Études de cas

Relier les agriculteurs et les marchés. Études de cas

Nous vous présentons ici la synthèse d’une série d’études de cas montrant comment les agriculteurs ont établi des liens avec les marchés, de leur propre initiative et/ou avec une assistance extérieure. Ces cas n’ont pas tous été couronnés de succès – certains ont même rencontré des problèmes – mais ils présentent tous l’intérêt d’illustrer les différentes approches adoptées pour améliorer l’accès des agriculteurs aux marchés.

Cette série d’études de cas s’articule autour de quatre grandes catégories de liens: liens entre agriculteurs et négociants, liens à travers un agriculteur pilote, liens à travers des sociétés privées, liens à travers des coopératives. Cette catégorisation est utile car elle permet d’identifier les chaînes d’interactions qui lient producteurs et acheteurs. Elles ne représentent évidemment pas l’intégralité de la gamme des opportunités de marché offertes aux agriculteurs. De plus, elles ne s’excluent pas toujours les unes les autres.

Liens agriculteurs – négociants

Dans environ la moitié des cas, on constate l’existence d’une intervention extérieure: Bangladesh (1) et (2), Cambodge, Salvador, Indonésie (2), Philippines, Syrie (2). L’étude de cas des Philippines montre comment les ONG prennent en compte la durabilité de leurs interventions. À l’inverse, le risque de dépendance par rapport à l’organisation extérieure est illustré par le cas du Salvador. Il est intéressant de noter que les négociants ne proposent pratiquement jamais de leur propre initiative la mise en place d’accords avec les agriculteurs. Une exception est constituée par le cas du Bangladesh (2) qui illustre des synergies et une collaboration remarquables entre l’initiative d’un négociant et le projet de développement.

Dans la plupart des cas, sans intervention extérieure, les négociants ont joué un rôle important dans la mise en place de marchés en collaboration avec les agriculteurs. Les cas du Vietnam et de Thaïlande montrent spécifiquement comment des négociants actifs peuvent mettre en place des chaînes de production de qualité et fiables.
Dans presque tous les cas, la confiance a constitué un élément majeur dans l’établissement de ces liens. Il n’existe que peu de contrats formels entre les agriculteurs et les négociants. Les liens entre négociants et agriculteurs sont souvent le fruit d’actions collectives. Par ailleurs, bien que les relations entre agriculteurs, et négociants, soient souvent introduites par une organisation extérieure, deux cas, Indonésie (1) et Syrie (1), montrent comment ce type d’accord peut aussi se développer de façon endogène.

Études de cas sur les liens entre agriculteurs et négociants (Farmer-to-trader case studies, en anglais seulement)

 

Liens à travers un agriculteur pilote

Les quatre études de cas du Laos, de Thaïlande et des Philippines (1) et (2) montrent comment les agriculteurs ont coordonné l’offre propre à celle d’autres agriculteurs dans leurs zones. Les produits en vente dans ces études étaient des légumes. Le cas des Philippines (1) montre une chaîne de valeur qui suppose la mise en place de liens étroits avec les fournisseurs d’intrants, les transporteurs et les acheteurs, développés avec l’aide du donateur. En Thaïlande, le groupe des producteurs de légumes a obtenu un crédit à faible taux et une aide financière grâce à l’action de leur président. Dans les deux autres cas (Philippines (2) et Laos) les liens ont été initiés par des chefs d’entreprises agricoles qui se sont activement employés à rechercher des débouchés pour leurs propres productions et pour celles des autres agriculteurs.

Études de cas sur les liens à travers des agriculteurs pilotes  (Leading farmer case studies, en anglais seulement)

 

Liens à travers des sociétés privées

Les études de cas d’Afrique du Sud (2), du Brésil, d’Équateur, du Ghana, d’Indonésie (1), du Kenya, du Nigéria, de Thaïlande et du Vietnam montrent comment des sociétés privées ont établi des liens avec les producteurs agricoles sans assistance extérieure. Dans les autres cas (Afrique du Sud (1), Indonésie (2), Kirghizstan, Laos (1) (2), et (3) et Zambie) le soutien des donateurs ou des ONG a été déterminant.
Les relations avec les sociétés privées ont posé quelques problèmes. Dans le cas de la Société Guinness, au Nigéria, le schéma contractuel originel a échoué car les agriculteurs n’ont pas honoré leurs engagements et ont détourné les engrais destinés au sorgho vers d’autres cultures. Les difficultés des liens initiés par un partenaire extérieur sont également illustrées par les études de cas d’Indonésie (2) et du Laos (3). De son côté, le cas du Kirghizstan montre comment un projet de développement peut évoluer d’une situation où les liens entre les agriculteurs et le marché sont subventionnés, à une situation où ces services sont rendus sur une base plus commerciale. De surcroît, l’exemple de la Zambie illustre comment les petits agriculteurs peuvent tirer parti des activités des donateurs pour développer un programme de crédit d’entreposage et d’inventaire.

Études de cas sur les liens à travers des sociétés privées (Private companies case studies, en anglais seulement)

 

Liens à travers des coopératives

Parmi les études de cas entreprises, cinq d’entre elles (Argentine, Burkina Faso, Costa Rica, Guatemala et Guinée) montrent comment des coopératives ont mis en place des activités agroalimentaires communes, avec une assistance extérieure limitée. D’autres accords conclus avec des coopératives (en Afrique du Sud, au Brésil, au Guatemala, aux Fidji, au Kirghizstan, et deux études de cas au Ghana) ont bénéficié, à une échelle plus ou moins grande, d’une assistance extérieure des gouvernements, donateurs et ONG. Malgré cette assistance, des problèmes sont apparus. Les pertes de marchés à l’exportation et les problèmes de paiement de la part des acheteurs soulignent les risques liés à la production pour exportation, comme cela est mis en évidence dans les cas du Brésil et du Ghana (2). On observe toutefois de nombreux résultats très positifs en termes de génération d’opportunités de marché, nouvelles ou plus rémunératrices.

Études de cas sur les liens à travers des coopératives  (Cooperatives case studies, en anglais seulement)

 

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