif de sa population et l'importance et la variété de ses ressources naturelles largement dominées par le pétrole. Le Nigéria reste donc le pilier du commerce informel auquel se livre une bonne partie des urbains des grandes cités de Porto-Novo, Cotonou, Parakou et Abomey-Bohicon ainsi que toute la frange frontalière qui s'étend sur 800 km de long de Kraké au sud à Malanville au nord. Malgré les difficultés du secteur liées en grande partie à la dégradation constante du rapport de parité entre le naïra et le franc CFA, il contribue encore pour une large part à la formation de la richesse nationale à travers des termes de l'échange favorables aux acteurs du Bénin.
 

 - L'agriculture et les syctèmes de production

 Le secteur agricole

Le secteur rural représente le secteur clé de l’économie national et demeure de ce fait, la base de toute stratégie de développement. Les performances économiques du Bénin restent largement déterminées par les résultats de ce secteur qui fournit environ 40% du PIB, plus de 80% des recettes d’exportation sans compter les réexportation, et environ 75% d’emploi. La production vivrière quasi-exclusivement pluviale, est relativement diversifiée et capable de satisfaire les besoins alimentaires du Bénin. La diversité des climats et des sols permet le développement d’une gamme étendue de productions, une fois que les marchés potentiels sont identifiés. L’objectif pour la période 1998 - 2002 est de promouvoir une agriculture compétitive , susceptible d’augmenter le niveau de vie des producteurs, et de contribuer davantage au développement local et régional, à travers la sécurité alimentaire et l’amélioration de la balance commerciale.

Les systèmes de productions

Les systèmes de production varient globalement suivant les zones. Dans la zone Atacora l’agriculture et l’élevage constituent les principales activités. L’agriculture est essentiellement de subsistance et le principal outil de travail en est la roue, malgré l’introduction du système d’attelage. Le système actuel de production est peu performant nécessitant cinq à dix années de jachère après une période de culture ce cinq à sept ans. Les principales cultures sont le sorgho, le mil, le maïs, le manioc, l’igname, le fonio, le voandzou, le riz et le niébé. Les cultures maraîchères très florissantes sont le piment, la tomate, le chou, et l’oignon.

Dans le Borgou sud les techniques culturales s’améliorent relativement avec la culture attelée dans la partie nord, l’utilisation de l’engrais, même sur les cultures vivrières. La tête de rotation est marquée par l’igname. Les associations culturales les plus fréquentes sont le maïs - manioc, le maïs - arachide, le coton - manioc,
le sorgho - maïs.

Les conditions démographiques ont dans le Borgou nord pérennisé la pratique de la culture itinérante sur brûlis. C’est la zone où la culture attelée est la plus adoptée et maîtrisée. Le billonnage parallèle à la pente accélère l’érosion dans les localités vallonnées comme Banikoara. Le système de culture est dominé par les cultures de rente comme le coton et l’arachide. Avec le développement de la production cotonnière, l’apport d’engrais minéraux se généralise à d’autres cultures.

 Dans la zone centrale, l’agriculture itinérante sur brûlis est la pratique la plus répandue. Le système d’enfouissement des herbes lors du billonnage est très répandu dans les sous-préfectures de Savè, Dassa, Glazoué, et Ouèssè.

 Dans le sud du pays, en dépit de deux saisons de pluies qui permettent la double culture sur la plus grande partie des terres agricoles, la pression démographique est telle que 17 à 19% des terres arables sont cultivées chaque année avec des techniques culturales sur brûlis sans amendement organique. Les variétés de maïs à haut rendement (principale culture de la zone) ne sont pas adoptées. La zone est dépourvue de cultures de rente pouvant permettre un meilleur encadrement des paysans. Le nombre de sans terres augmente annuellement et la location, le métayage et l’achat constituent les principaux modes d’accès à la terre, sans oublier l’héritage. Dans toute la zone, la propriété privée des terres prend le pas sur la propriété collective. La taille des exploitations (0,5 à 1 ha en moyenne) varie d’une région à l’autre et s’amenuise  d’année en année.

 Les principales cultures sont le maïs, le manioc et les haricots souvent sous palmeraie dite naturelle, si bien que les associations culturales dominantes sont palmier - maïs, palmier - manioc, palmier - haricot (niébé), palmier - maïs - manioc, palmier - niébé - manioc.
En résumé, les activités agricoles à travers la surexploitation des terres, les cultures itinérantes sur brûlis, les feux de brousse et l’élevage extensif constituent le principal facteur de modification de l’environnement et de la dégradation des sols.
 
 

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