Jamahiriya arabe libyenne

RESUME

La Jamahiriya arabe libyenne, située en Afrique du nord, est un pays principalement désertique qui doit faire face à de fortes contraintes en termes de disponibilités en ressources hydriques et d'autosuffisance alimentaire. La population est relativement jeune, essentiellement urbaine et concentrée sur la région côtière. L'agriculture n'est pas suffisamment productive pour satisfaire les besoins alimentaires de la population. L'économie du pays, largement contrôlée par l'état, est fortement dépendante de la production et de l'exportation de pétrole.

Le gouvernement a investi dans les soins de santé, dans l'assainissement et l'éducation. Par conséquent, les niveaux de vaccination des enfants sont élevés, la polio a été éradiquée, l'accès à des sources d'eau améliorées et à l'assainissement est satisfaisant, et des efforts importants sont menés pour combattre la propagation du VIH/SIDA.

Les disponibilités alimentaires, caractérisées par des disponibilités élevées en fruits et légumes, ont augmenté de façon marquée au cours du temps, en particulier depuis la fin des années 1970. Les disponibilités énergétiques alimentaires couvrent largement les besoins énergétiques de la population. Par ailleurs, les trois groupes d'aliments les plus importants, soit les céréales, les huiles végétales et les édulcorants, fournissent environ les trois-quarts des disponibilités énergétiques. Ce régime alimentaire à haute densité énergétique et à faible apport en micronutriments est favorable à la malnutrition par excès. Actuellement, la Libye est totalement dépendante des importations de céréales.

L'allaitement maternel est répandu et son initiation précoce est commune. Cependant, la durée de l'allaitement maternel exclusif reste très courte et l'alimentation au biberon est fréquente. En 1995, près d'un enfant sur six présentait un retard de croissance, mais des estimations plus récentes sont nécessaires pour évaluer l'état nutritionnel actuel des enfants d'âge préscolaire. Parallèlement, le pays subit une transition nutritionnelle. En conséquence, les femmes adultes sont affectées par des prévalences élevées de surpoids et d'obésité. Chez les femmes, la malnutrition par carence et la malnutrition par excès sont toutes deux prévalentes. Le pays souffre donc du « double fardeau » de la malnutrition.

En raison de l'absence de données, l'évaluation de l'étendue des carences en micronutriments reste difficile. Un programme d'iodation du sel est en place, mais aucune donnée n'est disponible pour évaluer son impact. La prévalence de la carence en vitamine A n'est pas documentée. L'anémie pourrait être un problème de santé publique majeur, puisque des données récentes mais limitées provenant de la capitale révèlent que plus de deux tiers des enfants d'âge scolaire étaient anémiques. Il n'y a actuellement pas de programme de lutte contre l'anémie ferriprive. Il est crucial de mener une enquête nationale de nutrition pour évaluer la prévalence actuelle des problèmes de nutrition, pour cibler les groupes vulnérables et pour définir des stratégies efficaces pour lutter à la fois contre la malnutrition par carence et contre la malnutrition par excès.

© FAO