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Niger
RESUME
Les données présentées qui proviennent d’enquêtes hétérogènes menées d’une part sur des échantillons de population variables et d’autre part à des périodes différentes de l’année ne permettent pas une analyse cohérente et complète. Au Niger, comme dans tous les pays sahéliens, les saisons ont un gros impact non seulement sur la production agricole mais aussi sur l’état de santé et nutritionnel des populations (en particulier les enfants).
La situation nutritionnelle au Niger est inquiétante. Les taux de malnutrition chez les enfants sont élevés à travers tout le pays: plus de 32% accusent un retard de croissance - dont la moitié est sévèrement atteinte - plus de 15% souffrent d’émaciation et plus de 36% ont une insuffisance pondérale. Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’il n’y a pas de signes d’amélioration depuis dix ans. Les indicateurs anthropométriques concernant les enfants indiquent clairement que le département de Maradi (20% d’émaciation, 43% de retard de croissance) est le plus atteint, suivi de ceux de Zinder et Diffa. Tahoua et Agadez sont en 3 ème position sauf pour l’émaciation. Le sud du département de Tahoua est différent et il est dommage que l’enquête EDS ait associé les 2 départements. D’autres enquêtes non citées ici montrent que la situation nutritionnelle des enfants serait meilleure à Tahoua.
L’indice de masse corporelle (IMC), indicateur anthropométrique concernant les adultes, montre que les taux les plus élevés d’IMC inférieurs à 18,5 kg/m 2 se trouvent à Agadez, Diffa et Zinder où plus du tiers des adultes est atteint. Maradi et Tahoua sont par contre les deux régions les mieux placées pour cet indicateur; à Maradi les femmes sont plus maigres que les hommes. Les départements de Dosso, Tillabéri et le secteur urbain de Niamey ont les populations (enfants en particulier) les moins atteintes au plan nutritionnel, bien que le taux d’émaciation noté à Tillabéri soit relativement élevé lors de l’enquête EDS. Rappelons que l’émaciation est un indicateur comparant le poids par rapport à la taille ne nécessitant pas la connaissance de l’âge des enfants qui est très sensible et ne permet pas d’évaluer correctement la situation nutritionnelle à long terme. Dosso présente par contre les prévalences les plus fortes des carences en vitamine A (près de 7% de cécité crépusculaire chez les enfants en âge préscolaire) et en iode (10% de goitre chez les adolescents). Tahoua (le Sud surtout) et Maradi présentent aussi des prévalences importantes en vitamine A. Ces 3 dernières zones de bonne production agricole présentent des problèmes nutritionnels évidents soit dus à la quantité et/ou la qualité des aliments ingérés dépendant et des habitudes alimentaires et de l’inégalité dans la distribution alimentaire intra-famiale.
D’après l’enquête EBC par ménage, les niveaux de consommation alimentaire moyen par personne et par jour sont de 3200 kcal ou plus à Tahoua, Maradi et Diffa. Dosso et Zinder disposaient de plus de 3000 kcal. Dans la partie sud de ces départements, la production agricole est importante et l’autoconsommation relativement faible du fait de la monétarisation de l’économie liée au commerce avec le Nigéria. Cependant, la pauvreté y est très répandue atteignant des valeurs maximales de 65 à 70%.
En outre, de nombreux facteurs tels que la prévalence importante de maladies diarrhéiques, de forts taux de mortalité infanto-juvénile (>350‰), des mères très jeunes à la première naissance et surtout des habitudes alimentaires telles que l’allaitement retardé des nouveau-nés à 4-5 jours après la naissance et nourris à l’eau, aux tisanes et au lait de vache expliquent en partie les contradictions observées entre état nutritionnel et consommation alimentaire, à Maradi en particulier. Par contre Agadez se distingue du reste du pays par des contrastes significatifs entre état nutritionnel des enfants et celui des adultes: les enfants apparaissent comme relativement moins atteints que les adultes. La consommation alimentaire correspond au niveau le plus faible du pays. Agadez et le nord de Tahoua sont des zones sahariennes non agricoles, peuplées essentiellement de nomades, faisant du commerce avec les pays limitrophes situés au nord. Ils sont caractérisés par une faible couverture sanitaire (la mortalité infanto-juvénile atteint 335‰) et les plus fortes dépenses de consommation du pays avec environ 60% destinées à l’alimentation.
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