Programme de la FAO pour l'hHorticulture urbaine et périurbaine
L'approche de la FAO
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Des microjardins pour une meilleure sécurité alimentaire et nutritionnelle

La culture de légumes feuillus, de tubercules et d'herbes aromatiques dans de simples récipients aide les familles à faible revenu à répondre à leurs besoins quotidiens en produits frais et nutritifs.

Afin d'améliorer l'approvisionnement en produits horticoles des villes des pays en développement, la FAO encourage une intensification durable de la culture maraîchère commerciale dans les périphéries urbaines. Dans les zones densément peuplées, l'Organisation a mis en oeuvre une stratégie complémentaire: aider les ménages à faible revenu à améliorer leur sécurité alimentaire et nutritionnelle en cultivant leurs propres légumes dans des microjardins.

Le «microjardinage» consiste à pratiquer la culture intensive d'une grande variété de légumes, racines, tubercules et herbes aromatiques dans des espaces restreints - balcons, patios, terrasses. Les habitants des villes cultivent depuis longtemps des légumes dans leur arrière-cour. Le microjardinage fait appel, en plus, à toutes sortes de récipients: caisses en bois tapissées de plastique, tables spécialement conçues pour le jardinage, voire vieux pneus de voiture. Il associe les techniques de production horticole à des technologies respectueuses de l'environnement et adaptées au milieu urbain, telles que la collecte des eaux de pluie et le recyclage des déchets ménagers.

Les microjardins permettent aux familles à faible revenu de couvrir leurs besoins en vitamines, minéraux et protéines végétales en leur donnant directement accès, chaque jour, à des légumes frais et nutritifs. La vente d'un petit surplus de production constitue également pour ces familles une source de revenu supplémentaire.

Hautement productifs

Les microjardins sont hautement productifs et peuvent être facilement cultivés par tous - femmes, hommes, enfants, personnes âgées ou handicapées. Les études réalisées par la FAO montrent qu’un mètre carré de microjardin peut donner, au choix:

  • environ 200 tomates (30 kg) par an;
  • 36 laitues tous les 60 jours;
  • 10 choux tous les 90 jours;
  • 100 oignons tous les 120 jours.

En l'absence de terrain, les légumes peuvent être semés dans un récipient rempli de terre ou d'un «substrat» fabriqué à partir de produits locaux tels que coques d'arachides, fibre de noix de coco, balle de riz, sable grossier ou latérite. Si aucun substrat n'est disponible, il reste une solution: cultiver les légumes en les faisant flotter sur de l'eau enrichie en engrais solubles.

Un espace d'un mètre carré suffit à l'installation d'un microjardin. Ses besoins en eau sont modestes, ce qui est un facteur important dans les villes des pays en développement, où l'eau de bonne qualité est souvent rare et onéreuse. En une année, un mètre carré de microjardin consomme environ 1 000 litres d'eau, soit moins de trois litres par jour. Afin d'assurer un arrosage régulier des microjardins, on peut installer un système de gouttières et de canalisations qui permet de drainer l'eau et de la stocker. L'eau de pluie est pratiquement gratuite (une fois réalisé l'investissement nécessaire à sa collecte) et généralement de bonne qualité. Sur un toit de vingt mètres carrés et pour 100 mm de pluie tombée, il est possible de recueillir 2 000 litres d'eau, ce qui est suffisant pour la culture d'un microjardin de deux mètres carrés pendant toute une année.

Entretenir le rendement des microjardins est également relativement simple. Ils peuvent être fertilisés régulièrement et sans frais grâce au compostage des déchets ménagers. La protection contre les nuisibles est assurée par des moyens non chimiques, par exemple en installant des pièges collants colorés ou des moustiquaires, ou encore en associant aux légumes, en culture intercalaire, des herbes comme le basilic, le persil et la menthe qui repoussent naturellement les insectes.

Avec l'aide de la FAO, les gouvernements et les municipalités ont lancé avec succès des programmes de microjardinage dans plusieurs pays d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud. À Caracas, l'un de ces programmes a permis d'aider 10 000 familles des barrios pauvres de la ville à cultiver des légumes feuillus, des choux, des potirons, des tomates et des aubergines dans des microjardins. Plus récemment, les microjardins urbains ont été introduits dans plusieurs pays africains dont le Gabon, la Namibie, le Niger, le Sénégal et le Rwanda.

La FAO a constaté que les familles à faible revenu apprenaient très rapidement à maîtriser la technique des microjardins. Ces petits jardins sont particulièrement populaires auprès des femmes, qui vendent l'excédent de leur production pour améliorer le quotidien de leur famille. Des études réalisées au Sénégal ont montré que 35 pour cent de la production étaient conservés pour la consommation familiale, et que le reste était vendu. Le revenu moyen généré par un microjardin familial de dix mètres carrés se situe entre 15 USD et 30 USD par mois.

Pour qu'un programme de microjardinage soit fructueux, il faut dès le départ mettre sur pied un centre de démonstration et de formation et déterminer quels sont les intrants disponibles localement. La création d'un bureau d'aide technique local, la participation active des acteurs du secteur privé et la mise en place de partenariats entre les ONG et les associations de jardinage communautaire contribuent elles aussi à la durabilité des programmes de microjardinage.

Télécharger Des microjardins pour une meilleure sécurité alimentaire et nutritionnelle (FAO, 2010) - PDF, 399Kb