Profil fourrager


Kenya

kenflg.gif (2925 bytes)

Apollo Bwonya Orodho


1. Introduction

2. Sols et topographie

2.1 Régions humides (zones montagneuses)
2.2 Régions sub-humides (région des lacs et ouest du Kenya)
2.3 Régions semi-arides (nord et nord-est du Kenya)

3. Climat et zones agroécologiques

4. Systèmes d’élevage

4.1 Systèmes d’élevage bovin 
4.2 Systèmes d’élevage des petits ruminants
4.3 Contraintes socio-économiques
4.4 Autres obstacles au développement de l’élevage

5. Ressources pastorales

5.1 Arrière-plan historique  
5.2 Zone froide et humide en haute altitude
5.3 Zone fraîche et humide en altitude moyenne  
5.4 Zone chaude et humide en altitude moyenne
5.5 Zone chaude et sèche en altitude moyenne
5.6 Arrière-pays côtier très chaud et sec
5.7 Bande côtière très chaude et humide
5.8 Pâturages semi-arides et arides

6. Production de semences fourragères

7. Amélioration des ressources pastorales

8. Organismes de recherche et développement impliqués dans le pastoralisme

9. Références bibliographiques

10. Contacts


1. INTRODUCTION

Le Kenya a une population d’environ 30 millions d’habitants et s’étend entre 4° de latitude N et 4° de latitude S et entre 34° et42° de longitude E. Il est bordé par la Tanzanie au sud, l’Ouganda à l’ouest, l’Ethiopie au nord, le Soudan au nord-ouest, la Somalie à l’est, et l’océan Indien au sud-est. Il couvre une superficie d’environ 584 000 km2 (voir Figure 1). Le pays connaît des extrêmes climatiques et écologiques, avec des altitudes variant du niveau de la mer à plus de 5000 m dans les zones montagneuses.  Les précipitations annuelles moyennes vont de moins de 250 mm dans les zones semi-arides et arides à plus de 2000 mm dans les zones à fort potentiel. Les sols varient, avec des types aussi différents que les sols coralliens sur la côte, les terres alluviales marécageuses, et les sols noirs des lits de rivière et des plaines. Les montagnes kenyanes abritent des sols volcaniques fertiles, tandis que les sols des régions semi-arides sont superficiels et stériles. Une telle diversité de conditions climatiques et  édaphiques a donné lieu à une évolution très variée des ressources génétiques des plantes.

L’agriculture est très importante au Kenya: 75 pour cent de la population en dépendent sur le plan de l’ alimentation et du revenu, et elle contribue à hauteur de 26 pour cent au Produit intérieur brut (PIB) et à hauteur de 60 pour cent aux recettes dérivant du commerce extérieur. Cependant, seul un tiers environ des terres du Kenya sont productives sur le plan agricole, notamment les montagnes, les plaines côtières et la région des lacs. Les deux tiers restant sont arides ou semi-arides, et se caractérisent par des précipitations faibles, imprévisibles et mal distribuées.  Ces terres sont utilisées pour le pastoralisme.L’élevage contribue pour environ 26 pour cent à la production agricole nationale totale (Anon., 1991) (tableau 1). Sur un total de 13 millions de têtes constituant le troupeau bovin national, les vaches laitières (bétail génétiquement amélioré) sont environ trois millions, dont 40 pour cent de race pure et 60 pour cent de races croisées, et fournissent 60 pour cent de la production laitière totale (Abate, 1992). Environ 80 pour cent des bovins améliorés appartiennent à des petits éleveurs, lesquels fournissent environ 76 pour cent du lait produit dans tout le pays. Le bétail laitier est gardé dans des zones recevant au moins 800-1000 mm de précipitations l’an, où le pâturage est de qualité moyenne ou bonne et où l’on produit du fourrage. Ces zones sont considérées comme étant à potentiel moyen ou élevé.

Tableau 1.  Statistiques du Kenya pour la période1991-97: effectifs des ruminants; production de viande de bœuf,
de veau et de buffle; production de lait; importation de bovins et importations de bœuf et de veau

 

1991

1992

1993

1994

1995

1996

Bovins  (millions)

13,5

13,2

13

13

13,6

13,8

Buffles 

n.r.

n.r.

n.r.

n.r.

n.r.

n.r.

Production de viande de bœuf et de veau

(milliers de tonnes)

255

240

230

230

255

265

Exportation de viande de bœuf et de veau (tonnes)

221

149

80

36

32

13

Production de viande de buffle

n.r.

n.r.

n.r.

n.r.

n.r.

n.r.

Production de lait (milliers de tonnes)

2366

2338

2248

2267

2335

2445

Importation de bovins (têtes)

5

n.r.

4

n.r.

195

n.r.

Importation de viande de bœuf et  de veau

n.r.

n.r.

n.r.

n.r.

n.r.

n.r.

 

1997

1998

1999

2000

2001

Bovins  (millions)

13.4

13.0

13.4

13.8

12.5

Buffles 

n.r.

n.r.

n.r.

n.r.

n.r.

Production de viande de bœuf et de veau (milliers de tonnes)

270

270

279

287

290

Exportation de viande de bœuf et de veau (tonnes)

119

230

273

60

n.r.

Production de viande de buffle

n.r.

n.r.

n.r.

n.r.

n.r.

Production de lait (milliers de tonnes)

2466

2418

2481

2402

1952

Importation de bovins (têtes)

n.r.

n.r.

89

n.r.

n.r.

Importation de viande de bœuf et  de veau

n.r.

n.r.

10

13

n.r.

Source: Base de données FAO 1998; n.r. = non renseigné

Figure 1. Carte du Kenya

Le bœuf est une source essentielle de protéines animales. Sur 10 millions de bovins, qui produisent environ 120 000 tonnes de bœuf par an, 50 à 60 pour cent proviennent du secteur des petits éleveurs (Banque mondiale, 1986). La production de bœuf constitue environ 56 pour cent de la viande commercialisée au Kenya (Anon.,1991). Les bovins sont concentrés dans des zones à potentiel moyen ou faible, où l’on trouve aussi environ 7 millions d’ovins, 8 millions de caprins et plusieurs milliers de camelins.

Le Kenya a divers systèmes fonciers, allant de la propriété privée individuelle à la propriété communale. Dans les centres urbains, la propriété de la terre est concédée à bail. La taille des exploitations est allées end déclinant, du fait de la subdivision qui a donné lieu à de petites unités non rentables.  Les zones rurales kenyanes se distinguent par des opportunités d’emploi limitées, de faibles revenus et une pauvreté élevée. Des programmes de réforme agricole sont en cours, visant à libéraliser le secteur agricole. Toutefois, ces programmes sont entravés par la faiblesse des services d’appui, dont l’accès aux routes, les marchés et les facilités de crédit. A l’heure actuelle, il existe deux stratégies principales pour promouvoir le développement rural:  celle centrée sur les districts, District Focus for Rural Development, et celle visant à l’équilibre entre mondes rural et urbain, Rural Urban Balance Strategy (Rok, 1997).


2. SOLS ET TOPOGRAPHIE

Au Kenya, le climat, la végétation, la topographie et la roche mère sous-jacente sont très variables. Le climat est le facteur influençant la formation des sols le plus important. Il affecte en effet les types de sol, directement, par l’altération des roches, et indirectement, en raison de son impact sur la végétation. Dans la plupart des régions kenyanes, les sols manquent d’azote (N), de phosphore (P) et parfois de potassium (K). Dans les zones sèches, les sols disposent d’une faible matière organique, essentiellement parce que les précipitations sont peu abondantes, variables, incertaines et mal réparties. Pour comprendre la répartition des sols du  Kenya, il convient de diviser le pays en trois grands types de régions: humides, sub-humides et arides.

2.1 Régions humides (zones montagneuses)

Ce sont des zones à plus de 1500 m d’altitude, qui reçoivent des précipitations annuelles de plus de 1000 mm. Elles sont constituées de roches volcaniques et ont des sols en général gras. Il s’agit des zones montagneuses à l’est et à l’ouest de la Vallée du Rift et du lit même de cette dernière. On trouve d’autres zones humides à moins de 1500 m d’altitude (basses terres humides); elles ont des sols sableux, bien drainés, composés d’argile sablonneuse grasse, comme le long de la côte. Les colline de Taita Hills ont des sols gras fertiles, adaptés à l’agriculture. On trouve des sols alluviaux (limons) le long des vallées, par exemple dans les vallés du Tana et Sabaki. Des dunes de sable et des marais à mangroves se trouvent le long de la côte. Les sols recouverts par les marais à mangrove sont profonds, gris, salins et peu drainés.

2.2 Régions sub-humides (région des lacs et ouest du Kenya)

Ces zones sont légèrement moins arrosées que les zones humides. Elles ont un substrat de roches volcaniques. Elles ont entre 1000 et 2000 m d’altitude. Les précipitations annuelles atteignent 1 000 mm et les sols sont composés d’argile rouge. Les zones constituées de roches sédimentaires se trouvent dans les plaines à partir de 1 000 m d’altitude et ont des sols gras sablonneux. Ici, les sols varient considérablement selon la matière mère prédominante. Dans les régions plus élevées, on trouve des sols argileux de couleur rouge foncé, fertiles et bien drainés. Dans le golfe de Kavirondo, les sols sont constitués de terreau sablonneux formé à partir de roches sédimentaires. Les dépôts alluviaux provenant de l’érosion des hautes terres apparaissent fréquemment le long des plaines d’inondation des rivières (Nyando, Yala, Nzoia et Kuja). Dans des plaines du Yala et du Kano, les sols tourbeux et marécageux et les sols noirs (black cotton) dominent. On trouve des sols volcaniques entremêlés à des sols tourbeux fertiles sur les hautes terres. De manière générale, les sols de ces régions sont productifs.

2.3 Régions semi-arides (nord et nord-est du Kenya)

Ces régions reçoivent en moyenne 300 à 500 mm de précipitations annuelles et leurs sols, superficiels et généralement stériles, sont variables. Ils se sont développés essentiellement à partir de roches sédimentaires. Les zones situées à plus de 1 200 m et bénéficiant de précipitations allant jusqu’à 600 mm, comme Marsabit, disposent de sols volcaniques fertiles. Au nord-est du Horr, on trouve des sols noirs (black cotton). Ces derniers sont engorgés d’eau quand il pleut. Autour du lac Turkana, les sols sont rouge foncé. Dans le nord-ouest du pays et à l’est du lac Turkana, il y a des sols formés à partir de laves. Ces zones reçoivent moins de 250 mm de précipitations annuelles et les sols ne sont pas pleinement développés en raison du manque de végétation et de matière organique. Le long des bassins des rivières Turkwell et Tana, les sols sont alluviaux.


3. CLIMAT ET ZONES AGRO-ÉCOLOGIQUES 

Le climat, la végétation et le potentiel d’utilisation des terres ont été pris en compte pour évaluer l’adéquation de la terre à divers usages. Les principaux éléments du climat qi on un effect sur la croissance de l’herbage sont: l’intensité et la durée des précipitations; la relation entre les précipitations annuelles et l’évapo-transpiration potentielle; la variation des précipitations d’une année sur l’autre. Si l’on emploie un indice d’humidité  (Sombroek et al., 1982), fondé sur les précipitations annuelles et exprimé en pourcentage d’évaporation potentielle, le Kenya se répartit en sept zones agro-climatiques. Les zones ayant un indice supérieur à 50 pour cent ont un potentiel élevé pour les cultures; elles sont désignées sous le nom de zones I, II et III. Elles représentent 12 pour cent des terres du Kenya. Les régions de semi-humides à arides (zones IV,V,VI et VII) ont des indices inférieurs à 50 pour cent et des précipitations annuelles moyennes de moins de 1100 mm. Ces zones correspondent en général aux parcours et représentent 88 pour cent des terres (tableau 2).

Tableau 2. Zones du Kenya: degré d’humidité, précipitations et part de la superficie totale

Zone

agro-climatique

Classification

Indice d’humidité (%)

Précipitations annuelles (mm)

Part de la superficie totale (%)

I

Humide 

>80

1100-2700

 

II

Sub-humide

65 - 80

1000-1600

12

III

Semi-humide

50 - 65

800-1400

 

IV

De semi-humide à semi-aride

40 - 50

600-1100

5

V

Semi-aride

25 - 40

450-900

15

VI

Aride

15 - 25

300-550

22

VII

Très aride

<15

150-350

46

Modifié à partir de: Sombroek et al. (1982).

Chacune des sept zones agro-climatiques est subdivisée en fonction de la température annuelle moyenne, de façon à identifier les zones aptes à produire les principales cultures kenyanes alimentaires et commerciales. La plupart des terres à fort potentiel sont situées à plus de 1200 m d’altitude et ont des températures annuelles moyennes inférieures à 18 °C, tandis que 90 pour cent des zones semi-arides et arides se trouvent à moins de 1260 m et ont des températures annuelles moyennes allant de 22 °C à 40 °C. Quatre facteurs inter-connectés déterminent la disponibilité à long terme des ressources en pâturage dans le système de production pastoral: (i) la variabilité des précipitations; (ii) le degré d’efficacité dans la façon dont les précipitations se convertissent en fourrage utilisable; (iii) l’utilisation des ressources pastorales par les herbivores domestiques et sauvages; (iv) la relation entre quantité et qualité des ressources.


4. Systèmes d’élevage

Il y a environ sept systèmes d’élevage différents au Kenya, si l’on se réfère au manuel des systèmes d’élevage (Peeler et Omore, 1997).

4.1 Systèmes d’élevage bovin

Production de lait et de viande à petite échelle. La production familiale de lait et de viande à partir des petits zébus d’Afrique de l’Est est réalisée essentiellement dans des zones à fortes précipitations, qui sont aussi adaptées à de petits élevages de vaches laitières exotiques. Les animaux sont élevés pour la viande et le lait. Le Ministère de l’agriculture et du développement et de la commercialisation de l’élevage (Ministry of Agriculture, Livestock Development and Marketing:MALDM) estime que l’intégralité du lait de zébu est consommé par les producteurs (MALDM, 1993), bien que le phénomène de vente en proximité à la ferme soit répandu. Les petits éleveurs gardent en général les zébus d’Afrique de l’Est en même temps que d’autres ruminants. Le bétail  est mené aux champs, gardé à la ferme ou mené paître le long des routes ou dans les aires communales. De façon générale, on ne trait les vaches que durant les cinq premiers mois de lactation. Les veaux sont autorisés à téter après la traite. Dans ce système, il y a très peu d’apports, on effectue rarement des interventions en santé animale et achète peu d’aliments concentrés ou de suppléments minéraux. Le bétail fait partie intégrante d’un système d’exploitation mixte. La taille des exploitations varie de 2 à 30 acres, selon la région géographique. Ce système concerne 5,3 millions de têtes de bétail.

Petit élevage laitier. Les activités de production laitière à petite échelle se concentrent essentiellement dans la zone agro-climatique (ZAC) 1-4, dans la province centrale, celle de la Vallée du Rift et sur les plaines côtières. Il y a une plus forte concentration d’exploitations à vocation laitière tenues par de petits éleveurs dans les zones péri-urbaines ayant un accès facile aux chaines de distribution du lait. Ces éleveurs ont en général deux ou trois vaches laitières, plus leurs suite, sur environ 1 hectare où ils élèvent aussi d’autres types de bétail et pratiquent par ailleurs l’agriculture. Pour la plupart, les bovins sont de races génétiquement hétérogènes de  Bos taurus, ou issus de croisements contenant une forte proportion de Bos taurus laitier, avec une part de Bos indicus. La race frisonne prédomine. Ces petits éleveurs  pratiquent l’alimentation en étable et le libre pâturage ou une combinaison des deux. On estime à un peu plus de 2,5 millions les effectifs de bétail relevant de ce système. On y cultive des fourrages tels que le napier (Pennisetum purpureum).

Elevage laitier commercial. Les exploitations de production laitière à grande échelle appartiennent aussi bien à des entreprises privées qu’à des institutions publiques telles que la Société de développement agricole (Agricultural Development Corporation:ADC). Selon le MALDM, 500 000 vaches laitières relèvent de ce système. La race frisonne est prédominante, mais on trouve aussi les races Ayrshire et Channel Island. Dans les fermes situées dans les zones plus sèches, on croise les races de Sahiwal et de Bos taurus. Les types de gestion sont très variables à l’intérieur de ce système, allant d’exploitations utilisant très peu d’intrants, donnant une faible production de lait et pratiquant un élevage extensif (où la viande de bœuf constitue aussi un produit important), à des exploitations intensives avec alimentation en stabulation, s’appuyant sur la production de légumineuses en irrigué. A partir de 20 femelles reproductrices, les troupeaux peuvent être classés dans cette catégorie. De nombreuses entreprises ont des troupeaux de plus de 100 têtes.

Production de lait et de viande commerciale. La plupart des bovins que l’on trouve dans les zones agro-écologiques (ZAC) 5-7  sont des zébus d’Afrique de l’Est, gardés par les éleveurs dans des troupeaux mixtes, en même temps que des moutons et des chèvres, voire des chameaux dans les plaines du nord. Il peut s’agir de groupements ou de fermes d’élevage privées. Dans certaines zones, des taureaux améliorés Boran et Sahiwal ont été introduits (Roderick, 1995). La production de lait sert en général à la consommation domestique, tandis que le bétail en surplus est vendu à des commerçants. Environ 10 pour cent des animaux adultes sont des mâles reproducteurs. De manière générale, les produits vétérinaires constituent le seul achat. Les niveaux de production dépendent largement des précipitations et de leur impact sur la production de fourrage adéquat, et varient donc beaucoup d’une année sur l’autre. La taille des troupeaux varie elle aussi beaucoup. Environ  4,5 millions de bovins relèvent de ce système. 

4.2 Systèmes d’élevage des petits ruminants

Elevage commercial de petits ruminants. La petite chèvre hair-goat d’Afrique de l’Est est prédominante, bien que la chèvre Galla soit répandue dans certaines parties des parcours du nord, et devienne de plus en plus courante dans d’autres régions. Les moutons à queue grasse sont les plus répandus, en particulier les races Masai rouges et Somali à tête noire. Dans certaines zones, le potentiel génétique du troupeau a été amélioré grâce à l’introduction de la race Dorper. Ovins et caprins sont gardés dans des troupeaux mixtes en même temps que les bovins et, dans les plaines du nord, les camelins. Les chèvres sont la seule source de lait pour les éleveurs ne possédant pas de bovins, et prennent davantage d’importance quand la production de lait de vache est faible. On trait parfois les brebis, mais cette pratique n’est ni régulière ni répandue. Sinon, les petits ruminants servent à l’autoconsommation de viande et sont vendus pour obtenir des revenus monétaires. Les produits vétérinaires sont la seule dépense significative. La taille des troupeaux varie énormément. On compte dans le secteur commercial du Kenya environ 6 millions de caprins laitiers et de boucherie et 4,3 millions d’ovins.

Elevage familial de petits ruminants. Les systèmes d’élevage reposent sur la petite chèvre d’Afrique de l’Est et sur les races de moutons à queue grasse comme le Masai rouge et le Somali à tête noire. On trouve aussi des croisements à partir de Dorper dans certaines régions. L’élevage caprin relève de deux systèmes de production, l’un finalisé à la viande de boucherie et l’autre associant viande et produits laitiers. On estime à 5 pour cent du total les effectifs relevant de ce dernier système. Les petits éleveurs ne possédant pas de bovins sont susceptibles de traire leurs chèvres. Presque tous les petits éleveurs pratiquent l’agriculture et élèvent en même temps des ruminants et des non ruminants. De manière générale, ovins et caprins pâturent dans de petits champs avec les bovins, mais dans certaines zones ils vont sur les pâturages communautaires. D’habitude, les aliments, les sels minéraux et les produits vétérinaires sont achetés. Il arrive que l’on alimente avec des résidus de récoltes. La reproduction n’est pas contrôlée et les petits naissent tout au long de l’année. La taille moyenne d’un troupeau va de 5 à 10 têtes. Pour ce type d’élevage à petite échelle, on estime à 200 000 têtes les caprins à finalité lait-viande, à 3,5 millions les caprins de boucherie, et à 2,7 millions les ovins de boucherie, pour un total d’environ 6,5 millions de petits ruminants.

Elevage ovin lainier et de boucherie. Il y a environ 750 000 ovins lainiers au Kenya, dont les deux tiers dans la Vallée du Rift. Ils relèvent d’un système d’élevage mixte, dans des exploitations à grande comme à petite échelle. 

4.3 Contraintes socio-économiques

Le sous-secteur de l’élevage, à l’instar du secteur plus large de l’agriculture, doit faire face à divers obstacles. Les petits éleveurs n’ont pas accès au crédit. Les découvertes en matière agricole sont appliquées de manière limitée en raison des coûts élevés d’acquisition des nouvelles techniques.  Parmi les entraves culturelles, il faut noter celles relatives à la discrimination sexuelle, surtout en ce qui concerne la propriété, la transmission et l’usage de la terre. Dans de nombreuses sociétés du Kenya, les femmes n’héritent pas la terre et, par conséquent, très peu d’entre elles sont propriétaires, bien qu’elles accomplissent la plupart des activités de la ferme. Un autre frein culturel consiste dans la pratique selon laquelle un parent donne la terre en héritage à chacun de ses fils. Cela mène à une morcellement de la terre en petites unités peu rentables. La faiblesse des infrastructures dans de nombreuses zones entrave aussi le développement de l’élevage. Le manque de débouchés commerciaux et la mauvaise gestion, surtout en matière de commercialisation du lait, a découragé de nombreux producteurs.  L’absence d’orientation commerciale constitue un frein dans la mesure où les bovins appartiennent à des communautés pastorales ayant un attachement sociologique au bétail. A l’heure actuelle, l’objectif principal est de promouvoir un investissement plus conséquent dans le sous-secteur de l’élevage, de façon à assurer l’autosuffisance intérieure et favoriser les exportations. Le gouvernement concentre ses efforts, entre autres, sur l’apport d’infrastructures, la construction de bains parasiticides et de forages pour le bétail et la mise en place de marchés, en particulier pour les bovins de boucherie. 

4.4 Autres obstacles au développement de l’élevage

L’alimentation du bétail constitue l’un des obstacles plus importants au développement de l’élevage, en particulier durant la saison sèche lorsque la production de fourrage est de mauvaise qualité et quantitativement faible. Pendant cette période, l’eau aussi est limitée car la plupart des sources sont saisonnières. Cela affecte tous les systèmes d’alimentation du bétail, qu’il s’agisse de produits de fauche, de la stabulation ou de la libre pâture.  Dans les systèmes de production de viande de bœuf, le stockage excessif mène au surpâturage et à la dégradation du terrain, en particulier dans les pâturages communautaires. Dans de nombreux systèmes d’élevage, il y a une mauvaise reproduction, du fait d’une insémination artificielle inadéquate (A.I.) et de l’absence de taureaux reproducteurs améliorés. Ce tableau est encore noirci par une mortalité des veaux élevée, de longs intervalles entre les vêlages et la présence de la mastite, le tout résultant d’une mauvaise gestion de l’élevage. Parmi les autres obstacles, on peut citer les maladies transmises par les tiques et les mouches  tsé-tsé, les maladies virales et bactériennes, les parasites internes et les maladies dérivant de la faune sauvage –  en effet, plus de 70 pour cent  de la faune sauvage kenyane se trouve dans des zones de parcours en-dehors des parcs nationaux.  La pleuroneumonie caprine est une maladie contagieuse sérieuse frappant les chèvres; elle est endémique dans certaines parties du pays. Grâce à la recherche, le gouvernement a développé diverses technologies d’intervention et a intensifié ses services de vulgarisation qui interviennent  en matière vétérinaire et de production animale. Parmi les technologies de lutte contre les maladies, on peut citer  le contrôle et l’analyse chimique du vecteur, la chimioprophylaxie et l’immunisation. Des savoirs faire techniques visant une gestion plus adéquate de l’élevage et une meilleure alimentation du bétail ont été développés, et sont en train d’être transmis aux éleveurs par des vulgarisateurs, de façon à renforcer leurs connaissances et leurs qualités de gestion. 


 

5.  RESSOURCES PASTORALES

5.1  Arrière-plan historique

L’Afrique de l’Est est connue pour être à la fois le centre et l’origine de la répartition de 8 à 10 parmi les espèces d’herbages tropicales et subtropicales économiquement les plus importantes, représentant 20 à 25 pour cent des espèces d’herbages semées (Hartley et Williams, 1956).  Les graminées indigènes d’Afrique de l’Est sont remarquables par leur rendement et leur qualité, comparées à celles des autres régions tropicales et subtropicales du monde, et ont fait preuve de leur facilité d’adaptation dans de nombreux autres pays subtropicaux, dans des conditions écologiques diverses.  Le travail de pionnier dans la recherche sur les pâturages naturels au Kenya a commencé en 1927, lors d’une étude botanique couvrant l’intégralité du pays et ayant mené à sa subdivision en huit régions, en fonction des types de végétation naturelle rencontrée.  Cela a constitué une base pour le développement agricole, non seulement pour les pâturages mais aussi pour les principales cultures (Edwards, 1940).  Les régions à fortes précipitations furent indiquées comme aptes à la production intensive si l’on employait les espèces d’herbages adaptées, tandis que les régions à faibles précipitations, en moyenne et basse altitudes, furent recommandées pour l’élevage extensif et l’exploitation des parcours naturels.

Depuis 1951, des progrès rapides ont été faits dans la collecte du fourrage et l’introduction de graminées  et de légumineuses fourragères.  Dans les années 70,  la recherche pastorale tendait à conserver de l’intérêt pour les graminées ley et pour la collecte de germoplasme. A la fin des années 70 et au début des années 80, on mit davantage l’accent sur une recherche efficace pour répondre aux besoins des petits éleveurs, dans les zones à potentiel élevé et moyen comme dans les zones agraires marginales. La richesse des espèces herbagères collectées (594 types) au Kenya offrit un excellent point de départ pour la sélection de certaines espèces et pour l’accès à de meilleures variétés. C’est ainsi que, dans l’espèce Chloris gayana, Elmba rhodes fut sélectionnée à partir de Mbarara rhodes, et Boma rhodes fut sélectionnée à partir de Masaba rhodes; dans l’espèce Setaria sphacelataNasiwa setaria fut sélectionnée à partir de Nandi setaria; et dans celle de Pennisetum purpureum, Clone 13 fut sélectionné à partir de type du Cameroun français. 

Dans le cadre du Projet sur la collecte et l’évaluation des fourrages, mis en œuvre au Kenya par la FAO (1974-1987), 202 graminées et 164 légumineuses furent identifiées à travers les diverses régions du pays. Parmi les espèces de graminées inventoriées, on peut citer les suivantes: Panicum maximum, Cenchrus ciliaris, Chloris gayana, Digitaria milanjiana, Enteropogon macrostachyus, Cynodon dactylon, Eragrostis superba, Leptochloa obtusifolia et Setaria sphacelata.  Parmi les espèces de légumineuses, on peut, entre autres, citer les suivantes: Glycine wightii, Clitoria ternatea, Crotalaria spp., Lablab purpureus, Rhynchosia spp. et Stylosanthes guianensis. On identifia aussi des arbres fourragers et des plantes herbacées non- légumineuses « forbs » prometteurs. Le projet permit aussi d’introduire de l’étranger des matériaux de fourrage utiles, avec deux objectifs essentiels: introduire des fourrages d’origine exotique prometteurs; réintroduire des types de fourrage à l’origine issus du Kenya et améliorés ailleurs, donnant lieu à des types de qualité supérieure. Au total, 93 types de graminées furent introduits ou réintroduits, un accent particulier étant mis sur certains:Cenchrus ciliaris et Panicum maximum, pour l’amélioration des parcours; Festuca arundinacea, Lolium multiflorum, L. perenne, Phalaris arundinacea et Sorghum spp., pour l’amélioration du fourrage dans les régions en haute altitude. Au total, 188 espèces de légumineuses furent aussi introduites, principalement les suivantes: Stylosanthes guianensis, S. humilis, S. scabra, Medicago sativa, Glycine wightii, Lablab purpureus, Trifolium pratense et T. repens.  Les cultures fourragères (graminées et légumineuses) introduites provenaient pour l’essentiel d’Amérique du Nord et du Sud et d’Australie (Ibrahim, 1988).  Ces fourrages furent testés et évalués dans diverses zones agro-écologiques du Kenya et il fut recommandé que les plus prometteurs soient cultivés dans les régions concernées. Des échantillons de semences de la plupart des fourrages identifiés et évalués ont été mis en dépôt à la Banque nationale des gènes (National Gene Bank) de Muguga en vue d’un usage futur.

5.2  La région froide et humide en haute altitude

Il s’agit d’une zone relativement restreinte, située à une altitude allant de 2400 à 2500 m.  Les précipitations annuelles sont supérieures à 1200 mm quatre années sur cinq, et il arrive occasionnellement qu’il gèle. Cette zone recouvre Mau Narok dans la Vallée du Rift, le haut des collines Cherangani et du mont Elgon dans l’ouest du Kenya, et le haut de Nyandarua, Nyeri, Kiambu et Aberdare Range dans le centre. Une grande partie du mont Kenya tombant dans cette zone est boisée.  La plus grande partie de cette zone était auparavant occupée par des colons européens;  des exploitations mixtes avec bovins laitiers améliorés, ovins, blé et pyrèthre sont bien implantées.  Là où la forêt a été déboisée, les herbages qui se sont constitués comprennent  essentiellement :  kikouyou (Pennisetum clandestinum) et themeda (Themeda triandra), en association naturelle avec des trèfles tels que le trèfle violet kenyan (Trifolium burchellianum), le trèfle blanc kenyan (T. semipilosum) et le trèfle blanc de Louisiane (T. repens). La recherche sur le pâturages en haute altitude mit l’accent sur des espèces exotiques en provenance de pays tempérés.  Alors que Dactylis glomerata, le raigras (Lolium perenne), la grande fétuque (Festuca arundinaceae) et le trèfle étaient apparus comme prometteurs, ils ont tous une durée de vie courte et, deux à trois ans après leur plantation, le kikouyou les supplante habituellement. En outre, les semences se reproduisent mal au Kenya, ce qui oblige à en importer la plupart.  Parmi les autres fourrages utilisés, on trouve l’avoine (Avena sativa), le chou fourrager (Brassicas), la betterave fourragère et le navet. 

5.3  La région fraîche et humide en altitude moyenne 

Cette région se trouve de 1800 à 2400 m d’altitude  et est caractérisée par de fortes précipitations, supérieures à 1000 mm par an quatre années sur cinq. Cette zone comprend les districts de Trans Nzoia, Nandi, Kericho, Kisii et Narok dans l’ouest du Kenya, et ceux de Nyandarua, Nyeri, Kirinyanga, Muranga, Embu, Meru et le haut de Kiambu dans le centre. La majorité des effectifs laitiers sont concentrés dans cette zone. S’agissant d’exploitations mixtes (bovins laitiers associés à maïs, café, thé et pyrèthre), ces zones pourraient être auto-suffisantes pour ce qui est de la production de pâturages, fourrage, légumineuses et aliments complémentaires. La flore naturelle contient un grand nombre d’espèce utiles au pâturage telles que Setaria sphacelata, Kikuyu, Themeda, Glycine javanica, trèfle blanc du Kenya et trèfle violet du Kenya.  Deux espèces font déjà l’objet de commercialisation,  Nandi setaria, en provenance du district de Baraton Nandi, et le trèfle blanc du Kenya, introduit de Kabete dans le district de Kiambu.  Ces deux espèces ont se comportent mieux au-dessus de 2000 m mais, en-dessous, les variétés d’herbe de Rhodes (Chloris gayana) - Boma, Elmba, Masaba, Mbarara – et Desmodium spp. poussent bien.  Parmi les autres graminées recommandées, on trouve les variétés de Setaria Nandi et Nasiwa, Panicum coloratum, Cynodon plectostachyus, des molasses (Melinis minutiflora), le kikuyu, et Brachiaria brizantha. Il a aussi été montré que le trèfle blanc de Louisiane pousse bien dans cette région. Parmi les espèces de fourrage utiles, il y a les suivantes: napier (Pennisetum purpureum), Setaria géant (Setaria splendida), Panicum géant (Panicum maximum), herbe du Guatemala (Tripsacum laxum), sudan grass (Sorghum sudanense), Sorghum almum, maïs (Zea mays), avoine (Avena sativa), patate douce (Ipomea batatas) et Canna (Cana edulis). Les légumineuses utilisables comprennent la luzerne (Medicago sativa), Stylosanthes guianensis, Lablab purpureus, le lupin (Lupinus albus),  Stizolobium spp. et la vesce (Vicia spp.).

5.4  La région chaude et humide en altitude moyenne

C’est la région à plus haut potentiel pour le développement de l’élevage laitier.  Elle se caractérise par des précipitations annuelles supérieures à 1 000 mm quatre années sur cinq, et pouvant atteindre 2 500 mm.  Il y a deux périodes pluvieuses par an dans l’ouest, l’est et le centre du Kenya, et une longue et unique saison des pluies dans les zones à l’ouest de la Vallée du Rift.  Cette région comprend les zones le plus densément peuplées telles que les districts de Taita Hills, Meru, Embu, Kirinyanga, Muranga, Kiambu et Nyeri, dans l’est et le centre du Kenya. Dans l’ouest du pays, cette zone recouvre les districts de Bungoma, Kakamega, Busia, Siaya, Kisumu et Kisii et le sud de celui de Nyanza.

Malgré les pluies abondantes et fiables, les bons sols et la forte densité de population, la productivité des cultures et de l’élevage est en-dessous de son potentiel dans certaines parties de cette zone. Des cultures telles que le maïs, le sorgho, le  mil, le manioc, les haricots, et d’autres, ont des rendements faibles, et la production laitière provient essentiellement des zébus, dont les capacités de production sont bien inférieures à celles du bétail de race améliorée exotique.  Ainsi, le défi consiste à introduire, simultanément, des espèces pastorales productives et de bonne qualité, et des races laitières à rendement potentiellement élevé, de façon à exploiter pleinement les fourrages améliorés (prairies artificielles). Il faut aussi mettre l’accent sur des mesures strictes de lutte contre les maladies bovines.

Au sein de la flore indigène, les genres utiles de graminées et légumineuses fourragères  sont les suivants: Setaria, Chloris, Cynodon, Paspalum, Brachiaria, Hyparrhenia, Themeda, Echnochloa, Entolasia, Glycine, Lotononis et Alysicarpus.  Pour les prairies artificielles, il a été observé que des mélanges de variétés d’herbe de Rhodes (Pokot, Masaba, Mbarara, Boma Elmba) et de variétés de Setaria (Nasiwa et Nandi) avec des plantes telles que Desmodium à feuille verte (Desmodium intortum) et Desmodium à feuille argentée (Desmodium uncinatum), Glycine javanica, Neonotonia wightii, Stylosanthes guianensis et Lablab purpureus, forment un excellent composé pour la pâture. D’autres espèces telles que molasses grass, herbe de Guinée, herbe de Guinée colorée et chiendent ont aussi été recommandées pour cette zone. Parmi les cultures fourragères recommandées, on peut citer les noms suivants: napier, Setaria géant, Panicum géant, herbe du Guatemala, sudan grass, columbus grass, patate douce et les légumineuses arbustives telles que Leucaena spp., Calliandra calothyrsus, Sesbania sesban; elles sont employées en produit de fauche frais pour la stabulation. 

5.5  La région chaude et sèche en moyenne altitude

Cette zone a les mêmes probabilités de précipitations (entre 500 et 760 mm) que l’arrière-pays côtier très chaud et sec, mais le climat y est modifié par la distance de la mer et l’altitude, qui va de 1000 à 1800 m.  Cette région comprend les terres cultivables des districts de Kitui et Machakos, les zones sèches du bas du Meru, Embu, Kirinyaga et Isiolo dans le centre du Kenya et deux petites poches sèches de terre cultivable dans l’ouest (les zones de Homabay, dans le sud du Nyanza, et du Uyoma, dans le district de Siaya). Le centre du Kenya  connaît deux saisons effectives de précipitations par an, tandis que l’ouest n’a qu’une seule saison des pluies annuelles. Parmi les légumineuses utiles de la région, on peut citer Stylosanthes spp., Glycine javanica et Lotononis spp, et parmi les graminées utiles, Panicum maximum, herbe de Rhodes et Cenchrus ciliaris. Les variétés adaptées à la commercialisation sont l’herbe de Guinée, provenant du Makueni et introduite dans le district de Machakos en raison de sa résistance à la sécheresse et du bon rendement des semences, et la Glycine javanica.

5.6  L’arrière-pays côtier très chaud et sec

Cette région s’étend vers l’intérieur, à partir de la bande côtière humide, dans la moitié sud, tandis qu’elle inclut la côte dans le nord. Dans le sud-ouest, la région pénètre davantage à l’intérieur, jusqu’à une ceinture entourant Taita Taveta. Cette portion de territoire présente de légères différences, du fait de son éloignement par rapport à la mer. Les précipitations moyennes annuelles de cette région se situent entre 500 et 750 mm. L’altitude va du niveau de la mer à 1000 m. Bien qu’il y ait un certain nombre de cultures, cette zone est trop sèche pour permettre des rendements élevés et les herbages de basse qualité ne sont pas aptes à alimenter des vaches de race très productives. La région est mieux adaptée à la production de viande qu’à celle de produits laitiers. Les herbes de Guinée provenant du Likoni et du Makueni, combinées à Siratro sur la côte et à Stylosanthes guianensis à l’intérieur des terres, constituent les meilleurs fourrages. L’herbe de Rhodes provenant du Tosi a été introduite et apparaît prometteuse. Les plantes de Glycine javanica, Stylosanthes mucronata, Panicum spp. et Eragrostis spp. sont bien acclimatées à cette zone. 

5.7  La bande côtière très chaude et humide

La bande côtière fait environ 16 km de large et est parallèle à la côte de Vanga à Malindi. La région comprend des portions des districts de Kilifi et Kwale, dans la Province de la côte. Les précipitations annuelles, réparties sur deux saisons, vont de 760 à 1270 mm. Plus loin vers le nord-est, la bande est légèrement plus sèche. Les collines de Shimba  Hills, dans le district de Kwale, sont les seules terres surélevées, parvenant jusqu’à 150 m d’altitude. Les activités agricoles principales sont les cultures arboricoles (noix de coco, noix de cajou et mangue) et, dans cette région, le développement pastoral est étroitement lié à ces cultures. Les cocotiers, prédominants, sont probablement les plus à même de favoriser l’épanouissement de graminées et légumineuses, de par l’ombre large qu’ils dispensent. Bien que cette région soit très chaude et humide tout au long de l’année, les vaches laitières de race très productive peuvent néanmoins y prospérer, à condition que les maladies animales soient bien contrôlées et qu’un niveau nutritionnel élevé soit maintenu. Des espèces de Stylosanthes, Vigna et Glycine poussent naturellement. Une variété d’herbe de Guinée (Panicum maximum) qui s’est développée est née dans la zone du Likoni (Likoni guinea). Le Macroptilium atropurpureum (cv. Siratro), originaire d’Amérique centrale et élevée en Australie, semble être prometteuse dans cette région. Des fourrages à haut rendement tels que napier, Leucaena et Calliandra poussent aussi ici et peuvent être employés par les petits éleveurs.

5.8  Les parcours semi-arides et arides

Ces zones recouvrent environ 80 pour cent de la superficie des terres et sont occupées par environ 20 pour cent de la population du Kenya.  Elles se trouvent dans les zones agro-climatiques IV, V, VI et ont des précipitations moyennes de l’ordre de 300 à 800 mm par an. Les parcours sont en outre caractérisées par un faible couvert végétal, des sols fragiles, des températures élevées et de fréquentes tempêtes de vent. Les cultures sont très limitées mais les parcours abritent bovins, ovins, caprins et camelins.  On estime aussi qu’environ 50 pour cent de la faune sauvage situés hors des parcs nationaux se trouvent dans ces régions. Les ressources pastorales peuvent être développées de diverses façons; on peut notamment: (a) améliorer la répartition des points d’eau et réduire le surpâturage; (b) augmenter la production primaire en intensifiant l’exploitation de la terre, en ressemant les parcours dénudés et en conservant le fourrage; (c) équilibrer les effectifs du bétail et les ressources alimentaires disponibles. Parmi les espèces d’herbage acclimatées et courantes dans les parcours kenyanes, on peut citer les suivantes: Themeda triandra, Sporobolus fimbriatus, Cenchrus ciliaris, Digitaria mlanjiana, Digitaria abyssinica, Eragrostis superba, Eragrostis cilianensis, Eustachyus paspaloides, Aristida adscensionis, Aristida kenyeansis, Panicum maximum, Cynodon spp., Bothriochloa insculpta, Heteropogon contortus, et d’autres encore.  Parmi les légumineuses acclimatées, citons les suivantes: Stylosanthes scabra, Macrotyloma axillare, Leucaena leucocephala et Acacia spp.  Cette zone comprend les franges marginales à l’ouest du Pokot et des portions de Marakwet, Keiyo, Baringo et Kajiado.


6. PRODUCTION DE SEMENCES FOURRAGÈRES

Le Kenya dispose d’une entreprise de semences bien établie, Kenya Seed Company (KSC), qui produit des semences cultivées par les fermiers contractants et importe aussi des semences de légumineuses, essentiellement d’Australie, dont les agriculteurs kenyans ont besoin. Environ 47 000 kg de semences fourragères ont été produits en 1997, 75 000 kg en 1996 et 86 000 kg en 1995 (tableau 3). Les semences de légumineuses importées sont principalement la luzerne (Medicago sativa), Sylosanthes guianensis et Desmodium (Desmodium intortum et  D. uncinatum). En 1997 par exemple, KSC a importé 2400 kg de luzerne et 2000 kg de semences de stylo d’Australie. La plupart des semences produites sont utilisées localement pour développer les pâturages dans le pays.  Seule une petite fraction est exportée. Ainsi, en 1997, KSC a exporté 1000 kg d’herbe de Rhodes en Ouganda. Des semences ont aussi été exportées dans les Emirats arabes unis  (Nyanjong, 1998). Le gouvernement kenyan a la responsabilité de développer des semences de reproduction par l’intermédiaire de ses centres de recherche et de les fournir aux sociétés productrices de semences, dont KSC. Une institution à part, le service d’inspection de santé des plantes (Kenya Plant Health Inspectorate Services: KEPHIS), est chargé d’inspecter les semences et de s’assurer que leur qualité est conforme aux normes internationales. Les centres de recherche nationaux préposés aux pâturages et aux fourrages (KARI) produisent aussi bien des semences pastorales que du matériel végétal pour la recherche sur site et pour être distribués aux fermiers.  Les centres de recherche pastoraux récoltent des semences fourragères dans le but de ressemer les parcours dénudées. D’autres organisations internationales telles que le International Council for Research in Agroforestry (ICRAF) s’appliquent aussi à développer fourrages et légumineuses appropriés, et font en sorte de mettre les semences à la portée des cultivateurs. Plusieurs facteurs ont concouru au développement de l’industrie de la semence au Kenya, en particulier: (a) l’établissement de centres de recherche gouvernementaux chargés de fournir des semences souches et de reproduction et d’assurer la conservation des caractères de distinction, uniformité et stabilité (DUS) de la semence; (b) le nombre croissant de variétés disponibles à partir de ces centres de recherche; (c) la mise en place d’une certification des semences et d’un programme d’application de la loi sur les semences de la part des services nationaux de contrôle de qualité des semences (National Seed Quality Control Services: NSQCS) –le prédécesseur du KEPHIS; (d) le développement des technologies de nettoyage, traitement et conditionnement des semences; (e) une meilleure connaissance de la qualité des semences; (f) l’émergence du producteur de semences en tant que producteur spécialisé.

Tableau 3. Semences (kg) et superficies (ha) des semences fourragères produites
par les agriculteurs sous contrat avec Kenya Seed Company

ANNÉE

1997

1996

1995

1994

ESPÈCES GRAMINÉENNES

Production

Superficie

Prod.

Sup.

Prod.

Sup.

Prod.

Sup.

Rhodes  (Chloris gayana

Var. Boma Rhodes

22 773

535

67 178

864

38 314

423

30 913

690

Var. Elmba rhodes

8 134

80

3 735

38

8 030

179

19 533

530

Var. Mbarara rhodes

-

-

-

-

4 858

70

7 239

159

Var. Pokot rhodes

568

4

1 068

8

-

-

-

-

Setaria (Setaria sphacelata

Var. Nandi setaria

1 649

20

-

-

3 288

35

1 512

93

Var. Nasiwa setaria

-

-

953

20

-

-

-

-

Congo signal (Brachiaria brizantha)

600

16

620

16

-

-

162

5

Guinée colorée (Panicum coloratum)

1 048

40

1 286

40

228

14

2 540

50

Columbus  (Sorghum almum)

4 000

10

-

-

8 159

6

-

-

Soudan  (Sorghum sudanense)

8 000

20

-

-

22 760

32

-

-

Total

46 772

724,4

74 840

986

85 637

759

61 899

1 527

Source: Nyanjong' (1998)

Les semences fourragères sont habituellement produites dans des zones où elles sont le mieux adaptées. Dans ces zones, on obtient des rendements plus élevés des semences, et les variétés sont moins susceptibles de subir une déviation génétique due à des pressions environnementales diverses telles que la température, le type de sol, le régime des précipitations et l’altitude. KSC produit des semences fourragères qui s’adaptent largement et peuvent être vendues dans tout le pays, voire exportées. L’entreprise ne produit pas d’espèces se propageant autrement que par les semences telles que napier, herbe du Guatemala, patate douce, canna, Setaria géante, et Panicum géant. Ces plantes sont en général produites dans les centres de recherche gouvernementaux ou dans les centres de formation des agriculteurs.  Les semences fourragères spécifiques à une zone ou un territoire et qui ne sont pas communément utilisées par les cultivateurs sont en général fournies par les centres de recherche. Les petits exploitants produisent de plus en plus de semences fourragères, pour leur propre usage et pour les vendre à leur voisinage. Les centres de recherche mènent des activités sur site dans les exploitations et forment les agriculteurs en production et commercialisation des  graminées, légumineuses et semences fourragères.


7. AMÉLIORATION DES RESSOURCES PASTORALES

Un certain nombre d’éléments importants de l’environnement kenyan contribuent à promouvoir les programmes d’amélioration des ressources pastorales, notamment:

  • Le Gouvernement kenyan et les bailleurs de fonds veulent soutenir pleinement les projets agricoles qui mettent l’accent sur l’allègement de la pauvreté et la production agricole durable, dans le respect de la protection de l’environnement et la conservation des ressources naturelles. L’amélioration des ressources pastorales apparaît significative et de nombreux bailleurs de fonds  sont impliqués dans son financement. 
  • Il existe une infrastructure de recherche de base. L’institut de recherche agricole kenyan, le Kenya Agricultural Research Institute (KARI), institué par décret, a pour mandat la recherche en matière agricole. Le KARI est constitué de divers centres de recherche disséminés à travers le Kenya. La plupart d’entre eux sont bien équipés et disposent du personnel et des ressources nécessaires pour mener à bien les travaux de recherche pastorale, aussi bien dans les stations de recherche que chez les agriculteurs.
  • Le Kenya a un système de vulgarisation agricole bien organisé, opérationnel des niveaux national et provincial à ceux du district, de la circonscription et de l’exploitation. Il y a de nombreux centres de formation pour agriculteurs, les Farmer Training Centres (FTC), répartis dans diverses zones du Kenya; les agriculteurs y sont formés sur des questions agricoles variées, notamment l’amélioration des ressources pastorales. Il y a aussi des institutions d’enseignement agricole  qui fournissent des cycles de formation pour cadres du Ministère de l’agriculture sur diverses technologies. Une grande partie du personnel affecté à la recherche ou à la vulgarisation a été familiarisée avec l’approche par systèmes d’exploitation appliquée à la recherche, à la vulgarisation et à la formation  (Farming Systems Approach to Research, Extension and Training : FSA-RET), adoptée par le KARI pour mener de la recherche appliquée. Tous les bailleurs de fonds soutenant la recherche agricole concordent avec le KARI quant à la nécessité d’améliorer les activités de recherche en suivant la méthodologie FSA-RET.
  • Les réseaux internationaux aussi sont bien implantés au Kenya. Le KARI est bien connecté au réseau des organisations internationales de recherche agricole, comme le montrent les nombreuses activités de recherche menées en collaboration, notamment en matière pastorale. Il y a aussi de nombreux autres collaborateurs potentiels concernés par le développement pastoral et la dissémination des technologies afférentes au niveau de base de l’exploitation. Organisations non gouvernementales (ONG), groupements d’agriculteurs, universités, etc., tous manifestent leur désir de contribuer à la recherche sur site de façon à répondre aux questions de développement prioritaires. 
  • Des technologies pertinentes pour l’amélioration des ressources pastorales ont été développées et sont à la disposition des exploitants, que ceux-ci travaillent à petite, moyenne ou grande échelle. Des graminées, légumineuses et semences fourragères prometteuses, visant à l’amélioration pastorale, sont disponibles dans diverses zones agro-écologiques. Il existe divers modes de gestion et d’utilisation de ces dernières (Orodho, 1983). Des percées remarquables ont aussi été faites dans les domaines de la nutrition animale, de la gestion de l’élevage, du contrôle des maladies, des pratiques d’insémination artificielle et de la reproduction améliorée du bétail. 
  • Il est possible d’améliorer les pâturages en accroissant la diversité des plantes, grâce à l’introduction de germoplasme et à l’hybridation de variétés et espèces déjà présentes. Un grand nombre d’espèces de graminées, légumineuses et fourrages ont été identifiées et introduites au Kenya au cours des années. La plus grande partie de ce germoplasme fourrager  est conservée à la Banque nationale des gènes (National Gene Bank).
  • Les producteurs kenyans sont avides de nouvelles idées et technologies. Il existe un marché pour des innovations agricoles centrées sur le client. Le désir d’apprendre et de participer aux tests sur site manifesté par les producteurs montre combien ils sont intéressés à contribuer au développement et à la diffusion des nouvelles technologies d’amélioration pastorale.  
  • Il est possible d’améliorer encore les techniques de production de semences fourragères. Des semences fourragères susceptibles d’améliorer les ressources pastorales sont d’ores et déjà disponibles. En effet, KSC importe, produit et distribue les semences de graminées et légumineuses requises par les éleveurs.

8. ORGANISMES DE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT IMPLIQUÉS DANS LE PASTORALISME

Le Gouvernement kenyan reconnaît l’importance de la recherche agricole pour atteindre les objectifs de la politique nationale en matière d’alimentation (National Food Policy Objectives) , laquelle vise, au moins, à l’autosuffisance en terme de production alimentaire. Le KARI a été institué avec une mission et des objectifs spécifiques. Sous l’égide du Ministère de la recherche (Ministry of Research), le KARI Technical Training and Technology a son siège à  Nairobi; plusieurs Centres nationaux de recherche agricole (National Agricultural Research Centres: NARC) et Centres de recherche régionaux (Regional Research Centres: RRC) sont disséminés à travers le pays. Les NARC s’occupent des questions de produits et de facteurs de production, tandis que les RRC s’attachent à identifier et analyser les problèmes de production dans les diverses zones agro-écologiques, et à adapter les technologies visant à augmenter la production au niveau de l’exploitation.

La recherche sur la production animale et les pâturages est menée par les divers NARC et RRC, y compris par ceux traitant plus spécifiquement de la recherche sur les parcours et de l’amélioration des terres arides. Tandis que la plus grande partie de la recherche pastorale relève du KARI, certains travaux de recherche circonscrits sur l’élevage et les pâturages sont menés en collaboration avec des organisations internationales telles que l’International Livestock Research Institute (ILRI), des universités et des ONG intéressées par le développement pastoral. Le KARI a le soutien de divers bailleurs de fonds qui fournissent les financements nécessaires et l’assistance technique. Des bailleurs de fonds tels que DFID, USAID, SIDA, GTZ, Fondation Rockfeller, Pays-Bas, Ue, FAO/UNDP, Banque mondiale, etc., financent la recherche et les projets de développement visant à l’amélioration des ressources pastorales du Kenya.  Le Ministère de l’agriculture et du développement et de la commercialisation de l’élevage (Ministry of Agriculture, Livestock Development and Marketing:MALDM) est chargé de transmettre aux exploitants des technologies développées. Sur la base d’un  Memorandum of Understanding, le KARI travaille avec le MALDM à promouvoir de la recherche sur site en collaboration avec les producteurs.

Voici une liste de quelques membres du personnel du KARI s’occupant de recherche sur les pâturages et les fourrages dans divers NARC et RRC, et au siège du KARI:

RRC, Kakamega: Dr. A.B. Orodho, M. J. Wanambacha - Forage Agronomes; Dr. K. Otieno - Animal Nutritionist; M. D.K. Rotich - Animal Physiologist; Dr. A. Linyonyi - Vétérinaire.

NARC, Kitale: Dr. F.N. Muyekho, Dr. J.L. Wandera, M. C.M. Lusweti et M. J. Nandasaba - Forage Agronomes ; M. E. Nyambati - Animal Nutritionist; Dr. G. Mulira - Vétérinaire; M. C. Kute - Forage Breeder.

RRC, Kisii: M. D.M. Mbugua - Animal Nutritionist; M. J. Odongo - Forage Breeder; M. Ogidi - Vétérinaire.

RRC, Embu: M. E. Kiruiro, M. J.N. Kang'ara - Animal Nutritionists; M. G. Karanja , M. Z. Nyaata - Forage Agronomes.

NARC, Muguga: Dr. F.N. Lusweti, M. J. Methu, M. N. Odongo, Mme I.A. Sanda - Animal Nutritionists; M. D.M. Mwangi - Forage Agronome.

RRC, Mtwapa: Dr. Muinga - Animal Nutritionist; M. M. Njunie, M. Ali Ramadhan - Forage Agronomes; Dr. D.M. Mwamachi - Animal Health Scientist.

NDFRC, Katumani: Dr. F.P. Wandera, M. N. Njarui - Forage Agronomes; Dr. Bauni, MmeWanyama - Animal Nutritionists.

NAHRC, Naivasha: Dr. T.A. Onyango, MmeJ.W. Kiragu, M. J.N. Kariuki, M. J.M. Muia, Dr. Kaitho - Animal Nutritionists; Dr. I. Lokwaleput - Reproductive Physiologist; Dr. S.N. Sinket, Dr. Muhuyi - Animal Breeders; Dr. D.N. Siamba - Animal Health Scientist.

NRRC, Kiboko: M. Mnene , M. J.K. Mworia, M. Mbakaya - Range Ecologists.

NSARC, Marsabit: M. Ndathi, Dr. B. Woie - Range Ecologists.

KARI Headquarters: Drs. A.N. Abate, E.A. Mukisira, F. Mwendia, et H.K. Cheruiyot.

Kenya Seed Company: M. Albert Nyanjong’, P.O. Box 553, Kitale.

Public Universities: (par exemple, Université de Nairobi), Dr. Levi Akundabweni.

International Organizations: par exemple, International Livestock Research Institute (ILRI), Dr. J. Ndikumana.


9. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Abate (1992). Analysis of the Kenyan Dairy Industry in the Last Decade. Constraints and Options. In: Proceedings of a Workshop on Priority Setting in Dairy Cattle Research, held at the National Agricultural Research Centre (NARC), Muguga, Kenya, 4 - 9 Mai, 1992.

Anon. (1991). Republic of Kenya Economic Survey. Central Bureau of Statistics, Ministry of Planning and National Development, Nairobi, Kenya.

Edwards, D.C. (1940). A Vegetation Map of Kenya with Particular Reference to Grassland Types. Journal of Ecology, 28, 377 - 385.

Hartley, W. et R.J. Williams (1956). Centres of distribution of cultivated pasture species and their significance for plant introduction. In: Proceedings of the 7th International Grassland Congress. Palmerston-North. pp 190 -201.

Ibrahim, K.M. (1988). Forage Plant Collection and Introduction 1974-1987. UNDP/FAO, EN/84/007, National Agricultural Research Station, 290 pp.

MALD&M (1993). Ministry of Agriculture, Livestock Development and Marketing, Animal Production Division, Rapport annuel 1993.

MALDM (1990). Ministry of Livestock Development, Rapport annuel 1990.

MALDM (1993). Ministry of Agriculture, Livestock Development and Marketing, Animal Production Division, Rapport annuel 1993.

Nyanjong’, A. (1998). Personal Communication on Seed Production by Kenya Seed Company. Kenya Seed Company, P.O. Box 553, Kitale.

Ojang, F.F. et Ogendo, R.B. (1973). A Study in Physical and Human Geography. Longman Kenya, 228 pp.

Orodho, A.B.(1983). Pasture Research in Kenya. National Agricultural Research Station, Box 450, Kitale, Kenya.

Peeler, E.J. et Omore, A.O. (1997). A Manual of Livestock Production Systems. In: Kenya. 2nd Ed. KARI/DFID National Agricultural Research Project II, National Veterinary Research Centre.

Roderick, S. (1995). Pastoralist cattle productivity in tsetse infested areas of south western Kenya. PhD Thesis Dept. of Agric. and Vet. Epidemiology and Economic Research Unit, Université de Reading, Royaume-Uni.

Rok, (1997). Republic of Kenya. National Development Plan 1997 - 2001. Government Printers.

Sombroek, W.C., Braun, H.M.H. et van der Pour, B.J.A. (1982). Explanatory Soil Map and Agro-climatic Zone Map of Kenya. Report E1. National Agricultural Laboratories, Soil Survey Unit, Nairobi, Kenya, 56 pp.

World Bank (1986). Kenya Animal Health Services Project Appraisal Report, Washington. 


10. CONTACTS

L’auteur de ce profil était auparavant directeur du Centre régional de recherche du KARI de Kakamega, dans l’ouest du Kenya, et maître de conférences à temps partiel auprès du Department of Range Management, à la Faculté d’agriculture et de production animale de l’Université de Nairobi. Il est récemment parti à la retraite mais poursuit ses recherches sur la maladie de croissance du napier.

L’auteur sera responsable de la mise à jour de ce profil. Il sera assisté dans cette tâche par le Dr. F.N. Muyekho, actuellement coordinateur de la recherche sur les pâturages initialement basée auprès du centre NARC de Kitale. Pour d’ultérieures informations, contacter:

Dr. Apollo Bwonya Orodho
P.O. 1667
Kitale, Kenya
Courriel: aborodho@yahoo.com

Dr. F.N. Muyekho, National Pasture Co-ordinator, 
ICIPE
Mbita Point Field Station
P.O. Box 30
Mbita, Kenya
Courriel:GEF-Grass@mbita.mimcom.net>

 

[Le profil a été traduit en francais por Anouchka Lazarev]