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Mali par Almoustapha Coulibaly |
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Position géographique. Situé entre 10 et 25 degré de latitude Nord, et entre le 4è degré de longitude Est et le 12è degré de longitude Ouest, le Mali, pays de l’ouest africain dont la capitale est Bamako, est un pays continental. Entouré par 7 pays (l’Algérie au Nord, la Mauritanie au Nord-ouest, le Niger à l’Est, le Burkina Faso au Sud-est, la Côte d’Ivoire et le Ghana au Sud, le Sénégal à l’Ouest) il est en plus un pays enclavé. Le Capital est Bamako et les villes les plus importantes sont Kayes, Segou, Sikasso, Mopti, Gao, Tomboctou.
Figure 1. Carte du Mali Il couvre une superficie de 1 241 138 km2 et abrite une population de 11 000 000 d’habitants. Cette population est formée de 13 grandes ethnies réparties en cinq groupes sur l’ensemble du territoire :
Certaines de ces ethnies ont une localisation géographique précise (voir Figure 2). Figure 2.
Groupes ethniques. La population est essentiellement rurale, et le taux d’urbanisation serait aujourd’hui de l’ordre de 30 pour cent . Le taux d’accroissement de la population est de 3 pour cent par an. La langue officielle du pays est le français. Les caractéristiques éco-climatiques du Mali le classent parmi les pays des zones semi-arides. Terres de culture et de pâturages Pays à vocation agropastorale, l’espace rural, c’est à dire les terres de cultures et de pâturages y couvrent environ 64 pour cent du territoire. Cet espace selon la classification du Projet Inventaire des Ressources Terrestres (PIRT) en 1986 (tableau 1 en annexe) se compose de zones arables (15,8 pour cent du territoire), de zones non arables (39,68 pour cent) et de zones inaptes à l’agriculture (8,73 pour cent). Cette répartition n’est pas stable. Elle évolue en fonction des besoins en terres et à la suite des aménagements qui font passer des parties de terres non arables dans la catégorie des terres arables. De même les zones épuisées par les cultures passent dans la catégorie des terres sylvo-pastorales. Selon l’étude citée, les terres à potentiel agricole couvrent 12 000 000 d’hectares sur lesquels 2 800 000 à 3 500 000 sont régulièrement cultivés. Les cultures localisées sur des sols à potentiel hétérogène, se pratiquent de façon croissante du Nord vers le Sud selon en général un gradient de pluviométrie et de qualité des sols. Elles portent essentiellement sur les céréales (mil, maïs, sorgho, riz, blé) et ont couvert un peu plus de 2 464 000 d’hectares pendant la campagne agricole 1999/2000. Les cultures industrielles telles que l’arachide, le coton et la canne à sucre n’ont couvert que 740 163 ha pour la même période. Les productions se sont chiffrées à 2 894 000 de tonnes pour les céréales en 2000 et à 598 000 tonnes pour le coton qui est la principale culture industrielle (tableaux 2 et 3 en annexe). Les terres non occupées par l’agriculture (terres non arables) sont considérées d’une manière générale comme des terres à vocation sylvo-pastorale. Les pâturages dans ces conditions s’étendent sur environ 49 000 000 d’hectares. Leur composition et leur production varient du Nord au Sud suivant un gradient pluviométrique et selon la qualité des sols et leur position topographique. Caractéristiques du bétail ruminant L’élevage est pratiqué un peu partout sur le territoire. Le gros des effectifs se concentre dans les zones situées au dessus de l’isohyète 600 mm et ce, malgré la rareté des ressources qu’on y rencontre. Les espèces élevées sont les bovins, les petits ruminants et les camélidés. Les races bovines sont représentées par les zébus, les taurins et les produits de croisement entre ces deux races. D’une manière générale les zébus Azawak et Touareg sont élevés au Nord, les Maures à l’Ouest. Quant aux taurins, ils sont élevés au Sud avec surtout la race N’dama. Les petits ruminants se répartissent sur toutes les zones avec des localisations souvent précises pour les différentes races. Ainsi chez les ovins, le mouton du Sahel et le mouton à laine prédominent au Sahel et dans les zones sub-désertiques, tandis que le mouton Djallonké colonise le Sud (zones soudanienne et pré guinéenne). Chez les caprins on rencontre deux races : la race dite du Sahel abondante du Sahel à la zone sub-saharienne, et la race Djallonké qui va du Sahel à la zone pré-guinéenne. Les camélidés sont, quant à eux, exclusivement élevés dans les régions de Mopti, Gao, Kidal et Tombouctou. L’évolution des effectifs est consignée dans le tableau 4 en annexe. Les effectifs des cheptels bovins, ovins-caprins et camélidés ont atteint en 1999 le chiffre de 22 949 000 de têtes selon l’estimation des taux de l’Office Malien du Bétail et de la Viande (OMBEVI). Malgré l’importance des effectifs, les production animales sont d’une manière générale assez faibles. Aussi, le volume de lait produit en 1999 (environ 500,000 M tonnes) ne couvre pas les besoins du pays. Cette production est supplée par une importation complémentaire de lait et de produits laitiers pour une valeur d’environ 15 milliards de francs CFA (US$ 1 = 556 Francs CFA en octobre 2003). La production de viande bovines, ovines-caprines a atteint quant à elle en 1999 le chiffre de 169 300 tonnes (OMBEVI). Ce chiffre est en recul par rapport à celui de 1998 qui s’élevait à 206 716 tonnes.
Depuis la dévaluation du franc CFA, la filière bétail-viande se caractérise par une baisse de la consommation locale et une reconquête des marchés d’exportation. Les exportations se font essentiellement avec du bétail sur pied à destination des pays côtiers. En 2000 elles ont concerné 279 356 bovins et 439 507 ovins-caprins. Le volume des exportations des produits tels que les cuirs et peaux a atteint 5 118 673 000 Francs CFA en 1998. Ces chiffres témoignent de l’importance de l’élevage dans l’économie malienne. Cependant, la filière bétail-viande ne parvient pas à répondre aux attentes des consommateurs nationaux et répond partiellement à la demande extérieure en produits animaux. Systèmes d’exploitation agricoles L’utilisation de l’espace rural est de type agropastoral. Elle est basée sur l’agriculture et l’élevage. Ces deux activités sont extensives et itinérantes et reposent sur la notion d’exploitation en zone agricole et sur celle de territoire pastoral en zone nomade. Elles occupent près de 90 pour cent des populations rurales. Régime foncier: L’utilisation des terres est régie par un double système : le droit coutumier et le droit de l’Etat. Droit foncier coutumier: Ce droit reconnaît aux zones rurales l’utilisation de leurs terres dont l’affectation relève d’un chef de terres. Cette reconnaissance n’est que tacite, l’Etat pouvant se réapproprier une partie du domaine rural pour des travaux d’intérêt commun. Cette réglementation tout en reconnaissant l’application des droits coutumiers, ne fixe pas leur limite d’application. Si le droit coutumier reconnaît la prééminence de certaines familles ou groupes sociaux sur certaines catégories de terres ou de ressources, l’appropriation de l’espace en zone rurale est encore collective et les exploitants ne sont que des usufruitiers. Code domanial et forestier: Hérité de l’époque coloniale, ce code stipule que toutes les terres sont propriétés de l’Etat. Les terres sont classées en trois catégories :
L’Etat autorise l’exploitation d’une partie de son domaine par les populations. Toutes les terres non exploitées (terres vacantes) et celles non immatriculées tombent dans le domaine publique. Le code a subi un évolution et à partir de 1974 la réglementation soumet le droit foncier à l’économie, et la mise en valeur devient le seul critère d’application de la propriété. Cette pratique a été mise en œuvre dans le cadre des Opérations de Développement Rural. En 1986 une révision du code favorisait l’accession de tous à la propriété privée. Ceci s’est traduit immédiatement par la prolifération de concessions rurales en zones périurbaines. En zone rurale par contre, cette politique a eu peu d’échos, et pour des raisons de cohésion sociale, la forme d’appropriation des terres est restée collective. Code domanial et décentralisation: Les changements politiques et économiques intervenus depuis, ont rendu obligatoire la relecture du code domanial, forestier et pastoral. Dans le contexte d’un large mouvement de décentralisation, une grande partie des prérogatives de gestion de l’espace et des ressources qui étaient dévolues à l’Etat devraient être transférée aux collectivités décentralisées. Les modalités de transfert de gestion du domaine privé de l’Etat sont en cours. Elles doivent déboucher sur la définition des compétences des communes rurales dans la gestion de l’espace. Le legs de la propriété juridique des terres aux communautés rurales doit être assorti également du transfert de tout ou partie des moyens de gestion. Les exploitations agricoles Comme en zone sédentaire l’essentiel des besoins de consommation est basé sur les vivriers, l’accent y est mis sur les cultures qui, de manuelles, se transforment petit à petit en cultures mécanisées. Ces cultures se pratiquent au sein des exploitations dont la taille varie en fonction de la disponibilité en terres et en moyens de production (nombre d’actifs, niveau d’équipement…). Les superficies moyennes cultivées par exploitation varient d’une zone à l’autre. Ainsi en zone Mali-Sud à fort encadrement technique, ces superficies varient d’environ 4-5 ha pour les exploitations non équipées à 27 ha pour une exploitation qui possède 5 paires de bœufs et plus. Cette taille est de l’ordre de 2 ha pour les exploitations non équipées et de 3-7 ha pour les équipées du Kaarta (Ouest du pays). Dans les zones de riziculture les exploitations ont des tailles moyennes de 2-5 ha. La majeure partie de la production céréalière est consommée localement. Elle arrive à couvrir (sauf catastrophe) les besoins alimentaires des populations. Pour la campagne agricole 1996 / 1997 les productions ont dégagé un excédent commercialisable de l’ordre de 123 000 tonnes pour le mil et 14 368 tonnes pour le sorgho. Ces excédents sont vendus sur les marchés hebdomadaires locaux, ou sur les marchés extérieurs (Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Sénégal). Une des sources de demande potentielle de céréales sèches pour le Mali serait le maïs pour la fabrication d’aliment bétail, aussi bien pour la demande interne que celle des pays côtiers. Pour le riz, le Mali pourrait être, selon les spécialistes, un exportateur net avec une politique judicieuse d’importation pendant la période de soudure. La production de coton est quant à elle entièrement exportée. Elle a atteint le chiffre record de 522 000 tonnes en 1999. Zone pastorale: Il n’existe pas d’exploitation au sens classique en zone pastorale. L’ exploitation des ressources se fait de façon collective sur de vastes espaces qui sont les territoires pastoraux. Ces territoires sont des entités caractérisées par leurs ressources en eau et en pâturages et correspondent à des espaces nécessaires pour la réalisation d’un procès de production. Ce procès se réalise soit sur un cycle saisonnier dans les aires de nomadisation, soit sur un cycle annuel sur l’aire de transhumance. L’art à la conduite de chaque éleveur lui permet de tirer le meilleur profit des ressources disponibles. Les problèmes rencontrés au niveau des exploitations agricoles et des territoires pastoraux sont de deux ordres: les problèmes sociaux et les problèmes socio-économiques. Problèmes sociaux: Ils sont essentiellement de nature foncière. Les difficultés d’accès à la terre pour certaines catégories sociales, la réduction de l’espace utile et utilisable pour les différentes spéculations, et la contestation des droits de prééminence de certains groupes, constituent des sources de conflits toujours latents. C’est le cas notamment dans le Delta intérieur du Niger et dans les zones aménagées. Les découpages administratifs qui ne se superposent que partiellement aux découpages traditionnels, perturbent les structures traditionnelles et imposent le plus souvent deux pôles de décision. Cette bipolarisation entraîne des mutations au sein des institutions traditionnelles avec une perte d’autorité pour les hiérarchies établies. Les prétentions à la terre de certaines catégories (les jeunes ménages et les sans terres) au sein d’un même groupe social, entraîne là aussi des conflits se traduisant par la dislocation de la cellule familiale et un morcellement des exploitations. Problèmes socio-économiques: Une des contraintes au développement en zone rurale est la non sécurisation des populations sur leurs terres. La prééminence de l’Etat sur les terres déresponsabilise les structures traditionnelles de gestion et il devient difficile pour les utilisateurs de consentir des investissements durables sur des terres qui ne leur appartiennent pas. Le simple usufruitier qu’est l’exploitant se contente alors d’assurer une production annuelle de subsistance, ou une production lui assurant une source de revenus immédiats. Cette production obtenue sur des exploitations de taille de plus en plus réduite ne dégage que peu d’excédent en dehors de toute intensification . La faible performance des systèmes de production est à rechercher également dans le sous-équipement des exploitations. Par manque de moyens suffisants de production (bœufs de labour, charrues ou multiculteurs, engrais, semences sélectionnées…) bon nombre d’exploitants font encore appel à des moyens traditionnels pour assurer leurs productions agricoles. Le faible prix pratiqué aux producteurs, en dehors des cultures de rente, ne leur assure pas par ailleurs de revenus suffisants pouvant être réinvestis pour la modernisation des exploitations et l’amélioration des niveaux de production. |
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Grandes caractéristiques topographiques et types de sols
Zone saharienne L’Adrar-Timétrine: Partie la plus nord de la région, c’est un vaste massif cristallin. Le paysage est formé de buttes témoins et de plaines façonnées par l’érosion différentielle. De nombreux glacis et vallées se rencontrent dans la région. Les sols sont des dépôts éoliens ou des amas gravillonnaires d’origine colluviale. L’Aklé-Azaouad: Il correspond à la partie Ouest de la région. Situé au nord du Delta Central Nigérien et du Hodh, au nord du Gourma, il occupe le centre du bassin de Taoudénit. C’est un vaste erg avec des petites dunes et des grands cordons longitudinaux. C’est un bassin de subsidence rempli par des formations du Primaire et du Secondaire recouverts par les couches fluvio-lacustres du Continental terminal et du Quaternaire ancien. Les sols sont ici des sols dunaires (dunes vives) sablo-limoneux à drainage excessif, ou des sols humides mal drainés. L’Azaouak: C’est la partie Est de la région. C’est une dépression correspondant à l’Est du bassin des Illumenden. Il est bordé par l’Adrar-Timétrine et le Tilemsi à l’ouest, à l’est par le Ténéré et au sud par la frontière du Niger. Les sols sont essentiellement sableux ou rocheux. Le Tilemsi: Il est bordé au nord et à l’est par l’Adrar des Iforas, à l’ouest par le Timétrine et l’Azaouad et au Sud par la vallée du Niger. C’est une ancienne zone de subsidence remplie de sédiments du Continental terminal. Le paysage est celui de larges plaines et de bas plateaux disséqués. Les sols sont colluviaux dans la vallée et sableux sur les bordures. Zone sahélienne Le Plateau de Bandiagara-Hombori: C’est un plateau de grès étiré du Sud au Nord sur 350 km. Le plateau se présente au Nord comme une grande table de grès durs inclinée vers l’Ouest. Les couches de grès sont entaillées par le réseau d’un affluent du Niger (le Yamé). Les cuvettes sont remblayées par des sables rouges. Le plateau Dogon se prolonge au Nord-est par la Gandamia qui est un haut relief de grès atteignant 1 080 m. Plus à l’Est se dressent les buttes de Hombori dont la plus haute atteint 1 155 m (point culminant du Mali). Les sols sont d’origine colluvio-alluviale dans les axes de drainage et rocheux et cuirassés ailleurs. Le Gondo-Mondoro: Situé au Sud-Est du plateau Dogon, c’est une vaste zone de dalle cuirassée recouverte par des cordons dunaires et des dépôts récents. Les sols d’origine alluviale et éolienne sont sablo-limoneux, limono-sableux profonds à fertilité moyenne dans le Gondo et le Sourou, argileux-limoneux profonds et très fertiles sur une petite partie du Mondoro, le reste étant dominé par des sols sableux des dunes et des sols latéritiques peu profonds sur cuirasse. Dans le Seno les sols sont soit profonds à texture moyenne, soit des sols peu profonds sur cuirasse et des sols de dunes aplanies. Le Hodh: Situé à l’Ouest du Sahel, le Hodh est une vaste dépression ensablée localement à son centre et dominé à l’Ouest par le massif Sarakolé. Toute la partie Ouest du Hodh est dominée par des sols sableux sur dunes aplanies. La partie Est est à sols sablo-limoneux, ou même argileux dans les plaines à fertilité naturelle basse à moyenne à cause de la rigueur du climat. Le Gourma: Situé au cœur du Sahel malien, le gourma est une vaste pénéplaine de 300 m d’altitude moyenne. Le substrat argilo-schisteux est recouvert par un ensemble de cordons dunaires. Du substrat se dégagent çà et là des couches de roches dures formant des mamelons et des crêtes ne dépassant pas 50 m de hauteur. Les sols y sont essentiellement dunaires. Il existe également des regs et des surfaces de déflation éolienne. Le Delta Central Nigérien: Le Delta est un ensemble écologique humide situé dans un contexte sahélien. Il correspond aux plaines d’inondation et d’épandage du Niger et du Bani avec autour un glacis continental. La région renferme de nombreux lacs formant la zone lacustre. Çà et là émergent parfois des buttes appelées « toguerés ». Les sols sont d’origine éolienne, fluviatile ou fluvio-lacustre. Les sols du Delta vif sont humides à inondation prolongée et à aptitudes agricoles liées aux aménagements. Dans le Delta mort les sols sont pour près de la moitié limono-argileux-sableux à fertilité moyenne. Les sols sont surtout légèrement sableux profonds dans la zone deltaïque (Moyen Bani-Niger) avec une fertilité naturelle moyenne. La zone lacustre est quant à elle formée de sols sableux dunaires et de terres humides à utilisation agricole liée aux aménagements hydroagricoles. Zone soudanienne Le plateau de Koutiala: Partie Est de la zone soudanienne, le Plateau de Koutiala est rattaché au Sud à l’ensemble des plateaux gréseux du pays Dogon. Il est constitué par une succession de surfaces sommitales séparées par des glacis d’accumulation et des vallées alluviales. Les sols sont soit alluvionnaires dans les plaines, c’est à dire limoneux, limono-sableux à limono-argileux à fertilité naturelle moyenne, soit d’érosion sur les cuirasses et les zones en position haute. Le Plateau Mandingue: Situé à l’Ouest de la zone, le Plateau Mandingue a un relief morcelé formé d’une succession de plateaux gréseux séparés par des bassins et des plaines. Le plateau se termine à l’Ouest par la falaise de Tambaoura qui domine la plaine de la Falémé. Au Sud-est les derniers plateaux des monts Mandingues se dressent au dessus du bassin du haut Niger. Au Nord le plateau se prolonge par les hauteurs du Kaarta. Les sols sont d’origine colluviale ou colluvio-alluviale. Ces sols sont en majorité à matériaux limoneux moyennement profonds à profonds sur glacis d’accumulation. Il existe aussi des sols peu profonds sur terrains cuirassés et rocheux. Les sols colluviaux ont une fertilité naturelle moyenne. Le Guidimaka: Le Guidimaka situé au Nord-ouest de la zone est une vaste plaine basse de 100 m d’altitude. Il est parsemé de quelques collines gréseuses ne dépassant pas une altitude de 200 m. Les sols sont sableux à sablo-limoneux ou hydromorphes du système Térékolé-Magui-Karakoro. Les sols arables sont des sols profonds bien drainés à matériaux argileux (notamment dans les plaines). Les terres non arables sont formées de terrains rocheux peu profonds à profil de gravier et de cailloux. La Falémé: Elle est située à l’extrême Ouest de la zone. Elle est limitée au Sud par le plateau de Fantofa et au Nord par le fleuve Sénégal. C’est une plaine avec un relief de collines, de buttes et de glacis de faible pente. Les sols sont d’origine alluvionnaire à alluvio-colluvionnaire. Ils sont moyennement profonds sur cuirasse et profonds dans les plaines. Leur fertilité naturelle est moyenne. Zone Guinéenne |
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Systèmes
traditionnels Les systèmes pastoraux Elevage nomade Elevage transhumant Dans la zone agropastorale du Delta intérieur du Niger existait un code pastoral hérité de l’empire de la Dina au début du XIX è siècle. Selon ce code, le Delta était subdivisé en territoires de pacage ou leyde. Un leydi était formé de villages de Peuhls sédentaires (ouro) et de pâturages, de villages de cultivateurs Rimaïbé (saré) et leurs terrains de culture, et un réseau de couloirs de passage pour le bétail. La coexistence de l’agriculture et de l’élevage exigeait une séparation des pâturages et des champs cultivés de même que la réglementation des pâturages. Cette définition des différentes catégories de terres « répondait aux besoins des populations et du bétail dans un contexte sédentaire ». L’inondation des terres du Delta en saison des pluies ne permettant pas au bétail d’y rester pendant cette période, les troupeaux furent divisés en :
Les terres furent organisées elles aussi en pâturages de décrue ou bourgoutières avec la réglementation de l’ordre d’accès des animaux au bourgou à leur retour de transhumance avec paiement d’une taxe de pacage pour les animaux étrangers, en aires de repos ou de rassemblement (bille) qui sont des terrains collectifs interdits à la culture, en harrima ou pâturages protégés d’un village et en un réseau de pistes assurant un accès aux pâturages sans danger pour les cultures. « L’organisation des populations et des terres à bétail a permis d’éviter la surexploitation de l’espace et des ressources ». Après l’indépendance, l’administration a déclaré les pâturages ouverts à tous et aboli la perception des taxes de pacage. « Elle reconnaît cependant les droits au bourti, (singulier de bourtol), bille et harrima et respecte l’ordre d’entrée dans le bourgou ». Les effectifs dans ce système d’élevage transhumant associé aux cultures de décrue sont beaucoup plus importants que dans le système précédent et sont constitués de zébus Peuhl et Maure pour les bovins, de moutons du Macina et de chèvres du Sahel. La productivité des bovins est médiocre mais comparable selon certains auteurs, à celle que l’on trouve dans d’autres zones d’Afrique. Le commerce de bétail est très développé dans ce système d’élevage qui, de par la taille des effectifs, dégage assez d’excédent commercialisable. Les systèmes agropastoraux Sous-système à élevage dominant Ce sous-système existe à la frange nord de la zone sahélienne où l’irrégularité des pluies ne donne pas de garantie sûre pour les cultures, mais assure une production herbagère sur des zones encore étendues. Les éleveurs cultivent pendant la saison pluvieuse quelques zones de pénéplaine ou de bas-fonds aux fins d’une production complémentaire de subsistance. La transhumance est de règle ici aussi. L’animal fait l’objet de peu de soins et s’intègre très peu à l’agriculture. Il fourni du lait et de la viande pour la consommation de l’éleveur et joue surtout un rôle d’épargne. Sous-système à agriculture dominante Il s’agit du système sédentaire où l’accent est mis sur l’agriculture. Quelques éleveurs sédentarisés et devenus agriculteurs s’adonnent à une petite transhumance de courte durée. L’élevage se développe dans ce système par l’acquisition d’animaux par les agriculteurs grâce aux revenus tirés de l’agriculture. Ces animaux tout en constituant toujours une épargne, s’intègrent dans la production agricole par la fourniture de travail (bœufs de labour) et de fumier (contrat de fumure passés entre bergers et agriculteurs). Il existe une variante au sein de ce système où l’élevage sert de véritable support à l’agriculture. Ce système est très développé dans les zones de culture de rente (zone cotonnière) et d’agriculture en voie d’intensification (zones cotonnière et de riziculture, zones à fort encadrement technique). L’animal y fait l’objet de soins constants (santé, alimentation, abris…) et participe de plus en plus à la production agricole en fournissant du fumier, du travail et des ressources commercialisables (lait, animaux embouchés). Grâce à la relative abondance de ressources consommables, les mouvements des animaux y sont de faible amplitude. La productivité du bétail n’y est pas non plus très élevée et des tentatives sont entreprises pour l’améliorer. Systèmes de production commerciale Le lait Pour augmenter leur production de lait, quelques agropasteurs ont commencé à sélectionner les meilleures laitières de leur troupeau afin d’améliorer leur base alimentaire. L’amélioration de l’alimentation par l’utilisation de fourrages cultivés, de tourteaux de coton, de paille mélassée, de graines de coton ou d’aliment bétail a permis d’élever la production laitière de 0 à 3-5 l /j en saison sèche dans certains élevages de la zone cotonnière. Le lait produit est vendu aux mini-laiteries qui se sont installées dans certains centres urbains. Les producteurs alléchés par les revenus tirés, s’orientent à présent vers l’amélioration génétique par insémination artificielle aux fins d’accroître leur production laitière. Cette stratégie est adoptée par quelques éleveurs de la zone CMDT de Koutiala et Sikasso, et par d’autres des régions de Mopti et Ségou. Cette spéculation laitière est devenue l’activité dominante dans les élevages urbains et périurbains où existe un nombre élevé d’animaux de races améliorées. Des pics de production de 20 l/j ont pu être obtenus dans les parcs de certains éleveurs de la zone périurbaine de Bamako. L’embouche Elle est moins développée que la production laitière. Elle est pratiquée par quelques éleveurs de la zone périurbaine et par certains agropasteurs en zone rurale. Les animaux embouchés sont essentiellement des bovins en zone périurbaine et des moutons (moutons de Tabaski) ou des bovins de réforme (vaches stériles, bœufs de labour ou autres mâles en fin de carrière) en zone rurale. Les rations utilisées pour cette embouche varient selon la disponibilité en ingrédients et selon les zones. Celles recommandées par l’Institut d’Economie Rurale (IER) dans la zone de Niono pour l’embouche bovine sont les suivantes: - animaux de 3-4 ans: (220-250 kg): pour un gain de poids journalier
de 780 g pendant 90 jours: son de riz 8 kg/j, fanes de niébé 0 à 1,5 kg/j,
mélasse 1 kg/j, aliment bétail Achcar 1 à 2 kg/j, son de riz 0, urée 0
à 0,1 kg/j
- animaux de 7-10 ans gain de 850 g/j: son de riz 10 kg/j, fanes de niébé
0 à 1,5 kg/j, mélasse 1,5 à 2 kg/j, aliment Achcar 2-3 kg/j, son de riz
0 à 2,5 kg/j, urée 0 à 0,1 kg/j Source : Orientation stratégique des appuis à l’élevage au Mali. (Ambruster et al. 1999) Les animaux engraissés sont destinés soit aux marchés locaux rémunérateurs, soit principalement aux marchés extérieurs. Systèmes d’alimentation du bétail Pâturages naturels L’alimentation des animaux pour tous les systèmes d’élevage repose en priorité sur l’exploitation des pâturages naturels. Les animaux vont paître sur différents types de pâturages dont les ressources (offre de la végétation naturelle) varient selon les saisons, la disponibilité en eau et la qualité des sols. L’offre de la végétation naturelle augmente comme la pluviométrie du Nord au Sud tandis que sa qualité diminue dans le même sens. L’utilisation exclusive des pâturages naturels comme source d’alimentation du bétail est une règle absolue au Nord Sahel et dans les zones subdésertiques. Au Sud, l’exploitation des résidus de récoltes vient compléter celle des ressources des pâturages. Une plus grande disponibilité de l’offre au Sud y a entraîné la descente de bon nombre de troupeaux sahéliens. En dépit de l’importance que revêt les pâturages naturels dans l’alimentation du bétail, il n’existe pas d’études exhaustives sur ces pâturages au Mali. Celles déjà menées sont fragmentaires et n’ont concernées que des zones particulières. Elles ne permettent pas de dresser une carte des pâturages sauf par référence aux grandes zones de végétation. Il semble donc indispensable d’entreprendre de telles études afin de fournir un outil de planification pour le développement de l’élevage. Alimentation en étable Cette alimentation revêt deux formes et concerne les élevages sédentaires des zones agropastorales et périurbaines. Utilisation des pâturages associée à la complémentation L’animal exploite toujours les ressources des pâturages, mais il reçoit le soir au retour à l’étable ou dans le parc, un complément en foin, fanes, graines de coton, tourteau ou aliment bétail. Les quantités distribuées varient en fonction des éleveurs et des ressources disponibles. Cette alimentation est plus contrôlée dans les systèmes de production commerciale où les rations doivent être équilibrées. Stabulation permanente La stabulation permanente devient la règle dans les élevages intensifs (vaches laitières, animaux à l’engrais) où les gains de productivité doivent rentabiliser les coûts de production. Elle est pratiquée surtout par quelques éleveurs nantis des zones périurbaines sur un nombre limité de têtes. Alimentation au piquet Ce mode d’alimentation est utilisé quand il s’agit de quelques têtes de bétail. Il est pratiqué surtout pendant la saison des cultures sur les bœufs de labour, les petits ruminants et quelques vaches en lactation. Les animaux sont mis au piquet pendant la journée dans les jachères et les zones incultes non loin des villages. Un petit complément leur est distribué le soir au retour dans les enclos. Intégration du bétail dans les systèmes d’exploitation Les changements intervenus dans les modes de conduite des animaux (confection d’enclos, parcage tournant des animaux en saison sèche sur les zones de cultures…) ont contribué à une meilleure récolte des bouses et de la poudrette et à la confection de compost et de fumier. L’ animal en fournissant travail et fumier devient un véritable support pour l’agriculture qui, en retour, lui fourni les ressources nécessaires pour ses besoins d’entretien et de production. Ces ressources sont représentées par les résidus de récoltes auxquelles il faut ajouter quelques fourrages cultivés, même si ceux-ci sont produits pour l’heure en quantité insuffisante. Limitations des productions de bétail Problème de l’eau Les grandes zones d’élevage sahélien au Mali sont (à l’exception du Delta Central et des abords des fleuves) dépourvues de points d’eau permanents. Ceux de surface qui s’y trouvent s’assèchent dès le début de la saison sèche. La recherche de l’eau devient par conséquent un problème capital durant toute la période sèche pour les éleveurs et leurs troupeaux. La dispersion des points d’eau existants (mares permanentes, puits, puisards) et leur éloignement des pâturages exploitables en cette saison, imposent des longs déplacements qui affaiblissent les animaux. Les ressources disponibles ne servent alors qu’à couvrir, et encore ! les seuls besoins d’entretien. La productivité des troupeaux baissent considérablement à cette période. Maladies et insuffisance des ressources constituent les limitations les plus sévères pour les systèmes de production du bétail. Limitations socio-économiques Le second facteur est l’insécurité foncière qui empêche les agropasteurs à s’investir dans les travaux d’amélioration des ressources. Agriculture et élevage pourraient cependant se compléter mutuellement comme il a été signalé pour les systèmes agropastoraux et les systèmes intégrés. Pour ce faire, les règles de propriété et de gestion foncière doivent être revues afin de lever l’hypothèque de l’insécurité foncière pour les exploitants ruraux. Des plans d’aménagements et des codes de gestion doivent être élaborés avec les agriculteurs et les éleveurs auxquels seront transférés la propriété juridique et le pouvoir de gestion de l’espace et des ressources. La troisième cause de limitation de la production animale réside dans le faible taux d’exploitation du bétail. Celui-ci est de l’ordre de 14 pour cent pour les bovins et 34 pour cent pour les petits ruminants (U.E / KIT= Union Européenne/ Institut Royal des Tropiques). Les éleveurs et les agropasteurs ont tendance en effet à garder le plus d’animaux possibles, même des non valeurs, pour cause de sécurité, de thésaurisation ou de production. Le déséquilibre entre les effectifs et les ressources joint aux facteurs précédents explique la faible productivité des troupeaux et le peu de développement de l’économie pastorale. |
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Les Ressources pastorales
a) La végétation et les types de pâturages Il existe au Mali quatre grands types climatiques auxquels sont liés quatre grandes zones de végétation La distribution de cette végétation varie avec la nature des sols et la topographie. Zone saharienne La steppe saharienne. La partie Nord de la zone saharienne à pluviométrie comprise entre 0 et 150 mm est une zone sans grande importance pour l’élevage. C’est une zone où l’on passe sans jamais s’y arrêter. Sa végétation contractée à Cornulaca monocantha, Panicum turgidum et Aristida pungens forme des pâturages dont la productivité va de 0 à 500 kg de MS/ha. La zone de steppe sub-saharienne Elle est située entre les isohyètes 150 à 250 mm et comporte une végétation localisée dans les oueds et les ravines. Cette végétation contractée est formée par un tapis herbacé à base d’annuelles à cycle court (Aristida hordeacea, Morettia philaeana, Farsetia stylosa…) et d’une strate ligneuse lâche faite d’Acacia ehrenbergiana, Acacia tortilis, Balanites aegyptiaca, Maerua crassifolia. Elle peut être abondante dans les dépressions et plaines correspondant au lit des oueds comme dans l’Adrar, ou aux zones d’épandage des crues (Adrar, Tilemsi, Tamesna). Ces zones portent des pâturages à Aristida sp., Schouwia thebaica dont la productivité varie selon la hauteur des pluies et la nature des sols de 1 000 à 2 000 kg de MS/ha. Sur cordons dunaires et reliefs sableux dominent les Aristida (A. mutabilis, A. pallida, A. papposa) et Panicum turgidum. A ces herbacées sont associés des ligneux comme ceux cités plus haut. La dispersion spatiale des pâturages et la consommation rapide de leur offre, de même que l’assèchement rapide des points d’eau qui les desservent obligent les éleveurs à nomadiser. La steppe sahélienne
Au Sud la végétation est du type steppe mésophile. Elle est localisée dans les dépressions limoneuses à Schoenefeldia gracilis, Panicum laetum, Acacia laeta, Salvadora persica, et dans les zones d’inondation des fleuves où elle forme des prairies aquatiques à graminées vivaces comme Echinochloa stagnina, Oryza barthii, Vossia cuspidata. Ces prairies sont d’excellents pâturages de décrue. Sur les zones de plateaux, les cuirasses latéritiques sont colonisées par Combretum nigricans, Guiera senegalensis, Lannea acida, Sclerocarya birrea. Les meilleurs pâturages de cette zone sont les pâturages de décrue (bourgoutières du Delta Central Nigérien et de la zone lacustre dont la productivité peut atteindre 10 t de MS/ha), et les pâturages sur les dunes et les formations sableuses de productivité moyenne variant du Nord au Sud de 1000 à 2000 kg de MS/ha. L’étendue de ces pâturages permet de maintenir assez longtemps les animaux dans le nord Sahel. Sur le plan floristique, la partie sud du Sahel assure la transition entre les zones sahélienne et soudanienne. Elle renferme de ce fait un certain nombre d’éléments appartenant aux deux domaines biogéographiques avec cependant une abondance marquée d’éléments nord soudaniens (Combretaceae) et une prédominance d’espèces hautes dans le tapis graminéen. La zone soudanienne La zone soudano-guinéenne Pâturages améliorés, fourrages cultivés et résidus de récoltes Pâturages améliorés
Ces travaux dont la plupart étaient expérimentaux ont porté essentiellement sur les délimitations de périmètres pastoraux, l’hydraulique pastorale et l’établissement souvent de plans normatifs d’aménagement et de gestion pour les zones pastorales. Ils ont couvert des superficies infimes en regard de l’étendue des zones de pâturages au Mali. Ces travaux d’amélioration sont cependant rendus obligatoires dans le cadre des programmes de développement de l’élevage afin d’assurer une bonne gestion des ressources naturelles et la préservation de l’environnement. Les difficultés techniques et les contraintes sociales que ce genre de travaux soulèvent, doivent être levées pour permettre aux agropasteurs de s’investir dans les travaux d’aménagement des ressources dont ils auront la jouissance. Fourrages cultivés La culture du niébé (Vigna unguiculata) et de l’arachide a toujours représenté la source de fourrages cultivés pour les éleveurs au Mali. Cultivés à double fin, leur production de fourrages entre dans la rubrique des résidus de récoltes. La culture fourragère entendue alors au sens "produire de l’herbe pour les animaux",est quant à elle, peu développée au Mali. Les rares espèces cultivées à destination des animaux actuellement, sont représentées, outre le niébé, par quelques parcelles de dolique et de Stylosanthes hamata chez quelques agropasteurs de la zone Sud ou dans les concessions rurales en zones périurbaines, et par des parcelles collectives ou individuelles de bourgou sur les périmètres aménagés dans le Delta Central Nigérien et la zone lacustre. Les superficies exploitées par producteur dépassent rarement 1 ha. Elles ne sont importantes (environ 15-20 ha) que dans le cas de la culture de bourgou (Echinochloa stagnina) dans sa zone naturelle. Les productions obtenues sur les surfaces de petites tailles ne couvrent pas, bien qu’elles soient de qualité, les besoins des animaux. Les éleveurs ont toujours recours a d’autres types de ressources. Résidus de récoltesL’agriculture dégage des résidus (paille de céréales, fanes de légumineuses) qui contribuent à la disponibilité fourragère. Les quantités de résidus évaluées à partir du ratio fourrage/rendement, varient d’une année à l’autre en fonction des surfaces emblavées et des rendements. Elles peuvent atteindre 2-3 t de Ms/ha. Ainsi en zone agricole les cultures céréalières donneraient des résidus qui, selon les estimations, représenteraient 10 pour cent de la disponibilité fourragère totale (PPS ou Productivité Primaire au Sahel). Les résidus de céréales sont en général de faible valeur nutritive (0,28 à 0,35 UF/kg, 40 à 50 g de Mad/kg de Ms) et sont faiblement utilisés par les animaux. Leur niveau d’utilisation peut être amélioré par adjonction de mélasse et d’urée. Les fanes de légumineuses (arachide, niébé, voandzou - Voandzeia) produites à raison de 600-1 000 kg/ha, constituent de très bons fourrages (0,60-0,70 UF/kg de Ms et 60 à 90 g de Mad). Cultivées comme plantes vivrières, les légumineuses citées sont souvent associées aux céréales et n’occupent en cultures pures que de faibles surfaces. Limitation des ressources fourragères Les limitations des ressources fourragères sont de plusieurs natures parmi lesquelles nous distinguerons: La pluviosité Bien qu’en étroite relation avec les autres facteurs du milieu, la pluviosité est le « facteur le plus déterminant pour la productivité primaire des pâturages ». Ainsi la composition floristique des pâturages dépendra de la hauteur des pluies et de leur répartition. Les espèces herbacées qui concourent à l’accroissement de la biomasse prolifèrent ou régressent d’une unité de végétation à l’autre. Au gradient pluviométrique qui augmente du Nord au Sud est lié un gradient d’accroissement quantitatif du disponible fourrager. Quant à la qualité des fourrages, elle diminuerait selon le même gradient (PPS). Ainsi, l’eau devient elle le premier facteur limitant la productivité des pâturages à partir de l’isohyète 400 mm, tandis qu’à des pluviosité supérieure c’est la qualité des sols qui devient la contrainte majeure (PPS). La nature des sols L’influence de la nature du substrat est incontestable sur les productions végétales. Selon la nature du substrat, des différences apparaîtront dans les mesures de productivité sous un isohyète donné. Ces variations peuvent aller du simple au double sur des substrats allant de limoneux à limono-sableux dans le Sahel malien. La qualité des sols influe elle aussi sur la productivité des pâturages. Sur des sols pauvres comme ceux du Mali, des essais d’application d’engrais ont permis de multiplier par des coefficients allant de 3 à 5 la productivité de certains pâturages (PPS). La nature des espèces et la composition floristique Les espèces n’ont pas le même potentiel de production. La biomasse qu’elles fournissent varie selon la ou les espèces dominantes et la composition floristique dans laquelle elles entrent. Une étude menée en zone soudanienne a montré qu’un recouvrement ligneux de 10 pour cent correspondait à une productivité herbacée de 5.000 kg Ms/ha, et cette production n’était que de 1.000 kg/ha pour un recouvrement ligneux de 40 pour cent.Une formation à dominante graminéenne aura une biomasse herbacée plus élevée qu’une formation à fort embroussaillement ligneux. La mauvaise gestion des pâturages Localisés en général sur des sols marginaux : sols fragiles (sols dunaires, sols colmatés), sols épuisés, affleurements rocheux et cuirasses, les pâturages naturels ont souvent des productivités faibles. Leur utilisation sans contrôle (absence de plan de charge, séjour prolongé de gros effectifs sur les différents types de pâturages) est une des raisons principales de leur dégradation. La consommation préférentielle d’espèces, notamment au stade montaison ou préfloraison, entraîne leur disparition et leur remplacement par des espèces moins appétées. Cette fluctuation de la composition floristique se rencontre sur tous les types de pâturages, notamment ceux à forte proportion d’annuelles. Le piétinement excessif des sols fragiles (sols colluviaux, sols sablonneux) les rend friables. L’entraînement des couches superficielles par le vent et le ruissellement provoque la mise à nue de la dalle subaffleurante dans les zones Sud ou la formation de plages damées dans les zones à faible couvert végétal (cas du Gourma). Les difficultés d’accès aux intrants. La régénération des pâturages dégradés peut se faire, malgré le peu d’informations qui existent sur la question au Mali, par des interventions du type labour, semis ou plantation et protection. Ce type d’intervention n’a été entrepris que dans des projets spécifiques comme dans le cadre de la régénération des bourgoutières. Le coût des intrants (labour, fertilisation, semences, amortissement) pour la régénération d’un hectare de bourgou s’est établi à 414 515 F CFA (Van Duivenbooden et Gossèye, 1990). Ce coût semble trop élevé pour les agropasteurs surtout quand on le compare aux 20 000 F CFA de taxe de pacage qu’ils perçoivent pour trois mois de séjour de 50 à 100 têtes de bovins sur leurs pâturages de décrue (in Eriksen et Traoré 1995). Ce type d’investissement a été de l’ordre de 52 000 F CFA dans le cadre de la régénération d’un hectare de parcours sahélien. Les aménagements cités ont nécessité, il va sans dire, l’emploi de quantités importantes de semences et boutures pour les espèces utilisées. En l’absence de stocks réguliers de matériel végétal fourrager au Mali et de structure de production de semences fourragères, il a sans doute fallu avoir recours soit à une importation massive de semences et de boutures, soit à la récolte complémentaire ou intégrale de ce matériel sur place (notamment boutures et semences d’Echinochloa stagnina). On peut donc conclure que les difficultés inhérentes à ce genre d’opération résident non seulement dans le coût élevé des interventions, mais également dans la non disponibilité de stocks de semences et de matériel végétal faute de structures spécialisées localement dans la production de ces intrants. |
6. Amélioration des Ressources Pastorales De nombreuses opportunités existent à l’heure actuelle pour l’amélioration des ressources des pâturages. Parmi celles-ci on pourra citer: a)les nouveaux concepts: les nouveaux concepts en matière d’aménagement et de gestion des ressources (aménagement et gestion intégrés) placent les utilisateurs avec leurs techniques et leurs habitudes au centre d’un dispositif dont l’amélioration a pour objectif d’élaborer des outils de gestion adaptés à différents cas. b)la sécurité foncière: la sécurisation des producteurs sur leurs terres devra être entreprise par un ajustement de la législation qui leur attribuerait la propriété, le contrôle et la gestion des ressources de leurs terroirs et territoires respectifs. Cette disposition permettrait d’envisager des actions d’aménagement durables. c) l’inventaire des ressources: l’inventaire des ressources et la définition de la vocation des terres sont des préalables permettant de concevoir des plans d’aménagement tenant compte du rapport entre besoins et ressources pour une gestion durable de celles-ci. Les différents plans qui seront élaborés tiendront compte des habitudes agropastorales avec une appréciation écologique des zones. d) l’amélioration du potentiel pastoral: elle se fera par des introductions d’espèces, notamment celles qui tendent à disparaître ou celle de légumineuses. Des études ont cependant montré que les légumineuses locales avaient un faible pouvoir de concurrence, donc peu intéressantes pour l’amélioration des pâturages. Il en est de même pour les légumineuses exotiques peu compétitives dans les conditions de production du Sahel (faible pluviosité, sols pauvres). Quant à l’introduction de ligneux fourragers, elle peut être envisagée dans toutes les zones avec les essences fourragères qui y croissent habituellement, et avec les essences exotiques dans les zones à bonnes conditions de sols et de pluviosité. e) le contrôle de la gestion des pâturages : la réhabilitation des pâturages se fera par leur aménagement et le contrôle de leur gestion. Ce contrôle sera rendu obligatoire surtout après les efforts qui seront entrepris pour des aménagement tels que la création de points d’eau (puits, mares surcreusées…) et l’amélioration du potentiel pastoral. Il s’exercera par les communautés elles-mêmes, principalement celles qui auront participé aux travaux. f) l’organisation sociale: L’organisation des populations est un préalable pour entreprendre les travaux d’amélioration cités. Elle revêtira différentes formes selon les zones et les centres d’intérêts (associations villageoises, groupements d’exploitation pastorale ou forestière …). Au sein de ces organisations seront désignés des comités de gestion chargés de l’application des codes établis pour l’aménagement et l’utilisation des ressources. Ces comités seront appuyés par l’Administration et les services techniques. g) la production de semences: L’amélioration du potentiel pastoral ne saurait se faire à grande échelle que si elle est confortée par une production conséquente de semences et de matériel végétal. Cette production n’existe pas localement et les besoins des utilisateurs ne sont couverts que par des fournitures assurées par les projets dans le cadre de leurs programmes. Quelques agropasteurs bénéficiaires de ces dons sont alors appelés à produire eux-mêmes des semences pour la poursuite des actions entamées à leur niveau. Les quantités produites ne couvrent que leurs seuls besoins. Les efforts individuels entrepris dans cette direction doivent donc être multipliés et renforcés. Mais compte tenu du développement de nouveaux systèmes d’élevage et des besoins accrus en fourrages de qualité, des structures du genre GIE (groupement d’intérêt économique) pourraient être créées et spécialisées dans la production et l’approvisionnement en semences et en matériel végétal de qualité. Le contrôle de la qualité sera assuré par les centres semenciers nationaux. Conclusion Les différentes études menées sur les pâturages ont montré que le Mali recelait d’énormes potentialités pastorales aussi bien en zone sahélienne que soudanienne. Elles sont d’une manière générale faiblement mises en valeur et surtout mal exploitées. Les différents projets mis en place pour améliorer la situation fourragère et les potentialités pastorales n’ont pas eu de continuité et les efforts déployés ont été fragmentaires et peu convaincants notamment aux yeux des producteurs. Ces derniers, faute de références fiables, ont continué à utiliser l’espace et les ressources de façon traditionnelle au risque de les dégrader. Seules dans ces conditions des actions de longue durée sous forme de véritables programmes de développement doivent être entreprises pour donner toute leur crédibilité aux actions d’amélioration pastorale. Ces programmes reposeront sur une démarche participative confortée par le transfert de compétences aux collectivités rurales dans le cadre de l’aménagement et la gestion des ressources de leurs terroirs. Les actions de terrain seront soutenues par des recherches complémentaires sur les pâturages et les cultures fourragères. Les propositions de recherches porteront sur la caractérisation des pâturages, la poursuite et le renforcement des actions d’amélioration pastorale là où cela est possible, la poursuite et l’approfondissement des recherches en matière d’amélioration des jachères. Pour ce qui concerne les cultures fourragères, les tests doivent être entrepris sur les espèces fourragères autochtones de même que la poursuite des tests d’introduction des cultures fourragères en milieu rural avec leurs études de rentabilité dans les systèmes de production. Toutes ces actions doivent concourir à la mise au point d’outils de gestion des ressources alimentaires pour le bétail et répondre aux exigences des nouveaux modèles d’élevage. |
7. Les Organismes de Développement et de Recherche impliqués dans le Pastoralisme L’ Institut d’Economie Rurale (IER) est la principale institution dans le domaine de la recherche agricole au Mali. Sa mission est de contribuer à la définition et à la mise en œuvre des recherches et études au service du développement agricole, d’élaborer et mettre en œuvre des programmes de recherche agricole, d’assurer un appui technique au développement agricole, de procéder à la mise au point de technologies appropriées pour l’amélioration de la productivité du monde rural, de diffuser les résultats de recherches et d’études. Elle accomplit cette mission à travers ses démembrements régionaux appelés Centres Régionaux de Recherche Agronomique (CRRA) répartis sur les différentes régions administratives du pays. L’IER est appuyée dans sa mission par les autres composantes du dispositif national de recherche comme le Laboratoire Central Vétérinaire (LCV), des Instituts de formation comme l’Institut Polytechnique Rural de Katibougou (IPR), l’Institut Supérieur de Formation Appliquée (ISFRA) et les programmes associés relevant d’institutions régionales et internationales. Les priorités de recherches actuelles dans le domaine des pâturages et des ressources fourragères portent sur: § la définition, l’aménagement et la gestion des zones sylvo-pastorales au sein des terroirs notamment dans les zones agro-sylvopastorales ; § l’aménagement et la gestion des parcours naturels dans les zones pastorales ; § la promotion des productions fourragères par l’amélioration des jachères et la culture fourragère au sein des exploitations. Ces programmes à défaut de faire l’objet de recherches thématiques, s’intègrent dans un cadre d’aménagement et de gestion des ressources naturelles, autrement dit dans celui plus global de l’amélioration des systèmes de production. Ils ne sont pas autonomes et leur financement en est rendu d’autant plus difficile que la priorité pour l’heure est à la sécurité et à l’autosuffisance alimentaire. L’abandon des activités de recherche thématiques sur les pâturages et les cultures fourragères par les équipes systèmes s’explique cependant mal en raison de la faible caractérisation des pâturages tant au Nord qu’au Sud et de la faiblesse des connaissances sur les espèces fourragères autochtones. Les organismes d’appui Les Centres régionaux de l’IER collaborent étroitement avec les organismes de développement (dont certains assurent le financement de certains programmes), les ONG et les groupements professionnels, tous utilisateurs des résultats de la recherche. Parmi ces organismes on peut citer les structures d’appui au monde rural logées au sein du Ministère du Développement Rural qui sont : la Direction Nationale de l’appui au monde rural, le Programme national de vulgarisation agricole, la Direction nationale de l’aménagement et de l’équipement rural, la Direction nationale du contrôle et de la réglementation. Quant aux entreprises agricoles, les plus grandes ont déjà été signalées plus haut. Des relations de collaboration existent également avec les différents projets opérant dans le secteur agricole à travers le pays et de nombreuses ONG. Personnes ressources Les personnes ressources dans le domaine des pâturages et des productions fourragères sont logées pour ce qui concerne la recherche au sein des équipes systèmes de production de l’IER. Elles sont représentées par les agropastoralistes, les écologistes et les spécialistes en productions fourragères des Centres Régionaux de Recherche Agronomique. Ces spécialistes assurent avec la participation des groupes cibles, la programmation, la mise en place et le suivi-évaluation des actions en matière d’aménagement et de gestion des pâturages. On en rencontre également dans certains projets où, assistés ou non par la recherche, ils participent aux travaux d’aménagement pastoral. La liste des personnes ressources est donnée ci-dessous. Liste des personnes ressources CRRA de Kayes Mamadou SISSOKO : agro-pastoraliste CRRA de Mopti BP 205 Mopti, République du Mali Amadou KODIO : agro-pastoraliste Mamadou COULIBALY : agro-pastoraliste CRRA de Niono Daouda KONE : agronome Drissa YOSSI : agronome. Spécialiste des fourrages CRRA de Sikasso Mémé TOGOLA : agropastoraliste Issa KANTE : Gestion des terroirs-environnement M’Pé BENGALY : « « CRRA de Sotuba Lassine DIARRA : écologue-pastoraliste Salif Founkomo TRAORE: agronome des fourrages Kalifa KONE : spécialiste production fourragère Lassine COULIBALY : spécialiste production fourragère Mahalmadane DJITEYE : écologue-agropastoraliste Abou BERTHE : zootechnicien-agro-pastoraliste Ressources forestières |