Burkina Faso

RESUME

L’état nutritionnel des enfants au Burkina Faso révèle une situation inquiétante: 13% sont émaciés, 29% ont une taille insuffisante et 30% un poids insuffisant par rapport à leur âge. Ces taux de malnutrition sont largement supérieurs aux seuils maxima acceptables établis par l’OMS.

Ce portrait global de la malnutrition masque toutefois de grandes disparités au niveau de certains groupes de la population: ainsi la malnutrition infantile concerne avant tout le milieu rural, et diffère beaucoup selon les régions de résidence. L’Ouest a d’avantage de sous-nutrition aiguë (15% des enfants sont émaciés) tandis que l’Est et le Nord font face à des problèmes de sous-nutrition chronique (34% des enfants ont une taille insuffisante). En prenant en compte ces indicateurs anthropométriques, la situation apparaît comme la meilleure à Ouagadougou et la plus grave dans le Centre/Sud.

La situation nutritionnelle des adultes est mal connue mais elle semble être moins grave que celle des enfants. Au niveau national, l’indice de masse corporelle (IMC) moyen des femmes est d’environ 21 kg/m2, avec 14% des femmes ayant un IMC inférieur à 18,5. La prévalence de déficience énergétique chronique est la plus élevée dans les régions du Centre/Sud et dans l’Est.

Les carences en micronutriments constituent un grave problème de santé publique au Burkina Faso et semblent être répandues dans tout le pays. On signale cependant des prévalences particulièrement élevées de goitres et de cécité nocturne dans les régions au Centre/Nord du pays (Passoré, Yatenga).

L’absence de données sur consommation alimentaire au Burkina Faso ne permet pas de conclure sur la situation alimentaire. Les bilans des disponibilités énergétiques indiquent une tendance à l’amélioration au cours de ces 30 dernières années. Le régime alimentaire des Burkinabé est à base de céréales et la sécurité alimentaire des ménages dépend de leur niveau de production. La région ouest bénéficie de conditions favorables à l’agriculture et est dans l’ensemble excédentaire en céréales. C’est aussi une région de fortes migrations de population. En revanche, l’Est et le Nord sont des régions moins propices au développement agricole, la première car elle est limitée par la pauvreté de ses sols et l’autre par sa faible pluviométrie.

Les facteurs qui ont un impact sur l’état nutritionnel de la population sont multiples au Burkina Faso. La mortalité infantile est très élevée notamment en milieu rural, dans les régions du Nord et Est du pays ainsi que dans les régions les plus peuplées. Ces régions sont aussi les plus pauvres et celles où l’on compte une forte morbidité infantile (diarrhée, paludisme) et une couverture sanitaire insuffisante.

© FAO