|
Inde
RESUME
En Inde, chaque Etat est pratiquement équivalent à un pays avec son niveau socio-économique spécifique, ses différents groupes ethniques, ses habitudes alimentaires, ses infrastructures sanitaires et ses moyens de communication. Aussi, l'état nutritionnel de la population est-il très différent d'un Etat à l'autre car il est le résultat de la combinaison de facteurs variés.
Pour les enfants de 1 à 5 ans, la prévalence de l'insuffisance pondérale varie de 13% dans l'Etat de Meghalaya à 77% dans le Gujarat. La prévalence du retard de croissance est comprise entre 20% dans le Goa et 83% dans le Gujarat. La distribution du retard de croissance coïncide presque exactement avec celle de l'insuffisance pondérale, c'est-à-dire que les prévalences de retard de croissance les plus fortes sont observées dans les Etats où l'insuffisance pondérale est la plus élevée. Tout comme l'insuffisance pondérale et le retard de croissance, l'émaciation est un grave problème de santé publique dans la plupart des Etats. La distribution de l'émaciation ne coïncide pas avec celles du retard de croissance et de l'insuffisance pondérale, sauf dans les Etats de Madhya Pradesh et d'Arunachal Pradesh qui sont les Etats de l'Inde où la situation nutritionnelle est la plus grave.
Dans les Etats de Karnataka, Gujarat, Madhya Pradesh et Orissa, la malnutrition est très répandue chez les adultes, et plus de la moitié d'entre eux ont un IMC inférieur à 18.5 kg/m2 pour. En outre l'état nutritionnel des enfants comme celui des adultes est à la fois très mauvais dans les états de Gujarat, Orissa, Arunachal Pradesh, Karnataka, Maharashtra, Madhya Pradesh et Andhra Pradesh.
Ces 20 dernières années, la situation nutritionnelle de la population de l'Inde s'est améliorée du fait non seulement de la modification des apports alimentaires mais aussi de facteurs socio-économiques, de la disponibilité accrue en eau potable, de la baisse de la morbidité et de l'amélioration des aménagements sanitaires.
Chez les enfants de moins de cinq ans, le statut nutritionnel s'est nettement amélioré, comme en témoigne la baisse de la prévalence de l'insuffisance pondérale, qui est passée de 63%, en 1975-79, à 53% en 1988-90. Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans, un indicateur important de développement socio-économique et de l'état sanitaire et nutritionnel d'une société, est tombé de 282‰ en 1962 à 115‰ en 1994. Toutefois, les nombreuses maladies infectieuses, telles les infections respiratoires et intestinales et le paludisme, restent les principales causes de décès chez les enfants de moins de cinq ans, la malnutrition étant un facteur aggravant. La rougeole, le tétanos, la typhoïde et l'hépatite sont également des causes fréquentes de mortalité infanto-juvénile.
Chez les adultes, les valeurs moyennes de l'IMC sont semblables chez les hommes et chez les femmes. L'IMC est inférieur à 18.5 kg/m2 chez environ 50% de la population adulte, alors qu'une proportion négligeable est en sur-poids ou obèse. Dans quelques Etats, comme l'Arunachal Pradesh, l'obésité et les maladies associées deviennent un problème de santé publique. Ces 20 dernières années, on a constaté une nette amélioration dans la distribution des valeurs d'IMC, ce qui indique que l'état nutritionnel des adultes s'est également amélioré pendant cette période. Par ailleurs, selon la FAO, la proportion de la population dont les besoins énergétiques étaient insatisfaits représentait 21% en 1990-92 contre 36% en 1969-71, signe que la situation des approvisionnement alimentaires s'est améliorée.
Ces 20 dernières années, il n'y a pas eu de modification notable dans la composition des apports alimentaires. Les céréales restent l'aliment de base en Inde, qui fournit l'essentiel des apports énergétiques. Depuis les années 70, la consommation d'aliments comme les légumineuses, les racines et les tubercules a diminué, tandis que celle d'autres aliments comme le sucre, le "jagré" (sucre brun non raffiné), les graisses et les huiles, et les légumes verts, a légèrement augmenté. Le régime alimentaire en Inde reste en moyenne très déficitaire en légumes verts, viande, poisson, lait et produits laitiers. Il présente, également, de fortes carences en micro-nutriments tels la vitamine A, l'iode et le fer.
|