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Nicaragua
RESUME
Les enquêtes nationales au Nicaragua montre que la situation nutritionnelle des enfants en dessous des cinq ans d'age s'est considérablement améliorée dans la période 1966-1993, suivie d'une détérioration entre 1993 et 1998. L'évaluation la plus récente de l'état nutritionnel de la population indique qu'en 1998, 12% des enfants de moins de cinq ans souffraient d'insuffisance pondérale, 25% accusaient un retard de croissance tandis que la surcharge pondérale était présente chez 4% des enfants. Les taux de prévalence de retard de croissance étaient particulièrement élevés dans les départements de la région Centrale-Nord, notamment Madriz (49%) et Jinotega (39%) (MINSA, 1999).
Pour les adultes, l'évaluation de la malnutrition a été effectuée pour la première fois en 1998, et concernait les femmes. Il en ressort qu'au Nicaragua, la femme moyenne est petite et souffre de surcharge pondérale. Les femmes petites sont plus nombreuses en milieu rural qu'en milieu urbain. La prévalence des cas de surcharge pondérale et d'obésité est de 29% et 12%, respectivement et les cas sont plus fréquents en ville et parmi les femmes de plus de 35 ans.
La population du Nicaragua ne doit pas seulement faire face à des problèmes de retard de croissance mais aussi à de graves carences de vitamine A et à des cas d'anémie due au manque de fer dont souffrent les enfants, les écoliers et les femmes adultes. Pratiquement un enfant sur trois souffre de carence manifeste de vitamine A et d'anémie. Une femme sur trois souffre d'anémie liée à une alimentation et à un apport carencés ou à des pertes accrues non compensées par l'alimentation. Ces carences se manifestent davantage dans les groupes ruraux et urbains de faible niveau socio-économique.
Parmi les principaux facteurs ayant une incidence sur la situation nutritionnelle, on peut citer la courte durée de l'allaitement exclusif et l'introduction précoce d'aliments et de boissons à faible teneur énergétique qui rassasient, mais ne nourrissent pas l'enfant. Au déficit énergétique (2190 kcal/jour) et protéique (44 à 51 g/jour) dont souffre la population rurale vient s'ajouter une consommation insuffisante de produits d'origine animale ou d'autres sources fournissant du fer et de la vitamine A, comme les fruits et les légumes.
Cette situation s'explique par des problèmes d'accès aux aliments en raison du faible niveau des revenus (le salaire minimum moyen est de 750 C$ et le coût du panier de la ménagère est de 1 587 C$) de la population active, qui ne représente qu'une part infime par rapport à la population au chômage (15 pour cent). Dans les zones rurales, en plus des difficultés d'accès il faut tenir compte des problèmes liés à la production et à la protection de l'environnement, qui font que les ressources alimentaires sont limitées à l'autoconsommation et que les recettes servent à couvrir les autres besoins fondamentaux, ce qui a une forte incidence sur le niveau de développement et de sécurité alimentaire.
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